[Energie et mobilité #2] Biocarburants avancés, on fait le tour ! cover
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Cogitons sciences

[Energie et mobilité #2] Biocarburants avancés, on fait le tour !

[Energie et mobilité #2] Biocarburants avancés, on fait le tour !

29min |05/07/2021
Listen
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29min |05/07/2021
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Description

Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ? 


Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.

   

Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02] 

Les biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire »


Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02] 

« On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel. 


Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07] 

Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation). 


Des freins et des leviers [12:07 - 16:56] 

Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».


Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47] 

Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. »


Ressources citées : 

Directive européenne RED II

Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)


Références pour aller plus loin : 

Le site de l’IFPEN 

La plateforme européenne Etip bioenergy


Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

Description

Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ? 


Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.

   

Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02] 

Les biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire »


Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02] 

« On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel. 


Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07] 

Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation). 


Des freins et des leviers [12:07 - 16:56] 

Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».


Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47] 

Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. »


Ressources citées : 

Directive européenne RED II

Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)


Références pour aller plus loin : 

Le site de l’IFPEN 

La plateforme européenne Etip bioenergy


Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

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Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ? 


Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.

   

Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02] 

Les biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire »


Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02] 

« On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel. 


Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07] 

Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation). 


Des freins et des leviers [12:07 - 16:56] 

Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».


Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47] 

Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. »


Ressources citées : 

Directive européenne RED II

Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)


Références pour aller plus loin : 

Le site de l’IFPEN 

La plateforme européenne Etip bioenergy


Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

Description

Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ? 


Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.

   

Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02] 

Les biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire »


Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02] 

« On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel. 


Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07] 

Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation). 


Des freins et des leviers [12:07 - 16:56] 

Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».


Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47] 

Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. »


Ressources citées : 

Directive européenne RED II

Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)


Références pour aller plus loin : 

Le site de l’IFPEN 

La plateforme européenne Etip bioenergy


Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

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