Speaker #0Connais-tu ton prénom ? Je ne parle pas de savoir comment il s'écrit. Je parle d'entendre ce qu'il porte, parce que le prénom est souvent le premier mot qui nous a été donné. Il n'est pas une seule chose, c'est une constellation. Bienvenue ! Tu écoutes « Connais-tu ton prénom ? » Un podcast qui explore les prénoms comme des mots-clés posés à l'entrée d'une vie. Je suis Laetitia Absalon, interprète symbolique et transgénérationnelle. Un prénom porte une histoire, une symbolique des lettres qui le composent. Elles peuvent donner des pistes pour se comprendre. Quelle part de l'histoire de ton prénom portes-tu ? Es-tu en résonance avec lui ? En opposition. Aujourd'hui, nous allons traverser sept prénoms, autant de clés d'interprétation. Agathe, Dorothée, Gaston, Jacqueline, Apolline, Arnaud et Louise et d'autres prénoms qui résonnent avec eux. Avant de commencer, une précision. Ce podcast est une écoute. Une lecture, mon regard posé sur des prénoms. Chacun de cette lecture entend ce qui résonne avec lui et fait sa propre compréhension. Bientôt, des mini-capsules de prénoms verront le jour, pour ne pas attendre qu'un prénom soit abordé. Je partage cela sur Instagram bientôt. Fil du prénom, underscore Laetitia Absalon. C'est parti ! Agathe, celle qui éteint le feu. Agathe, Agatha, Agatella, tous ces prénoms portent la vibration d'Agathe. Agathe vient du grec « agathos » , « bienveillant » . Agathe, c'est aussi le nom d'une rivière en Sicile, aujourd'hui appelée d'Irillo. C'est dans cette rivière que le philosophe Théophraste a découvert la pierre d'Agathe, il y a plus de 2000 ans. L'eau, la pierre, la Sicile, Sainte Agathe, vierge et martyr du IIIe siècle, née en Sicile, torturée, jetée sur des charbons ardents. Selon la légende, elle éteint le feu. Les ardeurs qui brûlent sans consentement, les flammes des incendies, Comme Sainte-Barbe, elle protège du feu. Agathe, c'est l'eau sur le feu. Mais c'est aussi la pierre, la pierre d'Agathe. On parle de quatre vertus pour cette pierre. Pierre d'ancrage, elle relie à la terre, elle stabilise, elle enracine. Pierre d'équilibre, elle harmonise, elle apaise les tensions entre le cœur et la tête, entre l'intérieur et l'extérieur. Pierre de protection, elle crée un bouclier, elle éloigne ce qui pourrait déstabiliser. Et Pierre de connexion, elle relie, à soi, aux autres, à la terre. Si tu portes un prénom comme Jade, Ambre, Coralie, Marguerite, Pierre, as-tu déjà regardé ce que dit la pierre correspondante ? L'aimes-tu ? Te ressemble-t-elle ? C'est une invitation, une porte, un lien à faire. Agathe invite à observer. Qu'est-ce que tu ancres ? Quel feu éteins-tu ? Quelle connexion protèges-tu ? Dorothée, le nom de Dieu, pas ce qu'on mérite, ce qu'on reçoit. Dorothée, Dorothie, Dorothéa, Dora, tous ces prénoms portent la vibration de Dorothée. Dorothée vient du grec Doron, dont Etheos, Dieu. L'étymologie de ce prénom est identique à celle de Théodora ou de Théodore au masculin, mais inversée. Sainte Dorothée. Une autre martyr, mais du IVe siècle. Condamnée à mort, alors qu'elle marche vers son exécution, un jeune homme se moque d'elle. Il dit « Envoie-moi des fruits de ton paradis. » Dorothée sourit. Elle meurt. Et quelques instants plus tard, un enfant arrive. Il porte un panier. Dedans, des roses et des pommes, en plein hiver. Le jeune homme reçoit ce qu'il avait demandé par moquerie. Il se convertit. C'est le don inattendu, ce qui arrive sans que l'on l'ait mérité, ce qui fleurit en plein hiver, ce qui transforme. Un don, ce n'est pas une récompense, c'est une grâce, gratuite, inexpliquée. Dorothée invite à observer, qu'as-tu reçu sans le demander ? Quelle rose a fleuri en plein hiver dans ta vie ? Gaston, l'hôte, voyageur. Gaston, Gasta, Bast, Oast, ces prénoms portent la vibration de Gaston. Gaston vient du germanique Gast, hôte, étranger, invité. En français, hôte, ce mot est étrange. Il désigne deux personnes à la fois. L'hôte, c'est celui qui reçoit. celui qui ouvre sa porte. L'hôte, c'est aussi celui qui est reçu, l'invité, l'étranger. Gaston porte cette double identité, accueillir et être accueilli, recevoir et être reçu. Gaston Lagaffe, personnage de bande dessinée belge, employé de bureau, qui ne fait jamais rien, mais qui accueille tout. Les animaux, les amis, les distractions, les rêveries. Gaston Lagaffe sait la résistance douce, refuse l'efficacité qui écrase. Accueille ce qui accueillit ce qui arrive, sans juger, sans trier. Gaston sait l'hospitalité, celui qui ne demande rien en retour, qui ouvre la porte à l'étranger, dehors ou dedans. Gaston invite à observer. Qui accueilles-tu ? Quelle part étrangère de toi ouvres-tu la porte ? Jacqueline, Jacqueline, Jacqueline. Jacqueline vient de l'hébreu Jacob, Jacob, celui qui tient le talon de son frère jumeau à la naissance, qui ne lâche pas, qui persévère. Plus tard, Jacob lutte avec un ange toute la nuit. Il tient bon. Il devient Israël, celui qui a lutté avec Dieu. Jacques, que, ligne. Dans le langage des oiseaux, on entend « je tiens la ligne » . Une ligne, une seule, la sienne. Jacqueline de Cetessoli, noble romaine du XIIIe siècle. Amie très proche de François d'Assise, François l'appelle frère Jacqueline, peut-être parce qu'il voyait en elle Jacob, le frère qui lutte. Quand François meurt, Jacqueline arrive avec des bougies, de l'encens, un voile et des gâteaux qu'il aimait. Elle est la seule femme autorisée à entrer dans le couvent des frères ce jour-là. Jacqueline C'est tenir la ligne, tenir bon, sans se briser, lutter sans violence, être frère et soeur, force et douceur. Jacqueline invite à observer. Quelle ligne tiens-tu ? Qu'est-ce que tu ne lâches pas même dans la nuit ? Apolline, la lumière interneilleur. Apolline vient du grec Apélos, qui inspire. Mais c'est aussi la forme féminine d'Apollon, dieu grec de la beauté, des arts, de la musique, de la parole et de la lumière. Dans la mythologie grecque, Apollon a une sœur jumelle, Artemis, associée à la lune. Deux forces nées ensemble, deux polarités complémentaires. Lui, la clarté du jour. Elle, le mystère de la nuit. Lui, la lyre et l'harmonie. Elle, l'arc et l'instinct. Jour et nuit. Extérieur et intérieur. Expression et intériorité. Selon les pays, selon les continents, les interprétations changent. Le soleil et la lune peuvent être masculins ou féminins. Mais dans cette lecture... Ce n'est pas le genre qui importe, c'est l'équilibre entre les deux. Apolline porte cette double dynamique, une pensée claire, souvent vive, parfois critique, un goût pour les idées, les arts, les échanges, les débats, une parole qui cherche à comprendre, à questionner, à faire dialoguer les points de vue. Dans le paysage contemporain, Certaines figures rendent cette tonalité visible. On peut penser à Apolline de Malherbe, dont la présence médiatique évoque un esprit structuré, engagé dans le débat, alliant rigueur intellectuelle et sens de la parole. Il ne s'agit pas d'un modèle à suivre, ni d'un destin inscrit, simplement d'une résonance possible. Apolline invite à observer. Quelle lumière intérieure as-tu besoin d'équilibrer entre ton féminin et ton masculin, entre l'introspection et l'action, entre ce qui se cache et ce qui rayonne ? Arnaud, le gouverneur de l'aigle. Arnaud, Arnold, Arnaldo, Arnould, Arnaud. Ses prénoms portent la vibration d'Arnaud. Arnaud vient du germanique Arn, aigle, et Ward, gouverneur. Pas gouverneur comme un aigle, gouverneur de l'aigle, celui qui utilise la vision de l'aigle pour guider au sol. Dans les chasses anciennes, l'aigle voyait le gibier de haut. L'humain, au sol, attendait le signal. Dans les guerres, l'aigle éclairait. Il voyait l'ennemi avant tout le monde. Le stratège décidait. Dans les transhumances, l'aigle voyait le chemin, les pâturages, l'eau, le berger guidait le troupeau. Arnaud, c'est ce duo, la vision de haut, l'action au sol. On dit des Arnaud qu'ils sont efficaces, réfléchis, leaders dans l'âme. par ce qu'ils voient avant les autres. Ils agissent. Les Romains disaient, l'aigle ne chasse pas les mouches, il ne s'occupe pas des détails insignifiants. Il garde la vision d'ensemble. Dans les runes nordiques, l'aigle est associé à la rune Ansus, la rune du Verbe, de la parole créatrice. Ansus, c'est la parole entre le monde en haut et le monde d'en bas, la vision inspirée comme celle des poètes. Dans le Tarot Zen, regarder de haut, ce n'est pas mépriser, c'est voir l'ensemble sans être pris dans les détails. C'est la conscience qui observe, sans juger. Pour gouverner, il ne suffit pas de voir, il faut parler, nommer, créer par la parole. Incarner la vision d'en haut dans une réalité tangible. Mais attention, voir de haut, ce n'est utile que si on redescend, si on agit, si on parle, si on guide, sinon on regarde de loin et on se coupe. Arnaud invite à observer. Quelle vision transformes-tu en parole ? Quelle parole... incarnes-tu dans le réel ? Où regardes-tu de loin sans agir ? Héloïse, l'amour qui écrit. Héloïse vient du germain « El huidis » « illustre au combat » ou « d'Haloïsa » « forme latine médiévale de Louise » . Même sens, la gloire au combat. Mais Héloïse, c'est surtout une femme, Héloïse d'Argenteuil. Intellect. Tuelle, abbès, XIIe siècle, elle étudie avec Pierre Abélard, philosophe brillant, il tombe amoureux. Elle tombe enceinte, ils se marient en secret. L'oncle d'Éloïse, furieux, fait castrer Abélard. Éloïse entre au couvent, Abélard devient moine. Ils sont séparés pour toujours, mais il ne cesse pas de s'aimer. Ils s'écrivent. Pendant des années, ils s'écrivent. Des lettres d'amour, de théologie, de philosophie. Héloïse écrit sur la passion, le désir, l'amour qui ne meurt pas. Abélard répond sur Dieu, la raison, le renoncement. Leurs corps sont séparés, mais leurs mots se touchent. En numérologie, Héloïse résonne avec le 1, l'unité. Le commencement, la première lettre envoyée, le premier mot qui crée le lien. Héloïse est un peu Orphée au féminin. Orphée descend aux enfers chercher Eurydice. Il la perd, mais il continue à chanter son amour. Héloïse ne peut plus toucher à Bélar, mais elle continue à écrire, à chanter son amour à travers les mots. Aujourd'hui encore, on lit leurs lettres. Huit cents ans plus tard, leurs mots sont là, vivants. Héloïse nous rappelle. Certains amours ne meurent pas, ils s'écrivent. Héloïse invite à observer. Quel amour écris-tu ? Quelle première lettre portes-tu en toi ? Quel chant comptes-tu ? Continues-tu malgré la distance ? Agathe, Dorothée, Gaston, Jacqueline, Apolline, Arnaud, Héloïse, ce que nous avons traversé aujourd'hui ne parle pas de performance, ni de réussite extérieure. Ses prénoms racontent autre chose. Ils parlent de fidélité, à ceux qui doutent encore. à ceux qui cherchent sa juste place, à ceux qui se transforment lentement. Il parle d'un mouvement intérieur, celui qui invite à éteindre un feu trop vif, à reconnaître un don reçu sans l'avoir demandé, à accueillir l'étranger en soi ou chez l'autre, à tenir une ligne même dans la nuit, à équilibrer sa lumière, à faire descendre une vision dans le réel. À écrire l'amour quand le corps ne peut plus le dire. Sept prénoms, sept portes, sept manières de rester fidèle au vivant. Ce que je partage ici n'est pas une vérité absolue. C'est un regard, une lecture parmi d'autres. Un prénom n'est jamais une identité figée. C'est parfois un fil tendu entre ce que nous avons reçu et ce que nous sommes venus offrir. Alors peut-être cette semaine. Observe simplement ce que tu doutes encore, là où tu t'enracines, ce que tu accueilles, ce que tu transformes, la lumière que tu ajustes, la trace que tu laisses. La semaine prochaine, nous explorons les prénoms Mélissa, Béatrice, Valentin, Claude, Bernadette et d'autres prénoms encore pour d'autres portes et d'autres clés de compréhension. D'ici là, prends soin de toi. À la semaine prochaine !