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Replay des CHRONIQUES

MC' Aime J'ai perdu mon corps (23/11/19)

04min | 2019-11-24

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    Description

    J’ai perdu mon corps est un film d’animation très particulier, pour adultes (en tout cas il ne s’adresse pas à de jeunes enfants). C'est le premier film réalisé par Jérémie Clapin.

    Le scénario est tiré du roman "Happy hand" paru au Seuil en 2006, écrit par Guillaume Laurant, qui a voulut faire un jeu de mots avec l'expression "joyeuse fin".

    J’ai perdu mon corps est un titre plus prosaïque, mais qui annonce la première scène quand la main "se réveille" alors qu’elle est enfermée dans un sac en plastique à l'intérieur d'un réfrigérateur, dans un probable laboratoire médical. Elle parvient à s’échapper, évidemment d’une façon totalement incroyable. Commencent alors ses innombrables aventures, à la recherche éperdue du corps auquel elle appartient et qui est celui d’un jeune homme qui s’appelle Naoufel.

    Le film conjugue de manière très originale l’angoisse, la poésie et l’humour. Chaque plan est une surprise, par le cadrage, les couleurs, soit délavées, soit noir et blanc. Par la bande son qui est prodigieuse. Et par l’histoire qui est très touchante et finalement plausible. C’est le miracle du surréalisme quand il est au service du talent. Le réalisateur jongle de manière originale avec l’espace et le temps. Son style est unique.

    C’est vraiment du jamais vu. Trois récits, dans trois univers, se déroulent en parallèle. D’abord c’est cette main, qui ne parle pas évidemment, mais qui exprime une variété incroyable d’émotions, et qui devient au fil du temps quasiment un personnage à part entière. C’est Naoufel qui rêvait d’être cosmonaute ou pianiste et qui n’est "que" livreur de pizza, subissant sa vie et multipliant les difficultés avec ses livraisons. C’est aussi Naoufel petit garçon heureux au sein d’une famille unie, en Algérie, jusqu’à ce qu’arrive un drame que bien sûr je ne vous raconte pas.

    La vie de Naoufel connait plusieurs déboires mais un jour il rencontre Gabrielle, qui vit quasiment dans le ciel puisque son appartement est au 34 ème étage d’une tour. Le garçon va alors tout mettre en oeuvre pour convaincre la jeune fille de s’intéresser à lui.

    Les trois récits se chevauchent et le spectateur progresse dans la reconstitution de l’histoire pour comprendre progressivement comment cette main a pu être séparée du corps du jeune homme.

    Ce film donne autant à penser qu’à réfléchir. Les images demeurent dans notre mémoire parce que le propos a une dimension philosophique sur ce qui est important dans la vie, et sur le poids (ou la légèreté) du destin, même si on ne s’identifie pas à l’un des personnages.

    Il marquera un tournant historique pour le cinéma d’animation français. Parce que tout y est beau, surprenant, et que la poésie y est élevée au rang de vertu.

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