Speaker #0Imagine, qui serais-tu si tu étais en paix et animé par l'amour ? Bienvenue dans le podcast Carpe Diem, ton compagnon de voyage pour cheminer vers l'unité. L'unité en toi entre les différentes dimensions de ton être et l'unité avec autrui, avec la vie et l'infini. Je suis Myriam D'Enfant, une thérapeute dans l'âme au service de ton âme. Ma mission, te rappeler qui tu es au-delà des limitations, des jugements et des barrières. Tu sais, celles qui te divisent à l'intérieur et qui nous séparent à l'extérieur. Je t'accompagne dans la découverte de ta véritable nature pour que tu libères ton plein potentiel et que tu offres à ce monde ce qui te rend unique. Alors lève-toi et brille, que ta lumière l'emporte car Pédi aime. Dis-moi, est-ce que tu ne crois pas qu'il serait temps de faire le point sur cette longue absence qui m'a paru comme une éternité et au sujet de laquelle j'ai reçu plusieurs messages ? Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ? Par quelle non-opération du Saint-Esprit, je suis passée de la flamme, de l'excitation et de l'engouement à Rien ! Normalement, si tu as bien écouté ma question, la formulation de ma question, tu as déjà une partie de la réponse. Mais si ce n'est pas clair pour toi, je vais te le dire en d'autres termes. Ce qu'il s'est passé, c'est que j'ai coupé le sifflet au Saint-Esprit. Tu te rends compte un peu ? Pourtant, ça avait bien commencé. J'étais pleine d'ambition. débordante d'enthousiasme et en plus c'est un projet qui est aligné pour moi, qui est vraiment à l'image de tout ce que j'aime, de tout ce que j'ai envie d'apporter dans ce monde. Et justement, je pense que j'ai mis tellement d'enjeux dans cette aventure que j'ai tellement eu envie de bien me faire que j'ai cassé les langues créatives, que j'ai voulu encadrer, contrôler, scripter, soigner mes arguments. Et finalement, ce côté perfectionniste, il est venu me couper de la joie. Et pourquoi ça m'a coupé de la joie ? Parce qu'en fait, ce perfectionnisme, il part d'un espace de peur. Alors que ce projet, à la base, il est animé par l'amour. Et comme tu le sais, la vibration opposée à l'amour, ce n'est pas la haine, c'est la peur. Et qui dit peur, dit égo. Qui dit égo, dit blessure. Et qui dit blessure, dit mise en place de masque. et de mécanismes de défense. Et donc là, je ne sais pas si la situation t'apparaît clairement, mais en fait, tu peux observer qu'il y a une dualité qui se crée. Une dualité entre l'expression authentique et intègre de l'âme et l'ego qui se manifeste à travers des peurs et des comportements de contrôle. Et c'est comme ça, à l'insu de mon plein gré, que je me suis vu, bien malgré moi, fermer la porte au Saint-Esprit. Et sois bien attentif à ce que je dis, parce que quand je dis à l'insu de mon plein gré, et bien malgré moi, Il faut se demander à qui renvoie le mot et à qui renvoie le moi. Et là tu ne me vois pas mais je souris parce que initialement je n'avais pas du tout prévu de te parler de ça dans cet épisode. Tu vois cet épisode je l'ai abordé comme un exercice de spontanéité, comme une mise en pratique de lâcher prise, comme une reconnexion à la partie la plus intuitive, la plus libre. la plus inspirée de ma personne. Et qu'est-ce que je veux dire par là ? Je veux dire que j'ai posé l'intention aujourd'hui de m'asseoir face à mon micro, sans trame prédéfinie, et de te parler de ce que j'ai vécu ces derniers mois, du travail intérieur dans lequel je me suis plongée corps et âme, et c'est vraiment le cas de le dire, corps et âme. Mais finalement, là, en te parlant, j'ai un autre sujet qui me vient à l'esprit et je pense que ce sera un sujet plus utile pour toi et que j'aurai l'occasion peut-être en live sur Instagram. Dans le cadre d'un épisode où on parlera de la thématique de l'exploration et de la découverte de soi avec un invité que j'ai à l'esprit, j'aurai l'occasion de partager avec toi ce chemin personnel et cette saisonnalité intérieure qu'il faut apprendre à voir et à respecter. J'ouvre quand même une petite parenthèse pour illustrer ce que je suis en train de te dire et que j'aurai l'occasion de développer plus tard. Mais en fait, il faut absolument comprendre. et se déculpabiliser par rapport à ça qu'il y a un temps pour toute chose. Tu vois, c'est un peu comme quand tu cuisines un bon ragoût, quand tu cuisines quelque chose qui demande d'être sur un feu doux pendant de longues heures. Tu peux augmenter la température et croire que tu vas arriver à une cuisson plus rapide, mais ce qui fait la tendresse, ce qui fait le fondant, ce qui fait la délicatesse de ton plat, C'est justement cette cuisson qui a nécessité du temps. C'est cet amour que tu as mis dans la préparation. C'est cette lenteur qui a permis à chaque ingrédient de dégager sa saveur. C'est aussi le fait d'accepter l'idée que cuisiner ce type de plat-là, ça exige des heures, que ça fait partie du processus, que c'est normal. En fait, c'est accepter et comprendre que quand tu cuisines un ragoût, tu ne cuisines pas de la fast-food. Et ça, il faut vraiment l'avoir à l'esprit. Quand tu cuisines un ragoût, tu ne cuisines pas de la fast-food. Et donc, si je fais le parallèle avec ma situation, quand tu t'engages dans un projet où ta personne est impliquée, où ta personne fait partie intégrante de ce que tu partages et de ce que tu crées, il faut être en paix avec l'idée que tout n'est pas linéaire et qu'à l'image de la nature, il y a des saisons intérieures. Il y a des cycles. qui doivent arriver à leur terme. Il y a des conscientisations qui doivent se faire et les feuilles de tes croyances limitantes qui doivent tomber. Il y a des racines qui doivent s'ancrer dans le sol et faire face à la résistance de la terre, à la résistance de la matière pour se déployer pleinement. Et j'ai le sentiment que plus tu veux créer à partir de l'espace de ton cœur, plus tu veux créer à partir d'un espace de vérité, et plus tu dois te confronter à tes peurs et te revisiter en profondeur. Et ce travail, je le vois comme une opération alchimique qui n'est pas forcément agréable à vivre, parce que pour transformer le plomb en or, il faut brûler le plomb pour que les impuretés puissent disparaître. Et pour transformer l'énergie de peur en énergie d'amour, il faut se rappeler qui nous sommes réellement. et accepter de se défaire de ce que la Bible appelle le vieil homme. Il faut tuer le vieil homme. Il faut se défaire de cette vieille peau, de ce personnage auquel on s'est attaché, de ces histoires auxquelles on s'est identifié. Il faut, à l'image du serpent, accepter que la mue est un phénomène naturel et un processus qui implique du temps. En fait, il faut accepter de laisser partir des pans entiers de ton identité. Et quand je te le dis, ça me fait quelque chose, parce que ça revient à accepter l'idée de mourir avant de mourir. Tu ne peux pas renaître si tu n'es pas prêt à mourir à certaines parties de toi. Tu ne peux pas renaître si tu restes accroché à certaines situations, à certaines personnes, à certaines habitudes, à certaines pensées. Tu ne peux pas créer quelque chose de neuf à partir de quelque chose de vieux. Tu ne peux pas expérimenter une nouvelle réalité à partir de l'état d'être qui a créé l'ancienne. Et donc, tu dois faire le deuil de qui tu étais pour accoucher de qui tu es, pour devenir qui tu es. Et ça, c'est un deuil qu'on va être amené à faire plusieurs fois dans notre vie. Parce que être, c'est devenir. Être. C'est passer du potentiel au réel. Être, c'est accepter de ne pas être. Et ça, Shakespeare l'a très bien compris quand il a formulé cette phrase emblématique Être ou ne pas être, telle est la question Et là, tu m'entends rire, mais je peux te dire en toute sincérité que ce processus de ne pas être, qui permet d'être véritablement, C'est un processus qui a été très douloureux pour moi. Je peux même te dire que j'ai pleuré des larmes de sang, des larmes de feu, des larmes d'épée. J'ai pleuré en long, en large et en travers, en technicolore. Et toutes ces larmes-là, elles étaient importantes, elles étaient bénéfiques, elles étaient à l'image d'une pluie abondante qui vient fertiliser la terre, qui vient nourrir la graine, la graine de la vie avec un grand V, la vie qui sommeillait en moi et qui ne demandait qu'à fleurir. D'ailleurs, je trouve ça très beau parce qu'en langue arabe, le mot amour se dit hub, et le mot graine, se dit hebba Donc tu vois, c'est la même racine qui est utilisée par les deux mots parce que aimer aimer véritablement, c'est prendre soin de cette graine qui est à l'intérieur de soi. C'est planter la graine dans le bon sol, c'est préparer la terre, c'est enlever les mauvaises herbes, c'est arroser, c'est être patient, c'est avoir confiance, c'est œuvrer en collaboration avec la vie. Aimer, c'est semer, c'est se planter, accepter de se planter dans tous les sens du terme. C'est nourrir une graine dont on ne voit pas encore le fruit. C'est croire en l'invisible. C'est avoir la foi et chérir avant même que le résultat advienne. C'est accepter que l'enveloppe de ta graine se déchire pour que la germination puisse se faire. C'est trouver le bon équilibre entre la terre, le sol, qui peut représenter tes profondeurs, tes ombres, entre le soleil qui peut représenter tes parts de lumière, entre l'eau, l'humidité qui peut représenter tes émotions. C'est te créer un écosystème qui te permette de te développer. C'est te donner du temps, de l'amour, de l'attention. C'est comprendre aussi que cette petite graine, ce n'est que le début d'un long voyage de transformation. C'est être ok avec le fait de passer par plusieurs étapes, de vivre plusieurs états. C'est réaliser que toi-même, tu viens d'une autre plante, d'un autre arbre et qu'un jour tu donneras naissance à des milliers de graines. c'est ne pas rester bloqué dans l'identité de la graine, dans l'identité du plant, dans l'identité de l'arbre. C'est comprendre aussi que tu es la vie qui s'exprime sous différentes formes, sous différentes apparences, mais que tu es un processus en cours. Tu es à la fois tout cela et rien de cela. Et cette conscientisation, quand on la vit intérieurement, c'est quelque chose qui peut donner le vertige, c'est quelque chose qui fait peur à notre ego. Parce que notre ego, son fonctionnement, c'est de s'attacher à des identités qui sont par définition provisoires. C'est de vouloir créer de la permanence dans l'impermanence, de l'immobilité dans le mouvement. Et c'est totalement contre nature, ça va à l'encontre même du principe de la vie. Et c'est pour ça qu'on souffre. C'est parce qu'on refuse de se laisser aller à l'inconnu. C'est parce qu'on veut garder un sentiment de maîtrise. C'est parce qu'on se croit séparé de ce qui est. C'est parce qu'on croit qu'on est la graine et qu'on oublie de se resituer dans le cycle infini de la vie. Et ça c'est une bonne transition pour revenir à la question que je t'ai posée, à savoir quand je dis à l'insu de mon plein gré et bien malgré moi, qui est le mon et qui est le moi ? Est-ce que c'est la graine avec son enveloppe ou est-ce que c'est la force de vie créatrice qui demande à croître ? Libre à toi de répondre à la question, mais tu vois ce que je veux souligner à travers cette interrogation que je partage avec toi, c'est que cette dualité que tu ressens à l'intérieur, elle est exactement de cet ordre-là. Et quand je dis cette dualité que tu ressens, c'est cette dualité qu'on ressent tous en réalité. Et il y a un symbole chrétien que j'affectionne particulièrement. et qui va me permettre de poser des mots sur cet état de division intérieure. Ce symbole, c'est la Trinité, que personnellement je ne vois pas comme un dogme et que je n'interprète pas de manière littérale. Si c'est ton cas, grand bien te fasse, et je le dis sincèrement, grand bien te fasse. L'essentiel, c'est que tu trouves un système de croyances qui te permettent de te sentir bien, d'évoluer et de devenir une meilleure personne. En tout cas, pour ma part, j'en ai une interprétation symbolique. Interprétation que j'ai envie de mettre en relation avec des concepts qui me semblent identiques, qui me semblent décrire les mêmes réalités en islam ou plus précisément dans le texte coranique. Je te rappelle que cet épisode c'est du freestyle, c'est-à-dire que je n'ai aucune note, je n'ai aucune trame et je me laisse inspirer par le Saint-Esprit. Et oui, on est allumé ou on ne l'est pas. Et je t'avoue que maintenant, je commence à être à l'aise avec l'idée d'être une allumée. Alors pourquoi je te dis que je me laisse inspirer par le Saint-Esprit ? La Trinité enseigne au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et honnêtement, je trouve que c'est un symbole d'une beauté et d'une puissance qui me transportent. Alors au nom du Père, si je fais le parallèle avec les chrétiens d'Orient, les chrétiens arabes, le mot qui est utilisé pour le Père, c'est le même mot qui est utilisé dans le Coran pour désigner le divin. Et ce mot-là, c'est Allah. Donc je le répète, au cas où tu n'aurais jamais entendu cette information auparavant, Allah, c'est le mot arabe pour désigner Dieu dans le christianisme et dans l'islam. Allah n'est pas seulement le Dieu des musulmans en tant que religion institutionnalisée. Si tu ne comprends pas ce que je veux dire par religion institutionnalisée je te renvoie à l'épisode 1, dans lequel je partage ma conception de l'islam en tant que voie spirituelle universelle et intemporelle. Donc Allah est aussi la manière dont les arabes chrétiens appellent Dieu, et même historiquement parlant, dans l'Arabie pré-islamique, les arabes qui n'étaient ni chrétiens, ni juifs, ni zoroastriens, avaient eux aussi un panthéon de divinités dont Allah et son pendant féminin, la déesse Ellet. Donc tout ça pour te dire que le mot Allah est plus vieux que l'islam, est plus vieux que le christianisme et remonte à une époque qu'on ne sait pas dater. D'ailleurs on traduit souvent ce mot par Dieu, mais en réalité il y a tout un travail de recherche pour comprendre ce que la racine de ce mot peut bien vouloir dire. Je pense que je le ferai dans un autre épisode sinon ça va durer beaucoup trop longtemps. En tout cas, je t'invite à réfléchir au fait que la correspondance exacte n'est pas réelle, linguistiquement parlant, et aussi que le concept de Dieu, c'est un concept sur lequel on a plaqué beaucoup d'idées, beaucoup de représentations, elles-mêmes issues de différentes cultures, de différentes périodes, de différentes zones géographiques. Donc il me paraît quand même important d'expliquer ce que signifie pour moi le mot Allah, en tout cas de partager avec toi les deux idées directrices qui me guident dans ma réflexion autour de ce mot. La première définition qui m'oriente, définition entre guillemets, je l'ai trouvée dans le verset du trône, un verset coranique qui dit Allah la ilaha illa huwa alhayyul qayyum et que l'on pourrait traduire par Allah nul autre réalité si ce n'est lui, le vivant, l'immuable. Et le deuxième verset qui nourrit ma réflexion, c'est un verset biblique extrait de l'Exode, dans lequel Dieu, Allah, se qualifie en ces termes Je suis celui qui est Donc, si je reviens à la Trinité, avec le Père qui représente Allah, c'est-à-dire la réalité vivante et immuable qui nous cerne de toutes parts. Et quand je dis immuable, je te rappelle justement qu'il n'y a rien d'immuable si ce n'est cette réalité divine, c'est-à-dire si ce n'est ce qui est. Ce qui est de l'infiniment petit, le microcosme, à l'infiniment grand, le macrocosme. Ce qui est, c'est-à-dire cette matrice unifiée infinie qui forment ce qu'on peut appeler le réel. D'où la combinaison des deux noms divins que l'on utilise systématiquement ensemble avant de réciter une sourate du Coran, Ar-Rahman, Ar-Rahim dont la racine composée des trois lettres Ra, He et Mim renvoie à l'utérus de la femme, renvoie à cette idée de matrice. C'est pour ça que cette formule est habituellement traduite par au nom d'Allah, le tout rayonnant d'amour, le très rayonnant d'amour ou au nom d'Allah, le matriciant, le matriciel Donc on retrouve cette idée de matrice qui englobe toute chose, cette idée de matrice qui donne l'énergie de vie à tout ce qui est. Alors évidemment c'est une proposition que je partage mais qui ne dépend que de ma compréhension et qui, rappelons-le, n'a aucune valeur de vérité absolue. Quoi qu'il en soit, c'est de cette manière que je comprends le mot Allah, c'est-à-dire Le réel, qui correspond au nom divin al-haqq. L'immuable, celui qui subsiste à toute chose, celui qui ne change pas dans le changement, qui correspond au nom divin al-qayyum. Le vivant, la source de vie, qui correspond au nom divin al-hayy. celui qui est, comme le mentionne le verset biblique, et aussi celui qui est un, Allahou Ehad. Et donc si je connecte tous ces points, c'est la réalité qui est une, qui est unifiée, qui est vivante et qui est immuable dans le changement. Et là je te ramène à la métaphore de la graine que j'ai utilisée tout à l'heure. et je t'invite à faire le parallèle entre ce que je viens de te dire et toute la symbolique associée à cette graine. J'espère que tu me suis parce que mine de rien, c'est un sujet qui n'est pas évident à traiter et que je n'ai pas préparé. Bref, penchons-nous sur la Trinité, donc je disais que le Père symboliquement représente Allah. Le fils dans le christianisme est associé à Jésus en sachant qu'étymologiquement Jésus veut dire Dieu libère, Dieu délivre et que le Messie veut dire celui qui a reçu l'onction divine. Et il me semble important de rappeler que dans la Bible nous sommes tous les filles et les fils de Dieu. Et que dans le Coran, nous sommes les représentants de Dieu sur terre, ses lieutenants, ses successeurs, ses héritiers. Pour ceux qui parlent arabe, Donc, on a le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Traditionnellement, le Saint-Esprit est souvent associé à l'ange Gabriel. Et que ce soit en hébreu ou en arabe, Gabriel, ça signifie la puissance, la force de Dieu. D'ailleurs au passage, tous les noms d'anges qui se terminent par L incarnent une qualité divine. Enfin je dis incarnent, je ne sais pas si c'est le terme approprié dans le sens où on dit que les anges sont des êtres de lumière et non pas de chair, mais vous aurez compris l'idée. Bref, où est-ce que je veux t'amener avec tout ça ? Je me suis lancée dans quelque chose nommé au secours Des fois, je te jure, je me demande mais pourquoi tu te fais ça Myriam ? Pourquoi ? Tu n'as rien d'autre à faire dans la vie que d'aller t'attaquer à des sujets qui ont créé des siècles et des siècles de polémiques et qui ont abouti à des divisions, à de la séparation et à des guerres. Mais pourquoi tu te fais ça ? Pourquoi ? Je crois que c'est parce que je suis une fanatique d'unité et que c'est aussi parce que je suis convaincue que Dieu est un, que le réel est un, que Allah est un et que c'est nous qui ne comprenons pas la profondeur, la beauté et la puissance des symboles utilisés par les différentes traditions spirituelles. Donc je reprends, on a Allah le Père, Jésus ainsi que l'ensemble de ses Pères en humanité les enfants et le Saint-Esprit. Si je devais le formuler en d'autres termes, on a Allah, le Père, ça, ça ne change pas, j'ai déjà explicité ce à quoi ça renvoyait pour moi. On a le Fils, la Fille, les enfants. qui renvoie à ce que l'islam appelle notre nefs. Donc la nefs, qu'est-ce que c'est ? C'est le personnage incarné, c'est notre humain, c'est notre avatar dans cette incarnation, c'est notre forme, notre apparence, notre histoire, notre vécu, notre égo en fait. Et on a le Saint-Esprit, Ruh el-Qudus. Donc pour l'instant, tu me l'accorderas, il n'y a rien de blasphématoire si tu appréhendes cette Trinité de manière symbolique et si tu fais l'effort de comprendre que c'est une sorte d'outil qui te permet de conceptualiser ta réalité multidimensionnelle en interaction avec le divin. Donc je répète, ta nefs, ton personnage incarné, ton ego, ton avatar, ton roux, ton âme avec un grand A ou ton esprit, et Allah, qui est l'ineffable par excellence mais que l'on peut quand même appréhender intellectuellement à travers ses noms, ses attributs, ses qualités et les descriptions qu'on retrouve dans le courant et dans les différents textes sacrés. Alors maintenant la question c'est qu'est-ce que le Coran désapprouve dans la Trinité quand elle est comprise de manière littérale ?
Speaker #0Donc là, ce qui pose problème, c'est d'identifier Jésus ou sa mère ou toutes les créatures qui sont sur la terre à Allah. Je te l'ai expliqué tout à l'heure, cet élément-là de la Trinité correspond à la Nefs, c'est-à-dire le personnage, l'ego, l'avatar, la personnalité, tout ce qui renvoie finalement aux identifications éphémères et passagères, tout ce qui ne correspond pas à ce que nous sommes véritablement. C'est-à-dire que si je reprends mon histoire de la graine, le Coran nous invite à faire attention et à ne pas nous prendre pour la graine. C'est pour ça que dans la tradition chrétienne, Jésus est crucifié. C'est-à-dire que symboliquement, il faut crucifier le fils, la nefs, le personnage, l'avatar pour connaître le Père. Et d'ailleurs à ce sujet, le Coran nous dit que Jésus n'a pas été tué et n'a pas été crucifié. Parce qu'en réalité, en tout cas ce n'est que ma compréhension, il ne faut pas tuer sa nefse, il faut la pacifier. Et si je file ma métaphore de la graine jusqu'au bout, il ne faut pas tuer la graine, il faut accepter qu'elle change de forme. Et c'est pour ça que personnellement, quand je dis au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Ce que je comprends, c'est au nom d'Allah au nom de moi, de mon personnage, qui m'a été confié, dans lequel je suis incarné, avec lequel je suis là pour expérimenter, mais auquel je ne dois pas m'identifier, parce que ce n'est qu'un état passager, ce n'est qu'une forme transitoire, et au nom du Saint-Esprit qui vit en moi, au nom de ce souffle divin, au nom de ce Rouh qui m'a été insufflé. et que je dois choisir à chaque instant, que je dois honorer en apprenant que je suis bien plus grande que ma nefs, que je suis bien plus grande que ce personnage auquel je peux m'identifier et qui me limite, en apprenant à ne plus être qui je crois être pour devenir qui je suis vraiment, dans un mouvement de croissance et d'expansion infinie parce que Allahou Akbar. Dieu est plus grand et parce que L'ilaha illallah il n'y a aucune autre réalité que la réalité divine dont je fais partie, dont tu fais partie, dont nous faisons tous partie. Et j'aime beaucoup les poèmes de l'émir Abdelkader dans lesquels il dit Nous avons écarté le voile et s'est effacée la ténèbre de l'altérité. Moi, toi, lui se dissipèrent, il n'y a plus d'ambiguïté. Nul autre que nous ne subsista, il n'y eut jamais autre que nous. Je suis les chansons, la brevée, le vin et la coupe. Les contraires se sont unis en moi et, en vérité, je suis l'unique et le multiple, le genre et l'espèce. Ne te voile pas par ceux que tu perçois multiples, ce n'est rien d'autre que notre personne transcendante et sainte. Tant que tu vois par nous, tu nous vois, sinon tu es un aveugle à cause de qui tout disparaît. C'est la religion, la réalisation de mon unité. Qu'aucun autre ne s'imagine surtout, qu'il me rend unique. L'autre, c'est l'association, la souillure. Tant que tu restes autre que nous, tu es notre associé. Mais y a-t-il là réellement altérité ? Ô être stupide halluciné ! Tant que tu existes, ton associationnisme est patent. Si tu n'existes pas, alors peut-être le malheur s'en ira-t-il. Ronds avec l'existence de ton âme, tu obtiendras ton désir. Laisse l'égarement de la raison, c'est elle qui te retient prisonnier. Ma profession de l'unité qui est agréée n'est pas une parole, mais elle implique réalisation effective. Que ne t'illusionne ni dîne ni homme. Il ne s'agit que de t'éteindre finalement et de perdre conscience, de telle sorte qu'il n'y ait plus ni esprit ni sens. Tu contemples alors les états de la résurrection ouvertement. Sont préparés pour toi les linceuls, le lavage, la tombe. Là, tu sais avec certitude et réalises l'unité, tu sais ce que sont la fin et l'origine. C'est un ce qui était déjà éteint et subsiste ce qui n'a jamais cessé d'être, le principe. Si tu es cela, tu es ce roi pour lequel s'abaissent les faces dont les voix sont murnures.