Speaker #0Je suis très contente de pouvoir vous retrouver aujourd'hui pour vous parler de ce sujet qui vraiment me concerne énormément. Je suis vraiment désolée, vous allez peut-être l'entendre, je suis encore malade aujourd'hui, donc ma voix est encore bien prise. Mais en même temps, je me suis dit que j'allais quand même enregistrer parce que le sujet me tient vraiment à cœur. Je suis moi-même touchée par ça et je suis justement en train d'explorer un petit peu en ce moment cette thématique-là. Pourquoi j'ai du mal à accepter les autres tels qu'ils sont ? Qu'est-ce que ça faisait un réveiller ? Et c'est pour ça que je voulais proposer cet épisode puisque je pense ne pas être la seule dans ce cas-là. Parce que pendant longtemps, j'avais l'impression d'accepter les autres. Je pensais être assez ouverte, assez compréhensive. Mais en réalité, je me suis rendue compte que j'étais très dure, que ce n'était pas si simple que ça d'accepter les autres tels qu'ils sont. Et déjà, il y a un truc aussi que je faisais beaucoup et que j'ai réalisé, c'est de voir les défauts des autres. De voir les défauts chez les autres, pas forcément de manière méchante, mais comme si mon regard se posait directement sur ce qui n'allait pas, sur ce qui me dérangeait. sur les moindres petits détails que les personnes pouvaient avoir, pouvaient faire. Et je me suis longtemps demandé pourquoi j'avais ce mode de fonctionnement-là. Et en parallèle, je pouvais aussi idéaliser énormément certaines personnes, les mettre sur un piédestal, me dire qu'elles sont incroyables, leur prêter énormément de qualité. Et forcément, à un moment donné, j'étais déçue, parce que c'était une projection de ma part, c'était une idéalisation que je m'étais faite, et ce n'était pas du tout la personne. en elle-même. Et cette déception, elle revenait souvent dans mon passé, dans mes relations, comme si je passais de cette personne qui est incroyable, en fait, elle n'est pas du tout comme je pensais. Et ça, je pense que c'est quelque chose qui va parler à beaucoup de personnes le côté un petit peu idéalisation qu'on va faire. Et du coup, ça a créé beaucoup d'incompréhension en moi. Et c'est pour ça que j'ai commencé à me poser des questions. Enfin, du moins, c'est de là où j'ai commencé à me poser des questions. J'ai commencé à me dire, est-ce que le problème, c'est vraiment les autres ? ou est-ce que le problème c'est le regard que je porte sur eux ? Et c'est vraiment là en fait que j'ai commencé à comprendre pas mal de choses parce qu'au fond, ne pas réussir à accepter les autres tels qu'ils sont, ça peut prendre énormément de forme, ça peut être vouloir qu'ils changent, ça peut être être souvent déçu, les juger intérieurement ou même avoir en fait de la peine pour eux. Et dans tous les cas, on est rarement en train de voir la personne telle qu'elle est, on la voit à travers notre filtre, à travers nos attentes. à travers nos blessures aussi. Et moi, en tout cas, ça a vraiment été une claque de réaliser ça, de comprendre que finalement, ce que je voyais chez les autres, ça venait tout simplement parler de moi. Et donc, pourquoi ça vient parler de nous ? Pourquoi ça vient nous montrer des choses sur nous ? En réalité, c'est parce qu'on ne voit jamais les gens vraiment tels qu'ils sont. On les voit à travers nous-mêmes. On les voit à travers notre histoire. On les voit à travers notre vécu, ce qu'on a appris, ce qu'on a accepté de nous ou pas. Et ça, c'est vraiment quelque chose d'essentiel pour moi à comprendre. Enfin, du moins, c'est vraiment quelque chose qui m'a vraiment... qui a vraiment changé ma perception des choses, cette notion de prisme. Parce qu'on ne voit jamais les gens, on ne voit jamais les autres tels qu'ils sont réellement. On les voit toujours à travers notre propre regard, à travers notre propre filtre. Et ça, je pensais l'avoir compris mentalement. Et en fait, je me suis rendue compte que pas du tout. Que, en fait, je pensais l'avoir compris, mais je ne l'avais pas vraiment intégré. Je ne l'avais pas intégré en moi, je ne l'avais pas intégré dans mon corps. Et c'est quelque chose que j'ai vécu lors d'une constellation familiale. Je me souviens d'un moment assez marquant où j'étais en train de parler à quelqu'un, de lui dire ce que je pensais de cette personne, comment je l'apercevais, ce que je ressentais. Et j'avais cette certitude en moi. J'avais cette certitude que ce que je disais, c'était là, c'était réel. Et les personnes qui étaient autour de moi me disaient que non. que ce que je disais, ça ne correspondait pas en fait à cette personne, et que cette personne, elle ne ressentait pas ce que je décrivais, et qu'elle n'était pas comme moi je la décrivais. Et ça, ça m'a vraiment déstabilisé sur le moment, parce que pour moi, c'était réel. C'était vraiment comme ça que je la voyais, c'était comme ça que je la percevais, alors qu'en réalité, pas du tout. En fait, je me suis vraiment rendue compte que je n'étais pas en train de voir la personne, que j'étais en train de la voir à travers moi, à travers mon histoire, à travers mes émotions. à travers mes projections, mes peurs. Et en fait, finalement, ça c'est vraiment quelque chose qu'on fait en permanence, sans s'en rendre compte. Et ça a vraiment été une vraie prise de conscience pour moi de réaliser que même quand on a l'impression d'être objective et qu'on est sûr de ce qu'on peut ressentir, on est sûr de ce que l'autre ressent, et bien en fait, c'est jamais complètement vrai parce qu'on interprète tout. Un regard, un mot, une attitude, on va y mettre du sens, mais ce sens, il va venir de nous. Et je trouve ça tellement important de le comprendre parce que pour moi, et je pense que peut-être que pour vous qui m'écoutez, ça peut changer complètement notre manière et votre manière de voir les relations, de voir les autres. Et on va passer de se dire que l'autre est comme ça à c'est moi qui le perçois comme ça. Et ça je pense que c'est vraiment important aussi de le conscientiser. Pour revenir à ce qu'on disait au départ sur le fait de ne pas réussir à accepter les autres, Avec tout ce que je viens de dire, on comprend déjà une chose, c'est que les choses qu'on va penser des autres, c'est un petit peu les projections qu'on va avoir. Et donc bien évidemment, quand je dis que ça vient nous toucher nous, c'est qu'on a la responsabilité de voir ce qu'on voit chez les autres avec, comme je vous le disais, notre prisme, notre propre histoire, nos propres projections. Mais il y a bien évidemment aussi quelque chose, quand on a du mal à accepter les autres tels qu'ils sont, c'est avoir cette difficulté à avoir du mal à s'accepter tel que l'on est. Parce que, bien sûr, quand on projette sur les autres nos peurs, quand on projette sur les autres notre vision, notre histoire, tout simplement, eh ben on projette aussi ce qu'on a du mal à accepter chez nous. Plus on va être en combat avec nous-mêmes, plus on va être en combat avec ces parts de nous qu'on a du mal à accepter, qu'on a du mal à... à voir, à accueillir. Et plus on va être dans ce jugement d'autrui, plus on va être dans les projections de nous-mêmes avec les autres. Et c'est vraiment ça aussi que j'ai compris avec le jugement et la non-acceptation qu'on peut avoir avec les autres. Et je pense d'ailleurs que c'est important et même voire essentiel d'aller voir en soi les parts qu'on n'arrive pas à accepter. Parce que je pense que tant qu'on est en rejet avec certaines parties de nous, On va les voir partout à l'extérieur, comme si le monde venait nous les montrer en permanence, que ce soit à travers les autres, que ce soit à travers leurs comportements, que ce soit à travers ce qu'ils vont nous renvoyer. Et c'est vraiment là qu'on parle de miroir, parce que les autres viennent activer en nous des choses qu'on n'a pas encore accueillies, qu'on n'a pas encore comprises, qu'on n'a peut-être pas encore apaisées, qu'on n'a peut-être pas encore acceptées. Et donc, c'est là qu'on va réagir. C'est là... où on va rentrer dans un jugement, où on va se fermer, où on va vouloir que l'autre change. Alors qu'en réalité, ce qu'on cherche à éviter, c'est de ressentir ce que ça vient toucher à l'intérieur. Et plus on va apprendre à accueillir ces parts de nous, même si on ne les aime pas vraiment, même si on ne les trouve pas assez bien, et bien plus on va faire de l'espace, plus on va créer de l'espace en nous, et à ce moment-là, ça va aussi créer de l'espace pour les autres. Et c'est là que vraiment quelque chose peut commencer à changer dans... dans le fait de réussir à accepter les autres tels qu'ils sont. Donc voilà, je pense qu'il y a énormément de choses, énormément de facteurs qui vont faire qu'on va réussir à se détacher de ce regard qu'on peut avoir avec les autres. Je voulais aussi aborder un petit peu l'idéalisation qu'on peut avoir parce que je sais qu'il y a le jugement qui peut être un petit peu négatif, mais il y a aussi l'idéalisation. Parce que bien souvent, on ne se rend pas compte qu'on idéalise les autres. On pense qu'on les admire. On pense qu'on les trouve incroyables, qu'ils ont tout ce qu'il faut, alors qu'en réalité, quand on idéalise, on n'est déjà plus en train de voir la personne telle qu'elle est, on est en train de créer une version d'elle qui va correspondre à nos attentes, qui va correspondre à nos besoins, qui va correspondre à ce qu'on aimerait vivre. Et ça, c'est vraiment quelque chose que j'ai tendance à faire et qui rejoint le fait de ne pas réussir à accepter les autres parce qu'en idéalisant les autres, On est encore une fois en train de... D'imaginer et de visualiser quelque chose qui n'est pas réel. On s'éloigne tout simplement de la réalité, on s'éloigne de ce que la personne est vraiment. Et en fait, dans ces moments-là, on ne se rend vraiment pas compte de l'image qu'on va se faire et qu'on va donner à l'autre et qui n'est absolument pas réelle parce que l'autre n'est pas du tout l'image qu'on projette de lui. Et là, il y a déception. Mais cette déception, elle ne vient pas vraiment de la personne. Elle vient de l'écart entre l'image qu'on avait construite de cette personne et la réalité. Et donc là, ça va amener à une autre question, c'est pourquoi on idéalise les autres ? D'où ça vient ? Parce que c'est pas juste un hasard, et bien évidemment, c'est lié à un mode de fonctionnement. Souvent, l'idéalisation, elle vient d'un manque, d'un besoin qui n'a pas été nourri à l'intérieur de nous, que ce soit un besoin d'amour, que ce soit un besoin de reconnaissance, de validation, de sécurité. Et on va chercher à l'extérieur quelqu'un qui va nous sembler pouvoir combler tout ça. On va aller chercher chez l'autre tout ce dont on a l'impression d'avoir manqué. Et on va presque lui donner ce rôle, le rôle de celui qui va nous rassurer, de celui qui va nous aimer, de celui qui va nous combler. L'idéalisation des autres, ça permet aussi de créer une forme de sécurité. Parce que quand on met quelqu'un sur un piédestal, on a l'impression de savoir qui on a en face de nous, à qui on a affaire. on va avoir tendance à se raconter une histoire et cette histoire là elle va nous rassurer même si dans le fond elle n'est pas totalement réelle et en fait idéaliser c'est pas vraiment voir l'autre c'est juste répondre à un besoin en nous projeter une image et chercher quelque chose à l'extérieur qu'on n'a pas encore trouvé à l'intérieur de nous et au final avec tout ce que je vous ai dit aujourd'hui que ce soit l'idéalisation, le fait de juger, de projeter ne pas réussir à accepter les autres tels qu'ils sont lorsqu'on fait ça Au final, on laisse pas les autres vivre. On laisse pas les autres être pleinement eux-mêmes, parce qu'on va avoir tendance à les voir à travers notre prisme, à travers nos attentes, à travers nos blessures. On va leur mettre une image, une étiquette, ou même des fois un rôle, et sans s'en rendre compte, on les enferme dans quelque chose qu'ils ne sont pas vraiment, qu'ils ne sont pas réellement, et on les rencontre pas vraiment tels qu'ils sont. Et ça, je trouve ça vraiment dommage, parce qu'on peut passer à côté de la personne réelle. Et on est en lien avec ce qu'on imagine d'elle, mais pas avec qui elle est vraiment. Et c'est pour ça que je pense que c'est important de reprendre conscience de ça. C'est pour ça que j'ai voulu vous partager aussi cet épisode aujourd'hui, surtout dans les moments où on sent qu'on est dans le jugement, où on sent qu'on est dans la non-acceptation. Alors bien évidemment, ça ne veut pas dire qu'il faut tout accepter. Ça ne veut pas dire qu'il faut rester dans des situations qui ne nous respectent pas. Mais peut-être que dans certains moments, on peut aussi venir se poser une question qui est toute simple. Est-ce que je suis vraiment en train de voir la personne telle qu'elle est ? Ou est-ce que je suis en train de parler de moi à travers elle ? Et ça, c'est vraiment quelque chose qui, je pense, peut faire bouger des choses. Si vous vous connaissez dans le fait de ne pas réussir à accepter les autres tels qu'ils sont, à avoir cette idéalisation-là. Et c'est aussi de se demander, est-ce que ce que je perçois, c'est la réalité ? Ou est-ce que ce sont mes projections ? Ce sont mes peurs, ce sont mes attentes, ce sont peut-être ce que moi je vis aussi à l'intérieur de moi. Et juste de se poser ces questions-là, ça peut vraiment pour moi, je pense, changer beaucoup de choses. Et au final, je pense que tout revient toujours à ça, que plus on va réussir à s'accepter tel qu'on est, plus on va réussir à accepter les autres tels qu'ils sont, plus on va se laisser être, plus on va aussi laisser l'autre être sans vouloir le changer, sans vouloir... le contrôler sans lui demander aussi d'être parfois autre chose, juste de le rencontrer tel qu'il est. Et peut-être que ça, au fond, c'est aussi quelque chose qui va transformer vos relations, qui va transformer les relations en des relations beaucoup plus vraies, des relations où on n'est plus dans l'image, mais dans la présence. Dans la présence de l'autre, peut-être dans l'acceptation. Et si vous vous reconnaissez dans ce que j'ai dit, déjà de commencer à vous prendre avec plus de douceur, de laisser... ça a infusé dans vos relations, parce que dans le fond, les autres ne sont pas là pour être comme on aimerait qu'ils soient, ils sont tout simplement là pour être eux-mêmes, et nous, on est là pour être nous, et je pense que c'est vraiment important de reprendre cette responsabilité-là. Enfin, du moins, c'est ce qui m'a aidée personnellement à réussir à me détacher un petit peu de cette non-acceptation d'autrui, et de me diriger et de voir les choses différemment. Voilà, j'espère en tout cas que ce que j'ai pu vous partager aujourd'hui a peut-être pu vous apporter des réponses, peut-être une autre vision de voir les choses. J'espère en tout cas que cet épisode vous aura plu. Merci beaucoup pour votre écoute et je vous dis à la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode.