- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue sur Cuivre à la Française. Je suis Adrien Jaminet, fondateur de Agi Atelier des Cuivres.
- Speaker #1
Avec ce podcast, je vous propose de rencontrer ensemble les acteurs du monde des cuivres pour comprendre leur parcours, leurs envies et leur personnalité.
- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans le podcast Cuivre à la Française pour la première fois en vidéo avec grand trompettiste français Rémi Joussemé. Très heureux de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Eh bien salut Adrien, je suis très heureux aussi d'inaugurer ce nouveau format.
- Speaker #0
On ne va pas faire semblant, on est super potes dans la vie donc on va faire ça entre potes comme le dimanche à la maison.
- Speaker #1
Ça va me détendre.
- Speaker #0
Alors pour ceux qui ne te connaissent pas, qui es-tu ?
- Speaker #1
Eh bien, tu l'as dit, Rémi Joussemé, trompettiste, originaire de la Savoie, sudiste par adaption dix ans plus tard. Je suis actuellement trompette solo de l'Orchestre National de France et j'enseigne aussi au Conservatoire à rayonnement départemental de Saint-Germain-en-Laye et au CRR de Royaume-Almaison.
- Speaker #0
Très bien, on a un peu de temps, tu connais le podcast, je sais que tu es un grand fan. Oui, bien sûr. Est-ce que tu pourrais venir sur ton parcours musical depuis ton enfance, un peu disséminé ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et comme tu le sais, je suis né en Savoie, dans la vallée de la Morienne. Donc j'y ai débuté la trompette à l'âge de 7 ans, avec Gabriel Géant. J'ai commencé l'harmonie aussi là-bas, dans une région qui, à l'époque, je sais pas si c'est toujours le cas, mais à l'époque, les orchestres d'harmonie avaient le vent en poupe. Donc j'ai pu pratiquer la musique d'ensemble pas mal. Et à l'âge de 10 ans, je suis parti dans le sud de la France, pour des raisons professionnelles de la part de mon papa. Voilà, on est descendu dans le sud et j'ai continué mon cursus de trompette avec Michel Testonnière, que tu connais, au conservatoire de Carpentras. On habitait Baume-de-Venise, une région viticole.
- Speaker #0
Très bien. Et justement, tu peux nous dire, quand tu arrives chez Michel, à quel âge tu as, quels ont été les grands enseignements et puis la suite du parcours ?
- Speaker #1
Alors, Michel a fortement marqué mon parcours. Ce n'est pas un secret, il le sait, tu le sais aussi. C'est un monsieur qui a, je vais peut-être dire une bêtise Michel, je suis désolé, mais je vais dire 67 ans. 67 ans peut-être, voilà. Donc qui est d'une génération où il venait habillé en costard au conservatoire. Donc bonne valeur, la passion de la musique, de la trompette, la passion du répertoire méconnu aussi, voilà, ou peu joué, disons. Donc il m'a fait découvrir plein de choses, travailler les bases comme il les a faites lui. J'en passe, je ne vais pas toutes les citer. Mais voilà, donc c'était la rigueur, la passion et le partage de la musique.
- Speaker #0
Très bien. Et donc la suite, on va parler évidemment du grand, immense Manu Colombert.
- Speaker #1
Oui, le mot est faible.
- Speaker #0
Tu peux nous parler à quel moment et dans quel cadre tu rencontres Manu et comment tu deviens son élève ?
- Speaker #1
Donc, à l'assut de mon cursus étudiant, je suis parti à Montpellier découvrir cette magnifique ville pour y passer le bac musique. Le bac musique qui s'appelait TMD, qui s'appelle S2TMD maintenant. et qu'on appelait avant encore Bac F11. Donc, sous l'impulsion de Michel, toujours, il m'a conseillé d'aller à Montpellier rencontrer Emmanuel Colombère. Et pareil, je remercie Michel de m'avoir envoyé vers Emmanuel, sans qui je ne serais peut-être pas là où je suis actuellement, très certainement. Donc, chez Manu, c'était toujours dans un bon état d'esprit, mais avec beaucoup d'exigence aussi, du travail régulier, on faisait des chauffes. quasi tous les matins, si ce n'est pas tous les matins. Il était très disponible pour ses élèves, aussi bien pour les cours que pour les moments de convivialité. En plus, j'ai eu la chance de vivre une époque à Montpellier où on était pas mal de grands élèves. Donc il y avait une saine émulation de moments de partage après les cours qui étaient juste incroyables. J'ai rencontré des amis, de vrais amis à Montpellier. Donc voilà, c'était dans une ville étudiante, donc il y avait tout pour passer une scolarité. Peut-être pas très assidu, mais très agréable.
- Speaker #0
Très bien. Et justement, quels ont été les grands enseignements avec le recul de ces années Montpellier-Rennes, mais de l'enseignement de Manu particulier ?
- Speaker #1
Avec le recul, ce que je peux dire là, c'est le travail technique qu'on a fait avec Manu a été tellement, tellement, tellement bien fait, tellement répété qu'en arrivant au CNSM, quelques années après, j'étais pas à la traîne. J'ai pas perdu de temps, mais j'ai pas dû rattraper du temps sur le travail technique. On faisait ça très régulièrement avec Manu, avec Nicolas Serrano aussi que tu connais, qui est aussi prof de trompette au conservatoire. On y a passé du temps et toujours avec beaucoup d'exigences. Donc ces années-là, on a vu du répertoire aussi, bien évidemment. Mais avec le recul, pour répondre à ta question, c'est vraiment ce travail technique que j'ai acquis.
- Speaker #0
Et avant d'arriver sur la suite, évidemment, le CNSM, j'aimerais que tu parles aussi... ton rapport au jazz. Je sais que c'est quelque chose qui t'a toujours nourri, certainement aussi par ton papa. Est-ce que tu peux nous parler de ça ? Surtout avec des personnalités comme celle de Manu, qui finalement connaît ces deux univers. Est-ce que tu peux nous parler de ça ?
- Speaker #1
Ce qu'on dit de Manu, c'est qu'il a eu le cursus le plus long au sein du CNSM parce qu'il a fait le jazz et le classique. Alors je crois qu'il a commencé par le jazz, il a intégré le CNSM en classe de jazz et après dans le cursus classique. Oui, alors j'ai une forte affection pour le jazz et la variété, tu le sais. Nos soirées sont souvent animées de chansons françaises. Donc oui, mon papa, musicien, je ne l'ai pas dit, tu m'aides beaucoup là. Musicien, saxophoniste à l'époque, donc les premières notes... de musique que j'ai entendues, c'était les musiciens de Michel Sardou, Eddy Mitchell, Michel Jonas, donc Kako Besso, Eric Giosserand, Claude Egea, avec Captain Mercier aussi, Jean Gobinet. Voilà, des références qui me sont chères et que j'écoute très très régulièrement. Et Manu, voilà, a entretenu encore ce feeling avec le jazz, parce qu'on pratiquait aussi le jazz. J'ai fait le cursus, j'ai fait un an ou deux de cursus jazz à Montpellier, avec euh Serge Lazarevic, Alfred Vilaillec et un professeur de piano dont j'ai oublié le nom, je suis désolé. J'ai voulu ne pas lâcher ça parce que ça me faisait du bien, parce que ça change, parce que ça lave les oreilles, parce que ça fait bosser aussi. Ce n'est pas un cursus que j'ai continué. J'ai vu que j'avais plus de futur dans le classique que dans le jazz.
- Speaker #0
Une fois que tu as eu ta photo avec Winton Marcellis, tu t'es dit que tout était...
- Speaker #1
C'était mon goal, j'ai arrêté. De toute façon, on s'appelle régulièrement.
- Speaker #0
Très bien. Passons à la suite. Est-ce que tu peux parler de ton arrivée au CNSM ? Comment ça s'est fait ? Moi, j'ai un souvenir très précis de ça. On s'est rencontrés, on commençait à se côtoyer à ce moment-là. Je te vois filer des programmes au 13ème à Clément Saunier, dans des salles au sous-sol. Oui, dans une salle d'angle. et justement avant de rentrer au CNSM dans une année un peu particulière je me souviens aussi j'avais déjà mon atelier, j'étais déjà un peu dans la place et je voyais ce qui s'y passait on s'est rencontré au Paris-Brasil déjà on continuait à se côtoyer et je me souviens de l'année où tu t'y présentais c'était une année un peu particulière parce qu'il y avait peu de place et on savait qu'il y avait le prodige du moment qui se présentait qui est Lucienne et toi tu pars à la fleur au fusil tu rentres en même temps qu'elle tu peux nous raconter ce concours alors ça c'est le deuxième concours parce que j'ai passé le CNSM une année avant il y avait beaucoup de places et je ne l'ai pas eu,
- Speaker #1
je n'ai même pas passé un tour et on a eu un bon débrief après ça avec Manu sur l'occupation des activités d'été donc cette deuxième préparation de concours a été différente mon état d'esprit était différent celui de Manu aussi certainement parce qu'on connait tout le monde Je connais Manu Colombert, sa gentillesse, sa générosité, mais j'ai quand même fini quelques cours en chien, parce qu'il était hyper, hyper, toujours exigeant. C'est peut-être le mot qui va revenir le plus pendant notre échange. Mais il m'a dit, c'est ta deuxième fois, donc là, tu n'as grosso modo plus le droit à l'erreur, tu sais ce que c'est, tu connais le contexte, donc maintenant, tu vas te préparer correctement. En plus de ça, la première fois où j'ai loupé le CLSM, il faut savoir que je n'étais plus à la maison. Mes parents n'avaient plus le regard sur la façon dont j'occupais mes journées. Ils voyaient juste le taux d'absentéisme en cours. Donc, je n'étais pas vraiment hyper, hyper fier à ce moment-là. Donc, mon père, à la suite de l'échec, à la première présentation au CNSM, a eu Manu au téléphone pendant trois quarts d'heure. Je vais l'envoyer à l'armée, ça lui fera les pattes. Bref, donc Manu a rattrapé le coup. Et après, on s'est préparé vraiment de manière consciencieuse. Et c'était le challenge, c'était ça. Voilà, je savais qu'il y avait Lucienne, effectivement. Il y avait une place cette année-là, oui c'est vrai. Il y avait une place cette année-là. Mais en toute honnêteté, j'ai pas pris la mesure de Lucienne Prodi. Ça rentrait pas en compte. Naïveté, ignorance, je sais pas. Mais bon, au moins ça m'a aidé à me préparer correctement sans me dire, de toute façon, elle va rentrer. Ça, je l'avais pas... J'avais éteint cette case-là. Et puis résultat des courses, elle rentre. Je finis premier sur les attentes, donc deuxième du concours. Super, encore un échec. Et la même année, j'ai fait Lyon.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Ah oui, bien sûr, je suis bête avec Marie-Sophie
- Speaker #1
Exactement, Marie-Sophie puis Jean-Pierre Abriès Jean-Pierre Abriès,
- Speaker #0
bien sûr c'est vrai que j'avais oublié cet épisode
- Speaker #1
Donc je finis par rentrer au CNSM de Lyon très heureux, pas trop loin du sud voilà, je me dis, bon bah finalement je vais pas être si mal que ça en plus le CNSM est très joli, dans un très bel endroit et je me rappellerai ma vie du co-de-file de Madame Kozak que tu connais Merci. qui m'annonce que... Donc, Mme Kozak, administrative au conservatoire, qui m'annonce qu'il y a une place qui se libère. Qu'est-ce que tu fais ? Bah, je... J'arrive. Évidemment, j'arrive. Et l'été d'après, je faisais le stage, je ne sais pas si tu te rappelles, à Surger. Et les deux profs invités étaient Clément Garrec et Thierry Cance.
- Speaker #0
Ah oui, une belle année de Surger,
- Speaker #1
je me souviens très très bien. Et donc, je quitte la classe de Thierry Cance pour aller dans la classe de Clément Garrec. Donc là, Clément Sonnier me dit, bon, j'espère que tu as prévenu. Oui, oui. Bon, je ne l'avais pas prévenu. J'appréhendais ce moment de dire à Thierry Cance, en fait, je ne viens pas parce que j'ai été pris à Paris. Ce n'est pas évident. Donc, j'ai pris mon courage, j'ai fait un mail à Thierry Cance en lui indiquant avant le stage, bien sûr, que j'allais à Paris. Bon, il l'a pas mal pris et le stage s'est très bien passé. Donc voilà, je suis dans la même promotion que Lucien Renaudin à Paris.
- Speaker #0
et Et parlons justement de ces années CNSM qui sont, j'ai l'impression, à éclos. Évidemment, parlons de Clément Garec, ton professeur que tu as eu. Quels ont été les grands enseignements de son enseignement, de sa pédagogie ? De son coaching, j'ai envie de dire, parce qu'il est souvent défini un peu de cette manière. Mais aussi l'ambiance du conservatoire, l'écosystème. On est de la même génération, on l'a dit. On ne va pas se répéter, mais on a toujours grandi et vécu ensemble. les... J'ai eu l'impression, certainement que c'est de ma génération, donc c'est certainement un petit peu exacerbé, mais que vous avez tous grandi ensemble. Évidemment, je pense au Ravière, au Célestin, à tous ces gens-là. Une émulation qui était vraiment saine et dynamique.
- Speaker #1
Effectivement, c'est un sujet qu'on ne peut qu'aborder parce que ce sont des années particulières avec plein d'émotions très denses. L'arrivée dans la classe de Clément Garrick et Pierre Gillet, Bon bah t'arrives à un peu la boule au ventre Les premiers cours c'est toujours un peu particulier Mais très vite mis à l'aise par les autres élèves Que t'as cités Par Clément Garec, Pierre Gillet aussi Voilà Exigeant mais toujours bienveillant Tu l'as dit Clément Garec a la réputation d'être un merveilleux coach Et j'ai vérifié Cet aspect là Et j'ai adoré les 5 ans Enfin les 4 ans que j'ai passé avec lui Ont été juste Non j'ai passé 5 ans avec lui 4 ans Avec Clément Garrec, j'ai vécu le changement. 4 années, magnifique. Oui, effectivement, j'ai développé un peu le côté laniac. J'appelle ça vulgairement laniac. L'envie de bien faire, l'envie d'y aller, pas d'aller au combat, mais de montrer ce qu'on peut faire, ce que je savais faire à l'époque. Et Clément Garrec, il est juste génial pour aller dans ce sens-là. À côté de ça, le travail perso qu'on faisait avec Donc... Célestin, Ravir, François Petitpré, Marc Alentier, tous les matins c'était chauffant. Peu importe la veille, ce qui s'est dépassé, c'est à 9h au plus tard, on faisait nos chauffes collectives et c'est juste une chance de pouvoir travailler pendant des années avec une émulation saine. Non mec, ça va pas ce que t'es en train de faire, c'est pas homogène la touche, ah ouais mince, et forcément que tu progresses 10 fois plus vite.
- Speaker #0
Et justement tu peux nous parler des grands enseignements, avec l'orcul, maintenant que t'es plus musicien d'orchestre ? Tu te dis finalement les choses que t'as pas forcément conscientisé au moment où t'étais étudiant et te dire avec Clément Garac, ah oui en fait ça, il m'a vraiment...
- Speaker #1
Le caractère, le tempérament, le tempérament de jeu, le tempérament perso, mais qu'il se passe quelque chose, que ça soit pas plat comme ça, qu'il y ait un dialogue convaincant et d'être convaincu de ça aussi. Pour exemple, on en a parlé avec Ravir, parce qu'il est venu te voir pour le podcast il y a peu de temps, donc on a fait un petit débrief de nos années. Et c'est lui qui m'a remémoré la fois où j'étais au pupitre pour travailler Thomasie. Et ça ne devait pas aller à M. Garec. Donc il me dit, ok, pose ta trompette, tu te mets debout sur la chaise et tu chantes. On ouvre les fenêtres, je veux que tu réveilles le conservatoire. Et dans ces moments-là, il y a toujours des visiteurs qui passent. Je suis debout sur la chaise et je ne sais plus, je ne veux plus dire de bêtises, mais voilà, tu as des invités qui passent et là, tu es là, ok. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils te lâchent. continue et là juste des souvenirs des souvenirs incroyables et du coup ça permet voilà de au bout de quelques minutes se lâcher tu reprends la trompette et effectivement c'est différent alors c'est peut-être pas très conventionnel mais en attendant ça marche voilà enfin ça a marché pour moi très bien et parlons de la suite du parcours je
- Speaker #0
me souviens aussi de cette dans cette émulation il ya des concours d'orchestre des premières Tours passés, des finales, mais aussi ta première expérience professionnelle avec la musique des Gardiens de la Paix, tu peux nous parler de ça ?
- Speaker #1
Oui bien sûr, alors effectivement à partir de mon arrivée à Paris, il y a eu pas mal de concours d'orchestre, je pense qu'il y en avait en moyenne 2-3 par an, donc ce qui est quand même pas mal, jusqu'à 5 des fois. Et les premiers concours ont plutôt bien marché. Mon premier concours, c'était à l'ONPL, quand Maxime Fascal est rentré. Donc là, je passe un tour. Oui, c'est ça, je passe un tour. Donc déjà, pour moi, très surpris, agréablement. Le concours d'après, au Capitole de Toulouse, où Nico Pardo rentre. Et là, on se retrouve en finale avec Nicolas, donc Célestin et moi. Et là, j'hallucine. Enfin, je me dis, oh, OK, c'est génial. Je suis peut-être pas loin. et peu de temps avant j'étais venu peut-être 10-15 jours avant, j'étais venu à ton atelier parce que Clément Garec m'avait viré de cours et m'avait dit « Tu vas faire dévernir ta trompette et changer ta branche » .
- Speaker #0
C'était un mardi soir. Et en sortant, tu te souviens ?
- Speaker #1
Oui, il m'a appelé parce qu'il s'était fait voler son pot d'échappement. Il m'a demandé si je n'avais pas vu des loups-barres à traîner près de son scooter. Bref, il fallait que je revienne le lendemain en cours avec la trompette dévernie ou je ne revenais pas. Donc tu as été hyper réactif parce que je ne suis pas arrivé chez toi de bonne heure. Et donc, je me suis dit, si tu viens de me dire ça...
- Speaker #0
C'était au sous-sol de chez mes parents. C'était au sous-sol. Oui, il y a longtemps.
- Speaker #1
Et donc, ça a apporté ses fins. En tout cas, la patte de son qui en est sortie a plu au Capitole. Donc j'en ai récupéré des bons retours en plus. Et donc là, il y a quand même une prise de conscience sur les enjeux. Parce que là, j'étais jeune, insouciant. J'y allais la fleur au fusil, comme tu as dit tout à l'heure. Et de là, après, il y a une petite conscience qui se met en place de « Ok, bon, en fait, peut-être que je peux me placer, peut-être que ça peut marcher. » Et après, les concours qui ont suivi ça, la démarche n'était plus la même, l'état d'esprit n'était plus la même. Et après, j'ai eu un petit down ou quelques concours où je ne passe plus un tour ou je m'arrête au deuxième tour. Et je me rappelle notamment du concours à Bordeaux où Campierre est rentré. Et là, j'ai chialé. J'ai appelé mon père, j'ai fait « Putain, ça va encore fort, chialer et tout. » Et là, j'étais vraiment touché. par les défaites, si on peut appeler ça comme ça. Après, il y a eu le concours à Montpellier, où là, je l'attendais fort, Je crois que j'étais déjà à l'APP, là. Mais quand même, tu te dis, c'est le concours que je voulais. Allez, encore un coup sur la tranche.
- Speaker #0
Mais bon,
- Speaker #1
j'avais ma place à l'APP à ce moment-là.
- Speaker #0
C'était une libération, cette place à l'APP pour toi ? D'avoir une espèce de sécurité, un salaire, quelque chose ?
- Speaker #1
Ça a été une sécurité. J'étais proche de la fin du CNSM, de mon cursus. Et donc ça a été une libération parce que j'avais un endroit pour continuer de travailler. Ça a été ça, plus que le salaire. Enfin, forcément, une situation financière stable, bien sûr que c'était bienvenu à ce moment-là. Mais surtout, j'avais un endroit où je savais que j'allais pouvoir bosser. Parce qu'une fois que tu sors du sup', à moins de faire un autre cursus, musique de chambre ou quoi, t'as plus accès. Encore moins maintenant, parce que c'est devenu très drastique.
- Speaker #0
Mais quand tu dis un endroit où bosser, c'est évidemment bosser sa trompette dans une salle. Oui,
- Speaker #1
donc j'avais un taf et un endroit pour travailler personnellement. Et puis à l'APP, j'ai rencontré, j'ai passé très bon moment à l'APP, tu connais bien l'équipe. David, Thierry, Arnaud, tout ça, on a eu de belles parties de rigolade avec nos déplacements, tout ça. Alex Oliveri, avec qui j'étais au CNSM, a intégré l'Orchestre de la Police, donc heureux. t'as ton pote qui arrive, c'est génial et on a vécu le Covid aussi peu de temps après j'ai une anecdote là-dessus,
- Speaker #0
je me souviens très bien d'une Marseillaise tu peux raconter ça ? vas-y on est là pour ça de mémoire, si je ne me trompe pas tu as bougé pendant le Covid j'avais la carte de police donc j'étais descendu à Montpellier ah bah ça c'est une belle anecdote aussi la carte de police pour après, bien vu Euh... Et donc il a fallu jouer à ce moment où il y avait des vidéos un peu interposées où tout le monde jouait son morceau. Et tu as joué la Marseillaise mais tu n'avais pas ton uniforme donc de mémoire...
- Speaker #1
J'étais parti à Montpellier histoire de profiter un peu.
- Speaker #0
Donc tu as joué avec une espèce de chemise avec une ficelle rouge pour simuler.
- Speaker #1
Oui en fait l'été c'est la tenue blanche avec la fourragère. Donc c'est des petites vignettes quand tu fais ces vidéos là, ce format là. Donc je me suis dit bon j'ai pas le choix, c'était une obligation et il fallait le faire. Donc bon bah là tu trouves une chemise blanche ça va et puis après bon bah... Je ne sais plus ce que j'avais pris, mais j'avais dû défaire les affaires de Louis, prendre des trucs. Et voilà, tu te mets une fourragère et j'avais collé des scotchs. J'avais trouvé des scotchs pour les galons.
- Speaker #0
Dans les plaquettes, ça ne se voyait pas. Mais quand tu le savais, ça faisait vraiment le déguisement.
- Speaker #1
Mais finalement, il n'y a que le monteur qui le savait. Mais ouais, donc à l'APP, c'est formateur. C'est très, très formateur. Tu connais le job. Faire les cérémonies sous la flotte, attendre pendant des plombes. Alors, sous la flotte, c'est une chose, mais en plein soleil, je crois que c'est plus dur.
- Speaker #0
Et quand tu es à ce moment-là, est-ce que tu as déjà, évidemment, l'ambition de refaire les concours, mais est-ce que tu as l'ambition, parce que tu vois, là, tu disais des échecs que tu as vécu de manière un peu dure, notamment, tu vois, sur des pauses de deuxième. Est-ce que tu dis, non, mais moi, je veux être solide dans un des grands orchestres de Paris où l'ambition, elle vient plus tard ?
- Speaker #1
Non, je n'ai jamais eu cet objectif de... J'ai jamais visé que des postes de trompette solo, j'avais pas cet état d'esprit là. Je faisais les concours quand ils arrivaient en fait, tout simplement. Tu vois j'ai fait des postes de deuxième, notamment à l'ONPL, au Capitol, à l'Opéra. Mais c'est vrai qu'en avançant un peu, je vois que les postes de trompette solo que je fais, bon bah je suis pas toujours ridicule, je dis bien toujours. Et juste avant de rentrer à la police, il y avait eu le concours de trompette solo à l'Orchestre de Paris. Où cette fois-ci le concours avait été infructueux. Donc je passe de finaliste au concours de trompette solo, après à la pépé, et j'ai eu des commentaires genre « Ah, dis donc, ça change un peu quand même ! » Donc bon, heureusement, vu que je suis un peu naïf, je ne l'ai pas pris mal, mais j'y ai quand même réfléchi après. Et non, après j'ai continué de travailler mon instrument, je continuais d'aller voir des personnes, j'étais toujours en contact avec Alexandre Bati, parce qu'il faudra qu'on parle du changement de prof aussi.
- Speaker #0
parlons-en peut-être parce qu'on va parler après de l'orchestre mais justement dans toute cette période là comme tu dis il y a Alexandre Bati donc au CNSM pour contextualiser il y a un changement de prof parce que Clément Garrec et Antoine Curé partent en retraite et donc c'est à ce moment là que sont recrutés Alexandre Bati, Marc Gujon et donc toi tu te retrouves dans la classe d'Alexandre Bati et Stéphane Gourva et donc oui en quoi justement il t'a aidé dans Dans ce moment où tu passais les concours, lui qui est une bête de concours et qui est réputé comme tel, après avoir été bien coaché par Clément Garec, est-ce que tu peux nous parler de ça ?
- Speaker #1
Ça a été hyper complémentaire de faire ces quatre années avec Clément Garec et les deux ans avec Clément Garec et Pierre Gillet. Et ces deux ans avec Alexandre Baptiste et Stéphane Gros. Vraiment, si c'était à refaire, je referais exactement pareil. Parce qu'on en a parlé tout à l'heure, le côté tempérament, coaching de M. Garec et M. Gillet. Et après, l'étape d'après avec Alexandre-Baptiste-Stéphane Grouva, c'était d'être ultra, ultra, ultra pointilleux. Mais vraiment, un point, un trait, ça se respecte. Et Alexandre est très, très intransigeant sur ça. Le caractère, l'expression, passer d'un trait d'orchestre, on les enchaîne en concours, musique française, musique allemande, vienne, enfin voilà. Il attachait beaucoup d'importance. aux enchaînements de traits, sur le fait que ça soit très audible, musique française enchaînée sur du Bruckner. Donc on a beaucoup travaillé ça, les enchaînements, l'exigence. Et pour la petite anecdote, le premier cours avec Alexandre Batti, ça a été un peu raide comme changement. Ça c'est pareil, c'est un souvenir qui va rester. Donc ils viennent en classe pour se présenter et pour annoncer un petit peu comment les choses vont se passer, comment ils voient les choses. Et donc dans leur... dans leur façon de procéder, ils parlent pas trop de concours. Et quelques semaines ou très peu de temps après, il y avait le concours à l'Orchestre de Paris, le concours que ça laissait à remporter. Et donc moi, je lève la main timidement. Oui, mais pour les concours, les traits d'orchestre, du coup, ça se passe comment ? Parce que là, il y a l'Orchestre de Paris. Et là, Alexandre a saisi la branche. Il me dit, ah, parlons-en. Eh bien, tu vois, c'est très bien. Mais alors, Jusme, il fait des finales, mais il gagne pas. Donc, c'est qu'il y a des choses à régler. Je fais, oui. Et là, je le prends, mais genre, je me fais transpercer. Je redescends de 14 étages. Mais bon, je l'ai quand même fait. Ils m'ont quand même préparé au concours. Encore les trois mêmes finalistes. C'est l'estime gagne. Et puis de là, après, on a construit les choses. Et pareil, la paire Alexandre-Baptiste-Stéphane-Gourva, juste génial. Il avait vraiment le travail de détail, très rigoureux. Et Stéphane faisait les séances techniques. Où là, on déroulait un peu, on soufflait. C'était plutôt actif comme...
- Speaker #0
Très bien, et parlons justement du concours que tu gagnes à l'Orchestre National, d'abord Cornet Solo. Comment tu le prépares ? Je me souviens que c'était un été... C'était en septembre, oui.
- Speaker #1
C'était en septembre ou octobre, enfin très proche de la rentrée. Et j'ai saisi l'opportunité de ce concours à la rentrée en me disant, en fait c'est pas compliqué puisque c'est l'été. Donc soit je profite de l'été, comme la plupart des gens, ou soit je m'enferme et je bûche. Et du coup, je me suis enfermé. J'ai quitté Paris pour aller dans la région d'Angers, pour m'isoler à la campagne. Et bûcher, bûcher, bûcher. J'ai entrepris aussi un travail sur l'aspect physique et mental, coaching physique et mental. J'ai fait appel à Patrick Roger, qui est l'ancien corps anglais de l'Opéra de Lyon. Et j'avais déjà commencé ce travail avec lui en amont pour préparer le concours de Lille, mais il y a eu le Covid, donc tout s'est interrompu. Et donc, on a repris ce travail et un travail qui a été juste ultra, ultra bénéfique. Alors... Il faut jouer le jeu de ce genre de travail, je pense, vraiment, il faut y croire. Et juste pour une anecdote sur ça, il faut tout simuler, il faut tout visualiser. Même mettre la main dans le panier pour le numéro que tu vas tirer, ça se simule aussi. Et il te dit, bah, quel numéro t'aimerais ? Ok, numéro 5, impeccable. Et bah, tu visualises, tu fais ton parcours avec ce numéro. Le jour J, je fais quoi ? Je tire le numéro 5. Tu te dis, mais c'est pas possible. Donc déjà, tu te dis, bon, ok, ça t'engage dans une démarche où... plutôt serein. En tout cas, du coup, le contexte est très familier, vu que tu l'as visualisé des dizaines et des dizaines de fois. Donc j'ai joué, j'ai passé tous les tours, et forcément de manière plutôt... Tout était agréable. Et je me rappelle de Yoko Kojiri, pianiste de la classe qui m'a accompagné au concours, qui m'a dit, quand on a joué le premier concerto de Brandt, il m'a dit, mais on a passé un super moment, non ? Je fais, bah ouais, c'était cool. Pas du stress, mais juste le bon stress. pas celui qui te submerge, tout dans le contrôle et puis voilà du coup je sors vainqueur de ce concours et là je me dis bon, tu rentres dans un autre dynamique c'est plus le même orchestre, c'est plus le même job il faut jouer quand même de la trompette mais ça reste un peu plus diff c'est différent, avec un petit peu plus d'exigence les chefs sont pas les mêmes que ceux qu'on peut trouver à la police donc tu rentres à l'orchestre,
- Speaker #0
c'est pas la même dynamique et à quel moment justement qu'est-ce que tu te dis à rentrer dans cet orchestre qui est quand même une institution ? c'est pas n'importe quel orchestre qui a un nom c'est ce que j'ai déjà dit dans d'autres podcasts j'ai déjà entendu ça avait pas mal de gens mais c'est vrai qu'il y a un nom très très Comment tu es éloquent, pompeux, orchestre national de France. Avec une forte tradition, tu es à la radio. Comment tu découvres cet univers ? Tu disais, on rigolait tout à l'heure avec cette histoire de chemise, etc. Là, tu arrives, tu es une espèce de galon invisible. L'orchestre national de France, comment... J'imagine que la vision de tout le monde de trompettistique change. Est-ce que tu as senti que ça ? Ou non, tu étais dans ton truc, et puis non, pas forcément ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai pris la mesure en intégrant l'orchestre Parce que sans être assez à la chaise Tu peux pas Pour moi c'était pas concret Donc le fait de m'asseoir à la chaise Et d'entendre les collègues Parce que j'étais corne et solo 3ème trompette Honnêtement plus 3ème trompette que corne et solo A ce moment là Tu sens que la tradition en fait elle est transmise Forcément par les collègues qui t'entourent Et voilà qui te font comprendre Que bon bah telle oeuvre on la joue comme ça ce qui n'est pas forcément marqué sur la partition il y a des petites subtilités de jeu qui est vraiment propre à l'orchestre et surtout qui leur est très important donc de toute façon t'as pas d'autre choix que de jouer le jeu parce que c'est comme ça déjà tu vas pas à l'encontre de ce que te disent les mecs en stage mais puis en fait tu te rends compte que bah oui en fait ça prend quand tout le monde fait ces petites subtilités tu fais ah ouais ok en fait c'est ouais c'est cool Merci. Ça change de ce que j'ai pu faire avant. Et ça rend les choses magiques. Donc voilà, la transmission, pour moi, c'est les collègues qui ont fait leur taf là-dessus. Et puis après, tu parles de l'environnement trompettistique autour de ça. Moi, je n'ai pas remarqué spécialement...
- Speaker #0
C'est surtout que ça allait très vite, en effet, entre le moment où tu passes cornet solo à trompette solo. Le concours arrive finalement très très vite. Mark Bauer part en retraite.
- Speaker #1
En fait, je n'ai même pas joué avec lui. Ah,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Même au poste de corne et solo, il m'a passé un coup de fil début décembre pour me dire qu'il partait au 31 décembre. Et moi, j'ai commencé le 8 février. Alors je ne sais plus l'année.
- Speaker #0
Donc tu arrives au troisième trompette corne et solo en sachant que dans six mois, tu as le poste de trompette solo potentiellement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tout de suite, ça a été une target ?
- Speaker #1
Oui. Clairement, je me suis dit, en fait, continue. Tu es sur la lancée, le timing est parfait. Ça ne faisait pas assez de temps que j'étais à l'orchestre. pour être catalogué 3ème trompette ça me laissait pas trop de temps pour faire des bêtises aussi donc bien sûr que je me suis dit vas-y en fait je le fais j'ai rien à perdre, j'ai ma place et puis j'avais pas le poids de se dire tiens tu vas jouer devant des collègues parce que j'étais pas installé à l'orchestre et puis fallait déjà que je sois titularisé qui est enfin. Il y avait déjà quand même une étape, c'était la titulation.
- Speaker #0
Si tu n'étais pas tituosé, j'aurais une deuxième chance. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
J'aurais pas eu de problème, du coup. Non, mais il y avait déjà... J'ai quand même fait attention de prendre les choses dans l'ordre. C'est-à-dire de faire ma période de trois mois de stage correctement. Chose qui s'est plutôt bien passée, je crois. A priori. Et du coup, j'ai annoncé aux gars après que j'allais faire le concours. Donc, ils ont été hyper arrangeants sur le planning. J'ai eu droit... Ils m'ont laissé deux, trois semaines, voire peut-être un mois, je crois, avant le concours, sans rien, pour que je puisse le préparer dans de bonnes conditions. Donc, tu vois, quand ça se passe comme ça, tu te dis, bon, ben ça va, ils sont pas contre l'idée que je le fasse, tu vois. Et pareil, le concours, du coup, il a été à peu de temps après les vacances, encore une fois. Un an, en fait, j'ai enchaîné concours, période de stage, concours.
- Speaker #0
Et par deux stages, donc ça a duré quasiment un an et demi.
- Speaker #1
Deux étés un peu studios. Je t'ai bien rattrapé, sache-le. C'est vrai,
- Speaker #0
j'avais pas l'impression. Mais oui, mais en fait, ça en vaut tellement la chandelle. Tu te dis, mais en fait, il n'y a pas de problème, c'est bon. Et puis l'été, tu peux quand même en profiter, t'en profites un peu plus raisonnablement.
- Speaker #1
Et justement, en parlant de ça, justement, donc t'arrives, enfin t'arrives, t'es déjà donc... troisième trompette, tu passes premier, et je sais pas, là, il y a une espèce, il y a le poids de la chaise, le poids de l'histoire, est-ce que tu ressens ça ? Ou tu t'essayes de t'en détacher ? Comment tu sens cette... tu vois, cette... voilà, tu es le symbole de quelque chose, quand même.
- Speaker #0
Quel symbole ? Non, je ne le prends pas à la mesure... Ok, trompette solo de l'Orchestre National de France, ça, c'est bon, j'ai bien capté le nom, à ce moment-là. Mais j'ai pris conscience de ça au fur et à mesure. déjà quand tu dois te taper des tuiles de ce qu'est vraiment le job et aussi sur les à côté c'est à dire qu'on te propose on t'appelle faire des masterclass tiens faut jouer en soliste et là je fais ah oui en fait c'est ça et en fait quand on t'invite alors en masterclass c'est une chose quand on t'invite pour jouer en soliste on attend le trompette solo donc voilà il y a quand même un... Selon les régions où tu vas, il y a quand même plus ou moins d'étoiles dans les yeux ou de respect pour mesurer les propos. Il y a une attente en fait. Donc c'est au fur et à mesure sur les projets qu'on te propose que moi j'ai pris la mesure du job.
- Speaker #1
Et si on parle de ce job, pareil comme je te dis, on se connaît très bien. J'ai toujours eu l'impression que tu es quelqu'un, tu es un homme du collectif, tu es un team player. Et t'aimes la collectivité, t'aimes le partage, sous toutes ses formes. Comment, justement, j'ai l'impression que c'est un rôle qui te tient au-delà de la musique, qui te tient vachement à cœur, l'aventure humaine qu'est l'orchestre.
- Speaker #0
Bien sûr, effectivement. Mais je n'ai pas encore évoqué le truc, mais c'est vrai que quand j'étais jeune, de mes 7 à 20 ans, j'ai fait du sport-co, je faisais du basket. Et je pense que ça a beaucoup joué dans ce truc de voilà. collectif, je me suis retrouvé capitaine de nombreuses années de l'équipe dans laquelle j'étais et je pense que ça s'est développé je pense pas que j'avais ce leadership à la naissance mais ça s'est développé grâce à ça et puis après,
- Speaker #1
plus il y a de monde tu l'as conscientisé ça parce qu'en effet, ce côté leadership moi j'étais témoin de ça et je me suis dit du jour au lendemain Alors... Peut-être aussi c'est moi, mais dans la vision, je me suis dit, on sent qu'il a ce truc-là en lui et il n'a pas besoin de le faire. Du coup, il arrive à emmener les gens avec lui et je trouvais ça assez beau. Même des anciennes générations qui étaient fiers de TD, tu vois, je pense à des gens que j'ai déjà interviewés d'ailleurs sur le podcast, des gens comme Paul Quénesson qui voient en toi ce côté leadership, ils sont fiers de TD. J'ai senti, dans ce côté collectif, une génération du... de gens qui étaient là depuis longtemps, qui étaient fiers de passer ça et d'avoir un nouveau leadership. Je pense à Fred Boulan qu'on embrasse qui dit un nouveau chef de rayon.
- Speaker #0
Merci Fred. Non, alors effectivement, les personnes comme Jean-Paul, François-Christin, avec qui on partage la loge, donc forcément que je côtoie plus que le reste d'autres, et puis mes collègues euh... Greg, Dom, ils ont toujours eu des petits mots gentils, bienveillants au long de ma période de stage et même un peu après aussi. Voilà, ça peut encore, je peux encore l'entendre. Et c'est vrai que ça stimule, ça motive et tu te dis, bon, ça va, je suis dans le bon, pour l'instant, je fais pas de faux pas. Mais bon, c'est des mots bienveillants, c'est bien, mais et... Il n'y a rien d'autre que l'expérience pour acquérir, pour vraiment avoir le job en soi. Et tu vois, c'est drôle qu'on parle de ça, mais il y a quelques semaines, moi maintenant, Dominique Brunet qui me dit, putain, je ne sais pas comment on en est venu à parler de ça, mais sûrement autour d'une bière. Il me dit, il y a quand même eu du changement là Rémi, franchement, ça y est, tu as la chaise. Et Sarah Nemtanou m'avait dit, quand je suis arrivé, il faut cinq ans pour avoir la chaise. Donc j'entends ces mots de la part de Dominique et j'ai dit bon, écoute, a priori je suis toujours dans le bon, ça va, j'ai pas pris trop de retard. Mais effectivement, je me suis senti soutenu de la part de mes collègues, de mes aînés. Ça a été très agréable quand même.
- Speaker #1
Et tu as ce truc-là en toi, que ce soit à l'orchestre ou ailleurs, justement, tu as un grand respect des aînés. J'ai toujours ressenti ça et c'est un truc qu'on partage en plus. Oui,
- Speaker #0
mais parce qu'on a beaucoup de respect pour les aînés aussi. Moi, j'aime bien passer du temps avec les aînés pour ne serait-ce que les anecdotes à l'orchestre. C'est des sujets de conversation différents de quand on est entre nous. Ce ne sont pas les mêmes soirées. J'aime beaucoup parler avec les générations au-dessus de nous.
- Speaker #1
Très bien. Comme tu le sais, le podcast se nomme Cuiso à la française. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
- Speaker #0
Forcément, on l'a dit tout à l'heure, des traditions de par la chaise que j'ai dans l'orchestre où je suis. Et puis, on a quand même un passé extraordinaire. On écoute aussi beaucoup de... de musique au-delà de la variété classique. Et on a un affect pour les musiques de film aussi. Tu vois, tout ce patrimoine de musique que les plus grands nous ont laissé. Voilà, il y en a deux beaux là. Moi, j'ai beaucoup, beaucoup de... Comment dire ? C'est pas une priorité que de la transmettre, mais quasiment quoi. Je veux que ça reste. Je ne veux pas que ça soit trop dénaturé non plus, même si ça évolue forcément. Mais c'est pour ça que tu m'as fait un bignou qui va dans ce sens-là. C'est pour ça que je joue la Alfred aussi à l'orchestre. C'est pour que notre identité de trompettiste français, de son, de cuivre à la française, perdure encore et encore. Parce que maintenant, on joue les palettes aussi, tu vois. Il y en a même qui jouent beaucoup la palette, qui font leur technique avec, tout ça, c'est génial. Mais moi, dans mon enseignement, ce n'est pas un truc qui m'est important, la palette. On la travaille pour les trades orchestres, oui, mais la piston, ça reste la priorité pour moi.
- Speaker #1
Très bien, il y a plein de sujets dont on va parler. Parlons de pédagogie. Tu es pédagogue depuis quelques années. Qu'est-ce qui est important pour toi dans le fait d'enseigner ? Qu'est-ce que tu transmets à tes élèves et qu'il est important de transmettre à ses élèves ? pareil dans cet esprit collectif j'ai toujours eu l'impression dans cette dimension là qu'il était important pour toi de transmettre ce que toi même tu as reçu aussi bien sur le côté trompettistique et technique mais aussi dans cette dimension autre qu'est l'ambiance etc. qui sont importants pour toi,
- Speaker #0
tu peux nous en parler oui et comme tu l'as dit je fais en sorte de reproduire ce que j'ai vécu Merci. vu que ça m'a été ultra favorable, bénéfique. Je me dis que la recette marche. Donc la passion, la bienveillance, mais quand même l'exigence avant tout. Et surtout que ça soit une ambiance de classe saine, que tout le monde se tire vers le haut, qu'ils viennent tous ensemble bosser le matin. Alors, j'ai commencé le premier poste d'enseignant que j'ai eu. Hormis quand j'étais étudiant à Montpellier, à Paris c'était au concertant du 20ème. Quand Pierre Gilet est parti, j'avais des petits. Donc là c'est plus compliqué pour l'ambiance de classe. Mais la responsabilité aussi de débuter les élèves, la position, l'implication, faire comprendre aux parents qu'il faut bosser un petit peu tous les jours. C'est d'autres difficultés à d'autres moments du cursus des élèves. Mais pour en revenir aux élèves que j'ai là à Rueil, l'ambiance de classe est primordiale pour que tout se passe bien, qu'ils aient envie de venir bosser, qu'ils soient motivés de bosser même s'ils sont tout seuls, leur faire voir du répertoire, leur dire que les stages l'été c'est ultra informateur. Et je suis dispo pour eux, je n'ai pas compté les heures mais je pense que je suis un peu au-delà du papier. Parce que Manuel a été aussi, et quand il y a des échéances, il faudra arriver,
- Speaker #1
Très bien, justement, sur le côté pédagogique, j'ai envie de parler d'un moment phare de nos années, mais des années, justement, c'est... Alors évidemment, en plus, toi, tu as été prof sur deux stages, mais justement, est-ce que tu peux donner à des jeunes étudiants qui ont envie de faire des stages, évidemment, parler de surger à laquelle tu es prof et où il se passe des choses phénoménales, et puis, par le passé, tu as été prof à Cuvan Pays Basque, parler de ça, mais en effet, je trouve que... Il se passe des trucs dans les stages, il y a des déclics qui peuvent se faire dans ce type d'endroit. Tu vois les profs dans un autre cadre, tu peux nous en parler de ça. Particulièrement de Surgère, donc tu es prof où il y a une ambiance un peu magique là-bas.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et en plus de ça, ce qui est assez magique à Surgère, je trouve, c'est que c'est un stage qui est... Ils ont fêté leur 20 ans. Voilà, même plus, 25 je crois. C'est énorme. Et tu t'es inscrit dans une nouvelle génération de profs qui est arrivée. Et il y a une espèce de transmission entre les anciens et les nouveaux, et je trouve ça fabuleux à voir.
- Speaker #0
En plus, j'ai la chance de pouvoir en parler à peu près objectivement, parce que j'ai la vision de l'élève que j'étais au moment où je faisais les stages, et là, de le vivre de l'autre côté. Donc, c'est les meilleurs moments, parce que le contexte est complètement différent, on a quitté le foyer, on est un peu exotiques. comme ambiance et surtout on peut passer des moments avec les profs privilégiés, échanger et aborder des sujets qu'on n'aurait pas osé aborder pendant l'année ou devant d'autres élèves. Et surtout c'est qu'on a un panel de profs, l'année t'as un prof, sur une semaine t'as 5, 6, 7 profs. Autant tu peux te perdre mais autant tu peux prendre des infos de partout et après tu fais le tri et ça c'est juste incroyable. pour parler de surger entre midi et deux aller à un petit tournoi de foot on se taquine, on se chambre l'après-midi parce qu'il a pris un petit pont donc c'est vraiment une autre atmosphère le soir, en plus maintenant il y a le festival donc on va se poser au château un cadre qui est quand même très sympa donc ça peut désamorcer des discussions effectivement et beaucoup toujours d'échanges et les élèves rencontrent d'autres élèves ils écoutent d'autres élèves d'autres régions
- Speaker #1
On ne se rend pas compte quand on est élève à quel point on nourrit, on fait son réseau dans ce genre de stage. Ça commence là. Et évidemment dans certains concours mais c'est vrai que moi il y a plein de gens je réfléchis quand je l'ai rencontré c'était quand j'étais moi-même stagiaire et tous les gens de ma génération, on a beaucoup. Et c'est vrai que quand tu es étudiant, tu ne te conscientises pas forcément. Tout ça, tu vis ton truc et puis voilà, tu ne te rends pas forcément compte.
- Speaker #0
Non, parce que il n'y a pas de carrière à ce moment-là. on n'est pas là-dedans. Mais c'est vrai que le réseau, ça commence là. Tu vois, donc il y a eu surger où, en plus, tu le sais, mon père est natif de quelques kilomètres, donc j'ai toujours ma grand-mère là-bas. Donc il y a aussi cet aspect familial qui m'est cher. Donc c'est toujours un plaisir. Quand Clément m'a proposé d'intégrer le stage, j'étais très honoré. En plus d'enseigner avec Manu, qui était mon professeur. Et tu l'as dit aussi, j'ai fait deux ans à Cuvran-Pays Basque, où là, c'est pareil. Tu passes des moments, tu les vis avec nous, un cadre de folie, des gens superbes. Et dans ces deux cadres-là...
- Speaker #1
On y trouve même l'amour.
- Speaker #0
Oui, je t'aime, chéri. Mais bien sûr, on y fait des rencontres.
- Speaker #1
Exactement. C'est bien dit.
- Speaker #0
C'est des endroits où on s'est tapé des fourrures énormes, aussi bien l'un qu'à l'autre. j'incite les élèves à vraiment réfléchir à faire des stages alors ok il y a l'aspect financier c'est des vrais investissements c'est un investissement exactement très bien,
- Speaker #1
maintenant parlons de matériel t'as commencé à en parler parlons de ce projet qu'on a mené ensemble moi j'étais super fier de faire cette trompette avec toi, pour ceux qui n'ont pas vu passer la chose, donc on a mis au point une trompette ensemble qui s'appelle la trompette Ludovic mais qui s'inscrivait un petit peu dans tout Merci. nos valeurs communes que sont évidemment la trompette française, le patrimoine. Elle s'appelle Ludovic en hommage à Ludovic Vaillant, qui était ton prédécesseur il y a bien longtemps. C'était le premier trompette solo et on est allé retrouver son arrière petite fille qui nous a mis à disposition une trompette, etc. Tu peux nous, alors moi forcément je ne suis pas très objectif, mais comment toi tu as vécu ce truc-là, nous parler de cet instrument et ce qu'il te procure au quotidien ?
- Speaker #0
Je vais être transparent là-dessus, c'est-à-dire que tu m'as fait un proto qui était déjà nickel. Donc, j'ai rien, j'ai pas grand-chose, j'ai pas fait grand-chose.
- Speaker #1
Non mais c'est vrai, parce que tu me connais,
- Speaker #0
parce que...
- Speaker #1
C'est rigolo, parce qu'on se connaît tellement, qu'en fait, ce qui est très plus dur dans mon métier, c'est de comprendre et de faire les choses et de comprendre, tu vois, avec Ibrahim Malouche, le temps qu'on accorde nos... Je comprenais exactement ce qu'il voulait, il a fallu un an, un an et demi. Et c'est vrai qu'on se connaissait tellement, qu'une fois que tu m'as dit ok, on va le faire, etc., Je savais ce que tu faisais, et donc du coup je savais surtout même mieux que toi presque.
- Speaker #0
Oui bah peut-être bien, oui, parce que c'est vrai que je suis pas un fada de matos, d'embouchures, de branches, je serais incapable de... il faudrait que je sois capable d'expliquer comment t'as conçu la trompette, tu vois, mais je suis arrivé, je me rappelle que tu m'as engueulé parce que j'étais venu sans ma trompette en plus. J'avais que mon embouchure dans la poche, j'ai pas dit bah qu'est-ce que tu fais là ? T'as vu ta trompette ? Je sais pas, tu m'en as fait une, donc... Et on a fait deux réglages, et la trompette, la touche, le machin homogène, j'ai fait, bon, bah d'accord. Non,
- Speaker #1
puis après, moi, dans ce projet-là, je te le dis, j'ai un micro, j'ai l'occasion de te le dire, mais je suis honoré, et j'ai l'impression d'avoir donné un outil à un copain de singularité, de différenciation, de raconter une jolie histoire, et qui en plus de ça, évidemment, me sert à moi aussi, mais l'aventure humaine, l'aventure de copain, elle est la plus forte du tout.
- Speaker #0
Non, mais bien sûr, et puis j'étais le premier touché de... de ce projet ensemble.
- Speaker #1
Très bien. Avant de passer à une boîte à questions, j'ai une surprise pour toi. J'ai des questions qui viennent de gens qui te sont chers. Je reprends mon fichier.
- Speaker #0
J'ai peur.
- Speaker #1
Question de Gabriel Géant, ton premier prof.
- Speaker #0
Oh ! Tu vas me faire chialer la vie.
- Speaker #1
Que conseilles-tu à de futurs musiciens en herbe pour affronter ce chemin qui mène à ce métier ?
- Speaker #0
Pour des musiciens en herbe, ce que je leur conseille, c'est de... De travailler un petit peu tous les jours, ça déjà c'est la clé. Et surtout, la pratique collective quand on est petit, c'est ce qui stimule le plus je pense. Donc c'est d'être très assidu quand on a les orchestres à l'école. Et de profiter de ces moments-là parce que c'est des rencontres, c'est de la musique ensemble. Donc c'est toujours plus sympa que de travailler à son pupitre tout seul. Donc le partage et l'assiduité.
- Speaker #1
Très bien. Une question d'un autre de tes professeurs, éminent professeur M. Emmanuel Colombert. Qu'est-ce que la pratique du jazz, de l'improvisation et d'un certain lâcher-prise t'a apporté dans ton métier de musicien d'orchestre ?
- Speaker #0
Je reconnais bien la patte d'Emmanuel Colombert. Déjà une ouverture d'esprit. Et puis ce lâcher-prise que tu mentionnes dans la question, Manu, pour moi c'est la clé pour jouer. le plus sainement, de lâcher prise et de ne pas trop se prendre la tête quand on a bien travaillé en amont. C'est de laisser aller les choses et quand on a le bagage suffisant, se lâcher prise, rend ce bagage encore plus lourd.
- Speaker #1
Très bien. Il m'a posé une petite question en off, c'est à quand le mariage ? De quelle activité as-tu envie pour ton EVG ? Je ne sais pas pourquoi il dit ça. Tu verras avec lui.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
je t'appelle Manu très bien et en passant la question il a posé la question à Nico Serrano qui t'envoie une question aussi maintenant que tu enseignes quel conseil tu pourrais donner à un élève un peu impatient, un peu énervé qui traverse d'un coup de pied le mur de sa chambre ou de la classe de trompette j'ai l'impression que c'est je l'avais en anecdote celle-là ah merde merci Nico oui ok
- Speaker #0
de toujours garder son calme. Vraiment, c'est important et on n'a rien de bon, on n'obtient rien de bon en s'énervant.
- Speaker #1
Très bien. Question de Robin Payet. Comment tu as géré le fait d'arriver très jeune dans un poste de trompette solo, dans un orchestre, avec des gens plus âgés que toi ?
- Speaker #0
Très jeune, tout est relatif. Je pense qu'il y en a qui sont rentrés beaucoup plus jeunes que moi à ce genre de poste. Mais c'est d'avoir toujours le respect des aînés, ça c'est certain, de les écouter. et si on n'est pas entièrement d'accord c'est de discuter mais pour l'instant j'ai pas eu ce cas de figure là mais en tout cas c'est de prendre note des conseils des anciens
- Speaker #1
Très bien, une question de Clément Garec Quelle oeuvre t'a donné le plus d'adrénaline en tant que trompette solo ?
- Speaker #0
Ok alors j'ai peu d'expérience finalement encore au poste de trompette solo donc je suis loin d'avoir joué tout le répertoire Je crois que la neuvième de ma l'heure, là, pour l'instant, c'est ce qui m'a le plus stimulé. Voilà. Là, j'avais plutôt soif après le concert.
- Speaker #1
Très bien. Justement, il m'a fait une petite question off aussi. Il fait, c'est quand que tu vas te bouger ton cul pour venir me voir ? Mais il finit pour te dire qu'il est très fier de toi.
- Speaker #0
Je crois qu'on s'est envoyé des messages récemment. Mais pareil, je vous appelle. Mais en tout cas, ce sera avec grand plaisir que... que je viendrai vous voir et merci pour ces années monsieur Garrick une dernière question surprise de ton papa peut-être que tu vas me contacter comment attends,
- Speaker #1
pigeon voyageur est-ce que ton passage à l'orchestre des jeunes de la Méditerranée a été un déclic pour la suite de ton parcours ?
- Speaker #0
Effectivement, ça a été une... C'est vrai que je ne l'ai pas évoqué. Mais ça a été le premier concours d'orchestre que j'ai fait. Voilà. Et premier moment d'orchestre, première considération pour l'orchestre, phase d'apprentissage. Je me rappelle, on était encadré par Eric Sombré, qui est prof de corps à Avignon. Mais premier concours d'orchestre, voilà. Et puis là, il y avait des gens qui jouaient, puisque... Il fut une époque, Manu pourrait en parler, où l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée rayonnait presque plus que l'OFJ de par tout le bassin méditerranéen. Donc il y avait de très bons éléments au sein de l'OFJ, de l'OJMED, l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Et moi je me suis retrouvé là, j'avais 14 ans, je pense que j'étais le plus jeune ou un des plus jeunes. Mais tu découvres un environnement de gens un peu plus affûtés sur plein de choses. Et c'est de la prise d'infos partout, aussi bien musicalement que pour la vie.
- Speaker #1
Très bien. Une dernière question de ton papa. Lors des différentes rencontres que tu as faites, que ce soit classique, jazz ou variété, quel musicien t'a le plus marqué ?
- Speaker #0
J'en ai bien un qui me vient en tête. Avec l'ODGA, c'est quand même le patron. J'ai fait un de mes premiers stages d'été, c'était avec lui et Jean Gobinet. Donc il y a tout le contexte. On connaît tous l'ODGA, on sait tous comment il joue. Et puis la personne qu'il est.
- Speaker #1
Très bien, on va maintenant passer à une boîte à questions. C'est une question que je pose à tous mes invités. Quelle est ton œuvre préférée ?
- Speaker #0
Septième Nobrec Neur.
- Speaker #1
Le ou les musiciens qui t'ont le plus influencé ?
- Speaker #0
Alors pour le classique, mes professeurs déjà. Et après, David Garrier, Frédéric Mellardi. Voilà, c'est des sons que j'aime bien.
- Speaker #1
Très bien. Si tu croisais le jeune Rémi qui va rentrer au CNSM, qui arrive en short, banane, qui n'a pas encore ses belles lunettes, mais bon, quel conseil tu pourrais lui donner ? Acheter des pantalons peut-être ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
tu vois ça c'est oui on peut en parler aussi tu vois on est très copains oui c'est drôle je me souviens t'as toujours eu une grande candeur d'arriver alors déjà voir le monde avec des étoiles derrière les yeux et c'était super drôle mais cette candeur et le côté sudiste faisait que t'avais pas forcément les codes et c'est super drôle à voir tu vois quand ça dépasse les 30 degrés je mets un short quoi tu vois et euh
- Speaker #0
Et en fait, j'allais bosser avec Pierre qui me faisait, je crois que c'était le premier cacheton que j'ai fait en arrivant à Paris. Donc, au bout de quelques mois de vie parisienne à l'orchestre de chambre, il fait 30 degrés, je mets un short. Et puis, j'ai vite appris que ça ne se faisait pas. Voilà, j'ai pu refaire la bêtise. Donc, c'est pour ça, très chers élèves, si je vous embête, c'est parce que j'ai subi des échecs là-dessus.
- Speaker #1
Quel est ton meilleur souvenir de concert ?
- Speaker #0
En tant qu'auditeur ou ?
- Speaker #1
En tant que...
- Speaker #0
musicien enfin les deux peut-être les deux c'est citons les deux auditeur sans hésitation Air Soon and Fire à Surger ah oui première c'est la première année du festival alors c'est Air Soon and Fire alors donc il n'y avait pas les bêtes forcément de l'époque mais en tout cas le groupe c'était incroyable je pense que le concert en ressenti il a duré 5 minutes et après en classique hum hum hum Merci. Je réfléchisse bien, quand même. Il y a un bon souvenir. Un très bon souvenir, c'était avec l'Orchestre des Cuivres français. Avec Thierry Kans. Quand on a joué à Tarascon, on a fait...
- Speaker #1
Donc là, c'est le côté où tu jouais, tu veux dire.
- Speaker #0
Ah oui, pardon. J'ai switché. Donc ça, c'est un très bon souvenir. Où j'ai fait des rencontres. Et puis, l'Orchestre des Cuivres français. Et après, à l'audition... Bah si. toujours à Surger quand l'ensemble de cuves de Surger a joué les tableaux sous la direction de Philippe Ferro là c'est pareil le temps s'est arrêté je n'étais pas le premier à parler de ça Jérémy Dufort en avait parlé lui
- Speaker #1
en tant que player est-ce que tu aurais une anecdote cocasse à nous raconter sur ta carrière, il y en a évidemment plein
- Speaker #0
Il y en a plein qu'on ne peut pas raconter aussi, mais celle que tu as amorcée tout à l'heure, c'est vrai que je n'y avais pas pensé, mais je n'en menais pas large à ce moment-là. J'étais à l'APP. Donc avec cette fameuse carte de police, j'arrive à la gare de Lyon. Et là, je vais pour prendre le train forcément à la gare. Et je me rends compte que je n'ai pas mon billet dans l'application. J'ai dû faire une fausse manip, mais il faut que je parte quand même. J'avais pas envie de pouvoir rôter trois heures à la gare. Donc j'interpelle un contrôleur. Je lui dis, je suis désolé, je n'ai pas de billet, mais il faut que je parte. Et là, je lui montre le fameux sésame. Donc forcément, il voulait portique et me dit, tu peux aller t'asseoir là. Tel wagon, telle place. OK, super, merci beaucoup. Donc le trajet se passe super. J'arrive à Avignon et quelques dizaines de kilomètres avant d'arriver, il y a le contrôleur qui vient me voir. Il dit, excuse-moi, est-ce que tu peux intervenir, s'il te plaît ? On a un différent entre deux passagers. Donc là, je respire un grand coup et je lui dis gentiment, euh... que je suis censé rester discret.
- Speaker #1
Mission secrète.
- Speaker #0
Je suis agent secret. Non, bref. Il insiste un peu et je lui dis on va aller assumer le truc. Donc là, on sort du train, on fait quelques mètres.
- Speaker #1
Le tout avec sa boîte de trompette dans le dos.
- Speaker #0
Ah bah oui, j'avais ma boîte de trompette dans le dos, ma casquette, ma petite banane. Enfin, je partais dans le sud. Et donc, on arrive dans le wagon en question. je suis le contrôleur qui rentre dans le wagon et en rentrant dans le wagon on dit voilà il y a la police et là tout le monde il y a le wagon plein, tout le monde se retourne et moi je suis avec ma botte de trompette sur le dos bonjour police et donc on a réglé ce différent et puis voilà la personne qui était concernée m'a quand même redemandé ma carte une deuxième fois pour dire à quel point j'ai été franc. Mais donc voilà, je suis sorti du train, j'ai raconté l'anecdote à mon père et il m'a dit, ah, celle-là, elle est pas mal quand même.
- Speaker #1
Très bien. Dans ton parcours, quel était ton échec le plus vertueux ?
- Speaker #0
C'est facile de dire tous, mais celui pour lequel je me suis le plus déculpabilisé, c'est Montpellier. Parce que j'avais vraiment, comme je te disais, cœur à retourner à Montpellier. Et puis en fait, après, je suis rentré au National. Donc je l'ai bien digéré finalement.
- Speaker #1
Très bien. Quel est ton enregistrement préféré ? Alors, hashtag trésor caché, c'est une question que j'aime bien poser. Un truc un peu méconnu. J'ai pas réfléchi à ça. Mais va peut-être toi qui es aussi spécialiste dans la variété, des gens qui,
- Speaker #0
pour toi,
- Speaker #1
les gens connaissent pas assez, où il y a des sections sympas.
- Speaker #0
C'est un trésor caché peut-être pour plus jeunes générations, mais Captain Mercier. C'est vrai. C'est le Tower of Power à la française. Donc ça, il faut écouter.
- Speaker #1
Très bien. Le meilleur compliment que l'on t'ait fait ?
- Speaker #0
C'est joli, ce que tu fais. Ça, c'est un beau compliment.
- Speaker #1
Parce que tu n'en as jamais dit ça sur tes lunettes, sache-le.
- Speaker #0
Tu crois ? J'en connais d'autres. Vous me branchez tout le temps avec mes lunettes, mais elles sont très bien. Elles sont souvent sales, mais elles sont bien. Non, non, c'est joli. C'est beau et venant d'autres instrumentistes que des trompettistes. Ça me touche.
- Speaker #1
Question technique, je ne suis pas sûr que... Quelle question on ne t'a jamais posée que tu aurais aimé que l'on te pose ?
- Speaker #0
Ah purée, alors celle-là... Qu'est-ce que tu bois ? Non, on en a parlé hier, parce que je t'ai dit que celle-là, je buguais un peu.
- Speaker #1
Mais il n'y a pas un truc dans l'enseignement, dans la pédagogie, où tu te dis... pas qu'on te pose à toi, mais qu'on te dit tiens c'est fou,
- Speaker #0
les étudiants sont focus sur un truc et en fait la vérité elle est bien loin de ce qu'ils imaginent je suis pas sûr que j'ai pas souvenir en tout cas que mes élèves m'aient demandé combien de temps je bossais par jour quand j'étais au même stade qu'eux,
- Speaker #1
au même âge qu'eux parle-en ça c'est des sujets que les gens se rendent pas forcément compte le temps de travail bah
- Speaker #0
Je reviens sur le sujet travail technique à la classe avec Manu. À Montpellier, Manu et Nico, les heures de travail, je ne les compte pas. En même temps, j'étais en H1, en horaire aménagé. Et le taux d'absentéisme que j'avais au lycée, j'étais pas dans mon lit. J'allais au conservatoire, qu'on s'entende bien. J'espère que mes parents vont me croire, parce que c'est vrai. Mais donc, j'arrivais à 8h30 avec Louis. que tu connais aussi, entre autres, on était au conservatoire. On arrivait à 8h30, on bossait jusqu'à 11h30. L'après-midi, c'était souvent plein parce qu'il y avait les achats, justement. Et on revenait à 17-18 heures. Et en fait, Manu était tellement dispo qu'on savait qu'une fois sur deux, on allait venir, on allait prendre cours avec lui. Donc on avait tout intérêt à venir au conservatoire bosser. Donc je pense que j'étais dans les grands moments à 6 heures de trompette par jour. Voilà. Et ça... C'est un passage. Il faut bien les faire. Il ne faut pas enchaîner six heures comme ça. Il faut bien les espacer, prendre des pauses. Mais ces six heures qu'on a fait pendant toutes ces années-là, elles n'étaient plus à faire après. Maintenant, le travail technique, je l'entretiens, je ne le bosse plus vraiment.
- Speaker #1
Et quel rapport tu as aujourd'hui avec ce fait de travailler ? Une journée normale idéale, c'est combien d'heures de travail en aménageant le travail de l'orchestre, les cours, tout ça ?
- Speaker #0
Ça dépend un petit peu de ce qui arrive à l'orchestre, des projets qu'il y a sur un futur proche. Mais trois heures de trompette, c'est la moyenne, trois ou quatre heures de trompette. Et excuse-moi, je te coupe la chic, mais l'équilibre entre les cours et mon travail à l'orchestre, je le trouve juste génial parce que ça m'oblige à continuer. Alors, je fais les séances techniques avec les élèves. Moi, je me remets à jour, je découvre aussi de nouveaux exercices techniques. Mais surtout, je travaille les études, les concertos. Je les rebosse parce que tu n'as pas envie de passer pour un chiffre. Alors quand c'est des trucs un peu NZ, compagnie, contemporain, là souvent, je me retire. Je donne des conseils verbaux. Mais non, tu es obligé de bosser les concertos un minimum quand même pour être crédible.
- Speaker #1
Très bien. Et une dernière question. Qui ? Aimerais-tu écouter sur ce podcast ?
- Speaker #0
Tu le sais.
- Speaker #1
Oui, je sais, tu me l'as déjà dit, c'est la même que Raviar que j'ai pas encore... Ah !
- Speaker #0
Alors... Non, parce que je l'avais pas, celle-là, à ce moment-là.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Éric Josserand.
- Speaker #1
Ah non, oui, bien sûr ! Éric Josserand, tu le sais,
- Speaker #0
parce qu'il y a eu Claude, il y a eu Jean... Oui, c'est vrai, il en manque quelques-uns. Vu que j'ai baigné là-dedans, Kako Bessot aussi, tu vois. Oui, bien sûr. Leur expérience de musicien, de vie autour de la musique, elle doit être incroyable. tu vois l'expert du gond aussi au Trombone c'est des gens que je pense qu'il y a des anecdotes aussi sympas
- Speaker #1
Très bien, écoute Rémi merci beaucoup d'être venu sur ce podcast et à très vite Merci à toi et à très vite Merci d'avoir écouté cet épisode si vous avez aimé, pensez à vous abonner découvrez tout l'univers Agi Atelier des Cuivres sur nos réseaux sociaux Facebook et Instagram et n'hésitez pas à nous rendre visite dans nos ateliers de Bretigny-sur-Orge et à Lyon A bientôt !