- Speaker #0
Ça a été quoi les déclics pour toi dans ta vie pour prendre des grosses décisions ? Typiquement quitter un job, partir vivre en Inde. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné tu as ce déclic qui se met en place et que tu mets tout en action ?
- Speaker #1
Nous c'est Clémé Mimu du blog et de la chaîne YouTube Voyage en Rue du Pou. On aide les créateurs à se lancer en indépendant et à vivre confortablement de leur activité sans stress et ça de n'importe où dans le monde. Puisque nous sommes nous-mêmes Digital Nomad et Freelance en création. pour devenir un créateur nomade ?
- Speaker #0
J'imagine que ça va être un sujet qui mature, qui revient un peu. Puis à un moment, quand ça revient plusieurs fois dans la tête et tout, je me dis qu'il faut peut-être creuser, aller là-dessus. Et puis une fois que j'ai assez d'infos pour prendre une décision, je l'apprends.
- Speaker #1
Par exemple, quand tu es partie en Inde, ça s'est passé comment ? Je vais aller vivre un an en Inde.
- Speaker #0
Moi, perso... Je ne le ferais pas.
- Speaker #1
Mais toi,
- Speaker #0
télétudiante...
- Speaker #1
Et là tu pars voyager pendant un an, un an... Après le contexte était différent. J'étais partie en échange en fait donc sur un semestre en Asie du Sud-Est et du coup là ça allait se terminer mais il fallait que je trouve un stage.
- Speaker #0
Donc le stage je pouvais le faire où je voulais en France et tout mais j'avais pas trop envie de revenir en France. Je voulais continuer à voyager pendant... L'Asie du Sud-Est, j'ai rencontré des voyageurs qui m'ont beaucoup parlé de l'Inde. Ça m'a donné envie de m'y intéresser. Et puis je me suis dit « Ah bah je pourrais faire le stage en Inde ! »
- Speaker #1
Oh bah tiens, j'ai l'air ça !
- Speaker #0
Ok. Donc voilà, après il a fallu le chercher, le stage. Ça, ça a été un peu long.
- Speaker #1
Ouais, comment t'as fait ?
- Speaker #0
J'ai passé tout mon été à chercher et au final je suis passée par une plateforme pour le trouver.
- Speaker #1
Ah ouais ? Marrant. Une plateforme indienne ou une plateforme internationale ?
- Speaker #0
Je sais même plus, je me rappelle plus. Une plateforme où ils mettaient en relation justement des étudiants internationaux qui voulaient faire des stages à l'étranger.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Puis j'ai eu plusieurs entretiens, puis après ils m'ont dit si j'étais prise ou pas quoi. Trop bien. Du coup j'ai pu choisir comme ça. Bah du coup j'ai eu des entretiens d'embauche en anglais. pour le stage, puis après j'ai été sélectionnée.
- Speaker #1
Et faire des entretiens d'embauche en anglais c'était facile ?
- Speaker #0
Non, la bonne nouvelle en fait c'est que je revenais de six mois en Asie du Sud-Est où j'ai eu des cours en anglais, je parlais en anglais avec des amis, j'ai fait des rencontres. Donc j'avais un peu pratiqué en anglais mais mon anglais à cette époque là il était quand même loin d'être parfait. Mais j'arrivais à me faire comprendre, juste c'était peut-être pas très esthétique. Mais au moins j'avais le côté où j'étais un peu décomplexée par rapport à l'accent que je pouvais avoir en anglais et tout. Mais c'était pas évident du coup les entretiens je me rappelle que j'avais eu en Inde. Justement j'étais pas habituée au niveau de l'oreille à l'accent indien en anglais. Et c'est vrai que c'est un petit apprentissage. Et après je trouve par contre une fois que tu l'as, tu l'as pour la vie en fait le truc. Je comprends bien les indiens qui parlent anglais par exemple.
- Speaker #1
Puis t'as l'accent indien. J'ai un accent chelou !
- Speaker #0
Vreutho-indien ! Et c'était quoi tes critères ? Justement, tu as eu plusieurs boîtes où tu avais un potentiel de stage. Qu'est-ce qui t'a fait choisir une ou l'autre ? Je ne sais plus parce que je ne me rappelle plus des autres mais il y en a une, elle était vraiment dans le domaine marketing vers lequel je voulais aller.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Au début, je m'orientais plus vers la recherche marketing donc j'avais pris ça.
- Speaker #1
Ok. Mais en fait ça m'a pas trop plu. Je suis pas... j'ai pas continué dans ce domaine là. T'es une fille de terrain toi ! Voilà c'est ça. À la fin bah j'étais plus sur l'organisation d'événements clients sur place quoi. Ok. Parce qu'ils ont vu que ça m'intéressait moins.
- Speaker #0
Donc finalement t'as allée sur l'événementiel pendant ton stage quoi ?
- Speaker #1
Un petit peu ouais.
- Speaker #0
T'as des anecdotes à partager sur le fait de partir faire un stage en Inde, t'avais quel âge ? Bah du coup j'avais 22-23. Ouais ça remonte hein ! Ouais ! Et ouais des anecdotes justement de : "Ok, Je suis une étudiante, je suis partie faire tes études en Malaisie un peu. Tu te retrouves en Inde pendant un an sans trop savoir ce qui t'attend en termes de stage.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça a pu changer pour toi ?
- Speaker #0
Autant voyager à cet âge là, ça apporte quoi ? Je pense de l'adaptabilité. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'en Inde il ne se passe jamais rien comme c'est prévu. Donc il faut rester zen et constamment chercher des solutions.
- Speaker #1
Et les petits veaux ! Je pense qu'il y a la maman qui est là avec un autre petit veau. Voilà voilà.
- Speaker #0
L'adaptabilité ? Ouais, l'adaptabilité, clairement, c'est le truc. Y a rien qui marche quand t'as un plan en Inde,
- Speaker #1
en vrai.
- Speaker #0
Et ça allait ? Bonjour.
- Speaker #1
Bon, j'ai eu ça,
- Speaker #0
bonjour. Au début, c'est un peu déroutant, mais en vrai, je suis toujours retombée sur mes pattes. Tout s'est bien passé. En Inde, quand tu voyages et que t'es une fille seule, faut être un peu prudente. Mais si tu suis des règles de base de sécurité, ça va, quoi. En vrai, j'ai jamais eu des moments où j'étais « Ouh là là ! » J'ai fait attention, quoi.
- Speaker #1
Ouais. Et du coup, au niveau du... Travail, ça t'a apporté quelque chose d'avoir voyagé en Inde professionnellement ? Tu serais restée ou pas ?
- Speaker #0
Peut-être pas dans une boîte indienne. Ils aiment beaucoup les réunions à 10-15 et qui n'avancent pas tant que ça. Ça te criste ça ? La réunionnité et tout. Et puis même, ils sont à chaque fois leur mode de fonctionnement. Ils sont vraiment toujours beaucoup sur un truc. Et je trouve qu'il y a un petit problème de productivité, d'efficacité. Moi, j'aime bien. Faire le truc et c'est fait quoi ! Et pas tourner autour du pot. Moi c'est ce qui a fait aussi, bah c'est pas en Inde mais je sais qu'en agence c'était un truc qui me pesait beaucoup. Le côté que ça prenne du temps parce qu'on est nombreux autour d'un sujet et du coup je me souviens d'un premier stage que j'avais fait en agence à Paris,
- Speaker #1
j'étais mais ça prend tellement de temps alors qu'en fait en une demi-journée ça peut être fait, ça me rendait ouf.
- Speaker #0
Des fois c'est un peu frustrant parce que t'es pas décisionnaire quoi.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
et aussi en Inde il y a un truc qui est un peu déroutant quand même au début, qui est bizarre même en entreprise, surtout quand t'es dans une entreprise indienne, c'est que t'as quand même les castes qui sont là. Souvent les dirigeants d'entreprises sont sur les castes supérieures,
- Speaker #1
t'as le côté hiérarchique qui est hyper implémenté et du coup une personne qui est plus employée, jamais il va oser contredire et il va dire oui à tout. Du coup c'est un peu bizarre quoi, tu vois ?
- Speaker #0
Au niveau du fonctionnement, culturellement c'est hyper long en fait.
- Speaker #1
Ah ouais, bah c'est... L'Inde c'est quand même... Enfin je pense qu'il n'y a pas une culture plus opposée à la culture occidentale en vrai. Et t'avais déjà décidé que ça serait qu'un an et que tu ne resterais pas ? Ou c'est venu après le fait de partir ? Bah en fait c'était mon stage de deuxième année, et du coup il fallait que je finisse, que je termine mon diplôme,
- Speaker #0
et il n'y avait pas d'option de façon pour le faire en Inde. Et après deux ans en Asie, j'avais envie de reparler français,
- Speaker #1
je sais pas pourquoi,
- Speaker #0
et j'avais envie d'avoir la neige. Du coup je me suis dit, ah bah tiens ! Je pourrais faire un double diplôme avec le Québec parce que j'avais cette option là. Et du coup je suis partie au Québec donc complètement à l'opposé.
- Speaker #1
Et ça fait quoi genre ? Tu te retrouves après un an en Inde, tu fais tes valises au Québec ?
- Speaker #0
C'était un peu frais. Non ça va je suis arrivée à la fin de l'été mais c'est vrai qu'il y avait un petit décalage entre les gens même quand je suis arrivée je me rappelle... à l'aéroport avec plein d'étudiants en fait, de la rentrée et tout au bureau de l'immigration. Puis moi j'avais, je pense que je suis arrivée, j'avais un sac de 14 kilos parce que genre en Inde, je m'étais habituée à voyager vraiment avec rien. Et du coup, j'avais pas grand chose de plus en arrivant au Canada. Mais c'est vrai que ça t'habitue un peu quand tu voyages, t'es un peu en mode back-packing pendant mon semestre aussi j'ai beaucoup bougé en mode backpacker, pendant les vacances, pendant les week-ends tout ça. En Inde énormément aussi. Du coup bah tu prends vraiment que l'essentiel et tu t'habitues à ça. Bah arrivé au Canada c'était pareil finalement. Bon depuis je me suis un peu plus équipée.
- Speaker #1
Mais est ce que tu me dis,
- Speaker #0
ça me fait penser on est parti autour du monde toutes les deux pour tes 30 ans en fait. Et on s'est retrouvé dans des situations assez galères, on s'est mise dans la merde plus ou moins volontairement. où justement on n'avait pas forcément beaucoup de budget, on faisait hyper gaffe. Financièrement, on s'est retrouvés dans des situations tendues. Et je pense qu'après, ça nous a quand même appris. Il y a toujours moyen de trouver une solution, de se débrouiller. Et je pense que ça nous a permis de prendre des fois des décisions qui sont un peu compliquées à prendre. Mais nous, on y va. Peut-être parce qu'on a été confronté au fait de se dire, au pire quoi ? Au pire, j'ai un sac à dos, je vais dormir en auberge jeunesse et je vais trouver un moyen de refaire les choses.
- Speaker #1
Les galères à l'étranger,
- Speaker #0
ça t'apprend à être résilient et à trouver des plans B. Et à la fin, je trouve que tu finis toujours par trouver de toute façon. T'arrives à te mettre en mode solution. En fait, c'est ça, faut pas trop paniquer, faut y aller. Après, c'est sûr que quand t'es jeune, t'as moins d'économies ou de trucs comme ça. C'est peut-être un peu plus stressant à cette époque-là de ta vie ? Quand tu pars plus tard, tu sais que t'as un peu d'argent pour te sortir d'un mauvais pas. Quand on était autour du monde, on n'était qu'une belle dette quand même. On n'avait pas de... Oui,
- Speaker #1
mais maintenant si tu le refaisais, tu partirais pas pareil ?
- Speaker #0
Non, je partirais pas pareil, mais t'as plus de responsabilité aussi. Je pense qu'à chaque moment de ta vie, t'as des choses qui peuvent faire que c'est tendu.
- Speaker #1
Quand t'es maman,
- Speaker #0
quand t'as des responsabilités vis-à-vis de ta boîte, ou même tu te dis « faut pas que je déconne parce que j'ai la retraite qui se rapproche » . C'est vrai,
- Speaker #1
quand t'es plus jeune, tu penses pas trop à la retraite.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, quand t'es plus jeune, tu te dis « bon, yolo, on verra bien » . Mais ça empêche pas de faire les deux, parce que souvent il y a un discours de « oui, faut vivre sa vie et du coup on s'en fout de la retraite, on s'en fout d'avoir construit quelque chose, donc partons autour du monde, faisons pas d'enfants » , tout ça. Et en fait, moi je pense que les deux sont compatibles. Tu peux faire YOLO tout en construisant quelque chose. Si t'as envie d'avoir des enfants, tu peux. Tu peux voyager avec des enfants. Tu peux te constituer une retraite en étant digital nomade. Et t'as pas besoin de forcément avoir une maison, mais si t'as envie d'en avoir une tout en voyageant, tu peux le faire. Et du coup, au début, est-ce que t'avais anticipé que tu viendrais entrepreneur ? Non, pas du tout.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un modèle dans lequel t'aurais pu te projeter ?
- Speaker #0
Bah en fait, c'est plus que le tour du monde, ça m'a ouvert les yeux sur le fait que je pouvais très bien trouver un travail où je pouvais voyager en même temps. Et... S'il n'y avait pas d'employeur chaud à ce moment là, dans ce cas là je pouvais quand même créer mon activité.
- Speaker #1
Est-ce que ça te faisait peur ?
- Speaker #0
Bah un peu quand même ! J'avais un bon boulot, j'étais quand même bien réveillée, je travaillais beaucoup mais du coup je récupérais mon temps sur les périodes plus creuses de l'entreprise. Donc j'avais beaucoup de vacances aussi quand même. Pour le Canada c'était quand même très cool et ça ne me dérangeait pas de travailler intensément sur des périodes. En plus le travail me plaisait, j'étais sur les festivals et les événements donc c'est sûr que quand tu es... Plus jeune et tout c'est ce qui t'intéresse, t'as trop envie de faire ça donc trop cool quoi. Mais maintenant c'est quelque chose que je referais plus comme ça tu vois mais c'est parce que j'ai un petit garçon...
- Speaker #1
T'as envie d'autre chose ?
- Speaker #0
Ouais c'est ça j'ai envie d'autre chose. Mais du coup ça me bloquait un peu parce que oui j'avais beaucoup de vacances mais j'étais pas libre sur les périodes où je pouvais partir quoi. Bah après c'est ça j'avais quand même pas mal de latitude pour faire mon travail et plus ça allait plus la direction a changé en fait et tout ça s'est resserré et moi c'était pas le deal de départ ! De toute façon fallait que je le change et c'est d'ailleurs pour ça moi j'avais besoin d'une coupure pour faire le point quand on est parti autour du monde, j'en avais marre. Donc on est parti puis bah là je t'ai vu travailler en freelance avec plus ou moins de succès ok ? Mais j'ai vu que tu arrivais quand même à trouver des clients, un ancien employeur qui te donnait des bonnes missions. Donc il y avait des choses à faire en récurrent mais peut-être plus en créant son activité, en la posant un peu et après tu pars, c'est plus facile je pense de faire comme ça. Au long cours filaire on était en mode tour du monde, moi j'avais envie de voir plein de trucs et je sais que ça t'empêchait de travailler des fois.
- Speaker #1
Donc aller trouver un rythme quoi.
- Speaker #0
Après voilà pour en revenir aux décisions par exemple le tour du monde ça a été on en a un peu marre de notre boulot, on en a carrément marre. On a envie de voyager et de faire un break voir autre chose. On en a parlé plusieurs fois. Dès le début je pense où on s'est rencontré, on a parlé de ce projet. Ça revenait.
- Speaker #1
Puis à un moment tu te dis ok il faut poser une date. Je pense qu'on avait posé une date à la base en 2015. Finalement on l'a avancée parce qu'il n'y en pouvait vraiment plus. Mais en vrai, c'est toujours le truc : si tu poses pas de date, tu le fais pas. Ouais et moi je me suis dit que de toute façon je pense pas que ça change grand chose de déplacer ce voyage d'un an.
- Speaker #0
Allons-y, on verra bien. Je pense qu'on l'aurait déplacé d'un an, raisonnablement on aurait fait attention et on aurait eu un peu plus de sous pour partir. On aurait pas eu assez mais on aurait été un peu plus confortables je pense.
- Speaker #1
Ouais, mais je pense qu'il y en aurait une des deux qui aurait fait un burn out plutôt.
- Speaker #0
Aussi ! Donc des fois c'est un peu une balance quoi. Moi j'en pouvais plus d'être salariée, c'était... Contrairement à toi, moi le fait d'être entrepreneur c'était hyper important.
- Speaker #1
Ancré dans mes gènes. Et ça fait 4 ans !
- Speaker #0
C'était plus l'opportunité de pouvoir voyager qui m'a décidé quoi.
- Speaker #1
Après aussi le côté être décisionnaire je pense sur les projets.
- Speaker #0
Parce que je gérais mes projets, j'avais de la latitude mais comme j'ai dit j'en avais de moins en moins donc c'était beaucoup moins intéressant. Et du coup bah pouvoir créer ton projet et choisir et décider comment tu vas le faire et tout... Même des fois en te trompant mais au moins t'apprends. Mais c'est quand même hyper important quoi.
- Speaker #1
Tu choisis aussi avec qui tu bosses parce que des fois il y a des projets avec des partenaires avec qui j'avais pas du tout envie de travailler, c'était pas dans mes valeurs. C'est important quoi et c'est pour ça qu'être à son compte c'est cool pour ça, t'as quand même le luxe de dire oui ou non. Ouais ça fait peur de dire oui ou non mais t'as le luxe de le faire.
- Speaker #0
Et du coup au niveau de la prise de décision, moi il y a un truc qui est toujours symbole de faut changer quelque chose, c'est quand je me dis... Qu'est-ce que je fous là ?
- Speaker #1
Ouais c'est vrai, c'est une bonne question.
- Speaker #0
Quand je me dis qu'est-ce que je fous là, pourquoi je suis là, qu'est-ce que je suis en train de faire, là je prends conscience qu'en fait je me suis embarquée dans un truc qui ne me correspond pas. Et au moment où tu te dis qu'est-ce que je fous là, tu prends aussi conscience de tout ce que t'as mis en place pour arriver où t'es. Et ça peut être très difficile de quitter ça.
- Speaker #1
Ouais. Après je trouve plus tu l'as fait dans ta vie, plus c'est facile de le refaire. Le premier est peut-être plus difficile et après ça va mieux.
- Speaker #0
Non, moi j'ai toujours été pareil. J'ai pas évolué de ce côté-là. Après j'ai pris des décisions radicales assez tôt en fait. J'étais au lycée, dans un lycée dans lequel ça me convenait pas. On m'avait mis en S parce qu'on avait dit c'est comme ça que t'auras du travailler plus tard.
- Speaker #1
Lol.
- Speaker #0
Oui je dis lol. Et quand on a décidé d'arrêter le bus, ça a été aussi émotionnel, aussi difficile.
- Speaker #1
Ouais ouais non par contre.
- Speaker #0
que le jour où j'ai décidé de quitter cette école, où je n'étais pas bien dedans. Je ne savais pas si ça serait une bonne décision à long terme, mais ça l'était parce qu'en fait, ça ne me convenait pas. C'est comme quand j'ai quitté l'école boule.
- Speaker #1
Là, j'étais un peu plus vénère. C'était plus facile parce que j'étais en colère contre l'école et ça me dérangeait moins de le faire.
- Speaker #0
Je commençais déjà à savoir un peu plus ce que je voulais. Mais quand on est parti du Canada pour la Suisse, je pense que c'était tellement mûr que c'était genre OK, on le fait. Mais il y a quand même eu vachement de stress.
- Speaker #1
C'était un sacré chantier. C'était hyper stressant.
- Speaker #0
Je pense que c'est plus facile,
- Speaker #1
effectivement si tu es en PVT, tu quittes juste ton job, tu rentres dans l'appartement et tu rentres. Mais là, nous ça faisait longtemps qu'on était là,
- Speaker #0
ça faisait 17 et 14 pour toi. Il y avait le studio à revendre, il y avait l'entreprise au Canada, il fallait bien gérer ça pour qu'il n'y ait pas de problème. Quand tu as une entreprise, c'est plus compliqué. Quand toi tu es associé et que tous les associés vont quitter le pays, c'est plus compliqué. Tu avais ça... Il y avait un petit garçon dans la balance aussi. Tu ne sais pas où recaser rapidement, il ne peut pas avoir trop d'instabilité. Et puis toi, il faut que tu aies un truc de garde parce que quand tu déménages comme ça, d'un côté à l'autre de l'océan,
- Speaker #1
tu as plein de trucs à faire. Donc faut que tu trouves quelque chose quoi. Du coup il y avait ça, il fallait trouver un nouveau logement... Que t'as pas vu avant ! Ouais c'est ça, à distance c'était chaud ! Je crois que dans ces moments là il faut juste faire confiance à la vie et tu te dis :
- Speaker #0
"Si tu sens que c'est ça que tu dois faire, faut y aller." Après faut réfléchir aux parachutes que t'as de côté. Par exemple quand on est parti en tour du monde je me suis dit : "Au pire je pourrais retrouver un taf ! " Au pire s'il faut que j'aille travailler chez McDo ce bois je le ferais et c'est ok en fait. Mais au moins j'aurais essayé de faire un truc.
- Speaker #1
Ouais c'est clair comme c'était toujours dit ça.
- Speaker #0
On allait cueillir des pommes et des poires en Australie parce qu'on s'était dit que c'est un bon moyen de remplir les caisses, mais aussi d'avoir une expérience un peu différente.
- Speaker #1
Ça a quand même bien refoué les caisses. Je gagnais mieux ma vie à cueillir des pommes et des poires qu'en étant directrice artistique en agence. Mais par contre, intellectuellement, je n'étais pas capable. Après un mois, il y avait des défaillances. Je n'en pouvais plus. C'est clair que ce n'est pas un métier pour nous. En fait je crois que c'est ça,
- Speaker #0
dans le truc des grosses décisions C'est est-ce que cette décision va me permettre D'essayer d'aller vers le truc que j'ai vraiment envie de faire Et où je me sentirais à ma place Et si jamais ça marche pas, c'est quoi la pire des choses Qui peut m'arriver et est-ce que je suis ok Pour que ça m'arrive ? Genre On arrive en Suisse, ça se passe mal Est-ce qu'on est ok pour trouver un autre Spot plus tard ? Je peux partir en Thaïlande Pendant deux ans et puis bosser là-bas Bah oui Au pire, c'est pas très grave C'est pas mon idéal mais ça peut se faire
- Speaker #1
Ouais c'est ça. Il faut se faire confiance aussi, je pense qu'au pire du pire on peut retrouver un job alimentaire en fait.
- Speaker #0
Bah carrément. Je crois que c'est quelque chose qui fait très peur de dire au pire je vais faire deux pas en arrière mais c'est pas vraiment deux pas en arrière. Par exemple à un moment donné en freelance quand je me suis lancée pendant le tour du monde... J'ai pris des missions et tout. On est revenu, ça a été une année un peu rude du coup pour retrouver des clients. Je voyais bien qu'il y avait des trucs où j'avais accepté des projets, ça n'avait pas de sens. Et j'ai réaccepté un job en freelance. Je suis restée un mois et au bout d'un mois je me suis dit non mais c'était ok. C'était ok d'avoir pris ce job, d'avoir fait cette expérience-là, c'était pas une belle expérience. Mais j'ai appris cette expérience, ça a mis un peu d'argent dans les caisses. Et après quand on m'a reproposé un job en salarié... c'était ok en fait puisque c'est un job sympa. J'allais pouvoir me développer mon réseau, développer d'autres compétences, participer à d'autres projets. Même si mon but ultime c'était pas d'être salariée, c'était ok parce que je savais que j'avais une date de fin entre guillemets ou en tout cas que ça allait pas... J'allais pas rester, c'était juste une période transitoire et que j'allais en tirer le maximum.
- Speaker #1
Puis en plus quand t'as commencé, t'as fait un projet genre où tu veux te lancer en indépendant, c'est vraiment... hyper valoriser des employeurs donc du coup t'as plus de chances de retrouver des jobs intéressants derrière parce que t'as pris justement le risque de faire ça et oui peut-être ça n'a pas marché mais t'as appris beaucoup de choses et les employeurs ils recherchent beaucoup ces compétences en fait tu peux devenir un intrapreneur une
- Speaker #0
personne à l'interne qui peut apporter des projets les mener puis tu peux avoir tes raisons d'avoir envie d'arrêter pendant un temps d'être à ton compte il y a beaucoup d'indépendance qui navigue entre les deux ouais
- Speaker #1
Et c'est pas grave.
- Speaker #0
En fait tant que ça te permet d'aller là où tu as envie, nous on avait envie d'aller là, et bah on y allait et c'est parce qu'on a pris toutes ces décisions qui des fois sont hyper inconfortables mais qui font que c'est toi qui pilotes ta vie en fait. C'est ouf tu vois quand tu dis "Waouh là je vais pouvoir aller skier, c'était mon rêve de voir ce qui est quand je veux, où je veux, je vais pouvoir profiter de la nature, aller en ville..." Enfin je sais pas la projection que j'avais de quand j'étais étudiante et de me dire en fait j'ai réalisé cette projection, ça n'a pas été facile, c'était hyper inconfortable Mais aujourd'hui,
- Speaker #1
ça a été stressant quand même financièrement parce que même la Suisse, c'est pas le même niveau de vie que le Canada. Donc ça fait la marché haute. Donc il y a eu un peu de stress quand le temps de remettre les choses en place. Quand du coup tu es entre deux entreprises, tu ne peux pas non plus te concentrer vraiment sur ton activité. Tu as une équipe à gérer, une équipe qui grossit,
- Speaker #0
il y a plein d'enjeux. Mais quand tu laves la tête, tu sais pourquoi tu l'as fait. Et je pense que c'est important de se rappeler quand t'es dans des moments de galère hyper compliqués, tu dis "financièrement ça tient pas" et tout.
- Speaker #1
Raccroche-toi à pourquoi tu le fais ? C'est quoi le sens qu'il y a derrière ? Faut pas avoir de regrets dessus, juste chercher l'apprentissage qui va avec. Ouais. Bah en fait ça ramène toujours à la vision au final.
- Speaker #0
C'est d'ailleurs un des premiers trucs qu'on fait travailler à fond dans le campus.
- Speaker #1
Et dans le bootcamp.
- Speaker #0
Et dans le bootcamp c'est la vision parce que sans vision c'est dur de se lever le matin en fait. Tu sais pas pourquoi tu fais les choses.
- Speaker #1
Que ce soit un salarié ou on est indépendant.
- Speaker #0
Et puis la vision, en plus, c'est quelque chose qui n'est pas figée. Elle peut évoluer, heureusement. La vision de quand j'avais 20 ans, c'était peut-être pas la vision que j'ai maintenant. Donc il faut ajuster. Et même une fois que tu l'as atteint, et même avant, se re-questionner régulièrement. On dit souvent de faire une vision en 3 ans, tu vois. Mais ça peut être plus aussi,
- Speaker #1
si tu changes beaucoup d'avis. Tu as plein d'idées. Le truc, c'est qu'il faut que tu les notes. Cette vision, il ne faut pas qu'elle reste dans ta tête pour que ça soit efficace. Il faut la verbaliser, poser des dates. Ça doit être du concret.
- Speaker #0
Du concret, c'est important. Tu peux avoir la grande vision long terme de ce que tu projettes et puis du concret que tu mets sur papier. Donc écris ce que tu auras fait dans trois ans. Et en fait, ça, c'est pas juste pour dire j'ai une vision, c'est pour se dire Les décisions que je prends aujourd'hui, est-ce qu'elles me rapprochent de ce que j'ai vraiment envie d'accomplir ? Ça te permettra de faire le tri dans toutes tes idées, dans toutes tes envies, dans toutes les opportunités aussi.
- Speaker #1
Et ça va te donner l'envie de te lever le matin pour le faire ?
- Speaker #0
Toi parce que tu peux être pris au piège des opportunités quand t'as pas mal de compétences. On peut facilement venir te proposer des projets ou toi tu peux avoir envie de faire des projets. Par exemple on a la compétence et l'opportunité de partager tout ce qu'on sait faire sur les lancements, c'est une compétence qu'on a beaucoup. Beaucoup développé et on avait l'opportunité de lancer le projet. Ça avait beaucoup de potentiel, sauf qu'en fait c'était trop par rapport à tout ce qu'on avait en ce moment, trop par rapport à toutes nos envies, tout ça. Et le truc c'était qu'en rajoutant ce projet-là, ça nous éloignait de ce qu'on veut faire là sur l'année qui vient. Donc peut-être que ça peut arriver un petit peu plus tard, mais c'est pas le moment maintenant. Donc faire le tri entre l'opportunité, la fatigue, les envies, etc., en ayant... Au clair ta vision, ça peut aussi t'empêcher de faire un burn-out parce que moi je pense qu'on aurait rajouté vraiment ce projet là maintenant. Je me cramais vraiment pour de vrai là. Donc ça, ça a été une décision aussi qui n'a pas été facile à prendre, de dire on annule ce lancement, on annule ça parce qu'on a envie, on a envie d'aider un maximum de personnes, on sait qu'on a les compétences, qu'on a le savoir-faire mais ça rentrait pas dans les cases du timing, du moment. Et des fois il faut aussi savoir dire non, quitter un truc qui n'est pas la bonne chose au bon moment pour toi.
- Speaker #1
Ouais et puis on voulait garder aussi... Des forces pour le bootcamp ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pour être en forme ou quoi ?
- Speaker #0
Parce que ça, c'est quelque chose qu'on sait très bien faire. On sait qu'on aide du monde. On sait qu'on aide des freelancers à se lancer. On sait qu'on aide des personnes qui sont salariées, qui ne sont pas bien, à démarrer leur entreprise en 10 jours. À se dire « Ok, j'y vais, let's go ! » et de mettre les choses en place. On peut aider aussi à se démarquer, à lancer des projets qui cartonnent parce que justement, c'est ce qui s'est passé pour nous. Il y a eu la période un peu difficile en 2015-2016 et puis après... On a eu des super beaux projets, on a construit les choses, on a appris. On s'est pris des portes et l'objectif c'est que tu ne les prennes pas. Ou en tout cas moins fort. Et d'ailleurs si ça t'intéresse, tu peux rejoindre le prochain bootcamp des créateurs nomades. On te mettra le lien dans la description. Est-ce que tu as un mot de la fin ?
- Speaker #1
C'est toujours la même chose. Oui j'ai un mot de la fin. Je vais dire vision. Une détermination.
- Speaker #0
Oui, c'est ça aussi. Après, il faut avoir une vision puis se la mettre en action parce que souvent...
- Speaker #1
C'est pour ça qu'il faut vraiment le caler par écrit, coller limite une image sur ton frigo et poser une date aussi. Et t'entourer de personnes qui vont te soutenir. Et il faut la partager cette vision. Oui. Parce que comme ça, tu es plus motivée à la faire. mais dis donc, t'en es où tout ça ? J'avance, j'avance. Du coup,
- Speaker #0
on te donne rendez-vous dans le bootcamp des créateurs de mode. Tu pourras partager ta vision, être endurée et y aller à fond. T'as une nouvelle année qui va bientôt débuter, donc vas-y.
- Speaker #1
On se prépare tous là.
- Speaker #0
On y va tous.
- Speaker #1
À fond pour tout péter en 2026.
- Speaker #0
Let's go !
- Speaker #1
Et si ce n'est pas déjà fait, abonne-toi, partage et voyage.