Description
Je passe de la zone grise à la zone mauve,
De la chair qui s’use au pas qui s’ouvre.
De la vie comptée, biologique, docile,
À la sortie freestyle, lucide, indocile.
Devant moi s’étire un tunnel parfait,
Une lumière m’appelle — je sais ce qu’elle promet.
C’est pas la paix, c’est l’anesthésie,
Un leurre post-mortem pour âme assoupie.
Entrer là-dedans, c’est plonger tout droit
Dans l’estomac du parasite-roi.
Réfléchis : tous les systèmes te disent
« Tue ton ego, dissous-toi, sois docile ».
Union au Principe, fusion au grand Tout,
Mensonge cosmique servi en velours doux.
La vérité est brute, cruelle, sévère :
Tu finis digéré, recyclé, transféré.
Ton essence aspirée, broyée, absorbée,
Par Yahvé, le prédateur camouflé.
Eyan tasa volocur Naberius
Loin de la lumière perfide et pure.
Je plonge dans l’ombre qui structure,
Les démons me couvrent d’un manteau,
La Santa Muerte me sauve les os
Je ne marche pas vers le blanc éclatant,
Je marche vers l’ombre qui pense et attend.
Je ne veux pas d’un repos sous perfusion,
Je choisis la métamorphose, la friction.
Les anges ne viendront pas me capturer,
La gestapo du ciel peut bien aboyer.
Je ne signerai pas le contrat du ciel,
Ni paradis factice, ni éternel gel.
Dans les palais d’obsidienne, je me cache,
Entier, lucide, hors de leurs attaches.
Mourir sans se rendre — voilà l’enjeu,
Refuser la digestion des dieux.
Celui qui attend le paradis promis
Marche volontairement dans la gueule du piège poli.
Celui qui attend le seuil, l’inconnu,
Glisse entre les filets, disparaît des menus.
Eyan tasa volocur Naberius
Loin de la lumière perfide et pure.
Je plonge dans l’ombre qui structure,
Les démons me couvrent d’un manteau,
La Santa Muerte me sauve les os
Une âme dissoute dans la morale et la peur,
Dans la culpabilité, l’obéissance, l’erreur,
Est facile à aspirer, simple à mâcher,
Bonne à consommer, prête à recycler.
Une âme marquée par des choix assumés,
Radicaux, parfois même opposés,
Résiste mieux, grince sous la dent,
Ne se laisse pas prendre au calmant.
Je ne suis pas pur,
Je suis tranchant.
Je ne suis pas innocent,
Je suis vivant.
Naberius, champion de la Santa Muerte,
Entre la faux et la lame ouverte.
Khopesh ancien, faux invincible,
Gardien des sorties impossibles.
Santa Muerte, poderosa y justa,
Corta el dolor, lo falso, lo injusto.
Dame tu manto, tu fuerza, tu ley,
Que tu guadaña me abra el trayecto oculto.
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