- Speaker #0
Qui écrirait la préface de ta biographie ? Sylvain Tesson. Sylvain Tesson, ce grand auteur français incroyable, incroyable par son amour des mots, sa capacité à leur donner du goût, de la saveur, à décrire le monde, la nature, les éléments, comme personne d'autre ne le fait. Et il a une écriture très organique. Donc je serais honoré que Sylvain Tesson, un jour, puisse écrire la préface de ma biographie, parce que je pense qu'on a beaucoup de connexions, notamment son amour de la Grèce.
- Speaker #1
Ok, allez, belle réponse. On peut partir, on y va. On lance le jingle.
- Speaker #0
Go Ambros, comme on dit en grec.
- Speaker #1
On le répsilone.
- Speaker #0
Salut Benoît.
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Je suis super bien ce matin, très serein, content de te rencontrer.
- Speaker #1
Avec plaisir aussi.
- Speaker #0
Et de faire ce podcast avec toi.
- Speaker #1
Avec un peu de pluie dehors. Enfin, c'est pas trop, c'est changeant aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est les giboulées, c'est un peu l'image de la vie.
- Speaker #1
C'est pas un temps de graisse.
- Speaker #0
C'est pas un temps de graisse et en même temps, c'est un temps comme on les aime. C'est-à-dire que c'est un temps qui nous réveille, qui nous secoue un peu, qui nous fait nous rendre vivants.
- Speaker #1
C'est ça. On va démarrer le concept de Caridas. Alors, comme tu as pu déjà le voir, parce que tu m'as dit que tu avais écouté un petit peu, il est très simple. Tu vas avoir des cartes devant toi avec des personnages dessus. Des fois, tu auras le choix, des fois, tu n'auras pas le choix. Là, on va démarrer avec les deux premières cartes. Cette fois, tu as le choix. On a le roi, le roi bleu ou le roi rouge.
- Speaker #0
Partons sur le roi rouge.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'apporte du bonheur ? Magnifique question. Je discutais avec quelqu'un qui m'est cher récemment et qui me disait « Tu sais, le bonheur, c'est la bonne heure. C'est savoir que dans l'heure qui arrive, tu vas être heureux. Là où le malheur pourrait être la mauvaise heure, l'heure qui arrive, elles ne sont pas très bonnes. » Donc ce qui va m'apporter du bonheur aujourd'hui, c'est passer du temps avec toi à revenir sur la création d'un EP, d'un mini-album dans lequel j'ai pris beaucoup de plaisir. qui n'a pas toujours été facile, ça a été une traversée et ce qui m'apporte du bonheur je crois que c'est d'être connecté aux gens et de raconter des histoires et d'écouter les leurs après cette réponse je pourrais te la faire beaucoup plus longue mais voilà c'est ça,
- Speaker #1
c'est de passer cette heure avec toi et que cette bonne heure soit nôtre mais parce que j'ai lu qu'il y avait eu quelques tourments du coup juste avant la création de cet album et que c'était ça qui t'avait libéré
- Speaker #0
Absolument. Alors rien d'original peut-être, j'ai envie de dire, mais on traverse tous des vagues. Mes tourments, c'était certainement que j'allais trop vite, trop fort sur à peu près tout. Et j'avais besoin de ralentir le rythme. J'avais besoin de me reconnecter à qui j'étais, à ce que j'appelle mon désir aujourd'hui. que j'ai ma place aujourd'hui sur cette terre. Et ce qui m'apporte du bonheur, toujours pareil, au-delà des tourments que je peux traverser parfois, c'est de mettre cette poésie, cette création au monde, de lui donner naissance et de la partager à ceux à qui ça peut faire du bien.
- Speaker #1
Ça, c'est beau tout ce que tu dis. Et ça va me perdre jusqu'au bout, je crois. Et on va parler de ta personnalité. Comment tu te définirais ?
- Speaker #0
Wow ! T'as le temps. J'ai le temps ?
- Speaker #1
Ouais, t'as le temps.
- Speaker #0
Ouais, mais tu sais, parfois j'ai tendance à beaucoup parler, je vais essayer de, je sais pas, de, bah,
- Speaker #1
toujours de faire résonner le cœur.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui me définirait ? Pas mal de choses. Le goût de l'aventure, le goût des belles choses, je sais pas, la générosité. Récemment, il y a quelqu'un qui me disait « Tu fais de mal à personne, Greg » . Et c'est quelqu'un d'assez connu. Et donc c'était assez drôle de recevoir ça de sa part, parce qu'il me disait ça avec beaucoup de douceur. Je sais pas, on a envie de faire du bien au monde qui nous entoure. Je dirais que ça, ça me définit. C'est d'essayer d'apporter ma contribution à un monde plus... plus apaisé. Je crois que quand t'es arrivé, tu m'as dit j'ai écouté ta musique ce matin, ça m'a fait du bien, ça m'a apaisé. Je crois que ça me définit pas mal ça. Ça veut pas dire que j'ai pas d'angoisse et qu'en effet parfois je suis pas... C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Parce qu'avec tout ce qu'on entend un peu autour de nous, l'actualité, la vie même en général, ça doit être un peu difficile.
- Speaker #0
Ouais, c'est difficile mais alors... Je suis pas une éponge, c'est-à-dire que... Et je vois le verre à moitié plein. Donc je suis touché évidemment par tout ce qui se passe autour de nous, mais le sens que je donne à ma vie, c'est d'essayer d'apporter une réponse optimiste et la plus positive possible à notre existence, à ce qu'on peut faire de ce quotidien qu'on a et qui est malgré tout très beau. Et oui, je ne suis pas éco-anxieux. Je peux avoir de l'anxiété en moi et c'est souvent par manque de présence ou de conscience que tout se joue là, à cet instant précis. Donc oui, l'anxiété me définit un petit peu, mais j'essaie plutôt de la sublimer, d'en faire quelque chose.
- Speaker #1
Avec la musique.
- Speaker #0
Avec la musique, avec la photo, avec la création, avec la cuisine. Peut-être que vous entendez un peu derrière un peu de bruit, on est dans un café. Moi, j'adore ces ambiances-là.
- Speaker #1
C'est le premier truc que tu as dit, j'aime cette ambiance. Oui, on appelle ça la phyllocténie,
- Speaker #0
c'est le sens de l'accueil, les cafés, les gens qui passent. Ça, j'adore.
- Speaker #1
Les portes aussi, les gens qui claquent.
- Speaker #0
Il y a de la vie. Le vivant.
- Speaker #1
Et si on revient un petit peu dans le passé, il est comment ton enfant intérieur ?
- Speaker #0
Ah ! Il doit en avoir un quand même. Ah oui, il y en a un. Mon enfant intérieur, il est bien placé aujourd'hui. Enfant, j'étais timide, ça parlait beaucoup autour de moi. Peut-être pour ça que j'ai l'habitude de ça.
- Speaker #1
De ces bruits ?
- Speaker #0
Oui, peut-être un peu de mal à trouver ma place, à m'exprimer, à me sentir moi. Et au fil du cours de ma vie, j'ai commencé à exprimer qui j'étais par différentes choses, et notamment la création musicale. Et donc... L'enfant intérieur, il est toujours pas très loin et je le chéris. C'est-à-dire que je l'écoute, j'en reviens souvent à lui, à la source.
- Speaker #1
Ok, j'aurais pas attendu ce genre de choses. Ouais. Et si l'enfant, il était là à côté de toi sur le fauteuil, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Je lui dirais... Je lui dirais, t'as des beaux cheveux blonds.
- Speaker #1
Les cheveux étaient blonds. Là,
- Speaker #0
ils ont un peu blanchi. J'avais des boucles d'or quand j'étais enfant. Il me dirait, quel kiff d'imaginer ce que je vais devenir et ce qu'on va devenir, toi et moi. Il serait plein de gratitude.
- Speaker #1
Et la musique, elle est arrivée vite dans ta vie ? J'ai travaillé dans l'industrie musicale.
- Speaker #0
J'ai bossé chez Universal quand j'avais vingtaine d'années et j'ai rencontré beaucoup d'artistes à ce moment-là. Donc je dirais que d'une certaine façon, la musique est arrivée dans ma vie très fort dans un certain système quand j'avais une vingtaine d'années. Et avant ça, la musique a toujours bercé ma vie. Pas de façon très originale, mais j'étais très rêveur. On m'appelait Mermoz, j'avais la tête dans les étoiles et donc il fallait toujours accompagner ça d'un son. d'un petit bout de guitare. Ma mère m'a offert ma guitare quand j'avais 12 ans. Et d'un piano de ma grand-mère qui traînait pas loin. Je suis pas issu d'une famille de musiciens particulièrement. Donc la musique est venue au fil de l'eau, puis à un moment ça s'est accéléré comme une nécessité, il fallait que ça sorte.
- Speaker #1
Et la Grèce, dans tout ça ? Ah ouais, la Grèce, ouais. Parce que tu parles beaucoup de la Grèce.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. J'ai trois quarts de son ch'ti, je crois.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et un quart de son grec, mais il a pris le dessus. Ouais, il a pris le dessus. Oui, j'ai une maison dans le sud de la France, aux Issembres, avec une vue sur la mer. Mon grand-père, mon papou grec, avait acheté cette maison pour nous rappeler à la Grèce. Et donc, j'ai toujours baigné dans cet amant de la Méditerranée et de la Grèce. Et j'y suis allé. Finalement, j'ai découvert mes racines et mon pays assez tardivement dans le cours de ma vie. Je dirais autour de la trentaine. Et aujourd'hui, c'est devenu une drogue. C'est devenu mon addiction que d'être sur la terre de mes ancêtres.
- Speaker #1
Tellement aussi.
- Speaker #0
C'est tellement beau. Je ne sais pas si tu connais la Grèce. Je connais un petit peu.
- Speaker #1
On va dire avec les photos, avec les images con.
- Speaker #0
La Grèce, ce n'est pas Mykonos, ce n'est pas Santorin. Parce que là,
- Speaker #1
quand on y pense, on a ça en tête.
- Speaker #0
La Grèce, c'est une civilisation incroyable. Et c'est devenu aujourd'hui un pays qui a su garder quand même une vraie forme d'authenticité. J'adore le bassin méditerranéen. Plus que la Grèce, c'est la Méditerranée que j'aime. Et aujourd'hui, dans le monde dans lequel on est, avec tous les conflits que tu connais et qu'on connaît...
- Speaker #1
Autour de la Méditerranée. Oui,
- Speaker #0
je pense que la Méditerranée peut être une réponse. C'est-à-dire, notre amour de cette mer, de ce bassin, de cette histoire, de cette navigation, de cette contemplation, ça doit apporter une réponse au monde dans lequel on est qui n'est pas toujours aussi doux qu'on le voudrait.
- Speaker #1
En plus, niveau images, elle est un peu comme ça, la Méditerranée. C'est un bassin, on est tout autour.
- Speaker #0
C'est vrai et c'est marrant comme on imagine ce bassin méditerranéen, on l'imagine très avec notre regard d'européen. Et en fait quand on le tourne d'un sens ou dans l'autre, la Méditerranée a une autre face, un autre visage qui est très beau aussi. Et moi je me sens bien où que je sois au bord de la Méditerranée, c'est assez incroyable. Donc ouais, la Grèce c'est quelque chose de très fort chez moi, la Méditerranée, bientôt peut-être qu'on en parlera, mais je vais faire un concert en première partie d'une artiste sicilienne, Carmen Consoli. Olympia, le 9 mai, et je me sens très connecté à elle, comme elle se sent très connecté à moi, comme je me sens très connecté à une artiste grecque avec qui j'ai fait une chanson récemment. Ces peuples méditerranéens, on a un truc à défendre, à vivre, à apporter au monde. Aujourd'hui, j'en suis assez convaincu.
- Speaker #1
C'est beau tout ça. Je suis perdu dans tout ce que tu racontes.
- Speaker #0
Je sais, moi je suis pas...
- Speaker #1
Ah oui, mais c'est très intéressant. C'est pour ça. On va passer au Cupidon, qui est juste là.
- Speaker #0
Je retourne la carte.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Que veut dire l'amour pour toi ? L'amour, c'est à peu près tout. Ça veut dire, en revenant à l'essentiel, c'est la nature de notre existence. Sur mon EP qui va bientôt arriver, j'ai une chanson qui s'appelle Falling in Love. Je chante en anglais pour l'instant. Bientôt en français.
- Speaker #1
Bientôt ?
- Speaker #0
Oui, bientôt, prochain album. Et on tombe en amour comme on tombe tout court. C'est l'image, c'est Falling in love, falling with you. C'est un amour un peu universel. Il est tourné vers une personne, certes, mais il est tourné vers l'écosystème de gens dans lequel on est. Et tout ce que je te partageais sur la Méditerranée et ce lien qui nous unit, c'est ça qui est beau. Et à l'Olympia, je vais reprendre une chanson de Brel. Et quand on n'a que l'amour, en français, je prends énormément de plaisir à la préparer avec une musicienne qui joue de la viol de gambe. C'est un instrument baroque, mais on en fait un truc. C'est comme un violoncelle-guitare qui a un son baroque, et elle en joue, j'ai envie de dire, avec beaucoup de modernité. Et donc pour répondre à ta question, quand on n'a que l'amour, ça veut dire qu'à un moment, il ne nous reste plus que ça. On croit au monde dans lequel on est. Il y a un moment, les pauvres et malandrins. Toutes ces personnes que Brel citait il y a 70 ans, c'est une chanson qui a 70 ans, elle n'a pas pris une ride. L'amour est ce qui va faire qu'ensemble, on va s'en sortir. Et plus que ça, on va vivre et être pleinement présent à ce qui nous entoure.
- Speaker #1
C'est très beau, tout ça. On va passer à la reine qui se regarde dans le miroir, juste là, pour conclure cette première partie.
- Speaker #0
Allez, passons à la reine.
- Speaker #1
C'est le bilan de ce début. Mais finalement, qui es-tu ?
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
On parle de toi depuis le début, de ta personnalité, de la Méditerranée.
- Speaker #0
Tu me demandais avant l'interview, Epsilon, ça veut dire quoi ?
- Speaker #1
Alors du coup, je vais en profiter pour répondre. Ça veut dire quoi ?
- Speaker #0
Epsilon, ça veut dire plein de choses. C'est la cinquième lettre de l'alphabet grec, mais ça ne va pas t'en dire beaucoup sur moi. On dit en français, je ne sais pas si tu le sais, c'est à l'Epsilon. Et quand quelqu'un dit ça, ça veut dire que c'est infinitésimal, c'est tout petit. Les scientifiques disent c'est à l'epsilone. Quand c'est à l'epsilone, ça veut dire que c'est microscopique. J'aime l'idée de se dire que je suis comme toi, finalement. Tout et rien, c'est-à-dire que je suis une molécule de ce système dans lequel on est. Et en même temps, je suis la beauté de ce système-là. Donc je suis une pièce de ce monde dans lequel on est, et on est ce monde en même temps. Je ne sais pas si tu vois le blue dot. Quand tu regardes, c'est le point le plus lointain qu'on a de la planète Terre. On voit juste quoi ? On voit un point bleu très lointain. J'aime bien l'idée de se dire que finalement je suis stéphanois, d'origine grecque, artiste.
- Speaker #1
Le Psyllone, c'est ça. Paris, bien.
- Speaker #0
Plein de petites choses. Et donc en même temps, ces choses-là, au bord de ma propre existence, elles sont énormes. À l'échelle du monde, j'en suis pas sûr. mais que je suis un mélange de tout ça et qu'il est fusionné avec les gens qui m'entourent dans ce Bluepoint là je crois que tu vas encore moins me suivre quand je te dis ce genre de réponse là en fait ça fait des images toi la fusion,
- Speaker #1
voilà tout ça du coup on s'imagine les choses mais qui es-tu ?
- Speaker #0
ce qui est beau dans ce que tu dis c'est pas que fais-tu et j'ai appris ces derniers mois au milieu justement de mes aventures à davantage être que de faire J'étais vraiment un faiseur, c'est-à-dire que je me construisais par l'action. Et aujourd'hui, juste être présent, être là avec toi, c'est déjà magnifique que de pouvoir le reconnaître et le sentir.
- Speaker #1
Ça fait plaisir. Voilà. On va passer aux cartes suivantes, là, où on va parler maintenant plus de l'EP qui arrive.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
On va parler aussi du nouveau titre qui arrive aussi cette semaine.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
qui est arrivé même la semaine dernière. Je suis perdu dans les dates. Je ne sais plus quel jour on est.
- Speaker #0
Mais c'est normal. C'est dans l'air.
- Speaker #1
On va ressortir le roi bleu. Parce que tout à l'heure, tu l'as écrit. Je ne l'ai pas choisi. Je me suis dit, ça me gêne. Parce qu'il faut qu'on en parle.
- Speaker #0
Il y a quoi entre le feu et l'eau ? Fire and water. C'est le nom de l'EP. Fire, water. Une anecdote pour commencer à répondre. A ta question, il y a une personne qui s'appelle Stéphane Coloredo qui est... Le boss du studio CF Hydra, qui quand il m'a accueilli la première fois m'a servi de l'eau de vie grecque en trinquant et en me disant « Fire water ! »
- Speaker #2
Je lui ai dit « Mais c'est quoi ? »
- Speaker #0
Il m'a dit « C'est de l'eau qui brûle la gorge ! » Je fais « Waouh ! » Donc entre le feu et l'eau, il y avait ce Stéphane qui est quand même quelqu'un d'assez incroyable. Il y a moi aussi certainement. Il y a la quête de ce que j'ai envie d'être. Garder ce feu qui m'anime et parfois qui me consomme un peu quand même. Et l'eau qui m'apaise. Donc il y a un chemin de vie en fait. Il y a la possibilité, l'envie, le chemin qui va m'amener à un équilibre qui ne sera jamais évidemment parfait et tant mieux. Mais il y a un chemin, il y a un chemin vers mon désir, il y a de la création artistique, il y a tout ça entre le feu et l'eau.
- Speaker #1
Mais pourquoi Fire & Water ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pourquoi cette EP s'appelle comme ça ? Est-ce que par rapport à ce que tu viens de dire, est-ce que ça a un lien avec...
- Speaker #0
Ces chansons que j'ai créées sur cette île grecque d'Hydra, en plein milieu de la mer Égée, elles avaient comme but justement de m'aider à continuer d'aller vers moi. Et pas que vers le feu qu'il y avait en moi. C'est une période où j'étais très dans le faire, très actif, très rapide, très dans la production de tout. Et donc, il y a eu dans le Fire quelque chose de beau. J'aime ce feu que j'ai en moi. Mais il y a eu la volonté d'aller un petit peu le calmer. Ils mettent de l'eau, ils mettent de la mer Méditerranée. Donc, il y a tout ça. Et on est composé d'eau, principalement. Donc, en revenir à cet élément fondamental qui nous anime.
- Speaker #1
On va reprendre le cours du jeu de cartes.
- Speaker #0
parce que là on était parti sur le bleu que t'avais appris tout à l'heure mais du coup à ce moment là il y a la reine rouge ou jaune je vais rester sur le rouge parce qu'on m'a dit que le rouge était une couleur qui me faisait du bien c'est un ami dont je pourrais te parler plus tard qui m'a dit ça alors jusqu'où peuvent t'emporter les vagues ? très loin je pense pareil référence à une chanson de l'EP oui qui s'appelle The Waves qui est une chanson que j'ai composée après avoir composé les 5 premières de retour d'Hydra sur la terre ferme je suis allé composer cette chanson à Abbey Road à Londres je me suis fait un gros kiff un gros plaisir j'ai vu Grèce du coup et puis après j'ai vu Abbey Road déjà rien à voir le lien c'est ça ces vagues dans lesquelles j'étais à Hydra mais au sens propre comme au sens figuré Non. J'y étais en mars-avril, j'allais me baigner, l'eau était encore froide, je me sentais vivant à ce moment-là, mais en quête de quelque chose. Elles m'ont amené à nouveau petit à petit vers ce que je suis moi, vers ma part artistique, vers cette douceur dont on a déjà parlé, et vers ce studio d'Aberrode. Déjà les vagues m'amènent à Aberrode et c'est plutôt cool. Je me fixe à peu près zéro limite dans là où j'ai envie d'emmener ma musique et là où j'ai envie d'aller moi. Je vais de rencontre en rencontre ces derniers jours. Et quand on partage ce goût pour justement la co-création, pour la sincérité, pour l'échange, les vagues nous emmènent bien plus loin que pour le coup la Méditerranée dont on a beaucoup parlé.
- Speaker #1
Et tout à l'heure, on parlait du fait que moi, j'avais écouté du coup, par exemple, ce matin, l'EP.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Au petit déjeuner, parce que ça m'avait fait du bien.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu les imagines comment, les auditeurs qui écoutent ton EP ? Si à penser au moment de la création, je les imagine multiples. Tu imagines qu'ils les écoutent dans des moments d'apaisement ?
- Speaker #0
Cette musique, elle est entre le Meltem, qui est ce vent qui est en Grèce, et une mer calme et un soleil de plomb. Donc c'est ce qu'on disait, Firewater. Je les imagine en quête aussi de quelque chose chez eux. ou juste dans la volonté d'avoir un peu de douceur, de rêverie, d'univers qui s'ouvre à nous, à eux, de messages comme sur Let Go, où je dis voilà, I let go what goes and I let come what comes. Arrête de résister, arrête de te battre, de forcer. Je les imagine comme une invitation au lâcher prise. Et donc je pense qu'on a tous besoin de ça.
- Speaker #1
Et pourquoi l'anglais du coup ? Parce que là tu parles en anglais, mais pourquoi ?
- Speaker #0
l'anglais ma culture musicale de Léonard Cohen à Bob Dylan en passant par Radiohead que je suis allé voir récemment au concert à Madrid un truc de dingue c'était un très joli moment par facilité par envie de partager ma musique au plus grand nombre par avoir envie de cacher les mots, par sonorité dans les mots, c'était pas tant les cacher mais ça faisait partie de mon chemin peut-être par tudeur et questionnement sur en effet est-ce que je suis capable de raconter ces choses-là dans ma propre langue qui est le français, qui est une langue que j'adore et je m'y sens prêt aujourd'hui d'où le fait que les prochains projets seront certainement en français et puis peut-être un jour en grec mais là le français et il y a un titre là qui est sorti il y a quelques jours qui s'appelle Rafalia C'est ça.
- Speaker #1
Alors moi je me demande c'est quoi, c'est où, c'est qui, je sais pas.
- Speaker #0
C'est pas une amoureuse.
- Speaker #1
Moi je suis allé sur Google Traduction, j'ai marqué Rafalia en me disant vu que c'est en anglais peut-être que rien.
- Speaker #0
Je viens de réaliser en t'en parlant que ça peut être des Rafales, je me suis dit si ça avait traduit ça en Rafale.
- Speaker #1
Vu que tout le reste était en anglais,
- Speaker #2
je me suis dit peut-être qu'il y avait un rapport, quelque chose.
- Speaker #0
Rafalia c'est un endroit magnifique sur l'île d'Hydra, donc une île où il n'y a pas de voiture, pas de vélo. que des piétons. La paix ? La paix. Des ânes, quelques ânes. Et cette vieille pharmacie magnifique qui est là depuis des années, où Jackie Kennedy à l'époque est allée, qui a mis l'histoire. Et au sein de cette pharmacie-là, il y a un jardin caché. Il y a quelques chambres d'hôtes d'ailleurs. Et quand j'étais là à marcher dans les rues d'Hydra, un jour j'ai rencontré Andrea, le boss de Rafalia. de ce complexe qui a une pharmacie, un jardin et un petit hôtel on va dire il m'a dit vas-y viens rentre et en rentrant j'ai vu ce piano blanc magnifique je suis passé par une pièce du 18ème siècle et il y avait un piano blanc magnifique qui menait vers son jardin. Quand j'ai enregistré cette chanson, c'était l'année où il y avait une bulle de pluie au-dessus de Paris. Je ne me souviens pas de ce truc débile. Mais il y avait une bulle de pluie qui faisait que pendant trois semaines, il n'a fait que pleuvoir. Moi, je n'en pouvais plus, donc je me suis taillé. Là, j'ai pris...
- Speaker #1
Tu lui as dit le soleil. On y va.
- Speaker #0
Je suis allé au soleil et j'ai atterri à Raffalia au milieu de ses parfums, de ses oiseaux, de ses coques qui chantaient. Raffalia, c'est un lieu. C'est un jardin et pour moi, ça a été un déclic.
- Speaker #1
Et tu te sens comment vers le moulin à vent ?
- Speaker #0
Le moulin à vent, il surplombe Raffalia.
- Speaker #1
Est-ce que tu parlais du vent tout à l'heure ?
- Speaker #0
À Hydra, il y a beaucoup de moulins à vent. Et il y en a un magnifique sous lequel j'allais me reposer, méditer, sourire, regarder la mer, pleurer. Et je lui ai écrit en hommage à ce moulin une chanson qu'il a appelée The Windmill. Et je me sens bien sous un moulin. Dans cette chanson, je raconte que je prends les hélices du moulin et que je décolle vers une autre destination. Je me disais, jusqu'où va m'emmener les vagues ? Je ne sais pas, le moulin m'emmène déjà bien loin. Et c'est très beau un moulin. Donc forcément, je trouve ça beau, je m'y sens bien.
- Speaker #1
En fait, dans tous les titres de l'EP, il y a des images comme ça. Tout est tourné autour des images de lieux.
- Speaker #0
C'est ça, c'est un moment où ça percute. Quand je suis arrivé à Hydra, c'était le début du printemps, il y avait des fleurs magnifiques, zéro touriste. C'est quand même une île qui l'était, assez touristique. Et j'étais privilégié, j'étais au cœur des éléments. Et de ce moulin qui donnait le tempo tout doucement de cette île qui vivait au gré des marins qui commençaient à ramener leurs poissons. des artistes et des auteurs qui créent c'est là que Leonard Cohen a commencé à écrire certaines de ses plus belles chansons donc on le sent un peu dans les ailes de ce moulin encore et c'est vrai que j'ai beaucoup d'images, ma musique en tout cas elle fonctionne avant tout par des images elle se transforme en des mots et ensuite en une mélodie
- Speaker #1
Et tout à l'heure tu as mentionné le titre Falling in Love Qu'est-ce qui t'a apporté ce titre ? Les choses ne peuvent pas dire encore Oui.
- Speaker #0
Il m'a apporté des rencontres assez incroyables qui m'ont amené à faire des projets hyper excitants.
- Speaker #1
Le titre, il est fort.
- Speaker #0
Oui, c'était marrant. J'écrivais cette chanson après une rupture sentimentale. Et en même temps, quand on l'écoute, je pense qu'on peut ressentir plusieurs choses. Un effondrement. Falling with you. Je tombe amoureux, mais je tombe avec toi. On tombe très bas. il y avait un peu de ça mais c'était pas mon intention première mon intention c'était plutôt d'aller vers l'amour qui te porte comme le cupid d'ailleurs c'est beau le fait de tomber de chuter, de se relever l'amour ça nous prend comme les ailes de ce moulin je crois que l'amour, cette chanson est là pour me rappeler que le vivant c'est la vie, la beauté c'est le mouvement Merci.
- Speaker #1
c'est le tourbillon de la vie c'est ça mais comment on se relève d'une chute d'amour ?
- Speaker #0
On va dire comme ça. En se confrontant au vide, en l'acceptant, et en transformant ce vide en de l'espace. Et dans cet espace, on se retrouve nous. Et quand on se retrouve nous, et qu'on commence à s'aimer soi-même, on y trouve une force incroyable. Et quand on s'aime soi-même, on peut aimer l'autre. Alors l'autre, c'est une amoureuse, comme c'est le cas aujourd'hui. Mais ça peut être... plein de petits autres, plein d'autres gens, des amis, des passants. Et ça devient beaucoup plus facile quand on a traversé ça.
- Speaker #1
Et il y a un très beau duo aussi sur cette EP. Avec une artiste grecque. Et ce duo, en fait, il apporte un changement, je trouve, dans l'EP.
- Speaker #0
T'as ressenti quoi ?
- Speaker #1
J'ai ressenti déjà une différence par rapport au reste. Parce que tout d'un coup, il y a une voix qui vient se fondre au milieu, mais en même temps qui ne fait pas une grosse différence. Il y a une voix qui se fond bien avec la tienne. Et je trouve que ça... C'est un moment agréable.
- Speaker #0
Trop beau. Merci beaucoup. C'est une artiste que m'a présenté mon ami Nikos Aliagas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu sais, la fratrie grecque, elle n'a pas d'égal. Qui un jour me dit, Greg, il faudrait que tu ailles chanter avec cette fille qui s'appelle Monica, qui est très connue en Grèce et un peu en Europe aussi, dans le monde entier, parce qu'elle a fait une B.O. de films qui a très bien marché à une époque. Artiste incroyable. Et donc j'y suis allé avec ma guitare, on a commencé à composer une chanson, un an après on l'a enregistrée à Hydra, et sa voix est du top, donc c'est vrai que cette chanson est plus dans notre jargon on dirait up-tempo, elle est un peu plus forte, un peu plus dense, un peu plus puissante que les autres de l'EP, comme une vague, mais en effet elle se... La vague, elle est pas toujours... C'est pas une vaguelette. La vague, parfois, elle t'emporte. Et donc celle-là, je trouve, la chanson, elle t'emporte.
- Speaker #1
Je disais tout à l'heure, en fait, c'est que l'EP, il est construit même comme ça. C'est une continuité. Et même le duo au milieu ne va pas casser le rythme. Au contraire, oui, ça peut monter.
- Speaker #0
On l'a calé, je l'ai calé au bon endroit, je pense, cette chanson. C'est la quatrième de l'EP. On est en train de monter comme ça. Et là, du coup, on rajoute des synthés. On a tordu un peu les sons. Cette chanson, elle a des... Des sons un peu plus électro que d'autres. On y a quand même mis un petit bout de bouzouki derrière. Je ne sais pas si tu l'entends, mais c'est un délire. Elle est plus produite que les autres.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et je vois que tu cherches une nouvelle carte.
- Speaker #1
Je cherchais bien une carte, effectivement, que j'ai trouvée. On a l'as bleu ou l'as rouge.
- Speaker #0
On part sur le bleu, là.
- Speaker #1
Oui, cette fois-ci.
- Speaker #0
On part sur le bleu parce qu'on part sur David Bowie, j'ai l'impression. Et j'aime bien ce petit sourire, ce petit sourire malicieux.
- Speaker #1
Oui, avec le petit rouge sur les lèvres, là.
- Speaker #0
Ah, si ta musique était dans un film, ça serait lequel ?
- Speaker #1
Oui, ça serait lequel ? Ce serait lequel ?
- Speaker #0
On parle du film, on ne parle pas de ma musique. On ne parle pas du choix d'une musique. On parle d'un film dans lequel j'aimerais mettre une musique. Ouais,
- Speaker #1
si tu pourrais mettre une musique dans un film ?
- Speaker #0
Un film existant, peu importe.
- Speaker #1
Peu importe, même une histoire en particulier qui pourrait... être mis en image ?
- Speaker #0
The Revenant.
- Speaker #1
Tu vois ce film ? Oui, avec Leonardo DiCaprio.
- Speaker #0
Alors ça t'étonne.
- Speaker #1
Oui, ça m'étonne beaucoup. Je ne me serais pas attendu à ça.
- Speaker #0
J'aime bien les surprises. Ce film a une extrême beauté. Je l'ai trouvé d'une intensité incroyable.
- Speaker #1
Par rapport à ta musique, ça n'a rien à voir. Oui,
- Speaker #0
mais je reviens de loin. The Revenant. Oui,
- Speaker #1
effectivement.
- Speaker #0
Et justement, ça aurait peut-être apporté un petit peu de... Je suis très attiré par les Indiens d'Amérique. Et pour le coup, on est loin de la Méditerranée. Et tout cet univers Apache, Navarro, qu'il y a un petit peu à un moment dans le film, cette culture, ces traditions, même si ce film, en effet, est bercé quand même de pas mal de violences, m'attire beaucoup. Je me dirais que ça serait bien... de mettre un petit peu de douceur là-dedans. Et donc je pense à ce film-là. Après, je pourrais penser à plein de films. Le prochain film qui sera fait sur la base du livre de Sylvain Tesson. J'adorerais ça, évidemment. On a préparé l'épisode avec lui. Je pense qu'on ferait de belles choses ensemble.
- Speaker #1
Eh bien, tiens, on va prendre aussi le rouge.
- Speaker #0
The Joker. Donc tu dis que c'est quoi ça comme personnage ? C'est un athélas
- Speaker #1
Alors comment il a été dessiné ? Est-ce que c'est un rapport avec l'as ?
- Speaker #0
Si j'ai besoin de pleurer Je vais me jeter dans les bras de qui ? J'ai me jeté dans les bras de cette photo de cette photo de famille que j'ai chez moi où j'ai mon arrière-grand-mère mon arrière-grand-père et ma mamie qui est une photo juste exceptionnelle et ce qui est un peu un fétiche pour moi qui m'a souvent tendu les bras qui m'a souvent aidé dans ma vie je la serre comme ça contre moi et je pleure, elle me juge pas elle me donne beaucoup de force et souvent elle m'apporte beaucoup de réponses donc c'est ça qui me vient c'est ça qui me vient à l'esprit j'ai un ficus chez moi, j'ai le grand bonheur la grande chance d'avoir un arbre au milieu de mon salon ça ça fait du bien et souvent sous cet arbre je souris, je ris et quand je pleure je peux aussi prendre cet arbre en ligne de mire et le regarder et lui raconter mes histoires il est pareil il est de bon conseil et parfois il y a une feuille qui tombe Merci. Je récupère à la volée. Je ne suis pas non plus hyper mystique. Et là, je me dis, OK, tu as capté le message.
- Speaker #1
Et t'en fais quoi de cette feuille qui tombe ?
- Speaker #0
Elle est morte, généralement. Je la regarde et je lui dis merci. Et du coup, je dis, cette pensée-là, tu l'acceptes. Parce qu'on peut pleurer, d'ailleurs. On peut pleurer de bonheur. Tu me parlais de...
- Speaker #1
Oui, moi, je parle de pleurer.
- Speaker #0
En effet, tu ne me parlais pas forcément que de pleurer de tristesse. Et je ne sais pas, ensuite je la remets dans ma petite cour arborée. Je la rends à son origine.
- Speaker #1
À la nature, c'est ça. On va continuer à parler un petit peu de l'EP qui arrive. Tu te rends comment à l'arrivée de cette EP ? Percerin,
- Speaker #0
comme je te disais. Ça a été les montagnes grecques. Ah ouais, ouais. Non, je me sens fier. Je me sens heureux, je me sens excité. Je me sens excité de le présenter sur scène. Je me sens excité à l'idée de propager les messages qu'il contient. Et je me sens en même temps sans attente. Parce que je sais que parfois... On imagine des chemins pour notre musique, pour des singles, des chansons dans lesquelles on a tout donné et que ce n'est pas forcément le moment. Et que ça peut être assez violent aussi. Donc c'est en ça que je me dis, de toute façon, déjà, quelle merveille d'avoir pu produire, enregistrer, composer, entourer de mes amis dans ce studio d'Hydra, ces chansons, puis d'aller les masteriser à Abéro, et aujourd'hui de te les présenter, je me sens très heureux.
- Speaker #1
Et juste avant de clôturer avec la dernière carte qui va arriver.
- Speaker #0
Yes,
- Speaker #1
la carte fatale. Oui, voilà, avec toute la famille dessus. Question assez générale. Es-tu fier de tout ce que tu as fait entre l'EP, tout ce qu'il y a eu avant ? Oui,
- Speaker #0
c'est ce que je disais, fierté. Je prends ça avec fierté. Alors du coup, j'allais dire et ou slash mais humilité. Pas si ça va de pair, mais je pense que si, évidemment. Non, je suis content d'écouter cette note que j'ai en moi et d'aller la chercher. Et ça, ça me rend vraiment fier. Parce que j'aurais pu et je peux toujours dans mon quotidien et dans ma vie m'éloigner de ce pourquoi je suis là. Donc je suis fier d'écouter ça, de faire ce chemin. Je ne le fais pas tout seul, je suis entouré de gens merveilleux. Donc la fierté, c'est quelque chose que je peux ressentir.
- Speaker #1
T'as l'air de Pierre. Ouais, ça c'est bien. C'est ce qu'il faut. On va passer à la dernière carte. Du coup, ils sont tous dessus. Tous les personnages, la famille. Les voici.
- Speaker #0
Ils sont mignons. Qui a dessiné ces cartes ?
- Speaker #1
Elle s'appelle Tiffany. Tiffany,
- Speaker #0
ah ouais, je vois, ok. Bah, tu la féliciteras.
- Speaker #1
Eh bah, ça sera transmis, comme à chaque fois.
- Speaker #0
On y va ?
- Speaker #1
Oh oui.
- Speaker #0
Peux-tu faire un bilan de toi, du passé, et que dirais-tu au toi du futur ? Wow !
- Speaker #1
On a le temps.
- Speaker #0
J'ai envie de répondre non.
- Speaker #1
Non, alors Alec...
- Speaker #0
Non, je n'ai pas envie... Non veut dire quoi ? Je préfère me concentrer sur le présent.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors, ça ne veut pas dire que je n'aime pas ta question. Elle est très bien, cette question. C'est une réponse. Je disais récemment le fait que présent, quand on le dit en anglais, c'est present. Present, c'est un cadeau. I give you a present. Et en fait, se concentrer sur ce qu'on a là. Mon passé, il est magnifique. J'ai vécu plein de trucs incroyables, des moments plus compliqués. Le futur, je ne sais vraiment pas de quoi il sera fait. La vie m'a montré que dès que je commençais à planifier... Ça ne passait pas comme je l'imaginais. Plutôt être ouvert à chaque jour. Je me dis souvent ça avec Vivi. Vivi, c'est ma chérie. Et on dit de chaque jour. Faisons une éternité d'amour. C'est cette chanson de Georges Boustaki.
- Speaker #1
La Grèce.
- Speaker #0
La Grèce, la France, les relations entre ces cultures-là. Faire de chaque jour. Et chaque jour, c'est vraiment ça qui m'obsède. C'est plus que... Plus que de faire un bilan de mon passé ou d'espérer quelque chose du futur, c'est d'essayer. Et ce n'est pas facile de juste vivre chaque seconde, chaque jour comme si c'était un cadeau, un present. Voilà ce que je répondrais à...
- Speaker #1
C'est une belle réponse.
- Speaker #0
C'est une non-réponse à ta question.
- Speaker #1
Oui, mais c'est une belle réponse quand même parce qu'il y a l'explication du pourquoi tu...
- Speaker #0
Hop !
- Speaker #1
Voilà. Mais tout va bien. Ça a l'air d'aller.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Epsilon.
- Speaker #0
Merci à toi Benoît.
- Speaker #1
C'était un plaisir.
- Speaker #0
Partagez.
- Speaker #1
Maintenant, il va falloir écouter l'EP qui arrive le 8 mai. Il y a aussi une nouvelle single qui est sortie. Rafalia, qu'on a parlé tout à l'heure.
- Speaker #0
Toutes les plateformes.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et sur scène aussi, parce qu'on n'a pas beaucoup parlé, mais il y a le 9 mai en première partie.
- Speaker #0
Oui, venez nombreux, venez à plusieurs titres. Un, venez me voir. Non, ça c'est pas humble du tout. Mais c'est la première fois que je vais présenter mon EP en live. Et j'aurai cette petite pensée pour Brel. L'Olympia, je m'attaque à un monument, mais on y va, on prend des risques, ça va être joli. Et puis je fais des petites dates par-ci par-là, dans des fumoirs au 1905, dans des salles énormes comme l'Olympia et dans des plus petites salles. Il y a une tournée qui est en train de se mettre en œuvre. Suivez-moi sur les réseaux sociaux, sur Instagram si vous le souhaitez. Epsilon, E-P-S-I-L-O-N. Et puis, ouais, on va faire des belles dates. Cette musique, il faut qu'elle vive. Elle va faire le tour de ce qu'elle pourra faire. Des moulins d'hydra, autre chose.
- Speaker #1
Eh bien, il faut aller chanter dans un moulin aussi.
- Speaker #0
Ça, c'est un rêve.
- Speaker #1
Ça, ce serait bien.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a un bon son.
- Speaker #1
Ça doit être ça. Merci beaucoup. Merci à toi et à très bientôt. A bientôt.