- Speaker #0
C'est vrai que de plus en plus, mine de rien, la télévision cherche à s'inspirer de ce qui se fait sur les réseaux sociaux. Par exemple, des chroniqueurs, on va maintenant les chercher sur Instagram. On veut des gens qui ont déjà une communauté. Mais effectivement, c'est plutôt dans cette logique de capter la communauté plutôt que de s'inspirer du format. Parce qu'en fait, des formats propres au numérique, c'est quand même compliqué de les décliner ensuite en télévision.
- Speaker #1
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeaud, consultant social média et IA génératif, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réfection et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. Charles Baer, bonjour et merci de participer à ce podcast et d'être le dixième invité au micro de Deep Media. Vous êtes journaliste et réalisateur spécialisé en sciences et santé et vous travaillez régulièrement pour des magazines ainsi que des documentaires diffusés notamment à la télévision. Vous êtes par ailleurs depuis quelques semaines président de l'association des journalistes scientifiques et vous éditez également depuis un peu plus d'un an une newsletter qui s'appelle Science et Écran et qui prend le temps de raconter chaque mois l'actualité des programmes scientifiques et ce quel que soit leur écran de diffusion. Je mettrai d'ailleurs le lien d'inscription en description de cet épisode pour que chacun puisse le découvrir. Pour commencer cette interview, je vous propose de vous présenter succinctement en quelques minutes, ainsi que vos activités.
- Speaker #0
Bonjour à tous. Bonjour Julien, merci pour l'invitation. Oui, effectivement, moi je réalise surtout des longs formats qui sont diffusés principalement sur France Télévisions. Et effectivement, j'ai lancé cette newsletter qui s'appelle « Science à l'écran » . Pourquoi ? Parce que je me suis rendu compte que, de mon point de vue, les sciences n'étaient pas assez présentes sur les écrans. Et surtout, chacun raconte les sciences, mais dans son écosystème. C'est-à-dire que les gens des JT ne parlent pas aux gens qui font des documentaires, ne parlent pas aux créateurs de contenu, aux vulgarisateurs sur YouTube. Et donc, c'est vrai qu'il n'existait aucun espace où on pouvait raconter la place des sciences sur tous les écrans. Et donc, c'est ce que j'ai fait en lançant il y a un an cette newsletter.
- Speaker #1
Ça marche. En tout cas, oui, effectivement, c'est intéressant. Et c'est vrai que dans l'écosystème général, parler de science, c'est une vraie prouesse. Est-ce que d'ailleurs la période, elle est vraiment propice aux récits scientifiques, que ce soit en télévision ou dans les médias en général ?
- Speaker #0
J'ai envie de dire, moi, je dirais toujours que les sciences n'ont pas assez de place sur les écrans. Et effectivement, chaque année, mine de rien, c'est un peu la boule au ventre. Parce qu'en fait, vous le savez, en télévision notamment, il y a le mercato. Et en ce moment, ça ne sent pas très bon. Il y a plusieurs indicateurs. Il y a, vous le savez, les budgets de France Télévisions qui sont à la baisse. Il y a aussi deux chaînes, Ushuaia TV et Histoire TV, qui pourraient disparaître. Voilà, donc c'est vrai qu'en fait, chaque année, on ne sait pas ce qui va se passer. Et mine de rien, la science peut rapidement être invisibilisée.
- Speaker #1
D'accord. Oui, effectivement. Et c'est vrai que parce que... Aussi pour que les auditeurs en soient bien dans le contexte général, c'est vrai que quand on parle de documentaires, c'est des chaînes et des producteurs de documentaires originaux parce que sinon, dès qu'on allume une chaîne de télé, on voit plein de documentaires. C'est souvent des rediffusions, des redites, etc. Il faut aussi qu'il y ait des chaînes et des partenaires qui puissent produire des documentaires originaux. En tout cas, on commence sur la structuration. Comment est-ce qu'on raconte la science ? Et comment est-ce qu'un récit scientifique, il se crée dans les médias d'aujourd'hui ? Et comment est-ce qu'il a un petit peu évolué ces derniers temps ?
- Speaker #0
En fait, je vais un peu vous décevoir, mais la structure, la façon, la méthodologie est toujours la même. C'est qu'en fait, on se base sur la recherche scientifique. Donc, c'est avec des chercheurs, avec des publications scientifiques. Et puis, mine de rien, l'expérience scientifique, on la retrouve à la fois en télé et sur le numérique. Voilà, il y a plus de 30 ans, on faisait déjà des expériences dans E égale M6. Et puis, aujourd'hui, vous voyez aussi des expériences sur YouTube avec Dr Nozman. Donc voilà, finalement, la recette, elle n'a pas trop changé.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. On reste dans une bonne dose de ludique. Et effectivement, les maquettes qu'on voyait il y a 30 ans, finalement, elles sont toujours vivantes. Et c'est finalement une manière de distribuer. Et aussi, peut-être une question de format. Parce que c'est vrai que quand on parle de Nozman ou quand on parle d'autres créateurs de contenu sur les plateformes, c'est aussi un format. On n'est plus forcément dans le 26 minutes, voire dans le 52, sur des documentaires un peu longs. On est dans des formats qui sont beaucoup plus ramassés.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En fait, YouTube, notamment Instagram, ils ont vraiment ouvert la porte à la libération du format. Parce qu'aujourd'hui, les gens qui produisent des contenus uniquement pour le numérique, ils sont extrêmement libres. Alors qu'effectivement, en télé, tout est encore assez codifié, mine de rien. Voilà, il faut respecter le format, la case. Donc, c'est sûr que la créativité, elle se passe plus sur le numérique.
- Speaker #1
Oui. Et est-ce que d'ailleurs, sur cette écriture qui est différente, parce que quand on écrit pour la télé ou quand on écrit pour du digital, on n'est pas du tout dans... En tout cas, on a des codes qui sont différents. Est-ce que le digital, il n'est pas un peu frustrant des fois pour l'explication de certaines thématiques où des fois on a besoin du temps ? Parce que le récit scientifique, ce n'est pas non plus le récit de l'instant. Il faut poser les choses, il faut les expliquer, il faut être pédagogue, il faut être progressif. Et des fois, le numérique a tendance quand même à compresser un petit peu tout ça.
- Speaker #0
Ça dépend parce que moi, je vois des vidéos sur YouTube, par exemple, qui sont des vidéos de 20-30 minutes. Non, au final, moi, je ne ressens pas trop ça. Je vais te dire, en télévision, on est encore plus frustré parce que la personne qui va réaliser un reportage pour le JT du 20h, c'est 1 minute 50. Donc, niveau frustration, bonjour. Mais bon, c'est un très bon exercice. Et puis même, moi, quand je réalise des documentaires, des 52 minutes, par rapport à la... quantité d'infos qu'on a à la base et la quantité d'infos qu'on a ensuite en diffusion, il y a de quoi être frustré. Voilà. Non, non, au contraire. Moi, pour l'instant, par exemple, je ne produis pas encore pour le numérique, mais ce qui m'attire dans cette idée d'aller vers ces plateformes, c'est justement la liberté, la créativité et justement de casser ces formats qui sont plutôt imposés.
- Speaker #1
Ok. Et d'ailleurs, si on fait un petit peu le pont entre les deux, est-ce que, par exemple, quand on te demande ou en tout cas quand tu réalises des documentaires ou des émissions scientifiques, est-ce que par la réflexion, il y a un petit truc qui germe dans l'esprit en se disant tiens, ces séquences-là, si elles sont préparées, elles sont déterminées pour être performantes aussi sur le numérique ou est-ce qu'on se concentre vraiment que sur l'objet télé et en se disant on récupérera le meilleur de l'objet télé peut-être pour en faire des amorctions numériques ?
- Speaker #0
Ouais, c'est plutôt ce deuxième cas, effectivement. On se fait toujours dur en télé, quand on fait des documentaires, on pense pas. pas trop en fait déclinaison numérique on se dit plutôt oh bah tiens ce moment était sympa on va le mettre sur
- Speaker #1
Youtube donc il y a encore très peu finalement cette réflexion de produire pour les deux formats d'accord ce qui viendra sans doute à l'avenir puisqu'à un moment donné les deux vont t'amener sans doute à fusionner et on voit on parlait tout à l'heure de France Télévisions on sait que ils ont fait des annonces il y a quelques semaines où très clairement ils ont envie de mettre le braquet très très fort sur leur plateforme sur la planète. la consommation digitale.
- Speaker #0
Voilà, je pense qu'aujourd'hui, effectivement, la logique tend du côté des deux principales chaînes France Télé et Arte. On l'a entendu lors du FIPEDOC, il y a quelques semaines, le festival de référence du documentaire. Effectivement, en fait, aujourd'hui, on va plus produire d'abord pour le numérique dans cette idée-là et ensuite de le proposer à la télé. Voilà, c'est plutôt la logique du moment, en sachant que tous les patrons de chaînes vous le diront, dans dix ans, la télévision est morte. Voilà, et ça,
- Speaker #1
c'est des choses qu'ils le disent très clairement. C'est ça. Il faut anticiper dès aujourd'hui. Si on en revient au récit scientifique, comment est-ce qu'on fait pour transformer un sujet qui est scientifique, et on en a eu plein quand même ces dernières années, on ne va pas forcément reparler à fond du Covid, mais le Covid était notamment un cas d'étude qui était extraordinaire par rapport à ça, un cas pratique. Comment est-ce qu'on transforme un sujet scientifique en narration grand public ? C'est quoi vraiment les ingrédients narratifs ? Parce que la matière scientifique, elle est complexe, elle est dense. Il faut arriver à en faire quelque chose qui soit accessible et compréhensible par des gens qui n'ont pas l'expertise du sujet.
- Speaker #0
En fait, déjà, il faut beaucoup, beaucoup rechercher. Parce que moi, je dis toujours, il faut partir de la masse la plus importante. Même si on ne comprend pas grand-chose, parfois, ce n'est pas grave. On prend les infos, on prend les infos. Et ensuite, on fait le tri. Tout simplement, on trouve des mots-clés, on identifie des mots-clés. Il ne faut pas en prendre beaucoup, mine de rien. Mieux vaut avoir moins d'informations et bien prendre le temps de les expliquer plutôt que... de vouloir tout aborder. Moi, par exemple, je n'ai aucune formation scientifique. Et justement, je pense que ça m'a permis d'avoir ce recul. En me disant, tiens, j'étais le chercheur au téléphone, je lui demande de m'expliquer ça, je ne comprends toujours pas. Bon, peut-être que ce n'est pas le bon interlocuteur. Et c'est ce qui m'aide aussi à choisir les intervenants. Mais c'est vrai que pour moi, aujourd'hui, pour qu'un objet soit très bien compris, il faut des super chercheurs qui savent très bien vulgariser ça pour moi c'est la clé de tout il faut des passeurs c'est ce que je m'étais noté quelques petits trucs,
- Speaker #1
je m'étais dit dans les ingrédients je vais noter les personnages l'émotion et l'expérience humaine parce que c'est ces trois ingrédients qu'on peut vraiment cocher dans une narration efficace
- Speaker #0
Oui, complètement. Après l'émotion, en science, c'est quand même un peu plus compliqué. Mais en tout cas, effectivement, les persos, c'est-à-dire dans notre cas les chercheurs, et l'expérience, c'est sûr que ça parle énormément. Même une toute petite expérience, souvent, c'est ce qu'on retient. Donc, mieux vaut une expérience que mise à secours.
- Speaker #1
C'est le démonstratif, finalement, c'est ça ? Oui, complètement. Je rebondis juste sur un petit truc. Tu nous as dit que tu n'avais pas de formation scientifique. On fait juste un petit focus sur ton parcours. Qu'est-ce qui t'a amené à arriver dans ce domaine-là ? Parce que je trouve que c'est hyper intéressant, au contraire, de se dire que tu n'es pas, tu me permets, un expert du domaine. Et pour autant, tu produis du contenu et des sessions du grand public sur ce sujet. Donc, un petit mot sur ton parcours, c'est intéressant.
- Speaker #0
En fait, moi, j'ai suivi une école de journalisme plus classique, une école reconnue. Je suis sorti d'école, j'ai commencé un petit peu sur les JT, notamment à France Télé. Et en fait, très rapidement, je me suis retrouvé un peu par hasard dans le bureau de Mac Lesgui à l'époque, qui est donc le présentateur de E égale M6. Je n'ai fait aucune expérience en science. Et en fait, ça a commencé comme ça. Et c'est là où j'ai découvert l'art de la vulgarisation. Voilà. Et en fait, c'est là que je me suis rendu compte aussi que c'était hyper chouette de travailler sur des programmes de connaissances. Et puis, surtout, je me suis rendu compte qu'en fait, en télévision, il y avait très peu de journalistes de science. Et c'est là où je me suis dit en fait, je vais me spécialiser, même si finalement, il n'y a pas beaucoup de programmes de science à la télé. c'est peut-être comme ça que je vais faire ma différence et mine de rien depuis je prends pas mal de plaisir à faire ça et surtout je me suis formé parce que notamment j'ai rejoint l'association des journalistes scientifiques où sont proposées des formations, des rencontres avec des chercheurs, etc. Et ça, ça m'a beaucoup nourri.
- Speaker #1
D'accord. Donc l'école Maclesgui, effectivement, qui a quand même largement innové dans ce domaine-là parce qu'avec un format qui était révolutionnaire à l'époque, comme M6 en a fait beaucoup. D'ailleurs, sur ce sujet des formats, les formats en télévision dans le domaine scientifique, Toi qui es aux premières loges de tout ça, comment est-ce que tu vois et que ça évolue ? Qu'est-ce que, dernière tendance, en tout cas les évolutions dans le domaine que tu perçois ?
- Speaker #0
Alors, j'ai pas mal de choses à dire là sur le sujet. Déjà, la première chose, c'est quand même, et c'est assez important, qu'il y ait une pèse de plus en plus considérable pour l'environnement. Voilà, on le voit notamment sur France Télévisions. Vous avez vu certainement qu'ils ont lancé la météo du climat, la météo de l'eau. C'est quand même des rendez-vous en quotidienne, juste après le 20h, avec des reportages sur le climat, la biodiversité. Donc voilà, je trouve ça quand même hyper positif. Et puis côté documentaire, vous avez toujours sur cette question de l'environnement, des formats, disons-le, documentaires, mais un peu plus ludiques, incarnés souvent par des personnalités. Je pense au programme On fait quoi ? qui était un premier numéro avec Thomas Soto sur l'alimentation durable. Et puis, vous avez un autre format un peu plus original qui s'appelle 25 kilos 3 jours pour vider son sac. Et donc, c'était une aventure qui a été menée par le comédien Gilles Alma et l'humoriste Benoît Joubert. Et puis, vous avez quand même la télévision Accord aussi, des soirées en prime time sur le climat. C'était le cas pour la journée mondiale. On est arrivé des océans, c'était à Nice. Vous aviez quand même Léa Salamé, Hugo Clément en direct avec le président. Donc voilà, ça c'est quand même hyper positif. C'est la place qu'on accorde à l'environnement. Et il n'y a pas que sur France Télévisions. Vous avez des données récentes de l'INA, l'Institut National de l'Audiovisuel, qui montrent que grosso modo, en 10 ans, toutes chaînes confondues, télé et radio, la place de l'environnement a quand même bondi de 20%. Donc c'est quand même assez positif.
- Speaker #1
D'accord. C'est toujours intéressant de voir cette place de plus en plus importante sur les antennes, alors qu'on sent quand même que dans la société, il y a parfois une remise en cause des discours scientifiques, je trouve. Et c'est toujours intéressant que ces discours-là puissent, pas ces discours-là, pas les discours qui remettent en cause la science, mais ceux qui la mettent en avant puissent trouver une place importante et à des heures de grande écoute en plus.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure du croisement entre numérique et télévision. C'est vrai que de plus en plus, mine de rien, la télévision cherche à s'inspirer de ce qui se fait sur les réseaux sociaux. Par exemple, des chroniqueurs, on va maintenant les chercher sur Instagram. On veut des gens qui ont déjà une communauté. Mais effectivement, c'est plutôt dans cette logique de capter la communauté plutôt que de s'inspirer du format. Parce qu'en fait, des formats propres au numérique, c'est quand même compliqué. de les décliner ensuite en télévision. Et puis, mine de rien, même en documentaire maintenant, sur une chaîne comme Oushoya TV, désormais, ils confient des documentaires à des youtubeurs en incarné. C'est le cas notamment avec Nota Bene, qui parle d'histoire, qui a des milliers, voire des millions peut-être, d'abonnés. Donc, mine de rien, la télévision cherche à capter finalement l'audience de ces gens qui réussissent sur les réseaux.
- Speaker #1
Et je ne sais pas si tu partages ce point de vue, mais je trouve que sur les émissions scientifiques, on a quand même eu une grande évolution sur les formats, c'est-à-dire qu'on a complètement quitté le studio. Je trouve que le studio pour l'émission scientifique, on ne l'a plus trop. On voit toujours des choses qui sont sur le terrain, qui sont en immersion, etc. L'émission, on a toujours cette référence de « c'est pas censé » , mais « c'est pas censé » , c'était pas particulier, c'était ce fameux camion, etc., studio, etc. Mais c'est vrai que le magazine scientifique, posé autour d'une table, etc., celui-ci, j'ai l'impression que dans les formats, il y en a. complètement disparu. Et en fait, la science, elle s'est vraiment pris un ancrage terrain depuis des années. Alors que ce soit avec des personnages qui sont proches de leur communauté, comme tu le disais, aller chercher des créateurs de contenu sur les plateformes, mais même aussi, voilà, les passeurs, on va dire, traditionnels, ils n'ont plus du tout de studio, ils vont sur le terrain, ils vont tester, ils vont à la rencontre d'eux.
- Speaker #0
Exactement, c'est ce qu'on voit effectivement avec Jamy Gourmaud, avec Hugo Clément. Voilà, effectivement, on va sur le terrain. Mais il y a quand même d'autres exemples qui nous montrent le contraire. Et je pense à un superbe exemple d'une émission que j'adore, c'est Arte, qui a lancé en fait une émission sur Twitch, qui s'appelle Scope. Ils sont en direct pendant deux heures, et donc la plupart du temps, ils sont en plateau, où ils reçoivent des chercheurs. Et puis ils ont quand même un journaliste qui est sur le terrain, en extérieur. Et ça marche super bien. Et ça, pour moi, c'est vraiment un superbe exemple. C'est-à-dire que c'est une chaîne de télé qui s'appelle Arte, mais qui produit désormais principalement pour le numérique, avec en l'occurrence cet exemple sur Twitch en direct. Donc comme quoi, on peut aussi faire de la science derrière un bureau sous des spades de télé, ça marche aussi très bien.
- Speaker #1
Merci de ce contre-exemple. Et en tout cas, ce que je trouve intéressant dans ce projet, je dois quand même bien concéder que je n'en ai pas connaissance. Donc j'irais le voir après par curiosité. Par contre, ce qui est intéressant, c'est effectivement l'arrivée du... L'arrivée en tout cas, la mise en place du direct pour une mission scientifique. Pareil, à ma connaissance, c'est des choses qui sont plutôt assez rares. Et je trouve que, comme Twitch, c'est la communauté qui est en prise directe avec l'émission, je trouve que là, le fait que la communauté puisse sans doute interpeller et poser ses questions en live, j'imagine, dans ce format-là, je trouve que pour une émission scientifique, c'est un vrai paille. C'est assez audacieux.
- Speaker #0
Mais carrément, parce qu'en fait, surtout aujourd'hui, moi, je me rends quand même compte qu'il y a une grosse méfiance du public envers les journalistes, notamment sur les questions de science. Et c'est vrai que d'avoir un lien direct, de pouvoir poser ces questions, c'est super chouette. Et puis aussi, je pense que de plus en plus, on a besoin aussi de raconter les coulisses de la fabrication de nos contenus. Voilà, donc effectivement, c'est une forme, en fait, mise en place pour aussi restaurer de la confiance avec le public.
- Speaker #1
C'est la fin de la première partie de cette interview de DeepMedia avec Charles Baer, journaliste et réalisateur scientifique. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite de cet échange où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez des commentaires étoiles adéquats. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour poursuivre l'exploration, ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces deux outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisée en IA générative et social media. A très bientôt !