- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue sur Cuivre à la Française. Je suis Adrien Jaminet, fondateur de AGI Atelier des Cuivres. Avec ce podcast, je vous propose de rencontrer ensemble les acteurs du monde des cuivres. pour comprendre leur parcours, leurs envies et leurs personnalités. Bonjour, bienvenue dans le podcast Cuivre à la Française. Aujourd'hui, je reçois Sébastien Larère. Bonjour Sébastien. Bonjour Adrien. Alors, pour ceux qui ne te connaissent pas, qui es-tu ? Je m'appelle Sébastien Larère, je suis tromboniste à l'Orchestre National de France.
- Speaker #1
Et aussi enseignant de trombone, après avoir pratiqué au conservatoire de Bois-Colombes pendant quelques années. Je suis aujourd'hui assistant pour la classe de trombone basse d'Olivier Devor au CNSM de Paris.
- Speaker #0
Très bien, on a un peu de temps, est-ce que tu pourrais revenir sur ton parcours musical depuis ton enfance landaise ?
- Speaker #1
Oui, alors je suis d'origine rurale, tu viens de le dire, département des Landes. Et j'ai commencé la musique dans un petit village, Montfort-en-Chalosse, dans son école de musique, où j'ai très rapidement intégré l'harmonie municipale, à peu près un an d'instruments. Et ça c'est une chance parce qu'on apprend énormément en jouant avec les autres, et je trouve que c'est dans l'enseignement aujourd'hui parfois. C'est ce qui peut manquer, c'est-à-dire qu'on peut, contrairement à mon époque, on peut choisir l'instrument qu'on veut à peu près partout sur le territoire, mais c'est souvent un enseignement individuel, et toutes les structures n'ont pas l'occasion d'avoir des ensembles, des petits orchestres d'harmonie, alors que c'est la finalité. Pour moi, c'est la finalité. Donc j'ai commencé à Montfort, je suis venu au trombone par hasard. J'ai commencé à l'ancienne par deux années de solfège avant de toucher l'instrument. Donc j'avais 8 ans et à 10 ans j'arrive au cours de solfège et le professeur me dit « Bon Sébastien, il va falloir choisir un instrument » . J'étais le dernier à me décider. Je ne savais pas quoi faire et il me dit, cet après-midi, parce que j'ai oublié, mais j'ai un frère jubo, on a commencé tous les deux et lui voulait faire la trompette et moi aussi je voulais faire la trompette. Mais il était hors de question que je fasse le même instrument que lui. En préparant ce podcast, je réfléchissais à ça, je me dis c'est curieux parce que pour plein de personnes, ça n'aurait pas posé de problème de faire le même instrument. Je connais des fratries. Et moi non, je sentais que j'allais me mettre dans une compétition sûrement, où j'avais besoin de mon univers à moi. Donc j'ai d'abord dans un premier temps essayé de dissuader Fabrice. Je lui ai proposé plein d'instruments, dont l'accordéon par exemple, ça nous a bien fait rire. Et lui il est resté droit dans ses bottes. Donc je suis arrivé ce jour-là au cours de solfège, je ne sais pas. Et le professeur me dit, et le trombone ? Le quoi ? Je ne savais pas ce que c'était. Et j'ai fait la rencontre de celui qui va devenir mon mentor, plus qu'un professeur, Michel Goliath. Il était tout jeune professeur, il devait avoir 21 ou 22 ans. Et alors, est-ce que j'ai reconstitué le souvenir ou est-ce que ça s'est vraiment passé comme ça ? Moi, j'ai le souvenir de ce jeune-là qui me joue des traits d'orchestre. Et j'ai aimé... Trois caractéristiques du trompe-monnaie. En fait, il a joué trois choses. Aujourd'hui, peut-être Jean Jolie veut le souvenir, mais je me dis qu'il a dû me jouer la troisième de ma l'heure. Et donc, j'ai aimé cette puissance. Il a dû me jouer le requiem de Mozart. J'ai aimé cette souplesse, cette finesse. Et puis, quelque chose à l'aigu, ça devait être le boléro de Ravel. Il était musicien d'orchestre à l'époque. Et j'ai dit, je me souviens, je me revois, je vais faire ça. J'avais déjà oublié le nom de l'instrument. Je vais faire ça. Ça m'a séduit en fait. Et voilà, ça a commencé comme ça. Et avec lui, il a dépassé le rôle du professeur. Il ne m'a pas simplement appris à jouer du tromone. C'était un peu le grand frère, le mentor. Je voulais être comme lui. Et il n'a pas compté ses heures avec moi, comme avec tous ses autres élèves. Il y avait une ambiance de classe, je revois encore les gens de ma génération, on a un groupe très uni, on a, il y a quelques années, organisé des rencontres de trombones qui s'appelaient Trombone en Ausha, justement avec toute cette génération entourée de nos professeurs, dont Michel. Et il avait cette qualité aussi Michel, c'est que, bon il a vu un potentiel en moi, mais il l'a pas gardé pour lui, lui très vite. Il m'a dit, il faut que tu ailles voir d'autres personnes, il faut que tu ailles te mesurer à d'autres élèves. Et il m'a guidé vers André Lassus, que tu connais, qui était professeur à Bayonne. Donc, c'était une école nationale à l'époque, pas encore un CRR. Et j'ai eu la chance. de pouvoir travailler en même temps avec les deux. C'est-à-dire que j'ai continué à travailler avec Michel et j'ai rencontré André Lassus. Et tous les deux, ils étaient amis, ils étaient complémentaires. Et tous les deux, ils voulaient que moi, je m'épanouisse. Donc, ils ne tiraient pas la couverture. Et ça, c'est quand même une chance énorme. Donc, j'ai travaillé avec eux deux pendant cinq ans. Et puis, je suis rentré après au conservatoire supérieur à Paris. Donc, j'avais 15 ans. Donc, tout est allé super vite.
- Speaker #0
Très bien. Avant de parler de la suite et de Paris, j'aimerais que tu définisses un peu ton territoire. Le podcast s'appelle Cuivre à la française, on va en parler. Ce que ça signifie pour toi, mais Cuivre à la landaise, qu'est-ce que ça signifie pour toi ? C'est quoi le terroir, territoire des Landes et plus de manière générale, le Sud-Ouest, les Bandas ? Il y a un ancrage très fort de la musique culturellement là-bas, tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, alors... Moi, quand j'ai commencé, on est dans les années 80. Contrairement à aujourd'hui, il n'y a pas 10 000 activités pour les jeunes. C'était soit le rugby, soit le basket, le folklore un peu. Moi, j'ai dansé sur des échasses. Et puis, la musique. La musique, ce n'était pas simplement la musique. pour la musique, mais c'est aussi un lien social, une appartenance à un groupe. Quand on commençait dans ces sociétés musicales, on intégrait l'harmonie, et puis très vite, les bandas. Et les bandas, c'est les férias à l'été, c'est la camaraderie, c'est toute cette musique populaire. Donc les cuivres à l'allandaise, oui, c'est ça, c'est la fête, les copains. et le répertoire les passos doubles que j'aimais pas beaucoup à l'époque je me souviens quand je jouais les passos doubles alors pas à la banda parce qu'à la banda il y a une part un peu d'improvisation aussi mais quand on joue un passos double à l'harmonie, les trombones ils ont souvent les contre-temps et ça qu'est-ce que j'aimais pas, jouer ça alors qu'aujourd'hui, dès que j'entends un passos double, c'est une ambiance c'est euh Voilà, c'est lié à la tauromachie, donc à la course landaise, à les corridas.
- Speaker #0
C'est quoi la course landaise pour les gens qui n'ont jamais vu ça ?
- Speaker #1
Alors, c'est un spectacle avec des vaches et pas des taureaux, mais c'est des vaches qui sont élevées pour la course landaise. Donc, c'est des sportives. Pour ceux qui ont connu l'émission Interville, ce sont ces vaches-là, donc très nerveuses. Et on ne va pas les mettre à mort. c'est plus un jeu d'évitement où l'écarteur va citer la vache, l'appeler vers lui et essayer de passer le plus près possible sans être touché il y a aussi des sauteurs, des vrais gymnastes qui font des figures au-dessus du saut de l'ange au saut périlleux et c'est un spectacle vraiment j'ai envie de dire endémique De la région, parce que la course landaise, on n'en trouve pas ailleurs que dans les Landes, ou quelques départements à Dimitrov. Mais par contre, il y a un engouement et un public pour ça, avec une compétition, les championnats de France, je pense au concours landais qui se déroule pendant les férias de Dax, qui est un peu dans les arènes de Dax, qui est un peu la vitrine de ce sport, et que je suis allé voir avec mes enfants encore cette année. Bon, c'est à voir une fois.
- Speaker #0
Et dans cette activité, la musique fait partie pleinement du folklore et de l'accompagnement. Elle est toujours là, quoi.
- Speaker #1
Ah oui, oui, c'est ça. Certains écarteurs vont demander un passe-d'auble pour se donner du courage, parce qu'il faut quand même y aller dans l'arène. Et oui, oui, ça fait partie du spectacle.
- Speaker #0
Très bien. Alors, revenons sur ton parcours musical. Tu avais 15 ans, t'es arrivé où ? Au lycée ? Non, je ne sais pas, qu'on a 15 ans. Oui,
- Speaker #1
à 15 ans, c'est la seconde. Alors, je suis rentré en seconde pour faire un bac F11 au conservatoire de Bordeaux. Et puis, donc en septembre, et puis au mois d'octobre, novembre, c'est le concours pour rentrer au CNSM, qui était à l'époque commun aux deux CNSM, celui de Paris et de Lyon.
- Speaker #0
Et ça, c'était une singularité du trombone ? Oui,
- Speaker #1
c'était une singularité du trombone, oui. C'était dû à l'entente. entre Gilles Milière et Michel Becquet et leur merveilleuse ensemble, le Quatuor Autromonde de Paris. Tous les deux jouaient la marque Courtois, il y avait une espèce de pack. Et donc le concours s'est déroulé à Lyon cette année-là.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui faisait que tu rentrais à Paris ou à Lyon, c'était le même concours ?
- Speaker #1
C'était le même concours et on... On émettait un choix préférentiel. Et suivant ton classement, tu rentrais dans le choix que tu avais fait ou pas. Évidemment, à l'époque, moi, c'était beaucoup plus pratique d'aller sur Paris. Et puis, c'était aussi le désir de Michel Goliath. Il pensait que l'enseignement de Gilles Millière allait être bénéfique pour moi. Même si j'ai eu la chance de bénéficier de celui de Michel, qui est quand même un artiste incroyable aussi, mais plus tard. Et là aussi, ça a été très complémentaire pour moi.
- Speaker #0
Et tu peux nous parler du coup de ces années CNSM, très jeunes. Enfin, j'imagine que tu étais un peu plus jeune que le reste de la classe. À 15 ans, souvent, on rentre un peu plus tard. Tu peux nous parler de cette expérience. J'aimerais que tu nous parles d'une part de ton expérience, mais aussi de raconter le paysage musical de l'époque. Et en plus de ça, avec tes yeux de 15 ans. Les acteurs, comment ça se passait, l'ambiance de classe, toutes ces choses-là ?
- Speaker #1
Alors pour moi, ça a été une révolution. Je quitte mon sud-ouest natal pour aller à la capitale. C'est un peu ça.
- Speaker #0
Tu arrives tout seul ? Je pense à ton frère jumeau.
- Speaker #1
Ça a été aussi un déchirement pour moi, parce que c'est la première fois qu'on est séparés. Je viens tout seul. C'est-à-dire qu'on est scolarisés à Bordeaux depuis septembre. Et moi, je rentre au conservatoire et donc pendant un an, je vais faire les allers-retours pour le CNSM, tout en étant scolarisé à Bordeaux. J'avais la chance que Fabrice soit à mes côtés pour prendre les cours. Mais il y a eu une tolérance, j'ai bénéficié de cette tolérance. Et donc le lundi-mardi, j'étais au CNSM à Paris. Je montais en train corail, il n'y avait pas encore le TGV, il est arrivé un peu plus tard, donc 6 heures de train. Je dormais chez un ami le lundi soir près de la gare de Lyon et puis le mardi à minuit je reprenais le train avec tous les militaires, la palombe bleue, ça s'appelait comme ça je crois. Train de nuit, j'arrivais le mercredi matin à Bordeaux et maths, physique, deux heures de sport. Je me souviens toujours de ça. Ça a été dur, ça a été dur parce que évidemment j'arrive là, j'ai pas les codes. de la vie parisienne. Je suis, tu l'as souligné, un peu en décalage avec les autres élèves du conservatoire qui étaient plus âgés. Ils avaient entre 18 et 23. Et moi j'arrive, j'ai 15 ans, je suis bombardé là. Alors je vis à la fois un rêve, fantasmé aussi. C'est la dernière année du conservatoire de la rue de Madrid. Un peu vieillot, mais chargé d'histoire, donc je m'en fais un lieu un peu magique. J'ai été super bien accueilli par la classe. J'étais bien sûr en décalage, mais il y avait énormément de bienveillance. J'étais un peu la mascotte. Je me suis retrouvé avec des gens plus âgés, mais tous adorables.
- Speaker #0
Pour qu'on puisse resituer tes copains de classe de génération, du fait que vous étiez... plus jeune, c'est qui les noms qui étaient en même temps que toi ?
- Speaker #1
Alors, il y avait Vincent Lepape, il y avait Philippe Stéphanie, il y avait Éric Davergne, il y avait Rudy Sauvage, Thierry Pochet, Christian Bopp, il y avait qui d'autre ? C'était la dernière année de Bernard Metz. Voilà, il y avait ceux qui venaient de sortir qui repassent souvent. Donc je pense à Jean Raffard, Thierry Gilbert, voilà, belle génération.
- Speaker #0
Et justement, quels ont été les grands enseignements au CNSM, évidemment de Gilles Milière ? Et justement, à l'époque, combien durait le cursus ?
- Speaker #1
C'était trois ans.
- Speaker #0
Trois ans, donc finalement tu finis très très jeune en fait.
- Speaker #1
Je finis très jeune, oui, mais c'est les débuts, quand je quitte le conservatoire, c'est les débuts d'un cycle de perfectionnement qu'avait inauguré Jean Raffard d'ailleurs, pour préparer ses concours internationaux. Et donc je suis sorti et puis re-rentré. J'ai dû refaire un an et demi en cycle de perfectionnement. Voilà, alors les enseignements, oui. Moi, j'ai adoré la pédagogie de Gilles Millière, qui était très claire et qui m'a fait mettre des mots sur des choses que je faisais de manière un peu instinctive. C'est beaucoup de rigueur, c'est une technique de coulisses. Et puis tout le répertoire, moi, j'ai beaucoup appris en observant les autres. Les cours de Gilles Milière, ce n'était pas des cours individuels en huis clos. Tous les élèves sont là, on passe les uns après les autres. Il y a tout un répertoire que je n'ai pas forcément joué devant Gilles Milière, mais que je connaissais par cœur pour avoir écouté mes collègues et ses remarques à lui. Pour moi, c'est une période merveilleuse où j'ai tout à apprendre. J'ai les yeux grands ouverts, les oreilles grandes ouvertes. Et je suis motivé à
- Speaker #0
300%. Et tu peux nous parler du paysage trombonistique français de l'époque ? Tu as parlé à quel moment tu as croisé le chemin de Michel Becket, tu en as déjà parlé, ce qui t'a apporté. Mais aussi pour les plus jeunes générations, les gens ne se rendent pas forcément compte de ce qu'a amené. le Quatre-Tourbonne de Paris, ce qu'il représentait en France comme à l'international. Tu peux nous parler de tout ça ?
- Speaker #1
Oui, alors moi j'ai eu la chance de les écouter un nombre incalculable. Ils venaient souvent dans le Sud-Ouest. On avait un festival, le Festival des Abéis, qui existe toujours, qui était à l'époque axé beaucoup sur les cuivres. de par la culture locale. Et donc le Quatuor de Trombone de Paris est venu jouer. Mais le Quatuor de Trombone de Paris, c'était mes idoles. Moi, j'avais les posters au-dessus de mon lit. J'ai écouté, alors à l'époque c'était cassettes audio, j'ai écouté leur répertoire des centaines de fois. C'était mes stars à moi. Donc la première fois que je les ai rencontrés, je me souviens, j'avais 14 ans. Ils viennent jouer à Montfort, ils arrivent en retard parce qu'il y avait un retard d'avion. Et là, tout le répertoire que je connaissais par cœur, là je l'entends en vrai. Mais c'est une sensation incroyable. Il y a une homogénéité dans cet ensemble. Je réécoute parfois, encore aujourd'hui, quelques enregistrements. Alors, les enregistrements ne sont pas aussi parfaits qu'aujourd'hui. Il y a des petites choses qu'on laissait passer à l'époque, qu'on ne laisserait plus passer. des petits défauts d'intonation, la qualité de l'enregistrement, mais cette homogénéité de son, c'est-à-dire, c'est vraiment les uns qui vont vers les autres, et avec la cerise sur le gâteau, quand même, ce soliste, quand même, puisque très souvent, il avait les premières paroles. partie, Michel Becquet, ce côté aérien, ah ouais c'est fantastique et ça a marqué moi ça m'a marqué évidemment mais ça a marqué plusieurs générations de musiciens et de trombonistes ça nous a fait rêver, vraiment
- Speaker #0
Très bien, justement tu peux parler de Michel Becquet un peu de la suite du parcours les concours internationaux que tu as préparés et également justement tu as dit que tu as eu l'occasion aussi de travailler avec Michel que... Toi qui as eu la chance de travailler avec les deux, quelles étaient les singularités de l'enseignement de Michel, de celui de Gilles, et en quoi c'était complémentaire ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ?
- Speaker #1
C'était complémentaire parce que ces deux manières, pour moi, ça n'engage que moi, mais ces deux manières d'envisager la musique. Moi, je me sens plus proche d'un Gilles Millier, c'est-à-dire une tradition, une idée musicale, et puis en... On s'y tient et on essaie de la défendre. Michel Becquet, c'est l'artiste qui est dans l'instant. Il peut vous dire une chose un jour, mais pourquoi tu joues détaché comme ça ? Non, je ne joue plus les gâteaux. Et puis le lendemain, c'est écrit détaché. Mais parce que lui, il est dans l'instant. Mais il avait aussi cette magie. C'est-à-dire que Michel Becquet, il fait un si bémol médium pour s'accorder. Et tout le monde est là. Waouh ! Je pense qu'il a un don, il y a Michel Béthier et les autres.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y avait une forme, bien qu'ils étaient dans le même quatuor, une forme de concurrence saine, dualité dans les deux classes ? Est-ce qu'il y avait ce genre de choses bienveillantes ? Quelle était l'ambiance ?
- Speaker #1
Ça, peut-être, ça pourrait faire l'objet d'un prochain podcast. Je ne veux pas brûler les étapes, mais moi, je les verrais bien réunis tous les quatre pour parler de cette aventure exceptionnelle. Compétition, évidemment, il y a des histoires d'égo, mais c'était bienveillant. Oui, moi je suis passé très facilement de l'un à l'autre et j'ai appris avec les deux énormément. Avec Michel, c'est simplement l'avoir à côté, il joue la phrase et puis j'ai envie de faire comme ça. C'est beaucoup d'observation. Je ne veux pas le rabaisser en disant que c'est plus instinctif parce que ce serait réducteur. Bien sûr, il sait exactement ce qu'il fait. Mais il y a quand même chez moi cette idée qu'il a quelque chose à part et que peut-être même lui, ça ne s'en rend pas. pas compte, mais oui, il fait quelque chose. Mais après, grande rigueur aussi, dans la technique, dans... Mais il y a un souffle chez lui quand il interprète quelque chose que moi, j'ai essayé de capter. Je me souviens, la première fois qu'on a travaillé ensemble, 8 rue de Nancy, dans les établissements courtois. je l'ai à côté de moi, il respire et je sens une puissance, une aura quelque chose de particulier que je n'avais pas vu chez les autres
- Speaker #0
Très bien, et justement tu peux nous raconter la suite du parcours, les concours internationaux nous pardon, Tokyo, Toulon tu peux nous parler de ces concours que tu as fait par la suite, ou à quel moment tu rentres à l'orchestre, c'est avant, après, pendant ? Alors c'est Euh...
- Speaker #1
C'est avant, je pense. Je rentre à l'orchestre en janvier 94 et Tokyo, c'est à la fin de l'année.
- Speaker #0
D'accord. Alors commençons par parler de l'orchestre. Dans quelle pupite tu arrives ? On parlait du quatuor de trombone, une autre étoile du trombone, c'était Jackie Fourquet, qui devient ton collègue. Est-ce que tu peux nous parler de ça, de l'orchestre national, ce qu'il représente ? Par la suite, on parlera peut-être aussi de tes collègues à l'orchestre.
- Speaker #1
Alors, si je suis venu à l'orchestre, ce n'est pas grâce à Gilles Milière et Michel Becquet, qui à l'époque m'orientaient plutôt vers les concours internationaux. Et vu mon jeune âge, je me disais, bon, tu as le temps. Si je suis rentré à l'orchestre, c'est parce que j'ai fait la connaissance de Jackie Fourquet, qui vient aussi du Sud-Ouest. Et tous les deux, on s'est entendus très bien. Moi, j'ai adoré ce bonhomme-là. C'est un soleil, un rayon de soleil à Jackie. J'ai eu le bonheur de le revoir ce week-end, mais à chaque fois c'est un plaisir de se retrouver. Et c'est lui qui m'a dit, mais c'est bien les concours internationaux, mais c'est pas ça qui va te nourrir. Et l'orchestre, le répertoire soliste du trombone, tu vas pas me dire, c'est quand même pas du violon. Il dit, l'orchestre, tu vas toucher un autre répertoire. T'aimes bien voyager ? Alors moi, je n'avais jamais voyagé. Mes parents étaient très modestes. Ils m'ont dit, mais fais le concours à l'orchestre. Alors dans un premier temps, je suis venu remplacer, mais ce n'est pas lui qui m'a fait venir la première fois, c'est mon ancien professeur de musique de chambre, Jean Doué, qui était le trombone solo de l'orchestre. Il a attendu que j'aie mon prix. À l'époque, il m'avait proposé, je me souviens, une série avant que j'aie mon prix. Et puis, il a fait machine arrière, il m'a dit, non, passe ton prix. On verra après. Ça aussi, c'est des coutumes qui ont bien changé. Et tout de suite, avec Jackie, c'était génial. Et puis, j'ai eu la chance de partir en tournée. J'ai adoré. Et faire partie d'un groupe aussi, ça, ça m'a plu. Et c'est là où tout le passé, mon passé dans l'harmonie de mon fort, dans les ensembles de cuivre que j'ai pu faire, toute cette musique d'ensemble fait que j'avais déjà les codes. Pour le coup, sans avoir la culture d'orchestre, j'avais les codes du jouer ensemble. Et donc, pour moi, ça a été très facile. Et c'est vrai que quand le poste a été mis en concours, moi, je voulais rentrer là et nulle part ailleurs. Il y a eu d'autres concours six mois après à l'Opéra, mais moi, je voulais rentrer avec Jackie.
- Speaker #0
Très bien. Et justement, pour les jeunes générations ? tu peux très brièvement me parler de lui il est prévu que je fasse un podcast avec lui mais raconter ce qu'il représentait aussi j'ai mémoire du podcast justement de Jean-Paul votre collègue Jean-Paul qui a narré une Malheur 3 il a une verve incroyable Jean-Paul, rien que quand il racontait cette Malheur 3,
- Speaker #1
je vibrais j'ai eu la chance d'y être parce que j'étais pas encore titulaire euh Je faisais mon service militaire à la musique des pompiers de Paris et j'ai réussi à avoir une permission spéciale pour aller faire cette troisième de ma leurre. Donc trois soirs. Dans mon souvenir, je crois que c'est... Je ne sais plus si c'est deux soirs au Festival Saint-Denis dans la Basilique et un soir à Playel, ou alors c'est un et deux à Playel. En tout cas, il y a eu un soir.
- Speaker #0
Je sais que les mots de Jean-Paul dans le podcast que je trouve fantastiques, c'est « la foudre est tombée sur Playel » .
- Speaker #1
Moi, j'ai mémoire, je ne crois pas me tromper, je crois que c'est 11 minutes d'applaudissement. C'est long. Il sait, les trois soirs étaient fantastiques avec un chef comme C.J. Ozawa, c'est sûr. Mais il y a eu ce soir-là une sublimation de tous les musiciens de l'orchestre. Et donc, pour l'anecdote, je sais que tu aimes bien les anecdotes. Donc, Jackie Fourquet faisait ce magnifique solo et m'avait demandé de lui faire une note. Qui était dans le grave, qui arrivait un petit peu en bout d'expiration. Elle me dit, voilà, celle-là, tu pourrais me la faire. Et donc, j'ai eu ce privilège de faire cette note dans la troisième de ma l'heure. Et à la réécoute, on n'entend pas la différence. C'est très bien,
- Speaker #0
j'étais très fier. Très bien, et quand on parle de l'Orchestre National, j'aimerais que tu parles de ce que je trouve assez singulier dans votre orchestre. D'où tu viens, c'est que vous êtes trois copains vraiment de quasiment de villages voisins. Je pense évidemment à Manuel Kurth qui est en plus de la même génération que toi et ton père. Oui,
- Speaker #1
moi j'étais au collège avec lui. Ouais,
- Speaker #0
tu peux nous parler de ça, justement tu parlais dans ce côté un peu... Je trouve ça fou de commencer un peu sur les bancs d'école et puis se retrouver collègue. Tu peux nous parler de cette aventure ?
- Speaker #1
Ah bah ouais, c'est une belle histoire d'amitié, c'est sûr. Et moi, quand je suis rentré au collège, c'était le collège d'Amou, le village de Manu. Manu, Emmanuel Kurp, qui est percussionniste solo à l'Orchestre National, je l'ai rencontré d'abord en stage l'année précédente. Mes premiers stages d'orchestre d'harmonie à Morsinx. Son père était professeur de hautbois au stage, donc lui faisait le stage. Moi, je le rencontre, on avait le même âge, on était tout petit haut. Donc le contact passe super et puis on se dit au revoir. Et puis à la rentrée au collège, j'arrive et qui je vois ? Emmanuel, dans la même classe que moi, on se retrouve dans la même classe que moi. Et ça a été fusionnel. Moi, Manu, je le connais aussi bien que... que mon frère jumeau. D'ailleurs, ma mère l'appelle le troisième jumeau. Et on a été dans la même classe, de la sixième à la troisième. Et après, tu l'as dit, moi je suis monté Bordeaux puis Paris très vite. Lui est resté un peu plus longtemps dans les Landes. Mais on est toujours resté en lien. Alors évidemment, le lien se distend un peu, mais on est toujours resté en lien. Et je me souviens, quand il s'est présenté, il s'est présenté plusieurs fois. La première fois, il n'a pas été pris, je crois. Et moi, je rêvais que d'une chose, c'est qu'il rentre. Alors quand c'est arrivé, c'était magique. C'est comme si Fabrice rentrait à l'orchestre avec moi. Ça, c'est merveilleux. Et puis un peu plus tard, c'est Julien Dugère qui va nous rejoindre. Alors Julien, il a cinq ans de moins que moi. Ses parents habitaient le village qui touche le mien.
- Speaker #0
Et je me souviens...
- Speaker #1
Capital de la course landaise.
- Speaker #0
Capital de la course landaise, Pomares, oui. Les premières arènes couvertes d'Europe, je crois. Et je me souviens de ses parents qui viennent me voir. Il en est à se poser des questions sur l'orientation, justement. Il était doué, je crois, en art plastique. Et vous pensez qu'il peut faire du trombone ? Et bon, on était copains. copains aussi, je l'ai fait travailler plusieurs fois, et puis je me souviens l'appeler et lui dire, tu fais le concours au National ? Et lui me répondre je sais pas si c'est pour moi je lui dis, il faut que tu le fasses, il n'y a pas de questions à se poser, tu fais bien d'autres concours d'orchestre, tu le fais bon, il a bien fait, et là aussi là aussi, c'est, on a une complicité quand on se connait comme ça aussi jeune Il rentre dans une pièce et il n'a pas dit un mot. Je sais s'il est de bonne humeur ou pas. On se connaît tellement par cœur. Et puis, sa présence, elle a été très bénéfique. Un moment qui a été un peu plus douloureux pour moi. Je pense qu'on va y venir. Et le fait d'avoir quelqu'un d'aussi proche à mes côtés, comme ça, pour m'aider, ça a été un grand cadeau aussi.
- Speaker #1
Très bien. Pendant qu'on est un peu dans le name dropping, J'aimerais parler d'un autre collègue qui a été aussi une étoile de l'orchestre. Je pense évidemment à Joël Weiss. Tu peux nous parler de ce collègue que tu as eu et qu'est-ce que ça faisait d'avoir un tromboniste de cet ordre-là à ses côtés ?
- Speaker #0
Alors c'est évidemment un tromboniste de grand talent, mais pour moi c'est une personne qui a un cœur énorme. Joël, il arrive, on s'était déjà rencontrés... lors du concours international de Toulon par exemple, je me souviens qu'il l'avait fait aussi, on se connaissait un petit peu de loin. Mais quand il rentre à l'orchestre, moi j'ai déjà les problèmes qu'on va sûrement évoquer plus tard. Et je me souviens ce qu'il m'a dit. Il m'a dit, moi je sais ce que tu vaux, et tu auras toujours mon soutien indéfectible. Et ça a été le cas. Et donc c'est merveilleux d'avoir quelqu'un à ses côtés comme ça. En plus, c'est un leader. C'est quelqu'un qui n'est que du positif. Il n'est jamais négatif, il va rater un concert, il va quand même te dire qu'il a joué monstrueux. Et il va toujours positiver. Tous les gens qui le connaissent ont plein d'anecdotes, mais n'empêche que voir la vie comme ça, c'est génial. Et c'est vraiment quelqu'un qui... qui a l'esprit d'équipe, le nombre de fois où nos regards se croisent au pupitre parce qu'on a bien joué quelque chose, ou alors juste avant de jouer quelque chose qu'on redoute, il va avoir le petit coup d'œil. C'est vraiment un chef de pupitre, quelqu'un qui n'a pas peur d'être bien avant. Au contraire, il aime ça. Hyper compétent quand il y avait un solo à faire. Et puis aussi quand il n'y en a pas, parce qu'il sait manager une équipe. Il sait fédérer autour de lui. Merveilleux. On s'est retrouvés. Tu étais là aussi cet été. Quel bonheur de se retrouver à chaque fois.
- Speaker #1
Très bien. Tu as commencé à en parler. Donc là, tu nous disais, tu rentres à l'orchestre, tu fais des concours internationaux. Il y a un truc qui se dérègle. Tu peux nous parler de ça ? Comment ça s'est passé, etc. ?
- Speaker #0
Oui, oui, donc à l'époque, je suis dans une dynamique de faire tous les concours qui se présentent, d'accepter tous les projets, et donc peut-être un petit peu en surchauffe vu mon jeune âge. Je ne sais pas, je ne sais pas quelle est la cause, le surbonnage, trop vite, trop fort, peut-être. Ou alors, d'un point de vue psychologique, une espèce de burn-out, on dirait aujourd'hui. Toujours est-il que depuis quelques mois, j'ai des variations de formes et que je ne m'explique pas. Moi, on l'a vu, j'ai eu un début de carrière fulgurant, puisque je commence à 10 ans en leutrommone, à 15 ans je rentre au CLSM, à 19 ans et quelques mois au national, tout est allé très vite et tout était fluide. Je pense que c'est en partie dû à une maturité peut-être pour cet âge-là. et je crois... à avoir toujours su comment progresser. Par moi-même, en écoutant bien sûr les conseils, mais voilà, je structurais mon travail, je savais où j'allais. Et là, ça faisait plusieurs mois qu'il y a des choses que je n'arrivais pas à gérer. Bon, des lourdeurs, beaucoup de lourdeurs, besoin de chauffer encore plus, une vibration qui est plus compliquée, donc le doute. Et à nos instruments, on sait très bien que ce capital confiance, il est primordial, ne serait-ce que pour tout ce qui est émission. Et alors, je viens d'avoir le premier prix au Japon, je prépare Toulon. Et là, les premiers signes de faiblesse, et notamment au deuxième tour. J'avais fait un très bon premier tour. Et au deuxième tour, là, subitement, des gestes que je ne peux plus faire. J'avais une série de tris, je crois que c'était dans Albrecht Berger. Pas un tri qui passe. Rien. Bon, je termine mon tour. Et il y avait une pièce contemporaine que je maîtrisais bien, très spectaculaire, de John Kenny. Je mets tout dedans et je passe, ric-rac, mais je passe. Et donc, je finis par avoir un troisième prix, ce qui est bien. Mais pour moi, je le vis déjà comme un premier échec. Moi, je n'avais pas connu l'échec jusque-là. Alors, maintenant que j'ai un peu plus passé les 50 ans... Que je me retourne, je me dis, peut-être que c'est ça la cause. Ce n'était pas normal de ne pas avoir connu l'échec. Moi, j'en faisais quelque chose. Chaque concours, chaque audition, chaque concert, j'en faisais quelque chose d'existentiel. J'existais à travers mon instrument. J'avais très peu développé les à côté. Tous les gens qui m'ont connu à cette époque-là peuvent en témoigner. J'étais timide pour les heures. réservé pour d'autres, et pour d'autres encore peut-être un peu distant, un peu hautain, un peu à part. Et sans mon instrument, moi, je pensais ne pas trop exister. Donc moi, ce trombone, j'en faisais un outil pour exister. Donc à chaque fois, je jouais ma vie. C'est pour ça qu'à Toulon, premier dérapage, ah là là, je l'ai très très mal vécu. Et puis on repart juste après Toulon, il y a une tournée, le boléro avec l'orchestre. J'arrive encore à jouer le boléro. Et puis arrive le concours à la RD. Donc là, c'est l'été. le Toulon je crois que c'est le mois de mai 95 la RD ça doit être septembre et là au lieu de me reposer au lieu de me changer les idées je suis dans une spirale il faut que c'est à dire tout le monde m'attend tu vois je ne m'appartiens plus alors j'y trouve du plaisir parce que j'ai toujours aimé la compétition et puis que j'avais déjà eu des résultats mais peut-être que je me suis un peu oublié là Merci. Et là, je vais faire le stage de Kemper avec Michel Becket. Et je me souviens très bien d'une séance de travail où il y a la minute d'avant, je peux le faire. La minute d'après, ça ne passe plus. Et pareil sur, alors là, je crois que c'était Léopold Mozart. Une pièce qu'on joue habituellement à l'alto. Moi, je n'ai jamais joué d'alto. Donc peut-être avec un appareillage. pas forcément adapté, sur une musculature certes très entraînée, mais jeune, puisque en 95, j'ai 21 ans. Et alors là, je commence à grand-mère, et j'arrive à Munich, et là, premier tour, terminé. Alors là, c'est la douche froide, parce que je me souviens avoir appelé Michel Goliath, mon mentor, à lui dire « Voilà, c'est fini. » Et lui me répondre. C'est ça, c'est pas possible. Mais si. Et là, donc on est septembre, je pense, et en décembre, même un si bémol médium, une note d'accord, c'est compliqué. C'est-à-dire qu'après, c'est descendu très très vite. Je pense qu'il y a la confiance qui s'est écroulée, et puis oui, une perte de sensation, de repère. Et voilà. Donc après, très vite, je cherche. C'est compliqué de trouver des interlocuteurs. On cherche un peu dans tous les sens et on finit par me diagnostiquer une dystonie de fonction. Voilà. Est-ce que c'est vraiment une dystonie ? Je ne sais pas. En tout cas, je suis privé d'un moyen d'expression qui était existentiel pour moi.
- Speaker #1
Et tu peux parler de... Tu vois, on est en 95, dysfonction, aujourd'hui, c'est un truc... Un mot presque courant dans le langage des cuivres, on sait plus ou moins ce que c'est, ce que ça représente. Mais j'ai l'impression à l'époque qu'il y a une espèce d'omerta, on ne peut pas parler, c'est une espèce de truc. Comment tu as vécu ça, le fait d'être identifié comme une star, mais de l'impression de ne plus correspondre à cette image, le poids du regard des gens et de la société cuivristique de l'époque ?
- Speaker #0
Pour moi ça a été très dur ça, parce que... Je pense que c'est à l'époque, mais c'est encore un peu vrai aujourd'hui. On est dans un milieu où on est en représentation, où on est toujours en phase de séduction. L'artiste doit séduire, doit séduire son public et doit séduire aussi ses collègues. Et moi, comme beaucoup d'autres, j'ai, je pense, eu ce désir d'être respecté par mes collègues. de faire partie de ce milieu-là. Le fait de m'être cassé la figure très vite, j'ai pu, alors, heureusement, pas par tout le monde, mais j'ai pu ressentir par certains, tout d'un coup, l'évitement du regard ou alors cette idée que ah ben oui, ok, il joue bien, mais il ne savait pas trop comment il faisait, ou c'était et... Oui, c'était un bel espoir, mais il en faut un peu plus pour... Et ça, c'est dur. Ça, c'est dur, parce que le musicien à l'intérieur, il est toujours le même. Et c'est juste le moyen d'expression qu'il n'est plus là. Et ça, ça a été dur, oui. Après, j'ai heureusement pu... compter sur la bienveillance de mes pères. Et ça, ça m'a aidé après à me reconstruire. C'est que tous les gens qui m'ont connu à cette époque ont toujours eu un regard bienveillant. Certains m'ont le rappelé, j'ai rappelé Joël, mais d'autres aussi m'ont fait sentir, heureusement, que pour eux... Ça n'effaçait pas ce que j'avais pu accomplir. Ça m'a beaucoup aidé. Mais mes professeurs, par exemple, Gilles Bière, Michel Becquet, je sens qu'à chaque fois que je les ai revus, que j'ai rediscuté avec eux, ma parole était toujours la même. Elle avait toujours le même poids et je n'étais pas devenu un minable à leurs yeux. Ça, ça a été réconfortant. Mais j'ai pu le sentir, ça. Oui, oui, et j'étais jeune.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, et justement, j'imagine que quand tu es l'étoile d'une génération, c'est déstabilisant. Et à partir de quel moment tu t'es dit, bon, il faut que je me reconstruise autrement ? Est-ce que c'est dans le temps long ? Est-ce que tu ne te l'es pas forcément rationalisé ? Puis c'est en faisant que tu t'es retourné et tu t'es dit, là, je me suis reconstruit de telle manière, tu peux nous parler de la reconstruction ?
- Speaker #0
Si en dix ans, j'ai réussi à rentrer à l'Orchestre National, après ma deuxième vie, entre guillemets, parce que pour moi, c'est vraiment ça. J'ai appris à jouer du trompe-monde deux fois. C'est beaucoup plus lent. C'est beaucoup plus lent. Donc, il a fallu apprendre l'hubilité. Il a fallu apprendre la patience. Et puis, il a fallu travailler, réfléchir. En préparant un peu ce podcast, ça fait des semaines que je suis un peu en brainstorming. Ce n'était pas facile. J'ai eu un premier mouvement de recul. Ce n'est pas facile de parler de tout ça parce que ça me fait revivre des moments qui sont douloureux. La question que je me pose aujourd'hui, c'est qu'est-ce qui fait que je me suis accroché ? Parce que dans mon cas, à cet âge-là, il n'y a pas de problème. plein de gens et j'ai plein de collègues qui me l'ont dit. Moi, j'aurais pas pu, j'aurais fait autre chose. Qu'est-ce qui fait que non, j'ai pas fait autre chose ? Je crois que c'est... Aujourd'hui, j'en ai la certitude parce que il y a eu plusieurs étapes mais en fait, ça fait partie de moi. Je pense que j'ai... Parfois, on dit les artistes, on les décrit d'une certaine manière. Moi, je pense avoir cet amas d'artistes, c'est-à-dire une manière sensible de voir le monde et c'est quelque chose d'existentiel je me lève le matin encore aujourd'hui, j'ai soit une mélodie dans la tête, soit une partition soit je me dis ah tel exercice ça je l'ai fait hier mais peut-être que en faisant comme ça, ça m'habite 24h sur 24, donc je pense que c'est ça, à l'époque je savais pas et d'ailleurs j'ai ressenti le besoin un jour De rejoindre Soliste, avec un répertoire à ma portée, ça a été une prise de risque énorme et d'un point de vue émotionnel très très fort. C'était à peu près une dizaine d'années après. Donc ça fait dix ans que je me traîne, que j'essaye, que je me reconstruis, que je me bats. C'est essentiel, il faut que je pense à dire ça. Je n'ai pas fait ça tout seul. J'ai pu compter sur mes collègues. On en a cité quelques-uns. C'est vrai que tout seul, je ne m'en serais pas sorti. C'est aussi parce qu'eux ont été un support sur lequel j'ai pu m'appuyer. Indéfectible. Jackie, Joël, André Goudelhoff, et puis plus tard Julien. Et Olivier Devoir, essentiel. Et puis plus récemment, Jean-Philippe Navrez. C'est vrai que d'avoir cette équipe autour de moi, ça m'a aidé. Alors, je m'égare. J'étais sur ce concert-là. Un concert à Mont-de-Marsan. On me propose de jouer à Solis. Alors, en plus, dans mon fief. couverture Radio France Land d'un point de vue émotionnel mais ça a été horrible l'avance a été horrible j'arrive à la répétition générale un désastre mais je percevais que j'avais besoin de faire ça pour voir si j'aimais encore la musique et ça s'est plutôt bien passé Et en fait, au bout de... Le jour du concert, incroyable, incroyable. Alors que tous les signaux étaient au rouge. Mauvaise générale. Je me suis fait une entorse quelques jours avant de la cheville. Enfin, sûrement somatisation. Et le jour du concert, j'arrive dans la loge. Je monte mon tromone. Je sens plus ma cheville. Incroyable. Je peux marcher. Donc, on vire le tabouret qu'ils avaient prévu. Je devais jouer sur un tabouret. Je joue debout. Je fais les premières notes. Et là, toute tension qui disparaît. Et je suis comme rentré à la maison. Alors, je n'ai pas fait le concert parfait. Mais à la hauteur de ce que je pouvais faire à l'époque, j'ai fait une belle prestation. Moi, ça m'a libéré. Et ma progression, c'est ça qui est difficile. C'est que... elle a dû passer par des prises de risques. On m'a souvent conseillé, prends ton temps, tu peux prendre un congé à l'orchestre, tu peux t'en aller, et tu reviens que quand tu te sens prêt. Et en fait, je crois que ça ne marche pas comme ça. Moi, je pressentais qu'en faisant ça, jamais je revenais. Donc moi, j'ai arrêté six mois à l'orchestre. Je n'ai pas joué pendant six mois. Donc peut-être un peu plus sur l'orchestre, mais en tout cas, je n'ai pas joué pendant six mois. J'ai repris les problèmes où ils étaient six mois avant. Donc, par contre, de me greffer sur le collectif, de continuer à essayer de faire le mieux possible à l'orchestre, en étant un peu protégé, peut-être en m'exposant un peu moins, même si j'ai conscience que sur certains programmes, il aurait mieux valu ne pas les faire. Et là, dans ma progression, je venais de faire un pas en avant. Un concert qui se passe mal, on fait trois pas en arrière. Mais on ne retrouve pas la confiance si on n'a pas l'audace de se mettre un peu en situation. Et il faut le faire. Sinon, aujourd'hui, je ne pourrais pas faire mon métier.
- Speaker #1
Et quand tu te retournes aujourd'hui sur toute cette progression, est-ce que tu as toujours l'impression d'avancer encore ? Et quel regard tu as là-dessus ? Est-ce que tu as une certaine fierté en te disant, finalement, de ce que tu racontes là, je trouve ça presque plus beau et plus magnifique, une résilience qui est remarquable ?
- Speaker #0
C'est souvent les arguments qu'on me renvoie, mais moi j'ai du mal à les vivre comme ça. parce que moi la blessure elle est toujours là
- Speaker #1
Qu'est-ce qui ferait qu'elle ne serait plus là ? Qu'est-ce qui te manque ? Qu'est-ce que tu sens peut-être qu'est-ce qui manque justement pour ne pas que tu le vives comme ça ?
- Speaker #0
Alors ce qui me manque c'est que dans ma tête j'ai une envie et un besoin d'exprimer des choses et je pouvais le faire avec mon instrument et aujourd'hui je sens la limite C'est ça, c'est uniquement ça. Ce qui a pu m'animer quand j'étais plus jeune, gagner des concours, qu'on parle de moi. Tous les jeunes, les jeunes sportifs, aussi rêvent de reconnaissance et puis très vite, alors là je parle pour les sportifs plus que pour les musiciens, en tout cas les musiciens cuivres, dès qu'ils ont la notoriété ils disent ah là là. leur vie ne leur appartient plus et quelle bêtise nous heureusement on vit pas ça mais il y a quand même un peu cette aura alors ça, ça ne me manque pas du tout je sens bien que au plus profond de moi c'est pas ça mon moteur moi je voulais progresser, je voulais jouer le mieux possible pour m'exprimer je cherchais la reconnaissance des pères ça je l'ai donc moi c'est simplement mon moyen d'expression c'est ça qui me manque et qui est frustrant
- Speaker #1
la frustration elle est là alors j'ai appris à vivre avec cette blessure mais il suffit de rien du tout pour que la cicatrice ressorte à vif et justement si tu croisais un jeune et est-ce que déjà tu as croisé des jeunes qui s'arrivaient dans divers instruments je crois que tu t'es investi pas mal avec la clinique du musicien mais si tu croisais Le jeune Sébastien qui ça vient d'arriver, qui est un peu déçu parce qu'il n'a eu qu'un troisième prix. C'est magnifique d'avoir un troisième prix.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu lui conseillerais ? En fait, je crois que la première attitude à avoir, c'est rassurer. En tout cas, moi, c'est ce que j'aurais aimé le plus souvent, comme ils me disent. Ça ne change rien pour moi ou ça n'efface rien de ce que tu as fait ? Tu es toujours le même ? Et ce qui t'arrive, ce n'est pas ta faute ? Par exemple, ce genre de choses, parce que la culpabilité, je l'ai eue aussi. Tout de suite, on se dit, et puis à travers, je l'ai évoqué, certaines remarques désobligeantes. J'ai pu penser que c'est peut-être qu'ils ont raison, je ne savais pas comment faire. Alors que non. J'ai entendu dans un de tes podcasts récemment, je préfère rester évasif, mais quelqu'un qui disait quand on a des problèmes c'est qu'on n'a pas bien travaillé. Je ne crois pas que c'est toujours le cas, ça peut être le cas. Dans mon cas, avant que ça m'arrive, qui aurait parié là-dessus ? Il y a peut-être simplement un facteur génétique. Mon frère jumeau, lui aussi, a eu des difficultés et ne maîtrise pas complètement ses mouvements. Mais lui, plus tôt dans ses études, donc lui a dû bifurquer, faire autre chose. Ma maman a eu une paralysie faciale. Peut-être qu'il y a quelque chose. On ne sait pas trop bien l'expliquer. La surcharge, oui, peut-être. Peut-être, mais comme certains sportifs vont se blesser par surcharge. Et pourtant, je suis sur ce parallèle avec les sportifs de haut niveau, puisque dans la préparation du musicien classique, on passe par les mêmes étapes qu'un sportif de haut niveau, même si la finalité n'est pas la même. On n'est pas que dans un jeu de compétition et de résultats. dans autre chose, passer un message, partager avec un public. La préparation, elle est quand même très proche d'un sportif de haut niveau. Et on n'a pas ça dans le sport. C'est-à-dire que un sportif de haut niveau va se blesser et ça met un terme à sa carrière. On n'est pas en train de dire, ah ouais, t'as vu, il est mauvais. Alors que moi, j'ai pu sentir ça. Ouais, il n'est pas si bon que ça, finalement. Et ça, je pense que c'est dû à... à cette mise en représentation, cette séduction. Donc, un peu compétition entre nous aussi.
- Speaker #1
Et là, on parle de sport de haut niveau. Quand on regarde tous les reportages un peu sportifs, en immersion, souvent, tous les grands sportifs disent que la chose qui a peut-être le plus évolué ces dernières années, c'est la préparation mentale. Quel regard tu portes, toi, là-dessus ? Il y a des jeunes générations qui sont tes collègues. qui ont eu ce genre d'accompagnement comment tu vois ça toi ?
- Speaker #0
Alors moi je pense que par rapport au sport de haut niveau justement tu parles de préparation mentale mais il n'y a pas que ça en tout cas en termes d'accompagnement c'est un petit peu le Moyen-Âge heureusement il y a des belles initiatives mais encore trop méconnues mais c'est essentiel oui on a pendant longtemps le musicien on a eu En tout cas, avait une mauvaise connaissance de son corps, alors que c'est aussi physique, ne prenait pas le temps de... de préparer, oui. Alors que quand on est sur scène, on n'est pas comme chez soi. On est un peu dû face à un public. Et tout ça, ça se prépare, oui. Si on veut être plus confort pour faire ce beau métier, si on veut être plus performant aussi, il faut passer par cet accompagnement, par cette préparation, oui.
- Speaker #1
Justement, quand on parle de tout ça, ça me fait parler un peu. finalement un peu de pédagogie. Tu peux nous parler aussi de ton parcours de pédagogue aujourd'hui au CNSM, comment c'est arrivé, avec tout ce que tu as traversé et que tu nous dis là, c'est quoi qui était important pour toi de transmettre aux jeunes que tu croises dans cette institution ?
- Speaker #0
Alors, dans mon malheur, peut-être le principal bénéfice de toutes ces années, c'est tout ce travail que j'ai dû faire, cette compréhension. du geste, cette reprogrammation du geste, en vue d'enseigner, c'est sûr que ça m'a apporté une richesse que je n'aurais sans doute pas eue si tout avait continué dans la meilleure des mondes, on va dire. Donc oui, moi j'essaye de faire part de cette expérience avec mes élèves. Rigueur, le temps passé, la répétition, la compréhension aussi, soit d'un phrasé, d'un texte musical, soit du geste musical. Moi, ce que j'aime aussi transmettre, c'est l'autonomie. Il y a des gens qui jouent très bien tant qu'ils sont avec leurs professeurs et puis quand ils sont livrés à eux-mêmes. Moi, j'ai toujours eu à cœur de très tôt, même avec les tout-petits à Bois-Colombes, leur transmettre cette capacité à garder un niveau et à progresser aussi par soi-même.
- Speaker #1
C'est ce que je trouve dur, tu parlais de sport de haut niveau. Alors forcément certains sports ont une pratique qui fait que tu t'entraînes et tu t'entraînes pas tout seul. Et finalement ce que je trouve dur dans la musique c'est que beaucoup en fait tu es livré à toi-même, tu vois ton professeur une fois, deux fois quand t'es en or aménagé, mais tout le reste du temps t'es tout seul avec ton instrument. Et moi je l'ai vécu en tant que musicien, moi ma volonté première quand j'étais jeune c'était de... de devenir publicien professionnel. La vie en a fait autrement et je suis très heureux du travail que je fais aujourd'hui. Mais quand je me retourne, je me dis, en fait, parce que moi je travaillais des heures et des heures, mais super mal, et finalement je me dis, en fait, oui, je ne savais pas travailler. Je faisais 6 heures pour faire 6 heures parce que j'avais l'impression juste de remplir et de ne pas servir à rien. Et c'était tout. Justement, quel est ton regard là-dessus sur l'autonomie ? Comment on apprend à devenir autonome ? dans son travail ?
- Speaker #0
Moi, je l'ai déjà dit, j'ai le sentiment que j'ai toujours eu ça, cette qualité-là. Souvent, quand on me dit « Ah ouais, mais quand tu faisais ça, à tel âge et tout ça, t'étais doué, t'étais doué. » Non, moi, j'étais pas... J'avais des prédispositions, mais je m'estime pas être quelqu'un de doué. J'ai jamais eu la facilité d'un Julien Dugère ou d'un Michel Becquet. C'est hallucinant, quoi. Il pose la rembouchure, ça marche tout seul. Moi, j'ai jamais eu ça. Moi, c'est par le travail. mais j'étais structuré mais tu as raison, c'est pas le cas de tout le monde et alors comment on amène à ça c'est moi j'utilise beaucoup enfin je questionne beaucoup les élèves quand ils ont joué, la première chose que je fais c'est qu'est-ce que t'as pensé de ton de ta prestation. Déjà, ça commence déjà par là, parce que j'ai été très étonné. L'objectivité, oui. Ah oui, j'ai été très étonné de voir que la plupart n'arrivent pas à graduer. Et ils savent, ouais, oui, oui quoi, oui très bien, oui t'es à ton max, oui tu peux faire mieux, oui... Ça commence déjà par ça. Et après, moi, dans ma pédagogie, alors ça dépend à qui on s'adresse, mais même avec les petits, on va leur faire réaliser quelque chose. J'aime bien après revenir dessus et mettre des mots dessus. Et le fait d'avoir eu un ressenti qui va faire qu'on va essayer de reproduire cette sensation. Et c'est après en reproduisant qu'on sait faire. dans un second temps, d'y mettre des mots, de conscientiser ce qu'on a fait. Je pense que ça, ça aide à structurer. Très bien. Maintenant, on va passer à des questions. On en a un peu parlé, mais le podcast s'appelle Cuivre à la Française. Qu'est-ce que ça signifie pour toi, Cuivre à la Française ? J'ai l'impression, c'est vrai que le titre un peu pompeux du titre de votre orchestre, l'Orchestre National de France, forcément, j'imagine que dans cet endroit-là, on se pose forcément ces questions-là parce que c'est écrit partout. Il y a cette signature. Est-ce que tu peux nous parler de ça ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. C'est une signature. Pour moi, c'est une esthétique. qui nous est transmise par les générations passées et qui est liée aussi à un répertoire. Donc l'Orchestre National de France, son répertoire phare, c'est la musique française du XXe siècle, donc Debussy, Ravel, Roussel, la fin XIXe de Bizet, c'est cette esthétique-là. Alors qu'il se traduit comment ? Chez les cuivres, c'est une brillance dans le son. Pour moi, c'est ça. C'est aussi une manière de projeter le son. C'est-à-dire dans tout ce répertoire, Ravel, Roussel, Bizet, une note tenue, c'est jamais un plein son. Pour moi, c'est impulsion-résonance. Et c'est ce qui fait qu'on va avoir cette clarté, malgré parfois une orchestration très chargée. Vous regardez l'orchestration de Ravel, c'est souvent un orchestre, je ne sais pas, on est 90, c'est beaucoup de monde sur scène et pourtant ça ne sonne pas épais. Et c'est en partie dû, en tout cas pour les cuivres, à cette manière de projeter. On projette impulsion-résonance. Et puis c'est aussi l'articulation. Donc c'est une boîte à outils. très diverses d'articulations, c'est-à-dire le son perlé, toute la musique de kiosques, des fanfares, c'est le staccato, le coup de langue, toute cette musique populaire, justement, des kiosques, on travaille ça, le détaché dans le son.
- Speaker #0
J'ai l'impression aussi, la musique française, on n'en parle pas souvent, mais c'est aussi le rapport au solfège, et au fait que c'est une musique très écrite tout est écrit il suffit de suivre l'écriture mais c'est une écriture très fine où tout est écrit qu'est-ce que tu penses de ça ?
- Speaker #1
notamment dans la musique concertante du répertoire français de tous les concerts qu'il y a tous ces solos de concours qu'on a qu'on a... pu jouer pour préparer l'entrée au CNSM ou les diplômes dans les conservatoires de région. Il y a toute une période de compositeurs qui ont écrit sous la commande du conservatoire. Et c'est vrai que quand on regarde, c'est une musique où tout est écrit, mais c'est une musique aussi très technique pour nos instruments. très solistique et d'ailleurs dans l'enseignement français on va assez loin dans la technicité et dans la maîtrise de l'instrument par rapport à d'autres écoles qui vont être basées sur plutôt un collectif la musique d'ensemble d'où on fait plutôt un enseignement individuel mais où on va très très loin dans la technicité justement avec toutes ces variantes d'articulation de manière de souffler je... Parfois, j'emploie ces images avec mes élèves, je dis parfois, quand on joue fort, il faut remplir un espace, mais parfois il faut toucher un point fixe. On ne va pas projeter de la même manière. Toutes ces nuances-là font la richesse de la musique française par rapport à d'autres musiques. Et c'est important de la sauvegarder parce qu'elle a fait l'admiration. Cette diversité, elle a fait l'admiration du monde entier, elle continue à le faire, et on voit que d'un point de vue soliste, nos jeunes aujourd'hui s'exportent, et s'exportent pas n'importe où. On a deux trompettes solo français à Berlin, à Munich, et c'est pas pour rien, c'est parce qu'ils ont quelque chose en plus. Alors ils se sont nourris d'une autre culture, sans doute, en s'exportant, mais sans oublier la leur, je pense. Et et Puisqu'on a parlé des concours internationaux, le nombre de Français qui se sont illustrés et qui continuent de s'illustrer aux concours internationaux, c'est aussi en partie grâce à cet enseignement de qualité.
- Speaker #0
Ce que je trouve intéressant dans le côté un peu plus collectif, de parler avec toi, j'y avais pas pensé avant, mais c'est vrai que le côté socio-culturel des pupilles de cuivre, je trouve qu'on retrouve beaucoup de gens... comme chez vous, du sud-ouest, des fois du nord, mais ce sont des régions avec un terroir très collectif et qui se retrouvent finalement dans l'orchestre. Tu retrouves un peu ça ?
- Speaker #1
Ah oui, dans le Nord comme dans le Sud-Ouest, il y a des orchestres d'harmonie. On fait de la musique ensemble très vite. Donc ce n'est pas étonnant qu'après, à l'arrivée dans les orchestres, on retrouve... Parce qu'il y a tout un apprentissage là qui est moins visible, mais qui se fait un peu sur le tas et qui est pour moi essentiel. Et ça, il ne faudrait pas trop le perdre non plus. Il faudrait très tôt, je pense, inciter les jeunes à jouer avec les autres. Oui, ça oui.
- Speaker #0
Très bien. Maintenant, on va passer une boîte à questions. Ce sont des questions que je pose à tous mes invités. Quelle est ton œuvre préférée ?
- Speaker #1
Alors, c'est quoi ? C'est œuvre orchestrale ? Parce que moi, pour revenir et profiter de ce podcast, pour remercier encore une fois... Michel Goliath, mon premier professeur, lui, il m'a fait écouter toutes les musiques. Il faut être curieux dans la vie. Il m'a appris à être curieux. Donc, j'écoute vraiment de tout. Ça va être du funk, du jazz, musique sacrée. Je suis un amoureux de la voix, donc l'opéra, mais pas que. Si on revient sur plutôt mon répertoire à l'orchestre, à Ravel, la deuxième suite de Daphnis. Ça, quand même, c'est beau. Cette esthétique de musique française, je la trouve merveilleuse. Parce que c'est la légèreté, c'est l'élégance, c'est la pureté parfois d'une mélodie, le solo de flûte. Qu'est-ce que c'est beau.
- Speaker #0
Très bien. Quel est ton meilleur souvenir du concert ?
- Speaker #1
Il y en a un. Bon, la troisième de malheur, évidemment, quand j'étais supplémentaire, ça, c'est un super souvenir parce que c'était J.O. Zawa. C'était mes débuts à l'orchestre. Ça, c'est très beau. Après, j'en ai des plus récents. On a fait une bohème il y a quoi ? Deux, trois ans ? Trois ans au Théâtre des Champs-Élysées avec un plateau exceptionnel et un chef tromboniste, un ancien élève, un chef italien, Pasirini. Un ancien élève de Vincent Lepape, fantastique. Il revient d'ailleurs cette année, je crois, pour faire un Puccini. Je crois que c'est un Puccini, je ne sais pas si c'est Malone Esco. Ça, c'est une pépite, c'est-à-dire que je suis sorti de cette production, j'ai dit cette production, on en reparlera encore entre deux dans dix ans.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce que tu aurais une anecdote, coulisses imprévues, moments drôles, marquants de ta carrière ?
- Speaker #1
Alors, j'ai réfléchi aussi à ça parce que j'ai un peu préparé. Et moi, j'ai une anecdote qui est jolie et qui va me permettre de parler de la manière dont je conçois mon métier. J'avais fait une animation dans la classe de mon fils. Il était en moyenne section, je crois. Il était tout petit, il faisait du violon. Je l'accompagne. Alors, il a été très fier de venir avec son papa. Il a présenté le violon à sa classe. C'était trop mignon. Et moi, j'en ai profité pour jouer, sans doute, un peu avec lui. Et présenter le trombone, faire un peu le clown, la coulisse. Et le lendemain, sa maîtresse lui dit « Ah, merci Mathieu. Et puis, tu remercieras ton papa encore pour hier. » Et sinon, ta maman, elle est musicienne aussi ? Et là, mon fils, il répond, ben non, elle ne peut pas, elle travaille. Et je trouve ça merveilleux parce que je fais un métier. En fait, on ne choisit pas d'être musicien professionnel. Je crois qu'on choisit d'être musicien. Et un jour, parce qu'on a l'opportunité. Donc, musicien, pour moi, c'est un état d'esprit. C'est une nature, une seconde nature. Et c'est vrai qu'on joue de la musique. et moi ça a toujours été un jeu et encore aujourd'hui même si le chef il est moyen même si le répertoire me plaît pas j'ai un plaisir à prendre mon instrument et aller jouer avec les copains
- Speaker #0
Très bien La question d'après, j'ai l'impression qu'on l'a longuement abordée, mais ton échec le plus vertueux ? Alors non,
- Speaker #1
pas tout à fait, parce que toi, je vois, tu veux me faire dire que ce qui m'est arrivé, ça m'a permis de me déployer. Et moi, je te rappelle quand même que c'est une blessure qui reste là.
- Speaker #0
Mais déjà, je te remercie d'être venu sur le podcast, d'avoir le courage d'en parler. Et en fait, ça fait quelques semaines que je te tanne un peu pour faire ce podcast, parce que j'ai l'impression d'une part que ça peut aider des gens et que... On est dans une génération où la parole est un peu plus libre, mais je pense que ça peut aider des gens et je trouve ça important d'en parler, que ce ne soit pas des sujets tabous. Je te remercie beaucoup de ça.
- Speaker #1
Merci à toi pour ta confiance. Moi, ce qui m'a décidé à te dire oui, c'est... La confiance et l'amitié que tu peux me porter, je suis très touché et pour moi c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie. On est des êtres de lien. Et l'argument que tu as sorti, tu m'as dit, cette histoire, une fois que le podcast sera lancé, elle ne t'appartient plus. Moi, ça m'a rentré en résonance. Je me suis dit, mais c'est vrai, peut-être que Sébastien, c'est ton histoire, c'est ta croix que tu portes. Mais finalement, elle a éclaboussé aussi tes collègues. Tes collègues, ils ont vécu ça avec toi et elle ne t'appartient pas à 100%. Et donc, voilà. Bon, t'as tapé dans le mille.
- Speaker #0
Très bien. Alors, revenons sur cet échec vertueux.
- Speaker #1
Alors, l'échec vertueux, qui peut peut-être mettre en lumière ce que toi, tu as dit, peut-être une résilience chez moi, c'est quand j'ai passé... concours à Bayonne pour obtenir ma médaille d'or. J'avais eu la médaille d'or à l'École nationale des Landes, avec le même programme, avec Coral Cadence et Fugato du DUTIEU. Et ça me plaît bien de parler de cette œuvre, parce que j'ai eu le bonheur de la créer, et après, bien plus tard, de créer la version avec orchestre d'harmonie, orchestration Claude Pichot, sous la bienveillance. d'Henri Dutilleux qui était là, qui nous a fait l'amitié d'être là. Et j'arrive à Bayonne et on ne me donne pas la médaille d'or, alors que j'avais le sentiment d'avoir bien joué. D'après ce que j'ai compris, il y avait peut-être des explications qui sortaient un peu du cadre musical. Et l'argument qui m'avait été avancé, c'est on t'a jugé au concours d'entrée du CNSM. Je me souviens avoir répondu, mais attendez, là je passe ma médaille d'or à Bayonne, je ne suis pas en train de... Oui, mais l'étape d'après, c'est ça, donc c'est un peu juste et tout. Bon, et trois mois après, je rentre à Premier Nové en CLSM. Pourquoi j'ai envie de parler de ça ? Ce n'est pas pour me lancer des fleurs, mais c'est pour me permettre de m'adresser à tous ces jeunes élèves et qui parfois ratent un concours et qui vont trouver... Une explication en disant, oui, mais il y avait tel prof, oui, mais il ne m'aime pas, oui, je n'ai pas fait le stage avec un tel. Alors, tout ça, ça peut exister. Mais il y a deux manières d'avancer dans la vie. Il y a ceux qui vont ressasser ça et dire, ce n'était pas ma faute. Et finalement, on ne se remet pas en question et on n'avance pas. Ou alors, il y a ceux qui vont faire ce que j'ai fait là. J'ai dit, OK, je ne suis pas au niveau pour le CNSM. OK, je vais travailler encore plus.
- Speaker #0
J'ai l'impression que, moi je découvre ça des fois, moi j'ai ça en moi, je sais que si tu me dis non c'est bien plus moteur que si tu me dis oui en fait.
- Speaker #1
Oui, oui. Moi, j'ai toujours aimé la compétition. J'ai fait du sport co, je joue au basket. Pas à un grand niveau, mais j'aimais bien l'objectif à atteindre. Et dans ces moments-là, même parfois entre copains, je ne sais pas. Je me souviens d'une fois où je jouais au billard. Je ne joue jamais au billard. Je jouais avec des amis. Et puis, sur un dernier coup, qui était un peu compliqué. à faire, je pouvais faire gagner l'équipe et puis j'ai un copain qui me dit alors là celle-là si tu la mets et ma femme qui est à côté qui dit c'est la seule chose qu'il ne faut pas lui dire je me suis concentré à mort, un peu de chance aussi, je l'ai mis bon voilà oui oui ça peut stimuler ça peut stimuler, je me souviens d'avoir eu un faux pas au deuxième tour de Toulon Une réflexion d'une personne proche qui m'a piqué au vif. Après, il n'y avait plus qu'une personne dans la salle. En demi-finale, en finale. Et j'ai fait une remontada pour obtenir ce troisième prix. Oui, j'ai un peu ça. Bon, ça c'est le tempérament du sud-ouest. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, c'est le charme d'Irlandais. Quelle question ne t'as jamais posée que tu aurais aimé que l'on te pose ?
- Speaker #1
Là aussi, c'est compliqué. J'ai réfléchi à ça. Et c'est plus qu'est-ce que j'aurais aimé qu'on me dise. J'entends bien sûr quand j'étais dans le dur. Parce que des gens qui ont voulu m'aider, il y en a eu. Mais souvent quand on veut aider, on oublie de décentrer et de se dire qu'est-ce qui peut attendre lui. Et en fait, moi ce que j'aurais aimé qu'on me dise c'est qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Avant de me dire tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. C'est pas tout à fait la même chose. Quels sont tes besoins ? Un petit mot gentil, bien sûr, pour moi, je suis de tout cœur avec toi et ça m'attriste et ça ne change rien dans notre relation. Parce que, encore une fois, ce qui est dur, et surtout à l'âge où ça m'est arrivé, où on est encore en construction, même en construction personnelle, on n'en a pas parlé, mais moi j'ai fait deux ans de psychothérapie, après, il y a un avant. et un après, où je me suis posé la question de mon rapport à la musique. Est-ce que j'étais dans une compétition ? Est-ce que j'aimais vraiment ça ? Bon, voilà. Et donc, moi, j'aurais aimé qu'on me dise ça. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Avant de me dire, tu devrais faire ci, ou tu devrais faire ça. J'ai écouté tous les gens qui m'ont dit ça. Il y a des gens qui m'ont aidé sans... Ils ne le savent même pas. Mais moi, j'ai toujours eu... Je parle beaucoup. Je suis très bavard. C'est d'ailleurs la blague avec les copains, toujours. C'est vrai, mais j'écoute aussi beaucoup.
- Speaker #0
On est sur un temps record, je pense du podcast là on a 1h15, tu vois.
- Speaker #1
Je t'ai dit, je t'ai dit, de toute façon, j'ai bien conscience qu'aujourd'hui on va parler de plein de choses, mais on pourrait en faire 4, 5. Tout dépend du jour, tout dépend des questions que tu me poses, ou des angles qu'on veut prendre.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Qui ?
- Speaker #0
aimerais-tu écouter sur ce podcast que tu trouverais inspirant ?
- Speaker #1
Alors moi je te rejoins un peu dans ce goût de la transmission des vieilles générations qui ont sans doute des choses à nous dire aussi parce que j'ai 52 ans aujourd'hui donc je ne suis plus le petit jeune homme donc moi j'ai travaillé pendant 2 ou 3 ans avec Jean Doué qui était Tromont Solo à l'Orchestre National.
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu sais, en fait, j'enregistre mardi avec lui.
- Speaker #1
Ah, super ! Alors, lui aussi, il est très bavard. Mais il a quand même connu une époque dorée de l'Orchestre National. Il a joué avec Bernstein, il a joué avec Céline Midache, il a fait des choses merveilleuses. Donc, il faut garder ça tant que c'est possible. Après, je pense à Claude Pichot, qui m'a permis de jouer ce... Coral-Carnan-Séphugato devant Henri Dutilleux. Ça a été un merveilleux prof, un pédagogue incroyable. Il était professeur de déchiffrage. Il m'a donné des codes. Et fils de Gérard Pechoreau, qui a été professeur au CLSM de Paris. Un grand, grand pédagogue. Un homme un peu d'autrefois aussi. à l'ancienne, mais qui m'a appris des bases. Il a d'ailleurs écrit, c'est lui qui avait écrit le déchiffrage de mon concours d'entrée au National. Il m'a avoué des années après qu'il avait pensé à moi en écrivant ce déchiffrage. Et c'est vrai que quand je le revois, il me permettait de mettre en lumière en tout cas les capacités que j'avais à l'époque, c'est-à-dire changer de registre très vite, graves aigus, grande technicité. Bon, voilà, moi j'ai beaucoup de tendresse pour lui. Voilà, c'est les deux personnes. Après, dans les plus jeunes, il y a quelqu'un qui est une star du trombone, qui n'est pas français, mais qui a été pétri de la culture française, c'est Jorgen van Rijn. Merveilleux tromboniste que j'ai eu la chance de... rencontrer plus jeune. On s'est retrouvé il y a quelques années, il est venu jouer en soliste national. Voilà, on est de la même génération, on a un an d'écart, je crois. Et lui, il pourrait apporter justement ce regard de l'étranger vis-à-vis de cette école française dont il s'est beaucoup nourri.
- Speaker #0
Très bien. Une dernière question. Est-ce que tu as un trésor caché, un enregistrement un peu méconnu, ou sous-coté, que tu aimerais mettre en avant ?
- Speaker #1
Alors je l'ai dit, moi j'écoute beaucoup de musique, donc j'ai des enregistrements de fado, d'opéra bien sûr, mais pour rester un peu focus sur le trombone, j'aimerais vous conseiller, alors c'est un enregistrement, c'est un des plus beaux chorus de trombone que je connaisse, le tromboniste s'appelle John Fetchock, il est américain, et dans sa jeune carrière, parce qu'il est encore en vie, dans sa jeune carrière, il faisait partie du big band de Woody Herman. Et c'est l'album anniversaire qui est enregistré en public pour le cinquantième anniversaire. Et le titre c'est What's New. D'abord, c'est du beau trombone. C'est très facile. Et puis, c'est un chorus construit. Il n'en met pas partout. C'est juste... L'orchestration est superbe derrière. Ça, je vous recommande.
- Speaker #0
Très bien. Il y a un dernier sujet que je voulais aborder. Je ne sais même pas si je le mettrais dedans et si tu veux en parler. Je trouve que c'est un projet qui te... résume assez bien de tout ce que tu es qui est le sud-ouest etc une aventure de copains, est-ce que tu peux nous parler de l'aventure à Los Amarillos je trouve que c'est assez... Ah bah oui,
- Speaker #1
on n'a pas parlé de Los Amarillos mais ça c'est une pépite, c'est vrai il y a beaucoup de choses qu'on pourrait dire et beaucoup de podcasts qu'on pourrait enregistrer encore Alors Los Amarillos, on est en 98, Coupe du Monde de foot et j'ai... un ami d'enfance qui est professionnel aussi. Il dirige aujourd'hui l'Harmonie de Montfort. Il est professeur dans la région. Il s'appelle Stéphane Balin. Il est tubiste. A l'époque, il travaillait au CRR de Paris. Comment il s'appelait son professeur ? Legris. Oui, Philippe Legris. Et Philippe Legris lui dit « Tiens, la maison Ricard cherche un groupe pour animer autour des stades pendant la Coupe du Monde. » Tu dois avoir ça, toi, tu fais des bandas. Et donc, on a réuni une équipe. Et on a été la banda Ricard dans un premier temps. Et puis après, il a fallu trouver un nom. Comme on avait des t-shirts jaunes, couleur de la marque, on s'est dit, on va s'appeler Los Amarillos. Toutes les bandas du sud-ouest ont un nom en consonance espagnole. J'ai commencé au Copleros de Montfort. et donc Los Amarillos et là il y avait une superbe équipe donc Stéphane Maléin à ses débuts puis après des gens qui ont marqué la musique des cuivres français Clément Saunier bien sûr Laurent Malé est passé par là Stéphane Laberry est passé par là il y a aussi des musiciens amateurs donc il y a le fameux Pignote au saxophone que tu as peut-être à rencontrer, Bernard Fartouat Excellent musicien amateur avec, comme on dit familièrement, une feuille d'enfer, super oreille. Il y a Fred Lefranc, qui est un camarade aussi de ma génération, d'Air sur Adour, et qui est garde républicain, mais motard ! qui est tromboniste il y avait il y a eu Jean-Philippe Bénès, il y a eu Olivier Voisin il y a eu, j'en oublie Gabi Ben Lolo percussionniste au filat et Manu
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
Emmanuel Kurth, bien sûr Et puis Fabrice Larère Quand même, le belique La légende Très bien,
- Speaker #0
on parlera de Trésor Caché Il faut absolument écouter qui est sur toutes les plateformes Est-ce que tu viens pour les vacances ? C'est quand même le morceau signature
- Speaker #1
Oui, c'est ça, avec un guest star Fabrice Larère au belicophone
- Speaker #0
Très bien, écoute, merci beaucoup de cet épisode, merci de ton courage de l'émotion, générosité, gentillesse tendresse, je suis vraiment non Heureux d'avoir fait cet épisode avec toi.
- Speaker #1
Merci à toi et merci à tout le monde.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous avez aimé, pensez à vous abonner. Découvrez tout l'univers Agi Atelier des Cuivres sur nos réseaux sociaux, Facebook et Instagram. Et n'hésitez pas à nous rendre visite dans nos ateliers de Bretigny-sur-Orge et à Lyon. A bientôt.