- Speaker #0
Bienvenue dans Coalition, le podcast de Sport Power qui donne la parole à celles et ceux qui font le business du sport féminin. Je suis Sophie Sauvage et j'accueille deux fois par mois à ce micro des championnes, des entreprises, clubs, institutions pour explorer ensemble l'économie du sport féminin, ses modèles de développement et le chemin pour construire une trajectoire pérenne et ambitieuse pour l'ensemble des acteurs sportifs et économiques. Bonne écoute ! Les championnes nous impressionnent par leur capacité à surmonter les épreuves, à avancer toujours vers le positif, à rebondir et à donner le meilleur d'elles-mêmes, en surmontant parfois des difficultés logistiques, financières et de toute autre nature. En matière de rebond, un parcours assez exceptionnel est celui de Caroline Colombo, que je reçois dans ce nouvel épisode du podcast Coalition. Caroline a dû mettre un terme à sa carrière de biathlète de très haut niveau de manière anticipée. Elle avait à la fois préparé son après-carrière en faisant des études à l'école de management de Grenoble, mais elle a su rebondir très vite en se lançant dans une carrière professionnelle, chez France Montagne d'abord, aujourd'hui à la Fondation du Sport Français. et elle complète son engagement par une coprésidence au sein de la commission des athlètes de haut niveau de la Fédération Française de Ski, ce qui lui donne une vision à 360 lorsqu'on se projette vers Alpes 2030. Bonne écoute ! Bonjour Caroline !
- Speaker #1
Bonjour Sophie !
- Speaker #0
Tout va bien ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Tout va bien, je suis ravie de t'accueillir dans ce nouvel épisode de Coalition et on a beaucoup de choses à se dire ! Complètement. Et pour passer de ton parcours d'athlète de très haut niveau à tout ce que tu fais aujourd'hui. Donc on a le temps, ça tombe bien. Et si tu veux bien, j'aimerais commencer par une question qui n'est pas forcément la plus facile, mais comme ça on l'aura traité. Ta carrière s'est arrêtée un peu brutalement à cause d'une neuropathie. Tu en as parlé, donc je m'autorise à le dire.
- Speaker #1
Pas de souci.
- Speaker #0
Quand tu te vois aujourd'hui avec un peu de recul, est-ce que tu pensais que ton après-carrière allait aller aussi vite ? Parce que moi, j'ai l'impression que tu es sur une espèce de fusée.
- Speaker #1
Déjà, merci de me recevoir, Sophie. Merci de me donner l'opportunité de discuter un petit peu de mon sport et de ma reconversion. Non, je ne pensais pas que ça allait aussi vite. Je crois qu'on ne choisit pas sa fin de carrière. On choisit, je pensais, tout organiser dans ma vie, que tout soit organisé pour que quand ça s'arrête, je puisse maîtriser, entre guillemets, avoir mon parachute. Au final, j'ai dû utiliser ce parachute beaucoup plus rapidement. Sans être forcément prête, mais je crois qu'on n'est jamais vraiment prête pour une fin de carrière, pour une fin aussi un peu identitaire. Et non, je n'étais pas prête, mais par contre, c'est aussi la force du sport de haut niveau, c'est l'adaptation. Je crois que j'ai réussi à l'avoir aussi dans ma fin de carrière. Et puis, c'est vrai que tout va très, très vite. C'est aussi souvent les débuts, on cherche quand on termine une carrière, on ne sait jamais où on va aller, comment ça va s'organiser. J'ai eu de la chance de rencontrer des personnes exceptionnelles à des périodes de ma vie qui n'étaient pas la plus facile. Ça m'a beaucoup aidée. Et puis là, je commence à me mettre sur des rails. Et puis, je n'ai pas la notion de fusée, parce que je suis plus terrienne qu'aérienne, on va dire. Mais je me mets sur des rails et je commence à avancer à ma vitesse.
- Speaker #0
Bon, écoute, je voulais qu'on parle de ça, parce que moi, je suis assez impressionnée par ton parcours. tu as été biathlète de très haut niveau. Et moi, le biathlon, c'est un sport que, évidemment, j'adore, comme je crois tous les Français et beaucoup de gens en dehors de France. On s'est rendu compte avec Sport Power que c'était le feuilleton de sport féminin le plus suivi en France. En fait, la diffusion maintenant entre la chaîne L'Équipe et Eurosport... et tellement L'offre télévisuelle, elle est tellement intéressante. Et les compétitions sont d'un tel niveau. Et en fait, tout est fait dans ce sport pour que ça soit captivant. Et ça captive, en fait. Et moi, j'aimerais te poser une question. Parce que c'est un sport à part, le biathlon. C'est un sport qui s'est construit sur l'égalité. Et je voudrais savoir ce que ça fait, quand on est athlète, d'être dans un sport. qui s'est construit sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
- Speaker #1
Complètement. Je pense que c'est le sport le plus paritaire qui existe. Je réfléchissais tout à l'heure en me disant, mais quel sport a les mêmes audiences TV ? Quel sport a les mêmes primes au niveau financier ? Quel sport a la même visibilité au niveau des audiences avec la chaîne L'Équipe ? avec l'aérosport mais aussi sur les chaînes internationales, je crois qu'il n'y en a pas. Je cherchais aussi, je me suis dit mais non, je ne vois pas en tout cas un sport qui donne autant de possibilités, en tout cas autant de visibilité aux femmes et aux hommes. Et je t'avoue que j'en suis fière, je suis vraiment fière d'avoir fait une carrière dans un sport qui est aussi égalitaire, aussi paritaire. C'est ce que je disais aussi, c'est que moi je suis biathlète alors que... que parfois on dit je fais du foot féminin, je fais du cyclisme féminin. Non, nous, on est biathlètes, on est hommes ou femmes, il n'y a pas de distinction. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne se rend pas compte quand on est athlète, quand on est dans la vie, quand on est dans notre carrière. Je trouve que la Fédération internationale est juste exceptionnelle. Donnée justement, elle a tout fait pour que justement ce soit réalisable. Il y a des différences physiques entre les hommes et les femmes, on ne va pas aller à l'encontre de ça. Toutes les disciplines, il y a plusieurs formats de course en biathlon, et tout est fait pour que ce soit le même temps. Donc en fait, c'est aussi captivant au niveau télégénique de regarder une course homme qu'une course femme, parce qu'elles vont durer à peu près sensiblement la même période, le même temps en tout cas. Et du coup, ça fait que le spectacle est le même. comme les distances sont un petit peu plus raccourcies, ça fait vraiment quelque chose qui est vraiment... qui se ressemble, quoi. Alors que physiquement, parce que physiquement, les femmes sont moins rapides que les hommes. Par contre, tu regardes le tir, il n'y a aucune différence entre un homme et une femme physiologiquement. Par contre, du coup, c'est les mêmes cibles, c'est le même pas de tir. Tu vois, ils pourraient faire des différences, mais non. Et je trouve qu'il y a vraiment une réalité derrière, une réflexion. qui n'est pas juste symbolique, tu vois, puisque au final, c'est un investissement qui est payant. Aujourd'hui, tu vends les droits TV femmes aussi cher que les droits TV hommes, et c'est un investissement qui est complètement rentable et qui fait qu'aujourd'hui, tu peux vendre 7 heures de droits TV sur le dimanche, le week-end, sur l'équipe 21, et du coup, ça marche, ça fonctionne. Et là-dessus, oui, c'est quelque chose qui est impressionnant, parce que je pense que c'est une des seules fédérations qui a réussi à le faire.
- Speaker #0
Je le vois comme un modèle aussi. Et je me dis, moi, on parle souvent de tous les combats que les athlètes doivent mener, les femmes athlètes, dans beaucoup de sports. Et finalement, dans le biathlon, on mène d'autres combats, mais il n'y a pas celui-là. Il n'y a pas cet écart. Et est-ce qu'on peut... D'autant mieux se consacrer à sa performance quand finalement on n'a pas cette charge-là. Il y a d'autres charges mentales, il y a d'autres sujets forcément. Mais en tout cas, celle-là, elle n'y est pas. Le deuxième point que tu soulèves, qui est hyper important, c'est que quand tu investis de manière égalitaire, quand tu construis les choses de manière égalitaire, tu réussis à les valoriser de manière égalitaire.
- Speaker #1
ça a été un accélérateur dans la popularité du sport aussi ça c'est une certitude et puis oui t'as raison alors maintenant c'est plus le cas mais je suis très amie avec une majorité de cyclistes et les filles me disaient moi je suis obligée de travailler à côté maintenant c'est plus le cas, ça a vraiment aussi évolué et c'est super mais à l'époque c'était ça ou même dans le hand féminin pareil maintenant ça commence à avoir des salaires qui sont... une part. il y a un minimum. Mais avant, ce n'était pas forcément le cas. Et du coup, tu te dis, mais comment tu peux montrer un entre guillemets un spectacle, parce que le but pour vendre des droits de TV c'est de donner un spectacle, c'est de donner des émotions et tout ça, mais si tu leur donnes pas l'opportunité d'être performante c'est pas possible, si elles doivent travailler 5, 6, 7 heures par jour et qu'elles doivent s'entraîner à côté tu tires une balle dans le pied complètement donc ça c'est quelque chose que moi j'ai jamais eu besoin en tout cas quand j'étais vraiment au niveau de enfin tout était limpide tout était fluide pour que ma carrière soit facile de m'entraîner et puis de performer, tout simplement.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu retiens ? Quels sont à la fois les moments et puis les skills que tu retiens ? Puisque tu en parlais tout à l'heure, tu disais en fait, l'adaptation, c'est une des forces des athlètes de haut niveau. Mais il y en a plein d'autres, en fait, des forces des athlètes de haut niveau. Mais qu'est-ce que tu retiens, toi ? de ton parcours de très haut niveau en termes de moments, d'émotions ?
- Speaker #1
Des moments et des émotions, on a plein. Moi, je me suis vraiment rendu compte que si je faisais du biathlon, ce n'était pas forcément pour l'argent, ce n'était pas forcément pour les médailles, c'était pour vivre des émotions que je ne retrouverais peut-être jamais. En fait, clairement, c'est peut-être ma seule nostalgie, c'est quelque chose que je ne retrouverais jamais, en tout cas, à cette intensité dans ma vie. Peut-être si j'ai des enfants un jour ou quoi, mais... Mais ça, c'est presque le seul truc qui me manque vraiment. C'est ce sentiment, cette émotion qui est juste folle, qui est même difficilement descriptible. Après, sur les soft kills, c'est juste impressionnant. J'ai fait une formation avec l'APEC à la fin de ma carrière où justement, on prenait toute une journée de biathlon que je réalisais et qui était responsable dans la vie professionnelle. Et je me disais, puisque moi, j'ai l'impression que tout ce que je faisais, c'était normal. Et du coup, après, on mettait à côté des flèches sur si ça, c'était pour tout. De la finance, de la gestion, de l'anticipation, de tout ce qui est aussi résilience, du reporting. Voilà vraiment tout ce que je réalisais au quotidien. En fait, c'était une journée de boulot quotidienne aussi, comme dans une vie d'entreprise. Et ça, tu ne t'en rends pas compte parce que tu es un peu dans ton microcosme, tu as des œillères, tu penses juste au niveau, etc., à être plus performante. Mais en fait, derrière, tu es un réel... Tu es ma manageuse de mon propre projet, de la gestion aussi de personnes à côté. Qui c'est que je mets dans ma structure pour justement optimiser ma performance ? Comment j'organise aussi pour que tout soit fluide et qu'au niveau logistique... tout se passe pour le mieux. Donc ça, en fait, il y a plein de choses. Après, il y a des choses, en tout cas, il y a des compétences, tout ce qui est gestion du stress, résilience, vraiment résilience, c'est un truc, des fois, je vois des personnes, des collègues qui directement me disent, moi, pourquoi t'as pas abandonné ? C'est galère, ton projet, mais en fait, non, en fait, c'est pas une question de, que ce soit galère ou pas, c'est que je vais y arriver, je vais aller jusqu'au bout et je vais me débrouiller. si c'est pas par la porte, c'est par la fenêtre si c'est pas par la fenêtre, c'est par la cheminée et puis si jamais je creuserais un trou par dessous mais je rentrerais en fait il n'y a pas moyen en fait c'est juste une certitude et ça c'est pareil dans le sport tu t'es planté, c'est pas grave tu feras demain, et puis si c'est pas demain, c'est la semaine prochaine et puis comment tu fais pour t'améliorer pour optimiser ton projet et puis qu'à la fin il y ait une réussite et ça c'est tout plein de... il y en a des milliers Merci. Et puis, c'est juste qu'on ne s'en rend pas compte quand on est athlète. C'est vraiment ça. On se dit, je vais être dans l'entreprise. Eux, ils ont toute cette expérience que je n'ai pas, etc. On ne se sent parfois pas forcément légitime. Moi, quand je suis arrivée, etc. Enfin, quand je suis arrivée dans mes premières fonctions, je me suis dit, oui, j'ai cette expérience. On m'a toujours dit, on recherche des sportifs de haut niveau. OK, mais pourquoi ? Et en fait, tu ne comprends pas vraiment. Tu ne comprends pas vraiment pourquoi. Est-ce que c'est juste, entre guillemets, un... Oui, je recherche. J'adore les sportifs de haut niveau. Ça sonne bien, tu vois, pour un manager, pour un directeur. Tu t'en rends pas compte. Et en fait, après, tu te dis, ah ouais, si je deviens directeur, c'est vrai que j'essaierai de prendre des sportifs aussi parce qu'il y a un côté où c'est quand même plaisant de travailler avec eux et aussi des défauts. Des défauts, par exemple, c'est une période d'adaptation aussi. Enfin, moi, je me suis adaptée en entrant. Je vais être honnête avec toi, je passais un peu pour une bourrine parce que j'avais un objectif, j'allais le faire et je ne me rendais pas compte à côté qu'il y avait tout un environnement, des collègues et qu'il fallait en prendre soin. Donc tout ça aussi, il fallait vraiment s'adapter. Mais on a cette capacité quand on est sportif. Et puis c'est dans un autre environnement, mais en tout cas, ça fonctionne pareil.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant ce que tu dis. En fait, quand on arrive dans un nouvel environnement, il faut toujours s'adapter. Ce qui est important, c'est de savoir ce qu'on sait faire et quand même de repartir de là. Je trouve hyper intéressant que tu aies fait... Tu parles de cette journée avec l'APEC. Tu as aussi fait un parcours à l'école de management de Grenoble, si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà. Je crois avant la fin de ta carrière, du coup. C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, en parallèle. C'était obligatoire.
- Speaker #0
En parallèle. Donc, tu avais déjà cette conscience de préparer la suite et cette capacité, du coup, à t'extraire un peu, à regarder un peu de côté, tu vois, ta pratique sportive de haut niveau pour la rapprocher, pour voir ce que tu pouvais en faire pour après, du coup. J'imagine que tu avais déjà cette réflexion.
- Speaker #1
Exactement, oui complètement. Après moi j'ai eu dans mon parcours, dans ma carrière sportive, à un moment donné j'ai eu un grave accident aussi en plus, il y a 7-8 ans. Fracture horaire de la cheville et ça c'est une période où moi j'ai été opéré en urgence à Perpignan et le lendemain on m'a dit que le haut niveau c'était terminé. Donc vraiment que si j'arrivais à marcher correctement c'était déjà quelque chose de bien. Et alors j'ai réussi à être un petit peu têtu et j'ai réussi à ne pas écouter le chirurgien pour... pour avoir une très bonne rééducation et m'en sortir. Mais par contre, c'était impossible pour moi de recontinuer le biathlon en arrêtant les études. Tu vois, j'avais commencé par un DUT technique de commercialisation et j'arrivais à la fin. Et je ne sais pas si, en vrai, je ne sais pas si... si après, j'aurais continué les études ou pas. Et le fait de me dire, mais en fait, ça peut s'arrêter mais en un instant de seconde. Ce n'est pas possible de... Moi, si j'avais misé tapis sur ma carrière, je n'aurais pas réussi à avoir une carrière sportive parce que j'aurais eu un stress. Là, je me disais, mais en fait, c'est que du bonus et puis c'est totalement conciliable. En fait, c'était un master en école de commerce à l'école de management de Grenoble où tout était optimisé. Donc, je faisais des cours le soir. C'était en visio. Je m'organisais comme je pouvais, comme je voulais. Et chaque année scolaire était divisée en deux. Donc, c'était... À part peut-être la dernière année qui était un petit peu compliquée, mais sinon, c'était très facile. Enfin, c'était juste une question organisationnelle, on va dire. Et ça, ça m'a permis de me libérer dans ma carrière aussi. D'avoir ce parachute qui fait que le biathlon aussi, on a quand même aussi... Les montants commencent à être plus élevés pour gagner sa vie, mais ce n'est pas le faute. Et après la carrière, tout le monde travaille. Et c'est important. Donc, ça fait le top, top, top high level. Et encore. Mais oui, ça, c'était indispensable pour moi.
- Speaker #0
Donc, tu t'es préparée. Et donc, je ne sais pas si je connais toutes les étapes. Moi, je connais l'étape France-Montagne.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je ne sais pas s'il y a quelque chose entre la fin de ta carrière et France-Montagne. Mais en tout cas, tu as rejoint France-Montagne. Et ce qui était intéressant, c'est de passer de... On dit un peu de la montagne pratiquée à la montagne représentée. En tant que biathlète, effectivement, tu parcours la montagne l'hiver en ski de fond et puis l'été en ski à roulettes, des trucs pas possibles. Et puis, France Montagne, il y a des missions de représentation, de valorisation. Et puis tout un... tout un aspect gestion environnementale. Donc, tu peux nous expliquer dans quel cadre est-ce que tu faisais et justement, comment toi, tu es passée d'être dans la montagne à être pour la montagne ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors, tu n'as pas loupé parce que ça allait assez vite quand même. C'est Vincent Gé qui est le directeur de France Montagne qui est ma... qui m'a passé un appel quand j'étais au Sri Lanka, parce que ça a été très rapide, j'ai eu quatre mois de voyage itinérant en sac à dos toute seule en Asie, entre la fin de ma carrière et le début à France Montagne, qui était juste aussi exceptionnel, et que je conseille à chaque sportif qui arrête sa carrière d'aller faire un petit bout de débrouille au fin fond de l'Asie ou n'importe quel pays, mais pour vraiment se rendre compte et prendre du recul sur tout ce qu'on a vécu, toute l'intensité de sa carrière. Et oui, du coup, Vincent m'écrit en me disant... qu'il y avait un poste qui était une ouverture de poste à France Montagne et qu'ils avaient pensé à moi sur mon profil. Je ne comprenais pas trop, moi non plus, j'étais là, je disais... Dans ma carrière, j'ai toujours foncé. Et en quatre mois de voyage, je me suis dit, maintenant Caro, il faut que tu prennes le temps et tout. Ça va être une nouvelle étape professionnelle. Vraiment, prends le temps de réfléchir. Vraiment, quand tu rentres en France, c'est vraiment quelque chose qui doit être ton impératif. Et en fait, je ne me suis pas écoutée. Je suis rentrée en France, je me suis dit, je fais conscience à Vincent, un ancien biathlète qui a eu une très belle reconversion aussi, exceptionnelle. Donc voilà, je me suis dit, il me propose, j'étais dans le Jura, il me propose un poste sur Chambéry, donc ça veut dire changer de lieu de vie. J'ai dû m'organiser en un mois à peine sur ce côté-là et puis je me retrouve à... à gérer le côté réputationnel de la montagne, être responsable d'un pôle qui s'appelle Engagement et Réunement, juste un petit peu pour resituer. Mais France Montagne, pour vulgariser, c'est un petit peu l'office de touriste de la montagne en France. On représente absolument tous les massifs de montagne, toutes les montagnes, plus de 92 stations de ski, et puis tous les acteurs aussi à côté, que ce soit en hôtellerie, les tours opérateurs, à chaque fois qu'on veut faire la promotion de cette montagne. Et puis, évidemment, il y a des enjeux qui arrivent aujourd'hui, qu'ils soient environnementaux, en tout cas pour tout, réputationnels, le sorturisme et toutes ces choses-là. Et la montagne avait besoin, en tout cas a besoin de parler d'une voix commune, d'être représentée. France Montagne a fait le choix, en tout cas les élus de France Montagne ont fait le choix d'en parler, de prendre le sujet à bras-le-corps parce que ça ne servait à rien de laisser parler, d'entendre... plein de choses qui se disaient, des choses qui étaient fausses. Donc voilà. Donc me voilà, toute seule, à prendre en charge un pôle, comme ça, alors que j'avais pas forcément beaucoup d'expérience, et à essayer de représenter la montagne. C'est vrai que j'avais, pendant toute ma carrière, j'ai mis un dossard, une combinaison de l'équipe de France. J'avais le dossard des montagnes et je t'avoue que j'en étais fière aussi. C'était un poste que j'ai adoré réaliser. Je me rendais pas compte. en tout cas moi quand j'étais athlète de tout l'écosystème derrière toutes les personnes qui font vivre nous on fait du spectacle mais toutes les personnes qui font vivre un territoire qui sont engagées j'en étais à des années-lumières alors pourtant je pensais connaître la montagne je commençais à connaître le monde de la montagne et en fait pas du tout et c'était ultra inspirant déjà, rien que d'apprendre personnellement d'apprendre à connaître tout ça et puis après de voir tout cet écosystème tout ce que... toutes les personnes qui gravitent autour de ça. Et j'ai adoré. Et puis, j'ai essayé en tout cas de développer aussi tous ces sujets dont ils font parler. Évidemment, il y a les enjeux environnementaux, mais il y en a beaucoup d'autres. Et puis, voilà, c'était vraiment une belle expérience. J'espère en tout cas avoir bien créé ce pôle. Après, j'ai eu une autre opportunité professionnelle. mais avoir en tout cas développé ça pour que la montagne puisse continuer de rayonner. Je rentre à l'instant du congrès des domaines ski-hub de France, qui était à Valence. Les chiffres sont tombés, on est à la première destination mondiale, on est repassé devant les Etats-Unis. Donc ça, c'est aussi une fierté.
- Speaker #0
C'est une très bonne chose.
- Speaker #1
C'est une très très bonne chose, et je crois que c'est paru vite depuis 2014. Donc très très... What ? C'est rigolo parce que j'en suis presque fière de représenter ces montagnes françaises. Je suis très patriote pour tout, que ce soit pour la France, pour tout le sport, et aussi pour nos montagnes.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant ce parcours. Là, on va parler de la suite. Et il y a encore... Il y a France Montagne. Là, maintenant, tu as rejoint la Fondation du sport français. Exactement. Qui a un rôle de fédérer des mécènes autour du sport français et d'amener des ressources aux athlètes, en particulier aux athlètes. Donc ça, c'est une branche de ce que tu fais. Et à côté, tu es resté très engagé dans ton sport. sport et même au-delà, puisque tu co-présides la commission des athlètes de la Fédération française de ski. C'est ça ?
- Speaker #1
Exactement. Donc là, je...
- Speaker #0
Donc, tu es sortie de la montagne, tu t'es attachée à promouvoir la montagne. Et maintenant, dans tes nouvelles responsabilités, là, tu t'intéresses aux athlètes, beaucoup, Et ce qui est très intéressant quand même, c'est qu'on est dans la perspective des Alpes 2030, qui sont donc à nouveau nos montagnes à l'honneur. Donc là, tu es dans ton terrain de jeu idéal, non ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
tu vois. Franchement, un environnement qui… Tu n'es plus sur les skis, mais c'est pas mal quand même.
- Speaker #1
C'est pas mal, c'est ça. Pareil, j'essaie de bien viser, tu vois, un peu comme un tir, mais en biathlon. Non, j'ai eu une opportunité aussi, pareil, professionnelle, une ouverture de poste. Et Thierry Braillard, qui est le président de la Fondation du sport français, avec Charlotte Ferraille, qui est la déléguée générale, qui m'ont proposé ce poste à Paris. Je me suis dit, oula, je vais devenir une expat des montagnes, ça va pas. Donc voilà, je suis mise à Paris, mise à Annecy pour être quand même proche de toutes les questions du sport, notamment au niveau des montagnes en France, de Alpes 2030 aussi. Et voilà, donc oui, la Fondation pour être... pour faire très rapide, mais en tout cas, la fondation du sport français, c'est la seule fondation d'utilité publique reconnue par l'État dans le domaine du sport. Pour vulgariser aussi un petit peu la Fondation de France, mais dans le domaine du sport, on est expert du mécénat sur ce domaine. Donc, on aide aussi principalement à mettre en relation et à développer des partenariats de mécénat entre des entreprises et des sportifs. Et puis, on parle aussi de territoire de sport, de soutien à ton club, de toutes ces choses-là, de toutes les fondations qui sont sous égide. On est fondation abritante. donc on a une trentaine de fondations sur le sport contre les violences pour plein d'autres 1% pour le sport au niveau immobilier etc et toutes ces choses là c'est nous qui les gérons on est une belle équipe de plus de 25 avec des délégués territoriaux aussi et donc ça c'est le côté un petit peu professionnel Hum... C'est vrai que je me rendais compte que j'adorais ce que je faisais à France Montagne et j'aurais aimé rester plus longtemps, presque, pour vraiment finir à fond tout ce que j'avais commencé à entreprendre. Après, quand il y a des opportunités comme ça qui vous correspondent, j'ai l'impression d'avoir un gant moulé à ma main quand j'ai eu ce poste. Il y avait vraiment tout ce qui me correspond. Il y a vraiment ce côté sport, évidemment, qui me moquait un petit peu à France Montagne. Parce que j'aime trop ça, clairement. Je sais ce qui est quelque chose qui m'anime au quotidien. Il y avait ce côté aussi un petit peu commerce, j'ai envie de dire business, entre les entreprises, les sportifs, comment on optimise toutes ces relations. Et puis ce côté relationnel que moi j'aime, j'aime être avec les gens, j'aime faire de nouvelles rencontres, j'aime partager aussi au quotidien. Donc je me suis dit, j'ai les trois piliers qui font que je m'épanouis dans la vie, donc il faut que je fonce. et c'est pour ça que j'ai accepté ce poste. Et en parallèle, bien sûr, co-représentante des athlètes, alors quand il me reste un peu de temps, vas-y. Non, j'étais déléguée des athlètes à la Fédé de ce qui n'est que des biathlètes, que du biathlon. En fait, chaque discipline était représentée par deux athlètes. Et puis... Et puis il y a eu pas mal de choses qui ont été changées un petit peu sur les dernières années. C'est quelque chose qui est tout nouveau, c'est pareil, la FEDE2SKI a été précurseur justement pour mettre une canne, une commission des athlètes au niveau fédéral. Et puis du coup, voilà, j'avais fait quand même, j'avais un petit peu réalisé certaines actions quand j'étais athlète. Et puis en fait on se rend compte que... C'est encore accessible pour les retraités et c'est là où on m'a demandé d'y aller, surtout parce que quand on est retraité, on a une liberté dans nos prises de parole qu'on n'a pas forcément quand on est athlète. On a peur des fois de dire, mais est-ce que ça va me porter préjudice ? Est-ce que je vais avoir une mauvaise image auprès de la fédération ? Donc c'était vraiment une volonté des athlètes de mettre aussi une retraitée pour porter une voix qui est autant légitime et qui a vraiment... Moi, en fait, que ça plaise ou pas, je vais à fond. Et peu importe, en fait. La FED ne peut pas... Je ne peux pas avoir un jugement auprès de la FED par rapport à ça. Donc, ça me permet vraiment d'avoir cette légitimité et cette liberté de parole.
- Speaker #0
que j'essaye de développer à fond, en tout cas lorsqu'on siège au comité directeur et au bureau exécutif. C'est des instances que je découvre, tu ne te rends pas compte quand tu es athlète, tu ne sais pas comment fonctionne une fédé. Déjà à titre personnel, je trouve ça vraiment enrichissant, parce que je commence vraiment à avoir toutes les cordes à mon arc pour comprendre tout cet écosystème, parce qu'on est nul en fait. On est nul sur ces choses-là, on est complètement incompétent. quand on est athlète sur ces diverses thématiques après on ne nous demande pas de savoir non plus et puis on essaye de concentrer notre énergie sur notre performance mais ouais c'est ultra intéressant déjà ouais personnellement c'est vraiment enrichissant et puis après il faut aussi essayer de développer en tout cas le droit et aussi les devoirs des athlètes parce que ça doit aller dans les deux sens le but c'est que la fédération soit la plus Merci. que les athlètes soient les plus performants dans une fédération qui est aussi performante et qui a les moyens de fonctionner. Et puis voilà. Oui,
- Speaker #1
il y a des enjeux économiques.
- Speaker #0
Exactement, mais comment les athlètes peuvent aussi aider sur ces côtés-là ? Comment aussi la fédération ne peut pas aussi solliciter tout le temps les athlètes ? Il y a plein de choses qui sont en train de se mettre en place, qui ont des réflexions. Sur les statuts aussi des athlètes, comment on peut aussi défendre ça ? parce que des fois ça peut être aussi précaire. Et voilà, plein de questions. On est en train justement de recenser tout ce qu'on pourrait faire évoluer. On en est vraiment aux prémices, parce que ça a été... On a eu la première réunion il y a 15 jours, le premier comité directeur il y a moins de 15 jours. Et ça fait tout bizarre d'ailleurs de retourner sur une journée, sur un banc, sur une chaise à écouter. Et pareil, je n'étais plus habituée. Mais en tout cas... En tout cas, toutes ces choses-là, elles sont ultra importantes. Elles me permettent aussi... Il y a des ponts aussi qui sont favorables, comme je suis à Paris avec l'ANS, avec le CNO. Et pareil, de comprendre un petit peu comment ça fonctionne avec toutes ces instances, le ministère évidemment aussi. Et voilà, donc maintenant, à comprendre, à avoir une bonne cartographie et après, viser juste.
- Speaker #1
Ça, tu sauras faire et tu sais déjà faire. Dans ce que tu as dit, il y a deux choses qui me marquent et que j'aimerais creuser avec toi. Tu as dit « je suis retraitée, donc j'ai une liberté de parole totale » . C'est un. Et deux, tout ce fonctionnement fédéral, etc., toutes ces instances, la gouvernance, on ne s'en rend pas vraiment compte et on ne connaît pas vraiment quand on est athlète. Est-ce que sur ces deux sujets… Est-ce qu'il y a du travail de fond à faire auprès des athlètes en carrière ? Un, pour qu'ils aient une lecture assez claire du fonctionnement d'une fédération, des enjeux économiques, des enjeux de gouvernance, de tout ce qui est mis en place pour les aider, et de manière structurelle, plus que l'impact individuel. Est-ce que c'est quelque chose qu'il faut travailler ? J'ai dans l'idée que c'est mieux quand on se connaît bien, c'est plus facile quand on se connaît bien de régler des problèmes que dans des relations opérationnelles. Et donc, de la même façon, est-ce que ça favoriserait une plus grande liberté de parole ? de mieux se connaître, parce que c'est quand même difficile de se dire qu'on n'a pas qu'en carrière, on peut être là à se dire, non, je ne peux pas trop dire ça parce que ça pourrait m'entomber dessus. Et enfin, le dialogue constructif doit être possible et le plus ouvert possible, en fait.
- Speaker #0
Ouais, complètement, t'as raison. Pour reprendre à ta première question, moi, c'est quelque chose que, par exemple, Je ne sais pas, peut-être que c'est juste mon sentiment, et je ne veux pas dire qu'il est juste, mais en tout cas, c'est un sentiment et c'est une impression que j'ai ressentie souvent dans ma carrière, c'est de me dire, je suis en sélection, je suis sur une place qui peut être un petit peu bancale, être sur un relais, sur des choses là et sur des choses comme ça. Et je me suis toujours dit, j'ai toujours senti en tout cas, moi, et c'est que mon avis, mais dire... Caro, tais-toi et reste à ta place et parle pas alors qu'il y a des choses sur lesquelles j'étais pas forcément d'accord j'avais aussi un petit peu cette réputation d'être pas la grande gueule, mais en tout cas de celle qui faisait valeur les droits des athlètes. Quand je n'étais pas d'accord, j'ai souvent... J'aime bien le dire parce que c'est compliqué pour moi des fois de me retenir. Et je trouve qu'on peut tout dire, il y a juste une manière de le dire. Donc voilà, j'ai toujours essayé d'avoir la diplomatie pour essayer de développer des sujets qui étaient importants pour moi, pour les athlètes, pour toutes les personnes de l'équipe. Maintenant, il fallait le faire aussi correctement. Est-ce que je l'ai fait correctement ? Je ne sais pas, peut-être pas. Mais en tout cas, j'ai toujours eu ce sentiment de me dire, OK, bon, maintenant, tu as dit les choses, ils ne sont pas d'accord. OK, mets-toi en retrait parce qu'il ne faut pas que ça te retombe dessus. Et ça, c'est quelque chose, c'est un sentiment qui est, je pense, qui est partagé avec une majorité d'athlètes et quelque chose qui a été compliqué, en tout cas, moi, dans ma carrière, de me dire, il faut que tu te taises. Le but, c'est que les athlètes se sentent bien pour qu'ils fonctionnent correctement. Et puis surtout, en fait, je pense que c'est... C'est ce que tu l'as dit, c'est une coalition aussi, ça fonctionne dans ton podcast. Mais si ça fonctionne correctement, la pyramide va s'élever et les athlètes vont donner plus de temps pour la fédération, pour des activations. Si tout le monde s'entend bien, je pense que c'est vraiment quelque chose qui peut être bénéfique pour toutes les parties prenantes. Et voilà, sinon on va être dans un conflit et ça ne marchera pas, ça ne fonctionnera pas.
- Speaker #1
C'est là-dessus que vous pouvez travailler au sein de la commission des athlètes justement pour faciliter, apaiser, adresser les sujets aussi et fluidifier les relations. Aujourd'hui, il y a des enjeux économiques à tous les niveaux dans le sport, plus dans le sport féminin que dans le sport en général, mais il y en a à tous les niveaux. Et c'est vrai que... que les athlètes de haut niveau sont les fers de lance pour chaque fédération. C'est certain. Les marques, les entreprises vont se rapprocher des fédérations parce qu'il y a des championnes, parce qu'il y a des champions. Ils vont s'attacher à ça, beaucoup. C'est hyper important que les relations soient les meilleures possibles.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Ça crée de la valeur pour tout le monde.
- Speaker #0
C'est vraiment un projet gagnant-gagnant entre les athlètes et la fédération. Si la fédération se porte bien, les athlètes auront les meilleures conditions. Après, c'est un cercle vertueux. À un moment donné, on n'était pas d'accord sur certains droits qui avaient été imposés dans la convention. Du coup, on s'est dit qu'on n'avait pas forcément... On ne comprenait pas non plus comment était l'écosystème parce qu'on était deux retraités à porter le sujet, qui est Valentin Jérômoine, un ancien Alpin, et moi. Et du coup, on s'est fait accompagner par une avocate, qui est Sophie Dion, qui était conseillère des sports de Saint-Nicolas-Sarkozy. Et du coup, avec Valentin, on s'est dit qu'il n'y a aucun athlète qui veut porter ses droits devant la fédé de ski. qui rentrent en carrière, il n'y a que des retraités parce que sinon ils ont peur et ils sont tous mis en retrait et on s'est dit mais c'est dommage parce que c'est peut-être juste une impression et tu vois quand on parle avec le président de la FED, Fabien Saquez, à aucun moment il dit ça va porter préjudice mais c'est déjà un sentiment et ça je trouve que c'est pas sain donc même si c'est que un sentiment et que c'est pas une réalité en tout cas j'espère que la Fédération est quand même suffisamment bienveillante pour pas être comme ça et en tout cas j'en suis presque Merci. persuader mais il ya quand même ce sentiment qui existe et ça c'est quelque chose qu'on doit qu'on doit faire partir créer des liens montrer que basse et ça doit être ça doit être ça doit être vraiment une belle coalition comme tu dis et et par contre aussi tu as raison c'est le deuxième point que tu as souligné mais mais c'est aussi connaître en fait si on connaît comment comment marche la structure comment marche cette entité de cette fédé de ski qui est quand même qui est quand même impressionnante avec avec tous et Tu as vu tous les athlètes que ça regroupe ?
- Speaker #1
J'ai vu.
- Speaker #0
Toutes les personnes. Il faut toutes les disciplines aussi, parce qu'il y en a un paquet avec le ski, qui est aussi le plus grand, qui rapporte le plus de médailles. On ne va pas se mentir aussi. Il y a vraiment un enjeu aussi politique derrière, et puis économique, etc. Mais c'est vrai, tu as raison. Il faut réussir à faire connaître tout ça, savoir comment ça fonctionne. Par contre, j'ai un peu plus de... J'ai un peu plus de questionnements sur est-ce que les athlètes en carrière auront cette volonté ? C'est vrai que des fois, ils sont un petit peu dans... En tout cas, quand on est athlète, on est un peu dans notre tunnel. On ne regarde pas trop à côté. On ne s'intéresse pas trop à ce qui se passe à côté. On essaye de maîtriser un petit peu notre charge mentale et la curiosité qu'on a sur tout ça. En tout cas, je n'ai pas eu l'impression que c'était quelque chose qui intéressait beaucoup les athlètes en carrière et qu'on essaye plutôt de développer ça après, quand on n'est plus en carrière. Même si certains sont quand même bien au point. Là-dessus, c'est avec grand plaisir que j'échange, que ce soit Yuri, l'autre. Yorel Iplessi qui est l'autre représentant en ski cross, mais lui qui est en carrière. Mais voilà, en tout cas, déjà donner les bons messages et puis faire vraiment du lien entre les athlètes et la fédération. Parce que je pense que le sport est aussi en train d'évoluer, clairement. On se le voit. Et nous, la Fondation, on le voit très bien. C'est que les financements publics, ça m'insiste. C'est quand même le privé qui reprend. la main sur les financements des fédérations et la FED2SKI en est... enfin en tout cas c'est la même chose pour tout le monde, que ce soit pour les athlètes ou pour la FED et du coup c'est pour ça qu'il faut réfléchir à un nouveau modèle en tout cas, je pense qu'après les jeux olympiques 2030 ça va être plus compliqué encore on a ces 3 ans pour justement développer quelque chose de... De productif. Et puis, qu'ils soient viables aussi sur le long terme. Parce que des fois, on voit des budgets qu'on voit juste pour l'année d'après. La fédé de ski, c'est public, mais ils se soucient au niveau financier. Ils ne savent pas forcément comment ils vont terminer la saison. Sur les enveloppes budgétaires, s'ils pourront remplir tous les quotas. C'est triste, c'est dommage. Et voilà, je pense que c'est une réalité. Tout le monde s'engage dans cette volonté de faire un projet qui soit le plus pertinent possible pour les sportifs, mais pour les hauts niveaux. Mais je pense aussi à derrière, parce qu'il y a des clubs, il y a plein de... Le développement derrière. Ça rayonne. Complètement. Si le biathlon, et même la fédé, je parle du biathlon, je représente tout le monde, mais si le biathlon est aussi fort, c'est parce que derrière, il y a des clubs qui sont... exceptionnels, il y a des bénévoles qui sont exceptionnels, qui donnent un temps qui se fait monstrueux, vraiment, que j'admire aussi, là-dessus, pour, avec, ouais, du bénévolat, enfin, c'est beau de voir ça, en fait, l'implication qu'ils mettent au quotidien, des parents, des personnes qui sont juste passionnées du sport, et toutes ces choses-là, il faut continuer à les entretenir, parce que sinon, après, les six filles, ou les six garçons qui... qui prennent le départ des Coupes du Monde, il n'y en aura plus beaucoup. Donc bien réussir à continuer à optimiser ça.
- Speaker #1
La bonne nouvelle, c'est quand même que cette commission des athlètes de haut niveau existe. Ça veut dire que c'est une nouveauté, comme tu l'as dit, qui démarre sans fonctionnement et qui a une mission qui semble être assez claire. Il y a une perspective avec les Alpes 2030 qui vont arriver très très vite. Mais on a, voilà, dans trois ans et demi, même pas, dans trois ans et quelques, on y sera. Mais l'élan va monter petit à petit et je pense que les entreprises vont s'y intéresser. Et puis, il y a des enjeux derrière de qu'est-ce qu'on fait de la montagne à long terme. et finalement cette visibilité. de la montagne donnée par Alpes 2030 va sans doute aussi permettre d'adresser tous ces sujets de manière plus ensemble en fait. Parce qu'on va être obligés de se rassembler tous pour faire d'abord de ces jeux une réussite mais pour en faire un pour avoir un héritage qui soit hyper positif, le plus positif possible. Et je crois qu'il y a une conscience, parce qu'il y a quand même eu beaucoup de débats sur l'héritage des jeux. 2024. Et du coup, je pense que ça va être au cœur, en fait. Même si il y a eu un peu de retard à l'allumage. Je sais, il y a des sujets... Voilà, c'est des sujets essentiels qui vont se poser et qui sont clés pour l'avenir du sport, pour le financement du sport. Et voilà. Donc, c'est hyper intéressant que les... que des athlètes comme toi soient impliqués sur ces sujets, parce que la lecture, elle est très complémentaire de celle des instances. Et donc, je trouve ça, moi, très intéressant. Donc, bravo pour tout ça, Caroline. Je veux dire, on peut en parler pendant des heures, mais il faut quand même... Oui,
- Speaker #0
il y a plein de choses.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Intéressant, oui.
- Speaker #1
Moi, ce que je retiens, c'est que ton parcours, il est quand même assez... Enfin, je disais que tu étais partie dans une fusée, mais... En fait, il est hyper structuré, ton parcours. Et même si tu as saisi des opportunités, tu as un fil conducteur qui, moi, me semble être très clair. Et quand je te dis, j'ai l'impression que tu rajoutes les pièces manquantes à ton puzzle au fur et à mesure. C'est clairement ce que je vois, en fait. Tu vois, à travers France Montagne, donc la vision de la montagne d'une certaine façon, la fondation, la fédération de ski. et puis tout le reste que tu fais autour, parce qu'on n'a pas parlé de tout, mais on sait que tu fais aussi d'autres choses, côté entrepreneuriat, etc. Donc, tu es en fait en train de bâtir un puzzle assez complet qui doit te permettre de te projeter dans ce que tu auras envie de faire à long terme et d'être aussi très utile, comme tu le fais aujourd'hui, à l'écosystème qui t'a vu grandir.
- Speaker #0
Oui, je t'avoue que sur le moment, je suis très instinctive. Et parfois, je sens les choses, mais je ne les vois pas. Tu vois, tous ce puzzle, etc., c'est des choses que je ne me suis pas rendu compte à un moment donné. Je me suis juste dit, il faut que je sois, je me sens d'aller là-bas, j'ai besoin. Et c'est souvent comme ça que j'ai procédé dans ma carrière. en faisant des azimuts, en me disant là il faut que tu y sois, ça il faut que tu y fasses et je suis vraiment contente déjà d'avoir un peu cette même sensibilité dans mon expérience professionnelle dans mon parcours professionnel les jeux, c'est ce que tu l'as dit mais c'est vrai que les Alpes 2030 c'est un vrai c'est un vrai enjeu, c'est un vrai héritage et je rebondis là dessus il y a tout ce que j'aime il y a les montagnes Oui, oui. Même s'il y a un peu à Lyon quand même, vous avez récupéré pas mal de choses. Il y a les montagnes, il y a le sport. Et tout ça, ça doit cohabiter ensemble. Encore une fois, c'est une coalition. Ce côté territoire, territorial, qu'on doit ancrer pour avoir vraiment un réel héritage. La montagne est en train de se développer. Et ça, je me sens épanouie. Je me sens épanouie dans ces projets-là. Parce que, à l'aide des athlètes, moi j'ai eu une fin de carrière qui était un petit peu compliquée. euh... Mais j'ai encore plein d'énergie, j'ai plein d'idées pour ça. Et je suis contente de déléguer tout ça, en tout cas que d'autres personnes en profitent. Et que si je peux les aider dans leur projet sportif, moi, je trouve que mon job, il a du sens. Parce que la Fondation, ils font des choses juste exceptionnelles. Je ne connaissais pas forcément bien tout ce qu'ils faisaient avant d'y arriver. Et je vois derrière, en fait, à chaque fois, j'ai des lits, tu vois, c'est un peu comme un petit oignon, tu enlèves à chaque fois des... Tu enlèves à chaque fois un petit peu des couches, des strates. et il y a vraiment un cœur de la fondation qui est tellement bienveillante pour le sport et qui mérite d'exister et d'être connue par tous. Donc ça, c'est pour vraiment ce que... Sur le côté où je me sens d'aller, après, oui, c'est vrai, je suis aussi beaucoup conseillée. Moi, j'ai été impressionnée à ma fin de carrière par toutes les personnes bienveillantes qui ont passé du temps avec moi. de manière totalement bénévole. Et puis, je me suis dit, mais pourquoi elles font ça, en fait ? Pourquoi elles me donnent autant de conseils ? Pourquoi elles vont m'aider à développer autant un réseau ? Je pense évidemment à Véronique Bourreze, à Séverine, à toutes ces personnes qui sont là, avec qui je discute et qui prennent du temps pour m'aider dans ma fin de carrière. Que ce soit aussi Vincent G, Charlotte Ferreira, enfin, voilà, c'est des... Je ne me rendais pas compte à quel point les personnes pouvaient être bienveillantes. Je me suis dit, mais à chaque fois, les personnes, quel est l'intérêt de leur faire, de le faire pour elles ? Et en fait, non, c'est juste une envie de donner toute l'expérience qu'elles ont vécue avec ils ou elles ont vécu. Et ça, j'ai beaucoup de gratitude pour ces personnes qui m'aident à me développer et qui me disent où je dois aller.
- Speaker #1
Je ne sais pas si elles te disent où tu es. Je ne suis pas sûre qu'elles te disent où tu es allée. Parce que tu as plutôt l'air de savoir. où tu as envie d'aller, même si quand tu prends un grand temps de réflexion, ça dure dix secondes, comme tu l'as expliqué tout à l'heure, mais tu as quand même l'air de bien savoir où tu vas aller. Je pense que si tu reçois tous ces conseils et toute cette bienveillance, c'est aussi parce que tu es prête à les accepter. C'est quand même toujours intéressant de... de s'intéresser, de conseiller des personnes qui ont l'esprit ouvert et qui s'en écoutent. Facile aussi.
- Speaker #0
Elle me canalise. Plus qu'elle me conseille, elle me canalise. Et tu vois, ça c'est...
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ça c'est quelque chose que...
- Speaker #1
Elle t'aide à regarder les différents angles et puis...
- Speaker #0
Aussi,
- Speaker #1
ouais. Et à prendre tes décisions.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Bon. Caroline, tu sais qu'on a deux questions signatures dans le podcast. Alors, la première question, c'est quel est ton moment de sport féminin ? Et comme tu es une championne, ça peut être un moment de toi ou un moment pas de toi.
- Speaker #0
J'avais choisi un moment de nous. Alors, c'est quand on a... En tout cas, c'est en l'année 2022-2023, la saison 2022-2023. Avec les femmes de l'équipe de France, de Biathlon, on a tout gagné. On a gagné... Tout ce qu'on pouvait remporter au niveau des relais meilleure nation mondiale, ça n'était jamais arrivé depuis plus de 20 ou 30 ans, je crois. C'est la première fois. Et c'est là où j'ai... En tout cas, moi, j'ai été... Quand j'ai évolué en biathlon, c'était souvent Martin Fourcade, les hommes qui portaient... C'était le sport de Martin Fourcade, etc. Et je trouvais qu'en tout cas, en 2022-2023, cette saison-là... Il y a vraiment eu un élan sur le sport féminin. Il y avait Julia qui avait remporté le Gros Globe aussi. Et on a vraiment montré qu'on était la meilleure nation. Et ça, c'était... En tout cas, moi, ça a été un moment marquant parce que je me suis vraiment sentie fière d'être française biathlète et de me dire, mais on a gagné ensemble et on a fait gagner la nation. Donc ça, c'était mon moment marquant. C'est ma petite fierté aussi de ma carrière, d'avoir fait partie, d'avoir réussi à... à déposer ce jalon.
- Speaker #1
Bravo, c'est un super moment. J'adore. Et notre deuxième question, mais tu en as beaucoup parlé dans le podcast, c'est que signifie pour toi le mot coalition ?
- Speaker #0
Moi, il y a un truc que j'ai trouvé ça rigolo, c'était la coalition, c'est un petit peu le relais mixte du biathlon, quand il gagne. On n'a pas parlé, mais c'est aussi quand tu disais l'égalité, c'est que le... Le relais mix, c'est... Parfois, il y a un relais où on a des filles et des garçons. Et en fait, souvent, c'est la France qui gagne. Donc, c'est une belle coalition aussi, tu vois. En biathlon. Et c'est vraiment se réussir à développer, en fait, une égalité, une parité. Et encore une fois, c'est ce que je te disais aussi, on l'a parlé dans le podcast, mais vraiment développer un projet qui soit gagnant-gagnant. Moi, il y a une étape qui a été marquante dans ma carrière aussi, c'est quand j'ai compris que le biathlon était un... sport individuel où on progressait en équipe. Quand la coalition était positive, elle était bienveillante, elle faisait qu'on s'élevait chacun dans notre carrière respective. Et ça, c'est quelque chose que le collectif est ultra important. Il est tellement important. Réussir à se développer ensemble, c'est primordial même pour un sport individuel.
- Speaker #1
Moi, ça me va très bien comme définition de coalition. Et surtout, je trouve que ça donne des images, en fait. Donc, ça rend les choses encore plus faciles à comprendre. Moi,
- Speaker #0
j'ai trouvé le relais mixte en biathlon, c'était une très belle coalition. Ça sera mon image, personne.
- Speaker #1
Ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup d'avoir pris ce temps-là. moi, avec tous ceux qui vont t'écouter. Moi, j'ai adoré et je pense que tout le monde va apprendre des choses en t'écoutant.
- Speaker #0
Oui, écoute, avec grand plaisir. Merci à toi de m'avoir donné ce temps de parole. Merci à toi de t'investir au sein aussi pour le sport féminin. Et puis voilà, on continue. On continue. Merci. Merci à toi. Merci à tous d'avoir écouté aussi.
- Speaker #1
C'était Coalition, le podcast de Sport Power. Merci de nous avoir écoutés. Et pour suivre toute l'actualité business du sport féminin, abonnez-vous à notre page LinkedIn et à notre newsletter sur le site sportpower.com. Et surtout, rejoignez-nous dans la coalition !