#7 Jérôme Chemin : quoi de neuf sur le front du télétravail et celui du syndicalisme cover
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C'est quoi ce travail !

#7 Jérôme Chemin : quoi de neuf sur le front du télétravail et celui du syndicalisme

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26min |17/12/2020
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Description

Jérôme Chemin est secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres, où il est notamment en charge des dossiers liés au numérique et à la qualité de vie au travail. Il est également délégué syndical chez Accenture. Il fait le point sur l’accord national interprofessionnel sur le télétravail (ANI) que les syndicats viennent de signer, ainsi que sur l’évolution du télétravail et de sa perception par les organisations syndicales. Il aborde également le phénomène du développement du travail indépendant, de la moindre protection sociale des free lance et de la transformation de l’action sociale.

Zevillage : La CFDT vient de signer le nouvel accord national interprofessionnel sur le télétravail. Etait-ce nécessaire de refondre l’accord de 2005 avec tout le dispositif juridique existant ?

Jérôme Chemin : Alors oui, pour plusieurs raisons.

C’est un accord de 2005, donc 15 ans, donc presque avant le premier iPhone, si on peut dire. Donc, beaucoup de choses à remettre en perspective, notamment tout le travail autour de la déconnexion, l’absence qu’il y avait du télétravail exceptionnel qui est quand même notre grosse activité actuellement, toute une mise à jour à faire aussi sur ce qu’on a pu observer de ces 15 dernières années sur le télétravail, à savoir les conditions d’éligibilité au télétravail, les pratiques du télétravail, toute la question autour des données qui était déjà énoncée dans 2005, mais de façon très légère – il y a eu le RGPD depuis -, etc.

Il y avait vraiment besoin d’une mise à jour, en fait, de cet accord 2005. Une évolution juridique, certes, mais beaucoup de choses qui ne sont pas traitées dans la loi. Je parlais tout à l’heure du télétravail exceptionnel. Faut savoir que l’article 1222-11 est quand même très, très léger par rapport à ce qu’il aurait dû être. Il avait véritablement besoin aussi de remettre en avant l’importance du dialogue social dans la mise en place du télétravail dans les entreprises.

Voilà en gros pour brosser rapidement.

Zevillage : Cet accord prend en compte timidement le phénomène du télétravail dans les espaces de coworking. Pour toi, quels sont les autres points importants de l’accord ?

J.C. : Il y a déjà réaffirmer, ce n’était pas forcément évident pour tout le monde, mais réaffirmer quelques principes-clés : le double volontariat, la réversibilité, la période d’adaptation.

Déjà, c’était important de rappeler l’importance de ces points.

Le deuxième point important, c’est l’importance du management, du management à distance. Là, on parle véritablement désormais de formation en management à distance. C’était le deuxième point qui était essentiel.

Troisième point, je le disais tout à l’heure, la notion d’éligibilité au télétravail. Puisque la CFDT a porté dans cette négociation, et cela a été accepté, la notion de tâches télétravaillables et non pas de postes télétravaillables, ce qui est complètement différent. C’est à dire qu’avant, on se rendait compte qu’une personne pouvait ne pas accéder au télétravail parce que 20% de ses tâches n’étaient pas télétravaillables. Aujourd’hui, on se rend compte que cette personne peut accéder au télétravail, même si l’ensemble de ses tâches ne l’est pas. Donc, une analyse très fine de ces tâches, l’idée même que tout cela se fait dans un dialogue social. Je le disais tout à l’heure.

L’importance de bien mettre en place cette idée puisqu’aujourd’hui, on va de plus en plus vers des négociations au niveau de l’entreprise. Donc, il était important de bien souligner l’importance que ce n’est pas l’employeur qui prend seul les décisions sur la mise en place du télétravail, mais qu’il y a bien un dialogue entre les représentants du personnel et la direction.

Et puis, je dirais ce télétravail exceptionnel qui permet de fixer certaines conditions.<...

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Jérôme Chemin est secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres, où il est notamment en charge des dossiers liés au numérique et à la qualité de vie au travail. Il est également délégué syndical chez Accenture. Il fait le point sur l’accord national interprofessionnel sur le télétravail (ANI) que les syndicats viennent de signer, ainsi que sur l’évolution du télétravail et de sa perception par les organisations syndicales. Il aborde également le phénomène du développement du travail indépendant, de la moindre protection sociale des free lance et de la transformation de l’action sociale.

Zevillage : La CFDT vient de signer le nouvel accord national interprofessionnel sur le télétravail. Etait-ce nécessaire de refondre l’accord de 2005 avec tout le dispositif juridique existant ?

Jérôme Chemin : Alors oui, pour plusieurs raisons.

C’est un accord de 2005, donc 15 ans, donc presque avant le premier iPhone, si on peut dire. Donc, beaucoup de choses à remettre en perspective, notamment tout le travail autour de la déconnexion, l’absence qu’il y avait du télétravail exceptionnel qui est quand même notre grosse activité actuellement, toute une mise à jour à faire aussi sur ce qu’on a pu observer de ces 15 dernières années sur le télétravail, à savoir les conditions d’éligibilité au télétravail, les pratiques du télétravail, toute la question autour des données qui était déjà énoncée dans 2005, mais de façon très légère – il y a eu le RGPD depuis -, etc.

Il y avait vraiment besoin d’une mise à jour, en fait, de cet accord 2005. Une évolution juridique, certes, mais beaucoup de choses qui ne sont pas traitées dans la loi. Je parlais tout à l’heure du télétravail exceptionnel. Faut savoir que l’article 1222-11 est quand même très, très léger par rapport à ce qu’il aurait dû être. Il avait véritablement besoin aussi de remettre en avant l’importance du dialogue social dans la mise en place du télétravail dans les entreprises.

Voilà en gros pour brosser rapidement.

Zevillage : Cet accord prend en compte timidement le phénomène du télétravail dans les espaces de coworking. Pour toi, quels sont les autres points importants de l’accord ?

J.C. : Il y a déjà réaffirmer, ce n’était pas forcément évident pour tout le monde, mais réaffirmer quelques principes-clés : le double volontariat, la réversibilité, la période d’adaptation.

Déjà, c’était important de rappeler l’importance de ces points.

Le deuxième point important, c’est l’importance du management, du management à distance. Là, on parle véritablement désormais de formation en management à distance. C’était le deuxième point qui était essentiel.

Troisième point, je le disais tout à l’heure, la notion d’éligibilité au télétravail. Puisque la CFDT a porté dans cette négociation, et cela a été accepté, la notion de tâches télétravaillables et non pas de postes télétravaillables, ce qui est complètement différent. C’est à dire qu’avant, on se rendait compte qu’une personne pouvait ne pas accéder au télétravail parce que 20% de ses tâches n’étaient pas télétravaillables. Aujourd’hui, on se rend compte que cette personne peut accéder au télétravail, même si l’ensemble de ses tâches ne l’est pas. Donc, une analyse très fine de ces tâches, l’idée même que tout cela se fait dans un dialogue social. Je le disais tout à l’heure.

L’importance de bien mettre en place cette idée puisqu’aujourd’hui, on va de plus en plus vers des négociations au niveau de l’entreprise. Donc, il était important de bien souligner l’importance que ce n’est pas l’employeur qui prend seul les décisions sur la mise en place du télétravail, mais qu’il y a bien un dialogue entre les représentants du personnel et la direction.

Et puis, je dirais ce télétravail exceptionnel qui permet de fixer certaines conditions.<...

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Jérôme Chemin est secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres, où il est notamment en charge des dossiers liés au numérique et à la qualité de vie au travail. Il est également délégué syndical chez Accenture. Il fait le point sur l’accord national interprofessionnel sur le télétravail (ANI) que les syndicats viennent de signer, ainsi que sur l’évolution du télétravail et de sa perception par les organisations syndicales. Il aborde également le phénomène du développement du travail indépendant, de la moindre protection sociale des free lance et de la transformation de l’action sociale.

Zevillage : La CFDT vient de signer le nouvel accord national interprofessionnel sur le télétravail. Etait-ce nécessaire de refondre l’accord de 2005 avec tout le dispositif juridique existant ?

Jérôme Chemin : Alors oui, pour plusieurs raisons.

C’est un accord de 2005, donc 15 ans, donc presque avant le premier iPhone, si on peut dire. Donc, beaucoup de choses à remettre en perspective, notamment tout le travail autour de la déconnexion, l’absence qu’il y avait du télétravail exceptionnel qui est quand même notre grosse activité actuellement, toute une mise à jour à faire aussi sur ce qu’on a pu observer de ces 15 dernières années sur le télétravail, à savoir les conditions d’éligibilité au télétravail, les pratiques du télétravail, toute la question autour des données qui était déjà énoncée dans 2005, mais de façon très légère – il y a eu le RGPD depuis -, etc.

Il y avait vraiment besoin d’une mise à jour, en fait, de cet accord 2005. Une évolution juridique, certes, mais beaucoup de choses qui ne sont pas traitées dans la loi. Je parlais tout à l’heure du télétravail exceptionnel. Faut savoir que l’article 1222-11 est quand même très, très léger par rapport à ce qu’il aurait dû être. Il avait véritablement besoin aussi de remettre en avant l’importance du dialogue social dans la mise en place du télétravail dans les entreprises.

Voilà en gros pour brosser rapidement.

Zevillage : Cet accord prend en compte timidement le phénomène du télétravail dans les espaces de coworking. Pour toi, quels sont les autres points importants de l’accord ?

J.C. : Il y a déjà réaffirmer, ce n’était pas forcément évident pour tout le monde, mais réaffirmer quelques principes-clés : le double volontariat, la réversibilité, la période d’adaptation.

Déjà, c’était important de rappeler l’importance de ces points.

Le deuxième point important, c’est l’importance du management, du management à distance. Là, on parle véritablement désormais de formation en management à distance. C’était le deuxième point qui était essentiel.

Troisième point, je le disais tout à l’heure, la notion d’éligibilité au télétravail. Puisque la CFDT a porté dans cette négociation, et cela a été accepté, la notion de tâches télétravaillables et non pas de postes télétravaillables, ce qui est complètement différent. C’est à dire qu’avant, on se rendait compte qu’une personne pouvait ne pas accéder au télétravail parce que 20% de ses tâches n’étaient pas télétravaillables. Aujourd’hui, on se rend compte que cette personne peut accéder au télétravail, même si l’ensemble de ses tâches ne l’est pas. Donc, une analyse très fine de ces tâches, l’idée même que tout cela se fait dans un dialogue social. Je le disais tout à l’heure.

L’importance de bien mettre en place cette idée puisqu’aujourd’hui, on va de plus en plus vers des négociations au niveau de l’entreprise. Donc, il était important de bien souligner l’importance que ce n’est pas l’employeur qui prend seul les décisions sur la mise en place du télétravail, mais qu’il y a bien un dialogue entre les représentants du personnel et la direction.

Et puis, je dirais ce télétravail exceptionnel qui permet de fixer certaines conditions.<...

Description

Jérôme Chemin est secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres, où il est notamment en charge des dossiers liés au numérique et à la qualité de vie au travail. Il est également délégué syndical chez Accenture. Il fait le point sur l’accord national interprofessionnel sur le télétravail (ANI) que les syndicats viennent de signer, ainsi que sur l’évolution du télétravail et de sa perception par les organisations syndicales. Il aborde également le phénomène du développement du travail indépendant, de la moindre protection sociale des free lance et de la transformation de l’action sociale.

Zevillage : La CFDT vient de signer le nouvel accord national interprofessionnel sur le télétravail. Etait-ce nécessaire de refondre l’accord de 2005 avec tout le dispositif juridique existant ?

Jérôme Chemin : Alors oui, pour plusieurs raisons.

C’est un accord de 2005, donc 15 ans, donc presque avant le premier iPhone, si on peut dire. Donc, beaucoup de choses à remettre en perspective, notamment tout le travail autour de la déconnexion, l’absence qu’il y avait du télétravail exceptionnel qui est quand même notre grosse activité actuellement, toute une mise à jour à faire aussi sur ce qu’on a pu observer de ces 15 dernières années sur le télétravail, à savoir les conditions d’éligibilité au télétravail, les pratiques du télétravail, toute la question autour des données qui était déjà énoncée dans 2005, mais de façon très légère – il y a eu le RGPD depuis -, etc.

Il y avait vraiment besoin d’une mise à jour, en fait, de cet accord 2005. Une évolution juridique, certes, mais beaucoup de choses qui ne sont pas traitées dans la loi. Je parlais tout à l’heure du télétravail exceptionnel. Faut savoir que l’article 1222-11 est quand même très, très léger par rapport à ce qu’il aurait dû être. Il avait véritablement besoin aussi de remettre en avant l’importance du dialogue social dans la mise en place du télétravail dans les entreprises.

Voilà en gros pour brosser rapidement.

Zevillage : Cet accord prend en compte timidement le phénomène du télétravail dans les espaces de coworking. Pour toi, quels sont les autres points importants de l’accord ?

J.C. : Il y a déjà réaffirmer, ce n’était pas forcément évident pour tout le monde, mais réaffirmer quelques principes-clés : le double volontariat, la réversibilité, la période d’adaptation.

Déjà, c’était important de rappeler l’importance de ces points.

Le deuxième point important, c’est l’importance du management, du management à distance. Là, on parle véritablement désormais de formation en management à distance. C’était le deuxième point qui était essentiel.

Troisième point, je le disais tout à l’heure, la notion d’éligibilité au télétravail. Puisque la CFDT a porté dans cette négociation, et cela a été accepté, la notion de tâches télétravaillables et non pas de postes télétravaillables, ce qui est complètement différent. C’est à dire qu’avant, on se rendait compte qu’une personne pouvait ne pas accéder au télétravail parce que 20% de ses tâches n’étaient pas télétravaillables. Aujourd’hui, on se rend compte que cette personne peut accéder au télétravail, même si l’ensemble de ses tâches ne l’est pas. Donc, une analyse très fine de ces tâches, l’idée même que tout cela se fait dans un dialogue social. Je le disais tout à l’heure.

L’importance de bien mettre en place cette idée puisqu’aujourd’hui, on va de plus en plus vers des négociations au niveau de l’entreprise. Donc, il était important de bien souligner l’importance que ce n’est pas l’employeur qui prend seul les décisions sur la mise en place du télétravail, mais qu’il y a bien un dialogue entre les représentants du personnel et la direction.

Et puis, je dirais ce télétravail exceptionnel qui permet de fixer certaines conditions.<...

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