- Speaker #0
Et je me suis dit, il faut le raconter parce que c'est fou, les gens ils s'en rendent pas compte. J'ai compris qu'en fait, ils étaient financés par l'argent de la drogue.
- Speaker #1
C'est un voyage qui, on sent un vrai cri du cœur derrière et on en ressort en se disant, qu'est-ce que je peux faire ?
- Speaker #0
Tu vois, c'est là où tu te dis, mais attends, quand tu dis ça à une maman, tu te dis, mais attends, il faut peut-être qu'on s'occupe de l'environnement, c'est peut-être un peu crucial. Donc je crois que c'est le moment de montrer que c'est possible.
- Speaker #1
Bonjour à tous, bienvenue dans C'est Possible, le podcast inspirant qui vous aide à croire en vous. vous engager, vous reconnecter à la nature pour avancer avec sens et confiance. Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre d'un homme rare, un homme de terrain, profondément passionné et engagé pour la nature, mais aussi les humains, Olivier Bera. Alors Olivier, c'est un biologiste, un ethnobotaniste, aussi un expert reconnu par les Nations Unies. Il a fondé une ONG qui est active depuis plus de 30 ans à Madagascar. Et dans cet épisode vraiment passionnant, il va nous montrer comment lier la préservation de la nature, l'écologie et la solidarité avec les êtres humains. Dans cet épisode, on va parler de narcotrafic, de vaches au milieu de la jungle, de plantes médicinales oubliées, mais surtout d'espoir. Accrochez vos ceintures, parce que c'est un véritable voyage qui vous attend. Merci d'écouter C'est possible et pour soutenir le podcast pensez à vous abonner, liker, commenter et découvrez aussi mes packs vidéo de méditation sur Renovier Productions Tout Attaché.com. Eh bien bonjour à tous, je suis vraiment super heureux de vous retrouver dans ce tout premier podcast. Aujourd'hui un invité que j'adore, c'est Olivier Bera. Bonjour Olivier.
- Speaker #0
Bonjour Loïc.
- Speaker #1
Alors j'ai absolument tenu à commencer par Olivier, puisqu'en fait on s'est rencontrés à deux reprises dans le cadre d'un reportage qu'on avait fait sur ton action à Voïmana, Madagascar. J'invite toutes les personnes qui n'ont pas encore vu ce reportage à le regarder. On s'était rencontrés aussi au sommet francophone de l'éco-altruisme. Et pour tous les gens qui ne te connaîtraient pas encore, je voudrais que tu te présentes rapidement. Qui es-tu et que fais-tu ? Vaste question, mais ça permet de resituer un peu.
- Speaker #0
Merci Loïc. C'est un peu difficile de savoir par quel angle commencer, effectivement. On peut dire que j'ai un peu plongé dans la nature très tôt, j'ai grandi au Cameroun, et après j'ai réussi à rentrer par la petite porte au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, et puis à travailler en Afrique comme biologiste. Mais après, très vite, j'ai travaillé sur les crocodiles. et donc très vite c'est des animaux compliqués à gérer en termes de conservation alors qu'ils sont très utiles, en fait comme beaucoup de choses sur la planète. On se rend compte de leur vraie utilité et de la complexité de gérer conservation et développement. J'ai plongé dedans assez vite et les Nations Unies m'ont demandé, après j'étais très jeune, j'avais 25 ans, j'étais le plus jeune chef de projet des Nations Unies, et donc ça m'a amené à Madagascar. où j'ai dû travailler sur le lien comment lutter contre la pauvreté, qui est malheureusement extrême dans ce pays, et la préservation de la biodiversité, qui elle aussi est extrême dans ce pays, avec beaucoup de diversité. Et donc ça m'a amené à chercher des solutions. Donc après, je n'ai plus beaucoup de cheveux sur la tête, ça a pris beaucoup, beaucoup d'années. Mais en gros, on arrive maintenant à voir, à cette bagarrée avec une équipe géniale que j'ai, je veux dire, j'ai quand même... presque une centaine de personnes qui bossent, plus plusieurs milliers de paysans. Et en fait, on a réussi à montrer des modèles où on arrive à inverser les tendances de destruction de l'environnement. Sur la petite réserve que tu as citée de Wouiman, c'était notre premier sujet de travail, travail en réalité, donc il y a à peu près 2000 habitants sur 2000 hectares. Et là, on a fait que la forêt qui allait disparaître, elle n'a pas disparu. Il reste 600 hectares avec un nombre d'espèces incalculables. 12 espèces de lémuriens dessus, 80 espèces de grenouilles, c'est absolument génial, des orchidées et des plantes médicinales. Et on a travaillé à créer le lien avec des entreprises cosmétiques et de la parfumerie, parce que c'était le plus simple, mais aussi pharmaceutiques petit à petit, pour dire si vous vous impliquez sur le terrain, ça va générer des revenus aux communautés locales. Et si on le fait bien, hors du modèle de faire un maximum de fric à court terme, vite fait. finalement on peut avoir de cette valorisation économique des outils de conservation. Et donc sur Vouillemane, outre ces 600 hectares de forêt primaire qu'on a réussi à préserver avec les communautés locales, on a aussi le reste, plus de 1000 hectares qui commencent à être développés en agriculture durable à la place de culture sur brûlis. On a cinq autres sites sur lesquels on travaille. Et j'espère maintenant qu'on va arriver à convaincre, et ça s'avance pas mal, d'autres régions. On travaille en Afrique, on travaille au Cameroun, où ils font un super boulot, au Pérou. Il y a beaucoup de pays où il y a vraiment des opportunités pareilles. Et donc, un peu le challenge que je m'étais donné, c'était de montrer en pratique, de façon concrète, qu'on peut changer les choses quand les gens, comme maintenant, je l'espère, commencent à réaliser qu'il faut... vraiment œuvrer pour la planète.
- Speaker #1
Tu nous avais justement sensibilisé là-dessus, tu étais intervenu dans le sommet francophone de l'éco-altruisme il y a deux ans, tu avais présenté même des actions très concrètes, tu avais à l'époque en tout cas lancé ta marque Elephas par exemple. Je voulais savoir, si tu veux en redire un petit mot d'ailleurs, ça serait grand plaisir, je voulais savoir deux ans après, parce que juste, on va bien sûr parler de ton livre bande dessinée Jungle Beef. Tu avais fait un constat de la situation dans le monde, notamment sur la biodiversité, sur la crise écologique et de la biodiversité qu'on rencontre. Quel bilan est-ce que tu tires deux ans après ?
- Speaker #0
C'est compliqué. Moi, j'aime bien les challenges, les relever, parce qu'il faut se mettre en pratique. Quand je travaillais pour les Nations Unies, j'avais sorti des concepts d'approche holistique. C'est là où on se retrouvait avec Planète Altruiste, où il y avait vraiment... quelque chose qui parle. On parle maintenant aussi de programme One Health, c'est-à-dire que la santé individuelle, humaine, je dirais, elle est aussi dépendante des écosystèmes, donc il faut qu'on arrive à travailler ensemble. Donc les challenges ont été de mettre ça en commun, de travailler avec des différents approches, la santé, l'éducation, l'environnement, l'agriculture, tout ça le mettre en même temps, ce n'est pas facile. J'ai créé ces zones de réserve à Madagascar, mais j'ai créé aussi une petite entreprise sociale et solidaire. parce que je veux dire, des communautés locales, on peut les former à distiller des plantes, des huiles essentielles. C'est un processus ancestral, c'est pas très compliqué, bien sûr ça demande des contrôles qualité, des choses qui sont pas simples, mais en gros après il fallait exporter. Donc pour ça j'ai créé une entreprise avec des vrais cadres qui sont capables d'avoir des relations commerciales avec les États-Unis, le Japon, la France, etc. Donc c'est une entreprise, pareil, qui était très novatrice. Maintenant, on voit des mouvements qui avancent dans ce sens-là. J'ai lu ce matin un truc sur une entreprise qui est géniale, qui s'appelle C'est qui le patron ? Qui soutient des agriculteurs à vendre des choses à juste prix. Donc Aroma Forest a fonctionné, cette entreprise que j'ai créée pour faire l'export des productions des communautés locales et fait vivre plusieurs milliers de personnes à l'heure actuelle. C'est absolument génial. Mais tu te rends compte, quand je vais en occuper, plus, ils sont vraiment super, mais quand je regarde les bilans à la fin de l'année, moi je ne suis pas payé dessus, en fait ils font plus de marge. Donc c'était ça où était née l'idée de se dire il faut trouver autre chose, il y a une demande consommateur qui arrive, il faut qu'on soit capable de fournir des produits qui soient plus directement et qui soient surtout à impact positif sur les communautés locales et l'environnement. D'où l'idée de créer au-delà d'Aroma Forest et l'EFAS. Et là, c'est compliqué. Tu te rends compte qu'on est dans une machine capitalistique qui a ses... Bien sûr, c'est bien fait. C'est le capitalisme qui a fait qu'on a des millions de personnes qui sont sorties de l'extrême pauvreté. Maintenant, des fois, comme tous les systèmes, ça s'emballe, ça pète les plombs, et puis ça devient n'importe quoi. Et là, le lancement d'Elephas... Ça a été complexe parce qu'on se rend compte qu'il faudrait des grosses équipes, il faut des moyens de communication et petitement c'est assez difficile. Donc on est en train de retravailler, de réorienter ça avec l'OLG, d'essayer de soutenir avant tout, si tu veux, les femmes qui travaillent sur la production de la matière première, parce qu'on avait travaillé sur la fabrication de produits finis de haute qualité et mon épouse Anne m'avait aidé à prendre ça en main. Malheureusement, je dirais, elle a été touchée par une maladie assez grave, un cancer, etc. Donc ça, ça casse. Et des petites entreprises avec toute la bonne volonté du monde, ça reste fragile. Et là, la maladie d'Anne, maintenant, ça va mieux, mais ça nous a complètement compromis les développements qui étaient en cours parce qu'elles portaient tout sur ses épaules. Maintenant, on essaye de rebondir, de travailler au moins, continuer à travailler avec les femmes qui produisent ce fameux beurre de karité qui est génial. mais en le liant toujours à la conservation. Et là, on arrive à les aider à s'impliquer sur un corridor pour les éléphants. Donc, c'est elles qui deviennent les protecteurs de ces arbres. Et donc, ça, on ne lâchera jamais. Donc, il faut qu'on poursuive ça, qu'on voit comment on le fait clairement et honnêtement. Mais ça va fonctionner. On a relancé aussi Aroma Forest, les huiles essentielles au détail. Et c'est pareil, l'idée, c'est d'arriver à faire que chaque personne qui achète un flacon d'huile essentielle… et bien elles sachent d'où ça vient, et finalement que ça soutient des communautés qui s'impliquent dans la conservation, pas juste à produire de façon neutre, donc c'est un peu là où on en est à l'heure actuelle.
- Speaker #1
On va en parler à la toute fin, parce que ce sera la conclusion, puisque tu as quand même un joli anniversaire que tu vas fêter avec les 30 ans de ton ONG, l'Homme et l'Environnement, donc je trouve ça très inspirant justement de lier à la fois l'économie, c'est même pas que l'Homme et l'Environnement, c'est l'économie, les communautés locales, et l'environnement, quand je dis économie, c'est les consommateurs que nous sommes. On va en reparler à la fin, ça sera une belle conclusion. Là, tout de suite, en fait, je voulais vous parler, puisque j'ai pris le temps de le relire, et je me suis vraiment régalé. C'est donc The Jungle Beef, l'ouvrage bande dessinée que tu as réalisé, il n'y a pas si longtemps que ça, qu'il est sorti, rappelle-moi juste sa date de sortie.
- Speaker #0
Ça fait deux ans quand même.
- Speaker #1
Ça fait deux ans. Ça parle de ton voyage au Honduras, en 2016, où tu fais la rencontre de ce guide... qui est un puits de science et extraordinairement investi, et on se prend d'amitié même pour ce guide Georges, qui nous montre un peu... Rocher, pardon. Tu me corrigeras parce qu'il y aura 2-3 plantes médicinales, je pense, en espagnol. Je ne suis pas... Rocher, et qui nous montre justement tout ce qui se passe dans ces endroits, peut-être dont on n'a même pas conscience, le monde du race, on n'en parle même pas une fois par an, c'est complètement étranger, on sait vaguement que c'est un pays en Amérique latine. On le rapproche ça peut-être de la drogue, mais c'est tout, on pense que c'est complètement coupé de ce qu'on vit, et en fait pas du tout, c'est vraiment un voyage. Je voulais savoir quel était le but à travers cet ouvrage, et pourquoi est-ce que tu as choisi la BD pour le raconter ?
- Speaker #0
Écoute, en fait, moi je voyage beaucoup, enfin voyage moins, mais j'ai beaucoup beaucoup voyagé, et là on a fait une mission avec The Explorer. qui consistait à ne pas du tout travailler sur les plantes, mais le reste, le but de l'expédition était de retrouver une cité perdue au milieu de la jungle. Et ce qu'on a fait, c'est fascinant. Donc là aussi, c'était très intéressant parce qu'on a trouvé des modèles de cités de 10 000 personnes au milieu de la jungle qui vivaient en harmonie avec la forêt vierge. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l'histoire, mais les gens pourront la retrouver sur Internet, etc. La cité blanche, la cité du dieu singe. Mais en allant sur place, moi, je suis parti un peu tout seul. On est une grosse équipe de tournage. Je crois qu'on était 14 personnes. C'était des grosses aventures incroyables, avec les hélicoptères de l'armée, etc. Mais à un moment donné, moi, je devais aller au milieu de la jungle pour trouver où l'hélicoptère allait pouvoir se poser, parce que là... GPS, ils ne te le donnent pas. Je veux dire, on est dans un jacques, il faut trouver une micro-plage le long du fleuve. Donc là, moi, je suis remonté en pirogue avec Roré, donc mon guide. Et puis, on remontait tout seul. Alors que normalement, on a des gardes du corps et des machins parce qu'effectivement, il y a du narcotrafic qui est un peu lourd. Mais comme tu disais, on en entend vaguement parler avec l'Amérique centrale et le sujet, mais on ne le voit pas. Et là, en remontant la rivière, au bout de trois jours quand même de remonter en pirogue, je veux dire à moto, et bien finalement je trouve une petite plage au bord du fleuve donc j'envoie les coordonnées par radio pour que les hélicoptères puissent venir mais je reste deux trois jours ici tout seul avec mon guide au milieu de la jungle et là d'un seul coup je suis dans mon hamac parce qu'on dort sur un bac pour éviter un peu les petites bêtes de la jungle a vraiment beaucoup et en fait en là un matin en ouvrant les yeux je me retrouve J'avais l'impression d'être au milieu de nulle part. Et là, je trouve des vaches qui me regardent. Des vaches sud-américaines avec des grandes oreilles qui posent. Je me dis, t'as l'impression d'avoir mangé un champignon dans la nuit, là. Tu te dis, il est arrivé. Et en fait, en discutant un petit peu, comme on était isolés avec Roré, donc on ne présente pas trop de danger, donc le vaché, ce qu'on appelle ça là-bas, est venu parler. Donc, on a pu échanger un petit peu. Et c'est là que j'ai compris qu'en fait, ils étaient financés par l'argent de la drogue. C'est-à-dire qu'en fait, pour blanchir l'argent de la drogue, les mecs, ils achètent des vaches, ils prennent des mecs super pauvres, et puis ils leur disent, tiens, tu es super pauvre, tu n'as rien du tout. Je te file un troupeau de vaches, tu vois, et puis moi, je te récupérerai les petits, je te garantis l'achat, mais tu vas aller là-bas, au milieu de la jungle, tu coupes la jungle, tu t'installes là-bas, tu vois, et puis moi, je te rachète. Donc, c'est un processus qui est fou. Et donc, avec des steaks qui t'arrivent après, tu vois, on ne va pas citer de marque pour ne pas... Oui.
- Speaker #1
Mais qu'on retrouve dans les grandes enseignes de fast-food qu'on connaît très bien chez nous, et c'est là-bas que c'est produit, c'est incroyable.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Donc après, justement, au niveau européen, il y a des règles qui se mettent en place. Il y a une règle qui vient d'être reportée là d'un an pour que les industriels aient le temps de s'y mettre, qui s'appelle la règle de non-déforestation importée. C'est-à-dire qu'on ne peut pas, nous, quand tu vas manger un hamburger quelque part, tu ne veux pas être responsable de la déforestation en Amérique du Sud. Et là, je suis passé dans un village, tu vois, le lendemain, un gendarme a été tué par les narcotrafiquants. On parle vraiment de choses qui sont graves, qui sont moches, qui sont terribles. Tu vois, ça en parlait toute la faune magique qui disparaît de cette... Donc, comme tu le disais, nous, on a une responsabilité là-dedans. Mais ce qu'on voit, c'est que ça, ça peut changer, justement. C'est tout quelque chose d'assez compliqué. Mais moi, je dis, c'est complexe, ce n'est pas compliqué. Donc, tu vois, il faut prendre compte des différents éléments. Et puis, tiens, se dire, OK, il faut des régulations européennes, parce que, je veux dire, il faut qu'on arrête ça. On ne peut pas avoir nos enfants qui sont responsables de leur avenir, qui détruisent la planète parce qu'ils bouffent un steak qui, en fait, détruit tout. Donc là, on a besoin de règles internationales pour ça. Mais on a aussi besoin que chacun se dise, tiens, moi, je vais m'engager, je vais faire attention à ça, je vais regarder et puis s'engager dans la régénération de la planète. Tu vois, après 30 ans, je suis convaincu que c'est possible. Donc ce bouquin, c'était un peu pour moi une vraie découverte en concret de ce qui se passait sur place. Et je me suis dit, il faut le raconter parce que c'est fou. Les gens, ils ne s'en rendent pas compte. Mais le raconter comment ? Donc, je me suis dit, je ne suis pas un grand auteur littéraire, tu vois. Je veux dire, pour faire un bouquin qui soit vraiment attractif, ce n'est pas facile, tu vois, en écrivant les bons mots. Après, je me suis dit, peut-être que je peux l'illustrer. J'ai des photos, j'ai des machins, puisque c'est de la vraie vie. Puis après, j'ai rencontré Cyril, un dessinateur alsacien qui est génial. Et on s'est assis et tout vite, très vite, ça a matché. Je lui ai raconté l'histoire dans le détail. Il s'est inspiré de petits détails. Je lui ai filé plein de photos. En fait, c'est une BD, mais on ne se rend pas compte, c'est super réaliste.
- Speaker #1
Ah oui, oui, je confirme.
- Speaker #0
Ça fonctionne. Et on a gagné un prix des étudiants, ça, c'était très chouette. Dans le Sud-Ouest, la BD l'a engagée pour la planète, tu vois, qui a le mieux plu aux collégiens. Donc ça, c'est touchant. C'est vraiment un truc. Donc c'était ça, l'histoire, c'était de trouver le moyen de passer ce méchage d'une façon didactique simple. et ça a fonctionné, c'est pas mal. Merci d'en parler.
- Speaker #1
Avec grand plaisir parce qu'on part en voyage un peu avec toi. Je dois dire, tu parles de ce dessinateur Cyril Meyer et c'est vrai qu'il y a des planches qui sont vraiment des bijoux. C'est des vrais tableaux et on peut deviner un tout petit peu ce que tu as dû vivre en vrai là-bas. Mais en tout cas, c'est réussi, c'est complètement immersif et je trouve que ce qui est très bien réussi, c'est que le sujet est quand même très lourd. comme tu l'as évoqué, et pourtant je trouve qu'on alterne vraiment entre les moments prise de conscience, il faut le dire, c'est la réalité, on ne va pas essayer d'adoucir les choses, mais pour autant je trouve que c'est complètement contrebalancé par la beauté de la nature et par des messages d'espoir très forts, donc je trouve que c'est très bien équilibré, on n'en ressort pas du tout déprimé, je tiens à rassurer les personnes qui le liraient, au contraire c'est un voyage qui, on sent un vrai cri du cœur derrière, et on en ressort en se disant qu'est-ce que je peux faire quoi. Je voudrais parler avec toi maintenant, parce que tu l'as dit au début, tu es aussi un ethnobotaniste, et je dois dire que cette passion chez toi me passionne, parce que tu avais parlé dans le premier reportage qu'on avait fait ensemble, par exemple de la pervenche de Madagascar, là-bas tu t'es régalé, il n'y a pas d'autre mot, tu le dis dans le livre, avec justement des plantes médicinales mais incroyables dont personne ne connaît, je ne sais pas si je vais me laisser aller à dire le nom d'une plante, allez, le Manilcarazapota, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, les apotas, oui.
- Speaker #1
Ok Zapota, que tu découvres à la fin avec plein de vertus, enfin bref, je voulais savoir justement, qu'est-ce que tu pouvais nous dire sur l'importance de mieux connaître et de préserver le savoir sur ces plantes médicinales, notamment dans des régions aussi reculées que le Honduras ?
- Speaker #0
Alors c'est un peu partout, tu vois, alors au début ça part d'une passion de voir que les gens localement se soignent avec ça. dans les zones réculées d'Amérique du Sud, mais aussi à Madagascar au niveau rural, 80% des gens se soignent encore avec les plantes. Donc tu te dis, mais comment on a pu passer ? Au début, tu vois, depuis les années 50, on se dit, bon, c'est sympa, mais nous, on a quand même des médicaments en pharmacie. Et plus tu étudies, plus tu te rends compte que finalement, c'est limité. C'est l'histoire de la pervenche de Madagascar. Les gens, ils ne le voient pas. Mais quand tu vas dans un hôpital pour soigner un enfant de la leucémie infantile, le petit goutte à goutte que tu vois, il y a des extraits de la racine de cette petite plante qui est exportée de Madagascar tous les ans. Donc tu vois, il y a ce besoin de prise de conscience. Donc bien sûr, on a inventé, je vais y revenir tout de suite, d'ailleurs des antibiotiques et tout ça qui ont permis de soigner des millions de gens, je dirais d'éviter la mort à des millions de gens, mais les gens ne voient pas qu'on est encore dépendant de plantes pour des histoires cruciales. Maintenant, tu vois, la pervenche, on n'a pas réussi à synthétiser les molécules, donc on a toujours besoin de... d'exporter de Madagascar des petites racines. Alors t'imagines si d'un seul coup, les Malgaches y mettent le feu à toutes ces pervenches. Donc là, on a de la chance, c'est une plante qui n'est pas menacée, mais il y a des plantes médicinales qui sont menacées. d'un seul coup il n'y en a plus C'est 60 000 enfants en France qui sont sauvés tous les ans grâce à la pervenche de Madagascar. Donc, tu vois, c'est là où tu te dis, mais attends, et quand tu dis ça à une maman, tu dis, mais attends, il faut peut-être qu'on s'occupe de l'environnement. C'est peut-être un peu crucial. Non, tu vois, là, il y a une des plantes, peut-être tu te souviens, le sarro que j'ai développé dans l'ouest de Madagascar. Là, je cherchais à trouver à un moment donné comment on pouvait justement mettre en… Tu vas avoir une pré-transformation en gros des plantes pédicinales et les huiles essentielles sont parfaites pour ça, parce que tu as une transformation sur place, les femmes collectent les plantes, on est dans un alambic, des fois tu as très peu de rendement, des fois il nous faut une tonne de feuilles pour faire un kilo d'huile essentielle, mais là on a travaillé sur cette plante qui était connue par les malgaches. Les malgaches ils l'appellent dans certaines régions le mandrava sartre, ça veut dire qu'il tient le mal éloigné. Donc tu te dis attends c'est fou, écoute figure-toi on a travaillé, donc ça fait des années de travail. Pour arriver à comprendre, il faut standardiser le produit, il faut le faire, comprendre les différentes compositions moléculaires. Et là, on a un truc de fou. L'Organisation mondiale pour la santé est en train de tirer la sonnette d'alarme. En France, à l'heure actuelle, il y a des campagnes qui ont repris pour dire si votre médecin ne vous prescrit pas d'antibiotiques, c'est qu'il a une bonne raison. Pourquoi il lance ces campagnes ? Parce qu'on a un problème majeur, ce qu'on appelle une antibiorésistance. C'est un truc de fou. Mais en fait, si tu veux, les antibiotiques ne marchent plus. Et la recherche médicale classique, pharmaceutique classique, de fabriquer chimiquement des antibiotiques, elle est arrivée à ses limites. On n'arrive plus à faire. Et donc là, en fait, ces plantes-là, dont le sarro, sarro de sarre, qu'on a fait, si tu veux, pour être sûr qu'on contrôle la température, pardon, la composition chimique, on a déposé le nom pour ça, simplement pour dire qu'il faut que ce soit la bonne qualité. Et là, tu te rends compte qu'il va y avoir des propriétés antibactériennes. Et il y a un brevet qui a été déposé en 2022, sur le 1,8-synéole pour l'utilisation avec les antibiotiques. C'est-à-dire qu'en fait, les antibiotiques, c'est une molécule en général. Donc, tu vas avoir une résistance qui va pouvoir se faire et faire que finalement, les bactéries s'habituent à cette molécule antibiotique et hop, elles arrivent à faire que ça ne marche plus. Et ça fait que ces maladies nosocomiales, l'OMS parle de 50. 5 millions de morts tous les ans à cause de ces maladies qu'on n'arrive plus à guérir parce que les médicaments ne sont plus efficaces.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
Le projet 2022 montre que dans une molécule qui s'appelle le 1,8-sinéole, qui est dans le sarro après de la moitié, quand tu l'assieds aux antibiotiques, tu n'as pas la résistance. Donc elle pourrait avoir des propriétés. Et nous, on l'a travaillé sur l'industrie crevétière, où avant ils utilisaient des antibiotiques automatiquement. C'est interdit maintenant au niveau européen dans l'alimentation animale. Et donc l'appareil, lui, l'essentiel, va réussir à, en fait, si tu veux, à jouer un rôle antibiotique, et surtout si tu l'associes à des antibiotiques, à éviter toute résistance. Donc, c'est une plante médicinale qui était connue par les malgaches depuis longtemps, qui fait ça.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Il faut qu'on réinvente de se mettre à l'écoute des gens sur place, si tu veux, et de respecter, tu vois, et de valoriser ces plantes. c'est-à-dire que nous Quand on arrive à sortir quelque chose, on s'occupe de la reforestation, de protéger les forêts, de protéger ces ressources qui sont d'importance mondiale. Donc tu vois, c'est un cercle vertueux qui se met en place quand tu décides finalement de commencer à échanger avec les gens et puis d'être responsable, de se dire que ces forêts, il faut les protéger pour le bien local, pour le climat et aussi pour nous en tant qu'humains tout simplement.
- Speaker #1
Oui, mais je trouve ça effectivement incroyable de redécouvrir des fois des centaines, Merci. des milliers d'années, des choses qui sont utilisées par des communautés locales. Là, tu fais la rencontre de ce chaman que tu racontes dans ton avant-dessiné Jungle Beef. Plus il décrivait les bienfaits de la plante dont on a cité, mais on se dit, mais combien de médicaments on prendrait pour les reins, les poumons, la toux, la fièvre ? C'est incroyable. Et là, en décoction avec une plante, en fait, ça fait tout ça aussi bien, si ce n'est mieux. Donc, c'est incroyable. En fait, tu ramènes du bon sens ... Là-dedans, c'est ça que j'adore.
- Speaker #0
Oui, et puis, il y a eu une vraie bagarre, si tu veux, de l'industrie pharmaceutique, je veux dire, contre ces soins naturels, tu vois, parce que c'était aussi... parce que c'est du business, soyons clairs. Et là, maintenant, tu vois, c'est intéressant, parce que comme on arrive au bout, même je vois des distributeurs en pharmacie qui commencent à venir vers nous, tu vois, parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent plus cacher, parce qu'ils en ont besoin, puisque si les antibiotiques ne marchent plus, ils ne vont plus en vendre, tu vois, les gens vont se tourner vers autre chose. Donc là, ils sont en train de se dire, finalement, il vaut mieux qu'on s'associe, qu'on essaye aussi de faire du fric en commercialisant ça. à nous de trouver les limites aussi, tu vois, et justement de faire attention, de dire, achetez pas, c'est pour la santé, tu vois, n'achetez pas n'importe quoi, bien évidemment. Donc il y a tout un pareil, un système de régulation et de contrôle à mettre en place, mais c'est fascinant parce qu'effectivement, on arrive maintenant à une prise de conscience aussi du grand public. Les remèdes de grand-mère, ce n'est pas si bête que ça à un moment donné.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait. Surtout que toi, t'amènes une démarche quand même très rigoureuse et très scientifique derrière, c'est tester en laboratoire. T'avais évoqué que t'avais fait appel à tes anciens collègues, si je dis pas de bêtises, de chez Yves Rocher pour faire des analyses en laboratoire. Donc c'est... Il y a quand même une vraie rigueur scientifique à l'occidentale derrière, donc c'est pas... Voilà, on sait ce qu'on fait. juste pour info tu m'arrêtes si je me trompe c'est tu l'essentiel de Saro que j'ai d'ailleurs que j'aime beaucoup parce qu'elle a différence parce qu'on peut se dire oui mais il y a le ravine Saro certes, mais le ravine-sarah, vous en mettez un petit peu trop sur les narines ou sur les muqueuses et ça brûle. Et là, ce qui est génial, c'est qu'elle n'est pas du tout agressive. Et on peut se la procurer chez Aroma Forest. C'est ça. Voilà, tout en soutenant derrière toute ton action.
- Speaker #0
Oui, et ça, on y reviendra. On est en train de préparer des trucs, mais on travaille. Tu vois, on a commencé il y a 15 ans à faire une petite zone de conservation pilote. La forêt avait brûlé, mais totalement brûlée. 15 ans après, on a de nouveau de la forêt avec des petits plans de sarraux dedans. Et là, j'en reviens, tu vois, il y a une quinzaine de jours, j'étais à Madagascar, et puis on a travaillé un peu avec les communautés locales très vite. On a des gens sur place qui font le boulot. Et en fait, on devrait retravailler, si tu veux, j'espère, sur 5 à 15 000 hectares, pour refaire de la forêt naturelle avec les communautés locales qui vont replanter ce sarraux. Comme tu le dis, Yves Rocher a été super parce qu'on l'a sorti en cosmétique, donc ça nous a amené à faire les tests pour vérifier que ce ne soit pas agressif. C'est important d'arriver à déterminer quelle est la meilleure composition chimique pour avoir l'efficacité sans avoir d'agressivité. Il y a des huiles essentielles telles que la cannelle qui sont super antibactériennes, mais c'est impossible à utiliser parce que tu ne peux pas te mettre au soleil, il faut faire gaffe. Alors que là, avec le Saro Tsar, on a mis cette appellation derrière. qui veut dire bien en malgache, en faisant référence à cette connaissance traditionnelle. Là, on arrive à avoir un produit qui est magique. C'est beaucoup de travail, mais c'est là où on arrive maintenant. C'est de se dire que ça fait du bien d'être engagé dessus au bout de toutes ces années. Maintenant, il y a encore beaucoup de choses à concrétiser, mais on sent qu'on a un mouvement derrière. Je te remercie d'ailleurs de suivre parce que tous les gens que j'avais vus au au séminaire mondial que vous aviez fait, tu vois, je dirais à tous ces trucs-là, c'est vrai que ça fait du bien. de voir cette énergie. Autant que ça fait du bien aux chamanes quand j'arrive et que je discute avec eux, qu'on est sur la même longueur d'onde qu'ils voient. Moi, j'ai des moments fantastiques là-dessus. J'ai un mec à Wouiman, tu sais qu'on a construit un laboratoire dans la forêt, je veux dire, pour le chaman local, si tu veux, ce qu'on appelle là-bas le tradipraticien. Et tu le vois maintenant, ce gars, moi je l'ai connu, il connaissait les plantes, c'était génial. Maintenant, il a son petit laboratoire, mais vraiment dans la forêt, il faut marcher 20 minutes. pour arriver près de la forêt. Et là, tu le vois, le mec, tu arrives là, au bout du chemin pentu, etc. Tu as un petit laboratoire de brousse. Le mec, il a sa blouse blanche, il a des paillasses en verre qui sont là. Et il prépare des baumes. Tu vois, c'est-à-dire qu'aussi, ce qu'on voulait faire, c'est que les soins que nous, on est capable de faire en Europe maintenant avec tous les contrôles, si tu veux, de qualité requis, eh bien, on les fait sur place directement. Et on a construit un petit centre de santé sur place. Maintenant, c'est eux-mêmes qui fabriquent leurs soins, qui sont ce qu'on appelle au niveau de l'OMS, des remèdes traditionnels améliorés. C'est-à-dire, si tu veux, sur la base des remèdes traditionnels, leur connaissance, mais avec des contrôles qualité, des dosages qui font qu'on est vraiment sûr de l'efficacité. C'est magique.
- Speaker #1
Incroyable d'avoir amené ça en plein milieu de la jungle. C'est ce lien, c'est cette interdépendance qui fonctionne. C'est un très bel exemple. Tu parlais d'anecdotes, je sais que les gens qui nous suivent depuis déjà de nombreuses années sont très sensibles justement sur la connexion, il y a presque quelque chose de spirituel quand je vais dire ça, avec la nature. Il y a des moments même qui sont marquants dans Jungle Beef ou à travers un tableau absolument magnifique sur la nature, où toi-même tu décris qu'il se passe quelque chose, que tu sens vraiment une connexion, quelque chose de profond, comme quoi on est vraiment issu de cette nature. Est-ce que là, comme ça, que ce soit dans ton voyage au Honduras ou ailleurs, à travers tous tes voyages, est-ce que tu pourrais nous parler peut-être d'un moment, c'est peut-être pas évident à choisir, mais qui t'a profondément marqué dans cette connexion avec la nature et le fait qu'on est vraiment lié avec cette nature ? Et en quoi est-ce que cette connexion, elle inspire toutes tes actions, bien sûr ?
- Speaker #0
Ben, écoute, oui, je vais te dire un truc, c'est que quand... Moi, j'avais 18 ans... des parents divorcés, pas beaucoup d'argent, donc tu dois travailler. Qu'est-ce que tu fais quand tu n'as pas de diplôme, tu n'as pas le bac ? Tu fais commercial, tu vois, tu vends des trucs. Je vendais des encyclopédies de droit en porte-à-porte le soir, enfin des trucs qui, moi, ne m'allaient pas du tout. Moi qui ai grandi en Afrique dans les marécages, tu vois, je veux dire, ça ne pouvait pas coller. Et en fait, tu vois, j'ai eu des ulcères, tu vois, à l'estomac, mais grave, c'est-à-dire jusqu'à une hémorragie ulcéreuse, tu vois, c'est-à-dire que tu te retrouves… euh... On ne va pas en parler là, mais tu vois, les expériences de mort imminente, tu vois, parce que j'étais quasi mort, tu vois. Et donc, tu vois, là, tu te dis, mais il y a quelque chose qui ne va pas. Je veux dire, de grave, quand tu as 18 ans, que tu te fais un ulcère à l'estomac, qu'il te fait une hémorragie, tu meurs pratiquement. Et je me dis, il fallait que je reparte retrouver mes racines, tu vois, je veux dire, de la forêt. Pour moi, c'était ça. Et je suis parti. Et tu vois, et je n'avais pas été depuis... depuis 7-8 ans, tu vois, dans la forêt tropicale. Et en fait, j'avais dans l'avion des images. Tu vois, je me disais, je vais revoir ça, je vais revoir ça, tu vois, ma maison, etc. Et en fait, quand je suis arrivé, ce que je n'avais pas en tête, je l'ai retrouvé tout de suite dans ma mémoire, c'était les odeurs. Les odeurs des plantes, même l'odeur de l'humidité. Et ça, on l'oublie et c'est phénoménal. Et je viens de lire un bouquin. d'un chirurgien oncologue à la retraite, et je n'ai plus le nom en tête, mais je pourrais te le redonner, et qui vient d'écrire, si tu veux, sur des monoterpènes, qui sont aussi des molécules qui sont très présentes dans l'huile essentielle de sarro, justement, qui tient le mal éloigné. Et il vient donc après des années et des années de travail, des dizaines d'années de métier en oncologie, donc en recherche sur le cancer, de trouver qu'en fait tu as ces monothermèdes qui sont des odeurs que tu trouves dans les pains par exemple, en fait qui vont empêcher les cancers. Tu vois, donc tu arrives à ces trucs, des molécules que tu vas retrouver dans plein de plantes. Donc tu vois, c'est des années après que tu te dis, mais tu vois, c'est comme si mon corps avait dit à mon esprit, ou mon esprit dit à mon corps, écoute Olivier, c'est pas comme ça qu'il doit vivre, c'est pas ça son rôle sur la planète. Et donc on lui donne un putain de signal d'alarme de dire ok. Ton corps, il n'est pas là pour ça. Et ton esprit, après, se reconnaît. Et tout ce travail que j'ai fait, de voir ce spécialiste de la cancérologie qui te dit, mais finalement... après des dizaines d'années de travail, de recherche, ce sont ces odeurs de terpènes que tu trouves dans les pins. Tu vois, si tu vas te balader dans une pinède, si vous pouvez tous les matins vous faire un truc dans une pinède, vous avez toutes les chances de vivre jusqu'à 100 ans sans avoir de cancer. C'est aussi fou que ça, tu vois.
- Speaker #1
C'est incroyable. Ah oui, complètement fou.
- Speaker #0
Donc, on le retrouve. Mais tu vois, maintenant, je me dis, moi, j'ai eu ce flash, en fait, des odeurs, vraiment par une pression de santé sur mon corps, tu vois, et quand je suis retourné dans la nature, c'était vraiment un besoin physiologique. J'ai trouvé ça, j'ai dit, ah, mais c'est fou, tu vois. Et en fait, tu les as dans ton cerveau très, très, très fort. Donc, on retrouve vraiment des liens très forts. Et quand tu lis des grands chercheurs qui ont fait ces travaux après, tu te dis, mais c'est bien. Et encore une fois, le sarro, tu vois, le sarro, je parlais des propriétés antibactériennes. Puis de retrouver que tu trouves ces molécules, après, moi, je comprends pourquoi, quand j'ai senti cette huile qui est sortie de l'alambic, je me suis dit, mais attends, c'est… C'est le produit qui doit sortir.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Là, ça nous donne juste envie d'un truc, c'est d'aller prendre un bon bol d'air frais dans la nature, juste à côté de chez nous, parce que des fois, on a tendance à se compliquer. Et là, je trouve que tu ramènes ça de façon très simple. C'est incroyable, les odeurs. Là, tu m'apprends un truc, c'est complètement fou.
- Speaker #0
Phénoménal, phénoménal. Tu vois, il y a encore beaucoup à faire, parce que tu vois, c'est des choses qui sont des propriétés antibactériennes. C'est assez simple. On prend des tests de bactéries. bactéries, tu vois, on voit si ça marche, si ça tue les bactéries ou pas. Mais toutes ces histoires de cancer, de ta physiologie profonde, c'est beaucoup plus compliqué à démontrer. Il faut des travaux comme ça, vraiment, tu vois, de chercheurs ouverts qui vont te tirer au cours de toutes ces années. Mais effectivement, si vous pouvez aller dans, si toi tu étais dans les Vosges, je me souviens bien, tu vois, aller dans les forêts de sapins, je veux dire, c'est phénoménalement important.
- Speaker #1
Incroyable. On arrive pratiquement à la fin. Je crois que cette année, on fête l'anniversaire de l'Homme et l'Environnement qui fête ses 30 ans. Je voulais te laisser un peu la parole libre pour conclure cet échange que j'ai trouvé vraiment passionnant. On pourrait rester bien sûr des heures, mais ce n'est pas le but. C'est plus d'inviter les personnes à découvrir ce que tu fais à travers Aroma Forest, Jungle Beef, le sommet de l'éco-altruisme aussi, ton reportage. Voilà, je voulais te laisser la parole sur ce que tu m'as dit. Il y avait un... petit bilan que tu souhaitais faire ? Tu m'avais dit ça quand on avait échangé en privé. Et puis voilà, est-ce que tu aurais un cri du cœur pour finir ? Un message que tu souhaiterais faire passer ?
- Speaker #0
Écoute, pour moi, ça a été une grande expérience. La plus belle réussite, si tu veux, de ça, c'est quand je suis arrivé à Madagascar. Le pays venait de s'ouvrir, en fait, après une période communiste très forte et très fermée. Il y avait Cuba et Madagascar. Tu vois, c'était un peu... Et en fait, c'était que des blancs qui s'occupaient de l'environnement schématiquement. Donc je me suis dit, ok, c'est pas possible, ça peut pas fonctionner comme ça. Maintenant, ma plus belle réussite dans tout ce qu'on a monté, 30 ans de travail, c'est que maintenant je vois des équipes qui s'en occupent. Tu vois, moi je suis basé dans le livre de la France maintenant, on a tous les jours des échanges, tu vois, par Skype, Internet fonctionne maintenant à peu près. La vraie réussite, c'est celle-là. Là, on gère cinq zones de conservation. Il y a encore des vrais challenges pour trouver les moyens d'aller jusqu'au bout. Il nous manque un peu de fric là, un peu de fric là. On travaille au Burkina Faso, on va travailler au Pérou. Ce qu'il y a de fort, c'est que les gens, si tu leur laisses prendre les responsabilités, tu arrives à expliquer les trucs, à montrer quelque chose, l'importance des plantes et tout ça. Finalement, ça fonctionne. Je crois que c'est ça la vraie réussite de l'homme et l'environnement. c'est que finalement on a travaillé aussi bien au niveau local à responsabiliser des associations locales et c'est vraiment les gens qui se prennent en main maintenant pour la production des huiles essentielles l'écotourisme, le centre de santé, tout ça tu vois il y a une forme de responsabilisation locale qui a été faite et je crois que la réussite que moi je peux avoir d'avoir fait tout ça c'est d'avoir juste trouvé les bonnes personnes pour le faire et maintenant vraiment l'envie que j'ai c'est de dire voilà on a réussi à prendre des sites où la forêt allait disparaître. Maintenant, la forêt, elle est revenue. Et elle est revenue pas parce qu'on a mis des barrières autour, parce qu'on a impliqué les gens dans la gestion de cette forêt, parce qu'on a impliqué les gens dans la protection de la faune et de la flore, tu vois, des plantes médicinales qui servent le reste de l'humanité. Et je crois que l'envie, c'est ça, c'est de dire c'est possible. Tu vois, j'ai un copain qui avait réalisé un film sur moi. Après, il m'appelait Monsieur C'est Possible, tu vois. Oui, c'est possible. Maintenant, il y a des vrais challenges. Tu vois, on a besoin d'argent dans le Sud, mais il y a des conférences internationales qui le disent. C'est toujours compliqué. Chacun à notre échelle, on peut faire la différence. Moi, je n'étais qu'un individu, sans fric, sans diplôme. Tu vois, j'ai rien à faire. Après, tu deviens chercheur, tu deviens conservationniste, tu deviens développeur, ethnobotaniste, etc. Donc, moi, j'ai envie d'inviter, il y a un des objectifs du développement durable, qui est l'objectif 17, c'est le dernier, c'est les échanges, entre le nord et le sud, que ce soit pour soutenir financièrement la conservation, parce que ça ne coûte vraiment pas grand-chose dans les pays du sud. On en a besoin de toutes ces plantes, de tous ces animaux. Et aussi, si tu veux, d'avoir des échanges économiques qui deviennent plus intelligents. Donc, je crois que c'est le moment de montrer que c'est possible. Et je te remercie, Loïc, de m'avoir donné la parole pour ça. Juste si je pourrais dire ça, c'est possible, croyez-y. Il faut se bouger les fesses, mais on peut vraiment changer les choses.
- Speaker #1
Je crois que c'est une magnifique conclusion. Encore une fois, je renvoie les personnes à... Où est-ce qu'on peut se procurer, d'ailleurs, ton livre Jungle Beef ?
- Speaker #0
Alors Jungle Beef, il est, comme on dit, dans toutes les bonnes librairies, mais pas beaucoup parce qu'il y a tellement de livres en librairie. Mais je sais qu'il est à la FNAC, il est sur, si vous tapez Jungle Beef, vous allez le trouver en vente.
- Speaker #1
Super, donc vous pourrez retrouver Jungle Beef, un cadeau à vous faire. C'est un beau cadeau aussi à faire à ses proches, qu'ils soient un minimum sensibilisés par ce qui se passe, parce qu'encore une fois, c'est très ludique, on voyage beaucoup. Et j'adore aussi ce petit mot de la fin, c'est possible. Alors tu l'as peut-être pas dit parce que on... On s'est peut-être pas épanché là-dessus sur ton parcours, ou peut-être aussi par recul et modestie, mais ce que je trouve incroyable, c'est que tu es devenu, un peu par la force des choses, un chercheur, un spécialiste mondialement reconnu. Quand je dis mondialement, c'est juste un fait, c'est pas pour te passer de la pommade, mais je crois que t'as même pas fait la première année des sciences biologiques à la faculté, mais tu es devenu ce spécialiste mondial simplement par passion, par conviction, parce que t'es allé dans des endroits où... où personne n'est jamais allé. Donc comme tu disais, ce n'est pas si compliqué d'être spécialiste, quand tu vas étudier des choses où personne n'est encore jamais allé. Mais ce qui t'a porté, j'ai l'impression que c'est cette foi, c'est cette détermination. Et quel que soit son parcours, j'ai l'impression, en fait, tout est possible si on y croit, c'est ça. Je voulais juste que tu nous en dises un petit mot, parce que ton parcours est quand même très inspirant. Oui,
- Speaker #0
c'est ce que je voulais dire, surtout à la jeunesse, on a besoin de la jeunesse, c'est surtout ça. Effectivement, moi, je suis peut-être un des derniers naturalistes, tu vois, qui soit. Mais c'est vrai qu'il y a un grand professeur, tu vois, qui est vraiment, lui, une sommité mondiale. Tu peux dire, moi, je suis connu. Tu vois, aux États-Unis, où je suis passé, j'ai passé dix jours, c'est tout ce que j'ai fait à l'université aux États-Unis, tu vois. Et le professeur Jim Simon était vraiment un des mecs les plus brillants qu'il soit, si tu veux, au niveau international. Et c'est vrai que c'est un plaisir parce qu'il connaît très bien mon parcours, tu vois, je dirais. Il sait très bien que mes diplômes, ils sont un peu comme ça, tu vois. Je veux dire, ils sont venus par la suite des choses. Mais c'est vrai qu'il prend un grand plaisir à m'appeler toujours docteur Bera, alors qu'il sait que je n'ai pas le savoir. Alors que c'est un grand professeur, il connaît tout mon parcours, mais parce que si tu veux, pour lui, c'est la différence du respect de ce que j'étudie. Mais encore une fois, j'ai envie de dire à tous les jeunes, il y en a heureusement plein qui se posent des questions à l'heure actuelle, nous on en reçoit plein, à Wouiman, tu sais, on a construit un psychologue géré par les communautés locales qui reçoivent. des étudiants français et internationaux pour apprendre, pour échanger.
- Speaker #1
En stage, en formation sur l'étude des plantes et des réserves des communautés.
- Speaker #0
Dans le cadre de leurs études à eux. Ils font des masters, des stages de terrain de trois mois à cinq mois. Et donc, ils viennent sur place et ils apprennent plein de trucs. C'est assez génial. Et donc, voilà, on sait que c'est surtout dire les jeunes qui ont mon âge. Tu vois, je dirais, ont vraiment des choses à faire. Je dirais que ces jeunes qui sont les cinquantenaires, les soixantenaires, qui sont rejeunes dans leur esprit, c'est encore maintenant qu'ils peuvent changer. Souvent, ils ont des moyens de changer des choses. Il y a des chefs d'entreprise qui changent, qui font des trucs géniaux. Et puis les plus jeunes, ceux qui sont jeunes d'âge aussi, de se dire, ben voilà, on peut faire des choses et puis il faut qu'on y aille, il ne faut pas hésiter.
- Speaker #1
Alors, ce sera la question bonus, parce qu'il y a une communauté aussi de jeunes en âge qui nous suivent. S'ils veulent en savoir plus, et pourquoi pas, venir faire un stage chez toi sur la réserve de Voieman. Où est-ce qu'il faut regarder où s'adresser ? Et puis après, pour les chefs d'entreprise aussi qui nous suivent, s'ils veulent en savoir plus pour soutenir tes actions, à qui s'adresser et comment faire ?
- Speaker #0
Alors, ils peuvent me contacter, moi. Ils trouveront Olivier Béra, je pense que c'est assez facile à trouver.
- Speaker #1
Oui, on affichera aussi les coordonnées sur Avignon.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on... Pareil, je travaille pas mal, il y a des fonds d'investissement qui commencent à se réveiller maintenant pour avoir des impacts positifs. Donc moi j'ai créé un concept qui s'appelle Net Positive Impact. Et donc d'ailleurs mon adresse mail c'est olivier.berat.netpositiveimpact.earth comme la terre. Mais bon c'est un peu compliqué, tu mettras le lien.
- Speaker #1
On affichera.
- Speaker #0
Voilà, et donc sinon ça effectivement nous on aide les entreprises à jouer leur rôle, tu vois, pour le développement économique, mais aussi pour la planète et la biodiversité en particulier. Et puis pour les jeunes, ils pourront voir, en allant le voir, il y a un site de Vuhiman, V-O-H-I-M-A-N-A.com, qui est le site de la réserve de Vuhiman. Et là, je crois qu'il y a une adresse qui est contact.vuhiman.com, si tu veux, et ils trouveront quelqu'un qui va leur répondre et qui va leur donner des informations.
- Speaker #1
Super. Et bien, merci infiniment, Olivier, pour cet échange passionnant.
- Speaker #0
Merci à toi, Loïc, de partager toutes ces choses avec le plus grand nombre. C'est super. On en a besoin.
- Speaker #1
Avec plaisir. Et puis, merci à tous de nous avoir écoutés. Et puis, je vous dis à très bientôt.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
Alors, merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère vraiment que la conversation vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un commentaire, à liker et à activer, si vous êtes sur YouTube, la petite cloche pour recevoir directement les prochains épisodes dans votre boîte mail. Si vous écoutez ce podcast en audio, je vous invite aussi à mettre 5 étoiles. à vous abonner, ça m'aidera vraiment à faire connaître le podcast. Et si vous voulez soutenir mon travail, je vous invite à découvrir les packs vidéo de méditation sur RenovierProductions.com, R E N E V I E R Productions au pluriel .com, tout attaché. Les packs vidéo de méditation que j'ai réalisés, j'ai filmé Bruno l'allemand lors de plusieurs stages de méditation avec lui et j'en ai fait des packs vidéo pour vous offrir vraiment une expérience à vivre depuis chez vous. de retour à vous même de paix de sérénité vous allez voir c'est absolument sublime il ya des images incroyables des musiques vous allez retrouver donc la paix la sérénité et le tout en vivant une expérience absolument incroyable depuis chez vous retrouver du sens il ya des sujets vraiment profond qui sont abordés le sens de la vie la confiance en soi les difficultés la mort vous allez voir c'est vraiment très riche donc rendez vous sur renault vie et production voilà encore un immense merci à mon invité du jour et moi je vous dis à très bientôt bientôt pour un nouvel épisode de c'est possible