- Speaker #0
Davia Benedetti, bonsoir ou bonjour, on va commencer très simplement, vous avez une double vocation, vous êtes universitaire et en même temps artiste, comment ça vous est venu ?
- Speaker #1
Alors bonjour, merci pour cette belle invitation. En réalité, je suis née peut-être au moment qu'il fallait, c'est-à-dire une période qui suivait ce moment de bouillonnement culturel qu'a connu la Corse, qu'on nomme le Riacuisto, cette réappropriation culturelle. qui s'inscrit dans un revival européen, un bouleversement des usages, et également peut-être après aussi, exactement au moment où au niveau institutionnel français, il y avait Jacques Lang qui promouvait une politique en faveur de la culture, en faveur de la langue, en faveur surtout des arts, dont la danse. Donc naturellement, en fait, je me suis inscrite dans un sillage qui était à la fois... autour de la langue et la culture corse, parce que je suis d'une famille qui transmet la culture corse. J'ai appris la langue corse à la maison, j'ai eu cette chance-là. Et puis j'ai été éduquée aux pratiques artistiques, la danse, le piano et d'autres pratiques. Mais ce sont ces pratiques-là qui m'ont peut-être amenée vers une sensibilité particulière. Et la danse que j'ai continuée, qui m'a permis d'avoir une activité, notamment de danseuse ou d'artiste comédienne. En parallèle de mon travail de recherche, il y avait aussi ce goût aiguisé pour l'apprentissage de l'autre et l'apprentissage de soi-même. L'anthropologie permet ça, c'est-à-dire cette rencontre de soi et de l'altérité. Donc j'ai trouvé peut-être le lien à faire entre art et recherche et culture corse, puisque je me suis dirigée vers un parcours en anthropologie de la danse, des danses en Corse, qui tiennent compte aussi des pratiques. pas seulement danse au sens occidental, mais pratiques, rituels, qui s'inscrivent aussi dans une définition de la danse en anthropologie.
- Speaker #0
J'allais y venir justement, vous avez choisi de consacrer une grande partie de vos travaux aux danses et aux pratiques spectaculaires et ou rituelliques. Qu'est-ce qui vous a guidé dans ce choix, en tant que Corse particulièrement ?
- Speaker #1
Alors, au départ, je crois que c'était en tant que jeune femme danseuse. Et bien sûr, oui, en tant que Corse, ayant eu un parcours étudiant en langue et culture Corse, j'ai toujours eu ce goût de pouvoir expliquer nos phénomènes et de pouvoir expliquer comment on construit notre identité. C'est-à-dire que ce qui nous paraît normal, qui nous paraît inné, finalement, est tout à fait construit. Et les sciences humaines et sociales m'ont permis d'observer ça. Et toute jeune, j'avais... une idéologie très forte, c'est-à-dire que j'étais militante, mais avant tout militante. Et finalement, les études m'ont permis de déconstruire mes a priori, mon point de vue, pour pouvoir me rendre compte que c'était un point de vue qui s'inscrivait dans une perspective socio-historique et de ce fait-là, que tout était inscrit dans un cheminement et que art et culture corse, pas culture artistique, pouvaient s'imbriquer. pour donner lieu à un sujet de thèse qui faisait interagir les deux.
- Speaker #0
Votre parcours vous a mené aujourd'hui à un rôle central au sein de l'Université de Corse. Vous êtes à la fois maître de conférence et directrice du Centre culturel universitaire. Comment définiriez-vous la mission que vous menez au sein de cette institution, tout en prenant en considération votre parcours militant ?
- Speaker #1
Je le définis très humblement. Déjà, je m'inscris dans un sillage. Le premier directeur du centre culturel, c'était Jacques Thiers, qui a lui-même œuvré beaucoup en faveur de la langue corse, de la littérature, mais aussi de toute l'œuvre théâtrale en langue corse. Et puis sur l'ouverture au monde aussi de la Corse, par justement l'inscription artistique, l'inscription culturelle. D'autres ont suivi. Et moi, je m'inscris dans leur ciliage, en amenant au-delà de la dimension culture corse, auquel l'Université de Corse tient, puisque c'est une de ces... inscriptions et revendications depuis sa réouverture en 1981. Moi, j'aime peut-être aussi une dimension artistique, étant moi-même artiste, et donc de pouvoir mailler aussi une forme de transdisciplinarité entre les arts, mais aussi inscrire la langue et la culture corse dans une contemporanéité et dans une ouverture au monde, en proposant des formes et des festivals ou des événements qui soient... complètement relié à ça. Je pense par exemple à une université d'été de théâtre en langue corse et en langue minoritaire qui permet finalement à la langue corse de dire comment on s'inscrit dans le monde et de faire aussi... du théâtre un moyen d'inscrire la langue corse dans quelque chose, dans une transmission dans le monde entier puisqu'il y avait aussi des artistes internationaux qui étaient invités. Voilà, c'est un exemple parmi d'autres bien entendu.
- Speaker #0
Donc quand je vous entends, la transmission est au cœur de votre démarche. Quels sont les défis que vous rencontrez lorsqu'il s'agit de transmettre aujourd'hui au sein de l'université ?
- Speaker #1
Je crois que le défi c'est la jeunesse en fait. On vit dans un monde et dans une Corse avec une certaine perte de repères, avec une identité, une culture qui ne se transmet pas ou plus de façon aussi systématique. Bien sûr, une tradition, une culture, elle doit toujours se perpétuer en évoluant, en s'adaptant, mais il y a aussi une manière d'être au monde qui nous est propre et qui, me semble, doit être... chérie et maintenue pour ne pas être effacée par l'homogénéisation et l'assimilation, quelle qu'elle soit. Elle peut être à la fois d'une langue majoritaire telle que le français, mais surtout d'une mondialisation, d'une forme d'hyper-consommation, d'hyper-tout finalement. On vit dans un monde hyper. Donc, je ne sais pas si je continue à m'inscrire dans votre question. Je ne voudrais pas aller trop loin, aller trop dévié. Mais en tout cas, je pense que la jeunesse, c'est notre point d'ancrage. C'est-à-dire que par les arts, par la culture au sens large, quelle qu'elle soit sa vente identitaire ou artistique, quelle que soit la définition qu'on lui donne, on construit un engagement citoyen. On inscrit les gens dans le monde, on leur offre des motivations, on leur offre des perspectives, on leur offre des moyens. de rencontrer l'autre dans des espaces qui ne sont pas que de formation. Et par ce biais-là, peut-être que si on ouvre les imaginaires, si on permet aussi aux gens de s'inscrire dans une perspective, qu'elle soit professionnelle ou autre, si on propose à ces jeunes aussi de s'inscrire dans un rapport à l'autre, on les empêche peut-être d'aller dans d'autres endroits qui sont peut-être... Des idéologies qui vont à l'encontre du bien-être de chacun, ou même dans des pratiques de violence, ou même plus complexes et malfaisantes, qui ne permettent pas d'être dans un monde émancipé, quoi, et heureux.
- Speaker #0
De faire... Ok, très bien. Comment, justement, vous... Vous avez quand même une place centrale en tant que directrice. Comment vous collaborez avec les étudiants, avec les jeunes, avec tous les artistes et les acteurs culturels du territoire ?
- Speaker #1
Je crois que c'est un écosystème. Je crois que finalement, c'est hiérarchisé, mais ça ne l'est pas du tout. Justement, ce type d'espace culturel, ce sont des espaces non hiérarchisés, où on n'est plus... Même si on fait partie d'une institution, il y a des rôles qui sont beaucoup plus, on dira, horizontaux. et qui permettent à tout un chacun de co-construire, de collaborer. C'est pour ça que les étudiants ou même les autres personnes de l'université ou du centre Corse, puisqu'on accueille aussi des artistes, des intellectuels, etc., co-construisent finalement ce qu'on programme, ce qu'on propose. Les étudiants sont au cœur aussi de la programmation, puisqu'on a des conseils qui permettent ça. On a aussi un lien direct, parce que finalement, ce n'est pas comme si on était loin d'eux, on vit toujours à leur contact. On les écoute, on voit aussi leurs inspirations, ce qu'ils proposent. Par exemple, il n'y a pas longtemps, il y a des étudiants de langue et culture corse qui proposaient un atelier de mort, donc qui voulaient transmettre ce jeu-là. Et c'est tout aussi intéressant que ce soit des étudiants qui soient à l'initiative de ça et qu'on les aide à promouvoir ça, comme on les aide à promouvoir un dictionnaire ou quelque chose qu'ils veulent produire. Donc voilà, ça va vraiment d'une expression artistique très contemporaine, très actuelle. à des ancrages très enracinés qui sont liés avec une forme de tradition, etc.
- Speaker #0
C'est la culture en mouvement, parce que quand je vous écoute sur la façon dont vous avez décrit votre parcours, vous êtes au final le produit de votre temps, mais avec une volonté de toujours aller de l'avant et de découvrir. Est-ce que ce n'est pas ça, au final, le rôle du centre culturel universitaire que vous voulez porter ? C'est celui d'une culture qui n'est pas folklorisée ?
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est qui n'est pas, en tout cas, muséifié. C'est-à-dire une culture en mouvement et surtout le vivant, le vivant sous toutes ses formes, c'est-à-dire avec ses besoins d'être en équilibre et en lien permanent avec le monde. Il y a des crispations et il y a des endroits où on doit se ressourcer pour pouvoir dépasser les crispations.
- Speaker #0
Quelles crispations par exemple ?
- Speaker #1
Les crispations, c'est-à-dire qu'on est toujours en lien avec ce qui se passe dans le monde. Il y a des guerres, il y a des crises écologiques. Nous-mêmes en Corse, on est au cœur d'une Méditerranée ou au cœur d'une certaine situation qui fait qu'on est confronté à certaines choses, à certains drames aussi. Quand on voit qu'il y a des jeunes filles étudiantes qui se font... tirer dessus parce qu'il y a une erreur. On vit vraiment des situations graves et des espaces tels que le centre culturel ont vocation à proposer des espaces temps d'apaisement.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Le centre culturel,
- Speaker #0
c'est quoi ? C'est un phare culturel, pas que pour les étudiants, pour les jeunes, pour tous les Corses ?
- Speaker #1
Oui, c'est pour les jeunes, c'est pour tous les Corses aussi, puisque ça s'adresse à rien. Pour rappeler, il y a une programmation, il y a des ateliers, il y a des stages, il y a des résidences d'artistes. Donc c'est un espace qui définit peut-être un peu le commun. Le commun finalement au sens traditionnel, c'est-à-dire pas l'espace public qui appartient à l'institution et qui doit être respecté individu par individu. Le commun, c'est-à-dire que c'est un espace partagé, partageable. Bien sûr avec des règles qui sont institutionnelles, mais qui donnent un cadre pour pouvoir mieux vivre en commun.
- Speaker #0
Au-delà du présent, vous avez également une vision très claire des enjeux à venir. Comment vous voyez l'évolution de la culture corse dans un contexte où les cultures régionales doivent trouver leur place face à justement cette mondialisation et cette globalisation numérique ? Est-ce que ce n'est pas un refuge face à cette perte d'identité globalisée ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on peut le considérer comme un refuge, mais je pense que la culture corse et toutes ses composantes C'est plus qu'un refuge, c'est un moyen aussi, un outil pour tout un chacun, qu'on soit individu ou communauté ou société, on a besoin en fait de construire des langages, des moyens de construire notre réalité pour s'inscrire dans le réel. Bon, avec ça, la culture c'est vraiment notre socle, c'est un rapport à la terre, la terre au sens matériel mais aussi au sens symbolique, ça crée une relation aux autres, à soi. à la nature, à l'ensemble, je veux dire même au cosmos, à ce qui est invisible aussi aux croyances, au numérique, parce que dans l'invisible, il y a aussi le numérique maintenant, tout ce monde virtuel. Et bien sûr, on vit avec nos outils actuels. Il y a les IA, il y a les podcasts, il y a les réseaux sociaux numériques. Et on s'inscrit dans tout ça, parce qu'on doit aussi vivre avec notre temps. Autrement, il y aurait une forme de marginalité. ou notre marginalisation. Mais pour autant, il faut que dans cette situation d'acculturation où finalement on est en prise avec d'autres phénomènes, enfin en tout cas ces phénomènes, on les accepte. Ok, mais il ne faut pas non plus qu'ils nous assimilent complètement. Donc il faut que nous, on puisse s'inscrire via ces outils dans notre spécificité aussi.
- Speaker #0
Le monde universitaire aujourd'hui traverse une crise, en tout cas au niveau institutionnel français, avec que... des baisses de financement et des moyens toujours rabotés. Quels seront, selon vous, les défis majeurs à relever pour préserver et renouveler ce patrimoine immatériel, au final, dont vous parliez, d'un point de vue universitaire et d'un point de vue de la transmission ?
- Speaker #1
Alors, le patrimoine immatériel, l'enjeu, c'est toujours le même, c'est qu'il est immateriel, et quelles sont les traces que l'on laisse, si ce n'est avec la transmission orale ou corporelle, puisque l'oralité est aussi corporelle. qu'elles sont justement, vous parliez d'Internet, d'IA, de numérique, c'est des moyens justement de laisser des traces par l'audiovisuel notamment, etc. Et puis c'est une forme de vivre ensemble. Et les projets collaboratifs qui se servent peut-être de savoir, de savoir-faire spécifique culturellement situé, permettent justement de construire des écosystèmes. de collaboration un peu transversaux, un peu transdisciplinaires, autour d'enjeux majeurs qui ne sont pas forcément esthétiques, mais qui peuvent être autres, écologiques ou sociétaux, et qui permettent peut-être à des personnes qui ne sont pas que scientifiques, durs, ou des socioprofessionnels ou des artistes, de co-construire des choses ensemble. résumé parce que je pense que les moyens, les outils audiovisuels permettent de transmettre le vivant, le spectacle vivant, l'immatériel parce qu'il n'y a pas que le spectacle vivant dans le patrimoine immatériel. Et puis la dimension transversale de proposer des projets aussi permettent d'inscrire, d'incarner le savoir dans la transmission immatérielle, corporelle.
- Speaker #0
Pour vous, Davia, dans les années à venir, quelle va être la grande difficulté en tant que chercheuse et en tant que directrice du CCU ?
- Speaker #1
Peut-être que dans les années à venir, je ne serai plus directrice du CCU. Peut-être que vous serez plus. La grande difficulté, est-ce qu'il faut prendre la question sur l'aspect grande difficulté ou finalement les grandes possibilités qu'on pourrait avoir aussi ? Il faut voir aussi les champs qu'on a à inscrire et à tracer. donc là, quel sera notre... Notre sillon, c'est depuis du passé vers notre présent, vers l'avenir. Et peut-être que l'enjeu actuel, c'est qu'est-ce qu'on fait comme choix actuel pour transmettre le patrimoine de demain, en fait, c'est ça. Et peut-être que c'est aussi aux jeunes étudiants ou citoyens corses de faire ces choix-là. Et c'est à nous de leur transmettre en fait tous les indicateurs pour qu'ils puissent faire les bons choix. Parce qu'une transmission de la tradition, c'est toujours des choix faits dans le présent vers le futur ou alors c'est un morceau du passé qu'on a choisi pour finalement parler de nous au présent et se projeter vers l'avenir.
- Speaker #0
Est-ce que vous attendez quelque chose aujourd'hui concrètement des étudiants et de la jeunesse ? Ou est-ce qu'il y a vocation à mettre des bouteilles à la mer pour les générations futures sur des gestes et des pratiques ?
- Speaker #1
Moi, je n'ai rien à attendre d'eux. C'est eux qui vont attendre de moi, peut-être, plutôt. Puisque moi, j'ai un rôle de transmettre et puis, entre guillemets, d'éduquer, de poser des jalons. Donc, voilà, ce sera plutôt poser des jalons pour eux et leur permettre aussi d'avoir une pensée suffisamment complexe, aiguisée. sur comment finalement s'inscrire à un phénomène, quand on est partie prenante. Parfois, il y a des jeunes qui sont très militants, il y a des jeunes aussi militants, quelle que ce soit la forme de militance, ou ne le sont pas du tout, ils sont un peu passifs. Donc, du coup, leur permettre d'avoir un esprit critique, leur permettre de pouvoir aussi comprendre dans quoi ils s'inscrivent. Quand ils font un choix, justement d'être présent ou passif, c'est une forme de choix dans quoi ça s'inscrit. qu'ils puissent avoir des outils d'analyse de ce qu'ils sont en train de vivre dans un monde qui change constamment. Vraiment, moi, je vois d'une année sur l'autre, un cours que je donne doit constamment se réactualiser parce qu'on est tout le temps en train d'évoluer à grande vitesse. Donc les exemples que je prends, par exemple dans un cours, doivent être choisis vraiment presque d'une semaine sur l'autre.
- Speaker #0
On a bien compris en voyant votre parcours que la double casquette chercheuse et artiste, elle était tout à fait possible. Qu'est-ce que vous aimeriez transmettre comme message à ceux qui aujourd'hui veulent s'engager, que ce soit dans la recherche ou la création ou la promotion culturelle ?
- Speaker #1
De la pugnacité. Et puis aussi croire que finalement l'imaginaire, le symbolisme... etc font partie des choses du monde et que ce n'est pas seulement ce qui est quantifiable qui qui est intéressant et c'est pas parce que tu fais tu fais des études qui n'ont pas une un débouché complètement précis à la fin avec une promesse d'embauche que tu ne vas Tu ne vas pas avoir un emploi ou en tout cas une... une vocation et un métier qui se dessinent, que les métiers de vocation, justement, ce sont des métiers qui se dessinent et pas qui sont tout tracés. Alors bien sûr, il y a des gens qui ont déjà des perspectives tracées parce qu'ils savent ce qu'ils veulent. Il y en a d'autres qui savent moins et qui ont besoin de trouver leur voie. Et ce n'est pas un mal. Et que quand on travaille sur le sensible et sur le qualitatif et sur le symbole, etc., ça fait partie aussi des nécessités du monde, parce que sans imaginaire, c'est la nomie totale. Ce qui fait de nous qu'on est humain, c'est justement cette conscience, cette capacité créative.
- Speaker #0
Vous parliez tout à l'heure du choix de la promotion culturelle corse et de l'étude de la culture locale comme un refuge face à peut-être une double... Une double oppression, celle de l'assimilation d'une culture dominante et aussi d'un phénomène de globalisation et de lissage des cultures. Est-ce qu'au final, ce choix, au-delà d'être celui de la recherche, il n'est pas peut-être hautement politique ?
- Speaker #1
Oui, politique au sens large, oui, de projet, de s'inscrire dans un projet au service de la cité, on va dire, en tout cas du pays. Donc oui, il y a une forme au départ, de toute façon on part toujours d'un point de départ, on n'est jamais neutre, même quand on fait de la recherche, même quand on se dit chercheur à distancier de son objet. Malgré ça, il y a une forme de subjectivité qu'il faut assumer, il faut savoir d'où l'on parle et en effet, oui, il y a une dimension hautement politique au sens de se projeter dans... dans une réalité.
- Speaker #0
C'est ça, c'est le politique qui vous a guidé alors ?
- Speaker #1
Non, c'est un cheminement personnel qui s'est construit. Après, politique ou pas, peu importe en fait.
- Speaker #0
Davia, on arrive à la fin de cet entretien. Est-ce que vous auriez un message à faire passer aux étudiants, aux jeunes, aux personnes qui sont désireuses de s'engager et qui ne trouvent pas forcément tout le temps le moyen ou le médium de le faire ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que... C'est pas évident, en tout cas, que nous, les gens qui ont la chance d'aller à l'université, à l'université de Corse, qui émane d'une lutte populaire, il faut y aller. Il faut aussi se dire qu'il n'y a pas de questions idiotes, ou venez à notre rencontre parce que nous, on est là aussi pour permettre, encadrer les parcours. et euh Et aussi, il faut croire, c'est un peu bateau, mais croire en... en ses intuitions et ses rêves, et même si les choses ne se dessinent pas d'emblée, tout ce que l'on fait avec engagement, de toute façon, n'est pas du temps perdu, et que ça va permettre de toute façon d'ouvrir des portes par ailleurs qui permettront de trouver la voie dédiée que l'on n'a pas encore rencontrée.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à vous.