Description
Pour Deleuze, le cinéma ne se contente pas de représenter le monde : il le pense. Il invente des formes de temps, de mouvement, de perception, capables de bouleverser notre manière d’habiter le réel. À travers les notions d’image-mouvement et d’image-temps, il montre comment le cinéma classique organisait le monde autour de l’action, du but, de la causalité, avant que le cinéma moderne ne fasse vaciller ces certitudes, laissant surgir des temps disjoints, des corps immobiles, des situations sans réponse.
Cette émission explore ce basculement fondamental : le moment où l’action ne suffit plus, où le récit se fissure, où le cinéma cesse de rassurer pour devenir un espace de trouble, d’attente, de pensée. Le temps n’y est plus un simple cadre, mais une matière sensible, parfois oppressante, parfois ouverte, dans laquelle les personnages comme les spectateurs sont plongés.
À partir d’exemples de films, de figures du cinéma moderne et des textes de Deleuze, l’épisode interroge ce que le cinéma nous apprend lorsque le monde devient illisible, lorsque les repères s’effondrent, lorsque penser devient plus urgent qu’agir. Le cinéma apparaît alors comme un lieu de résistance, non par le message, mais par la forme, par sa capacité à faire sentir ce que les mots ne suffisent plus à dire.
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