- Speaker #0
Bienvenue dans Coup de Pédale, le podcast du voyage à vélo en France. Je m'appelle Sébastien et je vous emmène avec moi dans mes itinérances. Et aujourd'hui, bienvenue dans le premier épisode qui s'intitule un air de trompette sur la Dolcevia. Bon, vous l'aurez compris, il va être question de trompette et de Dolcevia. Alors la Dolcevia, qu'est-ce que c'est ? C'est une véloroute de 90 km dans les monts de l'Ardèche. C'est une véloroute qui est absolument magnifique, que je vous conseille particulièrement. qui peut être pratiqué à tous les niveaux, qui est une route avec certaines parties en gravillon. Donc voilà, je vous invite vraiment à voir un vélo plutôt de type VTC. C'est très proche de la Vierona, donc vous pouvez y accéder un peu légèrement au sud de Valence. C'est une véloroute que j'ai fait à plusieurs reprises déjà et je crois que j'y retournerai encore plusieurs fois. Donc vous allez suivre l'Airieux, qui est une rivière. Et vous allez remonter. Alors, ça dépend dans quel sens. Soit vous la remontez, soit vous suivez son cours. Et donc, des fois, c'est très encaissé, en fait. Et vous êtes vraiment entouré des monts de l'Ardèche. Donc, vous êtes dans le parc naturel des monts de l'Ardèche. Et vraiment, allez-y. Et donc, il va être question de trompette aussi. Pourquoi de trompette ? En fait, cet épisode, vous allez faire la rencontre d'Inès. Et Inès, vous allez l'entendre. C'est une jeune femme passionnée, passionnante et vraiment pleine de vie. C'est, je pense, une personne qui ne laisse pas indifférent. Elle a cette particularité, je trouve, de vouloir et souvent de réussir d'ailleurs à allier des réflexions profondes sur la vie et une connexion tout aussi profonde à ses émotions et à ce qu'elle ressent. Inès est une trompettiste de formation et de métier. Et toutes les musiques de trompette que vous allez entendre dans les prochains épisodes, ils ont été enregistrés pendant le voyage et ce sont que des improvisations d'Inès. Et si la qualité d'enregistrement n'est malheureusement pas à la hauteur de son talent, j'espère que sa musique vous transportera. Moi en tout cas, le premier jour. Sa musique, elle m'a bouleversé. Ce que vous allez entendre dans ce premier épisode, c'est déjà la rencontre avec Inès et sa musique. Et puis aussi, elle nous parlera de son premier voyage à vélo. Et puis, vous allez voir, elle va m'embarquer un peu malgré moi dans un projet un peu fou. C'est le projet Anne. Alors plus précisément, le projet Anne-Claire. Et vous allez voir, c'est un projet qui a émergé d'un coup dans la tête très créative d'Inès. Et donc, voilà, vous allez comprendre le projet Anne-Claire. Il est très rigolo ce projet. Avant de vous embarquer dans le premier jour, je pense qu'il est... intéressant que je vous raconte comment j'ai rencontré Inès. En fait, la rencontre avec Inès, elle s'est faite par voyageurs interposés, ce qui est assez rigolo. En fait, pendant l'été, j'ai voyagé de Saint-Etienne à la Méditerranée, donc à Valras-Plage. Et pendant ce voyage, j'ai rencontré trois mecs qui voyageaient en vélo.
- Speaker #1
On a croisé une fille qui faisait dix semaines à vélo.
- Speaker #2
Dix semaines ?
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #2
Ça serait bien pour ton podcast. Ouais. Tu es en France ou ?
- Speaker #1
Ouais. En France.
- Speaker #2
Elle joue de la trompette. Elle joue de la trompette.
- Speaker #1
Et donc là, elle faisait, je crois, trois jours de pause parce qu'elle se greffait un groupe de musique pour faire des petits concerts.
- Speaker #2
Elle se balade avec sa trompette. Ouais.
- Speaker #3
Non mais t'as dit que tu venais de Lyon, parce qu'elle habite à Lyon depuis un an. Ah ouais ?
- Speaker #2
Ouais. Vous avez son nom ? Son blog. Son Instagram. Ah, elle a un blog.
- Speaker #1
Elle a contacté. Bon retour,
- Speaker #0
ouais. Suite à cette rencontre, j'ai contacté Inès sur les réseaux. On s'est bu un café. Et on a décidé de partir à l'aventure ensemble sur la Dolcevia. Et donc, le premier jour, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris le train depuis Lyon. Et puis, on s'est arrêté à la gare de Thin-l'Hermitage. Et de là, on a pris un bus, ce qui était assez simple. Il fallait le réserver, le bus, par contre. Il fallait le réserver pour pouvoir mettre les vélos. Donc, peut-être qu'à la saison, c'est un peu plus compliqué. Mais peut-être qu'il y a plus de bus aussi, je ne sais pas. Il faudrait tester. Mais là, hors saison, c'était hyper simple. On était seul dans le bus, c'était génial. Le but je crois a mis à peu près peut-être... Trois quarts d'heure à nous emmener. Et puis, on est allé à la Mastre. Et à la Mastre, un des départs possibles de la Dolcevia, un des points finaux possibles de la Dolcevia. Et voilà. Et puis, depuis la Mastre, du coup, assez tardivement, on est parti avec Inès, je crois, de la Mastre. Il devait être 15 ou 16 heures. On était, du coup, je dirais, fin septembre. Je crois que ça devait être le 30 septembre, le premier jour. Et on est parti. On est parti à l'aventure. Donc, écoutez, montez avec nous sur le vélo et c'est parti.
- Speaker #4
Tu es en aventure maintenant !
- Speaker #2
Maintenant !
- Speaker #4
À 16 heures l'après-midi !
- Speaker #2
16 heures l'après-midi, on est parti, on est parti !
- Speaker #4
Ok. Tu as vu le chemin ?
- Speaker #2
Non. Puisque ça va être...
- Speaker #4
Tu as dit à droite ?
- Speaker #2
Il faut suivre les trucs au sol.
- Speaker #4
Ok.
- Speaker #2
À droite !
- Speaker #4
Ah, c'est magnifique !
- Speaker #2
Yeah ! Ça y est, c'est l'aventure !
- Speaker #4
Ouais, je suis contente ! C'est le chemin là ?
- Speaker #2
Bah vas-y on va essayer. Donc qui es-tu Inès ? Inès, Inès, qui es-tu ?
- Speaker #4
Bonjour ! Je suis Inès, je suis trompettiste. Et cet été j'ai fait un voyage de vélo et trompette. Pendant dix semaines j'étais au sud de la France. Avec ma trompette, avec mon vélo, avec ma tente. Et oui, c'est ça. Est-ce que je peux te dire plus ?
- Speaker #2
C'est déjà pas bien. Enchanté Inès. C'est moi, c'est Inès. Inès, tu viens d'où ? Tu as un petit accent. Est-ce que tu viens de quelque part ?
- Speaker #4
Moi, je suis d'Immagne.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #4
Oui, je suis déménagée il y a un an. J'ai fini mes études en trompette classique il y a un an. Et puis, je suis déménagée à Lyon pour monter mes projets. Beaucoup d'idées, j'écris des textes, j'ai beaucoup de pensées et j'improvise sur la trompette. Et c'est l'espoir là !
- Speaker #2
Qu'est-ce qui t'a donné envie d'arriver en France, de venir en France particulièrement ? Et pourquoi Lyon en particulier ? Ça a été quoi tes choix ?
- Speaker #4
J'adore la France, j'adore la langue. Je ne peux pas dire pourquoi. Maintenant, je trouve de plus en plus des raisons, mais c'est toujours là que, quand je suis en France, je me sens plus moi, plus ancrée, plus à la maison. C'est bizarre, je ne sais pas pourquoi. Et comme ça, j'avais toujours cet appel de la France.
- Speaker #2
Et du coup, pour parler aussi bien, parce que tu parles très très bien français, tu avais appris avant d'arriver, rassure-moi.
- Speaker #4
Il me manque beaucoup de vocabulaire, mais oui. J'ai pris à l'école et je fais un échange quand j'étais à l'école pendant six semaines. Et depuis là, j'ai toujours essayé de garder ce que j'ai appris. Et en plus, c'est un sentiment pour la langue. Je ne sais pas, je n'apprends pas assez le vocabulaire. Comme ça, parfois, j'utilise un peu des phrases ou des mots plutôt faciles, plutôt d'enfant. Je... la langue parle de mon cœur. Je ne sais pas comment dire mais je le sens. Je le sens la langue. J'ai l'impression que c'est vraiment plus... Oui, c'est vraiment plus de mon cœur que l'allemand.
- Speaker #2
Et tu expliquais là, tu as fait un joli voyage de dix semaines cet été. C'est quoi les endroits qui t'ont marqué ? Ça a été joli, les rencontres que tu as faites ou un peu, qu'est-ce que tu retires de ces dix semaines à vélo ? Enfin voilà, c'est quoi ton bilan ? C'est quoi les événements marquants pour toi ou les endroits marquants ?
- Speaker #4
Ça a une grande passion !
- Speaker #2
La réponse n'est pas forcément évidente.
- Speaker #4
Je pense que je pourrais, oui.
- Speaker #2
Elle n'est pas obligatoire d'ailleurs, mais...
- Speaker #4
Répondre pendant des heures. Bonjour !
- Speaker #2
Bonjour !
- Speaker #4
Je pense que les endroits sont toujours liés aux sentiments qu'on a là. Et on peut être sur un endroit qui est génial, magnifique, mais s'il y a des sentiments, des pensées qui sont plutôt... pas heureux, à dire simple, cet endroit peut être horrible. Et comme ça, je pense que j'ai beaucoup connecté. des lieux avec des sentiments que moi j'ai vécu sur mon voyage. Et ce n'est pas possible de résumer ça dans une phrase. Comme ça, il y a beaucoup de sentiments différents, des sentiments de liberté, des sentiments de solitude, des sentiments de « Ah, je suis heureuse ! » Je ne sais pas, comme… Ouais, beaucoup de sentiments différents. Oui, peut-être c'est aussi ça avec la France. J'ai des souvenirs des vacances qu'on a faites quand j'étais petite. On était souvent en France. Je pense que là, j'ai un peu commencé à avoir de bons souvenirs qui sont liés avec la France. Mais oui, je suis quand même venue en Allemagne, comme ça, beaucoup d'expériences et souvenirs sont liés avec l'Allemagne. En France, c'est un peu nouveau, pur. je peux commencer à faire des nouveaux souvenirs et expériences.
- Speaker #2
Et du coup, tu nous parlais tout à l'heure de la trompette. Donc, tu t'es formée en études supérieures pour la pratique de la trompette et en musique. C'est bien ça ?
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #2
Et est-ce que tu peux nous en dire plus ? Et tu vois où tu en es ? C'est quoi tes projets ? C'est quoi ton rapport avec la musique, la trompette ?
- Speaker #4
J'ai fait des études de trompette classique. J'ai fait un stage dans l'orchestre à Brunswick, un an et demi. Et comme ça, en gros, j'avais des études pendant six ans avec le stage au milieu. Et là, j'ai de plus en plus constaté que ce n'est pas mon monde, ce n'est pas l'environnement où moi, je peux m'épanouir. Et de plus en plus, moi je dirais me libérer des pensées, je devrais être comme ça, je devrais avoir ce but. Parce que dans ce monde, c'est un peu le monde du classique, il y a un but, c'est l'orchestre. Et il faut tout faire pour y arriver, pour travailler, pour gagner. un poste, comme ça c'est très ancré dans tous les pensées. Ça c'est le but. Mais on perd un peu de réfléchir à ce que je veux vraiment, et pas ce qui est bien vu, ce qui est bien réputé. Oui je pense qu'un jour c'était un peu les trois trucs. J'adore l'improvisation. J'adore le travail de l'introspection, des gens, des sentiments. Et j'adore les aventures. La nature, être dehors, découvrir. Et là, je ne savais pas encore comment connecter tout ça. Ce n'est pas évident. Je pense que je trouve de plus en plus. Et je pense à une grande chose de ce voyage, c'est ça. De pouvoir lier. Les choses. C'est bien ? Je réponds bien ?
- Speaker #2
C'est un peu nul, mais ça ira. Non, c'est super bien. Moi, tu me balades, alors je pense que tu vas balader les autres. Est-ce qu'avant ton voyage de 10 semaines, tu avais fait beaucoup de vélo avant ? Est-ce que tu avais une bonne condition publique ?
- Speaker #4
Non.
- Speaker #2
Non ?
- Speaker #4
Pas du tout. Oui, depuis mon déménagement, j'étais assez occupée avec... survivre à Lyon, trouver tout ce que j'ai besoin, un appartement, régler beaucoup de choses. Et comme ça, je n'avais pas la tête pour le sport. Même si ça aurait bien aidé, mais j'avais vraiment une pause de sport. Et le vélo, je n'ai pas trouvé le plaisir de faire le vélo. Je n'aime pas faire du sport pour le sport.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #4
J'aime bien faire du sport pour les aventures, pour découvrir quelque chose, même si c'est soi-même. Mais pour découvrir quelque chose, pas du vélo. Le vélo, je l'ai acheté une semaine avant.
- Speaker #2
Ah oui, d'accord.
- Speaker #4
J'avais un peu des problèmes avec le vélo. J'ai acheté un vélo, un autre vélo, qui n'était pas du tout le bon vélo pour moi.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #4
C'était un peu un achat de... Ah, il me faut acheter un vélo ! C'était vraiment débile.
- Speaker #2
Est-ce que justement au début les premiers coups de pédale c'était dur ? Est-ce que tu t'es abutie au fur et à mesure ? Comment ça s'est passé justement tout le long de ce voyage par rapport à ça ?
- Speaker #4
C'est un peu… moi je n'arrive pas trop à trouver mon niveau. Je pense toujours qu'il me faut avoir le niveau le plus haut maintenant.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #4
Et je n'ai pas trop la sensibilité pour le bon niveau pour moi.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #4
Comme ça, c'est lié à beaucoup de frustration. Mais de plus en plus, je comprends ces trucs. Et mon voyage m'a fait comprendre aussi. J'ai commencé avec Ardèche, avec les montagnes. Parce que je me suis dit, ok, challenge. Je fais les montagnes avant, je les ai bien évitées. Et j'ai pensé maintenant, je me lance sur les montagnes. Et bien sûr, mon corps n'était pas du tout prêt pour ça. J'étais vraiment dans la souffrance, j'ai beaucoup poussé. Et c'est beaucoup... Mais pourquoi ça n'arrive pas ? Je devrais être capable de faire ça. Beaucoup de doutes. Mais de plus en plus, j'ai compris ce que je fais là. C'est juste pas possible pour mon corps. Comme ça, oui, c'était surtout le voyage. C'était un peu de trouver, c'est quoi mon niveau ? Après l'Ardèche, c'était tout dans le plat. C'était le canal du Midi. Et c'était vraiment ennuyeux. J'ai besoin de challenge, j'ai besoin un peu de me forcer, de tester mes limites. Sinon, je m'ennuie très vite. Mais en même temps, je prends toujours des limites qui sont très loin. Et je me perds dans la frustration.
- Speaker #2
C'est marrant, je ne réagissais pas pour te laisser parler. Mais c'est exactement le résumé de ma vie. Mais tu sais que ma première randonnée... Jamais randonné de ma vie, je suis parti faire le GR20. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est, c'est à traverser de la Corse, c'est la plus dure randonnée de l'Europe, tu vois. Et pareil, j'avais fait juste un voyage à vélo, je ne m'en avais plus, et je me suis dit que j'allais traverser les Alpes à vélo. Mais ce n'était pas à mon niveau. Mais j'ai quasiment pleuré. Et j'ai appelé un ami au deuxième col, j'y arriverai jamais, j'y arriverai. Mais carrément, je fais une merde et tout. Et carrément, je m'inventais des mantras en montant en disant... C'est juste ce coup de pédale qui compte, c'est juste ce coup de pédale qui compte pour que mon esprit, il arrête de penser à la douleur, à la difficulté, il reste concentré sur l'instant, Donc ça me parle vachement ce que tu dis. Je pense qu'il y a aussi une question de caractère, parce que je vois d'autres gens qui ne fonctionnent pas comme ça. Alors ils peuvent fonctionner aussi à l'inverse, c'est-à-dire ça je ne suis pas capable, donc je ne le fais pas, et du coup alors qu'ils seraient capables avec un peu d'entraînement, et ça je trouve ça dommage. Et en même temps, il y a aussi d'autres gens qui sont un peu entre les deux, qui se disent « Ok, je suis capable de faire ça, donc je peux peut-être aller chercher un petit cran au-dessus. »
- Speaker #4
Ouais.
- Speaker #2
Tu vois, là où toi et moi… Les gens appellent les gens. Là où toi et moi, je pense, on est au milieu, on veut être en haut, direct. Genre, il n'y a pas de chemin. Ouais, il n'y a pas de chemin, un intermédiaire. C'est nul. C'est « Allez, tous vous faire foutre, je vous emmerde, moi je veux être en haut. » J'ai l'impression qu'on a… Je sais que… Il y a des gens qui vont entendre ça, de ma part ils vont se marrer. Par exemple, les gens du travail dédicace au cafiste, à ceux qui font le fractionné du mardi soir, typiquement le mardi soir, moi j'ai 40 ans, j'ai jamais couru, c'est du fractionné, j'arrive, qu'est-ce que je fais ? Je cours comme un dératé ! C'est pas j'y vais progressivement, je vois si mon corps est... Non, non, j'y vais à fond quoi ! Bref, dédicace à vous. Donc je pense qu'il y a aussi un enjeu de caractère.
- Speaker #4
Oui, oui, bien sûr.
- Speaker #2
Un peu, je ne sais pas, pas explosif, mais... Ouais.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #2
Mais ça me fait marrer parce que, vu qu'on se parle là, je trouve qu'on a plein de points communs, ça me fait vachement marrer. Parce que je pense qu'on est très différents aussi. Ouais. Et en même temps, dès que je t'entends, je vois plein de points communs. Alors là, c'est marrant. Ok, mais du coup, est-ce que tu as quand même senti ton corps s'améliorer, tu vois, s'habituer au fur et à mesure ?
- Speaker #4
Oui, parce que je n'ai pas pu éviter les montagnes. Je me lançais, oui, encore une fois et encore une fois dedans. C'était après Toulouse, la région autour de Toulouse, Albi, Côte-sur-Ciel. Ça monte pas mal. Aussi, Pays Basque. Là j'étais encore motivée. Comme ça j'ai trouvé mon niveau. Quelles montagnes sont les bonnes montagnes pour moi maintenant ?
- Speaker #2
Parce que bon, tu as quand même un bon niveau. Ce qu'il faut savoir, c'est que tout à l'heure, on a grimpé ensemble dans Vertin, l'Hermitage. Et on était à une montée de, je ne sais pas, moi je dirais qu'elle est à 10-11 degrés. Ça montait fort, tu as des gros pneus de VTT. Et puis Inès qui me dit, ouais, si ça monte comme ça, ça va. Mais alors qu'on était sur une super grosse montée et que tu avançais super vite, quoi. Donc, tu as un super niveau.
- Speaker #4
Bien, respirez.
- Speaker #2
Oui, oui, oui, bien sûr. Je veux dire, je ne sais pas si...
- Speaker #4
Je n'avais pas l'impression de faire ça légèrement.
- Speaker #2
Ouais ! Et avec des sacoches quoi, donc je sais pas si tu avais ce niveau là avant, en tout cas, t'as un bon coup de pédale quoi. Puis moi j'ai essayé d'arriver plus vite.
- Speaker #4
On n'est pas très chargé.
- Speaker #2
Oui c'est vrai.
- Speaker #4
Ça change beaucoup.
- Speaker #2
C'est vrai. Tu avais beaucoup de poids, du coup, quand tu es partie pendant dix semaines ? Tu as beaucoup chargé ton vélo ?
- Speaker #4
J'ai perdu pas mal de choses, comme ça, ça l'a mis au lieu.
- Speaker #2
Dans un but, par exemple ?
- Speaker #4
Comme aujourd'hui. Non, oui, au début, oui. À la fin, c'était bien. Oui, en fait, on ne prend pas beaucoup plus que comme pour un périple de... En une semaine. C'est la même chose.
- Speaker #2
Allez, allons voir cette chapelle. La chapelle de Saint-Prix.
- Speaker #4
On va tout monter après.
- Speaker #2
C'est ça la chapelle ?
- Speaker #4
C'est ouvert ? Ah, c'est une église ? C'est pas...
- Speaker #2
Bah ouais, pour moi ça c'est l'église. Et tu vois, ils ont parlé vraiment d'une vieille vieille chapelle. Mais en tout, en fait en tout, il y a un truc, c'est comme une rue qui s'appelle le Pré de la chapelle.
- Speaker #4
Ok.
- Speaker #2
A mon avis, la chapelle est en dessous. Alors, chapelle !
- Speaker #4
Les chaises, mais c'est quoi ça ?
- Speaker #2
Alors, cette chapelle ?
- Speaker #4
Petite chaise.
- Speaker #2
Ah oui, c'est des chapelles, des vieilles chaises d'église. Bon, c'était bien pour toi, ce moment ?
- Speaker #4
Oui, oui, c'était chouette.
- Speaker #2
Putain, moi, ça m'a pris aux tripes.
- Speaker #4
Quoi ?
- Speaker #2
Ça m'a mis pas bien, vraiment.
- Speaker #4
Comment ?
- Speaker #2
Ça m'a touché énormément.
- Speaker #4
Mais...
- Speaker #2
Tu vois, même là, je suis encore hyper ému, quoi.
- Speaker #4
Mais... Et j'ai un peu... C'est quel sentiment ?
- Speaker #2
Je sais pas. Comme ça, je te dirais... Alors, c'est peut-être pas ce que tu veux exprimer, donc je sais pas si ça va te faire plaisir, mais... Je le vis pas mal, c'est juste que j'ai beaucoup de mal avec mes émotions. Mais comme ça je te dirais que c'est de la tristesse, tu vois. Mais c'est pas la tristesse genre, comment dire, tristesse mélancolique, tu vois. Donc c'est plus le truc où c'est presque la tristesse comme vieille amie, tu vois. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire. Ou t'es ok avec elle. Tu vois, c'est pas la tristesse où t'es en dépression et t'es pas bien. C'est une tristesse où elle est là et tu sais, presque elle est agréable dans ce qu'elle te fait ressentir. en tant qu'être humain. Non, ça m'a pris... Ça m'a vraiment beaucoup touché. Donc, on va arrêter de jouer de la trompette parce que je ne sais pas gérer mes émotions.
- Speaker #4
Pourquoi gérer ? Mais c'est bien de... Je ne sais pas, mais moi, je dirais c'est bien ce que tu ressens là.
- Speaker #2
Oui, non, c'est bien. Non, non, c'est bien. Non, non, carrément, je suis OK avec ça. Mais oui, oui, c'est bien. C'est bien.
- Speaker #4
Tu gères les émotions et je pense que c'est ce qui a toujours attendu, gérer tes émotions, mais sans.
- Speaker #2
Non, mais quand je gère les émotions, c'est aussi être à l'aise avec. Moi, je ne suis pas à l'aise avec, c'est ça que je veux dire.
- Speaker #4
Oui, mais c'est plutôt ta réaction aux sentiments. Parce que moi, je ne comprends pas ce que tu dis.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #4
C'est plutôt les émotions, c'est la douleur.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Et tu n'es pas bien à l'aise parce que tu réagis, tu ne veux pas avoir cette douleur.
- Speaker #2
Ouais, sûrement.
- Speaker #4
Tu veux gérer.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Mais en fait, la douleur, c'est la douleur. C'est une partie de la vie. Ouais,
- Speaker #2
ouais, bien sûr.
- Speaker #4
Il faut vivre ça, il faut sentir.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #4
Oui, je pensais beaucoup dans ma musique, seulement jusqu'à maintenant, peut-être que ça changerait.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Mais j'exprime beaucoup de la douleur.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Et mes parents, parfois, ils disent un peu... Fais attention, je ne vais pas trop dire, mais je sais qu'ils aimeraient bien plus entendre de la musique joyeuse. Tu vois ? Un peu, mais qu'est-ce qu'elle a ?
- Speaker #2
Pourquoi elle a toute cette douleur ?
- Speaker #4
Et pour moi, c'est... Pardon. C'est pouvoir vivre une douleur qui est dans moi.
- Speaker #2
Ouais, ouais, ouais, carrément.
- Speaker #4
Pour moi, c'est sain et c'est bien de pouvoir exprimer ça. Et ça me fait du bien de me lancer dedans. Parce qu'il est là. Si je ne me lance pas dedans, il est toujours là.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #4
Comme ça, j'ai besoin de l'exprimer.
- Speaker #2
Je comprends. Je comprends totalement. Mais voilà, pour ça, pour te dire que c'était très très bien, c'était très très beau. Par contre, c'est un terrain de merde pour mon vélo.
- Speaker #4
Ah oui ?
- Speaker #2
Ah ouais !
- Speaker #4
Tu as un vélo de route, non ?
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Vraiment, il est petit, peut-être ?
- Speaker #2
Ouais, bah c'est du 28, donc c'est pas mini mini, mais ouais, c'est pas…
- Speaker #4
Ah oui, oui.
- Speaker #2
C'est pas très large, quoi. Ouais. Et puis surtout, c'est moins confort que ton vélo, quoi, je sens que tout, tu vois. Ouais, vas-y, vas-y. Où les petits cailloux, là ?
- Speaker #0
Ce que j'adore sur la Dolce Via, c'est les nombreux et longs tunnels que l'on traverse. Un super terrain de jeu pour Inès.
- Speaker #5
Je peux jouer là ?
- Speaker #4
Je pourrais jouer ?
- Speaker #2
Allez, go !
- Speaker #4
Ou tu as un temps de marge ?
- Speaker #2
Non, non, non, on est là pour ça.
- Speaker #4
On peut essayer de jouer quelque chose de joyeux ?
- Speaker #2
Non, mais juste que tant.
- Speaker #0
Donc plutôt dans l'après-midi, Inès m'a dit qu'elle avait déjà fait un bout de la Dolcevia et qu'au Chélar, elle avait fait la rencontre d'une femme qu'elle avait trouvée formidable et qui lui avait proposé de l'héberger chez elle. Et Inès, à ce moment-là, elle voulait plutôt dormir dehors, mais elle a profité de la gentillesse de cette dame pour lui demander si elle pouvait prendre une douche. Donc elle était allée chez cette dame prendre une douche. Et donc, il devait être nous aux alentours de 19h, quand Inès, tout d'un coup, va me reparler de cette personne.
- Speaker #4
Je réfléchis, je pense dès maintenant. Donc dès ce moment, on va juste descendre.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Ça va aller vite.
- Speaker #2
Ah oui d'accord.
- Speaker #4
Et bientôt on a le Chayard.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #4
C'est juste la question si on continue à rouler, si on cherche… enfin cherche mais si on voit un endroit pour le faire. Ouais,
- Speaker #2
ouais, ouais carrément.
- Speaker #4
On peut aussi… là je ne suis pas mal motivée à rouler.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
On peut rouler si on a le Chayard, on monte un peu.
- Speaker #2
Ouais carrément moi ça me va. Moi, tout le monde, franchement. Après, c'est un peu tôt pour s'arrêter, je trouve, tu vois. Mais on peut s'arrêter aussi.
- Speaker #4
Juste être assis, frissonner.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #4
Super, dans deux heures, on dort.
- Speaker #2
Voilà, il y a de la place pour bivouaquer, là. Mais après, si tu as envie de s'arrêter, on s'arrête, quoi. Ou sinon, tu vois, on peut se poser au Schellar, je ne sais pas, tu vois, boire un coca. Ah oui, c'est vrai. Tu vois, un coquin, un machin, et puis repartir et trouver un autre coin. Ou rouler. Oh, c'est trop beau là !
- Speaker #6
C'est génial !
- Speaker #0
C'est l'Ardèche !
- Speaker #1
C'est l'Ardèche !
- Speaker #0
C'est l'Ardèche ! C'est magnifique ! C'est trop beau ! Tu sais ce qu'on va faire ? Hein ? On va aller dans… Là où habite Claire.
- Speaker #1
Là où habite Claire ?
- Speaker #0
À ton avis ? La dame que j'ai rencontrée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Elle habite en… Je ne sais pas comment on dit, mais un peu… Ou les vieux qui mangent bien.
- Speaker #1
Les vieux qui mangent bien, ok.
- Speaker #0
Elle a sa cuisine et tout. Je vais mettre ma veste.
- Speaker #1
Elle a sa cuisine ?
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
c'est dans une résidence pour vieux ?
- Speaker #0
Pour les personnes âgées.
- Speaker #1
Hein ? Attends, attends, attends,
- Speaker #0
je t'arrête. Un endroit pour les personnes âgées qui sont assez…
- Speaker #1
Autonome ou pas autonome ?
- Speaker #0
Oui, autonome.
- Speaker #1
Ouais, souvent c'est des résidences seniors ou des résidences autonomies.
- Speaker #0
Ça. Et je pense que je peux le trouver. On va y aller. On cherche si on trouve clair. Parce que cette femme, elle est adorable. Mais elle m'a donné un numéro qui n'est pas le bon numéro.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Elle a un peu... Alors,
- Speaker #1
peut-être que c'était volontaire, Inès.
- Speaker #0
Non, non, c'est pas ça.
- Speaker #1
Il faut se poser la question.
- Speaker #0
Non, parce qu'elle a fait... On n'a pas trop échangé les contacts.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Elle a organisé quelqu'un qui m'a écrit sur Facebook de... Une fille qui est liée avec elle, qui a dit Claire demande pour ton numéro.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu comprends ? Claire a ton numéro, mais toi,
- Speaker #1
tu n'as pas son numéro.
- Speaker #0
Elle m'a donné un numéro.
- Speaker #1
Ah, d'accord. Mais est-ce que tu sais où est la résidence ou pas ? Pas du tout ?
- Speaker #0
Oui, je trouve, je pense.
- Speaker #1
Je n'y crois pas.
- Speaker #0
Si, si, si.
- Speaker #1
Ton nez, il s'allonge Pinocchio.
- Speaker #0
Non, je pense que je peux le trouver. On va demander.
- Speaker #1
Donc on est sur un projet trouvons clair !
- Speaker #0
Oui ! Vraiment, je l'adore cette femme !
- Speaker #1
Après tu sais, il va être bientôt 19h, donc si elle est en résidence, c'est bientôt la soupe et bientôt au lit !
- Speaker #0
Peut-être, mais si on la croise juste pour un moment ou…
- Speaker #1
Et c'est chez l'art même ?
- Speaker #0
Oui !
- Speaker #1
Ok !
- Speaker #0
C'est vraiment… c'est pas…
- Speaker #1
Tu connais son nom de famille ou pas ?
- Speaker #0
Quoi ?
- Speaker #1
Tu connais son nom de famille ? Le nom de famille, le pire.
- Speaker #0
Peut-être. Peut-être.
- Speaker #1
Si on se pointe dans un endroit qu'on ne connaît pas, demander une personne, donc on n'est pas le nom de famille, tu vois.
- Speaker #0
Mais non. Tu vas organiser.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
J'ai une photo d'elle.
- Speaker #1
Allez, allons.
- Speaker #0
Une photo.
- Speaker #1
Allons résoudre ce problème.
- Speaker #0
Je cherche cette femme.
- Speaker #2
Et voilà, c'est la fin de cet épisode. Merci de l'avoir écouté. Et si vous voulez savoir où va aboutir le projet Anne-Claire, eh bien, je vous donne rendez-vous dans le deuxième épisode qui sortira 15 jours après celui-ci. Et dans ce deuxième épisode, déjà, on saura si le projet Anne-Claire aboutit. On ira aussi à la rencontre, voire plutôt à la dégustation de fromages. Et j'espère que les noms et leurs descriptions de ces fromages typiquement hardéchois vous donneront envie, vous feront. feront saliver. Et puis, on finira tranquillement ce voyage avec Inès et ça sera l'heure de se laisser. Mais se laisser pour mieux se retrouver pour des prochaines aventures avec Coup de Pédale. D'ici là, n'oubliez pas de vous abonner sur les réseaux sociaux, sur la page Instagram principalement. Parlez-en autour de vous, partagez, likez. Tout ça fait grandir la communauté de Coup de Pédale et je vous en remercie. Bonne journée et bonne route.