- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast corps, santé et sexualité. Aujourd'hui, nous allons parler des règles et de la précarité menstruelle. Nous avons la chance d'accueillir Laurence Esterle, qui est médecin, et Alexia Marcel, infirmière en charge de la prévention au sein de l'association Saint-Benoît-Lavre. Je m'appelle Anaïs Thierry, et je serai votre animatrice tout au long des épisodes. Ce podcast a été créé à l'initiative de l'association Saint-Benoît-Labre avec la subvention de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités et sous la direction d'Alexia Marcel. Bonjour à toutes les deux, Laurence et Alexia. Merci beaucoup d'avoir accepté d'intervenir sur cet épisode sur les règles.
- Speaker #1
Moi je crois en Alice, merci.
- Speaker #0
Bonjour Anaïs, merci. L'épisode est construit en deux temps. Nous allons bénéficier des éclairages de Laurence en première partie, puis de ceux d'Alexia. Donc je m'adresse à toi Laurence pour démarrer. J'ai une première question. À quoi correspondent les règles ?
- Speaker #1
Les règles, ça correspond à des segments, des écoulements de sang qui partent de l'utérus et qui sont évacués par le vagin. Elles vont durer pendant 3 à 8 jours. 5 jours en moyenne. Et elles sont normalement beaucoup plus abondantes pendant les deux premiers jours.
- Speaker #0
D'accord. Donc, nous parlons de règles. Mais y a-t-il un autre mot pour parler de cette thématique ?
- Speaker #1
Oui, on peut utiliser le terme « menstruation » .
- Speaker #0
D'accord. Moi, dans « menstruation » , j'entends l'idée de « mensuel » et de « cycle » .
- Speaker #1
Oui, tu as fait raison. On parle de cycle menstruel. Alors, ce cycle, il est d'une durée... D'environ 28 jours, c'est variable selon les femmes, il peut durer entre 21 et 35 jours. Dans la vie des femmes et des personnes trans, il s'agit donc de la période de leur vie durant laquelle ils, elles, peuvent avoir une grossesse et être enceintes.
- Speaker #0
D'accord. Comment est-ce qu'on calcule ce cycle ?
- Speaker #1
C'est très simple. À partir du premier jour des règles, on compte le nombre de jours jusqu'à l'apparition des règles suivantes. Au cours de ce cycle, sous l'influence des hormones sexuelles, un ovule est libéré par un désovère. S'il est fécondé par un spermatozoïde lors d'un rapport sexuel, ça donne lieu à une grossesse, et les règles s'arrêtent pendant toute la durée de la grossesse. A l'inverse, si l'ovule n'est pas fécondé, deux semaines à peu près l'ovulation, environ après l'ovulation, les règles vont survenir.
- Speaker #0
D'accord, mais alors pourquoi est-ce qu'il y a des saignements ?
- Speaker #1
Juste après les règles, l'utérus va se préparer à une grossesse éventuelle. La couche intérieure de l'utérus, sa paroi interne, va s'épaissir. Si l'ovule a été fécondé lors d'un rapport sexuel, il va se faire une sorte de nid dans la paroi de l'utérus et l'embryon pourra se développer. A l'inverse, si l'ovule n'a pas été fécondé, sous l'effet d'un changement des hormones sexuelles, cette couche va se détacher et elle va s'évacuer avec des sèments.
- Speaker #0
D'accord, donc en fait les règles, ce n'est pas sale.
- Speaker #1
Ah non, non, il n'y a rien de sale, pas plus qu'un sèlement de nez. Et puis là, il s'agit d'un phénomène tout à fait naturel.
- Speaker #0
D'accord. Je me demande, est-ce qu'il est possible d'avoir ces règles deux fois dans le même mois ?
- Speaker #1
Ben oui, en effet, oui. Par exemple, si le cycle menstruel dure moins de 30 jours, c'est tout à fait possible. Pour un cycle de 28 jours, on peut les avoir, par exemple, le 2 mars, puis les suivantes, le 30 mars.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que les règles peuvent venir de façon irrégulière ?
- Speaker #1
Oui, ça peut arriver, surtout au moment de la puberté, après une grossesse, autour de la ménopause. En dehors de ces cas, si les règles sont vraiment systématiquement irrégulières ou bien absentes pendant quelques mois, dans la grossesse bien sûr, il faut alors consulter un professionnel de santé, une sage-femme ou un médecin pour comprendre pourquoi.
- Speaker #0
D'accord. Et la pilule a-t-elle un effet sur ce cycle ?
- Speaker #1
Alors, d'une manière générale, les pilules bloquent l'ovulation. Et certaines d'entre elles vont reproduire artificiellement le cycle menstruel. Les règles sont alors rythmées par la prise de la pilule et son arrêt pendant une semaine.
- Speaker #0
D'accord. Alors chers auditeurices, je suis heureuse de vous annoncer d'ores et déjà que nous avons prévu un épisode dédié à la thématique de la contraception. Il s'agit de l'épisode numéro 2 de notre série de podcasts « Corps, santé et sexualité » . Laurence, beaucoup de femmes, de jeunes filles et de personnes trans ont mal pendant leurs règles. Et j'en fais partie !
- Speaker #1
Oui, malheureusement. Les règles donnent souvent lieu à des douleurs. Par exemple, des crampes, des spasmes qui sont situés dans le bas-ventre, parfois même dans le dos ou dans les cuisses. Alors, ces douleurs vont être beaucoup plus marquées, elles sont beaucoup plus marquées au début des saignements. Elles sont très variables d'une personne à l'autre, elles sont très variables d'un cycle à l'autre. Elles sont beaucoup plus fréquentes, malheureusement, au moment de la puberté. Il est donc utile, dans tous les cas d'ailleurs, de prendre des antalgiques.
- Speaker #0
D'accord, alors moi je suis toujours un peu perdue dans le nom des médicaments. C'est quoi un antalgique ?
- Speaker #1
Alors un antalgique, c'est un médicament contre la douleur. Et pour les règles, ce sont les anti-inflammatoires qui sont les plus indiqués pour diminuer les douleurs. Bon, si les douleurs sont anormalement fortes ou qu'elles s'aggravent, il faut alors vraiment consulter, ne sache pas, un médecin. Les règles sont aussi fréquemment précédées par ce qu'on appelle un syndrome prémenstruel, qui donne lieu à un gonflement des seins, des maux de tête, voire une migraine, des nausées, parfois même des vomissements, des sensations de l'odeur, d'astathique, d'alaise. Beaucoup de personnes connaissent ces symptômes qui sont vraiment désagréables, et il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage pour être comprise dans ces moments.
- Speaker #0
D'accord, oui. Donc je comprends que les règles correspondent. à la période de la vie où une personne assignée femme à la naissance est fertile et peut être enceinte. C'est bien ça ?
- Speaker #1
Ben oui, tout à fait. Les personnes trans et des femmes ont des règles. Dès que leurs ovaires sont capables de produire un ovule, c'est-à-dire depuis la puberté jusqu'à la ménopause.
- Speaker #0
D'accord. Peux-tu nous en dire plus sur la puberté ?
- Speaker #1
Alors, la puberté, c'est la période de la vie où les filles vont se transformer physiquement et psychiquement d'ailleurs. Elles grandissent, les poils sexuels apparaissent sur le pubis, sous les bras, leurs seins grossissent, leur corps change, beaucoup de changements. Cette période dure quelques années, elle commence généralement entre 8 et 13 ans et les premières règles surviennent 2 à 3 ans après les premiers signes de la puberté, c'est-à-dire entre 10 et 15 ans, en moyenne à 13 ans. Il est tout à fait normal que les règles soient irrégulières au début et malheureusement souvent douloureuses.
- Speaker #0
D'accord. Tu as mentionné plusieurs fois la ménopause. J'ai donc la même question. Peux-tu nous en dire plus sur ce sujet, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui. Alors, à l'inverse de la puberté, c'est la période de la vie où les règles ont s'arrêté progressivement. Ça survient en général autour de 50 ans, parfois plus tôt, 40, 45 ans, parfois plus tard, après 55 ans. Alors, la ménopause, malheureusement, elle s'accompagne souvent, pas toujours, mais très souvent. de symptômes tout à fait désagréables, des bouffées de chaleur, des sueurs la nuit, de l'irritabilité, de la fatigue, des problèmes de sommeil, de la prise de poids.
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
là encore, il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage. Pendant cette période, les règles vont devenir de plus en plus irrégulières et s'espacer. Et la ménopause est considérée comme définitive quand la personne n'a pas eu de règles pendant une année. Il ou elle n'est alors plus fertile. Mais attention ! La ménopause, ça ne signifie pas la fin de la vie sexuelle.
- Speaker #0
Ah bah écoute, tu me rassures Laurence, parce que j'espère continuer d'avoir une vie sexuelle pendant et après ma ménopause. Merci beaucoup pour toutes ces informations très précieuses. On n'ose pas toujours dire « j'ai mes règles » , alors on utilise d'autres mots. On cache une serviette ou un tampon pour aller aux toilettes. On a honte s'il y a une tâche sur ses vêtements. On n'ose pas parler de la douleur, même quand elle est forte. On peut se sentir gêné d'acheter des protections ou d'en demander quand on en a besoin. On fait comme si tout allait bien, même quand ce n'est pas le cas. On évite certains sujets, certains lieux. certaines activités, autant de petites situations du quotidien qui montrent, encore aujourd'hui, que les règles restent un sujet tabou. Les règles, ce n'est pas seulement quelques jours dans le mois. C'est un cycle complet, avec des effets avant, pendant et parfois même après, avec des symptômes dont Laurence nous a parlé. Et pourtant, dans le silence du quotidien, beaucoup de femmes et personnes trans deviennent de véritables actrices. Et elles continuent d'avancer, de travailler, de sourire, tout en masquant des douleurs bien réelles. Pourtant... Tout cela est encore trop souvent minimisé ou ignoré. Comme si ça devait rester discret, comme si ça ne comptait pas vraiment. Reconnaître l'impact des règles, c'est reconnaître une réalité de santé. C'est permettre à chacune de vivre son cycle sans honte, sans silence. Les règles commencent le plus souvent entre 10 et 15 ans et durent jusqu'à environ 45 à 55 ans. Au total... Ça fait presque 40 ans de règles, soit environ 500 au cours d'une vie. En France, cela concerne près d'un quart de la population, soit environ 15,5 millions de personnes. Toutes ces personnes peuvent se poser des questions sur la gestion de leurs règles au quotidien. Comment gérer ces écoulements de sang si fréquents ? Certaines entreprises et administrations expérimentent, voire proposent, un congé menstruel. Rebonjour ! Alexia. Tu es donc infirmière au sein de l'association Saint-Benoît-Labre et tu es également la créatrice de ce podcast. Merci beaucoup de contribuer à briser les tabous. Voici ma première question pour toi. Quelle protection peut-on ou doit-on utiliser quand on a ces règles ?
- Speaker #2
Alors c'est une très bonne question que beaucoup de femmes et de personnes trans se posent, surtout au début. Et c'est normal de se sentir un peu perdu. La première chose à retenir... c'est qu'il n'existe pas une seule bonne protection menstruelle. Le plus important, c'est de choisir celle qui vous correspond le mieux. Chaque femme est différente, notre corps est différent, et nos habitudes aussi. Et donc, nos besoins pendant les règles ne sont pas les mêmes. Aujourd'hui, il existe plusieurs types de protections menstruelles, et pour chacune d'entre elles, on trouve différentes tailles ou capacités d'absorption pour s'adapter à la quantité de sang perdue pendant les règles.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des règles d'hygiène à respecter ?
- Speaker #2
Alors oui, avant toute utilisation, il y a une règle qui est simple mais très importante, c'est de se laver les mains et bien sûr de recommencer à chaque changement de protection.
- Speaker #0
D'accord, je ne sais jamais quoi choisir entre serviette réutilisable ou jetable. Peux-tu nous éclairer s'il te plaît ?
- Speaker #2
Alors oui, enfin je vais essayer. On distingue deux grandes catégories de protection menstruelle, les protections internes et les protections externes. D'abord, les protections internes, c'est celles qui vont s'insérer dans le vagin. Elles sont discrètes et permettent par exemple d'aller à la piscine, ce qui du coup est très pratique. En général, il faut les changer toutes les 4 à 6 heures, vraiment maximum. La première protection interne, on peut dire que c'est les tampons. Ce sont de petits cylindres en coton qui absorbent le sang et ils peuvent être avec ou sans applicateur. Ils possèdent aussi une petite ficelle qui permet de les retirer facilement. Les tampons sont à usage unique, donc ils ne sont pas réutilisables. Et vraiment j'insiste sur le fait qu'il faut les changer très régulièrement. Il existe aussi des coupes menstruelles, aussi appelées cups, qui s'insèrent elles aussi dans le vagin. Ça ressemble à des petites coupes en silicone ou en latex et elles permettent de recueillir le sang. Et contrairement aux tampons, elles sont réutilisables. On les retire, on les rince à l'eau claire et puis on peut les remettre en place. Elles sont souvent moins irritantes, mais leur utilisation peut parfois être un peu plus compliquée. parce qu'on doit les vider. Notamment quand on va à l'extérieur, on doit les vider, les laver. C'est peut-être un petit peu moins pratique.
- Speaker #0
Du coup, tu dis que les tampons, il faut les changer très régulièrement. Les cups aussi ?
- Speaker #2
Oui, c'est pareil. Il faut les changer. Tout ce qui est protection interne, entre 4 et 6 heures, vraiment maximum.
- Speaker #0
D'accord. Pourquoi ?
- Speaker #2
Parce qu'il y a risque de choc sceptique.
- Speaker #0
C'est quoi un choc sceptique ?
- Speaker #2
C'est une infection généralisée qui peut être très grave.
- Speaker #0
D'accord. Donc, je vais changer mes tampons très régulièrement.
- Speaker #2
C'est une bonne idée.
- Speaker #0
D'accord, merci Alexia. Et du coup, concernant les protections externes ?
- Speaker #2
Alors oui, il y a aussi les protections externes. Celles-ci, elles se fixent dans la culotte et elles absorbent le sang. On retrouve par exemple les serviettes hygiéniques et les protège-slip. Ils peuvent être jetables et dans ce cas-là, il est aussi conseillé de les changer, mais là, tout est 3 à 4 heures. C'est encore plus court. Il existe aussi des versions qui vont être lavables et réutilisables. Autre possibilité, les sous-vêtements menstruels. Donc ce sont soit des culottes, soit des shorties, et même maintenant des maillots de bain spécialement conçus pour absorber le sang. Ils sont lavables et réutilisables. Et eux, on va les changer selon nos besoins et selon la présence des règles. Et du coup, ils doivent être torsés parfois toute une journée ou toute une nuit.
- Speaker #0
D'accord. Ça fait pas mal de choses et tout ça, je crois que ça coûte de l'argent.
- Speaker #2
Oui. Toutes ces protections, elles ont un coût. Et ce coût, il est loin d'être négligeable dans la vie d'une femme, puisqu'au cours de sa vie, une femme peut dépenser plusieurs milliers d'euros pour ses protections menstruelles. Et selon une étude du journal Le Monde, qui a été publiée en 2019, le coût des protections menstruelles et des antidouleurs va s'élever en moyenne à 7,50 euros par cycle pour une personne qui a un flux moyen. Donc sur une vie entière, ça peut représenter jusqu'à 3 000, 800 euros.
- Speaker #0
Ah oui, quand même ! Je n'avais pas fait l'addition ! Donc merci pour tes éclairages !
- Speaker #2
Et en plus, cette estimation est incomplète. Elle ne prend pas en compte d'autres dépenses, comme la visite annuelle chez le ou la gynécologue, dont le reste à charge peut varier aussi selon les territoires, qui peut représenter jusqu'à 4 euros par mois en moyenne. Et puis à ça, on peut aussi s'ajouter des frais qui vont être plus difficiles à quantifier, comme le remplacement plus fréquent des sous-vêtements ou même du linge de lit, qui peut forcément parfois être un petit peu abîmé par les règles. Et aussi des coûts indirects réels, mais difficiles à chiffrer précisément. Et donc avec une estimation qu'on peut dire basse, avec des dépenses supplémentaires, le coût total serait d'environ 100 à 150 euros par an, soit près de 10 euros par mois pour une femme.
- Speaker #0
Mais comment fait-on si on n'a pas les moyens ?
- Speaker #2
Cela peut créer de véritables inégalités, notamment pour les personnes qui sont en situation de précarité. Certaines peuvent avoir du mal à se procurer des protections adaptées. Elles ne choisissent pas forcément des protections qui leur conviennent mieux. Parfois, elles doivent choisir même d'utiliser des solutions d'épanage, comme du papier toilette ou même des tissus.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Est-ce qu'il y a des mesures envisagées ou envisageables pour lutter contre ces inégalités ?
- Speaker #2
Oui, alors justement, cette année, en avril, une avancée importante a été mise en place. Un décret permet désormais le remboursement des protections menstruelles, mais réutilisables. Une mesure qui va contribuer à lutter contre la précarité menstruelle. Elle concerne les femmes et personnes trans jusqu'à 26 ans avec une prise en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. Et bien évidemment, pour les personnes qui sont bénéficiaires de la C2S, ces protections vont être entièrement remboursées.
- Speaker #0
Tout à l'heure avec Laurence, nous avons évoqué les douleurs et les médicaments pour les soulager. Est-ce que tu peux nous en parler dans le cadre de la précarité aussi ?
- Speaker #2
Alors oui, la précarité mensuelle, ce n'est pas seulement le prix des protections. C'est parfois aussi la difficulté d'avoir accès à des médicaments contre la douleur, faute de moyens financiers ou parce que les services de santé sont parfois difficiles à identifier ou même à consulter. Pour les personnes qui sont en situation de grande précarité, notamment celles qui vivent à la rue, les difficultés sont encore plus importantes. Il peut être difficile de trouver un endroit pour se laver ou de trouver des toilettes propres pour changer de protection. Par exemple, lorsque les règles tâchent les vêtements, trouver un lieu pour se changer. peut devenir très très compliqué. Et tout ça peut générer de la gêne, de la honte, malgré le fait que les règles soient un phénomène naturel. Donc avoir ces règles quand on vit dans la précarité, voire dans la grande précarité, peut devenir un véritable parcours du combattant. Et malheureusement, ce parcours, il en commence tous les mois.
- Speaker #0
Oui. Est-ce qu'il existe des lieux ressources pour aider les femmes concernées ?
- Speaker #2
Alors oui, il existe des accueils de jour, donc ce sont des lieux où les horaires varient selon les villes. Dans certains accueils de jour, vous pouvez même prendre une douche, laver vos vêtements, ou simplement vous poser si vous en avez envie. Parfois il est aussi possible d'échanger, même avec un professionnel de santé.
- Speaker #0
Où doit-on s'adresser ? ou à qui pour pouvoir trouver ces points d'accueil ?
- Speaker #2
On peut vous renseigner auprès du centre d'action sociale le plus proche pour connaître les horaires d'accueil de jour et qui propose des douches. Et si vous habitez en Bretagne, vous avez également un site internet, l'application mobile Solid Guide. pour géolocaliser les services et aussi les initiatives et les ressources destinées aux personnes en difficulté. Ce guide existe aussi en version papier et permet de trouver une assistante sociale, une aide alimentaire, ainsi que des services d'hygiène, par exemple. Il existe également une application créée par l'association Règle élémentaire, qui est super bien faite, elle s'appelle Règle A, et elle permet de géolocaliser des points de don de protection hygiénique. Et vous pouvez d'ailleurs retrouver le nom des différentes ressources dans la description de l'épisode.
- Speaker #0
Alors je reviens à une question centrale, que faire quand on a mal ?
- Speaker #2
En cas de douleur, vous pouvez prendre un médicament, mais toujours après avoir demandé un avis médical, comme ce qu'on a pu voir avec Laurence tout à l'heure. Vous pouvez aussi utiliser des solutions simples, comme appliquer de la chaleur avec une bouillotte, ou vous masser le ventre. Si la douleur reste supportable, il est conseillé de continuer à bouger, puisque l'activité physique aide le corps à mieux fonctionner. Par contre, si la douleur devient trop importante, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé, bien évidemment. Si vous en avez besoin, n'hésitez pas à demander de l'aide, surtout. Vous pouvez vous tourner vers des accueils de jour, des centres de santé, des associations ou des pharmacies. Des professionnels sont là pour vous écouter, vous orienter et vous proposer des solutions qui vont être adaptées à vous.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Que peux-tu dire aux femmes et personnes trans qui ont peur de parler de leurs règles ?
- Speaker #2
Je leur dirais que parler des règles, c'est aussi faire reculer les tabous et permettre à chacun et chacune d'accéder à des protections et à des conditions d'hygiène dignes. Et que ce n'est pas un confort, c'est juste un droit. parce que chaque mois, des millions de personnes ont leurs règles. Pourtant, pour beaucoup, les vivre dignement, ça reste encore un défi. Et c'est d'ailleurs aussi pour ça que j'ai créé ce podcast.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Nous arrivons au terme de ce premier épisode et je vous remercie du fond du cœur toutes les deux, Alexia et Laurence. pour vos informations précieuses. Vous contribuez à lever les tabous autour des règles et de la précarité menstruelle. Et ça, c'est merveilleux. Chers auditeurices, merci beaucoup pour votre écoute. Vous êtes parfaitement légitimes pour parler des règles, pour poser vos questions et exprimer vos besoins. Nous vous souhaitons de pouvoir prendre bien soin de vous et à très bientôt pour un nouvel épisode.