- Speaker #0
Débbloqueurs, débloqueuses, audonniens, audoniennes, bonjour à tous et bienvenue sur Débloque, bienvenue pour ce tout premier épisode de Au cœur des mots, un format où à chaque épisode on prend un mot, on le décortique ensemble pour comprendre ce qu'il signifie, comment il nous touche et surtout comment il s'incarne dans notre ville, dans notre quotidien. Que ce soit un mot abstrait comme l'espoir, la solidarité ou encore des termes plus concrets, nous chercherons à les lier à des éléments de la ville, des lieux, des événements ou même des histoires locales. Avant de commencer cet épisode, je voulais vous expliquer pourquoi j'ai lancé cet édito et pourquoi décortiquer les mots est plus important que jamais, surtout dans le contexte actuel. Aujourd'hui, les mots sont souvent utilisés pour diviser plus que pour unir. Ils sont parfois déformés, manipulés, voire détournés de leur sens initial selon les intérêts politiques, médiatiques ou idéologiques de ceux qui les emploient. Cette idée m'est venue lorsque Bruno Retailleau avait qualifié l'immigration comme n'étant pas une chance pour la France. Et dès lors, je me suis dit que les mots ont une importance cruciale pour ne pas se laisser... à voir par ce genre de déclaration démagogique. Mais vous savez, les mots, ce n'est pas uniquement un fait politique. Il n'y a pas que Bruno qui se joue des mots. On parle souvent de trash talk lors de combats de boxe, par exemple, parce que le combat débute d'abord dans la tête. Et les mots, eux, rentrent dans la tête. On aurait compris, ce phénomène est partout autour de nous. Que ce soit dans les discours publics, les médias, ou même dans les conversations quotidiennes. Les mots sont des armes puissantes. Elles peuvent renforcer le lien entre les gens, les rassembler autour de valeurs communes, mais utilisées d'une façon détournée, ils peuvent aussi semer la confusion, la peur ou la méfiance. En changeant leur définition, ou en les sortant de leur contexte, comme Bruno l'a fait, on peut manipuler les perceptions et façonner des réalités qui ne sont pas du tout celles que nous vivons réellement. Dès lors, cette initiative au cœur des mots, c'est une manière de reprendre le contrôle sur ces mots. Parce qu'un mot mal utilisé ou mal compris peut avoir des conséquences sur notre manière de penser, d'agir et d'interagir même avec notre environnement. En remontant à la racine de chaque mot, en cherchant à comprendre ce qu'il représente vraiment, nous faisons une forme de résistance face à la manipulation. Nous reprenons le pouvoir de donner du sens, de ne pas nous laisser influencer par des définitions imposées par des forces extérieures. Et même pour nous, c'est une manière aussi de renforcer notre cohésion sociale, de mieux comprendre ce qui nous unit, ce qui nous fait vivre ensemble dans une ville comme Saint-Ouen. Donc sans plus attendre, je vais vous dévoiler le mot. Pour ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, ils ont eu la chance de le découvrir avant. Donc si vous n'êtes pas encore abonné, n'hésitez pas à vous abonner sur des blogs, podcasts, sur les réseaux sociaux. Le mot du jour, c'est gratitude.
- Speaker #1
Gratitude, et oui,
- Speaker #0
il fallait partir sur quelque chose de large, un socle commun. Donc on va commencer de façon conventionnelle avec l'étymologie, la définition de gratitude du latin gratus, qui signifie agréable, agréable à, cher, bienvenue. Le suffixe en latin c'est thudo, qui signifie état, qualité, le fait d'être. Donc si je devais donner une définition simple et accessible, je dirais que la gratitude c'est reconnaître et apprécier ce que l'on a, plutôt que de se focaliser sur ce qui nous manque. Donc c'est vraiment une posture. C'est l'attitude de reconnaître et d'apprécier tout ce qui nous arrive, de positif même dans la vie et tout. Ce n'est pas uniquement un merci. J'insiste vraiment sur l'état d'esprit,
- Speaker #1
une manière de voir et d'aborder la vie.
- Speaker #0
Parce que dans une approche un peu plus psychologique, la gratitude peut être vue comme un moyen de cultiver le bonheur. D'ailleurs, il y a l'un des pionniers sur le sujet,
- Speaker #1
Robert,
- Speaker #0
Robert Emmons, qui avait écrit un bouquin où il montre comment la gratitude a un impact réel sur la santé mentale. physiques et même nos relations. Mais de toute façon, ce n'est pas le seul, parce qu'il y a plusieurs études qui ont été démontrées, qui ont démontré que la pratique de la gratitude régulièrement a un impact réel sur la résilience, sur le bien-être. Il y avait « La fabrique du bonheur » écrit par Martin Seligman. C'est un classique de la psychologie positive. Il parle de gratitude comme l'un des piliers vraiment d'une vie épanouie. Il y a aussi « L'apprentissage du bonheur » . écrit par Théal Bensart c'est un ouvrage très simple d'accès très facile d'accès avec des exercices pratiques notamment sur l'art de dire merci à la vie franchement c'est super intéressant je vous le conseille mais si je devais retenir une citation ce serait celle de Sénèque qui dit la gratitude est une richesse que l'on paye avec une simple pensée ça c'est ce qu'on appelle une vraie punchline Une vraie punchline, et parce qu'on est sur Débloque, le podcast odonien, il fallait mettre ce mot dans le contexte d'une ville. Et donc l'idée de la gratitude s'imbrique parfaitement dans une dynamique de communauté. Une ville comme Saint-Ouen, qui est en plein développement, qui réunit des populations diverses, c'est vraiment un terrain fertile pour comprendre la gratitude sous tous les aspects. Le premier étant la gratitude pour l'environnement urbain. Par exemple, un habitant peut ressentir de la gratitude pour les espaces publics qui lui permettent de se détendre, de se retrouver entre amis, faire bronzette au parc Cléau-Lagrange. Tous ces espaces sont des lieux où la communauté peut se rassembler, peut partager ou un peu simplement être, ce qui suscite un sentiment de reconnaissance fort. Il y a aussi la gratitude envers toutes ces initiatives locales. Comme vous le savez, Saint-Ouen est une ville où de nombreuses initiatives culturelles et sociales émergent. C'est intéressant de parler de la gratitude de ses habitants envers ces initiatives qui créent du lien, comme les événements organisés par les associations locales, Vivi Cita, le marché de Saint-Ouen, ou encore des projets collaboratifs comme les jardins partagés. Bref, tous ces projets sont des expressions concrètes de l'esprit communautaire, où la gratitude envers l'engagement des uns et des autres se ressent profondément parce qu'elle nous permet de pouvoir passer de bons moments. Il y a enfin la gratitude pour toutes les petites interactions quotidiennes. Toujours à l'échelle de la ville, la gratitude peut aussi se manifester dans de petites interactions, comme un sourire échangé avec un commerçant local, à condition que votre ardoise soit réglée, une aide spontanée entre voisins, ou des moments de convivialité dans les cafés. Toutes ces petites choses souvent invisibles, c'est ce qui nourrit et donne à la ville son âme au final. Parler de ce type de gratitude permet de rappeler aussi que l'esprit communautaire repose sur tous ces petits détails quotidiens. Mais après nous sommes dans la ville certes, mais on n'a pas tous la même réalité. De ce fait la gratitude peut être vécue différemment pour les uns et les autres. On va opposer par exemple les classes dans des contextes de précarité. Par exemple, la gratitude prend souvent une forme très concrète. Par exemple, on a rencontré des gens qui peuvent exprimer une immense gratitude pour des choses que d'autres pourraient considérer comme acquises. Un repas, un toit, un sourire, échanger, on parlait de sourire tout à l'heure. Mais dans un contexte un peu plus privilégié, la gratitude pourrait être un peu plus abstraite, liée à des accomplissements personnels, à des biens matériels, à des expériences. Mais parfois, en fait, elle est moins... palpable car elle est moins ancrée dans l'urgence.
- Speaker #1
Vous voyez ? Voilà ce qu'on pouvait dire concernant la gratitude dans un contexte urbain. On va passer à une dimension un peu plus spirituelle maintenant parce que dans les religions c'est un terme qui revient beaucoup, la gratitude. On peut même dire que c'est le ciment de la plupart des religions. d'être reconnaissant, d'avoir de la gratitude. Parce que si on considère que Dieu a tout créé, qu'il nous a mis tout à disposition, c'est qu'on est logé, blanchi, nourri. Et ça, justement, ça permet de cultiver la gratitude, que ce soit dans le christianisme ou encore dans le judaïsme, l'islam. Si on devait sortir quelques exemples bibliques... On dirait de rendre grâce à l'éternel car il est bon, car sa miséricorde dure toujours. On est toujours dans cette infinie bonté, infinie tiens je te donne, tiens profite, t'inquiète. Tu vois c'est quand même beau. Par exemple dans l'islam, pour dire merci on dit shukran et la gratitude s'appelle shukr. C'est l'un des piliers aussi de la relation entre l'individu et Dieu. Parce qu'elle considère comme une obligation religieuse et un acte d'adoration que de ressentir de la gratitude. Et voilà, on peut en citer d'autres. D'ailleurs, ça dit que quiconque n'est pas reconnaissant envers les hommes n'est pas reconnaissant envers Dieu. Ça montre que cette gratitude, on se la doit nous aussi. On doit être conscient de tout ça. Et enfin, dans le judaïsme, il y a une prière aussi qui s'appelle Toda. Non, la prière s'appelle Birkat Amazon. Je sais pas si je le dis bien, mais Birkat Amazon, c'est une prière aussi après les repas, généralement pour remercier. Toda, c'est merci. Même l'hindouisme, on va pas tous les faire, parce qu'on va atterrir chez Tom Cruise et la Scientologie, et là ça va être un peu plus... va falloir demander un peu plus d'investigation. Donc dans chacune de ces traditions religieuses, mine de rien, la gratitude n'est pas simplement un sentiment ou un acte isolé. On le comprend bien, c'est un principe fondamental qui relie l'individu à une réalité supérieure, qu'elle soit divine ou spirituelle. C'est vraiment un acte de reconnaissance envers une divinité qui nous a donné. En plus de ça, ça permet de nourrir la vertu de l'humilité aussi. Mais bon, bref, en gros, c'est un outil. vraiment important qui nous aide aussi même à traverser les moments difficiles qui nous aide à relativiser donc c'était important c'était important je pense pour le big boss que les humains soient que les hommes soient tous reconnaissants On va conclure, parce qu'on s'était promis de faire un contenu qui ferait moins de 15 minutes. Alors, que retenir de cette exploration de la gratitude ? D'abord, que c'est un sentiment universel, mais qui s'exprime différemment selon nos réalités. Ensuite, que la gratitude n'est pas juste une... une émotion passive, c'est un outil puissant pour améliorer notre bien-être, ça renforce aussi nos liens avec les autres. Mais bon voilà, aujourd'hui comme on est dans le cadre d'un projet local aussi, j'aimerais aller plus loin parce que la gratitude c'est pas seulement une affaire personnelle. personnel, c'est aussi une affaire collective. Donc, il faut avoir de la gratitude envers la ville. Vous savez, les gens, ils vont, ils viennent, les politiques, ils passent, les projets, ils changent. Mais la ville, elle, elle reste. Je dis ça, la ville reste justement pour qu'on essaye de voir le verre à moitié plein. Parce que finalement, il est à moitié plein. Le voir plus à moitié plein qu'à moitié vide. Mais bon, la gratitude, ce n'est pas juste dire merci. Ça aussi, on l'a dit, c'est être attentif. Être attentif à ce qui se passe autour de nous, attentif aux décisions qui sont prises. qui sont lancés aux ressources qui sont investies parce que la ville c'est nous si on devait résumer la ville c'est nous et si nous ne sommes pas vigilants si nous impliquons pas cette gratitude peut se transformer en regret un regret de ne pas avoir agi quand il était encore temps regret de ne pas voir notre ville changer donc donc voilà pour ce premier épisode de au coeur des mots je vous lance un défi c'est de cultiver la gratitude envers saint-on Antoine, de la transformer en action, participer au conseil de quartier, soutenir les initiatives locales, nous engager pour préserver ce qui fait la richesse de la ville. Parce que ce que nous faisons aujourd'hui aura un impact sur nos vies, sur celles de nos enfants. Vous voyez ? Merci à tous d'avoir écouté ce premier épisode de Au cœur des mots. Et parce qu'on veut que cette émission soit vivante et interactive, retrouvez-nous sur les réseaux sociaux. Encore une fois, on lit tout, on écoute tout et surtout on échange vos idées, vos vécus, votre regard. tout compte donc venez prolonger la discussion avec nous réagir, proposer, construire parce qu'une commune c'est un peu comme ce mot, ça se vit ensemble donc à très bientôt débloqueurs, débloqueuses