Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Coulisses d'entrepreneurs, le rendez-vous des entrepreneurs qui veulent passer à l'action et obtenir des résultats concrets. Je suis Emmanuel, entrepreneur et investisseur. Dans chaque épisode, je partage les coulisses de mes projets, parc de loisirs, fitness, franchise, immobilier, mais surtout les leçons de mes erreurs et des stratégies pratiques que tu peux appliquer dès aujourd'hui pour construire ou accélérer ton propre business. prépare toi on commence maintenant aujourd'hui on va parler de comment j'ai généré un million de chiffre d'affaires en quelques mois dès le lancement de mon entreprise un million ça fait rêver et quand tu passes de zéro à un million d'euros en seulement six mois bas tu penses que tu as tout gagné et c'est exactement ce qui m'est arrivé avec mon parc de loisirs imagine période estivale juillet août tu fais quinze mille balles de chiffre d'affaires par jour entre les activités, la restauration et les soirées. Des files d'attente énormes, des soirées sold out en quelques heures, des clients qui s'éclatent. Bref, j'avais la sensation d'avoir enfin construit quelque chose de grand et qui cartonne dès le lancement. Mais voilà, la vérité que personne ne dit, c'est que derrière le million, il y avait une somme astronomique de mensualité de crédit, des matériaux qui coûtaient 30% voire plus. plus que prévu à cause du Covid et une masse salariale énorme qui se compte en plusieurs centaines de milliers d'euros. Parce que quand tu ouvres un parc de loisirs, tu montes des équipes pour chaque activité, pour la restauration, pour les soirées. Et sauf que moi, je ne savais pas piloter tout ça. J'ai appris sur le tas et résultat, la masse salariale a fini par gagner pas loin de 50% du chiffre d'affaires. Ce qui est... énorme et comme si ça suffisait pas il y avait la saisonnalité puisque le parc tourne en extérieur d'avril à octobre et à la fin de la saison et bah tu dois avoir assez de cash sur le compte pour tenir tout l'hiver l'hiver les charges fixes continuent de tomber quelques salariés en cdi des dizaines de milliers d'euros de mensualités de crédit l'eau les lecs les abonnements etc la première année j'avais aucun moyen de prévisualiser mon atterrissage de trésorerie après l'hiver. Et autant dire que c'était une énorme source d'angoisse. Donc oui, j'ai fait 1 million de chiffre d'affaires dès la première saison, mais avec une structure de coûts et un stress de trésorerie qui m'ont fait comprendre une chose essentielle. Le chiffre d'affaires ne fait pas tout. Dans cet épisode, je vais te raconter comment j'ai atteint ce 1er million dès la première saison, les erreurs que j'ai faites et surtout... ce que tu peux en tirer pour tes propres projets. Parce que si tu es entrepreneur, tu dois comprendre une chose. Ce qui compte, ce n'est pas seulement de vendre, c'est de savoir gérer tes coûts, anticiper ta trésorerie et penser long terme. Alors reste avec moi, je t'emmène dans les coulisses de mon premier million et je vais te donner les clés que tu peux appliquer dès maintenant dans ton business. Petite surprise à la fin, je te dévoilerai le résultat de l'année. C'est le premier épisode, alors je vais quand même planter le décor rapidement. Je suis cofondateur et gérant d'un parc de loisirs depuis 5 ans. Parc avec des activités extérieures. Donc on a de l'acrobranche, du paintball ou soft paint pour les enfants, mini golf, un téleskinotique full size, une flotte de pédalos, de l'aquapark, de la pétanque, beach volley, de la course d'orientation, une plage avec... une baignade surveillée et bien sûr de la restauration avec un snacking sur la plage et un bar avec une terrasse sur pilotis sur le lac donc voilà c'est assez complet c'était pas du tout ma vocation initiale mais ça je l'aborderai sûrement dans un autre épisode que je ferai plus tard où j'expliquerai peut-être comment je suis passé de longues années dans le salariat dans un domaine plutôt technologique à l'entrepreneuriat dans un domaine plutôt loisir et sportifs. Donc la première chose, c'est qu'on a pensé le parc comme un écosystème complet. C'était pas juste un lieu pour faire des activités, mais un lieu pour y passer la journée. Tu viens faire des activités, tu te baignes, tu bronzes, tu manges sur place, tu refais des activités, tu bois un coup et tu termines la journée par exemple ou la soirée avec un événement. Et le but... c'est de faire dépenser le client à plusieurs moments de sa visite. Et ça, ça augmente énormément le panier moyen. Ensuite, il y a eu le fait que ce soit une saison estivale. Donc le parc est ouvert d'avril à octobre, mais c'est effectivement en juillet et août que tout s'est joué. En début de saison, on avait commencé avec, allez, quelques 500, 600, 700 euros de CA par jour. Ensuite, avec le soleil et les beaux jours, on est passé... à 2000 euros, 3000 euros, 5000 euros. Mais c'est au début des grandes vacances d'été que le soleil et la chaleur ont fait que les compteurs se sont affolés. Et là, on est passé sur une moyenne de 10-12K par jour avec des pics à 15K par jour en période de canicule. Et là, c'était vraiment du grand n'importe quoi. Imagine que tu ouvres à 10h le matin et là, tu te rends compte que la plupart des places sont déjà sold out sur les activités. Tout le monde a réservé la veille sur le site internet. Et quand tu arrives sur la plage, il n'y a déjà plus de place pour ta serviette après 11h. On avait prévu d'ouvrir le snack de plage à midi. Et là, tu te rends compte que tu as 2000 personnes qui se ruent dessus et qui veulent tous manger en même temps. Tu as un service continu et interminable jusqu'à 19h. Donc c'est vraiment énorme. Et les activités tournent à plein régime. C'est des grosses journées pour les équipes. Et entre les activités qui ouvrent à 10h et le bar qui ferme à 22h, voire à 1h quand on fait des soirées, et ça, c'est 7 jours sur 7 pendant 2 mois. Mais bon, malheureusement, les saisons où il fait beau pendant 2 mois consécutifs, sans pluie ni au rage, ça n'existe pas. Et heureusement d'ailleurs, parce que ça permet aux équipes de souffler un peu quelques jours de temps en temps. et aussi à la végétation de se réhydrater, ce qui est aussi important dans notre business, puisque la forêt, la végétation, tout ça, ça a un impact hyper important. La communication a joué un rôle énorme aussi. Il faut savoir qu'on connaissait le parc par cœur, parce qu'on était d'anciens clients, donc on savait exactement ce qu'il fallait mettre en avant. On a utilisé les réseaux sociaux, la presse locale, la radio. le digital et surtout le bouche à oreille. Parce que quand tu proposes une expérience qui claque, les gens en parlent, ils reviennent, ils ramènent leurs amis, leurs familles, leurs collègues. Et tout ça, c'est une boule de neige qui grossit, qui grossit. Et ça fait qu'on a de plus en plus de monde. Surtout qu'avec ce qu'on a mis en place, le lieu donnait vraiment une nouvelle image et un nouveau souffle, une nouvelle dynamique et c'est vraiment sur ça qu'on voulait bosser. Je ferai peut-être un épisode un peu plus détaillé plus tard. pour parler de l'état dans lequel on a récupéré ce parc, ce qu'on avait prévu d'en faire et ce qu'on en a réellement fait. Mais pour te donner une idée et quelques exemples, par exemple, le terrain de paintball qu'on a récupéré, c'est un terrain de 3000 m², hyper grand, avec de l'herbe, des feuillages au-dessus, hyper joli. Et le truc, quand on est arrivé, c'était une vraie déchetterie. Il y avait des anciens pneus de voitures, de camions, un peu éparpillés partout. des canoës, des kayaks, des pédalos découpés en plusieurs morceaux qui faisaient office d'obstacles. Et c'était vraiment une décharge. On a tout sorti pendant plusieurs jours. Et puis, on a construit des obstacles en bois qu'on a mis de manière symétrique sur le terrain pour pouvoir organiser des compétitions réglementées. Bref, ça, c'est un exemple. Mais il y en a tellement d'autres sur la Crobranche. Sur la plage, on a ramené des dizaines de tonnes de sable fin pour faire une plage qui claque. Enfin voilà, en gros, pour résumer, notre but c'était vraiment de faire un parc qui claque et qui soit hyper accueillant pour que les gens se sentent vraiment en vacances en venant chez nous. Voilà, et dernier aspect qui a permis la réalisation de ce million, c'est l'opérationnel et notamment les équipes. puisque sans les équipes, on ne fait rien. Même si au départ, on avait mal dimensionné ces équipes, puisque dans le business plan sur le papier, on peut noter des choses, mais la réalité peut être toute autre. On n'avait clairement pas prévu qu'il y ait autant de monde, et tant mieux d'ailleurs. Mais il a fallu s'adapter, réagir vite, recruter plus de monde, adapter les horaires, multiplier les points de vente pour absorber tous ces clients. Et de mon côté, en tant que gérant, j'étais partout en même temps. du matin au soir, mode pompier activé pour régler les problèmes et faire en sorte que le client reparte avec une bonne expérience. Parce que finalement, c'est ça la clé du business et c'est ça qui permet de faire de l'argent au fur et à mesure. Voilà, donc c'est ce mélange de stratégie d'offres, de saisonnalité, de communication, de l'adaptation opérationnelle qui nous a permis de faire ce fameux million de chiffre d'affaires dès la première saison. Donc on a vu comment on est arrivé à ce premier million, mais évidemment l'histoire ne s'arrête pas là, puisque derrière ce chiffre qui peut impressionner, il y a eu beaucoup de galères. Alors la première galère, c'est tout simplement la période dans laquelle on a lancé l'activité, puisque c'est le fameux Covid. Il faut savoir qu'on a monté un dossier pour répondre à un appel d'offres de la commune, qui est propriétaire du parc, puisque c'est un lieu qui appartient, des terrains qui appartiennent. à la commune. Et donc, pour répondre à cet appel d'offres, on avait fait un prévisionnel béton. On nous a demandé un prévis sur 12 ans. Alors, il faut savoir que normalement, c'est plutôt 3 ans. Mais là, comme il s'agit d'une concession de services publics, avec une durée de concession de 12 ans, on a dû faire un prévisionnel précis sur 12 ans, qui est quand même assez complexe à réaliser. On a dû donner des devis clairs pour tous les travaux, les équipements, les logiciels, etc. Et entre-temps, le Covid est arrivé et les prix ont explosé. Ça, je n'apprends rien à personne. Donc nous, pour financer tous ces travaux, on avait déjà des accords de crédit puisqu'on était allé négocier avec les banques pour lever ces 1,2 millions d'euros de crédit. Et tout ça a été mis en suspens pendant le Covid. Et sorti Covid, quand on a pu enfin se lancer, donc c'était quand même relativement tard, c'était au printemps 2021, on a relancé la machine rapidement, puisqu'en plus on allait exploiter une demi-année, donc ça allait être compliqué dans les conditions qu'on avait. Et là, au moment de faire les travaux, on s'est rendu compte que tout avait explosé. Le coût des matériaux, le coût de la main d'oeuvre, tout coûtait 20, 30, 40, voire 100% plus cher pour certaines choses. Et les petites marges qu'on avait prévues sur les crédits, au cas où on était totalement absorbé, voire dépassé. Et là, on s'est retrouvé avec des travaux pas terminés, des crédits totalement consommés, et financièrement, c'était compliqué. Certains actionnaires ont dû mettre plus d'apports que prévu. Heureusement qu'ils le pouvaient, mais c'était aussi compliqué pour eux. Et là, ça se compte en plusieurs centaines de milliers d'euros. Donc c'était vraiment déjà une période très, très compliquée pour lancer un business. Et forcément, comme on n'avait pas existé avant Covid, on n'a eu forcément aucune aide de l'État. Donc on a vraiment commencé avec rien et c'était vraiment compliqué financièrement à ce niveau-là. Ensuite, le plus gros poste de dépense, la masse salariale. Alors comme je disais en introduction, au départ on avait prévu un certain nombre d'employés basés sur l'expérience de personnes de l'équipe qui avaient travaillé dans ce parc plusieurs années auparavant en tant que salariés saisonniers. Et on pensait que ça suffirait, mais en fait pas du tout. Dès l'ouverture, on s'est retrouvé avec des files d'attente énormes et une gestion des flux catastrophiques. Je pense que c'était aussi dû au fait que les gens avaient été enfermés pendant des mois à cause des confinements à répétition. Et là, dès qu'il a fait beau, on s'est pris une affluence incroyable de population. Nous, on avait prévu de commencer relativement doucement avec des petites équipes pour voir à tâtons où on allait mettre les pieds. Mais là, c'était une tempête de clients, si je peux dire, et on n'était vraiment pas prêts à supporter toute cette affluence. Donc on a dû recruter plus de monde, mais sans forcément adapter les postes et l'organisation, parce que tout ça nécessite peut-être une réorganisation globale. Et faire ça en pleine saison, c'est vraiment mission impossible. Donc on avait plus de monde. sur les postes existants, mais ce n'était pas optimal. Résultat de cette solution apportée en urgence, ça a été une masse salariale qui est venue ronger le chiffre d'affaires. Mais ça, sur le moment, on ne s'en est pas rendu compte. On ne l'avait pas prévu. On essayait juste d'apporter une solution rapide pour que les clients puissent être pris en charge correctement et dans des conditions de sécurité optimales. Mais on ne pensait pas à l'effet qu'il allait y avoir derrière. Et ça, pour dire, quand on a fait le bilan annuel, on s'est rendu compte que la masse salariale avait représenté presque 45% du chiffre d'affaires. Donc sur 1 million de chiffre d'affaires généré, on a dépensé 450 000 euros de personnel saisonnier, ce qui est relativement énorme. Une autre problématique, et pas des moindres, c'est la saisonnalité. le parc est ouvert d'avril à octobre et forcément fermé de novembre à mars. Parce que finalement, des activités d'extérieur, qui a envie d'en faire par 5, 10 degrés, voire 0 en hiver, en tineige ? Personne, personne. Et on voit déjà le baisse d'affluence au mois d'octobre. Ça n'a rien à voir avec la saison estivale. Donc pendant cette période de fermeture annuelle, on rentre pas d'argent. Et par contre, on en sort quand même. On sort les quelques salaires de l'équipe fixe, on va dire, parce qu'on a quand même quelques CDI, alors pas énormes, mais on en a quand même. Ça représente des salaires à sortir en hiver quand on ne gagne pas d'argent. On a aussi les charges fixes, les abonnements, les honoraires comptables, les loyers. aussi puisqu'on n'est pas propriétaire du terrain, on doit verser des loyers à la commune des loyers fixes, des loyers variables aussi qui sont calculés sur un pourcentage du chiffre d'affaires et on a les fameuses mensualités de crédit qui représentent environ 20 000 euros par mois donc je te laisse faire le calcul des salaires, les mensualités de crédit, les abonnements, les loyers Tout ça cumulé sur plusieurs mois d'inactivité de la saison, ça représente une énorme charge financière qu'il faut pouvoir être en capacité d'absorber et donc d'avoir suffisamment de cash à la fin de la saison sur ton compte bancaire. Et ça, alors c'est pas qu'on ne l'avait pas prévu parce qu'on le savait et on n'avait pas la notion. de ce que ça allait représenter. Et quand on a la tête dans le guidon toute la saison, on n'y prête pas forcément attention. On ne prête pas forcément attention à toutes les charges qui ont pesé au moment où on exploite. Et on n'a pas encore vraiment cette notion de qu'est-ce qu'il faut à la fin de la saison, qu'est-ce qu'il faut que j'ai réellement sur mon compte pour que je puisse passer l'hiver sereinement. l'hiver, je vais aussi avoir des travaux, des travaux de maintenance, des travaux d'entretien, des travaux de réhabilitation, par exemple. Et tout ça, c'est une sacrée problématique et une sacrée source d'angoisse. Parce que quand on regarde la trésorerie sur le compte qui baisse, qui baisse, qui baisse, qui baisse, qui baisse, et on se dit, mais où est-ce que ça va s'arrêter ? Est-ce qu'il y aura encore de l'argent sur le compte quand on va reprendre la saison ? Ça, c'est quand même une source de stress immense. et une problématique des plus importantes aussi quand on gère une activité saisonnière. Donc on vient de voir comment on est arrivé à ce premier million, les principales galères qu'on a rencontrées, et maintenant je vais te dire les leçons que j'en ai tirées, les actions que j'ai mises en place et que tu peux aussi te mettre en place. Parce que cette expérience, elle m'a appris des choses, des choses que je veux te partager, c'est pour ça qu'on est là, parce que Tu peux aussi les appliquer dans tes propres projets, quel que soit le secteur. La première leçon, c'est le chiffre d'affaires ne fait pas tout. C'est facile d'être impressionné par un gros chiffre. Et quand on démarre une activité et qu'on voit le cash qui rentre, on peut être euphorique. On peut se dire, c'est bon, je peux dépenser plus que ce que j'avais prévu. C'est bon, j'ai besoin de moins faire attention. C'est bon, en fait non, c'est pas bon. C'est pas bon parce que... Si tes coûts explosent derrière, ça ne veut rien dire. Ton chiffre d'affaires peut être complètement mangé, voire dépassé par tes dépenses. Mais ce qui compte, c'est le cash généré à la fin, la rentabilité réelle. Si le chiffre d'affaires généré est mangé par toutes tes charges, ça devient vraiment très compliqué. Donc mon premier conseil, ce serait de s'en tenir à ce qui est prévu. On s'en tient à ce qui est écrit, on s'en tient aux dépenses qu'on a prévu de réaliser, on essaye au maximum de s'en tenir. Alors certes, si tu as un business qui a besoin de dépenser pour vendre, ou tu as besoin d'acheter en fait toi de la matière première pour vendre ton produit, et donc du coup que tu te rends compte que tu peux vendre plus forcément, il va falloir que tu achètes plus, ça c'est ok, tant que ton ratio de coût d'achat... et maintenu. Mais par contre, réaliser des dépenses qui n'ont rien à voir et qui n'aident pas forcément à développer du chiffre, ça, ce n'est pas OK dans l'immédiat. La deuxième leçon, c'est qu'un prévisionnel reste de la théorie. Ça peut paraître bidon, ça peut paraître logique, et on peut se dire « oui, mais de toute façon, dans mon prévisionnel, j'ai prévu des chiffres pessimistes » . ... Il faut toujours rester vigilant. Sur Excel, tout est beau, même quand on fait les choses de manière pessimiste, on rend quand même les choses belles d'une certaine manière, puisqu'on veut convaincre un banquier, par exemple, que le projet tient la route. Et on se dit, je prévois des chiffres un peu moins bons, mais de toute façon, je vais faire plus. Il faut faire vraiment attention à ça, parce que dans la vie, dans la vraie vie, ce n'est pas Excel. Tu dois prévoir des marges de sécurité énormes, parce que des imprévus, il y en aura... Toujours. Même en restant prudent sur les chiffres, tu ne peux pas prédire, tu ne peux pas tout prédire. Tu ne peux pas prédire les crises, tu ne peux pas prédire des problèmes, tu ne peux pas prédire des dépenses importantes que tu n'aurais pas imaginées. Certes, les pandémies sont plutôt rares, mais les contextes géopolitiques et économiques peuvent aussi jouer sur tes résultats. Et ça, c'est vraiment compliqué à prédire. Dans tous les cas, quand on entreprend et qu'on investit, on prend des risques. Le tout est de faire les choses pour limiter au maximum ces risques et de rester plus dans ces prévisions. Ce qui m'amène à la troisième leçon, être client d'un business ou y travailler ne suffit pas pour savoir l'exploiter. C'est une chose de voir le parc de l'extérieur par exemple ou d'y bosser une saison, mais c'en est une autre. de porter la responsabilité totale de la gestion et de la rentabilité. Et ça, c'est vrai dans n'importe quel business. Et on voit souvent des personnes qui sont clientes de certains business, dans certains domaines, et qui se disent « Ah ben moi aussi, je vais me lancer » . Si c'est un domaine qui te plaît, pas de souci, tu peux te lancer. Par contre, fais pas comme moi. Entoure-toi des bonnes personnes, va visiter... d'autres exploitations, va discuter avec des gérants, intéresse-toi au plus profond de ce sujet. Parce que parfois, et ça a été mon cas, et ça a été une erreur, on peut penser qu'on voit comment ça fonctionne et on se dit « moi je vais faire mieux que ça » . Mais en fait, c'est beaucoup plus complexe que ça. Et c'est quand on se dit ça et qu'on creuse pas beaucoup plus qu'on fait des erreurs. comme nous on l'a fait. Et donc ça, c'est vraiment un conseil que je peux donner. Des fois, il faut mettre son ego de côté. Il faut se dire, OK, je pense savoir, il y a des choses à améliorer, je les vois, parce que je suis client, donc je vois ce que moi j'aimerais avoir de plus. Mais par contre, derrière, il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup creuser le sujet. Il faut s'entourer d'autres personnes qui connaissent, d'autres personnes qui exploitent. Il faut en discuter avec plusieurs personnes, plusieurs exploitants. peut-être même avec des confrères, parce que finalement, c'est en confrontant nos idées avec l'expérience des autres qu'on va réussir vraiment à construire quelque chose de solide. Quatrième leçon, dans un business, saisonnier ou non, la clé, c'est la trésorerie. Dans un business comme le parc, qui tourne en été et pas en hiver, alors il y en a plein d'autres, des business comme ça, il y a aussi l'inverse. par exemple les business qui tournent en hiver comme les stations de ski, etc. Il faut faire attention à la basse saison. Il faut faire attention au fait qu'on ait assez de trésorerie pour passer la saison où on ne génère pas d'argent. Mais la trésorerie, ce n'est pas important que dans ces business-là. C'est important vraiment dans tous les business. Parce que, alors on n'en a pas parlé, mais il y a des décalages d'entrée et de sortie de trésorerie en fonction du chiffre d'affaires qu'on génère et des factures qu'on paye. Mais le plus important, c'est d'avoir toujours assez de marge pour permettre justement la gestion de ces flux. Dans tous les cas, je te conseille fortement d'utiliser des outils de gestion de trésorerie. Regarder son compte bancaire tous les deux jours, ça ne sert pas à grand chose. Ce qu'il faut, c'est un outil qui permet d'anticiper tes dépenses en fonction de tes revenus. Personnellement, je travaille avec une solution qui s'appelle Agicap, qui permet de catégoriser tous les mouvements bancaires et de planifier un prévisionnel dans le futur en fonction des flux de trésorerie passés. Moi, j'ai découvert cet outil un peu tard, après mon premier hiver. Je peux dire que si je l'avais eu avant, ça m'aurait évité bien des galères. Alors oui, ton expert comptable peut aussi te faire des mini-bilans trimestriels, on va dire. Mais à chaque fois, ça reste une photo à un instant T. Et ça ne te permet pas de te projeter sur l'avenir. Tandis que cet outil, alors je parle de celui-là parce que c'est celui que je connais, mais il y en a certainement plein d'autres, ça te permet non seulement de catégoriser tous tes flux, mais ça te permet aussi de faire des scénarios. Par exemple, tu peux très bien te dire, ok, je prévois peut-être un investissement de 50 000 euros pour changer une machine qui a besoin peut-être d'être changée. par la suite, ou je prévois de faire ce type de travaux, est-ce que je peux les faire ou non ? Et du coup, tu vas pouvoir dans ce logiciel faire un scénario d'investissement par exemple, donc une dépense à un certain moment, et ça va ajuster la courbe de trésorerie en fonction de ce scénario-là. Et ça, c'est un outil d'aide à la décision pour un chef d'entreprise très puissant. Est-ce que ça va te permettre de prendre la décision de faire cet investissement ou non ? On arrive au terme de cette première partie qui a montré comment on a généré 1 million d'euros de chiffre d'affaires dès la première saison. Et surtout, pourquoi ça a été en même temps une victoire et un immense défi pour moi. Parce que pour ma première réelle année d'entrepreneuriat, j'ai appris que l'entrepreneuriat, ce n'est pas seulement faire rentrer de l'argent, c'est surtout savoir... comment ne pas le dépenser et où il ne faut pas le dépenser. Et ça, je pense que ça vaut pour n'importe quel business. Voilà, ça c'est pour ma première année d'exploitation du parc. Alors j'ai les chiffres devant les yeux, mais avant de vous dévoiler la somme totale des charges d'exploitation et le résultat d'exploitation, je vais faire un petit aparté sur mes projets en cours parce que je pense que ça peut aussi vous intéresser. que ce soit au niveau du parc ou au niveau des nouveaux projets que j'ai lancés cette année et sur lesquels je suis en train de travailler. Pour le parc, on est actuellement dans la dernière ligne droite avant la fermeture annuelle, puisqu'on a fermé le dernier dimanche d'octobre comme d'habitude, donc cette année ça tombera le 26. Et après un mois de septembre compliqué niveau météo, j'espère vraiment que le beau temps sera de retour pour ces dernières semaines. Parce que je sais globalement où j'en suis sur le résultat de ma saison. Mais j'avoue que j'ai quand même un peu peur de ce dernier mois. Parce que, étonnamment, l'année n'a pas été très bonne. Alors, on a plutôt bien commencé la saison. Le mois de juin a été incroyable. Mais je pense qu'on a eu de la chance aussi avec la météo. Et c'est la première année que ça m'arrive. mais on a même dû refuser des gens pour l'accès au site sur le mois de juin, tellement il y avait une monde, et la gendarmerie est intervenue pour faire la circulation, parce qu'on est forcément limité en termes de nombre de personnes, de capacité d'accueil, qui est quand même énorme, puisque c'est 4500 personnes en simultané, et là on est arrivé à ce seuil, ce qui était vraiment incroyable, mais donc effectivement on a dû prendre des mesures. La commune a également dû prendre des mesures pour rester dans les clous par rapport à la réglementation. Après, très étrangement, dès que les vacances d'été ont commencé, malgré une météo qui était relativement clémente, on a remarqué une baisse de fréquentation assez importante, je dois dire. Et là, pareil, c'est la première année où le début des vacances n'annonce pas un rush incroyable. Effectivement, on a remarqué une baisse de fréquentation de 10 à 15%, je dirais, par rapport aux années précédentes. alors qu'il faisait relativement beau. Et ça, c'est un sentiment plutôt global au niveau du tourisme, de la restauration et du loisir en France. C'est que la fréquentation a plutôt baissé. Le deuxième point qui n'a pas aidé cet été, c'est qu'on a eu un été relativement pluvieux. Je pense que l'on peut dire aujourd'hui que sur les deux mois sur lesquels on est censé faire... la majorité de notre chiffre d'affaires, il a plu entre 40 et 50% du temps. Donc là, effectivement, ça n'a pas aidé à faire notre saison. Le mois de septembre a été également un petit peu compliqué. Et donc là, j'espère vraiment que les dernières semaines du mois d'octobre seront un peu plus clémentes, même si on ne pourra forcément pas rattraper le chiffre d'affaires qu'on n'a pas généré cet été. Voilà, donc actuellement, avec les équipes, hum s'occupe encore des derniers clients restants pour cette période, mais on prépare également la mise en hivernage, puisqu'il me reste une dizaine de saisonniers qui terminent leur contrat à la fin du mois, et donc après, il faudra encore réaliser les derniers travaux de mise en hivernage, avant de fermer complètement le site pour l'hiver. Et de mon côté, c'est la période pendant laquelle j'avance. sur la préparation du bilan comptable puisqu'on clôture l'exercice également au 31 octobre. Et donc là, c'est une grosse partie administrative qui commence, le but étant de sortir le bilan comme chaque année au plus tard au 15 décembre. Deuxième sujet, alors ça va être plutôt aussi une annonce. Cet été, j'ai décidé de me lancer dans une nouvelle aventure dans le monde du fitness. Alors c'est vrai que ça fait un petit moment... que je cherche une nouvelle activité à lancer. Activité, on va dire, plus stable qu'une activité saisonnière, pas dépendante de la météo, avec peut-être un peu moins de charge mentale et avec une croissance qui reste assurée. Et un concours de circonstances, de hasards, de rencontres et d'opportunités a fait que j'ai pu signer en juillet dernier pour le lancement de deux salles de fitness. en licence de marque avec l'Orange Bleu. Alors, pourquoi l'Orange Bleu ? Pourquoi le fitness ? Ça, j'en ferai peut-être un épisode complet parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire. Mais en tout cas, je suis hyper content. Là, ça fait du coup deux mois que c'est lancé. J'ai déjà les locaux, j'ai déjà les plans d'aménagement. Là, je pars en banque très prochainement pour obtenir... le financement bancaire. Donc je suis hyper content. C'est un fonctionnement assez pratique en fait. Je reste maître de toutes les décisions. Par contre, c'est la tête de réseau qui s'occupe pour moi de toutes les démarches opérationnelles. Autrement dit, c'est quasiment un projet clé en main et ça me permet de gagner énormément de temps et d'énergie, surtout comme je gère déjà plusieurs activités en parallèle et comme ce projet ne fait que commencer. Je vous partagerai au fur et à mesure les différentes étapes qui mèneront jusqu'à l'ouverture du club. Vous allez pouvoir suivre toute l'aventure en direct, étape par étape, un petit peu comme un feuilleton entrepreneurial on va dire. Côté IMO, on attaque cette semaine les travaux préparatoires d'une maison de 1936 qu'on a acheté récemment. Le projet c'est en faire un duplex pour nous avec un T3 locatif et... un studio en location courte durée. C'est vrai qu'on s'était dit qu'on ne ferait plus jamais de gros travaux suite aux travaux qu'on avait fait dans les autres appartements. Mais bon, là, effectivement, c'était une sacrée opportunité et aussi un projet de vie en même temps. Du coup, on peut combiner un projet de rendement avec du locatif. Donc, très intéressant à faire. On vient de rentrer dans la phase de gros boulot pour préparer tout ça, avec l'arrachage des sols, le démontage. des anciennes cuisines, la suppression des anciens sanitaires, la dépose du carrelage, des tapissages, et puis démolition de l'abri de jardin au profit du futur parking. Et je pense que la tâche qui va remplacer toutes mes séances de sport, ça va être de casser la dalle du sous-sol et de décaisser 70 mètres carrés. sur 25 cm de terre donc j'ai calculé ça fait à peu près 25 tonnes de gravats à sortir bref l'hiver va pas être de tout repos pour moi mais bon l'idée c'est de mettre le bâtiment complètement à nu avant de reconstruire quelque chose de propre et fonctionnel on est dans les plans des nouvelles cuisines des nouvelles salles de bain de l'agencement de toute la maison donc C'est vraiment chouette, en tout cas sur le papier, j'ai vraiment hâte que ça démarre et qu'on voit ça se construire au fur et à mesure. Voilà, toujours côté Imo, le reste du parc tourne plutôt bien. On a décidé de mettre notre location saisonnière à la montagne en conciergerie pour la première année. On l'avait gérée en direct l'année dernière. notamment grâce à une personne sur place aussi, mais on demandait aux locataires effectivement de faire le ménage et de ramener leurs draps, ce qui est assez quand même courant quand on part au ski. Mais bon, avec tous les autres projets qu'on a en ce moment, on s'est dit que ça nous libérait un petit peu de charge mentale de la mettre en conciergerie et donc on va voir comment ça va se passer cette année. L'an dernier c'est vrai qu'on avait géré tout nous mêmes. et on avait quand même bien rempli, donc j'espère que la consergerie remplira aussi bien, voire mieux que nous. C'est vrai que c'était une décision un petit peu difficile à prendre de la mettre en consergerie, parce que j'aime bien gérer ce genre de choses moi-même. Mais c'est vrai qu'avec tous les projets qui arrivent sur nous, je n'aurais pas forcément eu le temps de le gérer moi-même, ou en tout cas ça aurait généré encore plus de charge mentale. Et parfois, c'est comme dans l'entrepreneuriat, il faut savoir déléguer. Et parfois, c'est le seul moyen de continuer à avancer de manière sereine. Voilà, on arrive au terme de ce premier épisode. Merci de l'avoir écouté. Merci d'être resté jusqu'au bout. Si ça t'a plu, n'hésite pas à t'abonner pour ne pas rater la suite. Et comme promis, c'est le moment de dévoiler les chiffres détaillés de la première année du parc. Alors, montant net du chiffre d'affaires. 1,093,536,21 euros. Total des charges d'exploitation, attention, là, ça va piquer grave. 1,057,203,26 euros. Ouais, là, ça fait mal. Ce qui nous donne un résultat d'exploitation de 62,375,50 euros. Donc, voilà l'exemple parfait. alors ça reste positif et c'est bien par contre voilà plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires il nous reste à la fin un résultat d'exploitation de 62 000 euros donc ce qui est totalement dérisoire par rapport au chiffre d'affaires qui paraît énormissime si tu veux échanger directement avec moi rendez-vous sur LinkedIn je publie régulièrement des contenus sur mes projets et je serai ravi d'en discuter avec toi Dans le prochain épisode, je vais t'emmener dans un autre sujet brûlant, le recrutement. Parce que pour faire tourner un parc de loisirs, il faut monter une armée de saisonniers. Au total, 38 employés sur la saison, dont 14 présents d'avril à octobre, puis une montée en puissance en plein été. Tout ça, ça veut dire des dizaines et des dizaines d'entretiens en janvier, février et mars, 90% d'étudiants informés et des équipes à gérer pendant 6 mois non-stop. Je vais te raconter comment j'ai appris à gérer ce recrutement massif, les erreurs que j'ai faites et les clés que tu pourras appliquer à tes propres recrutements, même si tu ne cherches qu'une personne ou deux. Crois-moi, si tu t'es déjà demandé comment trouver, choisir et gérer les bonnes personnes, cet épisode va t'intéresser. Allez, à bientôt !