- Laurent David
On avait à l'origine des factures papier qui ont été ensuite scannées, envoyées pour gagner en efficacité, qui ont été générées ensuite directement par les systèmes de facturation au format PDL, donc avec une meilleure qualité. L'ensemble de ces factures ne sont pas des factures électroniques. Ce sont des factures dématérialisées soit, mais pas des factures électroniques. Vous vous êtes certainement posé la question « comment faire pour déployer la facturation électronique dans mon entreprise ? » Et rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul à vous demander comment vous y prendre, ni comment faire pour ne pas subir cette réforme. Mais la transformer en opportunité. Je m'appelle Laurent David et dans Conte de Résultats, le podcast d'In Extenso, entouré d'experts et de spécialistes du monde de l'entreprise, je vous propose d'aborder les sujets de gestion majeurs et de décrypter les grandes réformes qui intéressent tous les dirigeants d'entreprises. Avec la volonté de privilégier une approche non pas théorique, mais très concrète, afin de vous faire partager les bonnes pratiques de nos experts, et de vous permettre d'éviter les pièges. Je vous souhaite une agréable écoute de ce podcast et j'espère qu'il vous apportera les réponses aux questions que vous vous posez.
- Jingle
Vous écoutez Conte de Résultats, le podcast d'In Extenso.
- Laurent David
Alban Oerlemans, Pierre Conerardy, bonjour. Alban Oerlemans, vous êtes expert comptable, associé du cabinet conseil grand compte Ad Astra by In Extenso. Pierre Conerardy, vous êtes directeur digital d'In Extenso. Merci à tous les deux d'avoir accepté de participer à notre émission. Nous allons évoquer ensemble l'un des grands sujets de ces prochains mois pour les chefs d'entreprise, le passage à la facturation électronique. Pour commencer et entrer vite dans le vif du sujet, pouvez-vous nous expliquer d'où vient cette réforme dont on parle depuis des années ?
- Alban Oerlemans
Oui tout à fait, l'Union Européenne a toujours souhaité œuvrer en faveur de l'optimisation de la performance des entreprises. Dès 2010 il y a eu une directive qui a été lancée par l'Union Européenne et appliquée dès 2014 par l'Italie, pour les flux B2J, donc avec le gouvernement. Puis 2019 en B2B avec les entreprises. Ils ont été pionniers car c'était à la fois un pays qui avait une motivation fiscale à la mise en place de cette directive qui était assez forte. Et ensuite, de nombreux pays de l'Union européenne ont emboîté le pas de façon à aujourd'hui arriver également en France sur la mise en place de cette facture électronique l'appliquent déjà sur les flux B2J, donc avec le gouvernement.
- Laurent David
Une question sur ce sujet revient régulièrement dans la bouche des chefs d'entreprise. Elles qui sont réellement concernées, eux, par la réforme ? Autrement dit, quelles sont les entreprises qui devront devoir passer à la facturation électronique ?
- Pierre Conerardy
Alors c'est sans équivoque, la réponse est évidemment positive. Il y a très peu d'entités juridiques françaises qui vont rester à l'extérieur de cette obligation de facturation électronique. Et grosso modo, pour résumer, dès que je produis des documents commerciaux qui contiennent de la TVA, donc de la TVA que je collecte pour le compte de l'État, je suis concerné. Et dès que je reçois des factures dans le cadre de mon activité professionnelle, je suis aussi concerné. Il y a certains secteurs qui sont hors-jeu en termes de facturation produite. C'est le secret défense évidemment pour des raisons qu'on imagine bien tous. L'État est déjà connu aujourd'hui, mais il n'est pas soumis à TVA, donc ça n'est pas utile. Par contre, un médecin n'est pas soumis à l'obligation de produire des factures électroniques, mais il est soumis à la réception des factures, donc il est quand même concerné par le jeu de l'obligation de facturation électronique. Et petite précision également importante, les micro-entreprises qui sont aujourd'hui en franchise de TVA, qui peuvent s'imaginer qu'elles ne sont pas concernées par l'obligation, Eh bien, elles le sont, puisque la franchise de TVA n'est pas une exonération. C'est une période intermédiaire pendant laquelle la TVA n'a pas à figurer sur les factures, mais cette période est censée s'éteindre avec l'évolution de l'activité.
- Laurent David
On évoque là une nouvelle obligation de facturer sous la forme électronique. Et quand on évoque une nouvelle obligation, on pense immédiatement date d'entrée en vigueur, date d'application. Est-ce que vous pouvez nous dire quand la réforme va entreviser ?
- Alban Oerlemans
Cette mise en application va se faire en deux temps. Au premier temps, au 1er septembre 2026, pour l'ensemble des grandes entreprises et ETI, donc pour rappeler les seuils, c'est toutes les entreprises qui font plus de 50 millions de chiffres d'affaires, 43 millions de bilans et plus de 250 salariés. Et ce sera le cas dans ces cas-là pour l'émission et la réception de factures. Mais à la même date, toutes les entreprises, même les petites, devront recevoir les factures électroniques. Elles n'auront pas l'obligation de démettre. Toutes les entreprises seront dans l'obligation à la fois d'émettre et de recevoir les factures électroniques.
- Laurent David
Ça veut dire que clairement, en réception, ça va arriver très vite.
- Alban Oerlemans
Exactement. Et qu'au final, les TPE et PME qui pensent avoir plus de temps pour mettre en œuvre cette réforme devront d'une façon ou d'une autre déjà être prêts en septembre 2026.
- Laurent David
Oui, j'allais dire avant septembre 2026.
- Alban Oerlemans
Avant septembre 2026. Ce répit en août sera un peu tard.
- Laurent David
Beaucoup de dirigeants se disent très sereins sur le sujet dans la mesure où ils transmettent d'ores et déjà leurs factures par mail. Est-ce qu'ils ont raison ? Et plus globalement, qu'est-ce qu'on entend exactement par facture électronique au sens de la réforme ?
- Alban Oerlemans
C'est vrai qu'il y a dans la connaissance globale un mélange qui peut se faire entre facture dématérialisée, qui peut être au format PDF, qui peut être une image, voire qui peut être une facture sous Excel, si tant est qu'on puisse appeler ça une facture, et la facture électronique. On avait à l'origine des factures... papier qui ont été ensuite scannés, envoyés pour gagner en efficacité, qui ont été générés ensuite directement par les systèmes de facturation au format PDF, donc avec une meilleure qualité. L'ensemble de ces factures ne sont pas des factures électroniques. Ce sont des factures dématérialisées soit, mais pas des factures électroniques. La réforme, le gros avantage, c'est qu'il permet de structurer le format de ces factures et qu'il donne un cadre de façon à ce que demain toutes ces factures soient émises. avec un format standardisé entre toutes les entreprises de façon à pouvoir les émettre et les recevoir. Donc, émettre aujourd'hui une facture au format PDF n'est pas être prêt pour la réforme de la facture électronique.
- Laurent David
C'est bien de le dire très clairement. On entend beaucoup d'experts parler, souvent au lieu et place de factures, de passage à la facturation électronique, d'e-invoicing et d'e-reporting. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que recouvrent ces deux termes, l'e-invoicing pour commencer Pierre ?
- Pierre Conerardy
L'invoicing, c'est vraiment la facture électronique en elle-même telle qu'on l'évoquait à l'instant. C'est-à-dire plus une facture PDF, mais une facture qui devient un fichier informatique extrêmement structuré. Et le PDF que nous connaissons aujourd'hui va devenir un élément accessoire pour permettre à notre œil humain de prendre connaissance du contenu de cette facture électronique sans être pour autant en mesure d'aller lire ce fameux fichier qui va devenir le cœur de la facture électronique. Ça reflète le fait que l'image de la facture devient accessoire et que dans ce fichier informatique, chacune des informations présentes dans la facture y est référencée avec précision. Pas simplement pour une justesse orthographique, mais chacune de ces valeurs est encadrée par ce qu'on appelle des balises qui permettent à n'importe quel système d'information de pouvoir aller chercher une information avec précision sans qu'il n'y ait aucune ambiguïté. sur son contenu. Aujourd'hui, par exemple, quand vous prenez une facture PDF et que vous la faites traiter par un système de reconnaissance du caractère, il va vous trouver une date, il va vous trouver plusieurs dates sur la facture, mais le jeu de savoir si c'est une date de facture, une date d'échéance, une date de livraison, ça va être un jeu un peu dangereux. Avec la facture électronique, ce genre de risque ne peut plus exister.
- Laurent David
Et ces données, elles vont être transmises, elles vont circuler ?
- Pierre Conerardy
Alors, bien sûr, faire la facture électronique va être une chose, donc ce fameux invoicing. Nos outils de facturation, les outils de facturation de toutes les entreprises françaises vont produire des factures électroniques. Et dans le cadre de l'obligation, ces factures électroniques vont suivre un chemin bien particulier vers les fameuses PDP dont tout le monde entend parler aujourd'hui, qui deviennent un sujet très important, une PDP qui va être un intermédiaire de l'entreprise pour fournir le contenu de cette matière aussi bien à l'État qu'aux clients de l'entreprise, mais je crois qu'on va en parler un petit peu plus.
- Laurent David
On peut peut-être dire au passage PDP, qu'est-ce que ça signifie ?
- Pierre Conerardy
Alors PDP c'est plateforme de dématérialisation partenaire, parce qu'à la création du système, il devait y avoir un portail public de facturation, donc porté par l'État pour permettre aux petites entreprises de ne pas avoir à travailler avec un acteur privé que sont les PDP. L'État a choisi de se retirer, pour des raisons qui ne nous intéressent pas ce matin. Et donc chaque entreprise française devra travailler avec une PDP qui à l'origine était un deuxième acteur mais qui est devenu le seul et l'acteur principal aujourd'hui du système mis en place par l'État français.
- Laurent David
Autre notion, donc on vient d'évoquer l'invoicing. Il y a aussi ces notions de direporting. Je crois même qu'il y a deux irreportings.
- Alban Oerlemans
En effet, et c'est une notion qui est extrêmement importante. Quand on parle aujourd'hui de façon vulgarisée de la facture électronique, on pense au format de la facture. Mais en fait, c'est un double volet, invoicing et e-reporting. Le e-reporting est divisé en deux parties. La partie e-reporting transactionnelle, tout de même pouvoir envoyer les informations à l'État. Ça va être le rôle du e-reporting. Donc ce qui va être dans cette partie d'e-reporting transnationale, ça va être les flux qui vont être liés à la facturation des particuliers. Ça va être également potentiellement les flux avec les autres pays de l'Union européenne, parce qu'ils sont aujourd'hui en auto-liquidation. Et en plus de ce volet, nous avons le e-reporting paiement qui concerne les informations de paiement des factures lorsqu'on est en TVA sur les encaissements. Techniquement, ça veut dire que si jamais l'entreprise a fait le choix de devoir reverser sa TVA, non pas au moment où elle émet sa facture mais au moment où elle encaisse l'argent, l'État souhaite savoir à quel moment cet argent était versé de façon à ce que le versement de la TVA d'un côté et la déductibilité chez le tiers de l'autre se fassent au même moment. Et donc ça c'est très important parce qu'il va falloir que ces flux puissent être intégrés ensuite dans les différents outils remontés par les PDP et soit suivant les différents régimes des entreprises déclarés tous les 10 jours. Ce sont des vraies obligations nouvelles qui sont structurantes pour la société.
- Laurent David
Pierre, vous vouliez ajouter quelque chose ?
- Pierre Conerardy
Oui, je voulais illustrer le e-reporting de facturation dont Alban vient de parler dans la première partie de son propos par la simple activité d'un supermarché français, par exemple. Je suis client du supermarché. Quand j'y vais en tant que particulier, j'ai un ticket de caisse. Cette vente et toutes les ventes de même nature vont générer le e-reporting. puisqu'il n'y a pas de facture, donc il n'y a pas de invoicing pour cette partie de l'activité du supermarché. Par contre, si je vais dans ce supermarché en tant que professionnel et que je réclame une facture, le supermarché va faire du invoicing sur cette activité-là en particulier qui va vivre en parallèle du e-reporting. Donc les deux sont complètement complémentaires. Et ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'État veut avoir connaissance de 100% du chiffre d'affaires de toutes les entreprises françaises. Donc le invoicing, ce n'est pas 100% du chiffre d'affaires. Le e-reporting vient compléter.
- Alban Oerlemans
Une petite illustration pour montrer la porosité des deux systèmes. C'est un cas qui paraît anecdotique, mais qui va être courant dans les entreprises. Aujourd'hui, une personne qui a une note de frais, qui va dans un hôtel, qui paye directement avec sa carte et qui se le fait rembourser par note de frais. On est donc sur une facturation B2C à un client. Donc ça passe par l'e-reporting. Sauf que la personne se dit « tout compte fait, je veux... » pas payé directement de ma poche, donc je vais demander à l'hôtel une facture au nom de la société, que je passerai toujours en note de frais mais ce n'est pas moi qui la paierai, ça sera l'entreprise ensuite. Donc d'un seul coup il faut pouvoir annuler la partie e-reporting pour la repasser en invoicing vu qu'on repasse de flux B2C à B2B. Tous ces cas là vont devoir être prévus.
- Laurent David
Une petite question au passage, vous évoquiez l'e-reporting de paiement, est-ce que ça veut dire que quand moi j'ai opté pour mes prestations de service pour la TVA sur les débits, je suis exonéré de cette obligation ?
- Pierre Conerardy
En effet. vous passez à côté.
- Laurent David
C'est un vrai intérêt à le faire ?
- Alban Oerlemans
On anticipait qu'au moment de la mise en place du projet de la facture électronique, la spécificité française de la TVA sur les encaissements puisse potentiellement, parce que c'est quand même quelque chose qui est plutôt propre à la France, qu'on ne retrouve pas dans beaucoup de pays à travers le monde, disparaître. Ça implique aussi des problématiques d'un point de vue trésorerie pour certaines sociétés. le fait de devoir débourser la TVA avant même d'être payée par leur client. On imagine que c'est pour ces raisons qu'aujourd'hui, le sujet du reporting sur les paiements n'a pas été abandonné en même temps que la TVA sur les encaissements et qu'il y a d'autres problématiques derrière. Néanmoins, pour une entreprise qui aurait le choix entre la TVA sur les débits et les encaissements, ça peut être une vraie option dans ces cas-là, oui, de passer de la TVA sur les encaissements à la TVA sur les débits.
- Laurent David
On le voit, cette réforme s'avère plus complexe qu'il n'y paraît. En quoi va-t-elle impacter le process de facturation de l'entreprise et plus largement son fonctionnement ?
- Alban Oerlemans
C'est un sujet qui est très vaste. Aujourd'hui, la facture électronique est vue comme un sujet technique. La mise en place d'un logiciel qui va permettre de dématérialiser les factures d'un point de vue fiscal. Au final, ce projet va toucher, en fonction de la complexité des sociétés, tout leur processus d'achat, de vente, de déclaration de TVA, d'échange avec les tiers, les informations, la façon de communiquer avec leurs clients et leurs fournisseurs. vont être couverts par les sujets de la facture électronique. Donc, au moment de faire le choix de la façon d'adresser la facture électronique, l'ensemble de ces problématiques doivent être prises en compte de façon à éviter que demain, lors de la mise en place de la facture électronique au 1er septembre 2026 ou 2027, les entreprises ne se rendent compte qu'au final, en mettant en place un outil, elles n'ont pas répondu à l'ensemble de leurs problématiques internes.
- Laurent David
Une fois que l'on a compris la mécanique du passage à la facturation électronique, il reste à passer à l'action. Comment démarrer le chantier dans l'entreprise et quelle étape mettre en place ?
- Alban Oerlemans
Il y a deux parties qui sont importantes. La première c'est déjà faire cette étape de cadrage. De quoi j'ai besoin en tant qu'entreprise ? Est-ce que j'ai un seul outil comptable et système d'information ? Est-ce que j'ai des outils qui sont différents ? Est-ce que tout est géré par mon expert comptable ? Et donc pour le coup je suis assez serein parce qu'on sait que tout va être géré en interne par un intermédiaire. qui s'efferle ? Est-ce que j'ai déjà une partie qui est par mon expert comptable, une autre partie qui est par un outil qui m'est propre ? Est-ce que je suis une très grande entreprise et j'ai 5, 6 systèmes d'informations différents qui communiquent entre eux ? En fonction de ces problématiques, ça oblige à ce que la première étape soit déjà de faire une définition de son besoin initial de là où on part. Grâce à cet état, on peut ensuite définir de quoi on aura besoin pour être prêt en septembre 2026. Donc ça veut dire après... Une fois qu'on aura vu ce qu'on est et ce qu'on veut devenir, comment est-ce qu'on fait pour passer du point A au point B ? Et cette étape, il faut la faire le plus tôt possible parce que forcément, si on se pose la question en juillet 2026, ça va être peut-être un peu court pour être prêt en septembre 2026.
- Laurent David
Dans ce cadre, on évoque beaucoup le sujet de la PDP, on en a déjà parlé. En quoi le choix de cette plateforme est si important ?
- Alban Oerlemans
On a aujourd'hui près de plus de 90 PDP référencées. Elles ont toutes des fonctionnalités qui sont différentes. Il est compliqué aujourd'hui pour une entreprise de savoir qu'il y a la différence entre une PDP et une autre. Potentiellement, il a déjà un système d'information. Il va être sollicité par ses partenaires, ses logiciels, pour mettre en place leur PDP. À la rigueur, un élément clivant pour lui va être peut-être le prix. Mais il ne voit pas les différentes fonctionnalités et les impacts. Je donne un ordre d'idée. Aujourd'hui, il y a une PDP qui va être en capacité de traiter des flux de facturation simples. caisse, etc. Ce n'est pas quelque chose que va faire sa PDP. Donc s'il veut le faire, qu'il le fait déjà aujourd'hui ou qu'il veut le faire dans le futur, il faut qu'il se pose la question de quelle est la meilleure PDP pour lui, de façon à ce qu'une fois qu'elle soit mise en place, elle réponde à ses besoins actuels et futurs et qu'il ne se retrouve pas en 2026, 2027, 2028 à devoir changer de PDP. De la même façon, on peut ne pas avoir qu'une seule PDP. Donc ça implique certaines modifications, certaines prises en compte de schémas. Mais si on en a plusieurs et ça peut avoir du sens, à quel rôle, de façon à ce que ce ne marche pas sur les pieds ou qu'il n'y ait pas de trou. L'ensemble de ces éléments sont importants, mais c'est vrai que pour savoir quel PDP répond au mieux à son besoin, j'ai envie de dire la bonne approche, ce n'est pas forcément juste d'attendre que les PDP les conseillent de façon à voir si ça leur correspond, mais c'est de faire appel à des sachants. À titre personnel, nous, en tant qu'experts comptables, nous sommes agnostiques en termes d'outils, donc on peut accompagner nos clients sur le choix d'une PDP par rapport à ce qui leur est nécessaire d'un point de vue. opérationnel et financier, et derrière, pouvoir choisir le ou la PDP à mettre en place qui répondent 100% à leurs besoins.
- Laurent David
Pierre, vous vouliez ajouter quelque chose ?
- Pierre Conerardy
Je vais faire une réponse un petit peu plus basique parce qu'en tant que directeur digital d'Innextinso, mon quotidien est plutôt au plus près des TPE et des petites PME qui forment la majorité de notre clientèle. Et le conseil que je peux donner ce matin, c'est le problème des PDP, le choix des PDP, ne le faites pas tout seul. Les PDP, c'est un acteur qui vient d'être sur le marché, vous ne savez pas ce que c'est, vous ne savez pas ce que ça fait. Vous ne savez pas vraiment à quoi ça sert et il ne faut surtout pas y aller seul. Allez-y avec les partenaires de l'entreprise. Pour tout ce qui est vos factures d'achat, factures fournisseurs, allez-y avec votre cabinet comptable puisque lui aussi prépare l'obligation de facturation électronique. Il sait quel choix il faut faire, en tout cas il aura un avis, surtout s'il fait la tenue de votre comptabilité pour votre entreprise. Et pour ce qui est vos factures de vente, si vous utilisez un logiciel de facturation, si vous utilisez une caisse enregistreuse... Rapprochez-vous déjà de votre fournisseur ou de votre partenaire informatique qui vous a proposé ces solutions-là pour leur demander comment ils préparent l'obligation de facturation électronique qui, pour cette partie-là, sera septembre 2027 au plus tard. Mais ne l'oubliez pas, vous pouvez tout de suite vous intéresser au sujet et tout le monde pourra commencer en septembre 2026. Et on y viendra un petit peu plus tard, vous verrez que la facture électronique a plus d'intérêt et d'opportunité pour vous qu'elle n'est et ne sera un souci.
- Laurent David
Et impliquer l'expert comptable. Ce qui d'ailleurs milite pour une entrée en action assez rapide parce que ça approche maintenant.
- Pierre Conerardy
Mais c'est sûr, je suis un petit peu âgé, je me permets de reparler de l'an 2000, du passage à l'an 2000 ou du passage à l'euro. On disait à tout le monde, anticipez, anticipez, parce que les partenaires de l'entreprise qui vont devoir gérer le problème avec vous, ils sont comme tout le monde, ils ont un agenda, chacun des acteurs n'a que deux bras. d'échéance pour dire, faut me gérer mon système, ça va poser un problème, c'est sûr. Anticiper est toujours une bonne décision.
- Alban Oerlemans
Aujourd'hui, nous accompagnons des PME, des grands groupes sur ces sujets-là. Aujourd'hui, on leur explique qu'ils ne sont plus en avance, ils sont au mieux à l'heure. On voit directement aujourd'hui l'impact quand on sollicite certaines PDP par rapport à leurs besoins, une fois qu'on a eu le temps de faire leur cadrage. Ces PDP, pour certaines, ne répondent plus. On explique qu'elles ont déjà suffisamment de demandes aujourd'hui que potentiellement les flux proposés par ce client ne les intéressent pas plus que ça. Donc, ils prennent soit le temps de répondre, soit ils ne répondent plus. Et nous sommes à plus d'un an de la mise en application, je rappelle. Donc aujourd'hui, ceux qui se lancent maintenant dans les sujets, quitte à se dire, à tort qu'ils sont en avance, mais au mieux, c'est-à-dire qu'ils se posent maintenant les questions pour savoir quelle est la meilleure façon de faire, ça leur permettra d'éviter d'arriver en même temps que tout le monde sur l'autoroute de la mise en place de la facture électronique et de se retrouver dans les bouchons. Et de devoir prendre les personnes qui restent, les outils de PDP qui restent et qui seraient disponibles à leurs conditions. Voir certains devoir rattraper les wagons après coup en octobre, novembre et d'être en retard avec les conséquences que ça pourrait avoir.
- Laurent David
Vous diriez qu'à date comme ça en perception il y a un peu de retard à l'allumage ? Alors j'aurais pas mis le un peu c'est clair.
- Alban Oerlemans
Aujourd'hui il y a beaucoup cette anticipation des clients à part les très grands groupes qui ont lancé son chantier potentiellement il y a un an ou deux ans mais même beaucoup de grosses ETI. qui se disent qu'ils ont encore le temps, que c'est une problématique de branchement d'un outil pour envoyer leurs factures sur un nouveau format, pour réceptionner des factures sur un nouveau format. Et qui ne se pose pas forcément la question 1 de la rationalisation de l'ensemble de leurs informations, parce qu'ils ont plein d'outils, des impacts sur les processus et les procédures internes, qui fait quoi, à quel moment, qu'est-ce qu'on va faire si jamais un notaire envoie une facture électronique via un mode, et puis une autre facture électronique sur un autre mode parce qu'ils ont deux outils de facturation ? qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ? Il faut se poser en amont. Et donc, l'ensemble de ces sujets, aujourd'hui, sont extrêmement critiques et doivent être traités dès maintenant.
- Laurent David
Oui, Pierre.
- Pierre Conerardy
Et j'ajouterais que, comme je le disais à l'instant, le système va pouvoir fonctionner pour tout le monde dès septembre 26, même s'il y a une date butoir à septembre 27 pour les entreprises de plus petite taille. Il y a beaucoup de PME qui seront prêtes pour septembre 26, qui ont compris que tous les avantages de la facturation électronique dans le cadre de leur activité Et pour nos petits clients, ces PME-là et les grands groupes pour l'énergie et la téléphonie vont démarrer en septembre 2026. Si moi, petite entreprise, je ne suis pas prêt, je ne saurais pas récupérer mes factures fournisseurs. Je ne saurais pas récupérer mes factures fournisseurs. Ce qui est quand même... Alors la TVA du mois d'octobre 2026, je peux vous dire qu'en cabinet Penstable, on se prépare. On se prépare. Alban, un complément que vous vouliez ajouter ?
- Alban Oerlemans
Oui, en effet, par rapport à ce que disait Pierre, le fait qu'une petite entreprise pense qu'elle ait le temps, alors qu'elle va être obligée de recevoir les factures par exemple d'Orange ou d'EDF via la version facture électronique. Si elle ne le fait pas à temps, il va y avoir aussi des impacts sur le statut de paiement de cette facture. Pourquoi ? Parce qu'en plus des sujets qui sont liés à la TVA sur la facture électronique, l'État sera également informé des moments où la facture va être émise, où elle va être reçue et où elle va être payée. Et donc la visibilité des entreprises qui aujourd'hui ne respectent pas ou ont du mal à respecter la loi LME et donc les délais de paiement et qui payent en retard, aujourd'hui ça peut passer potentiellement sous le radar, demain ça sera en visibilité immédiate. Donc il faut aussi avoir cet élément légal et réputationnel en tête de façon à être prêt à temps.
- Laurent David
Vous le disiez, les petites entreprises vont devoir être prêtes à recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. Est-ce qu'elles auront à ce moment-là un intérêt à anticiper aussi l'émission de factures électroniques ?
- Alban Oerlemans
À mon avis, il faut être prêt pour les deux. Ça serait dommage de faire le projet en deux fois. C'est une possibilité si on se retrouve acculé en termes de délai, mais être prêt dès le début à pouvoir réceptionner et émettre, c'est éviter de devoir faire le projet en deux parties et au final de devoir recommencer la mise en place d'un nouveau processus quelques mois après avoir lancé la réception de factures électroniques. Donc ça serait extrêmement judicieux et je pense plus efficace et plus économe en termes de temps et d'argent pour les entreprises.
- Laurent David
Je confirme bien évidemment qu'attendre n'a aucun intérêt. C'est clair. Je vous propose maintenant d'évoquer un sujet très positif. La facturation électronique est souvent perçue comme une contrainte, mais est-ce qu'on peut aussi y voir une opportunité pour les entreprises ?
- Pierre Conerardy
Alors là, je ne peux pas être plus affirmatif, j'aime bien parce que ça va crescendo dans le présent. C'est une certitude. Aujourd'hui, nos conversations sont faites de toutes les étapes du passage du système d'avant au système d'après. Donc tout ça est vécu comme une souffrance potentielle, avec plein d'écueils possibles. Imaginons la situation de demain. Demain je suis une entreprise, j'ai mes factures dans mon logiciel de facturation ou mes facturettes sur ma caisse enregistreuse parce que je suis commerçant. automatiquement vers une PDP. Si mon client, si j'émets des factures et que mon client est une entreprise la facture va suivre son chemin et parvenir jusqu'à Les fameux statuts cycle de vie vont m'informer de l'arrivée de la facture chez mon client, de la validation par mon client, du paiement par mon client. Tout cela va se faire de manière complètement fluide et transparente pour moi et je pourrai suivre tout cela soit sur mon ordinateur, soit sur mon portable, soit sur mon mobile si je suis souvent en mobilité. Et pour ce qui est de mes factures d'achat, elles vont arriver d'une PDP que j'aurais choisie. ou les refuser si elles ne correspondent pas à l'accord commercial que j'avais pris avec mon fournisseur. Je vais avoir une interface qui va me permettre de les payer sereinement, puisqu'elles vont enfin arriver toutes par le même canal. Je n'ai pas 12 enveloppes d'un côté et 14 mails envoyés à telle boîte ou à telle autre boîte. J'ai un comportement uniforme de toute cette source d'informations. Donc une interface unique, je vais payer mes factures, et je sais qu'une fois validé... Si j'ai bien travaillé en accord avec mon cabinet comptable, toute cette matière destinée à mon dossier de comptabilité va partir de manière totalement fluide et quasiment invisible pour moi vers mon dossier comptable.
- Alban Oerlemans
Pour enfoncer le clou, déjà bien enfoncé, c'est une opportunité extraordinaire. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, une facture c'est quoi ? C'est la matérialisation sous format papier d'un flux qui est plutôt administratif. Ce sont des tâches envoyées par e-mail, communication. Plus ces éléments seront transparents et plus les sociétés seront efficaces. Elles n'ont pas besoin de ces éléments. Pour donner un ordre d'idée, à une époque, on voulait converser avec quelqu'un qui était très loin. On envoyait un courrier, ça prenait plusieurs jours, on les récupérait, on les écrivait. Aujourd'hui, on envoie un ICBS, on est au téléphone, ça va beaucoup plus vite. L'intégration de la donnée comptable, aujourd'hui, elle sert à quoi ? Elle sert à pouvoir remonter à l'État et à l'entreprise le statut de viabilité. Est-ce qu'elle fait du chiffre ? Comment est-ce qu'elle fonctionne ? Ce sont des outils de pilotage. Avec des flux papier matérialisés, on passe beaucoup de temps à produire cette information d'analyse et très peu de temps à l'analyser. Grâce à la dématérialisation de ces flux, demain ça sera quasiment instantané et donc on pourra passer du temps non pas à produire de la donnée comptable, passer du temps à payer ses fournisseurs, passer du temps à relancer ses clients, on va passer du temps juste à analyser ces éléments de pilotage de façon à mieux travailler, à mieux servir son client. sur cette partie de production comptable fiscale, mais également toute la partie BI en fait, l'intelligence liée au pilotage de la donnée.
- Laurent David
Bien,
- Pierre Conerardy
et sans aucune contradiction avec ce que vient de dire Alban qui est tout à fait juste, j'ai souvent l'habitude de dire à nos clients qu'ils me disent « mais combien va me coûter la PDP ? » . Alors c'est sûr que c'est un sujet qu'il faut traiter, mais je les renvoie toujours vers une autre question qui est de dire « est-ce que vous êtes capable aujourd'hui de comptabiliser le temps ? » que vous consacrez au traitement des factures qui arrivent vers vous, et que vous devez guider sur le bon chemin pour qu'elles soient traitées correctement. Essayez d'évaluer ce temps par semaine, et vous verrez que vous allez économiser beaucoup d'énergie, beaucoup d'argent, et que tout cela va être très productif, très intéressant pour votre entreprise.
- Laurent David
À ce propos d'ailleurs, on entend dire qu'on passerait d'un coût à la facture de 15-20 euros à 2 euros.
- Pierre Conerardy
On est d'accord. En tout cas, moi je dis supérieur à 10 aujourd'hui. même si on a du mal à compter de quoi ces 10 sont composés. Parce que ce sont des temps qu'on consacre à cette chose-là depuis tellement longtemps qu'on est à peine en capacité d'imaginer qu'on va réussir à les économiser. Et le 2 demain, c'est certain. Et c'est même un maximum à mon avis.
- Laurent David
Rien que ça, c'est une belle promesse. On arrive au terme de notre émission. Pour finir, je voulais vous demander quelques conseils, vous qui accompagnez les entreprises au quotidien qui avaient commencé à en accompagner sur leur passage à la facturation électronique. Si vous aviez quelques conseils vraiment de base à leur donner, lesquels ça se passe ?
- Alban Oerlemans
Mon côté, la première étape, c'est de commencer à se poser la question maintenant sur les impacts de la facture électronique. Poser la question non pas qu'à son éditeur logiciel, mais se retourner vers son expert comptable pour lui poser les questions. Se rendre compte au final que peut-être qu'il n'y a pas de sujet et que ce sera très simple pour lui, ou peut-être qu'il y aura un sujet d'accompagnement. Mais le fait de faire ce sanity check dès maintenant, dès aujourd'hui, il s'épargnera beaucoup de temps. tant d'argent et d'énergie pour le futur.
- Laurent David
Pierre ?
- Pierre Conerardy
Je vais rester sur l'anglicisme et je vais en utiliser un autre, c'est cabinet comptable first, bien sûr, et fournisseur de solutions juste après, mais partenaire de l'entreprise d'abord.
- Laurent David
Et ne tardez pas !
- Pierre Conerardy
Oui, tout de suite !
- Laurent David
Alban Oerlemans, Pierre Conerardy, merci beaucoup pour toutes ces explications et tous ces conseils. Merci à vous.
- Pierre Conerardy
Merci de votre accueil.
- Laurent David
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