- Speaker #0
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'ère du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant en IA générative responsable, social media et formateur auprès de professionnels depuis plusieurs années. Mais avant tout, je suis un passionné et curieux de l'univers médiatique depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent. L'avenir du secteur. Depuis quelques jours, je vous propose une série d'épisodes spéciaux consacrés à la 8ème édition du Festival de l'Info Locale qui s'est déroulé à Nantes il y a quelques jours de cela. J'ai eu la chance d'assister à de nombreuses conférences et d'échanger avec nombre de professionnels du secteur. Troisième épisode à présent où je vous propose un court entretien effectué avec Edouard Reis Caronna, directeur du pôle audiovisuel de West France, et ce en complément de la conférence « Médias locaux et créateurs de contenu » . On saute le pas ? Nous allons notamment prendre quelques minutes pour explorer. tout particulièrement le projet Offset Creator, un programme d'accompagnement de créateurs de contenus mis en place par Ouest France. Bonne écoute ! Edouard Reis Caronna, bonjour et merci de participer à cet épisode spécial de Deep Media depuis le Festival de l'Info Locale. Vous êtes directeur du pôle audiovisuel de Ouest France et vous êtes intervenu notamment dans une table ronde, une conférence autour des médias locaux et des créateurs de contenus. Ouest France a tout récemment lancé son programme Offset, un programme qui vise à structuré en tout cas à participer, en tout cas à aider les créateurs de contenu. En quelques mots, si vous nous le redéfinissez un petit peu, de quoi s'agit-il ?
- Speaker #1
Alors déjà, on lance effectivement cet accélérateur. Alors un accélérateur qui existait déjà sur la partie start-up. Là, ce qu'on lance, c'est une branche de cet accélérateur qui s'appelle Offset, une branche créateur de contenu. Donc pourquoi on le fait ? Déjà pour apprendre, parce qu'on est un média curieux des usages et de ce qui se fait autour du monde des médias et qu'aujourd'hui... On ne peut pas ignorer que la création de contenu sur les réseaux sociaux est aussi une création de récits autour de l'info, autour du savoir, autour d'expériences diverses et variées et qu'on ne peut pas rester dans son propre écosystème de l'information en se disant ce qui se passe autour ne me concerne pas. Or on voit bien, et notamment chez les jeunes publics, que leur façon de s'informer est de plus en plus raccord avec cette nouvelle prise de parole. Donc nous, ce qu'on s'est dit, c'est que plutôt que... d'essayer de singer ce qui est fait par ailleurs par des gens, encore une fois, qui parfois sont très professionnels, des fois sont très amateurs. C'est de voir un peu comment eux, ils fonctionnent et d'essayer de comprendre et de leur mettre à disposition aussi quelques rencontres pour qu'eux comprennent aussi ce qu'est un média avec ses obligations, son savoir-faire, sa matière première, quelle information, comment il la travaille. Et moi, je reste persuadé que pour bien cohabiter, il faut se connaître. Et que le principe d'un accélérateur c'est d'être dans une période donnée en friction, en rencontre, rapprochée, pour pouvoir encore une fois les écouter et qu'eux puissent aussi entendre ce qu'on a à leur dire et que de ces collaborations et de ces travaux en commun puissent naître des collaborations futures. Ça c'est l'accélération qui nous le dira, est-ce que c'est pertinent, pas pertinent. Toujours est-il qu'à ce stade on n'a pas d'objectif quantifié, chiffré. de vouloir récupérer chez nous des créateurs de contenu. Ce n'est pas le but. On a une chance d'avoir énormément de journalistes qui également font évoluer leur façon de narrer l'information avec parfois des codes qui se rapprochent dans la narration des réseaux sociaux. Peut-être qu'eux aussi vont apprendre au contact de ces créateurs.
- Speaker #0
Parfait. Et juste, je voulais rebondir sur une phrase que vous aviez dit dans la conférence. Vous avez parlé de producteurs de récits à la différence de journalistes. Juste qu'on revienne sur cette différence que je la trouve assez singulière.
- Speaker #1
Parce qu'en fait aujourd'hui, ça nous arrive aussi, nous rédaction, de raconter des histoires ancrées dans le réel, dans le quotidien. Ça peut être du magazine, ça peut être un portrait, etc. Et le cinéma, le théâtre racontent également des histoires depuis toujours. Ce sont des univers qui sont encore une fois parfois cloisonnés. Nous, on pense que sur raconter ce qu'est la vulgarisation scientifique, c'est aussi... Mettre une forme de récit que les rédactions ont peut-être plus de mal à mettre parce qu'on est très attaché aux faits et on commente souvent les faits. Là en l'occurrence quand on veut approfondir, vulgariser, décrypter, parfois les créateurs de contenu nous amènent une autre façon de parler, de s'exprimer qui touche directement leur communauté. Et c'est ça qui nous intéresse beaucoup dans cet univers qui est en mouvement permanent, c'est que Il n'y a pas une habitude naturelle des journalistes, des rédactions à s'adresser à un public précis. C'est-à-dire que nous on s'adresse toujours au plus grand nombre en espérant que le plus grand nombre sera intéressé par l'angle qu'on lui propose sur l'information. Alors que les créateurs de contenu pour la plupart travaillent une cible bien précise et finalement les gens qui viennent les chercher viennent les chercher pour cette cible-là. Donc en fait je pense que les deux sont parfaitement complémentaires. Encore une fois, il ne s'agit pas de dire que les créateurs de contenu vont devenir des journalistes experts, ce n'est pas du tout le but. C'est que si nous, en tant que médias, on peut contribuer à qualifier encore un peu plus les contenus de ces gens-là sur les réseaux sociaux, on aura participé à faire grandir l'écosystème de l'information au sens large. Encore une fois, hier je discutais justement en marge de l'intervention avec quelqu'un qui me disait Est-ce que c'est le rôle des médias d'aller finalement faire une forme d'éducation pour ces gens-là ? Mais je leur ai dit, mais de l'éducation média, on en fait depuis des années. On en fait auprès des jeunes publics, on essaie d'expliquer comment travaillent les rédactions, etc. Pourquoi on n'en ferait pas auprès de gens qui, de toute façon, sont les voix qu'écoutent ces jeunes ? Donc, en gros, si nous, on peut permettre, par notre savoir-faire, encore une fois, sur le traitement de l'information, faire en sorte que les créateurs de contenu grandissent dans leur façon de prendre la parole, ça sera du gagnant-gagnant.
- Speaker #0
C'est un cercle vertueux. Donc finalement, au-delà d'être un incubateur, c'est aussi peut-être un espèce de laboratoire pour un espèce de devenir, une espèce d'hybridation qui pourrait peut-être advenir à l'avenir.
- Speaker #1
Oui, et puis en plus, encore une fois, on n'a pas d'idée préconçue et surtout on ne sait pas du tout ce que ça va donner. Quand on a lancé un accélérateur de start-up à l'époque, les gens nous avaient dit « mais qu'est-ce que vous allez faire avec des start-up dans un univers de l'information ? » Et aujourd'hui, on s'aperçoit que la cohabitation entre des start-up et de l'information, elle est presque naturelle parce qu'on a besoin de tech. Pour pouvoir aujourd'hui toucher tous les publics, peut-être que dans quelques années on s'apercevra que les deux univers entre la création de contenu et le journalisme sont deux univers encore une fois parallèles, mais qui ont des passerelles parfois, qui sont des passerelles sur de l'opération spéciale faite en collaboration, par des narrations qui prennent les codes des uns et des autres, et que si dans le même temps on peut avoir de la pertinence sur cette façon de prendre la parole sur nos contenus à nous, Pour faire en sorte que les plus jeunes notamment nous entendent un peu mieux, on aura quand même réussi ça. Et dans le même temps, si les créateurs de contenu auront compris que l'information c'est un métier, et que la vérification de l'info, le croisement des sources, etc. pour leur business à eux, ça peut être quelque chose aussi qui compte, et bien on aura réussi ça. Encore une fois, on n'a pas mis d'objectif sur Offset Creator de relais de croissance. C'est-à-dire qu'à ce stade, ce qui nous intéresse, c'est de comprendre comment cet univers-là fonctionne. De voir un peu ce que nous on a en capacité de leur apporter et que eux comprennent que les médias ne sont pas une espèce de structure vieillissante comme un bloc de glace au pôle nord qui est en train de fondre, en train de fondre et en train de se réduire. Nous ce qu'on veut c'est qu'ils comprennent que chez nous aussi il y a de la modernité, chez nous aussi il y a du savoir-faire. La preuve c'est qu'on a eu énormément de candidatures parce que les gens viennent chercher parfois de l'expertise juridique, de l'expertise commerciale, de la mise en relation. sur un territoire avec des organisateurs, parce que nous, on a cette chance-là d'être un acteur fort sur des territoires et que quand on va sur un festival de musique, les gens nous connaissent, on a des entrées. Et donc ces créateurs de contenu-là ont aussi conscience qu'on a sans doute plus à leur apporter que les journalistes qui pensent que ces gens-là n'ont rien à nous apporter. Moi, je pense que tout le monde a apporté à tout le monde.
- Speaker #0
Eh bien, parfait. Merci beaucoup, en tout cas.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Je vous remercie d'avoir écouté ce troisième épisode spécial depuis la huitième édition du Festival de l'Info Locale, édition 2026. N'hésitez pas à réagir à ce sujet en commentaire. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle, un chatbot de veille appelé IA Media Lab, ainsi qu'Explore DeepMedia, mon nouvel outil d'exploration des archives de ce podcast. Pour accéder gratuitement à ces trois outils, je vous mets les liens en commentaire de l'épisode. On se retrouve très bientôt pour la suite de cette série spéciale. En attendant, n'oubliez pas de vous abonner et de déposer les commentaires adéquats sur toutes les plateformes de podcast. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en lignes génératives et social media. A très bientôt !