- Speaker #0
D'où pour moi aussi l'importance de mettre dans les meilleures conditions les collaborateurs, par exemple. C'est aussi d'imposer un certain leadership. Bien sûr. Voulez le faire par revanche de la vie, par ambition. Le groupe hôtelier OCO est une marque à part.
- Speaker #1
Bienvenue sur Business Talk, le podcast qui part à la rencontre des entrepreneurs de demain au travers d'échanges inspirants. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'échanger avec Lifson Mamaril, directeur de LocoHotel 3. Bonjour Lifson.
- Speaker #0
Bonjour Eden, merci pour l'invitation, c'est un grand plaisir d'échanger avec toi aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci à toi de nous accueillir ici, au sein de LocoHotel 3. Justement, parlons d'accueil. Quand on est arrivé, tu nous as dit « bienvenue chez vous » . C'est quoi pour toi le sens de l'accueil ?
- Speaker #0
Moi, ça fait 20 ans que je fais de l'hôtellerie. en particulier en réception, donc sur l'accueil. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure de ma carrière, le concept de l'accueil a changé. Moi, quand j'ai commencé ma carrière, l'accueil, c'était une checklist, c'est-à-dire une dizaine de procédures très précises. Par exemple, de bien dire le nom du client à un moment donné précis dans la conversation, de bien vérifier. les informations du client sur le logiciel, sur un autre logiciel de vérifier la garantie bancaire, la clé de chambre également sur un autre logiciel et enfin de présenter les services de l'hôtel. Donc pour moi, au tout début, l'accueil c'était un processus en fait. Et j'avais au début de ma carrière beaucoup de stress sur le fait d'oublier un de ces éléments. Pourquoi ? Parce que ça peut impacter le séjour du client. Donc voilà, j'avais une certaine pression. Et aujourd'hui, finalement, j'ai une vision avec un petit peu de recul où je vois un accueil moins procédurier, mais moins transactionnel. C'est ça que je veux dire. Plus émotionnel et personnel. Pourquoi ? Parce que... Pour moi, c'est comme si j'accueillais quelqu'un que je voyais pour la première fois. Et via mon langage corporel, mon discours, mon sourire, de lui faire ressentir que tu es la bienvenue ici, tout simplement, et de façon sincère. Donc pour moi, d'accueillir des clients, ce n'est pas seulement des clients, c'est aussi... des personnes. Donc le côté sincère, je pense que c'est quelque chose qu'aujourd'hui on recherche tous. Et ça ne s'improvise pas non plus. D'où pour moi aussi l'importance de mettre dans les meilleures conditions les collaborateurs, par exemple. Bien sûr, si je leur demande de sourire et de faire un bon accueil et d'être sincère, juste comme ça. et qu'ils ne sont pas dans les bonnes conditions pour le faire, ou peut-être pas épanouir, c'est sûr que je n'aurai pas le résultat escompté et les clients ne le ressentiront. Donc voilà, c'est aussi un des éléments qui peut contribuer. Et ce que moi, j'essaye de faire aussi depuis que je fais de l'accueil, c'est que quand on vous demande, par exemple, vous êtes chez nous pendant deux nuits, bienvenue, etc. C'est de créer un lien personnel. En fait, c'est de sortir de la discussion administrative, en fait. Et de dire, ben voilà, que... d'où est-ce que vous venez, où est-ce que vous allez demain. Moi, je le faisais souvent à l'aéroport. Et du coup, je vais aux Philippines demain. Ah bon, mes parents sont des Philippines. Ah super, ça crée un lien. Et ça humanise aussi la discussion. Et nous aussi, travaillant dans l'hôtellerie, on est aussi des humains. Et voilà, c'est ça que je recherche. d'authenticité.
- Speaker #1
Ok, donc beaucoup d'authenticité. J'ai du mal à le dire. Beaucoup d'authenticité dans les échanges et dans l'accueil.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Tu as dit que ça fait 20 ans que tu fais ça. Quel a été le déclic ? À quel moment tu t'es dit j'ai envie de bosser dans l'hôtellerie ? Notamment dans l'accueil ou dans la réception ?
- Speaker #0
C'est très particulier. Les gens de ma génération, donc moi ça fait 20 ans que je fais de l'hôtellerie, souvent on est tombé par hasard, donc on va tous raconter la même chose, c'est par hasard, etc. Mais moi j'avais aucune vocation de faire de l'hôtellerie, ni de manager des gens. Je suis plutôt quelqu'un d'introverti, de timide. Et donc mon père, qui est à la retraite aujourd'hui, travaillait en tant que cuisinier de nuit dans un hôtel prestigieux, Place Vendôme, à Paris. Et voilà, il m'a parlé d'un poste de réceptionniste de nuit dans cet hôtel. Donc j'ai commencé comme ça, un petit peu par hasard, après mon bac. Et ça a duré deux ans. Donc j'ai découvert vraiment le monde hôtelier. Le monde du luxe, le service client. Moi, ce qui m'a touché, c'est les relations humaines, que ce soit avec les clients. On parle de service client, c'est vraiment quelque chose d'important quand on fait de l'accueil ou de l'hôtellerie. Si on n'a pas ça en nous, c'est très compliqué. Ça peut arriver, mais c'est très compliqué. C'est un métier de passion, je voudrais dire. et ensuite Les relations humaines aussi entre collaborateurs, en fait. Moi, de faire partie d'une équipe, de voir justement comment interagit cette équipe, comment les managers ou les superviseurs nous coachent ou nous motivent. Et également, moi j'étais à la réception, comment ça interagit avec les autres départements de l'hôtel pour le même but, en fait. Et j'ai trouvé toute cette organisation fascinante. Donc, à partir de là, je me suis dit que je me fixais pour l'objectif de devenir chef de réception, donc responsable de l'accueil dans un hôtel 4 étoiles, n'ayant pas de diplôme. Je me suis fixé cet objectif-là à ce moment-là.
- Speaker #1
Ok, donc gros objectif pour le coup, parce que tu dis que tu n'avais pas de diplôme. Combien de temps ça prend justement pour faire carrière et atteindre cet objectif-là ?
- Speaker #0
Ce que j'ai découvert dans l'hôtellerie, c'est que... Ce qui est beau, c'est qu'on donne la chance à tout le monde. Il y a des grands talents qui sortent des écoles, il y en a beaucoup, et il y a aussi des grands talents qui apprennent sur le terrain. Et en fait, on donne de la chance à tout le monde. Tout le monde a forcément à un moment donné une opportunité à nous de la saisir. Et c'est ce que j'ai trouvé beau dans le métier de l'hôtellerie-restauration. Je vais regrouper quand même les deux. Donc non, je ne parlais pas très bien l'anglais finalement. En fait, moi, je baragouinais mon anglais. C'était un petit peu, on va dire, machinal. On peut dire ça. Je savais quoi répondre. Si on me demandait, voilà, j'ai besoin de brossard dans etc. Tu avais tes petites phrases. Voilà, les petites phrases. Mais par contre, quand ça sortait du cadre de conversation, c'était fini. J'appelais mon manager. Et ce qui m'a marqué aussi à l'époque, c'était que mon manager m'avait dit... Je voyais dans ses yeux... En fait, je faisais toutes les erreurs possibles, mais vraiment toutes les erreurs possibles qu'un collaborateur pouvait faire, je les ai faites. Mais j'ai montré beaucoup de détermination et j'ai appris de mes erreurs. Et à chaque erreur, ça m'a rendu plus fort. Donc en soi, je me suis dit, tiens, en fait, de se confronter à ces... ses points d'amélioration. Par exemple, je ne parlais pas très bien l'anglais. Je me suis dit, tiens, je vais partir en Angleterre, travailler dans un hôtel 4 étoiles pour une immersion et apprendre vraiment le plus rapidement possible et le mieux possible l'anglais. C'est ce que j'ai fait. Je suis parti dans un hôtel d'aéroport, 518 chambres, 4 étoiles. Et pour l'anecdote, je suis parti, je me suis dit, ah, c'est cool, je vais dire la marque, Sophie Tell. C'est cool parce qu'à Cors, il y a forcément des francophones. Et à ma grande surprise, j'étais le seul francophone dans les équipes. Je pense que c'est pour ça qu'ils m'ont recruté, malgré mon niveau d'anglais. Et finalement, c'était un mal pour un bien. C'était très dur au début. Et voilà, j'ai pu développer mon... Comment dire ? Comment prioriser mes tâches, la pression. Parce que dans ces hôtels-là, en fait, on... Il y a beaucoup de vols annulés, il y a beaucoup d'équipage, il y a beaucoup de flux, de volume dans la journée.
- Speaker #1
C'était un poste de nuit aussi ?
- Speaker #0
Non, c'était la journée. Et à partir de là, ça faisait huit mois que j'étais au poste de réceptionniste, donc je commençais à parler anglais correctement, on va dire. Et là, il y a eu un poste de responsable, de superviseur qui s'est libéré, donc on était une trentaine dans l'équipe. De moi-même, je n'allais pas postuler parce que je ne me sentais pas légitime et je n'avais pas assez confiance en moi. Finalement, pas mal de mes collègues ou de mes supérieurs m'ont dit « tu devrais postuler, on ne sait jamais » . Donc j'ai postulé. Et à ma grande surprise, entre 4-5 personnes, c'est moi qui ai été choisi. De mon jeune âge, j'avais 20-21 ans, donc de superviser des gens qui étaient là depuis plus longtemps, qui parlaient anglais mieux que moi, qui étaient plus âgés, c'était un sacré challenge.
- Speaker #1
Comment tu l'as vécu ça justement ? Le fait que tu aies 21 ans, que tu ne parles pas super bien anglais, que tu sois là depuis 8 mois seulement. Tu avais ce sentiment d'illégitimité malgré le fait qu'on t'ait choisi ?
- Speaker #0
Juste après, j'ai fait confiance. J'ai eu de grandes discussions auprès de mes managers. Ils m'ont dit de leur faire confiance. S'ils m'ont choisi, c'est pour de bonnes raisons. Effectivement, techniquement, je me débrouillais. Également, d'un point de vue motivation et détermination, j'étais très investi. Ils ont vu le potentiel en moi. Et c'est à partir de ce moment-là où je me suis dit, en fait, dans la vie, tout est possible. Tout est réalisable, même si on te dit non, mais tu n'as pas de diplôme, tu ne parles pas anglais. Et c'est vraiment la première fois que j'ai eu le sentiment, du haut de mes 21 ans, en fait, je peux tout faire dans cette vie, vraiment tout faire. Là,
- Speaker #1
tu as explosé le plafond de verre que tu avais au-dessus de la tête.
- Speaker #0
Exactement, je me suis dit, en fait, ce que je suis en train de faire, c'est impossible. Et grâce à ça, du coup, je me suis construit comme ça. Donc tout au long de ma carrière, tu parlais de comment on évolue. Et il n'y a pas de bonne façon d'évoluer. Des fois, c'est de rester dans le même hôtel et tu changes de poste et tu évolues dans le même hôtel. Tu es dans le même contexte. C'est une stabilité qui est bonne aussi. Moi, j'ai pris le parti de... Je n'ai pas de diplôme hôtelier, donc j'ai changé d'hôtel tous les deux ans, on va dire. Et de poste, du coup, tout en évoluant. Mais sans me dire que je... que que j'avais fait le tour, que j'étais le meilleur. Non, j'avais toujours des choses à apprendre et on apprend de tout le monde. Mais par contre, la beauté de l'hôtellerie, c'est que c'est un domaine où ça bouge beaucoup. Il y a beaucoup d'opportunités et tu peux, en un an, deux ans, trouver un nouveau poste assez facilement, un nouveau cadre. Donc moi, ce qui m'a intéressé, c'est de voir différents types d'hôtels, différentes structures, différents types de clients. C'est extrêmement intéressant aussi. différents styles de management et différents enjeux un hôtel 4 étoiles c'est la même chose c'est standard centre de Paris, centre de Londres l'aéroport c'est totalement différent la manière de gérer les hôtels la manière dont c'est structuré et ce qu'on demande aussi aux équipes est totalement différent donc du coup c'est ça qui m'a intéressé Et à chaque fois que je changeais d'hôtel, par exemple, juste après, je suis parti dans un boutique hôtel dans le centre de Londres. 38 chambres.
- Speaker #1
Beaucoup plus petit, finalement, que les grands hôtels à 500 chambres.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. En fait, au lieu de... Du coup, dans mon Sofitel, à l'époque, c'était de faire l'arrivée le plus rapidement possible, de donner toutes les informations le plus rapidement et le plus clair possible. Là, c'est de prendre son temps, d'accompagner le client jusqu'à la chambre, de lui expliquer vraiment le... le concept de l'hôtel, ce qu'il peut trouver en chambre, et également l'assister pour tout ce qui est conciergerie, de prendre son temps. Et ça m'a appris sur le service client. Et en fait, à chaque fois que j'ai changé de poste, j'ai changé un peu d'angle de vue pour essayer de me développer moi. Donc voilà. Et entre autres, par exemple, je suis passé directeur de nuit, enfin responsable de nuit dans un hôtel, je vais le citer, Hilton à Charles de Gaulle. donc mes amis m'ont dit mais t'es fou, pourquoi tu vas faire la nuit tu vas de nouveau pas avoir de vie ça va être un rythme super difficile, en plus il y a plein de problèmes la nuit et dans ma tête c'est un autre monde en fait, la nuit c'est autre chose t'as pas de responsable t'es le garant sécurité même responsable des équipes responsable que l'hôtel tourne de l'accueil, vraiment le... Quelque chose qui est quand même assez fort. Et en termes de gestion de situation, tu dois prendre la décision. Ah, ok, ok. Donc ça, c'est assez...
- Speaker #1
La chaîne de commandement est très...
- Speaker #0
Oui, parce que souvent, par exemple, s'il faut évacuer l'hôtel, tu dois prendre la décision. Est-ce que là, c'est nécessaire ? Mais c'est ce que je voulais, en fait. C'est de gérer des situations, apprendre à... Gérer la pression, peut-être aussi. Voilà, totalement, gérer la pression. Et j'ai une adéquation... sur ça où il y a eu des bagarres, tout ce qu'on peut connaître la nuit. Et un jour, il y avait un groupe d'étudiants étrangers, 80 je pense. 80 répartis. Je crois qu'il y en avait 160 dans 80 chambres, donc deux lits séparés, etc. Et en fait, à 2h du matin, l'hôtel est complet. Les clients commencent à m'appeler en me disant « Oui, monsieur, là, il y a beaucoup de bruit à côté de ma chambre. » Et du coup, il y avait beaucoup de clients qui appelaient dans divers endroits de l'hôtel qui me disaient « En fait, il y a beaucoup de bruit dans le couloir. » Donc, ils me disaient, qu'est-ce que je fais ?
- Speaker #1
Tu avais des alertes à tous les états.
- Speaker #0
Et moi, je me disais, je dois rendre des rapports, préparer des rapports aussi pour la direction, les journées, etc. Donc, j'ai fait un choix. J'ai mon ami Issa, qui va se reconnaître s'il regarde la vidéo. Il était agent de sécurité à l'époque. Je lui ai dit, écoute, je pense qu'on va prendre la liste de toutes les personnes de ce groupe et on va aller chambre par chambre et on va les redispatcher. Ça va durer 2-3 heures. et du coup on a fait chambre par chambre on a dit bon toi vous vous appelez comment ? ok bah vous êtes en chambre 502 ça a duré tout ce temps là et du coup on a eu une réunion avec la responsable du groupe le professeur pour lui dire effectivement que si ça se reproduisait de nouveau cette nuit on serait obligé d'annuler la dernière nuit de la réservation donc finalement en deux heures j'ai gagné deux nuits et demie de tranquillité et c'est ça le sens aussi de prendre des responsabilités c'est voilà des fois on va se tromper moi ce que m'avait dit mon responsable à l'époque, Lifson ton job la nuit c'est de prendre la décision et quelle que soit la décision, elle est bonne ou mauvaise en fait il faut trancher à un moment donné et nous, tu nous expliques pourquoi t'as pris la décision et on sera derrière toi et on te dira effectivement, tu aurais peut-être dû faire ça pour la prochaine fois. Mais bon, la situation, tu la gérais telle qu'elle, c'est très bien. Et voilà, c'est un exemple de gérer la pression, effectivement.
- Speaker #1
Et gestion de crise, complètement ?
- Speaker #0
Totalement gestion de crise. J'ai eu des inondations dans le parking. Il y avait une période de grand froid aussi, où les voitures ne pouvaient plus circuler dans l'aéroport. où les ascenseurs ne fonctionnaient plus. Quand l'hôtel est complet, les gens qui devaient descendre du huitième étage. Mais en soi, aujourd'hui, j'ai vu tellement de situations que je suis plutôt quelqu'un qui est calme avant que je puisse être stressé aujourd'hui du fait de l'expérience que j'ai pu avoir. J'ai gagné en sérénité, on va dire.
- Speaker #1
Oui, parce que dans ton parcours, ce que tu disais, c'était que toutes tes expériences, tu les as faites pour avoir une vision holistique globale de la gestion d'un hôtel. D'autant plus avec cette expérience de réceptionniste en chef.
- Speaker #0
Chef de réception.
- Speaker #1
Et ça, ça t'a permis justement d'avoir cette responsabilité de prendre des décisions. Où est-ce que ça t'a mené après ? Une fois que tu as eu cette expérience-là, à quel moment tu t'es dit, là j'ai atteint mon objectif ? Ou tu t'es dit, allez, on peut encore aller plus loin ?
- Speaker #0
En fait, quand je suis devenu chef de réception, je me suis dit, oui, je peux aller plus loin. Je peux éventuellement un jour devenir directeur adjoint, directeur, évoluer au sein d'un groupe. Donc, j'étais quand même quelqu'un d'assez ambitieux. J'avais aussi une sorte de revanche à prendre sur la vie. Ou quand j'ai commencé l'hôtellerie, j'ai aussi eu beaucoup de personnes qui me disaient que j'allais pas réussir. que je devrais... Après, c'est conseillé, effectivement, de continuer mes études. C'est vraiment conseillé. Mais c'est vrai qu'à l'époque, j'ai fait ce choix-là.
- Speaker #1
T'étais déterminé, quoi.
- Speaker #0
Ah oui, j'étais déterminé à réussir. Mais sans écraser les autres. Quelqu'un qui mérite une promotion, qui mérite d'évoluer, elle le mérite et il faut juste accepter. Je vois pas le... Je ne le vois pas en compétition. C'est des opportunités. Si ce n'est pas pour cette fois-ci, ce sera pour ailleurs. Mais en soi, j'ai une période où, oui, effectivement, j'ai été chef de réception dans deux établissements. Un à Disney, un partenaire à Disney et un dans un hôtel d'une marque américaine. Et en fait, ma femme a eu un... une opportunité de travail à Bordeaux. J'ai décidé de quitter mon poste, qui était à l'époque mon poste de rêve quand même, mais pour justement quitter la région parisienne. Aussi, on avait cette envie de gagner en qualité de vie. Et moi, j'adore la région bordelaise. Entre parenthèses, je suis supporter de l'équipe de foot de Bordeaux. C'était un grand rêve pour moi de pouvoir y aller. J'étais plutôt confiant de pouvoir trouver un poste à responsabilité par rapport à l'expérience que j'ai pu avoir durant ces dernières années. Et finalement, il n'y avait pas beaucoup d'opportunités. Il n'y avait pas de poste à responsabilité. Si jamais il y en avait, je postulais. C'était soit négatif ou soit pas d'entretien. Donc, c'était assez fermé. Et ça m'a donné un petit coup dans le moral quand même.
- Speaker #1
Tu ne l'as pas bien vécu le fait de ne pas avoir de recours ?
- Speaker #0
Non, j'étais quand même très confiant. Et après, je peux comprendre aussi d'un point de vue stabilité. J'ai un profil où... On regarde mon CV, j'ai changé tous les deux ans. Je peux comprendre que, par exemple, sur des régions comme Bordeaux, on vise plutôt la stabilité. Des gens qui sont là depuis plus de cinq ans, sur le même poste, parce que c'est effectivement un investissement quand on accorde un poste à responsabilité. C'est quelque chose que je comprends, mais c'est vrai que c'était assez difficile à encaisser. C'est un coup d'arrêt. Finalement, le Covid est arrivé. Et pas que le Covid, du coup, ma femme est tombée enceinte et on a eu la joie d'avoir notre fils à ce moment-là. Et c'est vrai que ça a changé le prisme de ma vision professionnelle et personnelle. On m'avait déjà prévenu, tu verras, Lifson, quand tu auras un enfant, ça va te changer.
- Speaker #1
Ça change la vie.
- Speaker #0
Et vraiment, ça change la vie parce que déjà, on est moins centré sur soi-même, sur notre couple et l'aspect famille. Moi, j'étais content de ma carrière, très ambitieux. Pour moi, c'était comment on gère un problème, comment on gère les collaborateurs. Il y a ce moyen-ci, ce moyen-là. On va dire peut-être que j'étais moins humain. et le fait d'avoir mon enfant ça m'a Ça m'a...
- Speaker #1
Rendu plus empathique peut-être ? Non ?
- Speaker #0
Totalement, en fait. De me dire que... De relativiser le métier d'hôtelier. Parce qu'on a beaucoup de pression. On met beaucoup de pression aussi éventuellement de dire qu'il faut faire les chiffres. Attention à la satisfaction client. Ou les résultats. Il y a beaucoup d'enjeux. Et finalement, de relativiser tout ça et de se dire... Oui, c'est grave si on n'atteint pas les objectifs, mais de se dire qu'il y a aussi d'autres choses importantes dans la vie, dont la famille, dont les enfants. Et du coup, c'est à ce moment-là, Eden, où je me suis dit, je crois que je voulais devenir manager ou je voulais devenir directeur par la suite, pour les mauvaises raisons.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et mauvaises raisons, je ne vais pas... C'est moi, ma vision personnelle. En soi, je voulais le faire par revanche de la vie, par ambition. Par contre, je respecte les personnes qui sont ambitieuses et qui veulent évoluer, où la carrière est très importante. Mais moi, à l'époque, c'est... Mes amis me le disaient souvent. C'est pas ton... Moi, à l'époque, en fait, le... Mon poste, ma carrière professionnelle faisait mon statut social et je faisais qui j'étais. Qui j'étais, c'était le chef de réception, c'était le responsable de l'accueil de tel hôtel. Et je me disais, je suis quelqu'un.
- Speaker #1
T'identifier à ton poste.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et le fait de devenir papa, ça t'a permis de relativiser tout ça et d'être autre chose quelque part.
- Speaker #0
Donc c'est le fait d'être... papa et aussi de m'être arrêté plusieurs mois avant le Covid, où j'ai pu réfléchir sur tout ça. Et aujourd'hui, après, on peut interroger mes équipes, mais c'est vrai que je dis souvent que l'équilibre vie pro, vie perso est extrêmement important. Enfin, très, très important. On l'a beaucoup entendu après le Covid, je crois. Beaucoup de gens ont quitté l'hôtellerie, la restauration pour... Parce que le train de vie, le rythme, je crois même qu'il y a des hôtels qui ont arrêté de servir, qui ont fermé leur restaurant le week-end.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce qu'il n'y avait plus personne qui voulait travailler les week-ends. Je pense que moi, à l'époque, quand j'ai été formé dans l'hôtellerie, c'était à la dure. On ne nous faisait pas de cadeaux. Je pense que toutes les personnes qui ont été formées à mon époque vont se reconnaître dans ce que je dis. Par contre, aujourd'hui, effectivement, de convaincre un employé de travailler avec nous, si tu lui dis, il faut faire ça, il faut que ça soit rendu demain, je pense que tu as plus de chances à ce que ça ne soit pas fait, ou si c'est fait, c'est mal fait. parce qu'ils ne vont pas te suivre et je pense que c'est un mal pour un bien parce que ça rééquilibre les forces entre l'employeur et les collaborateurs et aujourd'hui moi je suis pour vraiment trouver cet équilibre faire des plannings en fonction de la vie privée des gens et si quelqu'un me dit j'ai besoin de ce week-end absolument Parce que je vais voir ma famille. Moi, ma prio, ça sera que de lui donner ce week-end-là. En organisant autour.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc oui, ça, c'était vraiment un déclic pour moi où je me suis remis en question sur vie pro, vie perso.
- Speaker #1
Et dans ta façon de manager aussi, quoi. Oui.
- Speaker #0
Totalement. Donc juste après, pour en revenir, parce que moi, je peux l'illustrer dans mes différents postes. Donc par la suite, on est revenu à Paris. en région parisienne et pour se rapprocher de notre famille. Notre famille est de région parisienne parce qu'on voulait que notre fils grandisse et connaisse les grands-parents, etc. Et j'ai eu l'opportunité de travailler en tant que chef de réception à l'auberge du Jeu de Paume, donc un relais château 5 étoiles à Chantilly. Très bel établissement. Juste à côté du château, magnifique. La clientèle vraiment haut de gamme, une belle clientèle. Un vrai savoir-faire aussi. C'était une vraie fierté d'intégrer cette belle maison.
- Speaker #1
En tant que quoi du coup ?
- Speaker #0
Chef de réception.
- Speaker #1
Chef de réception, ok. Là,
- Speaker #0
j'ai pu avoir une nouvelle expérience, ma troisième expérience en tant que responsable de la réception. Ok. Et voilà, j'étais un peu... Déjà, le sens du détail est très poussé avec les clients, etc. Donc, ça m'a demandé un peu d'adaptation. Mais c'est aussi pour ça, comme je disais tout à l'heure, c'est un challenge pour moi de voir différents types d'hôtels, justement pour ces choses-là. Et du coup, je me suis confronté à une équipe qui était là depuis 5-10 ans, qui ont éventuellement fait l'ouverture de l'hôtel et qui sont toujours là, peut-être au même poste. Mais qui ont un savoir-faire extraordinaire. Et du coup, moi, mon challenge à l'époque, c'était vraiment de me dire comment je les motive, ces gens. Parce qu'ils ne sont pas forcément intéressés par évoluer en termes de poste. Ils ne sont pas forcément intéressés de développer des compétences. Parce que ce qui est important pour eux, c'est le cadre. C'est le cadre, la structure, éventuellement le planning qui est fait d'une certaine manière. C'est un certain confort. Et grâce à ce confort, le confort dans la manière de travailler aussi.
- Speaker #1
Le service reste de qualité.
- Speaker #0
Et le service, forcément, quand on a quelqu'un qui est heureux d'être là, ou ça fait 5-10 ans que la personne fait la même chose. Elle a le temps de se perfectionner vraiment dans un service de qualité. Et moi, j'étais un peu perdu. Et je me suis dit, bon, là, comment je fais ? Et effectivement, grâce à ce que j'ai vécu à Bordeaux, sur le recul que j'ai pu avoir sur le management et sur l'importance de la vie pro-vie perso, là, j'ai vraiment été empathique sur leurs demandes, pour les personnes qui avaient des enfants, les personnes qui avaient des activités annexes. des cours de danse, des vacances, etc. Vraiment, moi, je passais beaucoup de temps à faire le planning de la réception, de leur demander les demandes. Pourquoi ? Parce que je savais que c'était l'une des choses les plus importantes pour elles. Et finalement, ça s'est bien déroulé comme ça. Et moi, j'ai essayé d'amener un petit peu de changement, de leur faciliter un petit peu leur procédure, apporter aussi mon expérience pour avoir on va dire plus de confort aussi dans leur travail. Donc voilà, c'est là où vraiment j'ai pu apprécier ce management un peu beaucoup plus empathique. Et j'ai même eu un collaborateur qui m'a dit « Tiens, il y a mon fils qui est malade. » Mon réflexe, c'est tout de suite, rentre tout de suite, il n'y a aucun souci. Et la personne m'a dit, comment on fait pour le soir ? Là, j'étais censé être du soir. Écoute, on va se débrouiller, en fait. Le plus important, c'est la famille, c'est la santé. Et voilà, je n'ai pas de... D'accord, peut-être que je suis resté plus longtemps, mais au final, la personne se sent bien dans cette atmosphère-là, bienveillante. Donc aujourd'hui, je pense que c'est important. d'avoir cette relation humaine avec ses collaborateurs.
- Speaker #1
Et de faciliter aussi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que j'entends beaucoup dans cette expérience-là que tu as eue, finalement, les autres cases étaient cochées, d'expertise, de service, de qualité. Finalement, le levier sur lequel tu as pu, toi, avancer et déployer, c'est sur les conditions de travail.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr. Et juste pour revenir à l'évolution par la suite, donc Vraiment, quand je suis reparti, quand on est reparti à Paris, j'ai eu ce poste-là. Je n'avais même pas dans ma tête l'idée de dire dans un an, il faut que je devienne adjoint de direction. Je deviens directeur à ce moment-là. Je me donne deux ans pour ci, pour ça. En fait, j'essayais juste d'apporter le maximum à l'équipe que j'avais. Bien sûr, je voulais apprendre. Donc, je demandais. J'avais une bonne relation avec mon ancienne directrice. Et du coup, elle m'a énormément montré de choses. Mais voilà, j'étais plus focalisé par rapport à mon évolution. Et finalement, dix mois après, il y a eu un poste de directeur adjoint, directeur des opérations dans un hôtel 4 étoiles, 430 chambres. en région parisienne toujours. Et voilà, j'ai eu le poste juste après. Et c'était une superbe expérience aussi où j'ai pu vraiment manager des équipes de restauration, d'événementiel, vraiment tous les départements opérationnels d'un hôtel. Donc ça, c'était extrêmement important, tout en gardant ce style de management-là. Et j'ai eu la chance, un an et demi après, de pouvoir postuler au poste de directeur général de ce même hôtel. Et voilà, j'ai toujours le même discours que j'ai avec toi aujourd'hui. Quand je passe des entretiens, c'est vraiment le côté humain que je veux favoriser. Et ce côté relationnel, tout à l'heure on parlait des clients. Mais voilà, c'est moi l'aspect collaborateur. Pour moi, c'est aussi très important.
- Speaker #1
Ça compte autant que le service client, finalement ?
- Speaker #0
Parce que ça se rejoint, pour moi. Comme tu disais, des collaborateurs qui sont convaincus par l'idée, par le chemin que tu veux emprunter, ils vont essayer de le faire d'eux-mêmes. C'est aussi d'imposer un certain leadership, de faire ça. C'est un moyen pour moi de partager, que ce soit ma passion, pour le service client, pour le management. Je suis un livre ouvert envers mes collaborateurs. Et je n'ai pas la prétention de dire que je sais tout. Et on peut apprendre de tout le monde. Donc, c'est toujours d'être humble, toujours d'écouter les autres. Bien sûr, un management participatif, mais de pouvoir trancher à certains moments.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais voilà, moi, je ne conçois pas être responsable d'une équipe sans être comme ça. Et si pendant un entretien, on me dit, écoute, ce style de management ne convient pas à cette entreprise, clairement, c'est moi qui vais dire, même si j'ai le poste à la fin, je dirais que ce n'est pas forcément fait pour moi.
- Speaker #1
Ok. Donc, du coup, tu as développé ton propre style de management, très orienté sur le bien-être, sur l'humain. Sur les personnes aussi qui collaborent avec toi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Si je comprends bien.
- Speaker #0
Ah non, totalement, oui. Le côté humain. Et ça, on le retrouve dans tous les départements opérationnels d'un hôtel. Plus tu es empathique avec les équipes, sur eux, leur quotidien, plus ils seront à même à te suivre. Si tu proposes une nouvelle solution qu'eux n'ont jamais essayée, ils te suivront parce qu'ils... ils vont se dire, toi, tu viens du terrain ou tu comprends le terrain. Donc oui, une sorte d'exemplarité dans le positionnement, ça, c'est important. Vraiment, ça, c'est quelque chose que j'ai fait naturellement, sans me dire, si je fais ça, il va faire ça, ou si je fais ça, je vais obtenir ci. Au final, oui. Mais c'est, on va dire, mon style de management. Et en l'occurrence, je ne vais jamais dire que c'est le meilleur style de management. Il y a d'autres managers qui managent très bien avec d'autres styles, qui ont aussi peut-être de meilleurs résultats que moi. Donc, je ne vais jamais te dire, il faut faire comme ci, il faut faire comme ça. Moi, mon idée, c'est juste d'être la meilleure version de moi-même. Et c'est ce que je veux pour mes collaborateurs. C'est d'essayer de faire en sorte qu'ils soient la meilleure version d'eux-mêmes dans le poste où ils sont, ou peut-être dans un futur poste.
- Speaker #1
D'accord, ok. Très intéressant ce parcours, très riche, très complet. À quel moment est-ce que tu rejoins OCO, justement ? À quel moment ça arrive dans ton parcours ?
- Speaker #0
Tout à fait. On était bien installés en région parisienne avec ma femme. On a eu la chance d'avoir notre deuxième enfant l'année dernière. Et c'est vrai que notre expérience à Bordeaux était bonne en termes de qualité de vie. On voulait de nouveau gagner dans une qualité de vie. Néanmoins, effectivement, c'est pas... site Si tu me dis que tu gagnes en qualité de vie à trois, à l'époque, quand j'en entendais parler, ce n'était pas forcément évident pour moi de me dire que je vais déménager ma famille à trois.
- Speaker #1
Ok, tu ne te projetais pas du tout en fait ? Non,
- Speaker #0
j'avais des pistes plutôt la Côte d'Azur, Sud-Ouest, etc. Pour moi, c'était plutôt ça. Et finalement, j'ai vu cette opportunité chez Oko Hotels. qui m'ont fait... Ils cherchaient leur directeur ici à Troyes. Donc, on a passé les entretiens. Ils m'ont très bien présenté la ville. Effectivement, par rapport au centre historique, au dynamisme, au projet de réhabilitation qu'il y a eu, par exemple, sur ce quartier de la gare. Et vraiment axé sur toute l'effervescence qu'il y a depuis quelques années sur la destination de Troyes. éventuellement, de par ce poste, de contribuer à développer ce territoire. Donc déjà, par rapport à ce challenge-là, c'est quelque chose que, encore une fois, je n'ai jamais fait. Je ne suis pas un expert commercial, je ne suis pas un expert du marketing, mais c'est quelque chose que je voulais expérimenter, d'essayer à notre mesure, en tant qu'hôtel, de promouvoir cette destination et de la faire connaître partout en France. en parallèle de ça en fur et à mesure des entretiens chez Oco donc moi je connaissais un petit peu Oco dans le monde de l'hôtellerie c'est des choses on va dire tout le monde se connait mais tout le monde connait aussi les différents groupes un petit peu je connaissais Oco mais sans aller dans le détail je savais que c'était un petit groupe de 15 hôtels 14 hôtels à l'époque et qu'ils avaient ouvert leur hôtel Le premier hôtel à Nantes en 2014, maintenant ça va faire plus de dix ans. Mais sans en savoir plus. Donc ils m'ont exposé justement leurs idées par rapport à l'écologie, par rapport à une hôtellerie plus durable. Et également ce lien avec le local. Donc c'est vraiment... ça qui m'a plu, c'est un mix de tout ça bien sûr de faire une ouverture d'hôtel c'est quelque chose il y a un petit challenge quand même j'ai un petit peu triché parce que l'hôtel a ouvert en juin moi je suis arrivé en août donc mon collègue Guillaume à l'époque c'est lui qui a ouvert l'hôtel de très belle manière il a fait un excellent travail Mais c'est vrai que dans la continuité de l'ouverture, il y a énormément de choses à mettre en place. Et c'est un très, très grand challenge. Et juste pour l'anecdote, les entretiens se passaient bien. Donc moi, je me suis dit, tiens, je vais quand même faire un tour dans l'hôtel. Parce que si je déménage ma famille, il faudrait au moins que je reste une nuit dans l'hôtel, voir un peu les lieux et les gens aussi. Donc, j'ai fait une sorte de visite surprise.
- Speaker #1
Incognito, tu as mis une perruque ?
- Speaker #0
Un peu ça. Du coup, avec ma femme, mes deux enfants, on est arrivé, on a fait une réservation et on posait des petites questions. Innocemment ou quoi ? Super innocent. Et du coup, on a... En fait, c'était pendant la fête de la musique. Il y avait beaucoup d'activités. Ils ont ouvert début juin, la fête de la musique le 21. Et en fait, l'hôtel était complet. Et c'était la folie. Et je voyais qu'il y avait eu des problèmes. Des complications, oui, parce que... Des petites mises en place qui n'étaient pas faites. Des choses... En fait, des ajustements.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et finalement, quand j'en parle aux équipes, ils me disent « Ah, mais c'était la pire période. Vous avez dû être… » Vous direz « Ah non, c'est de la catastrophe ici. » Et en fait, moi, ce que j'ai regardé, c'est bien sûr les chambres, l'atmosphère, mais c'est surtout les gens, en fait. Est-ce que les gens sont motivés ? Est-ce qu'ils sont… C'est le personnel de l'hôtel, en fait. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
En situation.
- Speaker #0
En situation.
- Speaker #1
D'autant plus en situation, on va dire, un peu exceptionnelle où il y a beaucoup, beaucoup de monde.
- Speaker #0
Et finalement, voilà, ils m'ont convaincu. C'est ce que je leur dis, c'est ça aussi qui a fait que j'ai signé ici. Bien sûr, une ouverture d'hôtel, c'est extrêmement compliqué. Et bien sûr que forcément, quand on a ouvert depuis deux semaines, tout n'est pas parfait. Et encore aujourd'hui, il y a des choses à améliorer. Mais moi, ce que j'explique à mes collaborateurs, c'est que ce que j'ai regardé, c'est leur motivation. C'est le service client, le fait que... Est-ce qu'eux étaient contents d'être là ? Et malgré les difficultés, ils étaient super déterminés, oui, mais on sentait de la bienveillance dans l'accueil, dans l'interaction. Donc je leur ai dit que c'est ça aussi qui m'a convaincu, outre le challenge OCO, outre bien sûr le challenge A3, mais c'est bien sûr les équipes.
- Speaker #1
Alors, tu as parlé d'OcoHotel. Moi, je ne connaissais pas du tout, en fait. cette marque, cette franchise. Et je suis allé sur le site internet et j'ai lu le manifeste. Et là, je suis tombé amoureux, clairement. Pourquoi ? Parce que c'est assez rare dans le domaine de l'hôtellerie. Alors, il y a des petites actions qui sont faites, mais c'est assez rare dans le domaine de l'hôtellerie d'avoir une direction réellement où c'est écrit qu'on a une vision durable. Et que dans toutes les actions qui sont faites, c'est vraiment... pensée pour de l'économie d'énergie, pour un respect de la planète, pour le respect aussi du local. Tu vois, tu me disais une petite anecdote aussi qu'il n'y a pas de jus d'orange, en fait, au bar. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas local. Par contre, vous privilégiez ici, à Troyes, du jus de pomme, enfin...
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez inédit.
- Speaker #0
C'est vrai. On va dire que le groupe hôtelier OCO est une marque à part. Son fondateur, Olivier Davis, a eu cette idée il y a une quinzaine d'années, justement, de créer un groupe hôtelier vraiment axé sur l'éco-responsabilité et plus durable. Et c'est vrai que ce n'est pas forcément compatible. Moi qui étais dans l'hôtellerie... Dans d'autres marques, effectivement, les moyens de consommation, la cadence dont les clients consomment aussi, c'est qu'il y aura forcément du gâchis, il y aura forcément plus de pollution. Mais voilà, c'est quelque chose qui, en soi, on peut dire incompatible. Moi, ce que je peux vous dire sur la marque, c'est vrai que je l'ai découverte il y a 4-5 mois. Et on peut dire que le groupe OCO casse quelques barrières ou standards de l'hôtellerie haut de gamme. Par exemple, dans les chambres, on a... plus de produits jetables. Donc, tout ce qui est charlotte, chaussons, ou même les petites... les liquides savons, etc., individuels. Ça, ça a été retiré. On n'a pas de mini-bar, car extrêmement énergivore. Et en plus, pour mon expérience, le mini-bar, il est quasiment jamais utilisé, mis à part pour mettre une bouteille d'eau en plastique, justement.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc voilà, et c'est vrai que par exemple en 2024, le groupe a mis en place des fontaines à eau sur tous les étages, de l'eau filtrée. pour faire cette économie de gaspillage de bouteilles d'eau. Du coup, en faisant ça, on a réduit de 91 tonnes l'utilisation des bouteilles plastiques sur l'année 2024.
- Speaker #1
Donc très significatif et effectif pour le coup. Voilà.
- Speaker #0
Dernier exemple, on a du linge en coton et en lin qui naturellement est froissé. Donc moi, par exemple, quand j'ai fait ma visite, je me suis dit, tiens, j'arrive, le linge, il est froissé. Ça doit être par rapport à l'ouverture. Et en fait, j'ai lu la petite note qui explique justement pourquoi on le fait chez OCO. C'est pour réduire la consommation d'énergie, d'eau et d'électricité lors du repassage industriel. donc voilà c'était assez intéressant de voir Voilà, ces petites annotations.
- Speaker #1
Alors, tu en as ramené aussi un petit peu, justement, pour communiquer ? En fait,
- Speaker #0
ce qui est intéressant, c'est qu'outre le fait que nous, on essaye... Je sais qu'il y a beaucoup de labels maintenant qui existent, comme la clé verte, pour remplir une charte sur les actions. Et c'est vrai que l'engagement va au-delà chez OCO, où on essaye de sensibiliser les clients. Donc, par exemple, on a des petites pancartes comme ça qui résument vraiment toutes les actions dans la chambre.
- Speaker #1
Donc ça, c'est des petites plaques qui sont dans chaque chambre ?
- Speaker #0
Dans chaque chambre, en fait. Donc oui, on aurait pu mettre peut-être une publicité pour l'hôtel, pour le groupe, etc. Mais en soi, l'idée, c'est de sensibiliser vraiment. chaque client de nos actions et de les responsabiliser éventuellement.
- Speaker #1
C'est super intéressant parce que du coup, le client n'est pas simplement consommateur. À travers ses actions aussi, il sera acteur. Je lis que, par exemple, on nous invite à limiter notre consommation d'eau, d'éteindre les lumières, la clim, tout ça. Si on reste plusieurs jours, refuser le ménage quotidien. Ce sont des petites actions qui finalement comptent.
- Speaker #0
Je reviens sur le ménage quotidien. Donc, on communique à nos clients que si le ménage quotidien est refusé, nous, on donne à une association pour le logement 2 euros par jour, par refus, en fait. Donc, voilà, ça, c'est des actions vraiment concrètes.
- Speaker #1
Donc là, il y a une action sociale en plus de lui.
- Speaker #0
Voilà. Et également, au niveau du club. Donc, nous... Notre club, juste pour un petit peu présenter, c'est un peu le lieu de vie de nos clients. L'extension de leur chambre, c'est un peu leur salon. Donc chaque client qui séjourne chez nous a accès à ce club où ils peuvent avoir des boissons chaudes, des jus de pommes bien sûr, et un snacking salé-sucré H24, 24h sur 24. Donc ça c'est vraiment un accueil que... nous, on veut mettre en avant. Et effectivement, nous, on essaye au maximum de sourcer tous nos produits, que ce soit pour le petit-déj ou sur notre carte, à moins de 100 km de la région où on se trouve. Et effectivement, nous, on travaille, par exemple, avec la maison d'Onon pour l'épicerie, le champagne. avec Hélène Beaugrand. Donc, beaucoup de producteurs comme ça locaux que nous, on souhaite mettre en avant. Et on a aussi plusieurs pancartes sur le gaspillage pour le petit déjeuner. Effectivement, moi, l'anecdote du jus d'orange, c'est quelque chose qui me fait sourire parce que c'est vrai que moi, c'est la première fois que je vois un hôtel sans jus d'orange 4 étoiles, en fait. Enfin, un hôtel 4 étoiles. Et du coup... C'est vrai qu'on a beaucoup de clients, moi j'en ai rencontré beaucoup, qui se posent des questions en disant « c'est pas normal en fait, moi je paye tant le petit déjeuner, pourquoi j'ai pas de jus d'orange ? » Et en fait, quand on leur explique la démarche, en disant « nous on veut réduire l'empreinte carbone, on veut mettre en avant les producteurs locaux » , tout de suite ils approuvent cette initiative. et finalement... La plainte, entre guillemets, devient une sorte de soutien où ils nous disent bravo, c'est vraiment bien ce que vous faites. Et comme tu dis, c'est une manière de sensibiliser. nos clients. Un client va réserver notre hôtel parce qu'il est à côté de la gare, éventuellement les tarifs, etc. Mais une fois qu'il est chez nous, on n'a pas que des fans des co-responsabilités qui s'y trouvent chez nous. On a tout type de clients, mais l'idée c'est vraiment de toucher un maximum de gens qui voyagent et de pouvoir peut-être les impacter. Et de se dire, peut-être que chez moi, je devrais faire ci ou ça. C'est un vrai, vrai engagement. Et ce n'est pas que commercial, Eden. Depuis 2023, Oco Hotels est devenue entreprise à mission. C'est-à-dire que c'est une entreprise qui s'investit légalement. sur des projets environnementaux ou sociaux et qui passent tous les ans devant un organisme externe, justement, pour valider cela.
- Speaker #1
Oui, donc en fait, dire que la mission est inscrite dans les statuts, il me semble que c'est loi ESUS 2014 qui permet ça.
- Speaker #0
Tout à fait. Et effectivement, c'est le premier groupe hôtelier français qui rejoint ce statut. Et du coup, quand moi, je rejoins le groupe, vraiment, toutes les décisions, toute la façon de faire, toute l'idée découle vraiment de cet engagement. Et on va dire que peut-être des fois, c'est un petit peu trop poussé pour des gens qui ne sont pas sensibles à ça. Mais finalement, c'est totalement compatible. En fait, notre groupe OCO souhaite vraiment casser les codes qu'un hôtel 4 étoiles n'est pas compatible au fait d'être confortable, d'être un hôtel haut de gamme de standing et co-responsable. Alors que si, totalement. Donc voilà, également parmi nos 15 hôtels. La plupart de nos hôtels sont en centre-ville aussi pour favoriser le déplacement vert, limiter les déplacements en voiture. Il y a aussi beaucoup d'engagement d'un point de vue humain. C'est aussi ça qui m'a convaincu de rejoindre le groupe. C'est que les formations, il y a énormément de... Comme je disais tout à l'heure, si on ne donne pas les moyens aux personnes et qu'on demande éventuellement un résultat, c'est vrai que c'est plus compliqué pour les collaborateurs. Chez OCO, effectivement, par exemple, sur l'année 2024, il y a plus de 800 heures de formation qui ont été données parmi nos collaborateurs, justement pour leur donner les moyens de performer et d'avoir tous les outils et les connaissances pour accompagner la montée en compétence des collaborateurs. Et ce management humain qu'on parlait tout à l'heure, qui est aussi important de pouvoir échanger avec tous nos collaborateurs, d'être proche aussi. Moi, l'idée, ce n'est pas d'être que dans le bureau. Alors, il y a des postes de direction où on n'est forcément que dans le bureau parce qu'on doit faire beaucoup d'analyses, etc. On doit en faire aussi chez OCO. Mais la présence terrain est quand même très importante pour être toujours en relation avec les clients. toujours en relation avec les équipes. Et ça, c'est quelque chose pour moi qui est naturel. Donc non, aujourd'hui, c'est une très grande fierté pour moi de travailler pour une entreprise à mission telle que Oko Hotels.
- Speaker #1
Oko Hotels, c'est 15 hôtels aujourd'hui en France. Le petit dernier, c'est celui à Troyes.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et comment est-ce que l'hôtel, comment est-ce que toi, tu vois justement... L'intégration de cet hôtel-là dans le paysage, dans le territoire troyen, tout ça est nouveau ?
- Speaker #0
Avant de parler de l'hôtel, déjà pour ma vie personnelle, d'un point de vue personnel, l'intégration s'est très bien passée. On a trouvé avec ma famille que les Aubois et les Troyens ont été très accueillants et vraiment très ouverts d'esprit. Je trouve qu'il y a une bonne vibe, une bonne atmosphère dans ce territoire. Ce qui nous a aussi convaincus pour notre venue. Mais effectivement, l'hôtel, là je vais parler aussi au nom de tous les hôtels locaux. Donc cet espace club, on veut aussi qu'il soit pour... étroyants et les locaux. Donc bien sûr, le club, c'est pour le petit déjeuner, c'est pour les clients qui sont déjà là, etc. Mais on veut que ça soit aussi un lieu de vie pour les personnes qui ont envie de travailler. Donc c'est un espace de co-working. Donc on peut y travailler demi-journée, journée. Et d'ailleurs, pour l'anecdote...
- Speaker #1
Même pour une heure aussi,
- Speaker #0
je crois. Et pour l'anecdote, je fais souvent mes rendez-vous au club, j'aime beaucoup l'atmosphère. J'avais un rendez-vous commercial, c'était la semaine dernière. Je vois une dame qui attend, stressée. Je savais que j'allais terminer mon rendez-vous commercial dans quelques minutes. Je me dis, peut-être que j'ai oublié un rendez-vous. Je ne sais pas, un rendez-vous pour un partenariat, etc. Du coup, je termine mon...
- Speaker #1
Ton précédent rendez-vous ?
- Speaker #0
Voilà. Et je me dis, je vais me diriger vers elle, je vais l'accueillir, etc. Et en fait, non, ce n'était pas du tout pour moi. Cette gentille dame, elle passait un entretien. En fait, il y a un monsieur qui a décidé justement de profiter de cet espace coworking pour faire passer les entretiens pour un poste que lui avait ouvert.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Du coup, je voyais, j'ai vu 3-4 personnes défiler pour des entretiens. Donc, c'était super intéressant.
- Speaker #1
Il s'est approprié le lieu pour accueillir ses...
- Speaker #0
Et on a des gens qui font leur réunion d'affaires ici, au sein du club, malgré que nous on ait une salle de réunion, mais voilà, ou des gens qui veulent sortir du contexte de leur bureau et de se dire, moi j'ai envie de travailler dans un autre endroit, un autre contexte. On a aussi quelques étudiants aussi qui viennent profiter de l'espace coworking pour pouvoir travailler. Donc voilà, c'est vraiment l'idée, c'est de faire vivre cet endroit. Donc on a aussi bien sûr des gens qui viennent boire un café, On a des événements toutes les semaines, par exemple on a un comédie club local qui fait une prestation les vendredis ou les samedis. Et l'idée c'est vraiment de promouvoir tous ces talents locaux. Donc il y a plusieurs projets en cours, je n'en parle pas tout de suite mais en discussion, pour vraiment promouvoir le savoir-faire du territoire et vraiment montrer... à nos clients, à la région, que ce territoire est très, très riche. Juste par rapport à des Troyens qui s'approprient notre espace, on a même eu une terrasse au septième étage, on a même eu une demande en mariage au septième étage. On a une belle vue, effectivement, dégagée sur le centre-ville. Ça a donné de l'inspiration à un client et il nous a dit est-ce qu'on pourrait privatiser l'endroit parce que j'aimerais faire ma demande en mariage là-haut et c'était super bien décoré et finalement ça s'est fait. L'idée c'est vraiment de créer un lieu pour les Troyens. Et ensuite, on est quand même très impliqués avec la ville, avec l'Office du Tourisme, de promouvoir la région. On accueille de plus en plus d'agences de voyage par exemple, ici à l'hôtel, en collaboration avec l'Office du Tourisme, pour essayer de faire connaître aussi le territoire et la ville de Troyes. Donc il y a une vraie idée de partage chez OCO, de s'intégrer, de contribuer à notre manière et de promouvoir. Cette belle ville, ce magnifique centre historique, le chat-ours par exemple, des beaux produits. Mais voilà, c'est important pour nous d'être impliqués dans le réseau local aujourd'hui.
- Speaker #1
Ok, écoute, c'était super intéressant. C'était une vraie belle rencontre. Parce que bon, on est aussi partenaires. Tu parlais aussi des... de l'opportunité que tu donnes aux Troyens de s'approprier le lieu, ou en tout cas d'y venir pour révéler les talents locaux. Et c'est un petit peu le sujet du partenariat qu'on a avec toi, avec l'hôtel Oco pour Business Talk. Justement, ce cadre-là qui permet des discussions inspirantes avec des entrepreneurs visionnaires, des gens qui ont envie de changer les choses et d'avoir un impact positif. On te remercie pour ça, en tout cas, avec l'équipe de Yo-Kai, qui est derrière les caméras, et moi-même.
- Speaker #0
C'est un grand plaisir. Et juste pour raconter un peu notre rencontre, parce que moi, je venais d'arriver il y a deux semaines après, et tu étais venu prendre un café. Et honnêtement, je croulais sous les rendez-vous, le travail. Et on a eu cet échange, un simple échange, 10 minutes, 15 minutes. Et c'est vrai qu'on a tout de suite parlé de nos valeurs. Et c'est vrai que moi, c'est un plaisir pour moi de collaborer avec vous et de pouvoir échanger avec toi aujourd'hui. C'est que du plaisir pour moi.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Lysson. Bienvenue à Troyes. Bonne continuation en tout cas. Je sais que l'hôtel aura beaucoup de succès. parce qu'il attire beaucoup de gens beaucoup de personnes se posent la question il y a une vibe tu parlais de vibe, il y a une bonne vibe ici merci merci à vous d'avoir écouté d'avoir regardé cet épisode n'hésitez pas à vous abonner à la chaîne pour suivre les prochains épisodes et découvrir de nouveaux entrepreneurs inspirants à bientôt