Description
Montage : Rachel. Illustration : Jeremyboulardlefur.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Montage : Rachel. Illustration : Jeremyboulardlefur.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Saviez-vous qu'en moyenne, plus de 210 000 personnes sont victimes de violences conjugales par an ?
Bonjour, vous écoutez Sans Voix, un podcast qui donne la parole aux victimes de violences conjugales.
Au fur et à mesure des épisodes, vous allez découvrir des témoignages poignants de personnes qui se retrouvent face à l'isolement et à l'impuissance.
Leur donner la parole, c'est les aider, les soutenir, mais c'est aussi comprendre les mécanismes d'emprise. Leurs effets et à quel point il est difficile de s'en sortir.
Sans voix, de sensibiliser, éveiller, prévenir, donner des outils et des conseils.
Notre mission, rendre visibles les invisibles. Je suis Rachel.
Je suis Annick.
On s'est rencontré dans un groupe de paroles de femmes victimes de violences conjugales et très vite nous nous sommes rendu compte que nous étions malheureusement loin d'être des cas isolés. La violence conjugale, on la connaît, on l'a vécue, on vit encore leurs effets et il nous semble essentiel de partager notre expérience.
Nous avons réalisé que les agresseurs ont bien souvent les mêmes mécanismes de violence et que toutes, nous avions ce sentiment d'être démunies, incomprises, invisibles, seules. Les violences se passent toujours dans l'intimité, sans témoins et sans personnes pour imaginer ce qu'on subit. Et donc ce podcast, c'est notre façon de sortir de cet enfermement.
Cet épisode va s'articuler en deux parties. D'abord, le témoignage d'Alexandra, de la rencontre jusqu'à sa fuite, puis le témoignage de son parcours judiciaire. Cet épisode... parle de viol, de violence sexuelle, de violence psychologique, de suicide forcé. Il est à écouter dans les meilleures conditions. Nous souhaitons dédier ce podcast à toutes les personnes qui ne sont plus là pour témoigner.
Bonjour Alexandra.
Bonjour.
Bonjour Rachel. Bonjour Annie. Merci de m'accueillir.
Merci d'être là.
Oui, merci à toi.
Est-ce que tu peux commencer par te présenter en trois mots en nous donnant ton prénom, ton âge, ta profession ?
Je m'appelle Alexandra, j'ai 45 ans et je suis ingénieure.
Est-ce que tu peux nous dire où tu en es aujourd'hui ?
Où j'en suis ? Je me suis enfuie il y a 6 ans. Nous avons un enfant ensemble qui est en garde alternée, qui a 6 ans et demi. Et où j'en suis ? Toujours dans les violences conjugales. J'ai réussi à divorcer au bout de plus de 5 ans de procédure, qui est un divorce à mes temps exclusifs. Les violences qui n'ont pas été reconnues... Et un enfant en bas âge, en garde alternée, la situation rend tout le monde mal au cas, mon fils et moi. Et les violences se perpétuent d'une autre façon. Et quand tu dis d'une autre façon, t'arriverais à les décrire ? Disons que les violences ont pris une autre forme. Je me suis enfuie pour viol, agression sexuelle, violences psychologiques. Donc aujourd'hui, effectivement, il n'y a plus de viol, il n'y a plus d'agression sexuelle. Les violences psychologiques, du fait que nous ne vivons pas sous le même toit, ont pris une autre forme, puisqu'elles passent par l'enfant. Et surtout, l'aide de la justice. Dans mon cas, j'ai l'impression que la justice lui a fait une allée de pétales de rose pour finir le travail, puisque comme il me l'a dit, je te finirai. Donc aujourd'hui, je me retrouve dans une situation où le travail c'est très compliqué. En fait, nous travaillons dans la même entreprise, donc aujourd'hui, j'ai perdu mon travail. Au niveau de l'école, il m'a tellement dénigrée, en utilisant les jugements, bien sûr, que je passe pour une mère très contrôlante, sur le dos du petit, alors que lui, il joue le rôle de la victime dans toute sa splendeur. Vis-à-vis des amis, le tri a été très vite fait, puisque lui n'avait pas d'amis, et les amis, de coup... ou plus qu'on avait eu ensemble, m'ont dit, écoute, c'est pas qu'on ne te croit pas, c'est qu'on a peur de lui, puisqu'on travaille tous dans la même sphère professionnelle, et qu'il a un poste important. C'est très compliqué, effectivement, la psychologue qui me suit, qui est spécialisée dans les traumas, subie par l'évidence conjugale, me dit, je n'ai jamais vu ça. Autant de violence psychologique, après autant d'années, après votre départ, le fait qu'il ait refait sa vie plusieurs fois, etc. Il gagne absolument tout ce qu'il veut et continue. Je le répète, ces premiers mots, lorsqu'on s'est revus après... Je me suis enfuie. Ça a été « je te finirai » . Lui, sa violence, elle n'est pas du tout physique. Elle est vraiment psychologique. Et quand on parle de « je te finirai » , c'est vraiment le suicide forcé qu'il avait déjà commencé à mettre en place lorsqu'on était ensemble et qu'il savait que je voulais partir.
Il essaie de te détruire par tout ce qu'il peut. C'est ça.
On ne le quitte pas. Et surtout, on ne touche pas à son image. Est-ce que tu as encore des procédures en cours actuellement ? Alors, non.
Eh bien, écoute, tu vas nous raconter ton histoire, très poignante. Nous sommes vraiment très fiers de te recevoir aujourd'hui. Nous pensons que vraiment, ça va parler à d'autres personnes et que ça te fera aussi énormément de bien d'avoir une reconnaissance de personnes qui nous écoutent. En tout cas, tu l'as déjà de nous, c'est sûr.
Merci. Je souhaite que ce témoignage éveille certaines consciences, ou en tout cas, permette à des femmes à s'autoriser de se dire « ce que je vis n'est pas normal » . Oui, ça s'appelle de la violence conjugale.
Merci pour ça en tout cas. Et du coup, est-ce que tu peux nous raconter la rencontre ?
On s'est rencontrées sur notre lieu de travail, de façon très banale. Je venais de quitter ma région, de prendre ce travail un an auparavant. Ça se passait moyennement bien. Et en fait, on se retrouve collègues de bureau. Pour la petite histoire, quand je l'ai vue pour la première fois, on se croise dans un couloir. Et il commence à faire son espèce de séducteur à deux balles. Mais vraiment, l'image du quadra, franchement divorcé dans toute sa splendeur, je me suis dit, mais ça ne va pas le faire. C'est qui ce connard ? Vraiment, je n'appréciais pas le personnage. Et puis, on partage le bureau. On ne travaille pas ensemble, on partage le bureau. C'est la période dans laquelle il m'a complètement endormie. Donc à l'époque, il venait de divorcer de sa première femme. Il était en couple avec une femme qu'il avait rencontrée sur Internet. Moi, j'étais célibataire, j'avais une petite aventure. Et très vite, au bureau, on commence à discuter de choses, d'autres. Je vois que son ex-femme le harcèle. C'est-à-dire qu'elle essaie de l'appeler dix fois par jour sur son téléphone fixe. Pro, portable pro, portable perso. Et lui, je le vois un peu courbé les chines. Je le vois un peu en mode victime. Il m'explique que, ben oui, le divorce, elle a eu du mal à l'accepter, que c'est compliqué. Pour moi, dans la mesure où il a quelqu'un qui ne m'attire pas du tout physiquement, on discute. Et puis, ce n'est pas folichon au niveau pro pour moi. Je suis mal, je m'interroge beaucoup sur le fait... de rester. Du coup, on échange un peu plus sur ce sujet. Moi, il se confie sur sa vie perso, et moi, je me confie sur ma vie pro.
Comment, à ce moment-là, il justifie le divorce ? Il l'explique comment ?
Très simplement, qu'en fait, c'était une erreur, cette femme, et en fait, il l'avait rencontrée sur un site, enfin, c'était pas le site de rencontre, c'était le Minitel, il faut dire, dans les années 90. puisqu'en fait, il a 10 ans de plus que moi. Et en fait, c'était une aventure. Elle est tombée enceinte. Et lui, il ne souhaitait pas continuer avec elle. Mais il était pris dans ce devoir, puisqu'elle avait dit, je n'avorterai pas. Donc, il a décidé de rester avec elle. Voilà, en gros, il se présentait un peu comme un homme piégé. Piégé, mais en même temps, deux ans après, ou même pas un an après, il avait un bébé, un second bébé. Il est resté 17 ans avec elle. Il me disait qu'il avait fait de la dépression. qu'il n'était pas bien et que du coup, elle lui avait proposé de faire un troisième enfant pour re-solidifier, re-consolider le couple.
Toujours une bonne idée, en fait.
Et au final, quand l'enfant avait un ami, ils se sont séparés, lui, il avait rencontré quelqu'un d'autre. Donc en fait, il se présentait comme quelqu'un de primé, d'un peu victime du système, du mec trop sympa, qui avait assumé. Sa paternité, puis ses paternités. Il se présente aussi comme quelqu'un, vraiment, dans le monde du développement personnel. Qui travaille beaucoup sur lui-même. Il se présentait aussi comme un homme qui s'occupait de tout à la maison. Qui gérait absolument tout. Les enfants, les courses, les repas. Parce que bon, elle, elle ne faisait rien. Et c'est vrai qu'il accentuait ce discours. Puisque, en fait, ce qui s'est passé, c'est que mon ex-compagnon est revenu dans ma vie. Alors, sous forme amicale au départ, c'est vrai que je m'interrogeais beaucoup pour me remettre en couple avec lui ou pas. On s'était séparés parce que je trouvais qu'il manquait de maturité. Et cet homme-là se présentait comme un homme très mature. Je ne voyais pas le danger puisque moi, je savais qu'il avait cette maîtresse et puis je pense qu'il en avait d'autres, que je n'étais pas du tout attirée par lui. Donc en fait, je me confiais un peu comme quelqu'un de plus mûr. Et en fait, lui, il orientait les choses. Et puis, je comprends que ça se termine avec cette nouvelle compagne. Donc, il m'explique qu'elle le trompe sans arrêt, qu'elle n'est pas fiable, qu'il est éperdument mauvais d'elle, mais que, bon, ben voilà, elle est vraiment pas bien. Et moi, je m'interrogeais beaucoup sur le fait de revenir avec mon compagnon. Et lui, il était quand même très en retrait. me faisant comprendre que ça ne serait pas une bonne solution pour moi. En fait, il était un peu pour m'épauler, me soutenir. En fait, il se présentait de plus en plus sous cet aspect-là, et les choses, elles ont dérivé au fur et à mesure. Il y a eu une espèce de dragouille qui s'est mise en place, une petite séduction. Et à l'occasion d'un week-end d'un autre collègue, pendant une sortie en voie de nuit, il m'embrasse. Et là, je dois dire que je n'ai absolument pas apprécié son baiser. Je me suis dit, bon, là, ça ne va pas le faire. Donc, je sors de la boîte de nuit avec lui et je lui explique que c'était une erreur. On serait mieux amis, mieux collègues. Et là, je le vois pleurer. Alors, il faut savoir que cet homme, 1m90, assez tanké, c'est quelqu'un qui a un très gros poste, qui... n'a pas un abord facile. Il peut être assez froid et distant. C'est quelqu'un qui a un certain charisme, mais un charisme très dur. Pendant des mois, il s'était confié à moi, mais là, il se m'a pleuré. C'est assez...
Désarmant.
Désarmant.
Déstabilisant.
C'est très déstabilisant. Puis il m'explique, voilà, il ne sait pas comment s'y prendre avec les femmes. En fait, il se présente un petit peu en victime des femmes. Et qu'avec moi, il y croyait, on échangeait tellement. Et là, je me dis, bon, OK, vraiment par pitié. C'est débile de dire ça, mais par pitié, je me dis, bon, OK, je vais continuer l'aventure un peu avec lui. Puis ça va s'estomper tout seul.
Mais en fait, sur le moment, tu dis, il fallait le calmer.
C'est ça, mais en fait, j'étais tellement déstabilisée. Et lui, qui était là, presque à quémander, je me sentais super mal. J'ai culpabilisé, en fait. Ce baiser qui s'est passé un mois de nuit, il y avait effectivement cette séduction qui s'était mise en place, mais je n'avais absolument pas envie qu'elle aboutisse.
Tu n'avais pas dit oui et tu n'avais pas la place de dire non.
Je n'ai pas dit oui. Et quand j'ai voulu lui dire non, après ce baiser, pour ne pas que ça recommence, En fait, il a échafaudé notre plan en se présentant comme une victime. Clairement, devant moi, il se présente comme un homme qui se met à nu, comme une pauvre chose sans défense et qui serait horriblement triste. Ça le mettrait plus bas que terre, ça le détruirait si je le disais non. Donc ça, puis cet acharnement tous les jours, mais si, mais si, viens,
Donc à un moment, en fait, par usure ?
Ouais, il y a de l'usure. En fait, c'est un mélange de pitié et d'usure. Un moindre refus de ma part ou un non, en fait, ça le ferait chuter. En fait, c'est ça, très vite, je me sens responsable de sa santé mentale. Ce que j'ai oublié de dire aussi, c'est que quelques jours après, on s'est revus, on a passé la nuit ensemble, mais c'était à mourir de rire avec le recul. À un moment donné, il veut me toucher un sein, il me demande l'autorisation, mais c'est pas un consentement. Il se positionne presque comme un petit garçon très timide qui n'ose pas. Et en fait, quand on sait ce qu'il m'a fait après, et très vite, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le love bombing. Donc toutes ces notions-là qui apparaissent aujourd'hui dans les différents champs lexicaux de la violence conjugale n'existaient pas à l'époque. Aujourd'hui, je mets un mot qu'à l'époque, je ne connaissais absolument pas. Donc là, c'est Love Bombing, donc c'est très vite, il veut que je rencontre ses enfants. Alors moi, la maternité, c'est pas du tout mon kiff. Les enfants, ça ne m'émeut pas. Donc il a un bébé qui a deux ans et deux ados. C'est pas du tout mon truc. Ensuite, c'est des cadeaux. Je suis assez mal à l'aise avec ça, parce que j'ai un côté très féministe en me disant, moi, on ne m'achète pas. Ça fait plaisir, mais j'ai toujours eu cette sensation d'être achetée, donc voilà, ça queen un petit peu. Il parle d'un voyage qu'il avait prévu avec sa fille pour fêter son anniversaire à New York. Peut-être même pas un mois après qu'on soit ensemble. Donc entre temps, il avait fait en sorte que je vois ses enfants, alors que je n'étais pas forcément pour. Et donc il me dit, si elle a vraiment envie de te connaître, que tu viennes avec moi en voyage. Moi, je suis un petit peu dubitative. Donc on part en voyage sur New York. On a un studio. Dans ce studio-là, il y a une banquette-lit de place et un petit lit pour sa fille. Et là, les choses vont très mal dès l'émarrage. C'est-à-dire que le matin, il fait en sorte qu'on se retrouve tous les deux tout seuls dans la salle de bain parce qu'il a besoin de me toucher, il a besoin d'essayer d'avoir du sexe avec moi. Alors que sa fille est juste à côté, elle a 16 ans, elle n'est pas complètement stupide. Et je suis extrêmement mal à l'aise avec ça, donc je lui dis, écoute, non. Il est très insistant, très insistant, à tel point que je me dis, ok, bon. Et puis toujours ce truc de, c'est le démarrage, c'est le début de notre relation, je t'aime tellement, j'ai tellement de choses à apprendre de toi. C'est très compliqué de lui dire non, et ça se passe très très mal avec sa fille. Et à chaque fois, c'est, non mais de toute façon, c'est la faute de sa mère. Sa mère ne supporte pas notre bonheur. Elle est jalouse et donc du coup, c'est pour ça qu'elle a ce comportement avec nous. Moi, j'ai voulu dire, mais tu sais, à la base, ce que je comprends, c'est que ce voyage, c'était toi et elle. Et lui imposer une belle-mère qui a un mois d'existence, c'est quand même violent. Non, non, non, c'est la faute de sa mère. Au fur et à mesure du voyage, je comprends qu'il y a des choses qu'il a pu me dire qui ne sont pas tout à fait vraies. C'est-à-dire qu'il se présente comme l'homme parfait qui fait tout à la maison. J'apprends que finalement, il ne cuisine pas tant que ça, que les courses ne sont pas trop. Et surtout, qu'il est violent. Donc, je rappelle qu'il a deux adolescents.
Donc, c'est sa fille qui te parle.
Voilà.
Tu arrives à trouver des moments où elle se confie.
En fait, on n'est jamais seul. Et ce n'est pas qu'elle se confie, c'est que je pense qu'elle en a tellement marre qu'elle lui balance un peu ses cas de vérité comme peuvent le faire certains adolescents. Et moi, je suis là. je prends les balles perdues. Et là, elle explique, par exemple, que son frère était accro aux jeux vidéo et que la seule solution que lui ait trouvé pour gérer, c'est qu'il avait pris le PC et il l'avait éclaté contre le mur. Une autre fois, elle expliquait qu'elle était partie dans sa chambre s'enfermer et qu'il avait défoncé la porte de la chambre. Et j'essaye d'avoir une explication avec lui plus tard, et il me dit, mais c'est la faute de mon ex-femme. En fait, j'étais tellement mal quand j'étais avec elle. tellement dépressif, tellement mal, puis elle m'énervait, puis elle gérait pas les gosses. Donc en fait, on se retrouvait dans une situation où j'étais acculée, il n'y avait que ça à faire, mais c'était la faute de mon ex. Et moi, c'est pas que je gobe, je pense qu'au fond de moi, il y avait toujours ce truc, je suis trop bizarre de ce qu'il me raconte, mais je me laisse envahir. Puis c'est vrai que moi, ce que j'avais vu de son ex-femme, qui appelle sans arrêt, etc., je me disais, bon, ça doit être dur de vivre avec elle. Ce que je dois dire aussi, c'est qu'il a été extrêmement fin. Il n'a jamais commencé par me dire « mon ex-femme est folle » . Il a mené les choses au début à ce que les choses s'imposent d'elles-mêmes et qu'il n'y ait pas de défiance. J'imagine naturellement que oui, elle est sauvée. Et donc, ce voyage sur New York se passe de plus en plus mal avec beaucoup de non-dits. Je sens de la rancœur sur le divorce de sa fille par rapport à lui. Au final, la dernière nuit, au petit matin, il me réveille en me caressant et il me dit qu'il a envie de moi. Et là, moi je n'ai pas envie de sa fille d'or à me mettre. Et je lui dis que c'est hors de question. Et il insiste. Il continue à me caresser. En fait, je n'aime pas ce mot caresser parce que ça suppose qu'il y ait de la tendresse, que ce soit un acte d'amour. et en fait non il me touchait c'est plus ce terme c'était plus invasif c'était clairement pas consenti c'était clairement invasif et c'était clairement possessif et je lui ai dit non et je repousse sa main il recommence « Écoute, ta fille dort à juste à côté. » « Mais non, elle dort... » Je lui dis « Écoute, on ne sait pas si elle dort, c'est le petit matin... » « Non, mais de toute façon... » Et il insiste, il insiste. Et là, je me retrouve avec un cas de conscience. C'est-à-dire, soit pour l'arrêter définitivement, je suis obligée de crier et de dire « Stop ! » Et à ce moment-là, c'est sûr que je réveille sa fille. Et donc, quelle image elle aura de ce père ? Soit je ne dis rien, je me laisse faire. En espérant qu'elle dorme vraiment et qu'elle se rende compte de rien. Il est tellement insistant que je dis, bon, tu fais vite. On voit bien le « tu fais vite » qui est clairement une phrase de consentement.
Tu ne consentais pas du tout.
Mais clairement pas. Et puis, je n'avais pas de désir. Enfin, j'avais peur. Et ça ne m'excitait pas du tout, moi, d'être prise en flat par sa fille. Mais pas du tout. Peut-être que lui, ça l'a excité. Mais alors moi, pas du tout.
Ce qui est normal.
Oui. Il y a plein de fois qu'il te retrouve dans le rôle de voir appouter sa fille à lui. C'est ça. Voilà, il fait ce qu'il a à faire. Et je vois bien que la dernière journée se passe très mal. Je suis persuadée que sa fille nous a entendus. Je suis persuadée qu'elle était réveillée. Mais c'est impossible d'avoir une discussion avec elle, puisque de toute façon, au fur et à mesure, j'étais la sale belle-mère. Donc on est rentrés en France. Et ça a été un soulagement. Et là, je me suis dit, je ne peux pas continuer avec ce type. Ce n'est pas possible. Donc, je lui explique que non, ça ne va pas le faire. Et là, c'est la faute de ma fille, c'est la faute de sa mère. Mais écoute, je ne la prends plus. C'est ça qui est fou, en fait. Je lui explique que lui a un comportement déviant. Et il me répond, ce n'est pas ma faute, c'est mon ex-femme et ma fille. Donc, du coup, je ne vois plus ma fille. Alors que ce n'est pas du tout ce que je lui demandais. De toute façon, sa fille, il la voyait très très peu.
En aucun cas, il ne prend sa responsabilité. Jamais.
En fait, c'est quelqu'un qui va toujours porter la responsabilité de ses actes sur quelqu'un d'autre. Ce qui est très perturbant avec cet homme-là, c'est qu'il arrive à vous faire pincer et dire des choses qui ne sont pas... C'est quelqu'un de très affirmé. Le fait par exemple que je n'ai pas réussi à lui dire stop dès le démarrage de la relation que je ne sentais pas, ce n'est pas moi. Ce que je saurais bien plus tard, une fois que je serais partie et que j'aurais commencé à faire un suivi psychologique, c'est que l'emprise avait déjà commencé avant de se mettre en couple. En fait, il a utilisé ces six mois de bureau, de cohabitation pour me mettre sous emprise. Je n'ai jamais été amoureuse de lui. jamais. Effectivement, il est très grand, il a du charisme, mais son visage ne m'a jamais plu. Intellectuellement, c'est quelqu'un de très intelligent. On avait des sujets de conversation, sauf que je me rendrais compte avec le recul que ce type, c'est une coquille vide. Il va aimer les choses que vous aimez. Mais quand vous le prenez de façon individuelle, il n'y a rien. En fait, c'est quelqu'un qui va vous aspirer complètement et qui va vivre à travers. Moi, j'avais l'image d'un Harry Potter. Les personnages qui aspirent, en fait, par la bouche, l'âme, c'est exactement ça. Moi, c'est vraiment ça. C'est qu'avec le recul, parce que quand vous êtes dedans, vous ne voyez absolument pas. Et vous avez des tas de moments où vous pouvez partir et vous ne partez pas. Donc là, après ce séjour, moi, non, toujours pas, je ne pars pas. Oui,
tu essayes de lui dire c'est terminé. Et lui te dit, mais non, ce n'est pas terminé.
Ce n'est pas terminé. Donc il réessaye ses opérations de love bombing, puis de culpabilisation, ben en fait si tu me quittes, je vais être encore plus mal, et puis c'est pas moi, c'est parce que c'est mon ex-femme, parce que ma fille, parce que ma chère. Et en fait c'est tout le temps, ça s'arrête pas, ça s'arrête pas, vous avez pas de moment de répit pour vous poser. Et donc, ben ça continue, deux trois mois après on part en vacances, donc soi-disant il a des amis depuis toujours. qui nous propose de les rejoindre au fin fond de l'Espagne. Des super amis à lui vont parler, rejoindre. Et là, je découvre que déjà, ses amis sont tous en couple avec des ados, qu'en fait, ils se connaissaient tellement bien que quand il l'avait contacté pour lui proposer ce voyage, il découvrait qu'il était divorcé et qu'il avait eu un troisième enfant. Donc là, je me dis...
Pour des amis proches ?
Pour des amis super proches. proches, ils ne sont pas trop au courant. Et c'est très compliqué puisque ses amis ne parlent pas français. Donc je suis obligée de l'utiliser lui comme interprète. Ils ont tous 10 ans de plus. C'est compliqué. On n'a pas du tout la même existence. J'essaye de participer à la vie commune en proposant pour faire des courses, faire à manger, etc. Mais je me sens vraiment comme un cheveu sur la soupe. Ils ne savent pas ce que je fais ici et moi je ne sais pas ce que je fais là non plus. Alors lui, il est en mode couple à dos. Ses amis, ça fait 20 ans qu'ils sont mariés, ils ont tous des enfants, qu'ils sont souvent adolescents. Et lui, en fait, il a repris sa liberté de quadra et il veut qu'on passe notre temps au lit, au pieu. Et ils sont à côté. Et moi, je me sens mal à l'aise. Enfin, je me sens aussi super mal, parce que, comme je le dis, je ne peux pas parler avec eux. Je ne peux pas dialoguer, c'est compliqué. Je me retrouve à la merci de ce mec. Et en fait, à chaque fois, il me met dans des situations où je me sens mal à l'aise, où je n'ai pas mes repères, en fait. C'est là où je commence à réaliser, depuis New York et là, sexe, sexe, il n'y a que ça. Alors, il me fait passer la pilule en me disant... C'est normal, c'est le début d'un couple, qu'il a tellement de choses à apprendre, qu'il veut me connaître, etc. Mais ça ne ressemble pas à ce que j'ai vécu. Moi, j'avais déjà vécu un couple. Non, ça ne ressemblait pas. Puis après ce séjour avec des amis, on continue notre séjour de notre côté. Et là, pareil, toujours en demande d'un rapport sexuel. Et en plein milieu d'un rapport, il me demande un fist. Et là, j'hallucine. Je me dis, mais d'où ça sort ? je me rigidifie, j'arrête, et je suis hyper mal. Et puis lui, en fait, il ne comprend pas. Donc au bout d'un moment, j'arrive à trouver les mots pour lui dire, non mais en fait, tu te rends compte que tu me demandes, c'est quand même un truc super violent. Et lui, je trouve ça dégradant. Et il le demande en plein milieu d'un rapport.
Ce n'est pas avant, ce n'est pas après, ce n'est pas une discussion. Pas du tout. Est-ce que tu es ouverte à ça ? Absolument pas. Il te met sur le fait accompli.
Ah ouais, ouais, mais comme toujours.
Et puis c'est aussi complètement paradoxal, avec quelqu'un qui dit, je n'ai pas d'expérience. C'est ça.
Moi, je voyais bien que... Plus ça allait, plus ce « j'ai pas d'expérience » , ça collait pas. Ça sonnait faux. Et là, je me lève du lit. Je pense que j'étais carrément bordée d'armes. En plus, ça faisait dix jours qu'on était en voyage. Ça faisait dix jours qu'il me sautait dessus tout le temps. J'y arrivais plus. J'y arrivais plus. J'essaye d'avoir un dialogue avec lui, de lui expliquer que c'est pas possible. Et il me dit « mais tu sais, je t'aime tellement » . Et là, il m'explique que la personne avec qui il était avant moi, donc la femme qu'il avait rencontrée sur Internet, pour laquelle il avait quitté sa femme. En fait, elle était dans les rapports Sadomaso, Libertinage, Truc à plusieurs, Les Fistes, etc. Et que du coup, c'était une femme qui se définissait comme très libre. Il pensait que j'étais pareil. Mais tellement, il avait tellement peur de me perdre que d'emblée, il allait devancer mes envies et me les proposer. Et je lui dis, mais en fait, à quel moment je t'ai laissé penser que je ressemblais à cette femme ? Pas du tout. C'est très malin, c'est-à-dire... Il définit qu'il était extrêmement amoureux de cette femme. Et moi, je l'ai vu, très malheureux, qu'elle était très libre. Moi, je me définis comme libre, qu'elle faisait ce genre de pratiques. Donc du coup, moi aussi, je dois faire ce genre de pratiques. C'est pareil. En fait, il m'imposait de plus en plus la fellation. Je suis désolée, c'est un peu cru.
Non, mais c'est la réalité des choses.
Et en fait, je ne supportais pas. Avec lui, je ne supportais pas. Et en fait, il me laissait glisser de temps en temps des choses. Ah ben, comment... L'ex-femme, c'était la seule chose qu'elle faisait à peu près bien. Et donc en fait, il essayait de me mettre inconsciemment en concurrence. Tu vois, mon ex-femme, je l'ai quand même quittée, alors qu'elle, elle, elle faisait. Et toi, tu veux pas, si tu veux rester. Voilà. C'est toujours subtil. Mais c'est toujours hyper dégradant et j'ai l'impression à chaque fois de perdre des points de confiance en moi. C'est terrible. Alors qu'à la base, c'était un sujet où j'étais très à l'aise. Et donc, je rentre en France, après cette histoire de fistes, et je me dis, je vais le quitter.
À nouveau ?
À nouveau. Eh bien, toujours pas. Et là, je pense que c'est parce qu'il a commencé à attaquer clairement ma confiance en moi. Clairement. C'est comme si, sans lui, j'y arriverais pas. Ça fait à peu près six mois qu'on est ensemble. Alors, je le dis avec le recul, parce qu'à l'époque, je le voyais pas. Et je sens que je suis en train de me perdre. Ce qui est très difficile, c'est que... il va toujours résonner, mais dans un autre espace-temps. Et au bout d'un moment, s'il a décidé que le soleil était vert, il va tout faire pour que le soleil soit vert, et vous faire croire qu'il est vert. Et vous avez beau argumenter que ce n'est pas possible, vous le voyez, c'est justifié, c'est scientifique, c'est vert. Et à partir de là, vous êtes foutus, parce que vous perdez complètement vos repères. Si le soleil est vert, alors que toute votre vie, vous dites qu'il est jaune,
Vous savez plus où vous en êtes, vous avez perdu vos repères. Là, il a commencé à gagner, clairement. C'est ce qu'on appelle le gaslighting, qui est connu, qui est un terme utilisé pour parler des violences conjugales, et donc justement qui décrit très bien ça, le fait de présenter une autre réalité à quelqu'un, et de lui faire croire que cette réalité est une vérité. Ce qui fait qu'après, comme tu dis, pas de repères, et on se met à douter. Et en plus de ça, il ne laisse pas d'espace à ce que tu penses, à ce que tu es. Il te dit sans arrêt que ce que tu es, ce n'est pas assez bien, ce n'est pas comme ça qu'il faut être, que c'est lui qui sait, c'est lui qui te dit comment il faut être. Et à chaque fois, il te dit que tu n'es jamais assez bien. Au bout d'un moment, tu finis par te faire avoir. Et je pense que le fait aussi d'être quotidiennement proche de lui au bureau, c'est certainement aussi un élément qui a fait que pour t'en défaire, c'était extrêmement compliqué. Et à la maison, parce qu'en fait, le coucou a fait son nom. Donc il est venu chez toi. Oui, parce qu'en fait, très vite, il m'a amenée chez lui. Il avait une maison à location. C'était une porcherie. C'est-à-dire que vous aviez des rats dans la cuisine. Je n'osais même pas aller aux toilettes ou me doucher. C'était dégueulasse. Moi, je lui avais dit, écoute, je ne peux pas venir chez toi. Donc, c'est facile, on va chez elle. Donc, en fait, il vivait quasiment chez moi. Ça faisait à peu près 6-7 mois. Il m'explique qu'il a une maison à lui. On était en location, les locataires viennent de partir, et du coup, ça serait bien qu'on vive ensemble. Pour la petite anecdote, en fait, avec ma famille, on a été violentés des années dans notre maison, on a été agressés, et du coup, les maisons, c'est pas trop mon truc, je me sens en insécurité.
C'est du homejacking ? Ouais.
Du coup, il le savait, et il a quand même insisté. Au bout d'un moment, j'ai lâché. Donc j'étais encore plus à sa merci parce que 1 c'était chez lui et 2 c'est une maison, je suis en insécurité. Il a fait carton plein le gars. Il a tout fait pour que je puisse pas m'en sortir et que je sois vraiment sa merci en fait. Cette maison en fait, il y a beaucoup de travaux à faire. Je fais les travaux avec lui. Même d'oeuvres pas chères. Et surtout c'est là où arrive le contrôle économique, la théorie des pots de yaourt. que vous ne voyez pas arriver. Je lui dis, mais tu sais, ça me gêne, tu as un crédit à payer, est-ce que tu veux que je te paye un loyer ? Absolument pas. Tu me donnes de l'argent tous les mois, directement comme ça, ça me permettra de payer les factures et puis tu payeras les courses. Donc, c'est toujours tout à son nom. Et moi, tous les mois, je lui donne de l'argent. Tout ce qui n'est pas crédit, c'est pour moi. Et en plus, je paye les courses, parce que je me sens redevable, parce qu'il joue aussi sur ce truc de... Moi, je suis féministe, donc on partage. Donc, je ne me fais pas acheter. Voilà. Alors, à l'époque, il m'explique qu'on gagne la même chose. Quelques années plus tard, quand je verrai son salaire, je verrai qu'on ne gagne pas du tout la même chose. Il m'a complètement vidée. Je compte son bac.
Dans tous les sens du terme.
Dans tous les sens. Donc là, cette maison, on va y habiter. Je ne suis pas à l'aise. La relation, elle est de plus en plus difficile. Il n'y a plus du tout de conversation. La sexualité, il n'y a que ça qui compte. Quand j'essaye de discuter avec lui, il m'explique que c'est parce qu'il n'y a pas assez de sexe. A chaque fois, tout, tout, tout, c'est le sexe et c'est ma faute. Il en veut de plus en plus, alors que moi j'ai de moins en moins envie. Il ne cherche pas à créer l'envie. Lui, il met la main dans la culotte, il ne comprend pas que je ne mouille pas. Quand je fais le ménage, je me rends compte qu'il y a beaucoup de livres pornos, des trucs super trash. Et il me dit, bah ouais, c'est parce que tu fais pas. Il veut des pratiques de plus en plus dures, donc ce qu'il aime, c'est le band-aid, ces trucs très extrêmes. On passe vraiment de tout à rien, quoi. Sur le mec presque timide, qui n'ose pas me toucher un téton, le gars qui est dans du SM super dur. C'est incompréhensible, et moi je n'accepte pas, parce qu'il me fait peur. Au fond de moi, il y a cette peur. J'ai l'impression qu'il s'arrêtera pas, et j'ai peur pour ma vie. Mais j'avais vraiment peur pour ma vie. Pendant très longtemps, je me suis dit que personne ne me croira. Et en même temps, je me dis, je pense qu'il y a certaines choses que j'aurais acceptées. Je suis sûre que je serais morte et je ne serais plus là pour témoigner. Il y a des moments où il est très Bouddha. Et puis, il y a des moments où il monte en surpression. Et vous ne savez pas comment il va réagir. Et pourtant, de l'extérieur, il fait très poser. Moi, je me rappelle une des premières fois où j'ai vu sa mère. Sa mère lui reprend une veste de costume. Et là, je vois qu'elle prend des pincettes pour lui parler. Je l'interroge. Je dis, quand même, c'est un peu bizarre de parler comme ça à son fils. Et là, elle m'explique qu'il a tendance à se mettre rapidement en colère. Du coup, on ne sait jamais ce qu'il va dire, comment il va faire. Et du coup, elle lui parle avec des pincettes. Et en fait, je lui avais dit, mais c'est bizarre la façon dont ta mère se comportait avec toi. Pareil, ils ne se remettaient pas en question. C'était sa mère qui était le problème.
Et il avait un père ? Oui,
un père. Oui, ses parents vivaient ensemble. C'est une famille d'immigrés. Les parents sont en alphabète, donc ils n'ont pas fait d'études. Lui, c'est quelqu'un qui a fait des brillantes études. Et du coup, ils n'osaient pas trop s'affirmer face à lui.
Et il avait des frères et sœurs.
Tout à fait. Et il s'est fâché avec ses frères. En fait, c'est très compliqué, parce que je n'ai jamais vraiment su la vérité. Et c'est vrai que je les avais vus une fois ensemble, les deux frères. Et il y avait un rapport de force qui s'était installé avec mon ex-mari qui... qui bouffait le crâne, en fait. Et j'avais trouvé ça super violent. Ils m'avaient dit, non, mais c'est les rapports fraternels. Mais il a toujours des relations violentes, en fait. Je vais mettre un bémol, parce que, effectivement, j'ai eu cette image de la soumission de par sa mère. Et en réalité, je pense que sa mère est quand même le nœud de l'histoire. Et elle manœuvrait beaucoup, toujours en mode plaintif. Un peu comme lui au démarrage de notre relation. Il ne disait pas les choses en direct, c'était toujours dévié. Il y a quelque chose de pas net, il y a beaucoup de non-dit dans cette famille, beaucoup de violences larvées. Donc lui qui me parlait beaucoup de développement personnel, les accords Toltec, etc. J'ai découvert que son livre de chevet, mais au sens littéral du terme, c'était le livre petit traité de manipulation à l'égard des honnêtes gens. Donc il était vraiment dans ce truc-là. Lui, c'est la possession de la personne. C'est vrai que quand j'ai vécu avec lui, chez lui, j'étais vraiment... J'étais une merde, en fait. Là, j'étais vraiment devenue un fantôme avec quelqu'un qui me traquait parce qu'il avait des besoins sexuels. C'était pas le missionnaire et la levrette, quoi. Parce que ce qu'il voulait, c'était autre chose. Je me rappelle une fois où ça s'était pas passé comme il voulait. Il ouvre la fenêtre, on habite dans un lotissement. Et il se met à hurler, putain mais j'en ai marre, elle est frigide celle-là. Je peux vous dire que tous les voisins l'ont entendu. Je rasais les murs. C'était ça tout le temps. Si je refusais un rapport, il ne me parlait pas pendant trois jours. Moi le travail ça n'allait toujours pas bien. Il ne faisait rien pour m'aider. C'est-à-dire que quand j'ai eu des opportunités d'embauche dans d'autres boîtes, c'était soit, de toute façon c'est mal payé, c'est de la merde. où c'était, non mais en fait, il faut que tu déménages, moi je te quitte, pas de relation en distance, tu te démerdes, et j'avais tellement pas confiance en moi, il m'avait tellement détruit que je me disais, bah recommencer un nouveau boulot, une nouvelle vie, j'en suis incapable, c'était ma béquille ce mec, j'arrivais plus à penser sans lui, alors que j'aurais posé ça sur une feuille, j'aurais bien vu que, en fait il me servait à rien, il était plutôt en train de me défoncer, mais non, il m'avait saccagé. Et on faisait quand même le tri au niveau des amitiés. On était partis par exemple en vacances avec un couple d'amis à moi. Pendant tout le séjour, il essaye de me mettre la main dans la culotte. Ils sont à côté. Je suis super mal. Dans la nuit, il me demande un rapport sexuel. Là, franchement, je suis ferme et je refuse. Qu'est-ce qu'il fait ? Il claque la porte à 2h du matin. Son 10 ans, il va aller jouer au casino. Aujourd'hui, je suis sûre qu'il s'est payé une pute. Et mes amis qui me disent au petit matin, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant tout le séjour, il était sur les dents. à hurler, par exemple, après un serveur qui fait une erreur dans une commande. En fait, toujours en mode viril, quoi. Moi, c'est des coronesses, quoi. Moi, je suis viril, moi, je gueule. Mes amis, pas du tout. Et je sens qu'ils s'éloignent. Il me met toujours dans des situations compliquées. Par exemple, c'est un fan de naturisme. Donc, il va m'expliquer qu'il s'est mis au naturisme très tard, quand il a quitté sa femme, parce qu'il avait besoin de liberté, de son corps, abolir le textile. Enfin, voilà. Toujours un discours... Du mec vachement ouvert, je me remets en question. Sauf que, concrètement, ce qu'il aime, c'est mater et être maté. Que, en gros, c'est bronzé bite contre bite. C'est pas du tout la nature qui l'intéresse. Et moi, le naturisme ne m'intéresse pas, et encore moins dans cette optique-là. Il le sait pertinemment, on a déjà eu plein de discussions avec ça, je suis coincée, je m'en tape, c'est non. Et un jour, on part en vacances à l'étranger. et me dire que j'ai repéré une super petite plage, on y va, ok. Et là, on se retrouve dans un endroit super paumé, je descends sur la plage et là je ne vois que des gens à poil. Je me retourne, je dis, c'est quoi ce plan pourri ? Non mais c'est bon, tu peux garder le maillot. Ce n'est pas que je veux garder le maillot, c'est que je n'ai pas envie de me retrouver sur une plage avec des gens à poil. Moi quand je lève les yeux, je regarde la mer, je n'ai pas envie de regarder une paire de boules. Il me dit, tu vois, c'est toi la vicieuse, c'est toi qui mate. Tu vois, tu es vraiment une grosse vicieuse, une grosse dégueulasse. Je lui dis, non, tu me ramènes à l'hôtel. Non, c'est ma bagnole, tu te démerdes. Je parle. Je ne parle pas la langue du pays, je ne sais même pas où on est. Je suis bloquée. J'ai passé mon après-midi très mal à l'aise à regarder mon livre. Et lui, il était heureux. C'était ça tout le temps. Je n'avais pas d'autre solution. J'étais soumise. Et je n'arrivais même pas à le réaliser. Mais moi, qu'est-ce que je veux ? Et en fait, j'oubliais complètement ce que je voulais. Je n'avais plus de place. Ça faisait des mois, voire des années, qu'il m'expliquait que j'étais frigide, que j'étais nulle. À l'époque, j'étais allée voir une psychologue. Donc c'était au tout début de notre couple, parce que je me posais des questions. Je ne suis pas bien avec lui, je ne suis pas bien à mon travail, je veux retourner dans ma région. Je lui dis, mais moi j'en peux plus. J'en peux plus de ces assauts. Et elle me dit, non mais vous savez, ce profil-là, il est très mal dans sa virilité. Si vous lui dites quelque chose, il s'effondre. Prenez sur vous. Et à partir de là, pour moi, je me tais. Je n'aime pas la personne. C'est moi le problème, effectivement. C'est moi qui ai un problème avec la sexualité, c'est moi qui suis nulle, c'est moi qui ne veux pas. Contrairement aux beaucoup de femmes qui témoignent du contrôle coercitif et des violences conjugales, de façon générale, on parle d'un mec qui les contrôlait, c'est-à-dire qui leur empêchait de se maquiller, qui les traitait de salopes parce qu'elles parlaient à un mec, qui leur empêchait de se mettre un jupe. Moi, j'avais tout l'inverse. Moi, c'était un type qui aurait aimé que je m'habille sans culotte, en mini-jupe. En gros, on fait profiter la terre. C'est un mec qui aurait aimé que je sois super vulgaire, très aguicheuse. Il était très dans le partage en fait. Ce qu'il voulait c'était du libertinage. Et c'est pas du tout mon truc. Moi j'étais quelqu'un de très coquet. En fait à la fin je voyais bien que je m'habillais plus. On voyait l'impact, je me maquillais beaucoup moins, je m'habillais beaucoup moins. Si j'avais le malheur de mettre des portes jartelles, parce que c'est quelque chose que je faisais mais pour moi, ou un string. J'étais foutue parce que ça voulait dire que j'avais envie de sexe. Ça ne veut pas dire que je mets un string parce que je ne veux pas que ça se voit à travers le pantalon. C'est alerte rouge de suite. Il faut qu'il m'attrape contre un mur. J'étais un objet. C'est pareil, si je refusais un rapport, il se masturbait de façon hyper bruyante à côté de moi dans le lit. Et j'étais humiliée. Et je lui disais, il me disait, en fait, t'as qu'à être disponible. C'était sa phrase. Donc en fait, moi, je n'en approuvais plus de ces assauts sexuels. Je l'ai quitté une première fois, je lui ai dit que là j'en peux plus, je n'ai jamais mis le mot de violence. Donc je le quitte et il ne comprend pas que je le quitte, en fait il pense que c'est une blague. Je lui ai dit non en fait j'en peux plus, je m'en vais, de toute façon je ne suis pas heureuse avec toi, tu n'es pas heureuse avec moi, je m'en vais. Quelques jours après je lui ai dit bah voilà j'ai trouvé un appartement, je m'en vais. Et là papa n'est qu'à mort parce qu'il ne pensait pas que je mettrais entre guillemets mes menaces à exécution, donc changement de comportement. Plus agressif. Et surtout, un jour, je vais prendre l'apéro chez un couple d'amis. Et il m'appelle. Une fois, deux fois, trois fois. Il assiste. Ce n'est pas du tout son genre. Je prends l'appel. Et il me dit, t'es où ? Je lui explique que je prends l'apéro chez des amis. Tu rentres à quelle heure ? Officiellement, on n'était plus en couple. Donc, je rentre quand j'ai fini. Approche. Et puis, continue, continue. Et puis, plus je décrochais, et plus il rentrait dans le dur. De toute façon, là... Ce que je vais faire, c'est que je vais aller au premier bar, je vais me pourrer la gueule, et après, je prends la bagnole, je vais me foutre en l'air, de toute façon, ce sera ta faute, etc. Et là, j'essaie de le calmer, mais je vois qu'il n'y a rien à faire. Mes amis sont apeurés, parce qu'en plus, eux avaient vu son côté violent. C'est des amis que j'avais depuis des années, ils voyaient mon état se dégrader. Ils avaient compris, en fait. Mais on ne parlait pas de violence conjugale, à l'époque, parce que la violence conjugale restait... On va dire dans l'imaginaire de la femme battue, le type qui picole. Je dis bon ben là je vais rentrer parce que j'ai peur qu'il fasse une connerie. Il ne rentre pas, il ne rentre pas. Je dis non mais il va faire une connerie, là je rentre. On passe une bonne partie de la nuit à essayer de discuter pour le calmer. Ça se passe tant bien que mal. Au final, je le quitte. Définitivement, je prends mon logement. Et très vite, il vient. en regrattant à la porte, perdu sans moi, il ne mange plus, il est malheureux, il a fait un gros travail sur lui-même. J'ai dit, écoute, on peut être amis, parce que moi, j'avais retrouvé une paix. J'avais plus ces assauts parce que moi, tous les soirs, j'avais la trouille en allant me coucher. Parce que je savais, je savais que j'allais y passer. Ou en tout cas, qu'il y aurait une pression. Parce que je n'acceptais pas à chaque fois. Mais voilà, après je le payais. Ce n'était pas gratuit, mon refus. Donc je me sentais vachement bien. Et lui, il continuait à gratter à ma porte, en se mettant en victime. Après, j'ai compris, j'ai fait un gros travail sur moi-même. Alors, spoiler, il a fait plein de travaux sur lui-même, mais jamais avec un psy. Ça ne marche pas trop, trop. Et j'ai compris, j'ai un problème avec l'attachement, l'engagement. Donc, je veux t'épouser. Épouse-moi. En fait, on n'est plus ensemble. Donc, je n'ai pas envie de revenir avec toi. Alors, love bombing, là, ça ne marchait pas. Love bombing, mais il était en mode victime. Je découvre aussi par hasard qu'à l'occasion de ses passages chez moi, parce qu'il est squatté chez moi, clairement. Il avait volé un double de clé, mais bon, impossible de le prouver. Et puis au bout de 6-9 mois, et à ce moment-là, depuis plusieurs années, on était déjà pris dans le même bureau, mais il passe me voir. Ça s'était mal passé avec mon chef, j'étais vraiment à craindre. Le hasard fait qu'il arrive, et là, c'est l'épaule salutaire. Donc on se remet dans la même configuration que quelques années auparavant. Peut-être qu'il a compris, c'est peut-être l'épaule qu'il me faut. Et puis il a cette image auprès de mes proches, de ce mec dix ans de plus, Bouddha, très calme. Il est toujours très calme, en fait, devant les autres. En fait, c'est le Bouddha, c'était l'image extérieure. Et moi, ce que je vivais, c'était le mec qui était toujours en colère. Et il m'expliquait que son comportement, en fait, il n'arrivait pas à me l'expliquer. Ou quand il me l'expliquait, c'était parce que je ne donnais pas assez de sexe. Il n'y avait que ça qui l'intéressait. Et c'était terrible parce que... Il n'y avait pas de dialogue possible. C'était le sexe, Alors ce que j'ai appris beaucoup plus tard, c'est qu'il était connu au travail pour des faits de harcèlement. Moral. Certaines personnes m'ont parlé de lui, comme moi je l'ai vu. Mais chacun se tait, parce que tout le monde a peur. Donc voilà, il arrive à me reconquérir. Donc on se met ensemble, et entre-temps, je reste dans cette entreprise, mais je change de poste. J'ai un poste qui, pour une fois, me plaît énormément, qui nécessite beaucoup de déplacement. On se met ensemble et on se voit peu. Moi, je suis épanouie professionnellement. Lui, je vois qu'il y va un peu plus mollo sur ses demandes. Puis en plus, il est arrivé sur ses histoires de rapports sexuels, de demandes, à me faire accepter que c'est un homme, donc il a des besoins plus forts. Donc on est dans ce patriarcat où la virilité passe par la sexualité, que j'ai un besoin plus fort, c'est normal, c'est comme ça. Et puis il y a ce truc sous-jacent de... Si tu ne le fais pas, je te quitte ou je te trompe. En fait, en gros, il se trouvait déjà des excuses pour aller voir ailleurs. Et alors que toi qui voulais le quitter, tu avais peur qu'il te quitte. C'est ça. Un homme aime le sexe. Toi, regarde, tu n'aimes pas ça, tu as un problème.
Donc si lui te quitte, tu ne retrouveras pas quelqu'un de toute façon. Puisque toi, tu n'es pas la personne qu'il faut pour un homme. Tu n'es pas la femme qu'il faut pour un homme. Tu ne te comportes pas comme il faut.
En fait, pendant les neuf mois où on n'était plus ensemble, je commençais à reprendre une goulée d'air. Et bien en fait, de me reconstruire. Mais il était toujours enfant, donc la reconstruction n'était pas totale. Très vite, il me repropose la vie à deux, puisqu'il m'explique qu'il a vendu sa maison, celle qu'on avait retapée à deux. Donc en fait, il revient loger chez moi, puisqu'il se retrouve à la rue. Donc j'accepte, et là, on ne fait que se croiser. Je vois qu'il y a toujours ce rapport à la sexualité qui est compliqué, mais bon, il met de l'eau dans son vin. Une chose que j'ai oublié de dire, c'est qu'il m'empêchait de dormir. C'est-à-dire que... C'est quelqu'un qui dort peu. Moi, je dors, on va dire, normalement, mais j'ai un sommeil léger. Plusieurs fois, je lui ai dit, quand il rentrait se coucher, vers une heure du matin, c'était avec beaucoup de bruit. Le matin, il se levait très tôt. Bah, pareil, beaucoup de bruit. Je ne sais même pas si c'était volontaire, mais il s'en foutait roi, non. J'étais épuisée, en fait. Et puis, au bout de peut-être même pas un an, à l'occasion d'un contrôle médical, j'apprends que j'ai un bruit. problème qui fait que j'aurai difficilement des enfants. Je vais vers mes 38 ans. Les enfants, ce n'est pas une fin en soi pour moi. Je pense aussi que ça ne l'était pas parce que j'étais avec cet homme-là. Je sors de cet examen, mais complètement abattue. On m'explique que je n'ai j'ai toute chance d'avoir un enfant naturellement. Et que si j'en veux un, il faudra passer par une PMA et qu'il faut enclencher ça immédiatement. Je rentre à la maison, je lui explique. Et il me dit, depuis le temps que je te demandais un enfant, et tu serais tellement belle en maman, une femme enceinte, c'est tellement beau. Là, on n'est plus sur du love bombing, on est sur du baby bombing. Mais en même temps, je dois faire tout un tas de tests pour confirmer mon problème. Il ne vient jamais. On m'explique que si il y a une PMA, lui, en fait, il est quand même âgé. Il n'est pas sur ses 50 ans. Du coup, il y a des fortes chances qu'il est quand même multiplement. problèmes de spermatozoïdes, il faudra faire les fameuses éprouvettes. Et là, absolument pas. J'ai déjà trois enfants. Tu les as eus à 25 ans et 40 ans. J'ai une espèce d'épée d'amoclès parce que je dois donner des réponses très rapidement aux gynécos. Je viens d'apprendre que mon père est gravement malade et je sais que c'est quelque chose qu'il aurait aimé me voir avec un enfant. Il y a tout ça qui s'accumule. Donc on y va. Mais ça se passe extrêmement mal avec sa première femme. Ça se passe extrêmement mal avec ses enfants. Ses enfants qu'il ne voit plus, à part le dernier. Les rares fois où il le prend, c'est moi qui m'en occupe. Et je me dis, si un enfant, ça va être très compliqué vis-à-vis des autres enfants. Donc j'accepte enfin sa troisième demande à mariage. Donc on décide de se marier assez rapidement. Pour moi, c'est vraiment très très administratif en fait. Et puis parce qu'il arrive à me convaincre que ça sera plus facile pour faire une PMA si on est marié, sur les papiers, enfin voilà. Donc on se marie. Pour la petite histoire, moi je demande un contrat de mariage. Moi j'ai rien. Lui, il n'a jamais été honnête ni sur son salaire, ni sur ses biens, mais je sais qu'il a pas mal d'argent de côté. Mais je demande quand même un contrat de mariage. Et on doit faire trois notaires parce qu'à chaque fois, il veut un contrat où en gros, s'il lui arrive quelque chose, j'ai accès à rien. Ça part à ses enfants et puis moi, je m'en trouve à la rue. Mais si moi, il m'arrive quelque chose, il récupère tout. Donc, trois notaires pour lui faire comprendre que ce n'est pas un vrai contrat de mariage. Je me dis, mais en fait, à quel moment tu peux imaginer mettre ta femme à la rue ? C'est complètement hallucinant. Lui, ça ne le choquait pas le moins du monde. Et moi, franchement, des alertes rouges, mais j'en avais déjà eu tellement, j'étais cramoisie dans ma tête. Donc on fait ce contrat, on se marie. On avait décidé de se marier à l'étranger et le faire reconnaître en France. C'était à l'île Maurice. On se marie à deux. Il n'y a pas de témoin, il n'y a rien. Ça servira de l'une de miel en même temps. Et le voyage ne se passe pas du tout comme espéré. Donc on perd nos bagages, lui il est extrêmement tendu dès qu'on arrive sur l'île, il est tout le temps en colère. Donc moi à chaque fois j'arrive à lui trouver des excuses, je me dis ça doit être la pression du mariage, le stress, la perte des valises. A chaque fois j'essaie de me rassurer, je me crée une fable en fait. La veille du mariage, il arrive vers moi, il est énervé, il est furieux en me disant « Putain, mais j'en ai marre ! C'est quoi cet hôtel de merde ? On m'a volé mes affaires ! » « J'avais tout laissé à la piscine, c'est quoi ces connards ? » Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que l'hôtel a deux piscines, et que lui s'est trompé deux piscines. Voilà.
C'est quand même assez.
Mais il pétait un câble, quoi. Donc moi, j'avais un mec à côté de moi, c'était un taureau, quoi. Donc j'avais super peur. Il faut savoir qu'à l'époque, ces notions de peur, je les vivais corporellement, mais j'étais... incapable d'intellectualiser cette émotion. Donc, c'est la veille de notre nuit avant le mariage. Donc, il est très énervé toute la journée. Le soir, on rentre dans la chambre. Là, il me balance sur le lit et il me viole. En me balançant sur le lit, il m'explique que de toute façon, j'en ai marre. T'as un problème avec le sexe, si tu veux qu'on se marie demain, t'as intérêt à t'y mettre et t'as pas intérêt à faire l'étoile de mer. Non seulement il me viole, mais en plus je dois participer à mon propre viol. Je suis à des milliers de kilomètres de ma famille, de mes proches, j'ai peur de lui, je dors pas de la nuit en me disant mais qu'est-ce que je fais, je me marie, je me marie pas. Il y a cette histoire de bébé au bout, parce qu'au fur et à mesure... Je me dis que c'est peut-être ma seule chance d'être maman. Et en même temps, j'ai confiance que ce n'est pas possible. Je suis paumée, j'ai peur. Il faut savoir que je ne peux pas prendre la pilule, je ne peux pas avoir de stérilet, pour des raisons gynéco. Et du coup, en fait, on se protégeait toujours au préservatif. Et en fait, pendant ce rapport, en fait, ils retirent le préservatif. Et je m'en rends compte et je me dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Bah, tu le veux ton gamin. Et là, le piège, il était refermé. Parce que même si j'avais très peu de chance d'avoir un enfant naturellement, je m'étais dit... Je suis peut-être 37. Je ne peux pas partir. Donc, voilà, on s'est mariés. Les images, elles sont jolies. Du coup, on rentre en France. Et puis, la vie continue. Moi, je m'interroge beaucoup. Tous les rendez-vous sont pris pour commencer la PMA. Et un mois avant, ça commence à émerger. Ça fait que je ne peux plus continuer comme ça. J'ai pas besoin d'un enfant pour vivre. Je suis mal avec ce mec. Je veux rentrer à Paris. Je sais pas comment je vais lui dire, mais je vais m'organiser, je vais me barrer. À un moment donné, je me dis, c'est la dernière fois qu'il me touche. Et c'est à ce rapport-là où je suis tombée enceinte. À partir de là, je me dis, non mais en fait, tu délirais complètement, mon pauvre fille. C'est les hormones qui te faisaient parler. Ce mec, il est super. Tu vois le mal partout. C'est vraiment qu'une question d'hormones, tout va bien se passer. Pour la petite histoire, pour un mec qui voulait absolument avoir un enfant de moi, qui mettait la pression, qui trouvait une femme en scène super belle, quand je fais mon test de grossesse, puis après je vais faire ma prise de sang, donc je lui envoie les photos par SMS, je n'ai pas de réponse. J'ai un laconic tessurant en fin d'après-midi, pour des messages envoyés dans la matinée. Le soir, il rentre super tard. Je ne vois pas le mec heureux, je ne comprends pas, je m'interroge en fait. Et moi, je sais que je suis enceinte, je porte la vie, je me sens responsable de cet enfant, je l'aime déjà, je m'accroche. Ma grossesse est à risque, donc il faut absolument que je trouve un gynéco spécialisé dans ma problématique très rapidement. Au premier mois de grossesse, je vois ce spécialiste, il m'accompagne, et à ce moment-là... il fait le forcing pour que je m'arrête de travailler. Moi, je ne veux pas. Moi, je veux garder ma liberté. Alors, c'est vrai, je ne peux plus faire mes déplacements, je dois faire attention, mais pour moi, c'était ma bouffée d'oxygène, ce travail. Puis, je voyais du monde, ça me plaisait, intellectuellement, j'étais stimulée. Et lui, en fait, il ne lâche pas jusqu'à ce que le gynéco me mette en arrêt. Et là, c'est le début de la fin. C'est le début de l'isolement. Je n'ai pas le droit de parler de ma grossesse. Ils rentrent de plus en plus tard du travail. Je n'ai jamais un mot gentil. On rentre vraiment dans le dur. Ils ne me parlent plus. Donc je continue à travailler un petit peu depuis chez moi. Parce que ma boîte a malheureusement pas bien compris la différence entre un arrêt maladie et du télétravail. Mais bon, ça m'occupe l'esprit. La fin du premier trimestre arrive. On ne savait vraiment pas si on allait passer ce premier trimestre. Donc là, c'est miraculeux, j'y arrive. On va pour l'annoncer. En fait, ils m'autorisent à le lancer, parce que c'est comme ça. Et puis, je décide de reprendre le travail. Le gynéco n'est pas ravi, mais j'ai dit, écoutez, moi, j'ai besoin de reprendre le travail. Je retourne bosser. Et peut-être au bout d'une semaine, dix jours, mon manager m'appelle pour m'expliquer que ma promotion que j'attendais depuis deux ans, je n'aurai pas, puisque j'étais enceinte, que de toute façon, je ne servais à rien. La preuve, j'étais absente pendant deux mois. Ça, ce n'est pas vu. Bah ouais, c'est parce que je travaille depuis chez moi, que mes affaires ont été diluées sur d'autres personnes. Et je me retrouve sans rien en fait. C'est hyper violent, c'est de la discrimination, c'est interdit. C'est une boîte qui s'affiche comme vraiment ils sont taqués dans le rapport homme-femme. Sauf que la réalité c'est ça. Et que je ne suis pas la seule à l'avoir vécu. Bref. Moi, je me prends ça, mais je me prends un train dans la tronche. Parce que le travail c'était vraiment le dernier truc. qui me tenaient. À partir de là, en fait, je rentre chez moi et au toilette, j'ai du sang, je fais un décollement placentaire. Donc, direction les urgences. Aux urgences, là, on me dit, il ne faut plus retourner là, il faut se reposer. Et moi, je suis en boucle sur le travail. Lui, je le rappelle, il travaille dans la même boîte et puis il m'explique, tu la connais, la boîte, elle est comme ça, c'est normal. C'est doublement gagnant pour lui parce que ce que je comprends avec du recul, c'est que même s'il gagnait beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi, j'avais un poste qui était beaucoup plus intéressant et beaucoup plus exposé, donc plus valorisé. Et je pense qu'il y avait cette jalousie. En fait, d'une pierre, on fait deux coups, c'est-à-dire qu'on supprime... cet aspect-là, je suis revenue à ma place, donc tout en bas, et ensuite, bah ouais, effectivement, ça y est, c'est parti, on déroule le tapis rouge, quoi, ce que j'apprendrai plus tard, c'est qu'il expliquera aux amis, qui sont souvent des amis, collègues, que je suis fatiguée, donc faut pas m'embêter, faut pas me téléphoner, faut pas m'appeler, faut pas venir, donc tout passe par lui, il transmet évidemment pas les messages, donc moi, je me dis, bah en fait, j'ai pas de retour, quoi. Moi, je vais peu vers les gens, du coup, parce que je ne me sens pas bien. Ensuite, il rentre toujours encore plus tard. C'est le refus de parler du bébé. Donc, même pour parler du prénom, etc., il ne veut pas en parler. Je demande à ce qu'on fasse des achats hors de question. J'achèterai le jour au tour à coucher. Je pars à Carrefour et j'achète tout. Ça suffira. Je lui dis, mais en fait, c'est mon plaisir. Non, non, je n'en ai rien à foutre. C'est comme ça. C'est d'une violence terrible. En fait, je ne suis pas du tout reconnue comme... une future maman. Et lui qui me disait tout le temps une femme ancienne c'est si belle, je voyais du dégoût dans son regard. Du coup là, je commence vraiment à me dire on est complet. Moi pour ma grossesse je suis obligée d'aller à l'hôpital tous les 15 jours et à ce moment-là une sage-femme me dit écoutez, je vois que ça va pas psychiquement, je vois que vous commencez à plus faire trop le lien avec le bébé, moi je vous propose d'aller voir un psychologue. J'étais quand même assez échaudée avec ce que j'avais vécu, mais bon pour le bébé j'accepte. Donc je vois cette psychologue, à peu près vers mes 6 mois de grossesse, mais je ne parle que du travail, ce qu'il m'a fait. Lui, je le préserve tout le temps. Chaque fois, il m'accompagne, mais chaque fois, je trouve une excuse. Je pense que je ne veux pas qu'on me voit. Donc moi, je vois cette psychologue, on ne parle que du travail, mais on arrive à remettre le lien avec le bébé, ce qui était le but. Mais elle continue à vouloir me voir. Ce que j'ai oublié de dire et qui est hyper important, c'est que... J'étais au premier trimestre, et en fait, je lui avais dit que ce serait bien qu'on aille voir une thérapeute de couple. Et il m'avait dit, non mais on va voir une sexologue, parce qu'elle va te dire que c'est toi le problème. Je concède à ce qu'elle soit sexologue, on y va. Et peut-être à la troisième séance, ou quatrième, je parle de ce qui s'est passé quand on s'est mariés, je parle du viol. Et j'emploie le terme de viol. Et là, en fait, Oscar de l'année, donc il se met... Le visage entre les mains, mais comment tu peux penser ça de moi ? Mais je suis un être monstrueux si tu dis ça. Enfin voilà, c'est vraiment les larmes de crocodile devant la nana. Moi, je suis super mal. Enfin voilà, j'ai l'impression d'avoir trahi. J'ai l'impression, voilà, comme d'habitude. Les rôles s'inversent. Les rôles s'inversent et surtout, c'est moi qui est mal interprétée en fait. Du coup, on rentre à la maison et là à la maison, mais pour qui tu me prends ? T'as qu'à me quitter, démerde-toi toute seule. Enfin, bah en fait, au bout d'une heure... Je m'excuse. Voilà, et là, je dois dire, encore une fois, vous parlez avec une femme qui est soi-disant thérapeute de couple, sexologue, vous évoquez la notion de viol, cette femme, et bien, à aucun moment donné, elle m'a dit, 39-19, Madame, effectivement, il y a un problème dans votre couple. Elle l'a écoutée, en fait, sans prendre position. C'est ça. Les signaux d'alerte, ils étaient là. Et même, elle aurait pu le faire après coup, à la légende. Moi, on m'a expliqué qu'il avait des... problème sexuel qu'en fait il fallait que en gros je m'écrase, là j'explique qu'il me viole et on me dit rien donc je me dis effectivement c'est moi le problème c'est pour ça que cette psychologue à l'hôpital je protège mon mari parce que je me dis mais on ne me croira pas et puis je veux être dans ce déni là parce que ça me protège je suis à 6 mois de grossesse je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso, donc c'est quelqu'un qui compartimente extrêmement bien sa vie qui a plusieurs alias plusieurs vies qui cache tout. Là, c'est le hasard complet qui fait que je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso. Puisqu'en fait, il essaie de traîner des alias. Je ne sais pas, je me mets ennuyée à la maison. Et je mets cet alias dans Google. Et là, je tombe sur un site de rencontre sadomaso. Et l'alias correspond exactement au profil de mon ex-mari. Je ne suis pas étonnée. Et en même temps, je suis effondrée. Donc, j'essaye de le confondre le soir. Il m'explique que... plus que non, et il arrive au bout d'une heure ou deux à me remettre dans ce voile de déni. Bon, c'est pas lui, mais quand j'ai retapé l'alias le lendemain, le profil avait disparu. Je n'en parle pas à la psychologue de l'hôpital. On va continuer, on a la préparation à l'accouchement, mais il n'est pas intéressé parce qu'il a déjà eu trois enfants. Et il décide qu'il viendra la moitié d'entre elles, et en plus il vient en retard, il ne s'investit pas. Et un jour il vient, et c'est la séance où on parle de la péridurale. Et il rentre, il voit la péridurale et il commence à s'évanouir. Donc il y a d'autres couples, donc tout le monde sourit un petit peu. La sage-femme me dit, écoutez, allez vous asseoir, vous allonger, prenez un sucre. Et moi, comme d'habitude, je le défends. Oui, alors il a été malade, ce n'est pas sa faute, il est encore fragile. La sage-femme me dit, non mais vous savez, ce n'est pas le premier papa. Je dis, non, non, non, ce n'est pas ce que vous croyez vraiment. Mais toujours à le défendre. Je dois le protéger parce que je sais que si son image, elle est mise à mal, c'est moi qui vais payer. Arriver à la maison, après qu'il ait pris son sucre, qu'il soit reposé, pareil, il me défonce. « Ouais, t'as vu pour qui tu me fais passer ? » Je dis « Mais non, j'ai expliqué que t'avais été... » « Ouais, c'est de ta faute. » Je m'en prends plein la gueule. Il est toujours furax contre moi. Je ne sais plus quoi faire, en fait. Je n'ai pas de maternité possible. Donc, par exemple, quand le bébé, à un certain stade de grossesse, on peut voir son pied, on peut voir sa main. Moi, je suis toute contente. Je lui dis « Regarde, regarde le bébé. Fais une photo, une vidéo. » Il ne lève même pas les yeux de son Candy Crush. Et il me dit « Et alors, je m'en fous. » Je trouve ça violent pour moi et encore plus pour l'enfant. Et les seuls moments où j'ai eu le droit d'être une future maman, c'est quand je suis à l'hôpital. C'est absolument terrible de se dire qu'on est reconnu comme une future maman, que si on voit sa psychologue ou sa sacha ou son gynéco à l'hôpital. Horrible. Et donc la psychologue, elle essaye de me faire avancer, ce que je comprendrais plus tard, vers un autre cheminement, que le problème n'était pas qu'au travail. Mais je commence à toucher les doigts, les choses, sans lui dire exactement ce qui se passe vraiment à la maison. Et puis, en fait, j'accouche. L'accouchement, ce n'est pas du tout ce que j'imaginais. Avec le gars, tu fais le petit chien, il est avec toi, il te passe le spray sur le visage. Ce n'est pas ça du tout. Il décide de rester la première nuit à l'hôpital. En fait, il me prend le bébé en expliquant que je ne saurais pas m'en occuper. Moi, je n'ai pas confiance en moi. Un nouveau-né, c'est quand même assez particulier. Moi, je n'ai jamais été maternelle. Je n'ai pas de pro... proche avec des bébés, des nourrissons, je suis un peu perdue. Puis lui, en fait, c'était toujours son discours, mais moi j'en ai eu trois, je sais faire, je sais faire. En fait, il sait faire, mais il ne me montre pas surtout. Il prend le bébé comme si j'étais qu'une merde en fait. J'étais incapable de quoi que ce soit et que ce n'était pas mon fils en fait. Il n'y a rien qui va, je me sens très seule, je me sens très nulle. Mes parents habitent assez loin, mes parents étaient venus le temps que... J'étais à l'hôpital pour voir le bébé. Ma mère m'avait offert un plateau de fromage parce que j'arrivais d'avoir du fromage et des fleurs. Et en fait, elle lui que dalle. Et surtout, ils avaient mis quasiment à la porte une fois qu'on était rentrés. Donc très vite, quand je reviens à la maison, je n'ai pas de place. Son dernier fils, qui à l'époque a 8 ans, qui est là, en fait, je lui offre notre fils comme si c'était un petit chat. Je me rappelle, il était là et c'était la première fois qu'on avait décidé de sortir le bébé en poussette. Je mets le bébé dans la poussette. Et là, en fait, il me pousse et il donne la poussette à son fils. Et je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, c'est bon, tu vas l'avoir tout le temps. Entre temps, la psychologue de l'hôpital avait souhaité rééchanger avec moi. Au début, je camouflais encore la vérité en disant que c'était un papa extraordinaire, qui était génial. Quand le petit avait un mois, on décide de l'amener chez mes parents et après chez ses parents. Et il a l'écolique du nourrisson. Donc au final, il me redépose chez mes parents. qui va plusieurs centaines de kilomètres de là, il se barre, je n'ai pas de véhicule, rien, pour soi-disant ramener son dernier fils à sa mère. Je me retrouve seule à gérer un bébé de un mois, très malade. Je lui dis, il me dit, mais en fait, c'est le rôle de ta mère, elle a que ça à foutre. Ma mère doit s'occuper de mon père qui est gardataire, ma mère est âgée, et moi je suis dans ce truc. Ouais, il a raison, elle va m'aider. Ma mère, je vois qu'elle est épuisée et elle me fait comprendre que ce n'est pas son rôle. Donc je lui en veux beaucoup. Je lui en veux tellement qu'en fait, on se dispute violemment. Et je dis à mon ex-mari, viens me chercher, elle est odieuse. En fait, lui, il aura passé quatre jours de repos supplémentaires à aller bronzer sur les plages naturistes. Et il viendra me chercher comme sauveur. Et en faisant comprendre à ma mère que j'abuse un peu quand même. Il me monte contre ma mère et ma mère, il la monte contre moi. C'est très très tendu. Je rentre à la maison, je suis épuisée. Voilà, il faudra reprendre le travail. En fait, je n'y arrive pas. Le petit quand même, il va chez la nounou, parce que c'était prévu que j'aille travailler. Et puis, je ne suis pas du tout en état. Je l'amène quatre jours par semaine. Et donc, tu travailles, mais sans y arriver. En fait, je ne peux pas reprendre le travail. Je n'y arrive pas. En fait, le jour J, je n'arrive pas à reprendre le travail. En fait, j'ai hyper peur de reprendre le travail avec ce que j'avais vécu pendant ma grossesse, le fait qu'il m'ait descendue, etc. Puis entre-temps, je pense que j'avais perdu encore. confiance en moi, parce que j'étais épuisée physiquement, mentalement, parce que mon ex-mari arrêtait pas de me dire à longueur de journée que j'étais nulle en fait. Du coup, j'ai pas réussi à reprendre le travail. Moi, je continue à voir cette psychologue, et là, j'arrive enfin à parler, mais je ne parle... que de l'aspect physique, c'est les viols. Parce que là, une activité sexuelle a repris, après mon accouchement, et que je n'en peux plus de ces assauts, que je n'en peux plus aussi de finir un sang. Régulièrement, en fait, je saignais pendant les rapports sexuels. Et à chaque fois, ce que je vivais, ce que je ressentais dans mon corps, ça n'avait aucun impact, ça n'avait aucun écho sur lui. Il s'en fichait, mais royalement. Je n'avais aucune intimité chez moi. En fait, il était super contrôlant sur tout. Avoir de l'intimité, pour lui, ça signifiait être coincé. Le matin, par exemple, quand il se levait, il mettait de l'eau à bouillir pour me préparer à monter. J'arrivais, il ne me disait même pas bonjour, rien. Je me approchais de lui, je lui disais bonjour. Et lui, son premier réflexe, c'était de me mettre un doigt dans l'anus. Et moi, je me disais, il est gentil, il m'a fait monter. Plusieurs fois, j'ai dit, mais en fait, tu me fais mal. Ou c'est quoi, arrête, je ne te veux pas. Mais c'est un jeu. J'ai dit, non, un jeu, ça se fait à deux. J'avais beau avoir un discours qui était cohérent, clair, non, ça ne passait pas. J'étais toujours prise en défaut. Donc au bout de mois, quand vous avez beau dire les choses et qu'on ne vous écoute pas, ni les professionnels auxquels je me suis adressée, et encore moins à lui, vous disjonctez. Donc là, avec cette psychologue de l'hôpital, j'ai commencé, au bout de neuf mois, ouais, même plus, à commencer à parler de la sexualité et à parler de viol. Elle a commencé à me faire prendre conscience... Peut-être que j'y arriverais toute seule avec le bébé aussi. Parce que lui me disait le contraire, que personne ne voudrait de moi, que je ne serais pas capable. Enfin, le terrain était déjà super miné. J'ai toujours du mal à parler, à croire ce que je vis. Donc je vais voir une avocate. Effectivement, madame, ce sont des viols, au sens juridique du terme. Partez. Je commence à lui dire, j'aimerais qu'on se sépare. Tu n'es pas heureux avec moi, je ne suis pas heureuse avec toi, tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi. Voilà, on va se séparer. Et en plus, on voit que tu cherches des parades à lui dire que tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi, c'est-à-dire que tu sais que tu ne peux pas lui dire les choses. Non, c'est impossible d'avoir une discussion, enfin un effet miroir, parce qu'il pète un câble. À cette époque-là, sa première femme était encore en justice contre lui, parce qu'il ne payait pas la pension alimentaire pour ses enfants. Il n'avait plus de relation avec ses aînés depuis des années. Le petit le prenait comme bon il semblait, puis en plus c'est moi qui m'en occupais. Son ex-femme, pour le coup, je pense qu'elle était toujours sous emprise et qu'elle n'a pas du tout accepté qu'il se remarie, surtout qu'il est un enfant. Donc il était en pleine justice, je pense qu'il ne voulait pas d'un divorce number two. Et c'était hors de question. J'ai essayé tout doucement, mais ce n'était pas possible en fait. Et moi je n'y arrivais plus. Du coup il sait que je vais partir, que je veux partir. Une semaine après, il y a le confinement. Et là, c'est l'enfer qui commence, puisqu'il sait que je vais partir. Lui, il imagine qu'il va partir travailler, sauf que le travail lui dit non, vous restez en télétravail chez vous. C'est la première fois qu'il reste avec bébé et moi. Notre fils, à l'époque, a 8-9 mois. Et lui, il est comme un lion en cage. Il ne peut pas sortir, il ne peut plus faire ses petites affaires à droite à gauche, parce que je comprendrai plus tard qu'il a des aventures avec des professionnels. Et puis, il y a le bébé, quoi. Donc ça devient de plus en plus invivable. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour le bébé. Là, je fais ce qu'il veut. Il y a un gros blackout sur ce que j'ai pu vivre pendant ces deux mois de confinement parce que ça a été trop violent pour moi. Je n'avais même pas le droit de sortir. C'est lui qui sortait faire les courses. Un jour, il m'appelle du magasin en me disant qu'il a oublié le code de la carte bleue commune. En fait, il me pourrit parce qu'il a oublié. Puis après, il me pourrit parce que moi, par peur, j'avais donné le mauvais code. Et puis il est comme un fou, je me dis je vais y passer, je pense qu'il va me tuer. Il n'y a plus du tout ce côté Bouddha, il n'y a plus du tout de colère rentrée. Je cours coucher le bébé pour le mettre à l'abri. J'envoie un mail à l'hôpital, à la psychologue en disant je crois qu'il va me tuer, sauvez-moi. Il rentre et j'entends le bruit de l'ascenseur, le bruit de la porte, le bruit des pas. Il rentre et là je vois la barre aux lèvres, je vois son visage défiguré par la colère et par la... haine. Je ne sais plus si je dois m'approcher, reculer. Je le vois déballer ses courses. J'ai la peur de ma vie. Je me mets en boule quelque part, j'ai peur. Je sais qu'il y a deux doigts de vriller en fait. Le moindre faux pas, il me tue, il me tue. Ça, j'en ai vraiment conscience. Là, je commence vraiment à me dire, il faut que je me casse. Il faut que je parte, il faut que je parte, il faut que je parte. Il faut que je me mette à l'abri. Et je me dis, bon ben ça sert à rien d'être frontale et de demander un divorce parce que ce n'est pas possible. il ne l'acceptera pas. Donc, je vais lui dire que je vais reprendre mes études, que professionnellement, ça ne va pas du tout, qu'il faut que je trouve une solution. Et donc, je lui dis, je vais reprendre mes études, je pars sur d'autres villes. Et là, ça passe, parce qu'en fait, officiellement, je ne le quitte pas. Je lui dis que je ne veux pas d'argent, que je prends le bébé, tout va. J'essaye de trouver des solutions pour partir mais en douceur. Mais lui il sait que je vais partir. En fait il rentre à la maison, il me dit « t'es encore là ? » Il ouvre la fenêtre, on habite au cinquième étage. Il me dit « vas-y saute ! » Le « vas-y saute » , je l'ai entendu à toutes les sauces. Si je ne vais pas bien, si je pleure, si je ne suis pas contente, si. C'est aussi, il prend le bébé dans le cosy, parce que je commençais à pleurer et à lui dire « saute » . J'arrivais plus. Il met le bébé dans le cosy. Je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, ben, on y va. Mais où ? Ben, un HP. C'est là où tu dois aller. Voilà. Donc, j'étais folle. C'était l'enfer, quoi. L'enfer. Au moment des un an de notre fils, lui, en fait, il ne veut pas fêter l'anniversaire. Ça ne l'intéresse pas. Donc, je pars dans ma famille le fêter. Mes parents sont au courant de ma situation. Ma famille ne comprend pas pourquoi le papa n'est pas là. Et j'explique qu'il est très fatigué. Le travail, etc. Ok. Je me revois où ma cousine, qui a un enfant du même âge que moi, on rigolait, elle me dit, mais tu sais, on a quand même un sacré caractère, nous les femmes, dans la famille, on s'en laisse pas compter, on est des femmes avec un sacré caractère. Et là, je me dis, mais si elle savait. Et je pense que ça a été une prise de conscience, tout comme il y a eu des prises de conscience quand j'ai écouté des podcasts, comme Les Couilles sur la Table, ou tout bêtement, une chanson de Big Flo et Oli, c'est dommage, ce couplet où on parle de cette femme qui... devait partir, devait partir, et elle n'est pas partie, elle est morte, tout ça, ça a résonné en même temps dans ma vie. Je savais que c'était ce qui m'attendait. Moi, il n'allait pas forcément me tuer sous les coups, mais il me rendait dingue, en fait. Il me rendait folle. Tout comme il disait tout le temps de sa première femme qu'elle était folle. On parlait d'un deuxième confinement, je me disais, c'est pas possible, j'y arriverai pas. Et là, en rentrant de l'anniversaire de mon fils, au bout de 4 jours, lui... En fait, il commence à faire ce qu'il aime bien, sa petite torture du « voilà, je vois qu'il n'est pas bien, tu sais pourquoi ? » « Ah non, qu'est-ce qu'il y a ? Si, si, cherche, cherche. » Donc en fait, il fallait toujours que je trouve moi un problème, comme ça il allait pouvoir gratter bien dessus. Et là, en fait, sa dernière technique, c'était de m'amener à croire que j'avais des problèmes sexuels parce que mon père avait abusé de moi quand j'étais enfant, ce qui n'était absolument pas le cas. Sauf que j'avais ce recul-là, j'avais été suivie par cette psychologue, je savais que j'allais partir. Et là, la ficelle était trop grosse. Donc je me suis dit, je peux plus, quoi. Je peux plus. En ouvrant la tablette, je découvre qu'il a passé 4 jours à se payer des putes, qu'il faisait du SM, alors que c'était quand même les 1 ans de son fils. Et là, je me suis dit, j'y arrive plus. Ma mère me dit, appelle l'avocate que t'avais consultée. Elle me dit, bah là, faut partir. Bah là-dessus, en fait, je pars. Et en fait, c'est grâce à cette psychologue... Oui, clairement, si je n'avais pas eu cet accompagnement, je serais restée, je serais morte.
Elle est discrète, elle oublie qu'elle est belle. Elle a surtout le corps des tâches de la couleur du ciel. Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser. Quand il lui prend le bras, c'est pas pour la faire danser. Elle repense à la mairie, cette décision qu'elle a prise. À cet après-midi où elle avait fait sa valise. Elle avait un avenir, un fils à élever. Après la dernière danse,
elle s'est pas relevé. Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire. Crois-moi, on a tous dit assez dommage, assez dommage. C'est peut-être la dernière fois. On a tous dit assez dommage, On a tous dit assez dommage, Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage, assez dommage, c'était la dernière fois Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage C'est dommage, ah c'est dommage, c'est peut-être la dernière fois. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords, c'est ça le secret.
Description
Montage : Rachel. Illustration : Jeremyboulardlefur.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Saviez-vous qu'en moyenne, plus de 210 000 personnes sont victimes de violences conjugales par an ?
Bonjour, vous écoutez Sans Voix, un podcast qui donne la parole aux victimes de violences conjugales.
Au fur et à mesure des épisodes, vous allez découvrir des témoignages poignants de personnes qui se retrouvent face à l'isolement et à l'impuissance.
Leur donner la parole, c'est les aider, les soutenir, mais c'est aussi comprendre les mécanismes d'emprise. Leurs effets et à quel point il est difficile de s'en sortir.
Sans voix, de sensibiliser, éveiller, prévenir, donner des outils et des conseils.
Notre mission, rendre visibles les invisibles. Je suis Rachel.
Je suis Annick.
On s'est rencontré dans un groupe de paroles de femmes victimes de violences conjugales et très vite nous nous sommes rendu compte que nous étions malheureusement loin d'être des cas isolés. La violence conjugale, on la connaît, on l'a vécue, on vit encore leurs effets et il nous semble essentiel de partager notre expérience.
Nous avons réalisé que les agresseurs ont bien souvent les mêmes mécanismes de violence et que toutes, nous avions ce sentiment d'être démunies, incomprises, invisibles, seules. Les violences se passent toujours dans l'intimité, sans témoins et sans personnes pour imaginer ce qu'on subit. Et donc ce podcast, c'est notre façon de sortir de cet enfermement.
Cet épisode va s'articuler en deux parties. D'abord, le témoignage d'Alexandra, de la rencontre jusqu'à sa fuite, puis le témoignage de son parcours judiciaire. Cet épisode... parle de viol, de violence sexuelle, de violence psychologique, de suicide forcé. Il est à écouter dans les meilleures conditions. Nous souhaitons dédier ce podcast à toutes les personnes qui ne sont plus là pour témoigner.
Bonjour Alexandra.
Bonjour.
Bonjour Rachel. Bonjour Annie. Merci de m'accueillir.
Merci d'être là.
Oui, merci à toi.
Est-ce que tu peux commencer par te présenter en trois mots en nous donnant ton prénom, ton âge, ta profession ?
Je m'appelle Alexandra, j'ai 45 ans et je suis ingénieure.
Est-ce que tu peux nous dire où tu en es aujourd'hui ?
Où j'en suis ? Je me suis enfuie il y a 6 ans. Nous avons un enfant ensemble qui est en garde alternée, qui a 6 ans et demi. Et où j'en suis ? Toujours dans les violences conjugales. J'ai réussi à divorcer au bout de plus de 5 ans de procédure, qui est un divorce à mes temps exclusifs. Les violences qui n'ont pas été reconnues... Et un enfant en bas âge, en garde alternée, la situation rend tout le monde mal au cas, mon fils et moi. Et les violences se perpétuent d'une autre façon. Et quand tu dis d'une autre façon, t'arriverais à les décrire ? Disons que les violences ont pris une autre forme. Je me suis enfuie pour viol, agression sexuelle, violences psychologiques. Donc aujourd'hui, effectivement, il n'y a plus de viol, il n'y a plus d'agression sexuelle. Les violences psychologiques, du fait que nous ne vivons pas sous le même toit, ont pris une autre forme, puisqu'elles passent par l'enfant. Et surtout, l'aide de la justice. Dans mon cas, j'ai l'impression que la justice lui a fait une allée de pétales de rose pour finir le travail, puisque comme il me l'a dit, je te finirai. Donc aujourd'hui, je me retrouve dans une situation où le travail c'est très compliqué. En fait, nous travaillons dans la même entreprise, donc aujourd'hui, j'ai perdu mon travail. Au niveau de l'école, il m'a tellement dénigrée, en utilisant les jugements, bien sûr, que je passe pour une mère très contrôlante, sur le dos du petit, alors que lui, il joue le rôle de la victime dans toute sa splendeur. Vis-à-vis des amis, le tri a été très vite fait, puisque lui n'avait pas d'amis, et les amis, de coup... ou plus qu'on avait eu ensemble, m'ont dit, écoute, c'est pas qu'on ne te croit pas, c'est qu'on a peur de lui, puisqu'on travaille tous dans la même sphère professionnelle, et qu'il a un poste important. C'est très compliqué, effectivement, la psychologue qui me suit, qui est spécialisée dans les traumas, subie par l'évidence conjugale, me dit, je n'ai jamais vu ça. Autant de violence psychologique, après autant d'années, après votre départ, le fait qu'il ait refait sa vie plusieurs fois, etc. Il gagne absolument tout ce qu'il veut et continue. Je le répète, ces premiers mots, lorsqu'on s'est revus après... Je me suis enfuie. Ça a été « je te finirai » . Lui, sa violence, elle n'est pas du tout physique. Elle est vraiment psychologique. Et quand on parle de « je te finirai » , c'est vraiment le suicide forcé qu'il avait déjà commencé à mettre en place lorsqu'on était ensemble et qu'il savait que je voulais partir.
Il essaie de te détruire par tout ce qu'il peut. C'est ça.
On ne le quitte pas. Et surtout, on ne touche pas à son image. Est-ce que tu as encore des procédures en cours actuellement ? Alors, non.
Eh bien, écoute, tu vas nous raconter ton histoire, très poignante. Nous sommes vraiment très fiers de te recevoir aujourd'hui. Nous pensons que vraiment, ça va parler à d'autres personnes et que ça te fera aussi énormément de bien d'avoir une reconnaissance de personnes qui nous écoutent. En tout cas, tu l'as déjà de nous, c'est sûr.
Merci. Je souhaite que ce témoignage éveille certaines consciences, ou en tout cas, permette à des femmes à s'autoriser de se dire « ce que je vis n'est pas normal » . Oui, ça s'appelle de la violence conjugale.
Merci pour ça en tout cas. Et du coup, est-ce que tu peux nous raconter la rencontre ?
On s'est rencontrées sur notre lieu de travail, de façon très banale. Je venais de quitter ma région, de prendre ce travail un an auparavant. Ça se passait moyennement bien. Et en fait, on se retrouve collègues de bureau. Pour la petite histoire, quand je l'ai vue pour la première fois, on se croise dans un couloir. Et il commence à faire son espèce de séducteur à deux balles. Mais vraiment, l'image du quadra, franchement divorcé dans toute sa splendeur, je me suis dit, mais ça ne va pas le faire. C'est qui ce connard ? Vraiment, je n'appréciais pas le personnage. Et puis, on partage le bureau. On ne travaille pas ensemble, on partage le bureau. C'est la période dans laquelle il m'a complètement endormie. Donc à l'époque, il venait de divorcer de sa première femme. Il était en couple avec une femme qu'il avait rencontrée sur Internet. Moi, j'étais célibataire, j'avais une petite aventure. Et très vite, au bureau, on commence à discuter de choses, d'autres. Je vois que son ex-femme le harcèle. C'est-à-dire qu'elle essaie de l'appeler dix fois par jour sur son téléphone fixe. Pro, portable pro, portable perso. Et lui, je le vois un peu courbé les chines. Je le vois un peu en mode victime. Il m'explique que, ben oui, le divorce, elle a eu du mal à l'accepter, que c'est compliqué. Pour moi, dans la mesure où il a quelqu'un qui ne m'attire pas du tout physiquement, on discute. Et puis, ce n'est pas folichon au niveau pro pour moi. Je suis mal, je m'interroge beaucoup sur le fait... de rester. Du coup, on échange un peu plus sur ce sujet. Moi, il se confie sur sa vie perso, et moi, je me confie sur ma vie pro.
Comment, à ce moment-là, il justifie le divorce ? Il l'explique comment ?
Très simplement, qu'en fait, c'était une erreur, cette femme, et en fait, il l'avait rencontrée sur un site, enfin, c'était pas le site de rencontre, c'était le Minitel, il faut dire, dans les années 90. puisqu'en fait, il a 10 ans de plus que moi. Et en fait, c'était une aventure. Elle est tombée enceinte. Et lui, il ne souhaitait pas continuer avec elle. Mais il était pris dans ce devoir, puisqu'elle avait dit, je n'avorterai pas. Donc, il a décidé de rester avec elle. Voilà, en gros, il se présentait un peu comme un homme piégé. Piégé, mais en même temps, deux ans après, ou même pas un an après, il avait un bébé, un second bébé. Il est resté 17 ans avec elle. Il me disait qu'il avait fait de la dépression. qu'il n'était pas bien et que du coup, elle lui avait proposé de faire un troisième enfant pour re-solidifier, re-consolider le couple.
Toujours une bonne idée, en fait.
Et au final, quand l'enfant avait un ami, ils se sont séparés, lui, il avait rencontré quelqu'un d'autre. Donc en fait, il se présentait comme quelqu'un de primé, d'un peu victime du système, du mec trop sympa, qui avait assumé. Sa paternité, puis ses paternités. Il se présente aussi comme quelqu'un, vraiment, dans le monde du développement personnel. Qui travaille beaucoup sur lui-même. Il se présentait aussi comme un homme qui s'occupait de tout à la maison. Qui gérait absolument tout. Les enfants, les courses, les repas. Parce que bon, elle, elle ne faisait rien. Et c'est vrai qu'il accentuait ce discours. Puisque, en fait, ce qui s'est passé, c'est que mon ex-compagnon est revenu dans ma vie. Alors, sous forme amicale au départ, c'est vrai que je m'interrogeais beaucoup pour me remettre en couple avec lui ou pas. On s'était séparés parce que je trouvais qu'il manquait de maturité. Et cet homme-là se présentait comme un homme très mature. Je ne voyais pas le danger puisque moi, je savais qu'il avait cette maîtresse et puis je pense qu'il en avait d'autres, que je n'étais pas du tout attirée par lui. Donc en fait, je me confiais un peu comme quelqu'un de plus mûr. Et en fait, lui, il orientait les choses. Et puis, je comprends que ça se termine avec cette nouvelle compagne. Donc, il m'explique qu'elle le trompe sans arrêt, qu'elle n'est pas fiable, qu'il est éperdument mauvais d'elle, mais que, bon, ben voilà, elle est vraiment pas bien. Et moi, je m'interrogeais beaucoup sur le fait de revenir avec mon compagnon. Et lui, il était quand même très en retrait. me faisant comprendre que ça ne serait pas une bonne solution pour moi. En fait, il était un peu pour m'épauler, me soutenir. En fait, il se présentait de plus en plus sous cet aspect-là, et les choses, elles ont dérivé au fur et à mesure. Il y a eu une espèce de dragouille qui s'est mise en place, une petite séduction. Et à l'occasion d'un week-end d'un autre collègue, pendant une sortie en voie de nuit, il m'embrasse. Et là, je dois dire que je n'ai absolument pas apprécié son baiser. Je me suis dit, bon, là, ça ne va pas le faire. Donc, je sors de la boîte de nuit avec lui et je lui explique que c'était une erreur. On serait mieux amis, mieux collègues. Et là, je le vois pleurer. Alors, il faut savoir que cet homme, 1m90, assez tanké, c'est quelqu'un qui a un très gros poste, qui... n'a pas un abord facile. Il peut être assez froid et distant. C'est quelqu'un qui a un certain charisme, mais un charisme très dur. Pendant des mois, il s'était confié à moi, mais là, il se m'a pleuré. C'est assez...
Désarmant.
Désarmant.
Déstabilisant.
C'est très déstabilisant. Puis il m'explique, voilà, il ne sait pas comment s'y prendre avec les femmes. En fait, il se présente un petit peu en victime des femmes. Et qu'avec moi, il y croyait, on échangeait tellement. Et là, je me dis, bon, OK, vraiment par pitié. C'est débile de dire ça, mais par pitié, je me dis, bon, OK, je vais continuer l'aventure un peu avec lui. Puis ça va s'estomper tout seul.
Mais en fait, sur le moment, tu dis, il fallait le calmer.
C'est ça, mais en fait, j'étais tellement déstabilisée. Et lui, qui était là, presque à quémander, je me sentais super mal. J'ai culpabilisé, en fait. Ce baiser qui s'est passé un mois de nuit, il y avait effectivement cette séduction qui s'était mise en place, mais je n'avais absolument pas envie qu'elle aboutisse.
Tu n'avais pas dit oui et tu n'avais pas la place de dire non.
Je n'ai pas dit oui. Et quand j'ai voulu lui dire non, après ce baiser, pour ne pas que ça recommence, En fait, il a échafaudé notre plan en se présentant comme une victime. Clairement, devant moi, il se présente comme un homme qui se met à nu, comme une pauvre chose sans défense et qui serait horriblement triste. Ça le mettrait plus bas que terre, ça le détruirait si je le disais non. Donc ça, puis cet acharnement tous les jours, mais si, mais si, viens,
Donc à un moment, en fait, par usure ?
Ouais, il y a de l'usure. En fait, c'est un mélange de pitié et d'usure. Un moindre refus de ma part ou un non, en fait, ça le ferait chuter. En fait, c'est ça, très vite, je me sens responsable de sa santé mentale. Ce que j'ai oublié de dire aussi, c'est que quelques jours après, on s'est revus, on a passé la nuit ensemble, mais c'était à mourir de rire avec le recul. À un moment donné, il veut me toucher un sein, il me demande l'autorisation, mais c'est pas un consentement. Il se positionne presque comme un petit garçon très timide qui n'ose pas. Et en fait, quand on sait ce qu'il m'a fait après, et très vite, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le love bombing. Donc toutes ces notions-là qui apparaissent aujourd'hui dans les différents champs lexicaux de la violence conjugale n'existaient pas à l'époque. Aujourd'hui, je mets un mot qu'à l'époque, je ne connaissais absolument pas. Donc là, c'est Love Bombing, donc c'est très vite, il veut que je rencontre ses enfants. Alors moi, la maternité, c'est pas du tout mon kiff. Les enfants, ça ne m'émeut pas. Donc il a un bébé qui a deux ans et deux ados. C'est pas du tout mon truc. Ensuite, c'est des cadeaux. Je suis assez mal à l'aise avec ça, parce que j'ai un côté très féministe en me disant, moi, on ne m'achète pas. Ça fait plaisir, mais j'ai toujours eu cette sensation d'être achetée, donc voilà, ça queen un petit peu. Il parle d'un voyage qu'il avait prévu avec sa fille pour fêter son anniversaire à New York. Peut-être même pas un mois après qu'on soit ensemble. Donc entre temps, il avait fait en sorte que je vois ses enfants, alors que je n'étais pas forcément pour. Et donc il me dit, si elle a vraiment envie de te connaître, que tu viennes avec moi en voyage. Moi, je suis un petit peu dubitative. Donc on part en voyage sur New York. On a un studio. Dans ce studio-là, il y a une banquette-lit de place et un petit lit pour sa fille. Et là, les choses vont très mal dès l'émarrage. C'est-à-dire que le matin, il fait en sorte qu'on se retrouve tous les deux tout seuls dans la salle de bain parce qu'il a besoin de me toucher, il a besoin d'essayer d'avoir du sexe avec moi. Alors que sa fille est juste à côté, elle a 16 ans, elle n'est pas complètement stupide. Et je suis extrêmement mal à l'aise avec ça, donc je lui dis, écoute, non. Il est très insistant, très insistant, à tel point que je me dis, ok, bon. Et puis toujours ce truc de, c'est le démarrage, c'est le début de notre relation, je t'aime tellement, j'ai tellement de choses à apprendre de toi. C'est très compliqué de lui dire non, et ça se passe très très mal avec sa fille. Et à chaque fois, c'est, non mais de toute façon, c'est la faute de sa mère. Sa mère ne supporte pas notre bonheur. Elle est jalouse et donc du coup, c'est pour ça qu'elle a ce comportement avec nous. Moi, j'ai voulu dire, mais tu sais, à la base, ce que je comprends, c'est que ce voyage, c'était toi et elle. Et lui imposer une belle-mère qui a un mois d'existence, c'est quand même violent. Non, non, non, c'est la faute de sa mère. Au fur et à mesure du voyage, je comprends qu'il y a des choses qu'il a pu me dire qui ne sont pas tout à fait vraies. C'est-à-dire qu'il se présente comme l'homme parfait qui fait tout à la maison. J'apprends que finalement, il ne cuisine pas tant que ça, que les courses ne sont pas trop. Et surtout, qu'il est violent. Donc, je rappelle qu'il a deux adolescents.
Donc, c'est sa fille qui te parle.
Voilà.
Tu arrives à trouver des moments où elle se confie.
En fait, on n'est jamais seul. Et ce n'est pas qu'elle se confie, c'est que je pense qu'elle en a tellement marre qu'elle lui balance un peu ses cas de vérité comme peuvent le faire certains adolescents. Et moi, je suis là. je prends les balles perdues. Et là, elle explique, par exemple, que son frère était accro aux jeux vidéo et que la seule solution que lui ait trouvé pour gérer, c'est qu'il avait pris le PC et il l'avait éclaté contre le mur. Une autre fois, elle expliquait qu'elle était partie dans sa chambre s'enfermer et qu'il avait défoncé la porte de la chambre. Et j'essaye d'avoir une explication avec lui plus tard, et il me dit, mais c'est la faute de mon ex-femme. En fait, j'étais tellement mal quand j'étais avec elle. tellement dépressif, tellement mal, puis elle m'énervait, puis elle gérait pas les gosses. Donc en fait, on se retrouvait dans une situation où j'étais acculée, il n'y avait que ça à faire, mais c'était la faute de mon ex. Et moi, c'est pas que je gobe, je pense qu'au fond de moi, il y avait toujours ce truc, je suis trop bizarre de ce qu'il me raconte, mais je me laisse envahir. Puis c'est vrai que moi, ce que j'avais vu de son ex-femme, qui appelle sans arrêt, etc., je me disais, bon, ça doit être dur de vivre avec elle. Ce que je dois dire aussi, c'est qu'il a été extrêmement fin. Il n'a jamais commencé par me dire « mon ex-femme est folle » . Il a mené les choses au début à ce que les choses s'imposent d'elles-mêmes et qu'il n'y ait pas de défiance. J'imagine naturellement que oui, elle est sauvée. Et donc, ce voyage sur New York se passe de plus en plus mal avec beaucoup de non-dits. Je sens de la rancœur sur le divorce de sa fille par rapport à lui. Au final, la dernière nuit, au petit matin, il me réveille en me caressant et il me dit qu'il a envie de moi. Et là, moi je n'ai pas envie de sa fille d'or à me mettre. Et je lui dis que c'est hors de question. Et il insiste. Il continue à me caresser. En fait, je n'aime pas ce mot caresser parce que ça suppose qu'il y ait de la tendresse, que ce soit un acte d'amour. et en fait non il me touchait c'est plus ce terme c'était plus invasif c'était clairement pas consenti c'était clairement invasif et c'était clairement possessif et je lui ai dit non et je repousse sa main il recommence « Écoute, ta fille dort à juste à côté. » « Mais non, elle dort... » Je lui dis « Écoute, on ne sait pas si elle dort, c'est le petit matin... » « Non, mais de toute façon... » Et il insiste, il insiste. Et là, je me retrouve avec un cas de conscience. C'est-à-dire, soit pour l'arrêter définitivement, je suis obligée de crier et de dire « Stop ! » Et à ce moment-là, c'est sûr que je réveille sa fille. Et donc, quelle image elle aura de ce père ? Soit je ne dis rien, je me laisse faire. En espérant qu'elle dorme vraiment et qu'elle se rende compte de rien. Il est tellement insistant que je dis, bon, tu fais vite. On voit bien le « tu fais vite » qui est clairement une phrase de consentement.
Tu ne consentais pas du tout.
Mais clairement pas. Et puis, je n'avais pas de désir. Enfin, j'avais peur. Et ça ne m'excitait pas du tout, moi, d'être prise en flat par sa fille. Mais pas du tout. Peut-être que lui, ça l'a excité. Mais alors moi, pas du tout.
Ce qui est normal.
Oui. Il y a plein de fois qu'il te retrouve dans le rôle de voir appouter sa fille à lui. C'est ça. Voilà, il fait ce qu'il a à faire. Et je vois bien que la dernière journée se passe très mal. Je suis persuadée que sa fille nous a entendus. Je suis persuadée qu'elle était réveillée. Mais c'est impossible d'avoir une discussion avec elle, puisque de toute façon, au fur et à mesure, j'étais la sale belle-mère. Donc on est rentrés en France. Et ça a été un soulagement. Et là, je me suis dit, je ne peux pas continuer avec ce type. Ce n'est pas possible. Donc, je lui explique que non, ça ne va pas le faire. Et là, c'est la faute de ma fille, c'est la faute de sa mère. Mais écoute, je ne la prends plus. C'est ça qui est fou, en fait. Je lui explique que lui a un comportement déviant. Et il me répond, ce n'est pas ma faute, c'est mon ex-femme et ma fille. Donc, du coup, je ne vois plus ma fille. Alors que ce n'est pas du tout ce que je lui demandais. De toute façon, sa fille, il la voyait très très peu.
En aucun cas, il ne prend sa responsabilité. Jamais.
En fait, c'est quelqu'un qui va toujours porter la responsabilité de ses actes sur quelqu'un d'autre. Ce qui est très perturbant avec cet homme-là, c'est qu'il arrive à vous faire pincer et dire des choses qui ne sont pas... C'est quelqu'un de très affirmé. Le fait par exemple que je n'ai pas réussi à lui dire stop dès le démarrage de la relation que je ne sentais pas, ce n'est pas moi. Ce que je saurais bien plus tard, une fois que je serais partie et que j'aurais commencé à faire un suivi psychologique, c'est que l'emprise avait déjà commencé avant de se mettre en couple. En fait, il a utilisé ces six mois de bureau, de cohabitation pour me mettre sous emprise. Je n'ai jamais été amoureuse de lui. jamais. Effectivement, il est très grand, il a du charisme, mais son visage ne m'a jamais plu. Intellectuellement, c'est quelqu'un de très intelligent. On avait des sujets de conversation, sauf que je me rendrais compte avec le recul que ce type, c'est une coquille vide. Il va aimer les choses que vous aimez. Mais quand vous le prenez de façon individuelle, il n'y a rien. En fait, c'est quelqu'un qui va vous aspirer complètement et qui va vivre à travers. Moi, j'avais l'image d'un Harry Potter. Les personnages qui aspirent, en fait, par la bouche, l'âme, c'est exactement ça. Moi, c'est vraiment ça. C'est qu'avec le recul, parce que quand vous êtes dedans, vous ne voyez absolument pas. Et vous avez des tas de moments où vous pouvez partir et vous ne partez pas. Donc là, après ce séjour, moi, non, toujours pas, je ne pars pas. Oui,
tu essayes de lui dire c'est terminé. Et lui te dit, mais non, ce n'est pas terminé.
Ce n'est pas terminé. Donc il réessaye ses opérations de love bombing, puis de culpabilisation, ben en fait si tu me quittes, je vais être encore plus mal, et puis c'est pas moi, c'est parce que c'est mon ex-femme, parce que ma fille, parce que ma chère. Et en fait c'est tout le temps, ça s'arrête pas, ça s'arrête pas, vous avez pas de moment de répit pour vous poser. Et donc, ben ça continue, deux trois mois après on part en vacances, donc soi-disant il a des amis depuis toujours. qui nous propose de les rejoindre au fin fond de l'Espagne. Des super amis à lui vont parler, rejoindre. Et là, je découvre que déjà, ses amis sont tous en couple avec des ados, qu'en fait, ils se connaissaient tellement bien que quand il l'avait contacté pour lui proposer ce voyage, il découvrait qu'il était divorcé et qu'il avait eu un troisième enfant. Donc là, je me dis...
Pour des amis proches ?
Pour des amis super proches. proches, ils ne sont pas trop au courant. Et c'est très compliqué puisque ses amis ne parlent pas français. Donc je suis obligée de l'utiliser lui comme interprète. Ils ont tous 10 ans de plus. C'est compliqué. On n'a pas du tout la même existence. J'essaye de participer à la vie commune en proposant pour faire des courses, faire à manger, etc. Mais je me sens vraiment comme un cheveu sur la soupe. Ils ne savent pas ce que je fais ici et moi je ne sais pas ce que je fais là non plus. Alors lui, il est en mode couple à dos. Ses amis, ça fait 20 ans qu'ils sont mariés, ils ont tous des enfants, qu'ils sont souvent adolescents. Et lui, en fait, il a repris sa liberté de quadra et il veut qu'on passe notre temps au lit, au pieu. Et ils sont à côté. Et moi, je me sens mal à l'aise. Enfin, je me sens aussi super mal, parce que, comme je le dis, je ne peux pas parler avec eux. Je ne peux pas dialoguer, c'est compliqué. Je me retrouve à la merci de ce mec. Et en fait, à chaque fois, il me met dans des situations où je me sens mal à l'aise, où je n'ai pas mes repères, en fait. C'est là où je commence à réaliser, depuis New York et là, sexe, sexe, il n'y a que ça. Alors, il me fait passer la pilule en me disant... C'est normal, c'est le début d'un couple, qu'il a tellement de choses à apprendre, qu'il veut me connaître, etc. Mais ça ne ressemble pas à ce que j'ai vécu. Moi, j'avais déjà vécu un couple. Non, ça ne ressemblait pas. Puis après ce séjour avec des amis, on continue notre séjour de notre côté. Et là, pareil, toujours en demande d'un rapport sexuel. Et en plein milieu d'un rapport, il me demande un fist. Et là, j'hallucine. Je me dis, mais d'où ça sort ? je me rigidifie, j'arrête, et je suis hyper mal. Et puis lui, en fait, il ne comprend pas. Donc au bout d'un moment, j'arrive à trouver les mots pour lui dire, non mais en fait, tu te rends compte que tu me demandes, c'est quand même un truc super violent. Et lui, je trouve ça dégradant. Et il le demande en plein milieu d'un rapport.
Ce n'est pas avant, ce n'est pas après, ce n'est pas une discussion. Pas du tout. Est-ce que tu es ouverte à ça ? Absolument pas. Il te met sur le fait accompli.
Ah ouais, ouais, mais comme toujours.
Et puis c'est aussi complètement paradoxal, avec quelqu'un qui dit, je n'ai pas d'expérience. C'est ça.
Moi, je voyais bien que... Plus ça allait, plus ce « j'ai pas d'expérience » , ça collait pas. Ça sonnait faux. Et là, je me lève du lit. Je pense que j'étais carrément bordée d'armes. En plus, ça faisait dix jours qu'on était en voyage. Ça faisait dix jours qu'il me sautait dessus tout le temps. J'y arrivais plus. J'y arrivais plus. J'essaye d'avoir un dialogue avec lui, de lui expliquer que c'est pas possible. Et il me dit « mais tu sais, je t'aime tellement » . Et là, il m'explique que la personne avec qui il était avant moi, donc la femme qu'il avait rencontrée sur Internet, pour laquelle il avait quitté sa femme. En fait, elle était dans les rapports Sadomaso, Libertinage, Truc à plusieurs, Les Fistes, etc. Et que du coup, c'était une femme qui se définissait comme très libre. Il pensait que j'étais pareil. Mais tellement, il avait tellement peur de me perdre que d'emblée, il allait devancer mes envies et me les proposer. Et je lui dis, mais en fait, à quel moment je t'ai laissé penser que je ressemblais à cette femme ? Pas du tout. C'est très malin, c'est-à-dire... Il définit qu'il était extrêmement amoureux de cette femme. Et moi, je l'ai vu, très malheureux, qu'elle était très libre. Moi, je me définis comme libre, qu'elle faisait ce genre de pratiques. Donc du coup, moi aussi, je dois faire ce genre de pratiques. C'est pareil. En fait, il m'imposait de plus en plus la fellation. Je suis désolée, c'est un peu cru.
Non, mais c'est la réalité des choses.
Et en fait, je ne supportais pas. Avec lui, je ne supportais pas. Et en fait, il me laissait glisser de temps en temps des choses. Ah ben, comment... L'ex-femme, c'était la seule chose qu'elle faisait à peu près bien. Et donc en fait, il essayait de me mettre inconsciemment en concurrence. Tu vois, mon ex-femme, je l'ai quand même quittée, alors qu'elle, elle, elle faisait. Et toi, tu veux pas, si tu veux rester. Voilà. C'est toujours subtil. Mais c'est toujours hyper dégradant et j'ai l'impression à chaque fois de perdre des points de confiance en moi. C'est terrible. Alors qu'à la base, c'était un sujet où j'étais très à l'aise. Et donc, je rentre en France, après cette histoire de fistes, et je me dis, je vais le quitter.
À nouveau ?
À nouveau. Eh bien, toujours pas. Et là, je pense que c'est parce qu'il a commencé à attaquer clairement ma confiance en moi. Clairement. C'est comme si, sans lui, j'y arriverais pas. Ça fait à peu près six mois qu'on est ensemble. Alors, je le dis avec le recul, parce qu'à l'époque, je le voyais pas. Et je sens que je suis en train de me perdre. Ce qui est très difficile, c'est que... il va toujours résonner, mais dans un autre espace-temps. Et au bout d'un moment, s'il a décidé que le soleil était vert, il va tout faire pour que le soleil soit vert, et vous faire croire qu'il est vert. Et vous avez beau argumenter que ce n'est pas possible, vous le voyez, c'est justifié, c'est scientifique, c'est vert. Et à partir de là, vous êtes foutus, parce que vous perdez complètement vos repères. Si le soleil est vert, alors que toute votre vie, vous dites qu'il est jaune,
Vous savez plus où vous en êtes, vous avez perdu vos repères. Là, il a commencé à gagner, clairement. C'est ce qu'on appelle le gaslighting, qui est connu, qui est un terme utilisé pour parler des violences conjugales, et donc justement qui décrit très bien ça, le fait de présenter une autre réalité à quelqu'un, et de lui faire croire que cette réalité est une vérité. Ce qui fait qu'après, comme tu dis, pas de repères, et on se met à douter. Et en plus de ça, il ne laisse pas d'espace à ce que tu penses, à ce que tu es. Il te dit sans arrêt que ce que tu es, ce n'est pas assez bien, ce n'est pas comme ça qu'il faut être, que c'est lui qui sait, c'est lui qui te dit comment il faut être. Et à chaque fois, il te dit que tu n'es jamais assez bien. Au bout d'un moment, tu finis par te faire avoir. Et je pense que le fait aussi d'être quotidiennement proche de lui au bureau, c'est certainement aussi un élément qui a fait que pour t'en défaire, c'était extrêmement compliqué. Et à la maison, parce qu'en fait, le coucou a fait son nom. Donc il est venu chez toi. Oui, parce qu'en fait, très vite, il m'a amenée chez lui. Il avait une maison à location. C'était une porcherie. C'est-à-dire que vous aviez des rats dans la cuisine. Je n'osais même pas aller aux toilettes ou me doucher. C'était dégueulasse. Moi, je lui avais dit, écoute, je ne peux pas venir chez toi. Donc, c'est facile, on va chez elle. Donc, en fait, il vivait quasiment chez moi. Ça faisait à peu près 6-7 mois. Il m'explique qu'il a une maison à lui. On était en location, les locataires viennent de partir, et du coup, ça serait bien qu'on vive ensemble. Pour la petite anecdote, en fait, avec ma famille, on a été violentés des années dans notre maison, on a été agressés, et du coup, les maisons, c'est pas trop mon truc, je me sens en insécurité.
C'est du homejacking ? Ouais.
Du coup, il le savait, et il a quand même insisté. Au bout d'un moment, j'ai lâché. Donc j'étais encore plus à sa merci parce que 1 c'était chez lui et 2 c'est une maison, je suis en insécurité. Il a fait carton plein le gars. Il a tout fait pour que je puisse pas m'en sortir et que je sois vraiment sa merci en fait. Cette maison en fait, il y a beaucoup de travaux à faire. Je fais les travaux avec lui. Même d'oeuvres pas chères. Et surtout c'est là où arrive le contrôle économique, la théorie des pots de yaourt. que vous ne voyez pas arriver. Je lui dis, mais tu sais, ça me gêne, tu as un crédit à payer, est-ce que tu veux que je te paye un loyer ? Absolument pas. Tu me donnes de l'argent tous les mois, directement comme ça, ça me permettra de payer les factures et puis tu payeras les courses. Donc, c'est toujours tout à son nom. Et moi, tous les mois, je lui donne de l'argent. Tout ce qui n'est pas crédit, c'est pour moi. Et en plus, je paye les courses, parce que je me sens redevable, parce qu'il joue aussi sur ce truc de... Moi, je suis féministe, donc on partage. Donc, je ne me fais pas acheter. Voilà. Alors, à l'époque, il m'explique qu'on gagne la même chose. Quelques années plus tard, quand je verrai son salaire, je verrai qu'on ne gagne pas du tout la même chose. Il m'a complètement vidée. Je compte son bac.
Dans tous les sens du terme.
Dans tous les sens. Donc là, cette maison, on va y habiter. Je ne suis pas à l'aise. La relation, elle est de plus en plus difficile. Il n'y a plus du tout de conversation. La sexualité, il n'y a que ça qui compte. Quand j'essaye de discuter avec lui, il m'explique que c'est parce qu'il n'y a pas assez de sexe. A chaque fois, tout, tout, tout, c'est le sexe et c'est ma faute. Il en veut de plus en plus, alors que moi j'ai de moins en moins envie. Il ne cherche pas à créer l'envie. Lui, il met la main dans la culotte, il ne comprend pas que je ne mouille pas. Quand je fais le ménage, je me rends compte qu'il y a beaucoup de livres pornos, des trucs super trash. Et il me dit, bah ouais, c'est parce que tu fais pas. Il veut des pratiques de plus en plus dures, donc ce qu'il aime, c'est le band-aid, ces trucs très extrêmes. On passe vraiment de tout à rien, quoi. Sur le mec presque timide, qui n'ose pas me toucher un téton, le gars qui est dans du SM super dur. C'est incompréhensible, et moi je n'accepte pas, parce qu'il me fait peur. Au fond de moi, il y a cette peur. J'ai l'impression qu'il s'arrêtera pas, et j'ai peur pour ma vie. Mais j'avais vraiment peur pour ma vie. Pendant très longtemps, je me suis dit que personne ne me croira. Et en même temps, je me dis, je pense qu'il y a certaines choses que j'aurais acceptées. Je suis sûre que je serais morte et je ne serais plus là pour témoigner. Il y a des moments où il est très Bouddha. Et puis, il y a des moments où il monte en surpression. Et vous ne savez pas comment il va réagir. Et pourtant, de l'extérieur, il fait très poser. Moi, je me rappelle une des premières fois où j'ai vu sa mère. Sa mère lui reprend une veste de costume. Et là, je vois qu'elle prend des pincettes pour lui parler. Je l'interroge. Je dis, quand même, c'est un peu bizarre de parler comme ça à son fils. Et là, elle m'explique qu'il a tendance à se mettre rapidement en colère. Du coup, on ne sait jamais ce qu'il va dire, comment il va faire. Et du coup, elle lui parle avec des pincettes. Et en fait, je lui avais dit, mais c'est bizarre la façon dont ta mère se comportait avec toi. Pareil, ils ne se remettaient pas en question. C'était sa mère qui était le problème.
Et il avait un père ? Oui,
un père. Oui, ses parents vivaient ensemble. C'est une famille d'immigrés. Les parents sont en alphabète, donc ils n'ont pas fait d'études. Lui, c'est quelqu'un qui a fait des brillantes études. Et du coup, ils n'osaient pas trop s'affirmer face à lui.
Et il avait des frères et sœurs.
Tout à fait. Et il s'est fâché avec ses frères. En fait, c'est très compliqué, parce que je n'ai jamais vraiment su la vérité. Et c'est vrai que je les avais vus une fois ensemble, les deux frères. Et il y avait un rapport de force qui s'était installé avec mon ex-mari qui... qui bouffait le crâne, en fait. Et j'avais trouvé ça super violent. Ils m'avaient dit, non, mais c'est les rapports fraternels. Mais il a toujours des relations violentes, en fait. Je vais mettre un bémol, parce que, effectivement, j'ai eu cette image de la soumission de par sa mère. Et en réalité, je pense que sa mère est quand même le nœud de l'histoire. Et elle manœuvrait beaucoup, toujours en mode plaintif. Un peu comme lui au démarrage de notre relation. Il ne disait pas les choses en direct, c'était toujours dévié. Il y a quelque chose de pas net, il y a beaucoup de non-dit dans cette famille, beaucoup de violences larvées. Donc lui qui me parlait beaucoup de développement personnel, les accords Toltec, etc. J'ai découvert que son livre de chevet, mais au sens littéral du terme, c'était le livre petit traité de manipulation à l'égard des honnêtes gens. Donc il était vraiment dans ce truc-là. Lui, c'est la possession de la personne. C'est vrai que quand j'ai vécu avec lui, chez lui, j'étais vraiment... J'étais une merde, en fait. Là, j'étais vraiment devenue un fantôme avec quelqu'un qui me traquait parce qu'il avait des besoins sexuels. C'était pas le missionnaire et la levrette, quoi. Parce que ce qu'il voulait, c'était autre chose. Je me rappelle une fois où ça s'était pas passé comme il voulait. Il ouvre la fenêtre, on habite dans un lotissement. Et il se met à hurler, putain mais j'en ai marre, elle est frigide celle-là. Je peux vous dire que tous les voisins l'ont entendu. Je rasais les murs. C'était ça tout le temps. Si je refusais un rapport, il ne me parlait pas pendant trois jours. Moi le travail ça n'allait toujours pas bien. Il ne faisait rien pour m'aider. C'est-à-dire que quand j'ai eu des opportunités d'embauche dans d'autres boîtes, c'était soit, de toute façon c'est mal payé, c'est de la merde. où c'était, non mais en fait, il faut que tu déménages, moi je te quitte, pas de relation en distance, tu te démerdes, et j'avais tellement pas confiance en moi, il m'avait tellement détruit que je me disais, bah recommencer un nouveau boulot, une nouvelle vie, j'en suis incapable, c'était ma béquille ce mec, j'arrivais plus à penser sans lui, alors que j'aurais posé ça sur une feuille, j'aurais bien vu que, en fait il me servait à rien, il était plutôt en train de me défoncer, mais non, il m'avait saccagé. Et on faisait quand même le tri au niveau des amitiés. On était partis par exemple en vacances avec un couple d'amis à moi. Pendant tout le séjour, il essaye de me mettre la main dans la culotte. Ils sont à côté. Je suis super mal. Dans la nuit, il me demande un rapport sexuel. Là, franchement, je suis ferme et je refuse. Qu'est-ce qu'il fait ? Il claque la porte à 2h du matin. Son 10 ans, il va aller jouer au casino. Aujourd'hui, je suis sûre qu'il s'est payé une pute. Et mes amis qui me disent au petit matin, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant tout le séjour, il était sur les dents. à hurler, par exemple, après un serveur qui fait une erreur dans une commande. En fait, toujours en mode viril, quoi. Moi, c'est des coronesses, quoi. Moi, je suis viril, moi, je gueule. Mes amis, pas du tout. Et je sens qu'ils s'éloignent. Il me met toujours dans des situations compliquées. Par exemple, c'est un fan de naturisme. Donc, il va m'expliquer qu'il s'est mis au naturisme très tard, quand il a quitté sa femme, parce qu'il avait besoin de liberté, de son corps, abolir le textile. Enfin, voilà. Toujours un discours... Du mec vachement ouvert, je me remets en question. Sauf que, concrètement, ce qu'il aime, c'est mater et être maté. Que, en gros, c'est bronzé bite contre bite. C'est pas du tout la nature qui l'intéresse. Et moi, le naturisme ne m'intéresse pas, et encore moins dans cette optique-là. Il le sait pertinemment, on a déjà eu plein de discussions avec ça, je suis coincée, je m'en tape, c'est non. Et un jour, on part en vacances à l'étranger. et me dire que j'ai repéré une super petite plage, on y va, ok. Et là, on se retrouve dans un endroit super paumé, je descends sur la plage et là je ne vois que des gens à poil. Je me retourne, je dis, c'est quoi ce plan pourri ? Non mais c'est bon, tu peux garder le maillot. Ce n'est pas que je veux garder le maillot, c'est que je n'ai pas envie de me retrouver sur une plage avec des gens à poil. Moi quand je lève les yeux, je regarde la mer, je n'ai pas envie de regarder une paire de boules. Il me dit, tu vois, c'est toi la vicieuse, c'est toi qui mate. Tu vois, tu es vraiment une grosse vicieuse, une grosse dégueulasse. Je lui dis, non, tu me ramènes à l'hôtel. Non, c'est ma bagnole, tu te démerdes. Je parle. Je ne parle pas la langue du pays, je ne sais même pas où on est. Je suis bloquée. J'ai passé mon après-midi très mal à l'aise à regarder mon livre. Et lui, il était heureux. C'était ça tout le temps. Je n'avais pas d'autre solution. J'étais soumise. Et je n'arrivais même pas à le réaliser. Mais moi, qu'est-ce que je veux ? Et en fait, j'oubliais complètement ce que je voulais. Je n'avais plus de place. Ça faisait des mois, voire des années, qu'il m'expliquait que j'étais frigide, que j'étais nulle. À l'époque, j'étais allée voir une psychologue. Donc c'était au tout début de notre couple, parce que je me posais des questions. Je ne suis pas bien avec lui, je ne suis pas bien à mon travail, je veux retourner dans ma région. Je lui dis, mais moi j'en peux plus. J'en peux plus de ces assauts. Et elle me dit, non mais vous savez, ce profil-là, il est très mal dans sa virilité. Si vous lui dites quelque chose, il s'effondre. Prenez sur vous. Et à partir de là, pour moi, je me tais. Je n'aime pas la personne. C'est moi le problème, effectivement. C'est moi qui ai un problème avec la sexualité, c'est moi qui suis nulle, c'est moi qui ne veux pas. Contrairement aux beaucoup de femmes qui témoignent du contrôle coercitif et des violences conjugales, de façon générale, on parle d'un mec qui les contrôlait, c'est-à-dire qui leur empêchait de se maquiller, qui les traitait de salopes parce qu'elles parlaient à un mec, qui leur empêchait de se mettre un jupe. Moi, j'avais tout l'inverse. Moi, c'était un type qui aurait aimé que je m'habille sans culotte, en mini-jupe. En gros, on fait profiter la terre. C'est un mec qui aurait aimé que je sois super vulgaire, très aguicheuse. Il était très dans le partage en fait. Ce qu'il voulait c'était du libertinage. Et c'est pas du tout mon truc. Moi j'étais quelqu'un de très coquet. En fait à la fin je voyais bien que je m'habillais plus. On voyait l'impact, je me maquillais beaucoup moins, je m'habillais beaucoup moins. Si j'avais le malheur de mettre des portes jartelles, parce que c'est quelque chose que je faisais mais pour moi, ou un string. J'étais foutue parce que ça voulait dire que j'avais envie de sexe. Ça ne veut pas dire que je mets un string parce que je ne veux pas que ça se voit à travers le pantalon. C'est alerte rouge de suite. Il faut qu'il m'attrape contre un mur. J'étais un objet. C'est pareil, si je refusais un rapport, il se masturbait de façon hyper bruyante à côté de moi dans le lit. Et j'étais humiliée. Et je lui disais, il me disait, en fait, t'as qu'à être disponible. C'était sa phrase. Donc en fait, moi, je n'en approuvais plus de ces assauts sexuels. Je l'ai quitté une première fois, je lui ai dit que là j'en peux plus, je n'ai jamais mis le mot de violence. Donc je le quitte et il ne comprend pas que je le quitte, en fait il pense que c'est une blague. Je lui ai dit non en fait j'en peux plus, je m'en vais, de toute façon je ne suis pas heureuse avec toi, tu n'es pas heureuse avec moi, je m'en vais. Quelques jours après je lui ai dit bah voilà j'ai trouvé un appartement, je m'en vais. Et là papa n'est qu'à mort parce qu'il ne pensait pas que je mettrais entre guillemets mes menaces à exécution, donc changement de comportement. Plus agressif. Et surtout, un jour, je vais prendre l'apéro chez un couple d'amis. Et il m'appelle. Une fois, deux fois, trois fois. Il assiste. Ce n'est pas du tout son genre. Je prends l'appel. Et il me dit, t'es où ? Je lui explique que je prends l'apéro chez des amis. Tu rentres à quelle heure ? Officiellement, on n'était plus en couple. Donc, je rentre quand j'ai fini. Approche. Et puis, continue, continue. Et puis, plus je décrochais, et plus il rentrait dans le dur. De toute façon, là... Ce que je vais faire, c'est que je vais aller au premier bar, je vais me pourrer la gueule, et après, je prends la bagnole, je vais me foutre en l'air, de toute façon, ce sera ta faute, etc. Et là, j'essaie de le calmer, mais je vois qu'il n'y a rien à faire. Mes amis sont apeurés, parce qu'en plus, eux avaient vu son côté violent. C'est des amis que j'avais depuis des années, ils voyaient mon état se dégrader. Ils avaient compris, en fait. Mais on ne parlait pas de violence conjugale, à l'époque, parce que la violence conjugale restait... On va dire dans l'imaginaire de la femme battue, le type qui picole. Je dis bon ben là je vais rentrer parce que j'ai peur qu'il fasse une connerie. Il ne rentre pas, il ne rentre pas. Je dis non mais il va faire une connerie, là je rentre. On passe une bonne partie de la nuit à essayer de discuter pour le calmer. Ça se passe tant bien que mal. Au final, je le quitte. Définitivement, je prends mon logement. Et très vite, il vient. en regrattant à la porte, perdu sans moi, il ne mange plus, il est malheureux, il a fait un gros travail sur lui-même. J'ai dit, écoute, on peut être amis, parce que moi, j'avais retrouvé une paix. J'avais plus ces assauts parce que moi, tous les soirs, j'avais la trouille en allant me coucher. Parce que je savais, je savais que j'allais y passer. Ou en tout cas, qu'il y aurait une pression. Parce que je n'acceptais pas à chaque fois. Mais voilà, après je le payais. Ce n'était pas gratuit, mon refus. Donc je me sentais vachement bien. Et lui, il continuait à gratter à ma porte, en se mettant en victime. Après, j'ai compris, j'ai fait un gros travail sur moi-même. Alors, spoiler, il a fait plein de travaux sur lui-même, mais jamais avec un psy. Ça ne marche pas trop, trop. Et j'ai compris, j'ai un problème avec l'attachement, l'engagement. Donc, je veux t'épouser. Épouse-moi. En fait, on n'est plus ensemble. Donc, je n'ai pas envie de revenir avec toi. Alors, love bombing, là, ça ne marchait pas. Love bombing, mais il était en mode victime. Je découvre aussi par hasard qu'à l'occasion de ses passages chez moi, parce qu'il est squatté chez moi, clairement. Il avait volé un double de clé, mais bon, impossible de le prouver. Et puis au bout de 6-9 mois, et à ce moment-là, depuis plusieurs années, on était déjà pris dans le même bureau, mais il passe me voir. Ça s'était mal passé avec mon chef, j'étais vraiment à craindre. Le hasard fait qu'il arrive, et là, c'est l'épaule salutaire. Donc on se remet dans la même configuration que quelques années auparavant. Peut-être qu'il a compris, c'est peut-être l'épaule qu'il me faut. Et puis il a cette image auprès de mes proches, de ce mec dix ans de plus, Bouddha, très calme. Il est toujours très calme, en fait, devant les autres. En fait, c'est le Bouddha, c'était l'image extérieure. Et moi, ce que je vivais, c'était le mec qui était toujours en colère. Et il m'expliquait que son comportement, en fait, il n'arrivait pas à me l'expliquer. Ou quand il me l'expliquait, c'était parce que je ne donnais pas assez de sexe. Il n'y avait que ça qui l'intéressait. Et c'était terrible parce que... Il n'y avait pas de dialogue possible. C'était le sexe, Alors ce que j'ai appris beaucoup plus tard, c'est qu'il était connu au travail pour des faits de harcèlement. Moral. Certaines personnes m'ont parlé de lui, comme moi je l'ai vu. Mais chacun se tait, parce que tout le monde a peur. Donc voilà, il arrive à me reconquérir. Donc on se met ensemble, et entre-temps, je reste dans cette entreprise, mais je change de poste. J'ai un poste qui, pour une fois, me plaît énormément, qui nécessite beaucoup de déplacement. On se met ensemble et on se voit peu. Moi, je suis épanouie professionnellement. Lui, je vois qu'il y va un peu plus mollo sur ses demandes. Puis en plus, il est arrivé sur ses histoires de rapports sexuels, de demandes, à me faire accepter que c'est un homme, donc il a des besoins plus forts. Donc on est dans ce patriarcat où la virilité passe par la sexualité, que j'ai un besoin plus fort, c'est normal, c'est comme ça. Et puis il y a ce truc sous-jacent de... Si tu ne le fais pas, je te quitte ou je te trompe. En fait, en gros, il se trouvait déjà des excuses pour aller voir ailleurs. Et alors que toi qui voulais le quitter, tu avais peur qu'il te quitte. C'est ça. Un homme aime le sexe. Toi, regarde, tu n'aimes pas ça, tu as un problème.
Donc si lui te quitte, tu ne retrouveras pas quelqu'un de toute façon. Puisque toi, tu n'es pas la personne qu'il faut pour un homme. Tu n'es pas la femme qu'il faut pour un homme. Tu ne te comportes pas comme il faut.
En fait, pendant les neuf mois où on n'était plus ensemble, je commençais à reprendre une goulée d'air. Et bien en fait, de me reconstruire. Mais il était toujours enfant, donc la reconstruction n'était pas totale. Très vite, il me repropose la vie à deux, puisqu'il m'explique qu'il a vendu sa maison, celle qu'on avait retapée à deux. Donc en fait, il revient loger chez moi, puisqu'il se retrouve à la rue. Donc j'accepte, et là, on ne fait que se croiser. Je vois qu'il y a toujours ce rapport à la sexualité qui est compliqué, mais bon, il met de l'eau dans son vin. Une chose que j'ai oublié de dire, c'est qu'il m'empêchait de dormir. C'est-à-dire que... C'est quelqu'un qui dort peu. Moi, je dors, on va dire, normalement, mais j'ai un sommeil léger. Plusieurs fois, je lui ai dit, quand il rentrait se coucher, vers une heure du matin, c'était avec beaucoup de bruit. Le matin, il se levait très tôt. Bah, pareil, beaucoup de bruit. Je ne sais même pas si c'était volontaire, mais il s'en foutait roi, non. J'étais épuisée, en fait. Et puis, au bout de peut-être même pas un an, à l'occasion d'un contrôle médical, j'apprends que j'ai un bruit. problème qui fait que j'aurai difficilement des enfants. Je vais vers mes 38 ans. Les enfants, ce n'est pas une fin en soi pour moi. Je pense aussi que ça ne l'était pas parce que j'étais avec cet homme-là. Je sors de cet examen, mais complètement abattue. On m'explique que je n'ai j'ai toute chance d'avoir un enfant naturellement. Et que si j'en veux un, il faudra passer par une PMA et qu'il faut enclencher ça immédiatement. Je rentre à la maison, je lui explique. Et il me dit, depuis le temps que je te demandais un enfant, et tu serais tellement belle en maman, une femme enceinte, c'est tellement beau. Là, on n'est plus sur du love bombing, on est sur du baby bombing. Mais en même temps, je dois faire tout un tas de tests pour confirmer mon problème. Il ne vient jamais. On m'explique que si il y a une PMA, lui, en fait, il est quand même âgé. Il n'est pas sur ses 50 ans. Du coup, il y a des fortes chances qu'il est quand même multiplement. problèmes de spermatozoïdes, il faudra faire les fameuses éprouvettes. Et là, absolument pas. J'ai déjà trois enfants. Tu les as eus à 25 ans et 40 ans. J'ai une espèce d'épée d'amoclès parce que je dois donner des réponses très rapidement aux gynécos. Je viens d'apprendre que mon père est gravement malade et je sais que c'est quelque chose qu'il aurait aimé me voir avec un enfant. Il y a tout ça qui s'accumule. Donc on y va. Mais ça se passe extrêmement mal avec sa première femme. Ça se passe extrêmement mal avec ses enfants. Ses enfants qu'il ne voit plus, à part le dernier. Les rares fois où il le prend, c'est moi qui m'en occupe. Et je me dis, si un enfant, ça va être très compliqué vis-à-vis des autres enfants. Donc j'accepte enfin sa troisième demande à mariage. Donc on décide de se marier assez rapidement. Pour moi, c'est vraiment très très administratif en fait. Et puis parce qu'il arrive à me convaincre que ça sera plus facile pour faire une PMA si on est marié, sur les papiers, enfin voilà. Donc on se marie. Pour la petite histoire, moi je demande un contrat de mariage. Moi j'ai rien. Lui, il n'a jamais été honnête ni sur son salaire, ni sur ses biens, mais je sais qu'il a pas mal d'argent de côté. Mais je demande quand même un contrat de mariage. Et on doit faire trois notaires parce qu'à chaque fois, il veut un contrat où en gros, s'il lui arrive quelque chose, j'ai accès à rien. Ça part à ses enfants et puis moi, je m'en trouve à la rue. Mais si moi, il m'arrive quelque chose, il récupère tout. Donc, trois notaires pour lui faire comprendre que ce n'est pas un vrai contrat de mariage. Je me dis, mais en fait, à quel moment tu peux imaginer mettre ta femme à la rue ? C'est complètement hallucinant. Lui, ça ne le choquait pas le moins du monde. Et moi, franchement, des alertes rouges, mais j'en avais déjà eu tellement, j'étais cramoisie dans ma tête. Donc on fait ce contrat, on se marie. On avait décidé de se marier à l'étranger et le faire reconnaître en France. C'était à l'île Maurice. On se marie à deux. Il n'y a pas de témoin, il n'y a rien. Ça servira de l'une de miel en même temps. Et le voyage ne se passe pas du tout comme espéré. Donc on perd nos bagages, lui il est extrêmement tendu dès qu'on arrive sur l'île, il est tout le temps en colère. Donc moi à chaque fois j'arrive à lui trouver des excuses, je me dis ça doit être la pression du mariage, le stress, la perte des valises. A chaque fois j'essaie de me rassurer, je me crée une fable en fait. La veille du mariage, il arrive vers moi, il est énervé, il est furieux en me disant « Putain, mais j'en ai marre ! C'est quoi cet hôtel de merde ? On m'a volé mes affaires ! » « J'avais tout laissé à la piscine, c'est quoi ces connards ? » Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que l'hôtel a deux piscines, et que lui s'est trompé deux piscines. Voilà.
C'est quand même assez.
Mais il pétait un câble, quoi. Donc moi, j'avais un mec à côté de moi, c'était un taureau, quoi. Donc j'avais super peur. Il faut savoir qu'à l'époque, ces notions de peur, je les vivais corporellement, mais j'étais... incapable d'intellectualiser cette émotion. Donc, c'est la veille de notre nuit avant le mariage. Donc, il est très énervé toute la journée. Le soir, on rentre dans la chambre. Là, il me balance sur le lit et il me viole. En me balançant sur le lit, il m'explique que de toute façon, j'en ai marre. T'as un problème avec le sexe, si tu veux qu'on se marie demain, t'as intérêt à t'y mettre et t'as pas intérêt à faire l'étoile de mer. Non seulement il me viole, mais en plus je dois participer à mon propre viol. Je suis à des milliers de kilomètres de ma famille, de mes proches, j'ai peur de lui, je dors pas de la nuit en me disant mais qu'est-ce que je fais, je me marie, je me marie pas. Il y a cette histoire de bébé au bout, parce qu'au fur et à mesure... Je me dis que c'est peut-être ma seule chance d'être maman. Et en même temps, j'ai confiance que ce n'est pas possible. Je suis paumée, j'ai peur. Il faut savoir que je ne peux pas prendre la pilule, je ne peux pas avoir de stérilet, pour des raisons gynéco. Et du coup, en fait, on se protégeait toujours au préservatif. Et en fait, pendant ce rapport, en fait, ils retirent le préservatif. Et je m'en rends compte et je me dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Bah, tu le veux ton gamin. Et là, le piège, il était refermé. Parce que même si j'avais très peu de chance d'avoir un enfant naturellement, je m'étais dit... Je suis peut-être 37. Je ne peux pas partir. Donc, voilà, on s'est mariés. Les images, elles sont jolies. Du coup, on rentre en France. Et puis, la vie continue. Moi, je m'interroge beaucoup. Tous les rendez-vous sont pris pour commencer la PMA. Et un mois avant, ça commence à émerger. Ça fait que je ne peux plus continuer comme ça. J'ai pas besoin d'un enfant pour vivre. Je suis mal avec ce mec. Je veux rentrer à Paris. Je sais pas comment je vais lui dire, mais je vais m'organiser, je vais me barrer. À un moment donné, je me dis, c'est la dernière fois qu'il me touche. Et c'est à ce rapport-là où je suis tombée enceinte. À partir de là, je me dis, non mais en fait, tu délirais complètement, mon pauvre fille. C'est les hormones qui te faisaient parler. Ce mec, il est super. Tu vois le mal partout. C'est vraiment qu'une question d'hormones, tout va bien se passer. Pour la petite histoire, pour un mec qui voulait absolument avoir un enfant de moi, qui mettait la pression, qui trouvait une femme en scène super belle, quand je fais mon test de grossesse, puis après je vais faire ma prise de sang, donc je lui envoie les photos par SMS, je n'ai pas de réponse. J'ai un laconic tessurant en fin d'après-midi, pour des messages envoyés dans la matinée. Le soir, il rentre super tard. Je ne vois pas le mec heureux, je ne comprends pas, je m'interroge en fait. Et moi, je sais que je suis enceinte, je porte la vie, je me sens responsable de cet enfant, je l'aime déjà, je m'accroche. Ma grossesse est à risque, donc il faut absolument que je trouve un gynéco spécialisé dans ma problématique très rapidement. Au premier mois de grossesse, je vois ce spécialiste, il m'accompagne, et à ce moment-là... il fait le forcing pour que je m'arrête de travailler. Moi, je ne veux pas. Moi, je veux garder ma liberté. Alors, c'est vrai, je ne peux plus faire mes déplacements, je dois faire attention, mais pour moi, c'était ma bouffée d'oxygène, ce travail. Puis, je voyais du monde, ça me plaisait, intellectuellement, j'étais stimulée. Et lui, en fait, il ne lâche pas jusqu'à ce que le gynéco me mette en arrêt. Et là, c'est le début de la fin. C'est le début de l'isolement. Je n'ai pas le droit de parler de ma grossesse. Ils rentrent de plus en plus tard du travail. Je n'ai jamais un mot gentil. On rentre vraiment dans le dur. Ils ne me parlent plus. Donc je continue à travailler un petit peu depuis chez moi. Parce que ma boîte a malheureusement pas bien compris la différence entre un arrêt maladie et du télétravail. Mais bon, ça m'occupe l'esprit. La fin du premier trimestre arrive. On ne savait vraiment pas si on allait passer ce premier trimestre. Donc là, c'est miraculeux, j'y arrive. On va pour l'annoncer. En fait, ils m'autorisent à le lancer, parce que c'est comme ça. Et puis, je décide de reprendre le travail. Le gynéco n'est pas ravi, mais j'ai dit, écoutez, moi, j'ai besoin de reprendre le travail. Je retourne bosser. Et peut-être au bout d'une semaine, dix jours, mon manager m'appelle pour m'expliquer que ma promotion que j'attendais depuis deux ans, je n'aurai pas, puisque j'étais enceinte, que de toute façon, je ne servais à rien. La preuve, j'étais absente pendant deux mois. Ça, ce n'est pas vu. Bah ouais, c'est parce que je travaille depuis chez moi, que mes affaires ont été diluées sur d'autres personnes. Et je me retrouve sans rien en fait. C'est hyper violent, c'est de la discrimination, c'est interdit. C'est une boîte qui s'affiche comme vraiment ils sont taqués dans le rapport homme-femme. Sauf que la réalité c'est ça. Et que je ne suis pas la seule à l'avoir vécu. Bref. Moi, je me prends ça, mais je me prends un train dans la tronche. Parce que le travail c'était vraiment le dernier truc. qui me tenaient. À partir de là, en fait, je rentre chez moi et au toilette, j'ai du sang, je fais un décollement placentaire. Donc, direction les urgences. Aux urgences, là, on me dit, il ne faut plus retourner là, il faut se reposer. Et moi, je suis en boucle sur le travail. Lui, je le rappelle, il travaille dans la même boîte et puis il m'explique, tu la connais, la boîte, elle est comme ça, c'est normal. C'est doublement gagnant pour lui parce que ce que je comprends avec du recul, c'est que même s'il gagnait beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi, j'avais un poste qui était beaucoup plus intéressant et beaucoup plus exposé, donc plus valorisé. Et je pense qu'il y avait cette jalousie. En fait, d'une pierre, on fait deux coups, c'est-à-dire qu'on supprime... cet aspect-là, je suis revenue à ma place, donc tout en bas, et ensuite, bah ouais, effectivement, ça y est, c'est parti, on déroule le tapis rouge, quoi, ce que j'apprendrai plus tard, c'est qu'il expliquera aux amis, qui sont souvent des amis, collègues, que je suis fatiguée, donc faut pas m'embêter, faut pas me téléphoner, faut pas m'appeler, faut pas venir, donc tout passe par lui, il transmet évidemment pas les messages, donc moi, je me dis, bah en fait, j'ai pas de retour, quoi. Moi, je vais peu vers les gens, du coup, parce que je ne me sens pas bien. Ensuite, il rentre toujours encore plus tard. C'est le refus de parler du bébé. Donc, même pour parler du prénom, etc., il ne veut pas en parler. Je demande à ce qu'on fasse des achats hors de question. J'achèterai le jour au tour à coucher. Je pars à Carrefour et j'achète tout. Ça suffira. Je lui dis, mais en fait, c'est mon plaisir. Non, non, je n'en ai rien à foutre. C'est comme ça. C'est d'une violence terrible. En fait, je ne suis pas du tout reconnue comme... une future maman. Et lui qui me disait tout le temps une femme ancienne c'est si belle, je voyais du dégoût dans son regard. Du coup là, je commence vraiment à me dire on est complet. Moi pour ma grossesse je suis obligée d'aller à l'hôpital tous les 15 jours et à ce moment-là une sage-femme me dit écoutez, je vois que ça va pas psychiquement, je vois que vous commencez à plus faire trop le lien avec le bébé, moi je vous propose d'aller voir un psychologue. J'étais quand même assez échaudée avec ce que j'avais vécu, mais bon pour le bébé j'accepte. Donc je vois cette psychologue, à peu près vers mes 6 mois de grossesse, mais je ne parle que du travail, ce qu'il m'a fait. Lui, je le préserve tout le temps. Chaque fois, il m'accompagne, mais chaque fois, je trouve une excuse. Je pense que je ne veux pas qu'on me voit. Donc moi, je vois cette psychologue, on ne parle que du travail, mais on arrive à remettre le lien avec le bébé, ce qui était le but. Mais elle continue à vouloir me voir. Ce que j'ai oublié de dire et qui est hyper important, c'est que... J'étais au premier trimestre, et en fait, je lui avais dit que ce serait bien qu'on aille voir une thérapeute de couple. Et il m'avait dit, non mais on va voir une sexologue, parce qu'elle va te dire que c'est toi le problème. Je concède à ce qu'elle soit sexologue, on y va. Et peut-être à la troisième séance, ou quatrième, je parle de ce qui s'est passé quand on s'est mariés, je parle du viol. Et j'emploie le terme de viol. Et là, en fait, Oscar de l'année, donc il se met... Le visage entre les mains, mais comment tu peux penser ça de moi ? Mais je suis un être monstrueux si tu dis ça. Enfin voilà, c'est vraiment les larmes de crocodile devant la nana. Moi, je suis super mal. Enfin voilà, j'ai l'impression d'avoir trahi. J'ai l'impression, voilà, comme d'habitude. Les rôles s'inversent. Les rôles s'inversent et surtout, c'est moi qui est mal interprétée en fait. Du coup, on rentre à la maison et là à la maison, mais pour qui tu me prends ? T'as qu'à me quitter, démerde-toi toute seule. Enfin, bah en fait, au bout d'une heure... Je m'excuse. Voilà, et là, je dois dire, encore une fois, vous parlez avec une femme qui est soi-disant thérapeute de couple, sexologue, vous évoquez la notion de viol, cette femme, et bien, à aucun moment donné, elle m'a dit, 39-19, Madame, effectivement, il y a un problème dans votre couple. Elle l'a écoutée, en fait, sans prendre position. C'est ça. Les signaux d'alerte, ils étaient là. Et même, elle aurait pu le faire après coup, à la légende. Moi, on m'a expliqué qu'il avait des... problème sexuel qu'en fait il fallait que en gros je m'écrase, là j'explique qu'il me viole et on me dit rien donc je me dis effectivement c'est moi le problème c'est pour ça que cette psychologue à l'hôpital je protège mon mari parce que je me dis mais on ne me croira pas et puis je veux être dans ce déni là parce que ça me protège je suis à 6 mois de grossesse je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso, donc c'est quelqu'un qui compartimente extrêmement bien sa vie qui a plusieurs alias plusieurs vies qui cache tout. Là, c'est le hasard complet qui fait que je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso. Puisqu'en fait, il essaie de traîner des alias. Je ne sais pas, je me mets ennuyée à la maison. Et je mets cet alias dans Google. Et là, je tombe sur un site de rencontre sadomaso. Et l'alias correspond exactement au profil de mon ex-mari. Je ne suis pas étonnée. Et en même temps, je suis effondrée. Donc, j'essaye de le confondre le soir. Il m'explique que... plus que non, et il arrive au bout d'une heure ou deux à me remettre dans ce voile de déni. Bon, c'est pas lui, mais quand j'ai retapé l'alias le lendemain, le profil avait disparu. Je n'en parle pas à la psychologue de l'hôpital. On va continuer, on a la préparation à l'accouchement, mais il n'est pas intéressé parce qu'il a déjà eu trois enfants. Et il décide qu'il viendra la moitié d'entre elles, et en plus il vient en retard, il ne s'investit pas. Et un jour il vient, et c'est la séance où on parle de la péridurale. Et il rentre, il voit la péridurale et il commence à s'évanouir. Donc il y a d'autres couples, donc tout le monde sourit un petit peu. La sage-femme me dit, écoutez, allez vous asseoir, vous allonger, prenez un sucre. Et moi, comme d'habitude, je le défends. Oui, alors il a été malade, ce n'est pas sa faute, il est encore fragile. La sage-femme me dit, non mais vous savez, ce n'est pas le premier papa. Je dis, non, non, non, ce n'est pas ce que vous croyez vraiment. Mais toujours à le défendre. Je dois le protéger parce que je sais que si son image, elle est mise à mal, c'est moi qui vais payer. Arriver à la maison, après qu'il ait pris son sucre, qu'il soit reposé, pareil, il me défonce. « Ouais, t'as vu pour qui tu me fais passer ? » Je dis « Mais non, j'ai expliqué que t'avais été... » « Ouais, c'est de ta faute. » Je m'en prends plein la gueule. Il est toujours furax contre moi. Je ne sais plus quoi faire, en fait. Je n'ai pas de maternité possible. Donc, par exemple, quand le bébé, à un certain stade de grossesse, on peut voir son pied, on peut voir sa main. Moi, je suis toute contente. Je lui dis « Regarde, regarde le bébé. Fais une photo, une vidéo. » Il ne lève même pas les yeux de son Candy Crush. Et il me dit « Et alors, je m'en fous. » Je trouve ça violent pour moi et encore plus pour l'enfant. Et les seuls moments où j'ai eu le droit d'être une future maman, c'est quand je suis à l'hôpital. C'est absolument terrible de se dire qu'on est reconnu comme une future maman, que si on voit sa psychologue ou sa sacha ou son gynéco à l'hôpital. Horrible. Et donc la psychologue, elle essaye de me faire avancer, ce que je comprendrais plus tard, vers un autre cheminement, que le problème n'était pas qu'au travail. Mais je commence à toucher les doigts, les choses, sans lui dire exactement ce qui se passe vraiment à la maison. Et puis, en fait, j'accouche. L'accouchement, ce n'est pas du tout ce que j'imaginais. Avec le gars, tu fais le petit chien, il est avec toi, il te passe le spray sur le visage. Ce n'est pas ça du tout. Il décide de rester la première nuit à l'hôpital. En fait, il me prend le bébé en expliquant que je ne saurais pas m'en occuper. Moi, je n'ai pas confiance en moi. Un nouveau-né, c'est quand même assez particulier. Moi, je n'ai jamais été maternelle. Je n'ai pas de pro... proche avec des bébés, des nourrissons, je suis un peu perdue. Puis lui, en fait, c'était toujours son discours, mais moi j'en ai eu trois, je sais faire, je sais faire. En fait, il sait faire, mais il ne me montre pas surtout. Il prend le bébé comme si j'étais qu'une merde en fait. J'étais incapable de quoi que ce soit et que ce n'était pas mon fils en fait. Il n'y a rien qui va, je me sens très seule, je me sens très nulle. Mes parents habitent assez loin, mes parents étaient venus le temps que... J'étais à l'hôpital pour voir le bébé. Ma mère m'avait offert un plateau de fromage parce que j'arrivais d'avoir du fromage et des fleurs. Et en fait, elle lui que dalle. Et surtout, ils avaient mis quasiment à la porte une fois qu'on était rentrés. Donc très vite, quand je reviens à la maison, je n'ai pas de place. Son dernier fils, qui à l'époque a 8 ans, qui est là, en fait, je lui offre notre fils comme si c'était un petit chat. Je me rappelle, il était là et c'était la première fois qu'on avait décidé de sortir le bébé en poussette. Je mets le bébé dans la poussette. Et là, en fait, il me pousse et il donne la poussette à son fils. Et je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, c'est bon, tu vas l'avoir tout le temps. Entre temps, la psychologue de l'hôpital avait souhaité rééchanger avec moi. Au début, je camouflais encore la vérité en disant que c'était un papa extraordinaire, qui était génial. Quand le petit avait un mois, on décide de l'amener chez mes parents et après chez ses parents. Et il a l'écolique du nourrisson. Donc au final, il me redépose chez mes parents. qui va plusieurs centaines de kilomètres de là, il se barre, je n'ai pas de véhicule, rien, pour soi-disant ramener son dernier fils à sa mère. Je me retrouve seule à gérer un bébé de un mois, très malade. Je lui dis, il me dit, mais en fait, c'est le rôle de ta mère, elle a que ça à foutre. Ma mère doit s'occuper de mon père qui est gardataire, ma mère est âgée, et moi je suis dans ce truc. Ouais, il a raison, elle va m'aider. Ma mère, je vois qu'elle est épuisée et elle me fait comprendre que ce n'est pas son rôle. Donc je lui en veux beaucoup. Je lui en veux tellement qu'en fait, on se dispute violemment. Et je dis à mon ex-mari, viens me chercher, elle est odieuse. En fait, lui, il aura passé quatre jours de repos supplémentaires à aller bronzer sur les plages naturistes. Et il viendra me chercher comme sauveur. Et en faisant comprendre à ma mère que j'abuse un peu quand même. Il me monte contre ma mère et ma mère, il la monte contre moi. C'est très très tendu. Je rentre à la maison, je suis épuisée. Voilà, il faudra reprendre le travail. En fait, je n'y arrive pas. Le petit quand même, il va chez la nounou, parce que c'était prévu que j'aille travailler. Et puis, je ne suis pas du tout en état. Je l'amène quatre jours par semaine. Et donc, tu travailles, mais sans y arriver. En fait, je ne peux pas reprendre le travail. Je n'y arrive pas. En fait, le jour J, je n'arrive pas à reprendre le travail. En fait, j'ai hyper peur de reprendre le travail avec ce que j'avais vécu pendant ma grossesse, le fait qu'il m'ait descendue, etc. Puis entre-temps, je pense que j'avais perdu encore. confiance en moi, parce que j'étais épuisée physiquement, mentalement, parce que mon ex-mari arrêtait pas de me dire à longueur de journée que j'étais nulle en fait. Du coup, j'ai pas réussi à reprendre le travail. Moi, je continue à voir cette psychologue, et là, j'arrive enfin à parler, mais je ne parle... que de l'aspect physique, c'est les viols. Parce que là, une activité sexuelle a repris, après mon accouchement, et que je n'en peux plus de ces assauts, que je n'en peux plus aussi de finir un sang. Régulièrement, en fait, je saignais pendant les rapports sexuels. Et à chaque fois, ce que je vivais, ce que je ressentais dans mon corps, ça n'avait aucun impact, ça n'avait aucun écho sur lui. Il s'en fichait, mais royalement. Je n'avais aucune intimité chez moi. En fait, il était super contrôlant sur tout. Avoir de l'intimité, pour lui, ça signifiait être coincé. Le matin, par exemple, quand il se levait, il mettait de l'eau à bouillir pour me préparer à monter. J'arrivais, il ne me disait même pas bonjour, rien. Je me approchais de lui, je lui disais bonjour. Et lui, son premier réflexe, c'était de me mettre un doigt dans l'anus. Et moi, je me disais, il est gentil, il m'a fait monter. Plusieurs fois, j'ai dit, mais en fait, tu me fais mal. Ou c'est quoi, arrête, je ne te veux pas. Mais c'est un jeu. J'ai dit, non, un jeu, ça se fait à deux. J'avais beau avoir un discours qui était cohérent, clair, non, ça ne passait pas. J'étais toujours prise en défaut. Donc au bout de mois, quand vous avez beau dire les choses et qu'on ne vous écoute pas, ni les professionnels auxquels je me suis adressée, et encore moins à lui, vous disjonctez. Donc là, avec cette psychologue de l'hôpital, j'ai commencé, au bout de neuf mois, ouais, même plus, à commencer à parler de la sexualité et à parler de viol. Elle a commencé à me faire prendre conscience... Peut-être que j'y arriverais toute seule avec le bébé aussi. Parce que lui me disait le contraire, que personne ne voudrait de moi, que je ne serais pas capable. Enfin, le terrain était déjà super miné. J'ai toujours du mal à parler, à croire ce que je vis. Donc je vais voir une avocate. Effectivement, madame, ce sont des viols, au sens juridique du terme. Partez. Je commence à lui dire, j'aimerais qu'on se sépare. Tu n'es pas heureux avec moi, je ne suis pas heureuse avec toi, tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi. Voilà, on va se séparer. Et en plus, on voit que tu cherches des parades à lui dire que tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi, c'est-à-dire que tu sais que tu ne peux pas lui dire les choses. Non, c'est impossible d'avoir une discussion, enfin un effet miroir, parce qu'il pète un câble. À cette époque-là, sa première femme était encore en justice contre lui, parce qu'il ne payait pas la pension alimentaire pour ses enfants. Il n'avait plus de relation avec ses aînés depuis des années. Le petit le prenait comme bon il semblait, puis en plus c'est moi qui m'en occupais. Son ex-femme, pour le coup, je pense qu'elle était toujours sous emprise et qu'elle n'a pas du tout accepté qu'il se remarie, surtout qu'il est un enfant. Donc il était en pleine justice, je pense qu'il ne voulait pas d'un divorce number two. Et c'était hors de question. J'ai essayé tout doucement, mais ce n'était pas possible en fait. Et moi je n'y arrivais plus. Du coup il sait que je vais partir, que je veux partir. Une semaine après, il y a le confinement. Et là, c'est l'enfer qui commence, puisqu'il sait que je vais partir. Lui, il imagine qu'il va partir travailler, sauf que le travail lui dit non, vous restez en télétravail chez vous. C'est la première fois qu'il reste avec bébé et moi. Notre fils, à l'époque, a 8-9 mois. Et lui, il est comme un lion en cage. Il ne peut pas sortir, il ne peut plus faire ses petites affaires à droite à gauche, parce que je comprendrai plus tard qu'il a des aventures avec des professionnels. Et puis, il y a le bébé, quoi. Donc ça devient de plus en plus invivable. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour le bébé. Là, je fais ce qu'il veut. Il y a un gros blackout sur ce que j'ai pu vivre pendant ces deux mois de confinement parce que ça a été trop violent pour moi. Je n'avais même pas le droit de sortir. C'est lui qui sortait faire les courses. Un jour, il m'appelle du magasin en me disant qu'il a oublié le code de la carte bleue commune. En fait, il me pourrit parce qu'il a oublié. Puis après, il me pourrit parce que moi, par peur, j'avais donné le mauvais code. Et puis il est comme un fou, je me dis je vais y passer, je pense qu'il va me tuer. Il n'y a plus du tout ce côté Bouddha, il n'y a plus du tout de colère rentrée. Je cours coucher le bébé pour le mettre à l'abri. J'envoie un mail à l'hôpital, à la psychologue en disant je crois qu'il va me tuer, sauvez-moi. Il rentre et j'entends le bruit de l'ascenseur, le bruit de la porte, le bruit des pas. Il rentre et là je vois la barre aux lèvres, je vois son visage défiguré par la colère et par la... haine. Je ne sais plus si je dois m'approcher, reculer. Je le vois déballer ses courses. J'ai la peur de ma vie. Je me mets en boule quelque part, j'ai peur. Je sais qu'il y a deux doigts de vriller en fait. Le moindre faux pas, il me tue, il me tue. Ça, j'en ai vraiment conscience. Là, je commence vraiment à me dire, il faut que je me casse. Il faut que je parte, il faut que je parte, il faut que je parte. Il faut que je me mette à l'abri. Et je me dis, bon ben ça sert à rien d'être frontale et de demander un divorce parce que ce n'est pas possible. il ne l'acceptera pas. Donc, je vais lui dire que je vais reprendre mes études, que professionnellement, ça ne va pas du tout, qu'il faut que je trouve une solution. Et donc, je lui dis, je vais reprendre mes études, je pars sur d'autres villes. Et là, ça passe, parce qu'en fait, officiellement, je ne le quitte pas. Je lui dis que je ne veux pas d'argent, que je prends le bébé, tout va. J'essaye de trouver des solutions pour partir mais en douceur. Mais lui il sait que je vais partir. En fait il rentre à la maison, il me dit « t'es encore là ? » Il ouvre la fenêtre, on habite au cinquième étage. Il me dit « vas-y saute ! » Le « vas-y saute » , je l'ai entendu à toutes les sauces. Si je ne vais pas bien, si je pleure, si je ne suis pas contente, si. C'est aussi, il prend le bébé dans le cosy, parce que je commençais à pleurer et à lui dire « saute » . J'arrivais plus. Il met le bébé dans le cosy. Je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, ben, on y va. Mais où ? Ben, un HP. C'est là où tu dois aller. Voilà. Donc, j'étais folle. C'était l'enfer, quoi. L'enfer. Au moment des un an de notre fils, lui, en fait, il ne veut pas fêter l'anniversaire. Ça ne l'intéresse pas. Donc, je pars dans ma famille le fêter. Mes parents sont au courant de ma situation. Ma famille ne comprend pas pourquoi le papa n'est pas là. Et j'explique qu'il est très fatigué. Le travail, etc. Ok. Je me revois où ma cousine, qui a un enfant du même âge que moi, on rigolait, elle me dit, mais tu sais, on a quand même un sacré caractère, nous les femmes, dans la famille, on s'en laisse pas compter, on est des femmes avec un sacré caractère. Et là, je me dis, mais si elle savait. Et je pense que ça a été une prise de conscience, tout comme il y a eu des prises de conscience quand j'ai écouté des podcasts, comme Les Couilles sur la Table, ou tout bêtement, une chanson de Big Flo et Oli, c'est dommage, ce couplet où on parle de cette femme qui... devait partir, devait partir, et elle n'est pas partie, elle est morte, tout ça, ça a résonné en même temps dans ma vie. Je savais que c'était ce qui m'attendait. Moi, il n'allait pas forcément me tuer sous les coups, mais il me rendait dingue, en fait. Il me rendait folle. Tout comme il disait tout le temps de sa première femme qu'elle était folle. On parlait d'un deuxième confinement, je me disais, c'est pas possible, j'y arriverai pas. Et là, en rentrant de l'anniversaire de mon fils, au bout de 4 jours, lui... En fait, il commence à faire ce qu'il aime bien, sa petite torture du « voilà, je vois qu'il n'est pas bien, tu sais pourquoi ? » « Ah non, qu'est-ce qu'il y a ? Si, si, cherche, cherche. » Donc en fait, il fallait toujours que je trouve moi un problème, comme ça il allait pouvoir gratter bien dessus. Et là, en fait, sa dernière technique, c'était de m'amener à croire que j'avais des problèmes sexuels parce que mon père avait abusé de moi quand j'étais enfant, ce qui n'était absolument pas le cas. Sauf que j'avais ce recul-là, j'avais été suivie par cette psychologue, je savais que j'allais partir. Et là, la ficelle était trop grosse. Donc je me suis dit, je peux plus, quoi. Je peux plus. En ouvrant la tablette, je découvre qu'il a passé 4 jours à se payer des putes, qu'il faisait du SM, alors que c'était quand même les 1 ans de son fils. Et là, je me suis dit, j'y arrive plus. Ma mère me dit, appelle l'avocate que t'avais consultée. Elle me dit, bah là, faut partir. Bah là-dessus, en fait, je pars. Et en fait, c'est grâce à cette psychologue... Oui, clairement, si je n'avais pas eu cet accompagnement, je serais restée, je serais morte.
Elle est discrète, elle oublie qu'elle est belle. Elle a surtout le corps des tâches de la couleur du ciel. Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser. Quand il lui prend le bras, c'est pas pour la faire danser. Elle repense à la mairie, cette décision qu'elle a prise. À cet après-midi où elle avait fait sa valise. Elle avait un avenir, un fils à élever. Après la dernière danse,
elle s'est pas relevé. Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire. Crois-moi, on a tous dit assez dommage, assez dommage. C'est peut-être la dernière fois. On a tous dit assez dommage, On a tous dit assez dommage, Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage, assez dommage, c'était la dernière fois Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage C'est dommage, ah c'est dommage, c'est peut-être la dernière fois. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords, c'est ça le secret.
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Description
Montage : Rachel. Illustration : Jeremyboulardlefur.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Saviez-vous qu'en moyenne, plus de 210 000 personnes sont victimes de violences conjugales par an ?
Bonjour, vous écoutez Sans Voix, un podcast qui donne la parole aux victimes de violences conjugales.
Au fur et à mesure des épisodes, vous allez découvrir des témoignages poignants de personnes qui se retrouvent face à l'isolement et à l'impuissance.
Leur donner la parole, c'est les aider, les soutenir, mais c'est aussi comprendre les mécanismes d'emprise. Leurs effets et à quel point il est difficile de s'en sortir.
Sans voix, de sensibiliser, éveiller, prévenir, donner des outils et des conseils.
Notre mission, rendre visibles les invisibles. Je suis Rachel.
Je suis Annick.
On s'est rencontré dans un groupe de paroles de femmes victimes de violences conjugales et très vite nous nous sommes rendu compte que nous étions malheureusement loin d'être des cas isolés. La violence conjugale, on la connaît, on l'a vécue, on vit encore leurs effets et il nous semble essentiel de partager notre expérience.
Nous avons réalisé que les agresseurs ont bien souvent les mêmes mécanismes de violence et que toutes, nous avions ce sentiment d'être démunies, incomprises, invisibles, seules. Les violences se passent toujours dans l'intimité, sans témoins et sans personnes pour imaginer ce qu'on subit. Et donc ce podcast, c'est notre façon de sortir de cet enfermement.
Cet épisode va s'articuler en deux parties. D'abord, le témoignage d'Alexandra, de la rencontre jusqu'à sa fuite, puis le témoignage de son parcours judiciaire. Cet épisode... parle de viol, de violence sexuelle, de violence psychologique, de suicide forcé. Il est à écouter dans les meilleures conditions. Nous souhaitons dédier ce podcast à toutes les personnes qui ne sont plus là pour témoigner.
Bonjour Alexandra.
Bonjour.
Bonjour Rachel. Bonjour Annie. Merci de m'accueillir.
Merci d'être là.
Oui, merci à toi.
Est-ce que tu peux commencer par te présenter en trois mots en nous donnant ton prénom, ton âge, ta profession ?
Je m'appelle Alexandra, j'ai 45 ans et je suis ingénieure.
Est-ce que tu peux nous dire où tu en es aujourd'hui ?
Où j'en suis ? Je me suis enfuie il y a 6 ans. Nous avons un enfant ensemble qui est en garde alternée, qui a 6 ans et demi. Et où j'en suis ? Toujours dans les violences conjugales. J'ai réussi à divorcer au bout de plus de 5 ans de procédure, qui est un divorce à mes temps exclusifs. Les violences qui n'ont pas été reconnues... Et un enfant en bas âge, en garde alternée, la situation rend tout le monde mal au cas, mon fils et moi. Et les violences se perpétuent d'une autre façon. Et quand tu dis d'une autre façon, t'arriverais à les décrire ? Disons que les violences ont pris une autre forme. Je me suis enfuie pour viol, agression sexuelle, violences psychologiques. Donc aujourd'hui, effectivement, il n'y a plus de viol, il n'y a plus d'agression sexuelle. Les violences psychologiques, du fait que nous ne vivons pas sous le même toit, ont pris une autre forme, puisqu'elles passent par l'enfant. Et surtout, l'aide de la justice. Dans mon cas, j'ai l'impression que la justice lui a fait une allée de pétales de rose pour finir le travail, puisque comme il me l'a dit, je te finirai. Donc aujourd'hui, je me retrouve dans une situation où le travail c'est très compliqué. En fait, nous travaillons dans la même entreprise, donc aujourd'hui, j'ai perdu mon travail. Au niveau de l'école, il m'a tellement dénigrée, en utilisant les jugements, bien sûr, que je passe pour une mère très contrôlante, sur le dos du petit, alors que lui, il joue le rôle de la victime dans toute sa splendeur. Vis-à-vis des amis, le tri a été très vite fait, puisque lui n'avait pas d'amis, et les amis, de coup... ou plus qu'on avait eu ensemble, m'ont dit, écoute, c'est pas qu'on ne te croit pas, c'est qu'on a peur de lui, puisqu'on travaille tous dans la même sphère professionnelle, et qu'il a un poste important. C'est très compliqué, effectivement, la psychologue qui me suit, qui est spécialisée dans les traumas, subie par l'évidence conjugale, me dit, je n'ai jamais vu ça. Autant de violence psychologique, après autant d'années, après votre départ, le fait qu'il ait refait sa vie plusieurs fois, etc. Il gagne absolument tout ce qu'il veut et continue. Je le répète, ces premiers mots, lorsqu'on s'est revus après... Je me suis enfuie. Ça a été « je te finirai » . Lui, sa violence, elle n'est pas du tout physique. Elle est vraiment psychologique. Et quand on parle de « je te finirai » , c'est vraiment le suicide forcé qu'il avait déjà commencé à mettre en place lorsqu'on était ensemble et qu'il savait que je voulais partir.
Il essaie de te détruire par tout ce qu'il peut. C'est ça.
On ne le quitte pas. Et surtout, on ne touche pas à son image. Est-ce que tu as encore des procédures en cours actuellement ? Alors, non.
Eh bien, écoute, tu vas nous raconter ton histoire, très poignante. Nous sommes vraiment très fiers de te recevoir aujourd'hui. Nous pensons que vraiment, ça va parler à d'autres personnes et que ça te fera aussi énormément de bien d'avoir une reconnaissance de personnes qui nous écoutent. En tout cas, tu l'as déjà de nous, c'est sûr.
Merci. Je souhaite que ce témoignage éveille certaines consciences, ou en tout cas, permette à des femmes à s'autoriser de se dire « ce que je vis n'est pas normal » . Oui, ça s'appelle de la violence conjugale.
Merci pour ça en tout cas. Et du coup, est-ce que tu peux nous raconter la rencontre ?
On s'est rencontrées sur notre lieu de travail, de façon très banale. Je venais de quitter ma région, de prendre ce travail un an auparavant. Ça se passait moyennement bien. Et en fait, on se retrouve collègues de bureau. Pour la petite histoire, quand je l'ai vue pour la première fois, on se croise dans un couloir. Et il commence à faire son espèce de séducteur à deux balles. Mais vraiment, l'image du quadra, franchement divorcé dans toute sa splendeur, je me suis dit, mais ça ne va pas le faire. C'est qui ce connard ? Vraiment, je n'appréciais pas le personnage. Et puis, on partage le bureau. On ne travaille pas ensemble, on partage le bureau. C'est la période dans laquelle il m'a complètement endormie. Donc à l'époque, il venait de divorcer de sa première femme. Il était en couple avec une femme qu'il avait rencontrée sur Internet. Moi, j'étais célibataire, j'avais une petite aventure. Et très vite, au bureau, on commence à discuter de choses, d'autres. Je vois que son ex-femme le harcèle. C'est-à-dire qu'elle essaie de l'appeler dix fois par jour sur son téléphone fixe. Pro, portable pro, portable perso. Et lui, je le vois un peu courbé les chines. Je le vois un peu en mode victime. Il m'explique que, ben oui, le divorce, elle a eu du mal à l'accepter, que c'est compliqué. Pour moi, dans la mesure où il a quelqu'un qui ne m'attire pas du tout physiquement, on discute. Et puis, ce n'est pas folichon au niveau pro pour moi. Je suis mal, je m'interroge beaucoup sur le fait... de rester. Du coup, on échange un peu plus sur ce sujet. Moi, il se confie sur sa vie perso, et moi, je me confie sur ma vie pro.
Comment, à ce moment-là, il justifie le divorce ? Il l'explique comment ?
Très simplement, qu'en fait, c'était une erreur, cette femme, et en fait, il l'avait rencontrée sur un site, enfin, c'était pas le site de rencontre, c'était le Minitel, il faut dire, dans les années 90. puisqu'en fait, il a 10 ans de plus que moi. Et en fait, c'était une aventure. Elle est tombée enceinte. Et lui, il ne souhaitait pas continuer avec elle. Mais il était pris dans ce devoir, puisqu'elle avait dit, je n'avorterai pas. Donc, il a décidé de rester avec elle. Voilà, en gros, il se présentait un peu comme un homme piégé. Piégé, mais en même temps, deux ans après, ou même pas un an après, il avait un bébé, un second bébé. Il est resté 17 ans avec elle. Il me disait qu'il avait fait de la dépression. qu'il n'était pas bien et que du coup, elle lui avait proposé de faire un troisième enfant pour re-solidifier, re-consolider le couple.
Toujours une bonne idée, en fait.
Et au final, quand l'enfant avait un ami, ils se sont séparés, lui, il avait rencontré quelqu'un d'autre. Donc en fait, il se présentait comme quelqu'un de primé, d'un peu victime du système, du mec trop sympa, qui avait assumé. Sa paternité, puis ses paternités. Il se présente aussi comme quelqu'un, vraiment, dans le monde du développement personnel. Qui travaille beaucoup sur lui-même. Il se présentait aussi comme un homme qui s'occupait de tout à la maison. Qui gérait absolument tout. Les enfants, les courses, les repas. Parce que bon, elle, elle ne faisait rien. Et c'est vrai qu'il accentuait ce discours. Puisque, en fait, ce qui s'est passé, c'est que mon ex-compagnon est revenu dans ma vie. Alors, sous forme amicale au départ, c'est vrai que je m'interrogeais beaucoup pour me remettre en couple avec lui ou pas. On s'était séparés parce que je trouvais qu'il manquait de maturité. Et cet homme-là se présentait comme un homme très mature. Je ne voyais pas le danger puisque moi, je savais qu'il avait cette maîtresse et puis je pense qu'il en avait d'autres, que je n'étais pas du tout attirée par lui. Donc en fait, je me confiais un peu comme quelqu'un de plus mûr. Et en fait, lui, il orientait les choses. Et puis, je comprends que ça se termine avec cette nouvelle compagne. Donc, il m'explique qu'elle le trompe sans arrêt, qu'elle n'est pas fiable, qu'il est éperdument mauvais d'elle, mais que, bon, ben voilà, elle est vraiment pas bien. Et moi, je m'interrogeais beaucoup sur le fait de revenir avec mon compagnon. Et lui, il était quand même très en retrait. me faisant comprendre que ça ne serait pas une bonne solution pour moi. En fait, il était un peu pour m'épauler, me soutenir. En fait, il se présentait de plus en plus sous cet aspect-là, et les choses, elles ont dérivé au fur et à mesure. Il y a eu une espèce de dragouille qui s'est mise en place, une petite séduction. Et à l'occasion d'un week-end d'un autre collègue, pendant une sortie en voie de nuit, il m'embrasse. Et là, je dois dire que je n'ai absolument pas apprécié son baiser. Je me suis dit, bon, là, ça ne va pas le faire. Donc, je sors de la boîte de nuit avec lui et je lui explique que c'était une erreur. On serait mieux amis, mieux collègues. Et là, je le vois pleurer. Alors, il faut savoir que cet homme, 1m90, assez tanké, c'est quelqu'un qui a un très gros poste, qui... n'a pas un abord facile. Il peut être assez froid et distant. C'est quelqu'un qui a un certain charisme, mais un charisme très dur. Pendant des mois, il s'était confié à moi, mais là, il se m'a pleuré. C'est assez...
Désarmant.
Désarmant.
Déstabilisant.
C'est très déstabilisant. Puis il m'explique, voilà, il ne sait pas comment s'y prendre avec les femmes. En fait, il se présente un petit peu en victime des femmes. Et qu'avec moi, il y croyait, on échangeait tellement. Et là, je me dis, bon, OK, vraiment par pitié. C'est débile de dire ça, mais par pitié, je me dis, bon, OK, je vais continuer l'aventure un peu avec lui. Puis ça va s'estomper tout seul.
Mais en fait, sur le moment, tu dis, il fallait le calmer.
C'est ça, mais en fait, j'étais tellement déstabilisée. Et lui, qui était là, presque à quémander, je me sentais super mal. J'ai culpabilisé, en fait. Ce baiser qui s'est passé un mois de nuit, il y avait effectivement cette séduction qui s'était mise en place, mais je n'avais absolument pas envie qu'elle aboutisse.
Tu n'avais pas dit oui et tu n'avais pas la place de dire non.
Je n'ai pas dit oui. Et quand j'ai voulu lui dire non, après ce baiser, pour ne pas que ça recommence, En fait, il a échafaudé notre plan en se présentant comme une victime. Clairement, devant moi, il se présente comme un homme qui se met à nu, comme une pauvre chose sans défense et qui serait horriblement triste. Ça le mettrait plus bas que terre, ça le détruirait si je le disais non. Donc ça, puis cet acharnement tous les jours, mais si, mais si, viens,
Donc à un moment, en fait, par usure ?
Ouais, il y a de l'usure. En fait, c'est un mélange de pitié et d'usure. Un moindre refus de ma part ou un non, en fait, ça le ferait chuter. En fait, c'est ça, très vite, je me sens responsable de sa santé mentale. Ce que j'ai oublié de dire aussi, c'est que quelques jours après, on s'est revus, on a passé la nuit ensemble, mais c'était à mourir de rire avec le recul. À un moment donné, il veut me toucher un sein, il me demande l'autorisation, mais c'est pas un consentement. Il se positionne presque comme un petit garçon très timide qui n'ose pas. Et en fait, quand on sait ce qu'il m'a fait après, et très vite, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le love bombing. Donc toutes ces notions-là qui apparaissent aujourd'hui dans les différents champs lexicaux de la violence conjugale n'existaient pas à l'époque. Aujourd'hui, je mets un mot qu'à l'époque, je ne connaissais absolument pas. Donc là, c'est Love Bombing, donc c'est très vite, il veut que je rencontre ses enfants. Alors moi, la maternité, c'est pas du tout mon kiff. Les enfants, ça ne m'émeut pas. Donc il a un bébé qui a deux ans et deux ados. C'est pas du tout mon truc. Ensuite, c'est des cadeaux. Je suis assez mal à l'aise avec ça, parce que j'ai un côté très féministe en me disant, moi, on ne m'achète pas. Ça fait plaisir, mais j'ai toujours eu cette sensation d'être achetée, donc voilà, ça queen un petit peu. Il parle d'un voyage qu'il avait prévu avec sa fille pour fêter son anniversaire à New York. Peut-être même pas un mois après qu'on soit ensemble. Donc entre temps, il avait fait en sorte que je vois ses enfants, alors que je n'étais pas forcément pour. Et donc il me dit, si elle a vraiment envie de te connaître, que tu viennes avec moi en voyage. Moi, je suis un petit peu dubitative. Donc on part en voyage sur New York. On a un studio. Dans ce studio-là, il y a une banquette-lit de place et un petit lit pour sa fille. Et là, les choses vont très mal dès l'émarrage. C'est-à-dire que le matin, il fait en sorte qu'on se retrouve tous les deux tout seuls dans la salle de bain parce qu'il a besoin de me toucher, il a besoin d'essayer d'avoir du sexe avec moi. Alors que sa fille est juste à côté, elle a 16 ans, elle n'est pas complètement stupide. Et je suis extrêmement mal à l'aise avec ça, donc je lui dis, écoute, non. Il est très insistant, très insistant, à tel point que je me dis, ok, bon. Et puis toujours ce truc de, c'est le démarrage, c'est le début de notre relation, je t'aime tellement, j'ai tellement de choses à apprendre de toi. C'est très compliqué de lui dire non, et ça se passe très très mal avec sa fille. Et à chaque fois, c'est, non mais de toute façon, c'est la faute de sa mère. Sa mère ne supporte pas notre bonheur. Elle est jalouse et donc du coup, c'est pour ça qu'elle a ce comportement avec nous. Moi, j'ai voulu dire, mais tu sais, à la base, ce que je comprends, c'est que ce voyage, c'était toi et elle. Et lui imposer une belle-mère qui a un mois d'existence, c'est quand même violent. Non, non, non, c'est la faute de sa mère. Au fur et à mesure du voyage, je comprends qu'il y a des choses qu'il a pu me dire qui ne sont pas tout à fait vraies. C'est-à-dire qu'il se présente comme l'homme parfait qui fait tout à la maison. J'apprends que finalement, il ne cuisine pas tant que ça, que les courses ne sont pas trop. Et surtout, qu'il est violent. Donc, je rappelle qu'il a deux adolescents.
Donc, c'est sa fille qui te parle.
Voilà.
Tu arrives à trouver des moments où elle se confie.
En fait, on n'est jamais seul. Et ce n'est pas qu'elle se confie, c'est que je pense qu'elle en a tellement marre qu'elle lui balance un peu ses cas de vérité comme peuvent le faire certains adolescents. Et moi, je suis là. je prends les balles perdues. Et là, elle explique, par exemple, que son frère était accro aux jeux vidéo et que la seule solution que lui ait trouvé pour gérer, c'est qu'il avait pris le PC et il l'avait éclaté contre le mur. Une autre fois, elle expliquait qu'elle était partie dans sa chambre s'enfermer et qu'il avait défoncé la porte de la chambre. Et j'essaye d'avoir une explication avec lui plus tard, et il me dit, mais c'est la faute de mon ex-femme. En fait, j'étais tellement mal quand j'étais avec elle. tellement dépressif, tellement mal, puis elle m'énervait, puis elle gérait pas les gosses. Donc en fait, on se retrouvait dans une situation où j'étais acculée, il n'y avait que ça à faire, mais c'était la faute de mon ex. Et moi, c'est pas que je gobe, je pense qu'au fond de moi, il y avait toujours ce truc, je suis trop bizarre de ce qu'il me raconte, mais je me laisse envahir. Puis c'est vrai que moi, ce que j'avais vu de son ex-femme, qui appelle sans arrêt, etc., je me disais, bon, ça doit être dur de vivre avec elle. Ce que je dois dire aussi, c'est qu'il a été extrêmement fin. Il n'a jamais commencé par me dire « mon ex-femme est folle » . Il a mené les choses au début à ce que les choses s'imposent d'elles-mêmes et qu'il n'y ait pas de défiance. J'imagine naturellement que oui, elle est sauvée. Et donc, ce voyage sur New York se passe de plus en plus mal avec beaucoup de non-dits. Je sens de la rancœur sur le divorce de sa fille par rapport à lui. Au final, la dernière nuit, au petit matin, il me réveille en me caressant et il me dit qu'il a envie de moi. Et là, moi je n'ai pas envie de sa fille d'or à me mettre. Et je lui dis que c'est hors de question. Et il insiste. Il continue à me caresser. En fait, je n'aime pas ce mot caresser parce que ça suppose qu'il y ait de la tendresse, que ce soit un acte d'amour. et en fait non il me touchait c'est plus ce terme c'était plus invasif c'était clairement pas consenti c'était clairement invasif et c'était clairement possessif et je lui ai dit non et je repousse sa main il recommence « Écoute, ta fille dort à juste à côté. » « Mais non, elle dort... » Je lui dis « Écoute, on ne sait pas si elle dort, c'est le petit matin... » « Non, mais de toute façon... » Et il insiste, il insiste. Et là, je me retrouve avec un cas de conscience. C'est-à-dire, soit pour l'arrêter définitivement, je suis obligée de crier et de dire « Stop ! » Et à ce moment-là, c'est sûr que je réveille sa fille. Et donc, quelle image elle aura de ce père ? Soit je ne dis rien, je me laisse faire. En espérant qu'elle dorme vraiment et qu'elle se rende compte de rien. Il est tellement insistant que je dis, bon, tu fais vite. On voit bien le « tu fais vite » qui est clairement une phrase de consentement.
Tu ne consentais pas du tout.
Mais clairement pas. Et puis, je n'avais pas de désir. Enfin, j'avais peur. Et ça ne m'excitait pas du tout, moi, d'être prise en flat par sa fille. Mais pas du tout. Peut-être que lui, ça l'a excité. Mais alors moi, pas du tout.
Ce qui est normal.
Oui. Il y a plein de fois qu'il te retrouve dans le rôle de voir appouter sa fille à lui. C'est ça. Voilà, il fait ce qu'il a à faire. Et je vois bien que la dernière journée se passe très mal. Je suis persuadée que sa fille nous a entendus. Je suis persuadée qu'elle était réveillée. Mais c'est impossible d'avoir une discussion avec elle, puisque de toute façon, au fur et à mesure, j'étais la sale belle-mère. Donc on est rentrés en France. Et ça a été un soulagement. Et là, je me suis dit, je ne peux pas continuer avec ce type. Ce n'est pas possible. Donc, je lui explique que non, ça ne va pas le faire. Et là, c'est la faute de ma fille, c'est la faute de sa mère. Mais écoute, je ne la prends plus. C'est ça qui est fou, en fait. Je lui explique que lui a un comportement déviant. Et il me répond, ce n'est pas ma faute, c'est mon ex-femme et ma fille. Donc, du coup, je ne vois plus ma fille. Alors que ce n'est pas du tout ce que je lui demandais. De toute façon, sa fille, il la voyait très très peu.
En aucun cas, il ne prend sa responsabilité. Jamais.
En fait, c'est quelqu'un qui va toujours porter la responsabilité de ses actes sur quelqu'un d'autre. Ce qui est très perturbant avec cet homme-là, c'est qu'il arrive à vous faire pincer et dire des choses qui ne sont pas... C'est quelqu'un de très affirmé. Le fait par exemple que je n'ai pas réussi à lui dire stop dès le démarrage de la relation que je ne sentais pas, ce n'est pas moi. Ce que je saurais bien plus tard, une fois que je serais partie et que j'aurais commencé à faire un suivi psychologique, c'est que l'emprise avait déjà commencé avant de se mettre en couple. En fait, il a utilisé ces six mois de bureau, de cohabitation pour me mettre sous emprise. Je n'ai jamais été amoureuse de lui. jamais. Effectivement, il est très grand, il a du charisme, mais son visage ne m'a jamais plu. Intellectuellement, c'est quelqu'un de très intelligent. On avait des sujets de conversation, sauf que je me rendrais compte avec le recul que ce type, c'est une coquille vide. Il va aimer les choses que vous aimez. Mais quand vous le prenez de façon individuelle, il n'y a rien. En fait, c'est quelqu'un qui va vous aspirer complètement et qui va vivre à travers. Moi, j'avais l'image d'un Harry Potter. Les personnages qui aspirent, en fait, par la bouche, l'âme, c'est exactement ça. Moi, c'est vraiment ça. C'est qu'avec le recul, parce que quand vous êtes dedans, vous ne voyez absolument pas. Et vous avez des tas de moments où vous pouvez partir et vous ne partez pas. Donc là, après ce séjour, moi, non, toujours pas, je ne pars pas. Oui,
tu essayes de lui dire c'est terminé. Et lui te dit, mais non, ce n'est pas terminé.
Ce n'est pas terminé. Donc il réessaye ses opérations de love bombing, puis de culpabilisation, ben en fait si tu me quittes, je vais être encore plus mal, et puis c'est pas moi, c'est parce que c'est mon ex-femme, parce que ma fille, parce que ma chère. Et en fait c'est tout le temps, ça s'arrête pas, ça s'arrête pas, vous avez pas de moment de répit pour vous poser. Et donc, ben ça continue, deux trois mois après on part en vacances, donc soi-disant il a des amis depuis toujours. qui nous propose de les rejoindre au fin fond de l'Espagne. Des super amis à lui vont parler, rejoindre. Et là, je découvre que déjà, ses amis sont tous en couple avec des ados, qu'en fait, ils se connaissaient tellement bien que quand il l'avait contacté pour lui proposer ce voyage, il découvrait qu'il était divorcé et qu'il avait eu un troisième enfant. Donc là, je me dis...
Pour des amis proches ?
Pour des amis super proches. proches, ils ne sont pas trop au courant. Et c'est très compliqué puisque ses amis ne parlent pas français. Donc je suis obligée de l'utiliser lui comme interprète. Ils ont tous 10 ans de plus. C'est compliqué. On n'a pas du tout la même existence. J'essaye de participer à la vie commune en proposant pour faire des courses, faire à manger, etc. Mais je me sens vraiment comme un cheveu sur la soupe. Ils ne savent pas ce que je fais ici et moi je ne sais pas ce que je fais là non plus. Alors lui, il est en mode couple à dos. Ses amis, ça fait 20 ans qu'ils sont mariés, ils ont tous des enfants, qu'ils sont souvent adolescents. Et lui, en fait, il a repris sa liberté de quadra et il veut qu'on passe notre temps au lit, au pieu. Et ils sont à côté. Et moi, je me sens mal à l'aise. Enfin, je me sens aussi super mal, parce que, comme je le dis, je ne peux pas parler avec eux. Je ne peux pas dialoguer, c'est compliqué. Je me retrouve à la merci de ce mec. Et en fait, à chaque fois, il me met dans des situations où je me sens mal à l'aise, où je n'ai pas mes repères, en fait. C'est là où je commence à réaliser, depuis New York et là, sexe, sexe, il n'y a que ça. Alors, il me fait passer la pilule en me disant... C'est normal, c'est le début d'un couple, qu'il a tellement de choses à apprendre, qu'il veut me connaître, etc. Mais ça ne ressemble pas à ce que j'ai vécu. Moi, j'avais déjà vécu un couple. Non, ça ne ressemblait pas. Puis après ce séjour avec des amis, on continue notre séjour de notre côté. Et là, pareil, toujours en demande d'un rapport sexuel. Et en plein milieu d'un rapport, il me demande un fist. Et là, j'hallucine. Je me dis, mais d'où ça sort ? je me rigidifie, j'arrête, et je suis hyper mal. Et puis lui, en fait, il ne comprend pas. Donc au bout d'un moment, j'arrive à trouver les mots pour lui dire, non mais en fait, tu te rends compte que tu me demandes, c'est quand même un truc super violent. Et lui, je trouve ça dégradant. Et il le demande en plein milieu d'un rapport.
Ce n'est pas avant, ce n'est pas après, ce n'est pas une discussion. Pas du tout. Est-ce que tu es ouverte à ça ? Absolument pas. Il te met sur le fait accompli.
Ah ouais, ouais, mais comme toujours.
Et puis c'est aussi complètement paradoxal, avec quelqu'un qui dit, je n'ai pas d'expérience. C'est ça.
Moi, je voyais bien que... Plus ça allait, plus ce « j'ai pas d'expérience » , ça collait pas. Ça sonnait faux. Et là, je me lève du lit. Je pense que j'étais carrément bordée d'armes. En plus, ça faisait dix jours qu'on était en voyage. Ça faisait dix jours qu'il me sautait dessus tout le temps. J'y arrivais plus. J'y arrivais plus. J'essaye d'avoir un dialogue avec lui, de lui expliquer que c'est pas possible. Et il me dit « mais tu sais, je t'aime tellement » . Et là, il m'explique que la personne avec qui il était avant moi, donc la femme qu'il avait rencontrée sur Internet, pour laquelle il avait quitté sa femme. En fait, elle était dans les rapports Sadomaso, Libertinage, Truc à plusieurs, Les Fistes, etc. Et que du coup, c'était une femme qui se définissait comme très libre. Il pensait que j'étais pareil. Mais tellement, il avait tellement peur de me perdre que d'emblée, il allait devancer mes envies et me les proposer. Et je lui dis, mais en fait, à quel moment je t'ai laissé penser que je ressemblais à cette femme ? Pas du tout. C'est très malin, c'est-à-dire... Il définit qu'il était extrêmement amoureux de cette femme. Et moi, je l'ai vu, très malheureux, qu'elle était très libre. Moi, je me définis comme libre, qu'elle faisait ce genre de pratiques. Donc du coup, moi aussi, je dois faire ce genre de pratiques. C'est pareil. En fait, il m'imposait de plus en plus la fellation. Je suis désolée, c'est un peu cru.
Non, mais c'est la réalité des choses.
Et en fait, je ne supportais pas. Avec lui, je ne supportais pas. Et en fait, il me laissait glisser de temps en temps des choses. Ah ben, comment... L'ex-femme, c'était la seule chose qu'elle faisait à peu près bien. Et donc en fait, il essayait de me mettre inconsciemment en concurrence. Tu vois, mon ex-femme, je l'ai quand même quittée, alors qu'elle, elle, elle faisait. Et toi, tu veux pas, si tu veux rester. Voilà. C'est toujours subtil. Mais c'est toujours hyper dégradant et j'ai l'impression à chaque fois de perdre des points de confiance en moi. C'est terrible. Alors qu'à la base, c'était un sujet où j'étais très à l'aise. Et donc, je rentre en France, après cette histoire de fistes, et je me dis, je vais le quitter.
À nouveau ?
À nouveau. Eh bien, toujours pas. Et là, je pense que c'est parce qu'il a commencé à attaquer clairement ma confiance en moi. Clairement. C'est comme si, sans lui, j'y arriverais pas. Ça fait à peu près six mois qu'on est ensemble. Alors, je le dis avec le recul, parce qu'à l'époque, je le voyais pas. Et je sens que je suis en train de me perdre. Ce qui est très difficile, c'est que... il va toujours résonner, mais dans un autre espace-temps. Et au bout d'un moment, s'il a décidé que le soleil était vert, il va tout faire pour que le soleil soit vert, et vous faire croire qu'il est vert. Et vous avez beau argumenter que ce n'est pas possible, vous le voyez, c'est justifié, c'est scientifique, c'est vert. Et à partir de là, vous êtes foutus, parce que vous perdez complètement vos repères. Si le soleil est vert, alors que toute votre vie, vous dites qu'il est jaune,
Vous savez plus où vous en êtes, vous avez perdu vos repères. Là, il a commencé à gagner, clairement. C'est ce qu'on appelle le gaslighting, qui est connu, qui est un terme utilisé pour parler des violences conjugales, et donc justement qui décrit très bien ça, le fait de présenter une autre réalité à quelqu'un, et de lui faire croire que cette réalité est une vérité. Ce qui fait qu'après, comme tu dis, pas de repères, et on se met à douter. Et en plus de ça, il ne laisse pas d'espace à ce que tu penses, à ce que tu es. Il te dit sans arrêt que ce que tu es, ce n'est pas assez bien, ce n'est pas comme ça qu'il faut être, que c'est lui qui sait, c'est lui qui te dit comment il faut être. Et à chaque fois, il te dit que tu n'es jamais assez bien. Au bout d'un moment, tu finis par te faire avoir. Et je pense que le fait aussi d'être quotidiennement proche de lui au bureau, c'est certainement aussi un élément qui a fait que pour t'en défaire, c'était extrêmement compliqué. Et à la maison, parce qu'en fait, le coucou a fait son nom. Donc il est venu chez toi. Oui, parce qu'en fait, très vite, il m'a amenée chez lui. Il avait une maison à location. C'était une porcherie. C'est-à-dire que vous aviez des rats dans la cuisine. Je n'osais même pas aller aux toilettes ou me doucher. C'était dégueulasse. Moi, je lui avais dit, écoute, je ne peux pas venir chez toi. Donc, c'est facile, on va chez elle. Donc, en fait, il vivait quasiment chez moi. Ça faisait à peu près 6-7 mois. Il m'explique qu'il a une maison à lui. On était en location, les locataires viennent de partir, et du coup, ça serait bien qu'on vive ensemble. Pour la petite anecdote, en fait, avec ma famille, on a été violentés des années dans notre maison, on a été agressés, et du coup, les maisons, c'est pas trop mon truc, je me sens en insécurité.
C'est du homejacking ? Ouais.
Du coup, il le savait, et il a quand même insisté. Au bout d'un moment, j'ai lâché. Donc j'étais encore plus à sa merci parce que 1 c'était chez lui et 2 c'est une maison, je suis en insécurité. Il a fait carton plein le gars. Il a tout fait pour que je puisse pas m'en sortir et que je sois vraiment sa merci en fait. Cette maison en fait, il y a beaucoup de travaux à faire. Je fais les travaux avec lui. Même d'oeuvres pas chères. Et surtout c'est là où arrive le contrôle économique, la théorie des pots de yaourt. que vous ne voyez pas arriver. Je lui dis, mais tu sais, ça me gêne, tu as un crédit à payer, est-ce que tu veux que je te paye un loyer ? Absolument pas. Tu me donnes de l'argent tous les mois, directement comme ça, ça me permettra de payer les factures et puis tu payeras les courses. Donc, c'est toujours tout à son nom. Et moi, tous les mois, je lui donne de l'argent. Tout ce qui n'est pas crédit, c'est pour moi. Et en plus, je paye les courses, parce que je me sens redevable, parce qu'il joue aussi sur ce truc de... Moi, je suis féministe, donc on partage. Donc, je ne me fais pas acheter. Voilà. Alors, à l'époque, il m'explique qu'on gagne la même chose. Quelques années plus tard, quand je verrai son salaire, je verrai qu'on ne gagne pas du tout la même chose. Il m'a complètement vidée. Je compte son bac.
Dans tous les sens du terme.
Dans tous les sens. Donc là, cette maison, on va y habiter. Je ne suis pas à l'aise. La relation, elle est de plus en plus difficile. Il n'y a plus du tout de conversation. La sexualité, il n'y a que ça qui compte. Quand j'essaye de discuter avec lui, il m'explique que c'est parce qu'il n'y a pas assez de sexe. A chaque fois, tout, tout, tout, c'est le sexe et c'est ma faute. Il en veut de plus en plus, alors que moi j'ai de moins en moins envie. Il ne cherche pas à créer l'envie. Lui, il met la main dans la culotte, il ne comprend pas que je ne mouille pas. Quand je fais le ménage, je me rends compte qu'il y a beaucoup de livres pornos, des trucs super trash. Et il me dit, bah ouais, c'est parce que tu fais pas. Il veut des pratiques de plus en plus dures, donc ce qu'il aime, c'est le band-aid, ces trucs très extrêmes. On passe vraiment de tout à rien, quoi. Sur le mec presque timide, qui n'ose pas me toucher un téton, le gars qui est dans du SM super dur. C'est incompréhensible, et moi je n'accepte pas, parce qu'il me fait peur. Au fond de moi, il y a cette peur. J'ai l'impression qu'il s'arrêtera pas, et j'ai peur pour ma vie. Mais j'avais vraiment peur pour ma vie. Pendant très longtemps, je me suis dit que personne ne me croira. Et en même temps, je me dis, je pense qu'il y a certaines choses que j'aurais acceptées. Je suis sûre que je serais morte et je ne serais plus là pour témoigner. Il y a des moments où il est très Bouddha. Et puis, il y a des moments où il monte en surpression. Et vous ne savez pas comment il va réagir. Et pourtant, de l'extérieur, il fait très poser. Moi, je me rappelle une des premières fois où j'ai vu sa mère. Sa mère lui reprend une veste de costume. Et là, je vois qu'elle prend des pincettes pour lui parler. Je l'interroge. Je dis, quand même, c'est un peu bizarre de parler comme ça à son fils. Et là, elle m'explique qu'il a tendance à se mettre rapidement en colère. Du coup, on ne sait jamais ce qu'il va dire, comment il va faire. Et du coup, elle lui parle avec des pincettes. Et en fait, je lui avais dit, mais c'est bizarre la façon dont ta mère se comportait avec toi. Pareil, ils ne se remettaient pas en question. C'était sa mère qui était le problème.
Et il avait un père ? Oui,
un père. Oui, ses parents vivaient ensemble. C'est une famille d'immigrés. Les parents sont en alphabète, donc ils n'ont pas fait d'études. Lui, c'est quelqu'un qui a fait des brillantes études. Et du coup, ils n'osaient pas trop s'affirmer face à lui.
Et il avait des frères et sœurs.
Tout à fait. Et il s'est fâché avec ses frères. En fait, c'est très compliqué, parce que je n'ai jamais vraiment su la vérité. Et c'est vrai que je les avais vus une fois ensemble, les deux frères. Et il y avait un rapport de force qui s'était installé avec mon ex-mari qui... qui bouffait le crâne, en fait. Et j'avais trouvé ça super violent. Ils m'avaient dit, non, mais c'est les rapports fraternels. Mais il a toujours des relations violentes, en fait. Je vais mettre un bémol, parce que, effectivement, j'ai eu cette image de la soumission de par sa mère. Et en réalité, je pense que sa mère est quand même le nœud de l'histoire. Et elle manœuvrait beaucoup, toujours en mode plaintif. Un peu comme lui au démarrage de notre relation. Il ne disait pas les choses en direct, c'était toujours dévié. Il y a quelque chose de pas net, il y a beaucoup de non-dit dans cette famille, beaucoup de violences larvées. Donc lui qui me parlait beaucoup de développement personnel, les accords Toltec, etc. J'ai découvert que son livre de chevet, mais au sens littéral du terme, c'était le livre petit traité de manipulation à l'égard des honnêtes gens. Donc il était vraiment dans ce truc-là. Lui, c'est la possession de la personne. C'est vrai que quand j'ai vécu avec lui, chez lui, j'étais vraiment... J'étais une merde, en fait. Là, j'étais vraiment devenue un fantôme avec quelqu'un qui me traquait parce qu'il avait des besoins sexuels. C'était pas le missionnaire et la levrette, quoi. Parce que ce qu'il voulait, c'était autre chose. Je me rappelle une fois où ça s'était pas passé comme il voulait. Il ouvre la fenêtre, on habite dans un lotissement. Et il se met à hurler, putain mais j'en ai marre, elle est frigide celle-là. Je peux vous dire que tous les voisins l'ont entendu. Je rasais les murs. C'était ça tout le temps. Si je refusais un rapport, il ne me parlait pas pendant trois jours. Moi le travail ça n'allait toujours pas bien. Il ne faisait rien pour m'aider. C'est-à-dire que quand j'ai eu des opportunités d'embauche dans d'autres boîtes, c'était soit, de toute façon c'est mal payé, c'est de la merde. où c'était, non mais en fait, il faut que tu déménages, moi je te quitte, pas de relation en distance, tu te démerdes, et j'avais tellement pas confiance en moi, il m'avait tellement détruit que je me disais, bah recommencer un nouveau boulot, une nouvelle vie, j'en suis incapable, c'était ma béquille ce mec, j'arrivais plus à penser sans lui, alors que j'aurais posé ça sur une feuille, j'aurais bien vu que, en fait il me servait à rien, il était plutôt en train de me défoncer, mais non, il m'avait saccagé. Et on faisait quand même le tri au niveau des amitiés. On était partis par exemple en vacances avec un couple d'amis à moi. Pendant tout le séjour, il essaye de me mettre la main dans la culotte. Ils sont à côté. Je suis super mal. Dans la nuit, il me demande un rapport sexuel. Là, franchement, je suis ferme et je refuse. Qu'est-ce qu'il fait ? Il claque la porte à 2h du matin. Son 10 ans, il va aller jouer au casino. Aujourd'hui, je suis sûre qu'il s'est payé une pute. Et mes amis qui me disent au petit matin, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant tout le séjour, il était sur les dents. à hurler, par exemple, après un serveur qui fait une erreur dans une commande. En fait, toujours en mode viril, quoi. Moi, c'est des coronesses, quoi. Moi, je suis viril, moi, je gueule. Mes amis, pas du tout. Et je sens qu'ils s'éloignent. Il me met toujours dans des situations compliquées. Par exemple, c'est un fan de naturisme. Donc, il va m'expliquer qu'il s'est mis au naturisme très tard, quand il a quitté sa femme, parce qu'il avait besoin de liberté, de son corps, abolir le textile. Enfin, voilà. Toujours un discours... Du mec vachement ouvert, je me remets en question. Sauf que, concrètement, ce qu'il aime, c'est mater et être maté. Que, en gros, c'est bronzé bite contre bite. C'est pas du tout la nature qui l'intéresse. Et moi, le naturisme ne m'intéresse pas, et encore moins dans cette optique-là. Il le sait pertinemment, on a déjà eu plein de discussions avec ça, je suis coincée, je m'en tape, c'est non. Et un jour, on part en vacances à l'étranger. et me dire que j'ai repéré une super petite plage, on y va, ok. Et là, on se retrouve dans un endroit super paumé, je descends sur la plage et là je ne vois que des gens à poil. Je me retourne, je dis, c'est quoi ce plan pourri ? Non mais c'est bon, tu peux garder le maillot. Ce n'est pas que je veux garder le maillot, c'est que je n'ai pas envie de me retrouver sur une plage avec des gens à poil. Moi quand je lève les yeux, je regarde la mer, je n'ai pas envie de regarder une paire de boules. Il me dit, tu vois, c'est toi la vicieuse, c'est toi qui mate. Tu vois, tu es vraiment une grosse vicieuse, une grosse dégueulasse. Je lui dis, non, tu me ramènes à l'hôtel. Non, c'est ma bagnole, tu te démerdes. Je parle. Je ne parle pas la langue du pays, je ne sais même pas où on est. Je suis bloquée. J'ai passé mon après-midi très mal à l'aise à regarder mon livre. Et lui, il était heureux. C'était ça tout le temps. Je n'avais pas d'autre solution. J'étais soumise. Et je n'arrivais même pas à le réaliser. Mais moi, qu'est-ce que je veux ? Et en fait, j'oubliais complètement ce que je voulais. Je n'avais plus de place. Ça faisait des mois, voire des années, qu'il m'expliquait que j'étais frigide, que j'étais nulle. À l'époque, j'étais allée voir une psychologue. Donc c'était au tout début de notre couple, parce que je me posais des questions. Je ne suis pas bien avec lui, je ne suis pas bien à mon travail, je veux retourner dans ma région. Je lui dis, mais moi j'en peux plus. J'en peux plus de ces assauts. Et elle me dit, non mais vous savez, ce profil-là, il est très mal dans sa virilité. Si vous lui dites quelque chose, il s'effondre. Prenez sur vous. Et à partir de là, pour moi, je me tais. Je n'aime pas la personne. C'est moi le problème, effectivement. C'est moi qui ai un problème avec la sexualité, c'est moi qui suis nulle, c'est moi qui ne veux pas. Contrairement aux beaucoup de femmes qui témoignent du contrôle coercitif et des violences conjugales, de façon générale, on parle d'un mec qui les contrôlait, c'est-à-dire qui leur empêchait de se maquiller, qui les traitait de salopes parce qu'elles parlaient à un mec, qui leur empêchait de se mettre un jupe. Moi, j'avais tout l'inverse. Moi, c'était un type qui aurait aimé que je m'habille sans culotte, en mini-jupe. En gros, on fait profiter la terre. C'est un mec qui aurait aimé que je sois super vulgaire, très aguicheuse. Il était très dans le partage en fait. Ce qu'il voulait c'était du libertinage. Et c'est pas du tout mon truc. Moi j'étais quelqu'un de très coquet. En fait à la fin je voyais bien que je m'habillais plus. On voyait l'impact, je me maquillais beaucoup moins, je m'habillais beaucoup moins. Si j'avais le malheur de mettre des portes jartelles, parce que c'est quelque chose que je faisais mais pour moi, ou un string. J'étais foutue parce que ça voulait dire que j'avais envie de sexe. Ça ne veut pas dire que je mets un string parce que je ne veux pas que ça se voit à travers le pantalon. C'est alerte rouge de suite. Il faut qu'il m'attrape contre un mur. J'étais un objet. C'est pareil, si je refusais un rapport, il se masturbait de façon hyper bruyante à côté de moi dans le lit. Et j'étais humiliée. Et je lui disais, il me disait, en fait, t'as qu'à être disponible. C'était sa phrase. Donc en fait, moi, je n'en approuvais plus de ces assauts sexuels. Je l'ai quitté une première fois, je lui ai dit que là j'en peux plus, je n'ai jamais mis le mot de violence. Donc je le quitte et il ne comprend pas que je le quitte, en fait il pense que c'est une blague. Je lui ai dit non en fait j'en peux plus, je m'en vais, de toute façon je ne suis pas heureuse avec toi, tu n'es pas heureuse avec moi, je m'en vais. Quelques jours après je lui ai dit bah voilà j'ai trouvé un appartement, je m'en vais. Et là papa n'est qu'à mort parce qu'il ne pensait pas que je mettrais entre guillemets mes menaces à exécution, donc changement de comportement. Plus agressif. Et surtout, un jour, je vais prendre l'apéro chez un couple d'amis. Et il m'appelle. Une fois, deux fois, trois fois. Il assiste. Ce n'est pas du tout son genre. Je prends l'appel. Et il me dit, t'es où ? Je lui explique que je prends l'apéro chez des amis. Tu rentres à quelle heure ? Officiellement, on n'était plus en couple. Donc, je rentre quand j'ai fini. Approche. Et puis, continue, continue. Et puis, plus je décrochais, et plus il rentrait dans le dur. De toute façon, là... Ce que je vais faire, c'est que je vais aller au premier bar, je vais me pourrer la gueule, et après, je prends la bagnole, je vais me foutre en l'air, de toute façon, ce sera ta faute, etc. Et là, j'essaie de le calmer, mais je vois qu'il n'y a rien à faire. Mes amis sont apeurés, parce qu'en plus, eux avaient vu son côté violent. C'est des amis que j'avais depuis des années, ils voyaient mon état se dégrader. Ils avaient compris, en fait. Mais on ne parlait pas de violence conjugale, à l'époque, parce que la violence conjugale restait... On va dire dans l'imaginaire de la femme battue, le type qui picole. Je dis bon ben là je vais rentrer parce que j'ai peur qu'il fasse une connerie. Il ne rentre pas, il ne rentre pas. Je dis non mais il va faire une connerie, là je rentre. On passe une bonne partie de la nuit à essayer de discuter pour le calmer. Ça se passe tant bien que mal. Au final, je le quitte. Définitivement, je prends mon logement. Et très vite, il vient. en regrattant à la porte, perdu sans moi, il ne mange plus, il est malheureux, il a fait un gros travail sur lui-même. J'ai dit, écoute, on peut être amis, parce que moi, j'avais retrouvé une paix. J'avais plus ces assauts parce que moi, tous les soirs, j'avais la trouille en allant me coucher. Parce que je savais, je savais que j'allais y passer. Ou en tout cas, qu'il y aurait une pression. Parce que je n'acceptais pas à chaque fois. Mais voilà, après je le payais. Ce n'était pas gratuit, mon refus. Donc je me sentais vachement bien. Et lui, il continuait à gratter à ma porte, en se mettant en victime. Après, j'ai compris, j'ai fait un gros travail sur moi-même. Alors, spoiler, il a fait plein de travaux sur lui-même, mais jamais avec un psy. Ça ne marche pas trop, trop. Et j'ai compris, j'ai un problème avec l'attachement, l'engagement. Donc, je veux t'épouser. Épouse-moi. En fait, on n'est plus ensemble. Donc, je n'ai pas envie de revenir avec toi. Alors, love bombing, là, ça ne marchait pas. Love bombing, mais il était en mode victime. Je découvre aussi par hasard qu'à l'occasion de ses passages chez moi, parce qu'il est squatté chez moi, clairement. Il avait volé un double de clé, mais bon, impossible de le prouver. Et puis au bout de 6-9 mois, et à ce moment-là, depuis plusieurs années, on était déjà pris dans le même bureau, mais il passe me voir. Ça s'était mal passé avec mon chef, j'étais vraiment à craindre. Le hasard fait qu'il arrive, et là, c'est l'épaule salutaire. Donc on se remet dans la même configuration que quelques années auparavant. Peut-être qu'il a compris, c'est peut-être l'épaule qu'il me faut. Et puis il a cette image auprès de mes proches, de ce mec dix ans de plus, Bouddha, très calme. Il est toujours très calme, en fait, devant les autres. En fait, c'est le Bouddha, c'était l'image extérieure. Et moi, ce que je vivais, c'était le mec qui était toujours en colère. Et il m'expliquait que son comportement, en fait, il n'arrivait pas à me l'expliquer. Ou quand il me l'expliquait, c'était parce que je ne donnais pas assez de sexe. Il n'y avait que ça qui l'intéressait. Et c'était terrible parce que... Il n'y avait pas de dialogue possible. C'était le sexe, Alors ce que j'ai appris beaucoup plus tard, c'est qu'il était connu au travail pour des faits de harcèlement. Moral. Certaines personnes m'ont parlé de lui, comme moi je l'ai vu. Mais chacun se tait, parce que tout le monde a peur. Donc voilà, il arrive à me reconquérir. Donc on se met ensemble, et entre-temps, je reste dans cette entreprise, mais je change de poste. J'ai un poste qui, pour une fois, me plaît énormément, qui nécessite beaucoup de déplacement. On se met ensemble et on se voit peu. Moi, je suis épanouie professionnellement. Lui, je vois qu'il y va un peu plus mollo sur ses demandes. Puis en plus, il est arrivé sur ses histoires de rapports sexuels, de demandes, à me faire accepter que c'est un homme, donc il a des besoins plus forts. Donc on est dans ce patriarcat où la virilité passe par la sexualité, que j'ai un besoin plus fort, c'est normal, c'est comme ça. Et puis il y a ce truc sous-jacent de... Si tu ne le fais pas, je te quitte ou je te trompe. En fait, en gros, il se trouvait déjà des excuses pour aller voir ailleurs. Et alors que toi qui voulais le quitter, tu avais peur qu'il te quitte. C'est ça. Un homme aime le sexe. Toi, regarde, tu n'aimes pas ça, tu as un problème.
Donc si lui te quitte, tu ne retrouveras pas quelqu'un de toute façon. Puisque toi, tu n'es pas la personne qu'il faut pour un homme. Tu n'es pas la femme qu'il faut pour un homme. Tu ne te comportes pas comme il faut.
En fait, pendant les neuf mois où on n'était plus ensemble, je commençais à reprendre une goulée d'air. Et bien en fait, de me reconstruire. Mais il était toujours enfant, donc la reconstruction n'était pas totale. Très vite, il me repropose la vie à deux, puisqu'il m'explique qu'il a vendu sa maison, celle qu'on avait retapée à deux. Donc en fait, il revient loger chez moi, puisqu'il se retrouve à la rue. Donc j'accepte, et là, on ne fait que se croiser. Je vois qu'il y a toujours ce rapport à la sexualité qui est compliqué, mais bon, il met de l'eau dans son vin. Une chose que j'ai oublié de dire, c'est qu'il m'empêchait de dormir. C'est-à-dire que... C'est quelqu'un qui dort peu. Moi, je dors, on va dire, normalement, mais j'ai un sommeil léger. Plusieurs fois, je lui ai dit, quand il rentrait se coucher, vers une heure du matin, c'était avec beaucoup de bruit. Le matin, il se levait très tôt. Bah, pareil, beaucoup de bruit. Je ne sais même pas si c'était volontaire, mais il s'en foutait roi, non. J'étais épuisée, en fait. Et puis, au bout de peut-être même pas un an, à l'occasion d'un contrôle médical, j'apprends que j'ai un bruit. problème qui fait que j'aurai difficilement des enfants. Je vais vers mes 38 ans. Les enfants, ce n'est pas une fin en soi pour moi. Je pense aussi que ça ne l'était pas parce que j'étais avec cet homme-là. Je sors de cet examen, mais complètement abattue. On m'explique que je n'ai j'ai toute chance d'avoir un enfant naturellement. Et que si j'en veux un, il faudra passer par une PMA et qu'il faut enclencher ça immédiatement. Je rentre à la maison, je lui explique. Et il me dit, depuis le temps que je te demandais un enfant, et tu serais tellement belle en maman, une femme enceinte, c'est tellement beau. Là, on n'est plus sur du love bombing, on est sur du baby bombing. Mais en même temps, je dois faire tout un tas de tests pour confirmer mon problème. Il ne vient jamais. On m'explique que si il y a une PMA, lui, en fait, il est quand même âgé. Il n'est pas sur ses 50 ans. Du coup, il y a des fortes chances qu'il est quand même multiplement. problèmes de spermatozoïdes, il faudra faire les fameuses éprouvettes. Et là, absolument pas. J'ai déjà trois enfants. Tu les as eus à 25 ans et 40 ans. J'ai une espèce d'épée d'amoclès parce que je dois donner des réponses très rapidement aux gynécos. Je viens d'apprendre que mon père est gravement malade et je sais que c'est quelque chose qu'il aurait aimé me voir avec un enfant. Il y a tout ça qui s'accumule. Donc on y va. Mais ça se passe extrêmement mal avec sa première femme. Ça se passe extrêmement mal avec ses enfants. Ses enfants qu'il ne voit plus, à part le dernier. Les rares fois où il le prend, c'est moi qui m'en occupe. Et je me dis, si un enfant, ça va être très compliqué vis-à-vis des autres enfants. Donc j'accepte enfin sa troisième demande à mariage. Donc on décide de se marier assez rapidement. Pour moi, c'est vraiment très très administratif en fait. Et puis parce qu'il arrive à me convaincre que ça sera plus facile pour faire une PMA si on est marié, sur les papiers, enfin voilà. Donc on se marie. Pour la petite histoire, moi je demande un contrat de mariage. Moi j'ai rien. Lui, il n'a jamais été honnête ni sur son salaire, ni sur ses biens, mais je sais qu'il a pas mal d'argent de côté. Mais je demande quand même un contrat de mariage. Et on doit faire trois notaires parce qu'à chaque fois, il veut un contrat où en gros, s'il lui arrive quelque chose, j'ai accès à rien. Ça part à ses enfants et puis moi, je m'en trouve à la rue. Mais si moi, il m'arrive quelque chose, il récupère tout. Donc, trois notaires pour lui faire comprendre que ce n'est pas un vrai contrat de mariage. Je me dis, mais en fait, à quel moment tu peux imaginer mettre ta femme à la rue ? C'est complètement hallucinant. Lui, ça ne le choquait pas le moins du monde. Et moi, franchement, des alertes rouges, mais j'en avais déjà eu tellement, j'étais cramoisie dans ma tête. Donc on fait ce contrat, on se marie. On avait décidé de se marier à l'étranger et le faire reconnaître en France. C'était à l'île Maurice. On se marie à deux. Il n'y a pas de témoin, il n'y a rien. Ça servira de l'une de miel en même temps. Et le voyage ne se passe pas du tout comme espéré. Donc on perd nos bagages, lui il est extrêmement tendu dès qu'on arrive sur l'île, il est tout le temps en colère. Donc moi à chaque fois j'arrive à lui trouver des excuses, je me dis ça doit être la pression du mariage, le stress, la perte des valises. A chaque fois j'essaie de me rassurer, je me crée une fable en fait. La veille du mariage, il arrive vers moi, il est énervé, il est furieux en me disant « Putain, mais j'en ai marre ! C'est quoi cet hôtel de merde ? On m'a volé mes affaires ! » « J'avais tout laissé à la piscine, c'est quoi ces connards ? » Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que l'hôtel a deux piscines, et que lui s'est trompé deux piscines. Voilà.
C'est quand même assez.
Mais il pétait un câble, quoi. Donc moi, j'avais un mec à côté de moi, c'était un taureau, quoi. Donc j'avais super peur. Il faut savoir qu'à l'époque, ces notions de peur, je les vivais corporellement, mais j'étais... incapable d'intellectualiser cette émotion. Donc, c'est la veille de notre nuit avant le mariage. Donc, il est très énervé toute la journée. Le soir, on rentre dans la chambre. Là, il me balance sur le lit et il me viole. En me balançant sur le lit, il m'explique que de toute façon, j'en ai marre. T'as un problème avec le sexe, si tu veux qu'on se marie demain, t'as intérêt à t'y mettre et t'as pas intérêt à faire l'étoile de mer. Non seulement il me viole, mais en plus je dois participer à mon propre viol. Je suis à des milliers de kilomètres de ma famille, de mes proches, j'ai peur de lui, je dors pas de la nuit en me disant mais qu'est-ce que je fais, je me marie, je me marie pas. Il y a cette histoire de bébé au bout, parce qu'au fur et à mesure... Je me dis que c'est peut-être ma seule chance d'être maman. Et en même temps, j'ai confiance que ce n'est pas possible. Je suis paumée, j'ai peur. Il faut savoir que je ne peux pas prendre la pilule, je ne peux pas avoir de stérilet, pour des raisons gynéco. Et du coup, en fait, on se protégeait toujours au préservatif. Et en fait, pendant ce rapport, en fait, ils retirent le préservatif. Et je m'en rends compte et je me dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Bah, tu le veux ton gamin. Et là, le piège, il était refermé. Parce que même si j'avais très peu de chance d'avoir un enfant naturellement, je m'étais dit... Je suis peut-être 37. Je ne peux pas partir. Donc, voilà, on s'est mariés. Les images, elles sont jolies. Du coup, on rentre en France. Et puis, la vie continue. Moi, je m'interroge beaucoup. Tous les rendez-vous sont pris pour commencer la PMA. Et un mois avant, ça commence à émerger. Ça fait que je ne peux plus continuer comme ça. J'ai pas besoin d'un enfant pour vivre. Je suis mal avec ce mec. Je veux rentrer à Paris. Je sais pas comment je vais lui dire, mais je vais m'organiser, je vais me barrer. À un moment donné, je me dis, c'est la dernière fois qu'il me touche. Et c'est à ce rapport-là où je suis tombée enceinte. À partir de là, je me dis, non mais en fait, tu délirais complètement, mon pauvre fille. C'est les hormones qui te faisaient parler. Ce mec, il est super. Tu vois le mal partout. C'est vraiment qu'une question d'hormones, tout va bien se passer. Pour la petite histoire, pour un mec qui voulait absolument avoir un enfant de moi, qui mettait la pression, qui trouvait une femme en scène super belle, quand je fais mon test de grossesse, puis après je vais faire ma prise de sang, donc je lui envoie les photos par SMS, je n'ai pas de réponse. J'ai un laconic tessurant en fin d'après-midi, pour des messages envoyés dans la matinée. Le soir, il rentre super tard. Je ne vois pas le mec heureux, je ne comprends pas, je m'interroge en fait. Et moi, je sais que je suis enceinte, je porte la vie, je me sens responsable de cet enfant, je l'aime déjà, je m'accroche. Ma grossesse est à risque, donc il faut absolument que je trouve un gynéco spécialisé dans ma problématique très rapidement. Au premier mois de grossesse, je vois ce spécialiste, il m'accompagne, et à ce moment-là... il fait le forcing pour que je m'arrête de travailler. Moi, je ne veux pas. Moi, je veux garder ma liberté. Alors, c'est vrai, je ne peux plus faire mes déplacements, je dois faire attention, mais pour moi, c'était ma bouffée d'oxygène, ce travail. Puis, je voyais du monde, ça me plaisait, intellectuellement, j'étais stimulée. Et lui, en fait, il ne lâche pas jusqu'à ce que le gynéco me mette en arrêt. Et là, c'est le début de la fin. C'est le début de l'isolement. Je n'ai pas le droit de parler de ma grossesse. Ils rentrent de plus en plus tard du travail. Je n'ai jamais un mot gentil. On rentre vraiment dans le dur. Ils ne me parlent plus. Donc je continue à travailler un petit peu depuis chez moi. Parce que ma boîte a malheureusement pas bien compris la différence entre un arrêt maladie et du télétravail. Mais bon, ça m'occupe l'esprit. La fin du premier trimestre arrive. On ne savait vraiment pas si on allait passer ce premier trimestre. Donc là, c'est miraculeux, j'y arrive. On va pour l'annoncer. En fait, ils m'autorisent à le lancer, parce que c'est comme ça. Et puis, je décide de reprendre le travail. Le gynéco n'est pas ravi, mais j'ai dit, écoutez, moi, j'ai besoin de reprendre le travail. Je retourne bosser. Et peut-être au bout d'une semaine, dix jours, mon manager m'appelle pour m'expliquer que ma promotion que j'attendais depuis deux ans, je n'aurai pas, puisque j'étais enceinte, que de toute façon, je ne servais à rien. La preuve, j'étais absente pendant deux mois. Ça, ce n'est pas vu. Bah ouais, c'est parce que je travaille depuis chez moi, que mes affaires ont été diluées sur d'autres personnes. Et je me retrouve sans rien en fait. C'est hyper violent, c'est de la discrimination, c'est interdit. C'est une boîte qui s'affiche comme vraiment ils sont taqués dans le rapport homme-femme. Sauf que la réalité c'est ça. Et que je ne suis pas la seule à l'avoir vécu. Bref. Moi, je me prends ça, mais je me prends un train dans la tronche. Parce que le travail c'était vraiment le dernier truc. qui me tenaient. À partir de là, en fait, je rentre chez moi et au toilette, j'ai du sang, je fais un décollement placentaire. Donc, direction les urgences. Aux urgences, là, on me dit, il ne faut plus retourner là, il faut se reposer. Et moi, je suis en boucle sur le travail. Lui, je le rappelle, il travaille dans la même boîte et puis il m'explique, tu la connais, la boîte, elle est comme ça, c'est normal. C'est doublement gagnant pour lui parce que ce que je comprends avec du recul, c'est que même s'il gagnait beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi, j'avais un poste qui était beaucoup plus intéressant et beaucoup plus exposé, donc plus valorisé. Et je pense qu'il y avait cette jalousie. En fait, d'une pierre, on fait deux coups, c'est-à-dire qu'on supprime... cet aspect-là, je suis revenue à ma place, donc tout en bas, et ensuite, bah ouais, effectivement, ça y est, c'est parti, on déroule le tapis rouge, quoi, ce que j'apprendrai plus tard, c'est qu'il expliquera aux amis, qui sont souvent des amis, collègues, que je suis fatiguée, donc faut pas m'embêter, faut pas me téléphoner, faut pas m'appeler, faut pas venir, donc tout passe par lui, il transmet évidemment pas les messages, donc moi, je me dis, bah en fait, j'ai pas de retour, quoi. Moi, je vais peu vers les gens, du coup, parce que je ne me sens pas bien. Ensuite, il rentre toujours encore plus tard. C'est le refus de parler du bébé. Donc, même pour parler du prénom, etc., il ne veut pas en parler. Je demande à ce qu'on fasse des achats hors de question. J'achèterai le jour au tour à coucher. Je pars à Carrefour et j'achète tout. Ça suffira. Je lui dis, mais en fait, c'est mon plaisir. Non, non, je n'en ai rien à foutre. C'est comme ça. C'est d'une violence terrible. En fait, je ne suis pas du tout reconnue comme... une future maman. Et lui qui me disait tout le temps une femme ancienne c'est si belle, je voyais du dégoût dans son regard. Du coup là, je commence vraiment à me dire on est complet. Moi pour ma grossesse je suis obligée d'aller à l'hôpital tous les 15 jours et à ce moment-là une sage-femme me dit écoutez, je vois que ça va pas psychiquement, je vois que vous commencez à plus faire trop le lien avec le bébé, moi je vous propose d'aller voir un psychologue. J'étais quand même assez échaudée avec ce que j'avais vécu, mais bon pour le bébé j'accepte. Donc je vois cette psychologue, à peu près vers mes 6 mois de grossesse, mais je ne parle que du travail, ce qu'il m'a fait. Lui, je le préserve tout le temps. Chaque fois, il m'accompagne, mais chaque fois, je trouve une excuse. Je pense que je ne veux pas qu'on me voit. Donc moi, je vois cette psychologue, on ne parle que du travail, mais on arrive à remettre le lien avec le bébé, ce qui était le but. Mais elle continue à vouloir me voir. Ce que j'ai oublié de dire et qui est hyper important, c'est que... J'étais au premier trimestre, et en fait, je lui avais dit que ce serait bien qu'on aille voir une thérapeute de couple. Et il m'avait dit, non mais on va voir une sexologue, parce qu'elle va te dire que c'est toi le problème. Je concède à ce qu'elle soit sexologue, on y va. Et peut-être à la troisième séance, ou quatrième, je parle de ce qui s'est passé quand on s'est mariés, je parle du viol. Et j'emploie le terme de viol. Et là, en fait, Oscar de l'année, donc il se met... Le visage entre les mains, mais comment tu peux penser ça de moi ? Mais je suis un être monstrueux si tu dis ça. Enfin voilà, c'est vraiment les larmes de crocodile devant la nana. Moi, je suis super mal. Enfin voilà, j'ai l'impression d'avoir trahi. J'ai l'impression, voilà, comme d'habitude. Les rôles s'inversent. Les rôles s'inversent et surtout, c'est moi qui est mal interprétée en fait. Du coup, on rentre à la maison et là à la maison, mais pour qui tu me prends ? T'as qu'à me quitter, démerde-toi toute seule. Enfin, bah en fait, au bout d'une heure... Je m'excuse. Voilà, et là, je dois dire, encore une fois, vous parlez avec une femme qui est soi-disant thérapeute de couple, sexologue, vous évoquez la notion de viol, cette femme, et bien, à aucun moment donné, elle m'a dit, 39-19, Madame, effectivement, il y a un problème dans votre couple. Elle l'a écoutée, en fait, sans prendre position. C'est ça. Les signaux d'alerte, ils étaient là. Et même, elle aurait pu le faire après coup, à la légende. Moi, on m'a expliqué qu'il avait des... problème sexuel qu'en fait il fallait que en gros je m'écrase, là j'explique qu'il me viole et on me dit rien donc je me dis effectivement c'est moi le problème c'est pour ça que cette psychologue à l'hôpital je protège mon mari parce que je me dis mais on ne me croira pas et puis je veux être dans ce déni là parce que ça me protège je suis à 6 mois de grossesse je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso, donc c'est quelqu'un qui compartimente extrêmement bien sa vie qui a plusieurs alias plusieurs vies qui cache tout. Là, c'est le hasard complet qui fait que je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso. Puisqu'en fait, il essaie de traîner des alias. Je ne sais pas, je me mets ennuyée à la maison. Et je mets cet alias dans Google. Et là, je tombe sur un site de rencontre sadomaso. Et l'alias correspond exactement au profil de mon ex-mari. Je ne suis pas étonnée. Et en même temps, je suis effondrée. Donc, j'essaye de le confondre le soir. Il m'explique que... plus que non, et il arrive au bout d'une heure ou deux à me remettre dans ce voile de déni. Bon, c'est pas lui, mais quand j'ai retapé l'alias le lendemain, le profil avait disparu. Je n'en parle pas à la psychologue de l'hôpital. On va continuer, on a la préparation à l'accouchement, mais il n'est pas intéressé parce qu'il a déjà eu trois enfants. Et il décide qu'il viendra la moitié d'entre elles, et en plus il vient en retard, il ne s'investit pas. Et un jour il vient, et c'est la séance où on parle de la péridurale. Et il rentre, il voit la péridurale et il commence à s'évanouir. Donc il y a d'autres couples, donc tout le monde sourit un petit peu. La sage-femme me dit, écoutez, allez vous asseoir, vous allonger, prenez un sucre. Et moi, comme d'habitude, je le défends. Oui, alors il a été malade, ce n'est pas sa faute, il est encore fragile. La sage-femme me dit, non mais vous savez, ce n'est pas le premier papa. Je dis, non, non, non, ce n'est pas ce que vous croyez vraiment. Mais toujours à le défendre. Je dois le protéger parce que je sais que si son image, elle est mise à mal, c'est moi qui vais payer. Arriver à la maison, après qu'il ait pris son sucre, qu'il soit reposé, pareil, il me défonce. « Ouais, t'as vu pour qui tu me fais passer ? » Je dis « Mais non, j'ai expliqué que t'avais été... » « Ouais, c'est de ta faute. » Je m'en prends plein la gueule. Il est toujours furax contre moi. Je ne sais plus quoi faire, en fait. Je n'ai pas de maternité possible. Donc, par exemple, quand le bébé, à un certain stade de grossesse, on peut voir son pied, on peut voir sa main. Moi, je suis toute contente. Je lui dis « Regarde, regarde le bébé. Fais une photo, une vidéo. » Il ne lève même pas les yeux de son Candy Crush. Et il me dit « Et alors, je m'en fous. » Je trouve ça violent pour moi et encore plus pour l'enfant. Et les seuls moments où j'ai eu le droit d'être une future maman, c'est quand je suis à l'hôpital. C'est absolument terrible de se dire qu'on est reconnu comme une future maman, que si on voit sa psychologue ou sa sacha ou son gynéco à l'hôpital. Horrible. Et donc la psychologue, elle essaye de me faire avancer, ce que je comprendrais plus tard, vers un autre cheminement, que le problème n'était pas qu'au travail. Mais je commence à toucher les doigts, les choses, sans lui dire exactement ce qui se passe vraiment à la maison. Et puis, en fait, j'accouche. L'accouchement, ce n'est pas du tout ce que j'imaginais. Avec le gars, tu fais le petit chien, il est avec toi, il te passe le spray sur le visage. Ce n'est pas ça du tout. Il décide de rester la première nuit à l'hôpital. En fait, il me prend le bébé en expliquant que je ne saurais pas m'en occuper. Moi, je n'ai pas confiance en moi. Un nouveau-né, c'est quand même assez particulier. Moi, je n'ai jamais été maternelle. Je n'ai pas de pro... proche avec des bébés, des nourrissons, je suis un peu perdue. Puis lui, en fait, c'était toujours son discours, mais moi j'en ai eu trois, je sais faire, je sais faire. En fait, il sait faire, mais il ne me montre pas surtout. Il prend le bébé comme si j'étais qu'une merde en fait. J'étais incapable de quoi que ce soit et que ce n'était pas mon fils en fait. Il n'y a rien qui va, je me sens très seule, je me sens très nulle. Mes parents habitent assez loin, mes parents étaient venus le temps que... J'étais à l'hôpital pour voir le bébé. Ma mère m'avait offert un plateau de fromage parce que j'arrivais d'avoir du fromage et des fleurs. Et en fait, elle lui que dalle. Et surtout, ils avaient mis quasiment à la porte une fois qu'on était rentrés. Donc très vite, quand je reviens à la maison, je n'ai pas de place. Son dernier fils, qui à l'époque a 8 ans, qui est là, en fait, je lui offre notre fils comme si c'était un petit chat. Je me rappelle, il était là et c'était la première fois qu'on avait décidé de sortir le bébé en poussette. Je mets le bébé dans la poussette. Et là, en fait, il me pousse et il donne la poussette à son fils. Et je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, c'est bon, tu vas l'avoir tout le temps. Entre temps, la psychologue de l'hôpital avait souhaité rééchanger avec moi. Au début, je camouflais encore la vérité en disant que c'était un papa extraordinaire, qui était génial. Quand le petit avait un mois, on décide de l'amener chez mes parents et après chez ses parents. Et il a l'écolique du nourrisson. Donc au final, il me redépose chez mes parents. qui va plusieurs centaines de kilomètres de là, il se barre, je n'ai pas de véhicule, rien, pour soi-disant ramener son dernier fils à sa mère. Je me retrouve seule à gérer un bébé de un mois, très malade. Je lui dis, il me dit, mais en fait, c'est le rôle de ta mère, elle a que ça à foutre. Ma mère doit s'occuper de mon père qui est gardataire, ma mère est âgée, et moi je suis dans ce truc. Ouais, il a raison, elle va m'aider. Ma mère, je vois qu'elle est épuisée et elle me fait comprendre que ce n'est pas son rôle. Donc je lui en veux beaucoup. Je lui en veux tellement qu'en fait, on se dispute violemment. Et je dis à mon ex-mari, viens me chercher, elle est odieuse. En fait, lui, il aura passé quatre jours de repos supplémentaires à aller bronzer sur les plages naturistes. Et il viendra me chercher comme sauveur. Et en faisant comprendre à ma mère que j'abuse un peu quand même. Il me monte contre ma mère et ma mère, il la monte contre moi. C'est très très tendu. Je rentre à la maison, je suis épuisée. Voilà, il faudra reprendre le travail. En fait, je n'y arrive pas. Le petit quand même, il va chez la nounou, parce que c'était prévu que j'aille travailler. Et puis, je ne suis pas du tout en état. Je l'amène quatre jours par semaine. Et donc, tu travailles, mais sans y arriver. En fait, je ne peux pas reprendre le travail. Je n'y arrive pas. En fait, le jour J, je n'arrive pas à reprendre le travail. En fait, j'ai hyper peur de reprendre le travail avec ce que j'avais vécu pendant ma grossesse, le fait qu'il m'ait descendue, etc. Puis entre-temps, je pense que j'avais perdu encore. confiance en moi, parce que j'étais épuisée physiquement, mentalement, parce que mon ex-mari arrêtait pas de me dire à longueur de journée que j'étais nulle en fait. Du coup, j'ai pas réussi à reprendre le travail. Moi, je continue à voir cette psychologue, et là, j'arrive enfin à parler, mais je ne parle... que de l'aspect physique, c'est les viols. Parce que là, une activité sexuelle a repris, après mon accouchement, et que je n'en peux plus de ces assauts, que je n'en peux plus aussi de finir un sang. Régulièrement, en fait, je saignais pendant les rapports sexuels. Et à chaque fois, ce que je vivais, ce que je ressentais dans mon corps, ça n'avait aucun impact, ça n'avait aucun écho sur lui. Il s'en fichait, mais royalement. Je n'avais aucune intimité chez moi. En fait, il était super contrôlant sur tout. Avoir de l'intimité, pour lui, ça signifiait être coincé. Le matin, par exemple, quand il se levait, il mettait de l'eau à bouillir pour me préparer à monter. J'arrivais, il ne me disait même pas bonjour, rien. Je me approchais de lui, je lui disais bonjour. Et lui, son premier réflexe, c'était de me mettre un doigt dans l'anus. Et moi, je me disais, il est gentil, il m'a fait monter. Plusieurs fois, j'ai dit, mais en fait, tu me fais mal. Ou c'est quoi, arrête, je ne te veux pas. Mais c'est un jeu. J'ai dit, non, un jeu, ça se fait à deux. J'avais beau avoir un discours qui était cohérent, clair, non, ça ne passait pas. J'étais toujours prise en défaut. Donc au bout de mois, quand vous avez beau dire les choses et qu'on ne vous écoute pas, ni les professionnels auxquels je me suis adressée, et encore moins à lui, vous disjonctez. Donc là, avec cette psychologue de l'hôpital, j'ai commencé, au bout de neuf mois, ouais, même plus, à commencer à parler de la sexualité et à parler de viol. Elle a commencé à me faire prendre conscience... Peut-être que j'y arriverais toute seule avec le bébé aussi. Parce que lui me disait le contraire, que personne ne voudrait de moi, que je ne serais pas capable. Enfin, le terrain était déjà super miné. J'ai toujours du mal à parler, à croire ce que je vis. Donc je vais voir une avocate. Effectivement, madame, ce sont des viols, au sens juridique du terme. Partez. Je commence à lui dire, j'aimerais qu'on se sépare. Tu n'es pas heureux avec moi, je ne suis pas heureuse avec toi, tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi. Voilà, on va se séparer. Et en plus, on voit que tu cherches des parades à lui dire que tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi, c'est-à-dire que tu sais que tu ne peux pas lui dire les choses. Non, c'est impossible d'avoir une discussion, enfin un effet miroir, parce qu'il pète un câble. À cette époque-là, sa première femme était encore en justice contre lui, parce qu'il ne payait pas la pension alimentaire pour ses enfants. Il n'avait plus de relation avec ses aînés depuis des années. Le petit le prenait comme bon il semblait, puis en plus c'est moi qui m'en occupais. Son ex-femme, pour le coup, je pense qu'elle était toujours sous emprise et qu'elle n'a pas du tout accepté qu'il se remarie, surtout qu'il est un enfant. Donc il était en pleine justice, je pense qu'il ne voulait pas d'un divorce number two. Et c'était hors de question. J'ai essayé tout doucement, mais ce n'était pas possible en fait. Et moi je n'y arrivais plus. Du coup il sait que je vais partir, que je veux partir. Une semaine après, il y a le confinement. Et là, c'est l'enfer qui commence, puisqu'il sait que je vais partir. Lui, il imagine qu'il va partir travailler, sauf que le travail lui dit non, vous restez en télétravail chez vous. C'est la première fois qu'il reste avec bébé et moi. Notre fils, à l'époque, a 8-9 mois. Et lui, il est comme un lion en cage. Il ne peut pas sortir, il ne peut plus faire ses petites affaires à droite à gauche, parce que je comprendrai plus tard qu'il a des aventures avec des professionnels. Et puis, il y a le bébé, quoi. Donc ça devient de plus en plus invivable. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour le bébé. Là, je fais ce qu'il veut. Il y a un gros blackout sur ce que j'ai pu vivre pendant ces deux mois de confinement parce que ça a été trop violent pour moi. Je n'avais même pas le droit de sortir. C'est lui qui sortait faire les courses. Un jour, il m'appelle du magasin en me disant qu'il a oublié le code de la carte bleue commune. En fait, il me pourrit parce qu'il a oublié. Puis après, il me pourrit parce que moi, par peur, j'avais donné le mauvais code. Et puis il est comme un fou, je me dis je vais y passer, je pense qu'il va me tuer. Il n'y a plus du tout ce côté Bouddha, il n'y a plus du tout de colère rentrée. Je cours coucher le bébé pour le mettre à l'abri. J'envoie un mail à l'hôpital, à la psychologue en disant je crois qu'il va me tuer, sauvez-moi. Il rentre et j'entends le bruit de l'ascenseur, le bruit de la porte, le bruit des pas. Il rentre et là je vois la barre aux lèvres, je vois son visage défiguré par la colère et par la... haine. Je ne sais plus si je dois m'approcher, reculer. Je le vois déballer ses courses. J'ai la peur de ma vie. Je me mets en boule quelque part, j'ai peur. Je sais qu'il y a deux doigts de vriller en fait. Le moindre faux pas, il me tue, il me tue. Ça, j'en ai vraiment conscience. Là, je commence vraiment à me dire, il faut que je me casse. Il faut que je parte, il faut que je parte, il faut que je parte. Il faut que je me mette à l'abri. Et je me dis, bon ben ça sert à rien d'être frontale et de demander un divorce parce que ce n'est pas possible. il ne l'acceptera pas. Donc, je vais lui dire que je vais reprendre mes études, que professionnellement, ça ne va pas du tout, qu'il faut que je trouve une solution. Et donc, je lui dis, je vais reprendre mes études, je pars sur d'autres villes. Et là, ça passe, parce qu'en fait, officiellement, je ne le quitte pas. Je lui dis que je ne veux pas d'argent, que je prends le bébé, tout va. J'essaye de trouver des solutions pour partir mais en douceur. Mais lui il sait que je vais partir. En fait il rentre à la maison, il me dit « t'es encore là ? » Il ouvre la fenêtre, on habite au cinquième étage. Il me dit « vas-y saute ! » Le « vas-y saute » , je l'ai entendu à toutes les sauces. Si je ne vais pas bien, si je pleure, si je ne suis pas contente, si. C'est aussi, il prend le bébé dans le cosy, parce que je commençais à pleurer et à lui dire « saute » . J'arrivais plus. Il met le bébé dans le cosy. Je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, ben, on y va. Mais où ? Ben, un HP. C'est là où tu dois aller. Voilà. Donc, j'étais folle. C'était l'enfer, quoi. L'enfer. Au moment des un an de notre fils, lui, en fait, il ne veut pas fêter l'anniversaire. Ça ne l'intéresse pas. Donc, je pars dans ma famille le fêter. Mes parents sont au courant de ma situation. Ma famille ne comprend pas pourquoi le papa n'est pas là. Et j'explique qu'il est très fatigué. Le travail, etc. Ok. Je me revois où ma cousine, qui a un enfant du même âge que moi, on rigolait, elle me dit, mais tu sais, on a quand même un sacré caractère, nous les femmes, dans la famille, on s'en laisse pas compter, on est des femmes avec un sacré caractère. Et là, je me dis, mais si elle savait. Et je pense que ça a été une prise de conscience, tout comme il y a eu des prises de conscience quand j'ai écouté des podcasts, comme Les Couilles sur la Table, ou tout bêtement, une chanson de Big Flo et Oli, c'est dommage, ce couplet où on parle de cette femme qui... devait partir, devait partir, et elle n'est pas partie, elle est morte, tout ça, ça a résonné en même temps dans ma vie. Je savais que c'était ce qui m'attendait. Moi, il n'allait pas forcément me tuer sous les coups, mais il me rendait dingue, en fait. Il me rendait folle. Tout comme il disait tout le temps de sa première femme qu'elle était folle. On parlait d'un deuxième confinement, je me disais, c'est pas possible, j'y arriverai pas. Et là, en rentrant de l'anniversaire de mon fils, au bout de 4 jours, lui... En fait, il commence à faire ce qu'il aime bien, sa petite torture du « voilà, je vois qu'il n'est pas bien, tu sais pourquoi ? » « Ah non, qu'est-ce qu'il y a ? Si, si, cherche, cherche. » Donc en fait, il fallait toujours que je trouve moi un problème, comme ça il allait pouvoir gratter bien dessus. Et là, en fait, sa dernière technique, c'était de m'amener à croire que j'avais des problèmes sexuels parce que mon père avait abusé de moi quand j'étais enfant, ce qui n'était absolument pas le cas. Sauf que j'avais ce recul-là, j'avais été suivie par cette psychologue, je savais que j'allais partir. Et là, la ficelle était trop grosse. Donc je me suis dit, je peux plus, quoi. Je peux plus. En ouvrant la tablette, je découvre qu'il a passé 4 jours à se payer des putes, qu'il faisait du SM, alors que c'était quand même les 1 ans de son fils. Et là, je me suis dit, j'y arrive plus. Ma mère me dit, appelle l'avocate que t'avais consultée. Elle me dit, bah là, faut partir. Bah là-dessus, en fait, je pars. Et en fait, c'est grâce à cette psychologue... Oui, clairement, si je n'avais pas eu cet accompagnement, je serais restée, je serais morte.
Elle est discrète, elle oublie qu'elle est belle. Elle a surtout le corps des tâches de la couleur du ciel. Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser. Quand il lui prend le bras, c'est pas pour la faire danser. Elle repense à la mairie, cette décision qu'elle a prise. À cet après-midi où elle avait fait sa valise. Elle avait un avenir, un fils à élever. Après la dernière danse,
elle s'est pas relevé. Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire. Crois-moi, on a tous dit assez dommage, assez dommage. C'est peut-être la dernière fois. On a tous dit assez dommage, On a tous dit assez dommage, Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage, assez dommage, c'était la dernière fois Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage C'est dommage, ah c'est dommage, c'est peut-être la dernière fois. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords, c'est ça le secret.
Description
Montage : Rachel. Illustration : Jeremyboulardlefur.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Saviez-vous qu'en moyenne, plus de 210 000 personnes sont victimes de violences conjugales par an ?
Bonjour, vous écoutez Sans Voix, un podcast qui donne la parole aux victimes de violences conjugales.
Au fur et à mesure des épisodes, vous allez découvrir des témoignages poignants de personnes qui se retrouvent face à l'isolement et à l'impuissance.
Leur donner la parole, c'est les aider, les soutenir, mais c'est aussi comprendre les mécanismes d'emprise. Leurs effets et à quel point il est difficile de s'en sortir.
Sans voix, de sensibiliser, éveiller, prévenir, donner des outils et des conseils.
Notre mission, rendre visibles les invisibles. Je suis Rachel.
Je suis Annick.
On s'est rencontré dans un groupe de paroles de femmes victimes de violences conjugales et très vite nous nous sommes rendu compte que nous étions malheureusement loin d'être des cas isolés. La violence conjugale, on la connaît, on l'a vécue, on vit encore leurs effets et il nous semble essentiel de partager notre expérience.
Nous avons réalisé que les agresseurs ont bien souvent les mêmes mécanismes de violence et que toutes, nous avions ce sentiment d'être démunies, incomprises, invisibles, seules. Les violences se passent toujours dans l'intimité, sans témoins et sans personnes pour imaginer ce qu'on subit. Et donc ce podcast, c'est notre façon de sortir de cet enfermement.
Cet épisode va s'articuler en deux parties. D'abord, le témoignage d'Alexandra, de la rencontre jusqu'à sa fuite, puis le témoignage de son parcours judiciaire. Cet épisode... parle de viol, de violence sexuelle, de violence psychologique, de suicide forcé. Il est à écouter dans les meilleures conditions. Nous souhaitons dédier ce podcast à toutes les personnes qui ne sont plus là pour témoigner.
Bonjour Alexandra.
Bonjour.
Bonjour Rachel. Bonjour Annie. Merci de m'accueillir.
Merci d'être là.
Oui, merci à toi.
Est-ce que tu peux commencer par te présenter en trois mots en nous donnant ton prénom, ton âge, ta profession ?
Je m'appelle Alexandra, j'ai 45 ans et je suis ingénieure.
Est-ce que tu peux nous dire où tu en es aujourd'hui ?
Où j'en suis ? Je me suis enfuie il y a 6 ans. Nous avons un enfant ensemble qui est en garde alternée, qui a 6 ans et demi. Et où j'en suis ? Toujours dans les violences conjugales. J'ai réussi à divorcer au bout de plus de 5 ans de procédure, qui est un divorce à mes temps exclusifs. Les violences qui n'ont pas été reconnues... Et un enfant en bas âge, en garde alternée, la situation rend tout le monde mal au cas, mon fils et moi. Et les violences se perpétuent d'une autre façon. Et quand tu dis d'une autre façon, t'arriverais à les décrire ? Disons que les violences ont pris une autre forme. Je me suis enfuie pour viol, agression sexuelle, violences psychologiques. Donc aujourd'hui, effectivement, il n'y a plus de viol, il n'y a plus d'agression sexuelle. Les violences psychologiques, du fait que nous ne vivons pas sous le même toit, ont pris une autre forme, puisqu'elles passent par l'enfant. Et surtout, l'aide de la justice. Dans mon cas, j'ai l'impression que la justice lui a fait une allée de pétales de rose pour finir le travail, puisque comme il me l'a dit, je te finirai. Donc aujourd'hui, je me retrouve dans une situation où le travail c'est très compliqué. En fait, nous travaillons dans la même entreprise, donc aujourd'hui, j'ai perdu mon travail. Au niveau de l'école, il m'a tellement dénigrée, en utilisant les jugements, bien sûr, que je passe pour une mère très contrôlante, sur le dos du petit, alors que lui, il joue le rôle de la victime dans toute sa splendeur. Vis-à-vis des amis, le tri a été très vite fait, puisque lui n'avait pas d'amis, et les amis, de coup... ou plus qu'on avait eu ensemble, m'ont dit, écoute, c'est pas qu'on ne te croit pas, c'est qu'on a peur de lui, puisqu'on travaille tous dans la même sphère professionnelle, et qu'il a un poste important. C'est très compliqué, effectivement, la psychologue qui me suit, qui est spécialisée dans les traumas, subie par l'évidence conjugale, me dit, je n'ai jamais vu ça. Autant de violence psychologique, après autant d'années, après votre départ, le fait qu'il ait refait sa vie plusieurs fois, etc. Il gagne absolument tout ce qu'il veut et continue. Je le répète, ces premiers mots, lorsqu'on s'est revus après... Je me suis enfuie. Ça a été « je te finirai » . Lui, sa violence, elle n'est pas du tout physique. Elle est vraiment psychologique. Et quand on parle de « je te finirai » , c'est vraiment le suicide forcé qu'il avait déjà commencé à mettre en place lorsqu'on était ensemble et qu'il savait que je voulais partir.
Il essaie de te détruire par tout ce qu'il peut. C'est ça.
On ne le quitte pas. Et surtout, on ne touche pas à son image. Est-ce que tu as encore des procédures en cours actuellement ? Alors, non.
Eh bien, écoute, tu vas nous raconter ton histoire, très poignante. Nous sommes vraiment très fiers de te recevoir aujourd'hui. Nous pensons que vraiment, ça va parler à d'autres personnes et que ça te fera aussi énormément de bien d'avoir une reconnaissance de personnes qui nous écoutent. En tout cas, tu l'as déjà de nous, c'est sûr.
Merci. Je souhaite que ce témoignage éveille certaines consciences, ou en tout cas, permette à des femmes à s'autoriser de se dire « ce que je vis n'est pas normal » . Oui, ça s'appelle de la violence conjugale.
Merci pour ça en tout cas. Et du coup, est-ce que tu peux nous raconter la rencontre ?
On s'est rencontrées sur notre lieu de travail, de façon très banale. Je venais de quitter ma région, de prendre ce travail un an auparavant. Ça se passait moyennement bien. Et en fait, on se retrouve collègues de bureau. Pour la petite histoire, quand je l'ai vue pour la première fois, on se croise dans un couloir. Et il commence à faire son espèce de séducteur à deux balles. Mais vraiment, l'image du quadra, franchement divorcé dans toute sa splendeur, je me suis dit, mais ça ne va pas le faire. C'est qui ce connard ? Vraiment, je n'appréciais pas le personnage. Et puis, on partage le bureau. On ne travaille pas ensemble, on partage le bureau. C'est la période dans laquelle il m'a complètement endormie. Donc à l'époque, il venait de divorcer de sa première femme. Il était en couple avec une femme qu'il avait rencontrée sur Internet. Moi, j'étais célibataire, j'avais une petite aventure. Et très vite, au bureau, on commence à discuter de choses, d'autres. Je vois que son ex-femme le harcèle. C'est-à-dire qu'elle essaie de l'appeler dix fois par jour sur son téléphone fixe. Pro, portable pro, portable perso. Et lui, je le vois un peu courbé les chines. Je le vois un peu en mode victime. Il m'explique que, ben oui, le divorce, elle a eu du mal à l'accepter, que c'est compliqué. Pour moi, dans la mesure où il a quelqu'un qui ne m'attire pas du tout physiquement, on discute. Et puis, ce n'est pas folichon au niveau pro pour moi. Je suis mal, je m'interroge beaucoup sur le fait... de rester. Du coup, on échange un peu plus sur ce sujet. Moi, il se confie sur sa vie perso, et moi, je me confie sur ma vie pro.
Comment, à ce moment-là, il justifie le divorce ? Il l'explique comment ?
Très simplement, qu'en fait, c'était une erreur, cette femme, et en fait, il l'avait rencontrée sur un site, enfin, c'était pas le site de rencontre, c'était le Minitel, il faut dire, dans les années 90. puisqu'en fait, il a 10 ans de plus que moi. Et en fait, c'était une aventure. Elle est tombée enceinte. Et lui, il ne souhaitait pas continuer avec elle. Mais il était pris dans ce devoir, puisqu'elle avait dit, je n'avorterai pas. Donc, il a décidé de rester avec elle. Voilà, en gros, il se présentait un peu comme un homme piégé. Piégé, mais en même temps, deux ans après, ou même pas un an après, il avait un bébé, un second bébé. Il est resté 17 ans avec elle. Il me disait qu'il avait fait de la dépression. qu'il n'était pas bien et que du coup, elle lui avait proposé de faire un troisième enfant pour re-solidifier, re-consolider le couple.
Toujours une bonne idée, en fait.
Et au final, quand l'enfant avait un ami, ils se sont séparés, lui, il avait rencontré quelqu'un d'autre. Donc en fait, il se présentait comme quelqu'un de primé, d'un peu victime du système, du mec trop sympa, qui avait assumé. Sa paternité, puis ses paternités. Il se présente aussi comme quelqu'un, vraiment, dans le monde du développement personnel. Qui travaille beaucoup sur lui-même. Il se présentait aussi comme un homme qui s'occupait de tout à la maison. Qui gérait absolument tout. Les enfants, les courses, les repas. Parce que bon, elle, elle ne faisait rien. Et c'est vrai qu'il accentuait ce discours. Puisque, en fait, ce qui s'est passé, c'est que mon ex-compagnon est revenu dans ma vie. Alors, sous forme amicale au départ, c'est vrai que je m'interrogeais beaucoup pour me remettre en couple avec lui ou pas. On s'était séparés parce que je trouvais qu'il manquait de maturité. Et cet homme-là se présentait comme un homme très mature. Je ne voyais pas le danger puisque moi, je savais qu'il avait cette maîtresse et puis je pense qu'il en avait d'autres, que je n'étais pas du tout attirée par lui. Donc en fait, je me confiais un peu comme quelqu'un de plus mûr. Et en fait, lui, il orientait les choses. Et puis, je comprends que ça se termine avec cette nouvelle compagne. Donc, il m'explique qu'elle le trompe sans arrêt, qu'elle n'est pas fiable, qu'il est éperdument mauvais d'elle, mais que, bon, ben voilà, elle est vraiment pas bien. Et moi, je m'interrogeais beaucoup sur le fait de revenir avec mon compagnon. Et lui, il était quand même très en retrait. me faisant comprendre que ça ne serait pas une bonne solution pour moi. En fait, il était un peu pour m'épauler, me soutenir. En fait, il se présentait de plus en plus sous cet aspect-là, et les choses, elles ont dérivé au fur et à mesure. Il y a eu une espèce de dragouille qui s'est mise en place, une petite séduction. Et à l'occasion d'un week-end d'un autre collègue, pendant une sortie en voie de nuit, il m'embrasse. Et là, je dois dire que je n'ai absolument pas apprécié son baiser. Je me suis dit, bon, là, ça ne va pas le faire. Donc, je sors de la boîte de nuit avec lui et je lui explique que c'était une erreur. On serait mieux amis, mieux collègues. Et là, je le vois pleurer. Alors, il faut savoir que cet homme, 1m90, assez tanké, c'est quelqu'un qui a un très gros poste, qui... n'a pas un abord facile. Il peut être assez froid et distant. C'est quelqu'un qui a un certain charisme, mais un charisme très dur. Pendant des mois, il s'était confié à moi, mais là, il se m'a pleuré. C'est assez...
Désarmant.
Désarmant.
Déstabilisant.
C'est très déstabilisant. Puis il m'explique, voilà, il ne sait pas comment s'y prendre avec les femmes. En fait, il se présente un petit peu en victime des femmes. Et qu'avec moi, il y croyait, on échangeait tellement. Et là, je me dis, bon, OK, vraiment par pitié. C'est débile de dire ça, mais par pitié, je me dis, bon, OK, je vais continuer l'aventure un peu avec lui. Puis ça va s'estomper tout seul.
Mais en fait, sur le moment, tu dis, il fallait le calmer.
C'est ça, mais en fait, j'étais tellement déstabilisée. Et lui, qui était là, presque à quémander, je me sentais super mal. J'ai culpabilisé, en fait. Ce baiser qui s'est passé un mois de nuit, il y avait effectivement cette séduction qui s'était mise en place, mais je n'avais absolument pas envie qu'elle aboutisse.
Tu n'avais pas dit oui et tu n'avais pas la place de dire non.
Je n'ai pas dit oui. Et quand j'ai voulu lui dire non, après ce baiser, pour ne pas que ça recommence, En fait, il a échafaudé notre plan en se présentant comme une victime. Clairement, devant moi, il se présente comme un homme qui se met à nu, comme une pauvre chose sans défense et qui serait horriblement triste. Ça le mettrait plus bas que terre, ça le détruirait si je le disais non. Donc ça, puis cet acharnement tous les jours, mais si, mais si, viens,
Donc à un moment, en fait, par usure ?
Ouais, il y a de l'usure. En fait, c'est un mélange de pitié et d'usure. Un moindre refus de ma part ou un non, en fait, ça le ferait chuter. En fait, c'est ça, très vite, je me sens responsable de sa santé mentale. Ce que j'ai oublié de dire aussi, c'est que quelques jours après, on s'est revus, on a passé la nuit ensemble, mais c'était à mourir de rire avec le recul. À un moment donné, il veut me toucher un sein, il me demande l'autorisation, mais c'est pas un consentement. Il se positionne presque comme un petit garçon très timide qui n'ose pas. Et en fait, quand on sait ce qu'il m'a fait après, et très vite, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le love bombing. Donc toutes ces notions-là qui apparaissent aujourd'hui dans les différents champs lexicaux de la violence conjugale n'existaient pas à l'époque. Aujourd'hui, je mets un mot qu'à l'époque, je ne connaissais absolument pas. Donc là, c'est Love Bombing, donc c'est très vite, il veut que je rencontre ses enfants. Alors moi, la maternité, c'est pas du tout mon kiff. Les enfants, ça ne m'émeut pas. Donc il a un bébé qui a deux ans et deux ados. C'est pas du tout mon truc. Ensuite, c'est des cadeaux. Je suis assez mal à l'aise avec ça, parce que j'ai un côté très féministe en me disant, moi, on ne m'achète pas. Ça fait plaisir, mais j'ai toujours eu cette sensation d'être achetée, donc voilà, ça queen un petit peu. Il parle d'un voyage qu'il avait prévu avec sa fille pour fêter son anniversaire à New York. Peut-être même pas un mois après qu'on soit ensemble. Donc entre temps, il avait fait en sorte que je vois ses enfants, alors que je n'étais pas forcément pour. Et donc il me dit, si elle a vraiment envie de te connaître, que tu viennes avec moi en voyage. Moi, je suis un petit peu dubitative. Donc on part en voyage sur New York. On a un studio. Dans ce studio-là, il y a une banquette-lit de place et un petit lit pour sa fille. Et là, les choses vont très mal dès l'émarrage. C'est-à-dire que le matin, il fait en sorte qu'on se retrouve tous les deux tout seuls dans la salle de bain parce qu'il a besoin de me toucher, il a besoin d'essayer d'avoir du sexe avec moi. Alors que sa fille est juste à côté, elle a 16 ans, elle n'est pas complètement stupide. Et je suis extrêmement mal à l'aise avec ça, donc je lui dis, écoute, non. Il est très insistant, très insistant, à tel point que je me dis, ok, bon. Et puis toujours ce truc de, c'est le démarrage, c'est le début de notre relation, je t'aime tellement, j'ai tellement de choses à apprendre de toi. C'est très compliqué de lui dire non, et ça se passe très très mal avec sa fille. Et à chaque fois, c'est, non mais de toute façon, c'est la faute de sa mère. Sa mère ne supporte pas notre bonheur. Elle est jalouse et donc du coup, c'est pour ça qu'elle a ce comportement avec nous. Moi, j'ai voulu dire, mais tu sais, à la base, ce que je comprends, c'est que ce voyage, c'était toi et elle. Et lui imposer une belle-mère qui a un mois d'existence, c'est quand même violent. Non, non, non, c'est la faute de sa mère. Au fur et à mesure du voyage, je comprends qu'il y a des choses qu'il a pu me dire qui ne sont pas tout à fait vraies. C'est-à-dire qu'il se présente comme l'homme parfait qui fait tout à la maison. J'apprends que finalement, il ne cuisine pas tant que ça, que les courses ne sont pas trop. Et surtout, qu'il est violent. Donc, je rappelle qu'il a deux adolescents.
Donc, c'est sa fille qui te parle.
Voilà.
Tu arrives à trouver des moments où elle se confie.
En fait, on n'est jamais seul. Et ce n'est pas qu'elle se confie, c'est que je pense qu'elle en a tellement marre qu'elle lui balance un peu ses cas de vérité comme peuvent le faire certains adolescents. Et moi, je suis là. je prends les balles perdues. Et là, elle explique, par exemple, que son frère était accro aux jeux vidéo et que la seule solution que lui ait trouvé pour gérer, c'est qu'il avait pris le PC et il l'avait éclaté contre le mur. Une autre fois, elle expliquait qu'elle était partie dans sa chambre s'enfermer et qu'il avait défoncé la porte de la chambre. Et j'essaye d'avoir une explication avec lui plus tard, et il me dit, mais c'est la faute de mon ex-femme. En fait, j'étais tellement mal quand j'étais avec elle. tellement dépressif, tellement mal, puis elle m'énervait, puis elle gérait pas les gosses. Donc en fait, on se retrouvait dans une situation où j'étais acculée, il n'y avait que ça à faire, mais c'était la faute de mon ex. Et moi, c'est pas que je gobe, je pense qu'au fond de moi, il y avait toujours ce truc, je suis trop bizarre de ce qu'il me raconte, mais je me laisse envahir. Puis c'est vrai que moi, ce que j'avais vu de son ex-femme, qui appelle sans arrêt, etc., je me disais, bon, ça doit être dur de vivre avec elle. Ce que je dois dire aussi, c'est qu'il a été extrêmement fin. Il n'a jamais commencé par me dire « mon ex-femme est folle » . Il a mené les choses au début à ce que les choses s'imposent d'elles-mêmes et qu'il n'y ait pas de défiance. J'imagine naturellement que oui, elle est sauvée. Et donc, ce voyage sur New York se passe de plus en plus mal avec beaucoup de non-dits. Je sens de la rancœur sur le divorce de sa fille par rapport à lui. Au final, la dernière nuit, au petit matin, il me réveille en me caressant et il me dit qu'il a envie de moi. Et là, moi je n'ai pas envie de sa fille d'or à me mettre. Et je lui dis que c'est hors de question. Et il insiste. Il continue à me caresser. En fait, je n'aime pas ce mot caresser parce que ça suppose qu'il y ait de la tendresse, que ce soit un acte d'amour. et en fait non il me touchait c'est plus ce terme c'était plus invasif c'était clairement pas consenti c'était clairement invasif et c'était clairement possessif et je lui ai dit non et je repousse sa main il recommence « Écoute, ta fille dort à juste à côté. » « Mais non, elle dort... » Je lui dis « Écoute, on ne sait pas si elle dort, c'est le petit matin... » « Non, mais de toute façon... » Et il insiste, il insiste. Et là, je me retrouve avec un cas de conscience. C'est-à-dire, soit pour l'arrêter définitivement, je suis obligée de crier et de dire « Stop ! » Et à ce moment-là, c'est sûr que je réveille sa fille. Et donc, quelle image elle aura de ce père ? Soit je ne dis rien, je me laisse faire. En espérant qu'elle dorme vraiment et qu'elle se rende compte de rien. Il est tellement insistant que je dis, bon, tu fais vite. On voit bien le « tu fais vite » qui est clairement une phrase de consentement.
Tu ne consentais pas du tout.
Mais clairement pas. Et puis, je n'avais pas de désir. Enfin, j'avais peur. Et ça ne m'excitait pas du tout, moi, d'être prise en flat par sa fille. Mais pas du tout. Peut-être que lui, ça l'a excité. Mais alors moi, pas du tout.
Ce qui est normal.
Oui. Il y a plein de fois qu'il te retrouve dans le rôle de voir appouter sa fille à lui. C'est ça. Voilà, il fait ce qu'il a à faire. Et je vois bien que la dernière journée se passe très mal. Je suis persuadée que sa fille nous a entendus. Je suis persuadée qu'elle était réveillée. Mais c'est impossible d'avoir une discussion avec elle, puisque de toute façon, au fur et à mesure, j'étais la sale belle-mère. Donc on est rentrés en France. Et ça a été un soulagement. Et là, je me suis dit, je ne peux pas continuer avec ce type. Ce n'est pas possible. Donc, je lui explique que non, ça ne va pas le faire. Et là, c'est la faute de ma fille, c'est la faute de sa mère. Mais écoute, je ne la prends plus. C'est ça qui est fou, en fait. Je lui explique que lui a un comportement déviant. Et il me répond, ce n'est pas ma faute, c'est mon ex-femme et ma fille. Donc, du coup, je ne vois plus ma fille. Alors que ce n'est pas du tout ce que je lui demandais. De toute façon, sa fille, il la voyait très très peu.
En aucun cas, il ne prend sa responsabilité. Jamais.
En fait, c'est quelqu'un qui va toujours porter la responsabilité de ses actes sur quelqu'un d'autre. Ce qui est très perturbant avec cet homme-là, c'est qu'il arrive à vous faire pincer et dire des choses qui ne sont pas... C'est quelqu'un de très affirmé. Le fait par exemple que je n'ai pas réussi à lui dire stop dès le démarrage de la relation que je ne sentais pas, ce n'est pas moi. Ce que je saurais bien plus tard, une fois que je serais partie et que j'aurais commencé à faire un suivi psychologique, c'est que l'emprise avait déjà commencé avant de se mettre en couple. En fait, il a utilisé ces six mois de bureau, de cohabitation pour me mettre sous emprise. Je n'ai jamais été amoureuse de lui. jamais. Effectivement, il est très grand, il a du charisme, mais son visage ne m'a jamais plu. Intellectuellement, c'est quelqu'un de très intelligent. On avait des sujets de conversation, sauf que je me rendrais compte avec le recul que ce type, c'est une coquille vide. Il va aimer les choses que vous aimez. Mais quand vous le prenez de façon individuelle, il n'y a rien. En fait, c'est quelqu'un qui va vous aspirer complètement et qui va vivre à travers. Moi, j'avais l'image d'un Harry Potter. Les personnages qui aspirent, en fait, par la bouche, l'âme, c'est exactement ça. Moi, c'est vraiment ça. C'est qu'avec le recul, parce que quand vous êtes dedans, vous ne voyez absolument pas. Et vous avez des tas de moments où vous pouvez partir et vous ne partez pas. Donc là, après ce séjour, moi, non, toujours pas, je ne pars pas. Oui,
tu essayes de lui dire c'est terminé. Et lui te dit, mais non, ce n'est pas terminé.
Ce n'est pas terminé. Donc il réessaye ses opérations de love bombing, puis de culpabilisation, ben en fait si tu me quittes, je vais être encore plus mal, et puis c'est pas moi, c'est parce que c'est mon ex-femme, parce que ma fille, parce que ma chère. Et en fait c'est tout le temps, ça s'arrête pas, ça s'arrête pas, vous avez pas de moment de répit pour vous poser. Et donc, ben ça continue, deux trois mois après on part en vacances, donc soi-disant il a des amis depuis toujours. qui nous propose de les rejoindre au fin fond de l'Espagne. Des super amis à lui vont parler, rejoindre. Et là, je découvre que déjà, ses amis sont tous en couple avec des ados, qu'en fait, ils se connaissaient tellement bien que quand il l'avait contacté pour lui proposer ce voyage, il découvrait qu'il était divorcé et qu'il avait eu un troisième enfant. Donc là, je me dis...
Pour des amis proches ?
Pour des amis super proches. proches, ils ne sont pas trop au courant. Et c'est très compliqué puisque ses amis ne parlent pas français. Donc je suis obligée de l'utiliser lui comme interprète. Ils ont tous 10 ans de plus. C'est compliqué. On n'a pas du tout la même existence. J'essaye de participer à la vie commune en proposant pour faire des courses, faire à manger, etc. Mais je me sens vraiment comme un cheveu sur la soupe. Ils ne savent pas ce que je fais ici et moi je ne sais pas ce que je fais là non plus. Alors lui, il est en mode couple à dos. Ses amis, ça fait 20 ans qu'ils sont mariés, ils ont tous des enfants, qu'ils sont souvent adolescents. Et lui, en fait, il a repris sa liberté de quadra et il veut qu'on passe notre temps au lit, au pieu. Et ils sont à côté. Et moi, je me sens mal à l'aise. Enfin, je me sens aussi super mal, parce que, comme je le dis, je ne peux pas parler avec eux. Je ne peux pas dialoguer, c'est compliqué. Je me retrouve à la merci de ce mec. Et en fait, à chaque fois, il me met dans des situations où je me sens mal à l'aise, où je n'ai pas mes repères, en fait. C'est là où je commence à réaliser, depuis New York et là, sexe, sexe, il n'y a que ça. Alors, il me fait passer la pilule en me disant... C'est normal, c'est le début d'un couple, qu'il a tellement de choses à apprendre, qu'il veut me connaître, etc. Mais ça ne ressemble pas à ce que j'ai vécu. Moi, j'avais déjà vécu un couple. Non, ça ne ressemblait pas. Puis après ce séjour avec des amis, on continue notre séjour de notre côté. Et là, pareil, toujours en demande d'un rapport sexuel. Et en plein milieu d'un rapport, il me demande un fist. Et là, j'hallucine. Je me dis, mais d'où ça sort ? je me rigidifie, j'arrête, et je suis hyper mal. Et puis lui, en fait, il ne comprend pas. Donc au bout d'un moment, j'arrive à trouver les mots pour lui dire, non mais en fait, tu te rends compte que tu me demandes, c'est quand même un truc super violent. Et lui, je trouve ça dégradant. Et il le demande en plein milieu d'un rapport.
Ce n'est pas avant, ce n'est pas après, ce n'est pas une discussion. Pas du tout. Est-ce que tu es ouverte à ça ? Absolument pas. Il te met sur le fait accompli.
Ah ouais, ouais, mais comme toujours.
Et puis c'est aussi complètement paradoxal, avec quelqu'un qui dit, je n'ai pas d'expérience. C'est ça.
Moi, je voyais bien que... Plus ça allait, plus ce « j'ai pas d'expérience » , ça collait pas. Ça sonnait faux. Et là, je me lève du lit. Je pense que j'étais carrément bordée d'armes. En plus, ça faisait dix jours qu'on était en voyage. Ça faisait dix jours qu'il me sautait dessus tout le temps. J'y arrivais plus. J'y arrivais plus. J'essaye d'avoir un dialogue avec lui, de lui expliquer que c'est pas possible. Et il me dit « mais tu sais, je t'aime tellement » . Et là, il m'explique que la personne avec qui il était avant moi, donc la femme qu'il avait rencontrée sur Internet, pour laquelle il avait quitté sa femme. En fait, elle était dans les rapports Sadomaso, Libertinage, Truc à plusieurs, Les Fistes, etc. Et que du coup, c'était une femme qui se définissait comme très libre. Il pensait que j'étais pareil. Mais tellement, il avait tellement peur de me perdre que d'emblée, il allait devancer mes envies et me les proposer. Et je lui dis, mais en fait, à quel moment je t'ai laissé penser que je ressemblais à cette femme ? Pas du tout. C'est très malin, c'est-à-dire... Il définit qu'il était extrêmement amoureux de cette femme. Et moi, je l'ai vu, très malheureux, qu'elle était très libre. Moi, je me définis comme libre, qu'elle faisait ce genre de pratiques. Donc du coup, moi aussi, je dois faire ce genre de pratiques. C'est pareil. En fait, il m'imposait de plus en plus la fellation. Je suis désolée, c'est un peu cru.
Non, mais c'est la réalité des choses.
Et en fait, je ne supportais pas. Avec lui, je ne supportais pas. Et en fait, il me laissait glisser de temps en temps des choses. Ah ben, comment... L'ex-femme, c'était la seule chose qu'elle faisait à peu près bien. Et donc en fait, il essayait de me mettre inconsciemment en concurrence. Tu vois, mon ex-femme, je l'ai quand même quittée, alors qu'elle, elle, elle faisait. Et toi, tu veux pas, si tu veux rester. Voilà. C'est toujours subtil. Mais c'est toujours hyper dégradant et j'ai l'impression à chaque fois de perdre des points de confiance en moi. C'est terrible. Alors qu'à la base, c'était un sujet où j'étais très à l'aise. Et donc, je rentre en France, après cette histoire de fistes, et je me dis, je vais le quitter.
À nouveau ?
À nouveau. Eh bien, toujours pas. Et là, je pense que c'est parce qu'il a commencé à attaquer clairement ma confiance en moi. Clairement. C'est comme si, sans lui, j'y arriverais pas. Ça fait à peu près six mois qu'on est ensemble. Alors, je le dis avec le recul, parce qu'à l'époque, je le voyais pas. Et je sens que je suis en train de me perdre. Ce qui est très difficile, c'est que... il va toujours résonner, mais dans un autre espace-temps. Et au bout d'un moment, s'il a décidé que le soleil était vert, il va tout faire pour que le soleil soit vert, et vous faire croire qu'il est vert. Et vous avez beau argumenter que ce n'est pas possible, vous le voyez, c'est justifié, c'est scientifique, c'est vert. Et à partir de là, vous êtes foutus, parce que vous perdez complètement vos repères. Si le soleil est vert, alors que toute votre vie, vous dites qu'il est jaune,
Vous savez plus où vous en êtes, vous avez perdu vos repères. Là, il a commencé à gagner, clairement. C'est ce qu'on appelle le gaslighting, qui est connu, qui est un terme utilisé pour parler des violences conjugales, et donc justement qui décrit très bien ça, le fait de présenter une autre réalité à quelqu'un, et de lui faire croire que cette réalité est une vérité. Ce qui fait qu'après, comme tu dis, pas de repères, et on se met à douter. Et en plus de ça, il ne laisse pas d'espace à ce que tu penses, à ce que tu es. Il te dit sans arrêt que ce que tu es, ce n'est pas assez bien, ce n'est pas comme ça qu'il faut être, que c'est lui qui sait, c'est lui qui te dit comment il faut être. Et à chaque fois, il te dit que tu n'es jamais assez bien. Au bout d'un moment, tu finis par te faire avoir. Et je pense que le fait aussi d'être quotidiennement proche de lui au bureau, c'est certainement aussi un élément qui a fait que pour t'en défaire, c'était extrêmement compliqué. Et à la maison, parce qu'en fait, le coucou a fait son nom. Donc il est venu chez toi. Oui, parce qu'en fait, très vite, il m'a amenée chez lui. Il avait une maison à location. C'était une porcherie. C'est-à-dire que vous aviez des rats dans la cuisine. Je n'osais même pas aller aux toilettes ou me doucher. C'était dégueulasse. Moi, je lui avais dit, écoute, je ne peux pas venir chez toi. Donc, c'est facile, on va chez elle. Donc, en fait, il vivait quasiment chez moi. Ça faisait à peu près 6-7 mois. Il m'explique qu'il a une maison à lui. On était en location, les locataires viennent de partir, et du coup, ça serait bien qu'on vive ensemble. Pour la petite anecdote, en fait, avec ma famille, on a été violentés des années dans notre maison, on a été agressés, et du coup, les maisons, c'est pas trop mon truc, je me sens en insécurité.
C'est du homejacking ? Ouais.
Du coup, il le savait, et il a quand même insisté. Au bout d'un moment, j'ai lâché. Donc j'étais encore plus à sa merci parce que 1 c'était chez lui et 2 c'est une maison, je suis en insécurité. Il a fait carton plein le gars. Il a tout fait pour que je puisse pas m'en sortir et que je sois vraiment sa merci en fait. Cette maison en fait, il y a beaucoup de travaux à faire. Je fais les travaux avec lui. Même d'oeuvres pas chères. Et surtout c'est là où arrive le contrôle économique, la théorie des pots de yaourt. que vous ne voyez pas arriver. Je lui dis, mais tu sais, ça me gêne, tu as un crédit à payer, est-ce que tu veux que je te paye un loyer ? Absolument pas. Tu me donnes de l'argent tous les mois, directement comme ça, ça me permettra de payer les factures et puis tu payeras les courses. Donc, c'est toujours tout à son nom. Et moi, tous les mois, je lui donne de l'argent. Tout ce qui n'est pas crédit, c'est pour moi. Et en plus, je paye les courses, parce que je me sens redevable, parce qu'il joue aussi sur ce truc de... Moi, je suis féministe, donc on partage. Donc, je ne me fais pas acheter. Voilà. Alors, à l'époque, il m'explique qu'on gagne la même chose. Quelques années plus tard, quand je verrai son salaire, je verrai qu'on ne gagne pas du tout la même chose. Il m'a complètement vidée. Je compte son bac.
Dans tous les sens du terme.
Dans tous les sens. Donc là, cette maison, on va y habiter. Je ne suis pas à l'aise. La relation, elle est de plus en plus difficile. Il n'y a plus du tout de conversation. La sexualité, il n'y a que ça qui compte. Quand j'essaye de discuter avec lui, il m'explique que c'est parce qu'il n'y a pas assez de sexe. A chaque fois, tout, tout, tout, c'est le sexe et c'est ma faute. Il en veut de plus en plus, alors que moi j'ai de moins en moins envie. Il ne cherche pas à créer l'envie. Lui, il met la main dans la culotte, il ne comprend pas que je ne mouille pas. Quand je fais le ménage, je me rends compte qu'il y a beaucoup de livres pornos, des trucs super trash. Et il me dit, bah ouais, c'est parce que tu fais pas. Il veut des pratiques de plus en plus dures, donc ce qu'il aime, c'est le band-aid, ces trucs très extrêmes. On passe vraiment de tout à rien, quoi. Sur le mec presque timide, qui n'ose pas me toucher un téton, le gars qui est dans du SM super dur. C'est incompréhensible, et moi je n'accepte pas, parce qu'il me fait peur. Au fond de moi, il y a cette peur. J'ai l'impression qu'il s'arrêtera pas, et j'ai peur pour ma vie. Mais j'avais vraiment peur pour ma vie. Pendant très longtemps, je me suis dit que personne ne me croira. Et en même temps, je me dis, je pense qu'il y a certaines choses que j'aurais acceptées. Je suis sûre que je serais morte et je ne serais plus là pour témoigner. Il y a des moments où il est très Bouddha. Et puis, il y a des moments où il monte en surpression. Et vous ne savez pas comment il va réagir. Et pourtant, de l'extérieur, il fait très poser. Moi, je me rappelle une des premières fois où j'ai vu sa mère. Sa mère lui reprend une veste de costume. Et là, je vois qu'elle prend des pincettes pour lui parler. Je l'interroge. Je dis, quand même, c'est un peu bizarre de parler comme ça à son fils. Et là, elle m'explique qu'il a tendance à se mettre rapidement en colère. Du coup, on ne sait jamais ce qu'il va dire, comment il va faire. Et du coup, elle lui parle avec des pincettes. Et en fait, je lui avais dit, mais c'est bizarre la façon dont ta mère se comportait avec toi. Pareil, ils ne se remettaient pas en question. C'était sa mère qui était le problème.
Et il avait un père ? Oui,
un père. Oui, ses parents vivaient ensemble. C'est une famille d'immigrés. Les parents sont en alphabète, donc ils n'ont pas fait d'études. Lui, c'est quelqu'un qui a fait des brillantes études. Et du coup, ils n'osaient pas trop s'affirmer face à lui.
Et il avait des frères et sœurs.
Tout à fait. Et il s'est fâché avec ses frères. En fait, c'est très compliqué, parce que je n'ai jamais vraiment su la vérité. Et c'est vrai que je les avais vus une fois ensemble, les deux frères. Et il y avait un rapport de force qui s'était installé avec mon ex-mari qui... qui bouffait le crâne, en fait. Et j'avais trouvé ça super violent. Ils m'avaient dit, non, mais c'est les rapports fraternels. Mais il a toujours des relations violentes, en fait. Je vais mettre un bémol, parce que, effectivement, j'ai eu cette image de la soumission de par sa mère. Et en réalité, je pense que sa mère est quand même le nœud de l'histoire. Et elle manœuvrait beaucoup, toujours en mode plaintif. Un peu comme lui au démarrage de notre relation. Il ne disait pas les choses en direct, c'était toujours dévié. Il y a quelque chose de pas net, il y a beaucoup de non-dit dans cette famille, beaucoup de violences larvées. Donc lui qui me parlait beaucoup de développement personnel, les accords Toltec, etc. J'ai découvert que son livre de chevet, mais au sens littéral du terme, c'était le livre petit traité de manipulation à l'égard des honnêtes gens. Donc il était vraiment dans ce truc-là. Lui, c'est la possession de la personne. C'est vrai que quand j'ai vécu avec lui, chez lui, j'étais vraiment... J'étais une merde, en fait. Là, j'étais vraiment devenue un fantôme avec quelqu'un qui me traquait parce qu'il avait des besoins sexuels. C'était pas le missionnaire et la levrette, quoi. Parce que ce qu'il voulait, c'était autre chose. Je me rappelle une fois où ça s'était pas passé comme il voulait. Il ouvre la fenêtre, on habite dans un lotissement. Et il se met à hurler, putain mais j'en ai marre, elle est frigide celle-là. Je peux vous dire que tous les voisins l'ont entendu. Je rasais les murs. C'était ça tout le temps. Si je refusais un rapport, il ne me parlait pas pendant trois jours. Moi le travail ça n'allait toujours pas bien. Il ne faisait rien pour m'aider. C'est-à-dire que quand j'ai eu des opportunités d'embauche dans d'autres boîtes, c'était soit, de toute façon c'est mal payé, c'est de la merde. où c'était, non mais en fait, il faut que tu déménages, moi je te quitte, pas de relation en distance, tu te démerdes, et j'avais tellement pas confiance en moi, il m'avait tellement détruit que je me disais, bah recommencer un nouveau boulot, une nouvelle vie, j'en suis incapable, c'était ma béquille ce mec, j'arrivais plus à penser sans lui, alors que j'aurais posé ça sur une feuille, j'aurais bien vu que, en fait il me servait à rien, il était plutôt en train de me défoncer, mais non, il m'avait saccagé. Et on faisait quand même le tri au niveau des amitiés. On était partis par exemple en vacances avec un couple d'amis à moi. Pendant tout le séjour, il essaye de me mettre la main dans la culotte. Ils sont à côté. Je suis super mal. Dans la nuit, il me demande un rapport sexuel. Là, franchement, je suis ferme et je refuse. Qu'est-ce qu'il fait ? Il claque la porte à 2h du matin. Son 10 ans, il va aller jouer au casino. Aujourd'hui, je suis sûre qu'il s'est payé une pute. Et mes amis qui me disent au petit matin, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant tout le séjour, il était sur les dents. à hurler, par exemple, après un serveur qui fait une erreur dans une commande. En fait, toujours en mode viril, quoi. Moi, c'est des coronesses, quoi. Moi, je suis viril, moi, je gueule. Mes amis, pas du tout. Et je sens qu'ils s'éloignent. Il me met toujours dans des situations compliquées. Par exemple, c'est un fan de naturisme. Donc, il va m'expliquer qu'il s'est mis au naturisme très tard, quand il a quitté sa femme, parce qu'il avait besoin de liberté, de son corps, abolir le textile. Enfin, voilà. Toujours un discours... Du mec vachement ouvert, je me remets en question. Sauf que, concrètement, ce qu'il aime, c'est mater et être maté. Que, en gros, c'est bronzé bite contre bite. C'est pas du tout la nature qui l'intéresse. Et moi, le naturisme ne m'intéresse pas, et encore moins dans cette optique-là. Il le sait pertinemment, on a déjà eu plein de discussions avec ça, je suis coincée, je m'en tape, c'est non. Et un jour, on part en vacances à l'étranger. et me dire que j'ai repéré une super petite plage, on y va, ok. Et là, on se retrouve dans un endroit super paumé, je descends sur la plage et là je ne vois que des gens à poil. Je me retourne, je dis, c'est quoi ce plan pourri ? Non mais c'est bon, tu peux garder le maillot. Ce n'est pas que je veux garder le maillot, c'est que je n'ai pas envie de me retrouver sur une plage avec des gens à poil. Moi quand je lève les yeux, je regarde la mer, je n'ai pas envie de regarder une paire de boules. Il me dit, tu vois, c'est toi la vicieuse, c'est toi qui mate. Tu vois, tu es vraiment une grosse vicieuse, une grosse dégueulasse. Je lui dis, non, tu me ramènes à l'hôtel. Non, c'est ma bagnole, tu te démerdes. Je parle. Je ne parle pas la langue du pays, je ne sais même pas où on est. Je suis bloquée. J'ai passé mon après-midi très mal à l'aise à regarder mon livre. Et lui, il était heureux. C'était ça tout le temps. Je n'avais pas d'autre solution. J'étais soumise. Et je n'arrivais même pas à le réaliser. Mais moi, qu'est-ce que je veux ? Et en fait, j'oubliais complètement ce que je voulais. Je n'avais plus de place. Ça faisait des mois, voire des années, qu'il m'expliquait que j'étais frigide, que j'étais nulle. À l'époque, j'étais allée voir une psychologue. Donc c'était au tout début de notre couple, parce que je me posais des questions. Je ne suis pas bien avec lui, je ne suis pas bien à mon travail, je veux retourner dans ma région. Je lui dis, mais moi j'en peux plus. J'en peux plus de ces assauts. Et elle me dit, non mais vous savez, ce profil-là, il est très mal dans sa virilité. Si vous lui dites quelque chose, il s'effondre. Prenez sur vous. Et à partir de là, pour moi, je me tais. Je n'aime pas la personne. C'est moi le problème, effectivement. C'est moi qui ai un problème avec la sexualité, c'est moi qui suis nulle, c'est moi qui ne veux pas. Contrairement aux beaucoup de femmes qui témoignent du contrôle coercitif et des violences conjugales, de façon générale, on parle d'un mec qui les contrôlait, c'est-à-dire qui leur empêchait de se maquiller, qui les traitait de salopes parce qu'elles parlaient à un mec, qui leur empêchait de se mettre un jupe. Moi, j'avais tout l'inverse. Moi, c'était un type qui aurait aimé que je m'habille sans culotte, en mini-jupe. En gros, on fait profiter la terre. C'est un mec qui aurait aimé que je sois super vulgaire, très aguicheuse. Il était très dans le partage en fait. Ce qu'il voulait c'était du libertinage. Et c'est pas du tout mon truc. Moi j'étais quelqu'un de très coquet. En fait à la fin je voyais bien que je m'habillais plus. On voyait l'impact, je me maquillais beaucoup moins, je m'habillais beaucoup moins. Si j'avais le malheur de mettre des portes jartelles, parce que c'est quelque chose que je faisais mais pour moi, ou un string. J'étais foutue parce que ça voulait dire que j'avais envie de sexe. Ça ne veut pas dire que je mets un string parce que je ne veux pas que ça se voit à travers le pantalon. C'est alerte rouge de suite. Il faut qu'il m'attrape contre un mur. J'étais un objet. C'est pareil, si je refusais un rapport, il se masturbait de façon hyper bruyante à côté de moi dans le lit. Et j'étais humiliée. Et je lui disais, il me disait, en fait, t'as qu'à être disponible. C'était sa phrase. Donc en fait, moi, je n'en approuvais plus de ces assauts sexuels. Je l'ai quitté une première fois, je lui ai dit que là j'en peux plus, je n'ai jamais mis le mot de violence. Donc je le quitte et il ne comprend pas que je le quitte, en fait il pense que c'est une blague. Je lui ai dit non en fait j'en peux plus, je m'en vais, de toute façon je ne suis pas heureuse avec toi, tu n'es pas heureuse avec moi, je m'en vais. Quelques jours après je lui ai dit bah voilà j'ai trouvé un appartement, je m'en vais. Et là papa n'est qu'à mort parce qu'il ne pensait pas que je mettrais entre guillemets mes menaces à exécution, donc changement de comportement. Plus agressif. Et surtout, un jour, je vais prendre l'apéro chez un couple d'amis. Et il m'appelle. Une fois, deux fois, trois fois. Il assiste. Ce n'est pas du tout son genre. Je prends l'appel. Et il me dit, t'es où ? Je lui explique que je prends l'apéro chez des amis. Tu rentres à quelle heure ? Officiellement, on n'était plus en couple. Donc, je rentre quand j'ai fini. Approche. Et puis, continue, continue. Et puis, plus je décrochais, et plus il rentrait dans le dur. De toute façon, là... Ce que je vais faire, c'est que je vais aller au premier bar, je vais me pourrer la gueule, et après, je prends la bagnole, je vais me foutre en l'air, de toute façon, ce sera ta faute, etc. Et là, j'essaie de le calmer, mais je vois qu'il n'y a rien à faire. Mes amis sont apeurés, parce qu'en plus, eux avaient vu son côté violent. C'est des amis que j'avais depuis des années, ils voyaient mon état se dégrader. Ils avaient compris, en fait. Mais on ne parlait pas de violence conjugale, à l'époque, parce que la violence conjugale restait... On va dire dans l'imaginaire de la femme battue, le type qui picole. Je dis bon ben là je vais rentrer parce que j'ai peur qu'il fasse une connerie. Il ne rentre pas, il ne rentre pas. Je dis non mais il va faire une connerie, là je rentre. On passe une bonne partie de la nuit à essayer de discuter pour le calmer. Ça se passe tant bien que mal. Au final, je le quitte. Définitivement, je prends mon logement. Et très vite, il vient. en regrattant à la porte, perdu sans moi, il ne mange plus, il est malheureux, il a fait un gros travail sur lui-même. J'ai dit, écoute, on peut être amis, parce que moi, j'avais retrouvé une paix. J'avais plus ces assauts parce que moi, tous les soirs, j'avais la trouille en allant me coucher. Parce que je savais, je savais que j'allais y passer. Ou en tout cas, qu'il y aurait une pression. Parce que je n'acceptais pas à chaque fois. Mais voilà, après je le payais. Ce n'était pas gratuit, mon refus. Donc je me sentais vachement bien. Et lui, il continuait à gratter à ma porte, en se mettant en victime. Après, j'ai compris, j'ai fait un gros travail sur moi-même. Alors, spoiler, il a fait plein de travaux sur lui-même, mais jamais avec un psy. Ça ne marche pas trop, trop. Et j'ai compris, j'ai un problème avec l'attachement, l'engagement. Donc, je veux t'épouser. Épouse-moi. En fait, on n'est plus ensemble. Donc, je n'ai pas envie de revenir avec toi. Alors, love bombing, là, ça ne marchait pas. Love bombing, mais il était en mode victime. Je découvre aussi par hasard qu'à l'occasion de ses passages chez moi, parce qu'il est squatté chez moi, clairement. Il avait volé un double de clé, mais bon, impossible de le prouver. Et puis au bout de 6-9 mois, et à ce moment-là, depuis plusieurs années, on était déjà pris dans le même bureau, mais il passe me voir. Ça s'était mal passé avec mon chef, j'étais vraiment à craindre. Le hasard fait qu'il arrive, et là, c'est l'épaule salutaire. Donc on se remet dans la même configuration que quelques années auparavant. Peut-être qu'il a compris, c'est peut-être l'épaule qu'il me faut. Et puis il a cette image auprès de mes proches, de ce mec dix ans de plus, Bouddha, très calme. Il est toujours très calme, en fait, devant les autres. En fait, c'est le Bouddha, c'était l'image extérieure. Et moi, ce que je vivais, c'était le mec qui était toujours en colère. Et il m'expliquait que son comportement, en fait, il n'arrivait pas à me l'expliquer. Ou quand il me l'expliquait, c'était parce que je ne donnais pas assez de sexe. Il n'y avait que ça qui l'intéressait. Et c'était terrible parce que... Il n'y avait pas de dialogue possible. C'était le sexe, Alors ce que j'ai appris beaucoup plus tard, c'est qu'il était connu au travail pour des faits de harcèlement. Moral. Certaines personnes m'ont parlé de lui, comme moi je l'ai vu. Mais chacun se tait, parce que tout le monde a peur. Donc voilà, il arrive à me reconquérir. Donc on se met ensemble, et entre-temps, je reste dans cette entreprise, mais je change de poste. J'ai un poste qui, pour une fois, me plaît énormément, qui nécessite beaucoup de déplacement. On se met ensemble et on se voit peu. Moi, je suis épanouie professionnellement. Lui, je vois qu'il y va un peu plus mollo sur ses demandes. Puis en plus, il est arrivé sur ses histoires de rapports sexuels, de demandes, à me faire accepter que c'est un homme, donc il a des besoins plus forts. Donc on est dans ce patriarcat où la virilité passe par la sexualité, que j'ai un besoin plus fort, c'est normal, c'est comme ça. Et puis il y a ce truc sous-jacent de... Si tu ne le fais pas, je te quitte ou je te trompe. En fait, en gros, il se trouvait déjà des excuses pour aller voir ailleurs. Et alors que toi qui voulais le quitter, tu avais peur qu'il te quitte. C'est ça. Un homme aime le sexe. Toi, regarde, tu n'aimes pas ça, tu as un problème.
Donc si lui te quitte, tu ne retrouveras pas quelqu'un de toute façon. Puisque toi, tu n'es pas la personne qu'il faut pour un homme. Tu n'es pas la femme qu'il faut pour un homme. Tu ne te comportes pas comme il faut.
En fait, pendant les neuf mois où on n'était plus ensemble, je commençais à reprendre une goulée d'air. Et bien en fait, de me reconstruire. Mais il était toujours enfant, donc la reconstruction n'était pas totale. Très vite, il me repropose la vie à deux, puisqu'il m'explique qu'il a vendu sa maison, celle qu'on avait retapée à deux. Donc en fait, il revient loger chez moi, puisqu'il se retrouve à la rue. Donc j'accepte, et là, on ne fait que se croiser. Je vois qu'il y a toujours ce rapport à la sexualité qui est compliqué, mais bon, il met de l'eau dans son vin. Une chose que j'ai oublié de dire, c'est qu'il m'empêchait de dormir. C'est-à-dire que... C'est quelqu'un qui dort peu. Moi, je dors, on va dire, normalement, mais j'ai un sommeil léger. Plusieurs fois, je lui ai dit, quand il rentrait se coucher, vers une heure du matin, c'était avec beaucoup de bruit. Le matin, il se levait très tôt. Bah, pareil, beaucoup de bruit. Je ne sais même pas si c'était volontaire, mais il s'en foutait roi, non. J'étais épuisée, en fait. Et puis, au bout de peut-être même pas un an, à l'occasion d'un contrôle médical, j'apprends que j'ai un bruit. problème qui fait que j'aurai difficilement des enfants. Je vais vers mes 38 ans. Les enfants, ce n'est pas une fin en soi pour moi. Je pense aussi que ça ne l'était pas parce que j'étais avec cet homme-là. Je sors de cet examen, mais complètement abattue. On m'explique que je n'ai j'ai toute chance d'avoir un enfant naturellement. Et que si j'en veux un, il faudra passer par une PMA et qu'il faut enclencher ça immédiatement. Je rentre à la maison, je lui explique. Et il me dit, depuis le temps que je te demandais un enfant, et tu serais tellement belle en maman, une femme enceinte, c'est tellement beau. Là, on n'est plus sur du love bombing, on est sur du baby bombing. Mais en même temps, je dois faire tout un tas de tests pour confirmer mon problème. Il ne vient jamais. On m'explique que si il y a une PMA, lui, en fait, il est quand même âgé. Il n'est pas sur ses 50 ans. Du coup, il y a des fortes chances qu'il est quand même multiplement. problèmes de spermatozoïdes, il faudra faire les fameuses éprouvettes. Et là, absolument pas. J'ai déjà trois enfants. Tu les as eus à 25 ans et 40 ans. J'ai une espèce d'épée d'amoclès parce que je dois donner des réponses très rapidement aux gynécos. Je viens d'apprendre que mon père est gravement malade et je sais que c'est quelque chose qu'il aurait aimé me voir avec un enfant. Il y a tout ça qui s'accumule. Donc on y va. Mais ça se passe extrêmement mal avec sa première femme. Ça se passe extrêmement mal avec ses enfants. Ses enfants qu'il ne voit plus, à part le dernier. Les rares fois où il le prend, c'est moi qui m'en occupe. Et je me dis, si un enfant, ça va être très compliqué vis-à-vis des autres enfants. Donc j'accepte enfin sa troisième demande à mariage. Donc on décide de se marier assez rapidement. Pour moi, c'est vraiment très très administratif en fait. Et puis parce qu'il arrive à me convaincre que ça sera plus facile pour faire une PMA si on est marié, sur les papiers, enfin voilà. Donc on se marie. Pour la petite histoire, moi je demande un contrat de mariage. Moi j'ai rien. Lui, il n'a jamais été honnête ni sur son salaire, ni sur ses biens, mais je sais qu'il a pas mal d'argent de côté. Mais je demande quand même un contrat de mariage. Et on doit faire trois notaires parce qu'à chaque fois, il veut un contrat où en gros, s'il lui arrive quelque chose, j'ai accès à rien. Ça part à ses enfants et puis moi, je m'en trouve à la rue. Mais si moi, il m'arrive quelque chose, il récupère tout. Donc, trois notaires pour lui faire comprendre que ce n'est pas un vrai contrat de mariage. Je me dis, mais en fait, à quel moment tu peux imaginer mettre ta femme à la rue ? C'est complètement hallucinant. Lui, ça ne le choquait pas le moins du monde. Et moi, franchement, des alertes rouges, mais j'en avais déjà eu tellement, j'étais cramoisie dans ma tête. Donc on fait ce contrat, on se marie. On avait décidé de se marier à l'étranger et le faire reconnaître en France. C'était à l'île Maurice. On se marie à deux. Il n'y a pas de témoin, il n'y a rien. Ça servira de l'une de miel en même temps. Et le voyage ne se passe pas du tout comme espéré. Donc on perd nos bagages, lui il est extrêmement tendu dès qu'on arrive sur l'île, il est tout le temps en colère. Donc moi à chaque fois j'arrive à lui trouver des excuses, je me dis ça doit être la pression du mariage, le stress, la perte des valises. A chaque fois j'essaie de me rassurer, je me crée une fable en fait. La veille du mariage, il arrive vers moi, il est énervé, il est furieux en me disant « Putain, mais j'en ai marre ! C'est quoi cet hôtel de merde ? On m'a volé mes affaires ! » « J'avais tout laissé à la piscine, c'est quoi ces connards ? » Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que l'hôtel a deux piscines, et que lui s'est trompé deux piscines. Voilà.
C'est quand même assez.
Mais il pétait un câble, quoi. Donc moi, j'avais un mec à côté de moi, c'était un taureau, quoi. Donc j'avais super peur. Il faut savoir qu'à l'époque, ces notions de peur, je les vivais corporellement, mais j'étais... incapable d'intellectualiser cette émotion. Donc, c'est la veille de notre nuit avant le mariage. Donc, il est très énervé toute la journée. Le soir, on rentre dans la chambre. Là, il me balance sur le lit et il me viole. En me balançant sur le lit, il m'explique que de toute façon, j'en ai marre. T'as un problème avec le sexe, si tu veux qu'on se marie demain, t'as intérêt à t'y mettre et t'as pas intérêt à faire l'étoile de mer. Non seulement il me viole, mais en plus je dois participer à mon propre viol. Je suis à des milliers de kilomètres de ma famille, de mes proches, j'ai peur de lui, je dors pas de la nuit en me disant mais qu'est-ce que je fais, je me marie, je me marie pas. Il y a cette histoire de bébé au bout, parce qu'au fur et à mesure... Je me dis que c'est peut-être ma seule chance d'être maman. Et en même temps, j'ai confiance que ce n'est pas possible. Je suis paumée, j'ai peur. Il faut savoir que je ne peux pas prendre la pilule, je ne peux pas avoir de stérilet, pour des raisons gynéco. Et du coup, en fait, on se protégeait toujours au préservatif. Et en fait, pendant ce rapport, en fait, ils retirent le préservatif. Et je m'en rends compte et je me dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Bah, tu le veux ton gamin. Et là, le piège, il était refermé. Parce que même si j'avais très peu de chance d'avoir un enfant naturellement, je m'étais dit... Je suis peut-être 37. Je ne peux pas partir. Donc, voilà, on s'est mariés. Les images, elles sont jolies. Du coup, on rentre en France. Et puis, la vie continue. Moi, je m'interroge beaucoup. Tous les rendez-vous sont pris pour commencer la PMA. Et un mois avant, ça commence à émerger. Ça fait que je ne peux plus continuer comme ça. J'ai pas besoin d'un enfant pour vivre. Je suis mal avec ce mec. Je veux rentrer à Paris. Je sais pas comment je vais lui dire, mais je vais m'organiser, je vais me barrer. À un moment donné, je me dis, c'est la dernière fois qu'il me touche. Et c'est à ce rapport-là où je suis tombée enceinte. À partir de là, je me dis, non mais en fait, tu délirais complètement, mon pauvre fille. C'est les hormones qui te faisaient parler. Ce mec, il est super. Tu vois le mal partout. C'est vraiment qu'une question d'hormones, tout va bien se passer. Pour la petite histoire, pour un mec qui voulait absolument avoir un enfant de moi, qui mettait la pression, qui trouvait une femme en scène super belle, quand je fais mon test de grossesse, puis après je vais faire ma prise de sang, donc je lui envoie les photos par SMS, je n'ai pas de réponse. J'ai un laconic tessurant en fin d'après-midi, pour des messages envoyés dans la matinée. Le soir, il rentre super tard. Je ne vois pas le mec heureux, je ne comprends pas, je m'interroge en fait. Et moi, je sais que je suis enceinte, je porte la vie, je me sens responsable de cet enfant, je l'aime déjà, je m'accroche. Ma grossesse est à risque, donc il faut absolument que je trouve un gynéco spécialisé dans ma problématique très rapidement. Au premier mois de grossesse, je vois ce spécialiste, il m'accompagne, et à ce moment-là... il fait le forcing pour que je m'arrête de travailler. Moi, je ne veux pas. Moi, je veux garder ma liberté. Alors, c'est vrai, je ne peux plus faire mes déplacements, je dois faire attention, mais pour moi, c'était ma bouffée d'oxygène, ce travail. Puis, je voyais du monde, ça me plaisait, intellectuellement, j'étais stimulée. Et lui, en fait, il ne lâche pas jusqu'à ce que le gynéco me mette en arrêt. Et là, c'est le début de la fin. C'est le début de l'isolement. Je n'ai pas le droit de parler de ma grossesse. Ils rentrent de plus en plus tard du travail. Je n'ai jamais un mot gentil. On rentre vraiment dans le dur. Ils ne me parlent plus. Donc je continue à travailler un petit peu depuis chez moi. Parce que ma boîte a malheureusement pas bien compris la différence entre un arrêt maladie et du télétravail. Mais bon, ça m'occupe l'esprit. La fin du premier trimestre arrive. On ne savait vraiment pas si on allait passer ce premier trimestre. Donc là, c'est miraculeux, j'y arrive. On va pour l'annoncer. En fait, ils m'autorisent à le lancer, parce que c'est comme ça. Et puis, je décide de reprendre le travail. Le gynéco n'est pas ravi, mais j'ai dit, écoutez, moi, j'ai besoin de reprendre le travail. Je retourne bosser. Et peut-être au bout d'une semaine, dix jours, mon manager m'appelle pour m'expliquer que ma promotion que j'attendais depuis deux ans, je n'aurai pas, puisque j'étais enceinte, que de toute façon, je ne servais à rien. La preuve, j'étais absente pendant deux mois. Ça, ce n'est pas vu. Bah ouais, c'est parce que je travaille depuis chez moi, que mes affaires ont été diluées sur d'autres personnes. Et je me retrouve sans rien en fait. C'est hyper violent, c'est de la discrimination, c'est interdit. C'est une boîte qui s'affiche comme vraiment ils sont taqués dans le rapport homme-femme. Sauf que la réalité c'est ça. Et que je ne suis pas la seule à l'avoir vécu. Bref. Moi, je me prends ça, mais je me prends un train dans la tronche. Parce que le travail c'était vraiment le dernier truc. qui me tenaient. À partir de là, en fait, je rentre chez moi et au toilette, j'ai du sang, je fais un décollement placentaire. Donc, direction les urgences. Aux urgences, là, on me dit, il ne faut plus retourner là, il faut se reposer. Et moi, je suis en boucle sur le travail. Lui, je le rappelle, il travaille dans la même boîte et puis il m'explique, tu la connais, la boîte, elle est comme ça, c'est normal. C'est doublement gagnant pour lui parce que ce que je comprends avec du recul, c'est que même s'il gagnait beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi, j'avais un poste qui était beaucoup plus intéressant et beaucoup plus exposé, donc plus valorisé. Et je pense qu'il y avait cette jalousie. En fait, d'une pierre, on fait deux coups, c'est-à-dire qu'on supprime... cet aspect-là, je suis revenue à ma place, donc tout en bas, et ensuite, bah ouais, effectivement, ça y est, c'est parti, on déroule le tapis rouge, quoi, ce que j'apprendrai plus tard, c'est qu'il expliquera aux amis, qui sont souvent des amis, collègues, que je suis fatiguée, donc faut pas m'embêter, faut pas me téléphoner, faut pas m'appeler, faut pas venir, donc tout passe par lui, il transmet évidemment pas les messages, donc moi, je me dis, bah en fait, j'ai pas de retour, quoi. Moi, je vais peu vers les gens, du coup, parce que je ne me sens pas bien. Ensuite, il rentre toujours encore plus tard. C'est le refus de parler du bébé. Donc, même pour parler du prénom, etc., il ne veut pas en parler. Je demande à ce qu'on fasse des achats hors de question. J'achèterai le jour au tour à coucher. Je pars à Carrefour et j'achète tout. Ça suffira. Je lui dis, mais en fait, c'est mon plaisir. Non, non, je n'en ai rien à foutre. C'est comme ça. C'est d'une violence terrible. En fait, je ne suis pas du tout reconnue comme... une future maman. Et lui qui me disait tout le temps une femme ancienne c'est si belle, je voyais du dégoût dans son regard. Du coup là, je commence vraiment à me dire on est complet. Moi pour ma grossesse je suis obligée d'aller à l'hôpital tous les 15 jours et à ce moment-là une sage-femme me dit écoutez, je vois que ça va pas psychiquement, je vois que vous commencez à plus faire trop le lien avec le bébé, moi je vous propose d'aller voir un psychologue. J'étais quand même assez échaudée avec ce que j'avais vécu, mais bon pour le bébé j'accepte. Donc je vois cette psychologue, à peu près vers mes 6 mois de grossesse, mais je ne parle que du travail, ce qu'il m'a fait. Lui, je le préserve tout le temps. Chaque fois, il m'accompagne, mais chaque fois, je trouve une excuse. Je pense que je ne veux pas qu'on me voit. Donc moi, je vois cette psychologue, on ne parle que du travail, mais on arrive à remettre le lien avec le bébé, ce qui était le but. Mais elle continue à vouloir me voir. Ce que j'ai oublié de dire et qui est hyper important, c'est que... J'étais au premier trimestre, et en fait, je lui avais dit que ce serait bien qu'on aille voir une thérapeute de couple. Et il m'avait dit, non mais on va voir une sexologue, parce qu'elle va te dire que c'est toi le problème. Je concède à ce qu'elle soit sexologue, on y va. Et peut-être à la troisième séance, ou quatrième, je parle de ce qui s'est passé quand on s'est mariés, je parle du viol. Et j'emploie le terme de viol. Et là, en fait, Oscar de l'année, donc il se met... Le visage entre les mains, mais comment tu peux penser ça de moi ? Mais je suis un être monstrueux si tu dis ça. Enfin voilà, c'est vraiment les larmes de crocodile devant la nana. Moi, je suis super mal. Enfin voilà, j'ai l'impression d'avoir trahi. J'ai l'impression, voilà, comme d'habitude. Les rôles s'inversent. Les rôles s'inversent et surtout, c'est moi qui est mal interprétée en fait. Du coup, on rentre à la maison et là à la maison, mais pour qui tu me prends ? T'as qu'à me quitter, démerde-toi toute seule. Enfin, bah en fait, au bout d'une heure... Je m'excuse. Voilà, et là, je dois dire, encore une fois, vous parlez avec une femme qui est soi-disant thérapeute de couple, sexologue, vous évoquez la notion de viol, cette femme, et bien, à aucun moment donné, elle m'a dit, 39-19, Madame, effectivement, il y a un problème dans votre couple. Elle l'a écoutée, en fait, sans prendre position. C'est ça. Les signaux d'alerte, ils étaient là. Et même, elle aurait pu le faire après coup, à la légende. Moi, on m'a expliqué qu'il avait des... problème sexuel qu'en fait il fallait que en gros je m'écrase, là j'explique qu'il me viole et on me dit rien donc je me dis effectivement c'est moi le problème c'est pour ça que cette psychologue à l'hôpital je protège mon mari parce que je me dis mais on ne me croira pas et puis je veux être dans ce déni là parce que ça me protège je suis à 6 mois de grossesse je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso, donc c'est quelqu'un qui compartimente extrêmement bien sa vie qui a plusieurs alias plusieurs vies qui cache tout. Là, c'est le hasard complet qui fait que je découvre qu'il est inscrit sur des sites sadomaso. Puisqu'en fait, il essaie de traîner des alias. Je ne sais pas, je me mets ennuyée à la maison. Et je mets cet alias dans Google. Et là, je tombe sur un site de rencontre sadomaso. Et l'alias correspond exactement au profil de mon ex-mari. Je ne suis pas étonnée. Et en même temps, je suis effondrée. Donc, j'essaye de le confondre le soir. Il m'explique que... plus que non, et il arrive au bout d'une heure ou deux à me remettre dans ce voile de déni. Bon, c'est pas lui, mais quand j'ai retapé l'alias le lendemain, le profil avait disparu. Je n'en parle pas à la psychologue de l'hôpital. On va continuer, on a la préparation à l'accouchement, mais il n'est pas intéressé parce qu'il a déjà eu trois enfants. Et il décide qu'il viendra la moitié d'entre elles, et en plus il vient en retard, il ne s'investit pas. Et un jour il vient, et c'est la séance où on parle de la péridurale. Et il rentre, il voit la péridurale et il commence à s'évanouir. Donc il y a d'autres couples, donc tout le monde sourit un petit peu. La sage-femme me dit, écoutez, allez vous asseoir, vous allonger, prenez un sucre. Et moi, comme d'habitude, je le défends. Oui, alors il a été malade, ce n'est pas sa faute, il est encore fragile. La sage-femme me dit, non mais vous savez, ce n'est pas le premier papa. Je dis, non, non, non, ce n'est pas ce que vous croyez vraiment. Mais toujours à le défendre. Je dois le protéger parce que je sais que si son image, elle est mise à mal, c'est moi qui vais payer. Arriver à la maison, après qu'il ait pris son sucre, qu'il soit reposé, pareil, il me défonce. « Ouais, t'as vu pour qui tu me fais passer ? » Je dis « Mais non, j'ai expliqué que t'avais été... » « Ouais, c'est de ta faute. » Je m'en prends plein la gueule. Il est toujours furax contre moi. Je ne sais plus quoi faire, en fait. Je n'ai pas de maternité possible. Donc, par exemple, quand le bébé, à un certain stade de grossesse, on peut voir son pied, on peut voir sa main. Moi, je suis toute contente. Je lui dis « Regarde, regarde le bébé. Fais une photo, une vidéo. » Il ne lève même pas les yeux de son Candy Crush. Et il me dit « Et alors, je m'en fous. » Je trouve ça violent pour moi et encore plus pour l'enfant. Et les seuls moments où j'ai eu le droit d'être une future maman, c'est quand je suis à l'hôpital. C'est absolument terrible de se dire qu'on est reconnu comme une future maman, que si on voit sa psychologue ou sa sacha ou son gynéco à l'hôpital. Horrible. Et donc la psychologue, elle essaye de me faire avancer, ce que je comprendrais plus tard, vers un autre cheminement, que le problème n'était pas qu'au travail. Mais je commence à toucher les doigts, les choses, sans lui dire exactement ce qui se passe vraiment à la maison. Et puis, en fait, j'accouche. L'accouchement, ce n'est pas du tout ce que j'imaginais. Avec le gars, tu fais le petit chien, il est avec toi, il te passe le spray sur le visage. Ce n'est pas ça du tout. Il décide de rester la première nuit à l'hôpital. En fait, il me prend le bébé en expliquant que je ne saurais pas m'en occuper. Moi, je n'ai pas confiance en moi. Un nouveau-né, c'est quand même assez particulier. Moi, je n'ai jamais été maternelle. Je n'ai pas de pro... proche avec des bébés, des nourrissons, je suis un peu perdue. Puis lui, en fait, c'était toujours son discours, mais moi j'en ai eu trois, je sais faire, je sais faire. En fait, il sait faire, mais il ne me montre pas surtout. Il prend le bébé comme si j'étais qu'une merde en fait. J'étais incapable de quoi que ce soit et que ce n'était pas mon fils en fait. Il n'y a rien qui va, je me sens très seule, je me sens très nulle. Mes parents habitent assez loin, mes parents étaient venus le temps que... J'étais à l'hôpital pour voir le bébé. Ma mère m'avait offert un plateau de fromage parce que j'arrivais d'avoir du fromage et des fleurs. Et en fait, elle lui que dalle. Et surtout, ils avaient mis quasiment à la porte une fois qu'on était rentrés. Donc très vite, quand je reviens à la maison, je n'ai pas de place. Son dernier fils, qui à l'époque a 8 ans, qui est là, en fait, je lui offre notre fils comme si c'était un petit chat. Je me rappelle, il était là et c'était la première fois qu'on avait décidé de sortir le bébé en poussette. Je mets le bébé dans la poussette. Et là, en fait, il me pousse et il donne la poussette à son fils. Et je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, c'est bon, tu vas l'avoir tout le temps. Entre temps, la psychologue de l'hôpital avait souhaité rééchanger avec moi. Au début, je camouflais encore la vérité en disant que c'était un papa extraordinaire, qui était génial. Quand le petit avait un mois, on décide de l'amener chez mes parents et après chez ses parents. Et il a l'écolique du nourrisson. Donc au final, il me redépose chez mes parents. qui va plusieurs centaines de kilomètres de là, il se barre, je n'ai pas de véhicule, rien, pour soi-disant ramener son dernier fils à sa mère. Je me retrouve seule à gérer un bébé de un mois, très malade. Je lui dis, il me dit, mais en fait, c'est le rôle de ta mère, elle a que ça à foutre. Ma mère doit s'occuper de mon père qui est gardataire, ma mère est âgée, et moi je suis dans ce truc. Ouais, il a raison, elle va m'aider. Ma mère, je vois qu'elle est épuisée et elle me fait comprendre que ce n'est pas son rôle. Donc je lui en veux beaucoup. Je lui en veux tellement qu'en fait, on se dispute violemment. Et je dis à mon ex-mari, viens me chercher, elle est odieuse. En fait, lui, il aura passé quatre jours de repos supplémentaires à aller bronzer sur les plages naturistes. Et il viendra me chercher comme sauveur. Et en faisant comprendre à ma mère que j'abuse un peu quand même. Il me monte contre ma mère et ma mère, il la monte contre moi. C'est très très tendu. Je rentre à la maison, je suis épuisée. Voilà, il faudra reprendre le travail. En fait, je n'y arrive pas. Le petit quand même, il va chez la nounou, parce que c'était prévu que j'aille travailler. Et puis, je ne suis pas du tout en état. Je l'amène quatre jours par semaine. Et donc, tu travailles, mais sans y arriver. En fait, je ne peux pas reprendre le travail. Je n'y arrive pas. En fait, le jour J, je n'arrive pas à reprendre le travail. En fait, j'ai hyper peur de reprendre le travail avec ce que j'avais vécu pendant ma grossesse, le fait qu'il m'ait descendue, etc. Puis entre-temps, je pense que j'avais perdu encore. confiance en moi, parce que j'étais épuisée physiquement, mentalement, parce que mon ex-mari arrêtait pas de me dire à longueur de journée que j'étais nulle en fait. Du coup, j'ai pas réussi à reprendre le travail. Moi, je continue à voir cette psychologue, et là, j'arrive enfin à parler, mais je ne parle... que de l'aspect physique, c'est les viols. Parce que là, une activité sexuelle a repris, après mon accouchement, et que je n'en peux plus de ces assauts, que je n'en peux plus aussi de finir un sang. Régulièrement, en fait, je saignais pendant les rapports sexuels. Et à chaque fois, ce que je vivais, ce que je ressentais dans mon corps, ça n'avait aucun impact, ça n'avait aucun écho sur lui. Il s'en fichait, mais royalement. Je n'avais aucune intimité chez moi. En fait, il était super contrôlant sur tout. Avoir de l'intimité, pour lui, ça signifiait être coincé. Le matin, par exemple, quand il se levait, il mettait de l'eau à bouillir pour me préparer à monter. J'arrivais, il ne me disait même pas bonjour, rien. Je me approchais de lui, je lui disais bonjour. Et lui, son premier réflexe, c'était de me mettre un doigt dans l'anus. Et moi, je me disais, il est gentil, il m'a fait monter. Plusieurs fois, j'ai dit, mais en fait, tu me fais mal. Ou c'est quoi, arrête, je ne te veux pas. Mais c'est un jeu. J'ai dit, non, un jeu, ça se fait à deux. J'avais beau avoir un discours qui était cohérent, clair, non, ça ne passait pas. J'étais toujours prise en défaut. Donc au bout de mois, quand vous avez beau dire les choses et qu'on ne vous écoute pas, ni les professionnels auxquels je me suis adressée, et encore moins à lui, vous disjonctez. Donc là, avec cette psychologue de l'hôpital, j'ai commencé, au bout de neuf mois, ouais, même plus, à commencer à parler de la sexualité et à parler de viol. Elle a commencé à me faire prendre conscience... Peut-être que j'y arriverais toute seule avec le bébé aussi. Parce que lui me disait le contraire, que personne ne voudrait de moi, que je ne serais pas capable. Enfin, le terrain était déjà super miné. J'ai toujours du mal à parler, à croire ce que je vis. Donc je vais voir une avocate. Effectivement, madame, ce sont des viols, au sens juridique du terme. Partez. Je commence à lui dire, j'aimerais qu'on se sépare. Tu n'es pas heureux avec moi, je ne suis pas heureuse avec toi, tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi. Voilà, on va se séparer. Et en plus, on voit que tu cherches des parades à lui dire que tu ne t'épanouis pas sexuellement avec moi, c'est-à-dire que tu sais que tu ne peux pas lui dire les choses. Non, c'est impossible d'avoir une discussion, enfin un effet miroir, parce qu'il pète un câble. À cette époque-là, sa première femme était encore en justice contre lui, parce qu'il ne payait pas la pension alimentaire pour ses enfants. Il n'avait plus de relation avec ses aînés depuis des années. Le petit le prenait comme bon il semblait, puis en plus c'est moi qui m'en occupais. Son ex-femme, pour le coup, je pense qu'elle était toujours sous emprise et qu'elle n'a pas du tout accepté qu'il se remarie, surtout qu'il est un enfant. Donc il était en pleine justice, je pense qu'il ne voulait pas d'un divorce number two. Et c'était hors de question. J'ai essayé tout doucement, mais ce n'était pas possible en fait. Et moi je n'y arrivais plus. Du coup il sait que je vais partir, que je veux partir. Une semaine après, il y a le confinement. Et là, c'est l'enfer qui commence, puisqu'il sait que je vais partir. Lui, il imagine qu'il va partir travailler, sauf que le travail lui dit non, vous restez en télétravail chez vous. C'est la première fois qu'il reste avec bébé et moi. Notre fils, à l'époque, a 8-9 mois. Et lui, il est comme un lion en cage. Il ne peut pas sortir, il ne peut plus faire ses petites affaires à droite à gauche, parce que je comprendrai plus tard qu'il a des aventures avec des professionnels. Et puis, il y a le bébé, quoi. Donc ça devient de plus en plus invivable. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour le bébé. Là, je fais ce qu'il veut. Il y a un gros blackout sur ce que j'ai pu vivre pendant ces deux mois de confinement parce que ça a été trop violent pour moi. Je n'avais même pas le droit de sortir. C'est lui qui sortait faire les courses. Un jour, il m'appelle du magasin en me disant qu'il a oublié le code de la carte bleue commune. En fait, il me pourrit parce qu'il a oublié. Puis après, il me pourrit parce que moi, par peur, j'avais donné le mauvais code. Et puis il est comme un fou, je me dis je vais y passer, je pense qu'il va me tuer. Il n'y a plus du tout ce côté Bouddha, il n'y a plus du tout de colère rentrée. Je cours coucher le bébé pour le mettre à l'abri. J'envoie un mail à l'hôpital, à la psychologue en disant je crois qu'il va me tuer, sauvez-moi. Il rentre et j'entends le bruit de l'ascenseur, le bruit de la porte, le bruit des pas. Il rentre et là je vois la barre aux lèvres, je vois son visage défiguré par la colère et par la... haine. Je ne sais plus si je dois m'approcher, reculer. Je le vois déballer ses courses. J'ai la peur de ma vie. Je me mets en boule quelque part, j'ai peur. Je sais qu'il y a deux doigts de vriller en fait. Le moindre faux pas, il me tue, il me tue. Ça, j'en ai vraiment conscience. Là, je commence vraiment à me dire, il faut que je me casse. Il faut que je parte, il faut que je parte, il faut que je parte. Il faut que je me mette à l'abri. Et je me dis, bon ben ça sert à rien d'être frontale et de demander un divorce parce que ce n'est pas possible. il ne l'acceptera pas. Donc, je vais lui dire que je vais reprendre mes études, que professionnellement, ça ne va pas du tout, qu'il faut que je trouve une solution. Et donc, je lui dis, je vais reprendre mes études, je pars sur d'autres villes. Et là, ça passe, parce qu'en fait, officiellement, je ne le quitte pas. Je lui dis que je ne veux pas d'argent, que je prends le bébé, tout va. J'essaye de trouver des solutions pour partir mais en douceur. Mais lui il sait que je vais partir. En fait il rentre à la maison, il me dit « t'es encore là ? » Il ouvre la fenêtre, on habite au cinquième étage. Il me dit « vas-y saute ! » Le « vas-y saute » , je l'ai entendu à toutes les sauces. Si je ne vais pas bien, si je pleure, si je ne suis pas contente, si. C'est aussi, il prend le bébé dans le cosy, parce que je commençais à pleurer et à lui dire « saute » . J'arrivais plus. Il met le bébé dans le cosy. Je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ? Il me dit, ben, on y va. Mais où ? Ben, un HP. C'est là où tu dois aller. Voilà. Donc, j'étais folle. C'était l'enfer, quoi. L'enfer. Au moment des un an de notre fils, lui, en fait, il ne veut pas fêter l'anniversaire. Ça ne l'intéresse pas. Donc, je pars dans ma famille le fêter. Mes parents sont au courant de ma situation. Ma famille ne comprend pas pourquoi le papa n'est pas là. Et j'explique qu'il est très fatigué. Le travail, etc. Ok. Je me revois où ma cousine, qui a un enfant du même âge que moi, on rigolait, elle me dit, mais tu sais, on a quand même un sacré caractère, nous les femmes, dans la famille, on s'en laisse pas compter, on est des femmes avec un sacré caractère. Et là, je me dis, mais si elle savait. Et je pense que ça a été une prise de conscience, tout comme il y a eu des prises de conscience quand j'ai écouté des podcasts, comme Les Couilles sur la Table, ou tout bêtement, une chanson de Big Flo et Oli, c'est dommage, ce couplet où on parle de cette femme qui... devait partir, devait partir, et elle n'est pas partie, elle est morte, tout ça, ça a résonné en même temps dans ma vie. Je savais que c'était ce qui m'attendait. Moi, il n'allait pas forcément me tuer sous les coups, mais il me rendait dingue, en fait. Il me rendait folle. Tout comme il disait tout le temps de sa première femme qu'elle était folle. On parlait d'un deuxième confinement, je me disais, c'est pas possible, j'y arriverai pas. Et là, en rentrant de l'anniversaire de mon fils, au bout de 4 jours, lui... En fait, il commence à faire ce qu'il aime bien, sa petite torture du « voilà, je vois qu'il n'est pas bien, tu sais pourquoi ? » « Ah non, qu'est-ce qu'il y a ? Si, si, cherche, cherche. » Donc en fait, il fallait toujours que je trouve moi un problème, comme ça il allait pouvoir gratter bien dessus. Et là, en fait, sa dernière technique, c'était de m'amener à croire que j'avais des problèmes sexuels parce que mon père avait abusé de moi quand j'étais enfant, ce qui n'était absolument pas le cas. Sauf que j'avais ce recul-là, j'avais été suivie par cette psychologue, je savais que j'allais partir. Et là, la ficelle était trop grosse. Donc je me suis dit, je peux plus, quoi. Je peux plus. En ouvrant la tablette, je découvre qu'il a passé 4 jours à se payer des putes, qu'il faisait du SM, alors que c'était quand même les 1 ans de son fils. Et là, je me suis dit, j'y arrive plus. Ma mère me dit, appelle l'avocate que t'avais consultée. Elle me dit, bah là, faut partir. Bah là-dessus, en fait, je pars. Et en fait, c'est grâce à cette psychologue... Oui, clairement, si je n'avais pas eu cet accompagnement, je serais restée, je serais morte.
Elle est discrète, elle oublie qu'elle est belle. Elle a surtout le corps des tâches de la couleur du ciel. Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser. Quand il lui prend le bras, c'est pas pour la faire danser. Elle repense à la mairie, cette décision qu'elle a prise. À cet après-midi où elle avait fait sa valise. Elle avait un avenir, un fils à élever. Après la dernière danse,
elle s'est pas relevé. Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire. Crois-moi, on a tous dit assez dommage, assez dommage. C'est peut-être la dernière fois. On a tous dit assez dommage, On a tous dit assez dommage, Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage, assez dommage, c'était la dernière fois Elle aurait dû y aller, elle aurait dû le faire, crois-moi On a tous dit assez dommage C'est dommage, ah c'est dommage, c'est peut-être la dernière fois. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords, c'est ça le secret.
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