- Speaker #0
Bonjour, vous écoutez Demain, le podcast de Néoma qui décrypte les évolutions de nos métiers. Aujourd'hui, diplômés et étudiants parlent de la transformation digitale.
- Speaker #1
Bonjour, je m'appelle Axelle Palippou et je suis étudiante en Master of Science. Strategy, Consulting and Organization et également en dernière année du PGE de Neoma sur le campus de Rouen. Aujourd'hui, nous allons parler des métiers de la transformation digitale avec Adrien Meyer. Vous êtes diplômé de Neoma en 2010 et vous avez fait le programme PGE également sur le campus de Rouen. Vous avez d'abord eu une petite expérience dans un petit cabinet de conseil en sortie d'école, puis ça fait maintenant 15 ans que vous travaillez pour Accenture, 14 ans dans le domaine banque et assurance. Et donc, pour faire une petite présentation d'Accenture, c'est un cabinet de conseil en stratégie, organisation et transformation au niveau mondial. Aujourd'hui, vous êtes principal directeur en stratégie consulting spécialisé finance et risque chez Accenture. Cela fait deux ans que vous êtes sur le grade et sur le campus de Paris. C'est bien cela ?
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
On va parler du métier de consultant en transformation digitale. J'aimerais simplement que vous commenciez par m'expliquer en quoi cela consiste.
- Speaker #2
Je vais vous expliquer un peu comme j'explique à mes enfants. C'est-à-dire que quand ma fille me demande « qu'est-ce que tu fais ? » Pour le dire simplement, moi aujourd'hui je trouve des solutions à des problèmes, pour faire très simple. Notre métier c'est d'aller voir des entreprises qui ont des problèmes dans leur organisation, dans leur performance, dans leurs résultats, dans leur système d'information. Souvent ils ne savent pas exprimer leurs problèmes clairement et on va venir les aider à identifier leurs problèmes. comprendre ce qui va, ce qui ne va pas, tracer une feuille de route, et puis ensuite les accompagner, les prendre par la main tout au long du chemin de la transformation pour mettre en œuvre des solutions, mettre en œuvre une nouvelle organisation, faire de telle sorte que quand on reparte, ils sentent mieux, ça fonctionne mieux, et les résultats vont mieux également.
- Speaker #1
Et comment pouvez-vous expliquer que les entreprises ne soient pas elles-mêmes capables de targueter ces soucis et de pouvoir les régler ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. Souvent, on a ce réflexe, en tout cas ce qu'on racontait quand j'étais plus jeune, c'est le consultant, c'est lui qui vient. qui prend ta montre et qui va te donner l'heure. Ce n'est pas complètement faux, ce n'est pas complètement vrai non plus. Le fait est que quand on lance une entreprise, elle tourne, on est dans le guidon, on est en train de courir, on fait tourner les opérations et on n'a ni le recul sur ce qui se passe sur le marché et ce que font nos pairs et on n'a surtout pas le temps de gérer des projets, cette entreprise arrive à s'organiser, mais de manière générale, on est dans le guidon. Et aujourd'hui, nous on n'arrive pas forcément avec une meilleure expérience métier que... Ces boîtes-là, ça fait 20 ans, 30 ans qu'ils font leur métier. D'un point de vue fonctionnel, ils sont meilleurs que nous, bien évidemment. Par contre, nous, on vient avec un regard différent sur ce qui peut se faire, sur les meilleures pratiques du marché, sur des façons de faire plus optimales. Et ensuite, on vient aussi avec des compétences de gestion de projet, de mise en œuvre, d'implémentation de solutions. On arrive, on a souvent des cas, et j'ai un exemple croustillant là-dessus, qui est où ils ont des habitudes, ils ne se rendent même plus compte.
- Speaker #1
Donc, ce que je comprends, c'est qu'à la fois, vous allez rendre compte d'un problème, faire le bilan avec votre client de quel est ce problème et ensuite de proposer une solution. Mais là où ça diffère et peut-être que c'est plus facile pour vous, c'est que vous allez aider à l'implémentation de cette solution. Donc, vous intervenez également concrètement sur la mise en œuvre de cette solution.
- Speaker #2
C'est ça. En fait, il y a plein de cabinets de conseil différents. Accenture, un cabinet qui fait... concrètement de A à Z. On va venir identifier potentiellement des changements stratégiques pour l'entreprise, des façons de piloter différemment, des façons d'opérer différemment, de type, on reparlera certainement sur le sujet de l'IA, mais c'est comment je veux transformer complètement ma façon d'opérer de mon entreprise par rapport à un changement drastique technologique ou un changement métier où je me rends compte que mon produit n'est plus valable parce qu'il va mourir. Comment je fais pour réopérer ? On a une approche qui est plus... partenarial de nos clients que body shopping où je vous mets quelqu'un il y a quelques temps parce que vous avez besoin de quelqu'un et puis on s'arrête là. Donc, le métier du conseil de manière plus générale, pas seulement ciblé sur Accenture, c'est un métier où on est là pour apporter de la valeur à nos clients. Que ce soit une valeur parce qu'il a besoin de quelqu'un tout de suite pour opérer ou pour l'aider à enrichir finalement ce qu'il fait au quotidien, venir apporter du plus Merci. à la fois sur son PNL, mais aussi sur ses opérations, sur le bonheur de ses équipes, sur des journées plus courtes, si on arrive à faire plus efficace.
- Speaker #1
D'accord, c'est très clair sur ces sujets-là. Et on parle d'un métier de consultant en transformation digitale. La transformation digitale, c'est... C'est quelque chose de relativement récent si on prend toute une vie, on va dire. Votre métier a nécessairement changé depuis 15 ans. Qu'est-ce que vous noteriez comme changement majeur dans votre métier ?
- Speaker #2
Il y a beaucoup de changements. Déjà, il y a un paradigme technologique. Il y a 15 ans, 20 ans, on faisait des projets massifs sur des transformations de ERP massifs. Des projets qui duraient 5 ans, 10 ans, où on mettait 150, 300 millions sur la table. Ça, ça n'arrive plus. parce que les projets vont beaucoup plus vite, parce que les solutions sont beaucoup plus simples, sont moins complexes en termes de code, de développement, etc. Et le deuxième élément, c'est qu'il y a 15 ans, 20 ans, on avait des DSI et des CFO qui étaient installés dans leur siège depuis 15 ans, 20 ans, qui n'allaient pas en bouger. Parce que de toute façon, même s'il y avait un risque ou un dérapage, ils étaient là. Aujourd'hui, un DSI veut devenir CFO, un CFO veut devenir DG, un DSI veut devenir DG. Et donc, il va rester dans son siège pendant 3 ans, 4 ans, pas plus. Il ne peut pas se permettre de prendre un risque qui est trop gros. Donc, il ne lancera pas des projets aussi gros. Donc, on est sur des projets qui sont beaucoup plus petits. On reste dans la transformation. Il y a encore 20 ans, quand on mettait en place une plateforme SAP chez un client, c'était une transformation digitale, au sens de l'informatique. Ce qui change aujourd'hui, c'est la taille des projets, la vitesse à laquelle on doit les mettre en place. Et donc, par conséquent, comment on doit apporter plus de valeur beaucoup plus vite. Et ça, c'est un vrai changement de manière générale sur notre activité, notre comment on gère le métier du conseil. Le business, ça reste un business. Comment on gère nos équipes et comment le client aussi gère ses budgets.
- Speaker #1
D'accord. Donc, on est finalement sur des projets plus petits, plus rapides, avec un moins gros budget, mais avec un retour sur investissement qui va être immédiat. Et vous allez réellement apporter de la valeur à votre client qui va pouvoir l'apercevoir immédiatement. Et on est moins sur du... Du changement drastique de RP ou ce genre de choses.
- Speaker #2
Et ça se voit avec les méthodes d'implémentation ou les méthodes de projet. Aujourd'hui, on veut un résultat tout de suite. On veut voir immédiatement l'impact de notre décision. Et donc, les solutions sont adaptées à ça. Puisque tout d'un coup, on ne signe pas des contrats. C'est moins de contrats à 300 000, donc on a moins de visibilité à long terme. On doit en signer beaucoup plus et des plus petits. Et ça a un impact sur le fond de ce qu'on fait. Il faut qu'on se pertinente beaucoup plus rapidement. Ça rend le staffing et la gestion des ressources. beaucoup plus compliquées et ça nous demande d'être beaucoup plus exigeants sur les profils qu'on va avoir et d'avoir des ressources qui sont prêtes tout de suite.
- Speaker #1
Bien sûr. Et donc là, on parle du métier de consultant, la firme de conseil de manière générale, mais en tant que consultant dans sa vie de tous les jours, qu'est-ce qui a réellement changé dans la pratique du métier depuis 15 ans ?
- Speaker #2
À ce moment-là, pas tant de choses que ça au final. Le quotidien, c'est toujours, j'arrive chez un client, quel qu'il soit, je dois comprendre ses enjeux assez rapidement, quel que soit son métier, métier différent, nouveau. La culture aussi, entre deux boîtes équivalentes, une banque et une banque, on pourrait se dire qu'ils font les mêmes business. Mais en fait, la culture n'est pas du tout la même. Pour deux clients similaires qui font globalement le même métier, on va potentiellement avoir des approches très différentes. On va leur dire que globalement, le marché fait ça, les best practices du marché, c'est ça, mais son modèle de données est différent. Mais c'est une organisation différente. Si on bosse sur des projets de pilotage, pilotage d'entreprise, pilotage financier, c'est un peu la façon que je veux piloter ma boîte, même si je fais la même chose que mon voisin.
- Speaker #1
Bien sûr. Et donc, est-ce que vous diriez que dans cette nouvelle, dans cette transformation du métier, vous parlez du plus un qu'on ne paiera pas, que le client ne souhaitera pas payer s'il n'est pas opérationnel tout de suite. Finalement, un étudiant sorti d'études, Il va avoir peut-être plus de mal à s'intégrer ?
- Speaker #2
Alors c'est un vrai sujet. Et c'est un vrai sujet qu'on a nous aujourd'hui dans nos réflexions sur le recrutement. Bon, les conditions économiques du moment font que toutes les boîtes ont un peu ralenti le recrutement de manière générale et on va avoir plutôt tendance à se dire on va recruter de l'expérimenté et pas du junior. Pour la simple et bonne raison qu'il faut qu'on puisse le vendre tout de suite. J'ai des clients qui aujourd'hui ne sont pas prêts à me dire je vais te payer 800, 900 euros la journée quelqu'un qui sort d'école parce que je ne vois pas la valeur qu'il m'apporte tout de suite. Et c'est un vrai sujet aujourd'hui dans la construction de nos pyramides, c'est un vrai sujet dans la façon dont on opère pour nos recrutements, parce qu'il faut que le profil qui sort d'école soit immédiatement opérable et qu'il apporte de la valeur immédiatement. Et le sujet de l'apport de valeur, c'est vraiment le fond de la question. On vend quelqu'un. Si j'achète quelque chose et que je dépense de l'argent en tant que client, je m'attends à ce que cet argent me rapporte un retour sur investissement, m'apporte de la valeur. Et après, ça ne veut pas dire... qu'il faut absolument que la personne qui sort d'école soit déjà sachante en banque d'assurance, qu'elle sache comment on pilote les problématiques FR17 sur la réglementation assurancielle. Je pourrais se faire des exemples un peu tordus.
- Speaker #1
Oui, mais ça me va de ne pas savoir ça, vous inquiétez pas, c'est bon.
- Speaker #2
Mais par contre, il y a une base de compétences qui sont assez clés, et on a tous besoin de quelqu'un qui sache faire un compte-rendu correctement, qui sache prendre des slides propres, carrés, sans faute d'orthographe, immédiatement, qui sache suivre un Excel avec une liste de tâches et des statuts, communiquer autour de ça, identifier les risques, communiquer avec l'ensemble des parties prenantes, synthétiser. Et ça, c'est les compétences de base qui seront toujours nécessaires. Sur tout projet, on a besoin de quelqu'un qui fasse le pilotage opérationnel.
- Speaker #1
Et c'était déjà le cas il y a 15 ans.
- Speaker #2
Et c'était déjà le cas il y a 15 ans, exactement. Jusque là, maintenant, avant, sur un projet de 150 personnes, on a une équipe de pilotage de 3-4 personnes. Là où on est un peu moins autonome parce qu'on est encadré par un senior manager qui est aussi sur l'équipe de pilotage, aujourd'hui, sur mes projets, j'ai besoin d'un demi-analyste ou demi-junior qui va faire le pilotage. et qui a intérêt à être extrêmement autonome et qu'il puisse comprendre très vite ce dont moi j'ai besoin, puisque moi finalement, ma petite multéquipe, je vais passer 30% de mon temps sur ce projet. Donc il doit être en capacité d'avoir cette autonomie et puis de suivre en poisson pilote et d'avoir les réflexes de qu'il faut que j'aille chercher l'information, il faut que je lui communique parce que je sais qu'il n'a pas beaucoup de temps, il faut que je sois hyper rigoureux et hyper carré parce que je sais qu'il n'aura pas non plus le temps de me prendre par la main pour m'amener à ce niveau de rigueur.
- Speaker #1
Très clair. Je vais faire un... Une petite digression, quoique pas nécessairement, mais peut-être qu'on y reviendra plus tard. On dit souvent que les juniors seront remplacés par l'IA. Je voulais évoquer avec vous le virage lié à l'IA. Et qu'est-ce que ça change dans le métier de consultant en transformation digitale ?
- Speaker #2
Ça change beaucoup. En fait, à la fois ça change beaucoup de choses, et à la fois ça ne change pas le cœur et les fondamentaux de notre métier. Il y a des transformations et des changements technologiques, on en a vécu plein. Depuis que je suis à Accenture, je pense que j'ai vécu... 15, réorganisation, 10, je ne sais pas, je n'arrive plus à les compter. Parce qu'à chaque fois qu'il y a une nouvelle distribution, il faut s'adapter au marché. Le métier du conseil, s'il veut survivre de manière générale, doit constamment s'adapter aux besoins du marché, aux besoins économiques, aux besoins de nos clients. Et nos clients ont toujours besoin d'aide. Maintenant, l'IA change beaucoup de choses, parce qu'il y a beaucoup de tâches qu'on confiait aux analystes, qui peuvent être traitées par les comptes rendus que Pilote le fait très bien. faire des tableaux Excel et les remplir peut faire très bien. Aller faire des contrôles de données entre un fichier A et un fichier B, un fichier B, l'IA le fait très bien. Maintenant, est-ce que je vous une confiance 100% dans l'IA ? Non. On aura quand même besoin de quelqu'un qui, un, parle avec l'IA, vérifie, comprend les promptes, comprend les scripts, comprend le code qui a été développé par l'IA derrière. Et donc, il y a quand même une énorme interaction à avoir avec la bête. Il faut être capable de la comprendre et comprendre ce qu'ils font. Et mine de rien, là, je dirais que les nouvelles générations ont un énorme avantage. Moi, je suis encore vieux, mais j'ai 15 ans de boîte, j'ai un planning très chargé. Donc le temps que j'ai à dédier, à monter en compétence sur ces solutions-là, à comprendre ce que c'est qu'un agent IA, me former, etc., c'est du temps que j'ai pas beaucoup. Donc je vais le faire, et c'est nécessaire de le faire parce que je discute avec mes clients de stratégie IA. Par contre, être capable, moi, de comprendre comment ça fonctionne. je veux le faire parce que j'ai besoin de le comprendre mais j'ai moins l'appétence parce que j'ai pas forcément le temps et j'ai moins le temps. Le métier change donc ça va remplacer les activités que faisaient les juniors, ça va les obliger à être compétents beaucoup plus vite d'un point de vue de fond, c'est-à-dire que quand j'aurai le compte-rendu il faut que je comprenne ce que le compte-rendu dit et donc ça va me forcer à monter en compétence plus vite sur le fond, sur l'organisation sur l'objectif de la réunion mais on aura quand même besoin d'eux pour faire ce travail-là parce que... Ça semble prétentieux. Moi, le compte-rendu, je n'ai pas envie de... Un compte-rendu, c'est un compte-rendu, ça doit partir une fois que c'est fait.
- Speaker #1
Je comprends. Tant que nos managers seront la génération Nokia 3000, on est un peu sauvés. Ça me va.
- Speaker #2
C'est un peu ça. Je ne suis pas si vieux que ça, mais...
- Speaker #1
Les jeunes vont discuter avec l'IA, et peut-être qu'à l'époque, vous, vous étiez plutôt sur du codage, sur ce type d'activité. Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ? Est-ce qu'un consultant doit savoir coder pour faire de la stratégie digitale ?
- Speaker #2
Oui et non. Moi, typiquement, j'ai appris différents codes. J'ai appris du VBA quand j'étais ado. Aujourd'hui, il n'y a pas vraiment besoin d'apprendre du code. Il y a encore trois ans, très très récemment, tout le monde s'est dit qu'il faut qu'on apprenne le Python. Il y en a eu plein d'équipes qui se sont formées sur du Python parce qu'il fallait connaître le Python, parce que c'était le langage de l'IA. Mais en fait, on n'en a pas besoin. Il suffit de demander à ChatGPT ou n'importe quel système de dire, produis-moi le code. Maintenant, c'est quand même mieux de le comprendre. Je trouve qu'aujourd'hui, parce que les solutions sont énormément diversifiées, hier, vous aviez une solution qui faisait, par exemple, la consolidation financière. C'est-à-dire qu'il est au sujet à des moments... Aujourd'hui, vous en avez 5, 6, 7, 8 sur le marché. Donc, tout d'un coup, il y a une disruption, une disruption avec des codes totalement différents, des approches différentes. On ne peut pas être sachant sur toutes les solutions. On ne peut pas être sachant sur tous les codes. On ne peut pas être sachant sur tous les métiers. Mais la difficulté pour les nouvelles ressources qui vont arriver sur le marché, c'est que tout d'un coup, il faut être capable d'interagir avec tout. Je ne suis plus expert d'une chose en particulier. Je suis expert de tout, mais qu'à un niveau d'expertise un peu moindre. Mais je suis capable d'interagir avec tout. Et le consultant, c'est un peu ça. C'est ce que j'allais vous dire. Dans une boîte normale, je dirais, vous montez votre expertise sur votre industrie, sur votre cœur de métier, votre cœur fonctionnel, et vous êtes très bon là-dedans. Par contre, dès qu'on vous en sort, vous êtes perdu. Le consultant, au fur et à mesure qu'il va monter dans ses grades, en fait, il va devoir élargir son spectre de plus en plus. Et on ne peut pas être expert de tout, ce n'est pas possible. Moi, aujourd'hui, je ne suis pas capable d'aller parler à n'importe quel directeur financier et lui expliquer c'est quoi ta stratégie que tu vas mettre en place sur ton IR. Est-ce que je suis capable de lui dire, voilà comment tu vas développer ton réseau d'agents avec l'ensemble de tes solutions sur ton architecture ? Bon, là, je vais aller chercher un copain parce qu'eux, ils ont creusé plus la question. Et ça rend le métier compliqué parce que là où avant, on avait besoin de 10 experts pour, entre guillemets, faire le monde, aujourd'hui, on a besoin de 200 parce qu'il y a 200 complexités différentes, plein d'outils, plein de besoins différents. Il y a plein de startups qui ont démarré partout et ça rend la chose un peu plus compliquée.
- Speaker #1
Oui, donc on pourrait dire que le... Le consultant de demain doit avoir un profil hybride et assez versatile, touche à tout. Mais donc, quel type réellement de profil on va chercher avec cette montée de l'IA en junior ?
- Speaker #2
La notion d'hybride est hyper importante. Il y a encore quelques années, on avait une vraie distinction de le monde du conseil noble et, entre guillemets, le monde du conseil moins noble. Le NOB, c'est le Management Consulting. Je viens, je fais de la slide pour faire de la transformation organisationnelle, etc. Les entreprises ne veulent plus payer pour ça. Quand j'ai discuté avec le directeur financier, il veut que je lui parle de ses systèmes et de son architecture et des impacts sur ses finances, ses licences et ses équipes. Je parle à un directeur des systèmes d'information. Évidemment, lui, il va me parler bien sûr de sécurité et d'architecture, mais il va aussi me parler de finances, parce que ça l'intéresse de savoir l'impact sur le P&L et ce qu'il va apporter à la boîte, parce qu'il a besoin de briller derrière. Et donc, on a besoin d'avoir une compréhension d'ensemble de... Quand je pousse quelque chose à mon client, je dois comprendre l'ensemble des impacts sur l'ensemble de la chaîne de valeur, que ce soit ses équipes, ses opérations, le pied-nel de la boîte, et l'IT, et la sécurité qui est derrière, parce qu'il veut avoir tout, il est capable de prendre la décision, et être celui qui a pris la décision dans la boîte. Et donc les profils qu'on cherche aujourd'hui, c'est des gens qui sont extrêmement curieux, et capables de se salir les mains, parce qu'on va leur demander justement, d'un coup tu as besoin d'ouvrir le capot de la solution, potentiellement d'aller faire une correction dans un code. aller dire à l'équipe qui a développé que c'est bien, c'est pas bien. Peut-être faire le dernier kilomètre de développement parce que tu vas t'asseoir à côté du client et tu vas le faire à côté de lui parce qu'il veut voir. C'est un peu le système D. On vient, la maison, il faut la construire. Le vitrier n'est pas là, je pose la vitre. Le carreleur n'est pas là, je vais poser le carrelage. Et puis j'ai une nourrie pour le poser aussi bien que le carreleur. Parce que la maison doit sortir. Et donc... Par conséquent, ce qu'on cherche, c'est ces profils-là qui ont une curiosité énorme, qui n'ont pas de problème à faire gauche, droite, le carrelage, la vitre, puis passer le coup de baille derrière, parce qu'au final, ils auront fait construire la maison. Et quelqu'un qui est capable de faire tout ça, il est hyper pertinent quand il va aller voir le deuxième client pour la deuxième maison, parce qu'il a tout fait et il sait exactement ce qu'on peut faire et pas faire.
- Speaker #1
Oui, et donc aussi, dans ce que vous disiez également, c'est l'idée de ne pas être mal à l'aise avec cette IA-là. et de considérer qu'elle est un outil et que justement, elle va nous aider à devenir vitrier, carreleur et que sais-je. Parce que l'information existe, il faut savoir aller la chercher et donc un consultant qui ne sera pas frileux face à l'utilisation de l'IA, même si ça a été beaucoup réfréné dans les études ou quand ça a commencé à sortir, finalement, c'est un point très positif pour une société de conseil.
- Speaker #2
tous les garde-fous qu'il faut mettre en place. Bien sûr. C'est-à-dire que la donnée qui est donnée, est-ce qu'elle est bonne, elle n'est pas bonne, il faut la remettre en question. Est-ce que ce que je partage, j'ai le droit de le partager ? La sécurité de la donnée, etc. Ça, c'est un énorme sujet qu'aujourd'hui, qui fait partie de nos discussions avec nos clients, qui est, on les pousse à utiliser l'IA parce qu'il y a de la valeur à différents endroits, mais on réfléchit énormément avec eux sur comment on l'utilise, quelles données on prend, quelle est la valeur de la donnée, c'est quoi les garde-fous, comment ils ont structuré leurs données en amont. Et ça, c'est un énorme sujet, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'IA sans data. Et avoir cette culture aussi de... Parce que tout le monde s'imagine que ça va être magique. Ça ne va pas être magique. Au final, c'est la même chose que ce qu'on faisait il y a quelques années, qui sont des robots un peu améliorés. Donc ça n'a rien de magique. C'est magique, c'est un bon outil, mais ce n'est qu'un outil, exactement.
- Speaker #1
Est-ce que vous pourriez donner un exemple concret de projet dans lequel l'IA a eu un impact, et notamment grâce à l'utilisation qu'en a fait le consultant ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. Aujourd'hui, déjà sur nos clients, on a beaucoup de clients qui sont extrêmement frileux, parce que des banquiers, dans ces cas-là, ou des assureurs, ils sont extrêmement fermés à l'ouverture au système extérieur, donc ils ont tous développé des... des Ausha GPT internes, ce genre de choses qui n'ont pas un usage monstrueux. Ce qu'on cherche plutôt, ce qu'on va voir dans certains de nos projets, je vais prendre un client en particulier, je ne citerai pas, qui a dit aujourd'hui, je me rends compte que l'ensemble de mon back-office, l'ensemble de ma gestion me prend 70% de mes charges, je veux qu'en 2030 ce soit 40%. Donc ça c'est son plan strat. Et son plan strat il est clairement de dire, on va aller prendre l'ensemble des activités qu'on fait aujourd'hui, Et on va aller voir partout où je peux mettre de l'IA. Un truc très simple, la traduction. Moi, j'ai un souvenir, il y a 7 ans, on avait fait une mission pour un client et on avait fait toute notre documentation en anglais. Et ton client dit, en fait, il me faut tout en français. Bon, j'ai dû payer un cabinet de traduction qui a pris tous les documents, qui a tout traduit. Puis ensuite, mes équipes ont dû tout relire, corriger pour que ça ait du sens d'un point de vue. Ça nous a coûté une fortune en termes de temps. Aujourd'hui, je prends un fichier, je le charge dans un site qui s'appelle ingai.xenture.com, ça me ressort le document, ça a respecté le format, ça a ajusté le PowerPoint, ça a tout traduit, et c'est nickel, un module ou deux, trois trucs. Donc, il y a des gains au quotidien, parce que la difficulté, c'est que chaque client étant différent, on a du mal à se dire, on va créer un truc qui va répondre à tout le monde. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que ça n'a pas été trop difficile à gérer, cette arrivée de l'IA, avec toutes les contraintes ? L'égal que vous avez pu avoir à côté en disant, mince, en fait, on se rend compte que l'IA, ça ne traite pas bien les données. Donc, qu'est-ce qu'on met en place comme nouvelle règle pour le traitement des données ? J'ai l'impression que ça a quand même amené beaucoup de changements en dehors du simple métier de consultant.
- Speaker #2
Alors, pour nous, en interne, on a une très grosse culture de gestion du risque de la donnée. Parce que c'est très simple, on gère la donnée de nos clients. Dans les journaux, vous voyez qu'Accenture a perdu les données d'Intel. C'est très mauvais pour nous, donc ça n'arrive pas, parce qu'en fait, on a une gestion de la donnée et du risque de la donnée extrêmement forte. Donc quand l'IA est arrivée, en fait, la boîte a pris tout de suite le sujet et a commencé à faire des petites équipes, à faire des petits use cases, à commencer à analyser les choses, à ouvrir petit à petit les conditions. On a tous reçu des formations dans tous les sens sur le risque de la donnée, sur l'IA, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on ne fait pas. On est extrêmement sollicité, justement, sur... Faites attention à ça, faites attention à ça. Et donc on nous a ouvert les choses petit à petit. On a tous accès à Copilot, on a tous accès à plein de sites internes. Et donc ils lâchent les use cases petit à petit pour qu'on puisse utiliser la chose. Et on est surtout énormément informés. Typiquement, je n'ai pas le droit d'utiliser le chat GPT dans le cadre de mon travail. Dans le cadre personnel, je fais ce que je veux. Mais par contre, je n'ai pas le droit de poster quoi que ce soit sur le chat GPT, pas de données, etc. Mais donc c'est à nous, on est éduqués par rapport à ça de manière très forte. Parce qu'effectivement, il y a énormément de risques, énormément de données qui disent n'importe quoi sur Internet. Et on bassine fortement avec ça pour connaître cette culture-là.
- Speaker #1
Donc vous diriez que ça représente potentiellement une opportunité. Mais donc pour un étudiant aujourd'hui, qu'est-ce que tout cela signifie ? C'est ce changement du métier, l'introduction de l'IA, mais en même temps le fait que les clients n'aient plus spécialement envie de payer pour un novice.
- Speaker #2
C'est un vrai challenge. Arriver à rentrer dans ce métier, c'est arriver à se dire, il y a une notion de mindset, c'est de se dire comment j'arrive à apporter de la valeur immédiatement. Et donc par conséquent, c'est un peu ce que je disais tout à l'heure, comment j'arrive à avoir tout de suite une production de données extrêmement rigoureuse, à être fiable, à apporter de la valeur, à comprendre très vite. J'avais une discussion hier avec quelqu'un de mon équipe qui était justement le... Quand on vient chez un client, la plus grosse difficulté, c'est que souvent on attaque la face nord tout de suite, parce qu'il faut arriver à comprendre très vite ses enjeux, ses besoins, etc. Et donc, quelqu'un qui veut se lancer dans le conseil, démarrer dans le conseil, il n'y a pas de barrière, c'est plus difficile aujourd'hui qu'avant, parce qu'il faut tout de suite se mettre dans le bain, tout de suite s'investir énormément, je ne parle pas de temps horaire, mais d'engagement dans la chose, et puis être extrêmement curieux. poser beaucoup de questions, chercher à comprendre. Et je pense que le plus vite vous dessinez le cadre de la maison dans laquelle on va évoluer, le plus vite vous savez quels sont le périmètre, les enjeux et vous avez de compréhension en ton noir, encore une fois. Le mieux c'est, et plus vite vous allez apporter de la valeur.
- Speaker #1
Et en termes d'opportunités ? Parce qu'on sait que le monde du conseil est un peu tendu. Il faut faire sa place, donc c'est challengeant. Mais est-ce que la place existe ?
- Speaker #2
Il y a moins de place, évidemment, parce qu'on recrute moins. Et parce qu'on recrute plus expérimentés. Mais il y en a quand même. Donc il y a effectivement moins d'opportunités. Mais je pense que celui qui veut vraiment doit y aller, taper à la porte et essayer de rentrer dans tous les cas.
- Speaker #1
Et admettons, Adrien... Vous avez mon âge, vous sortez d'école, est-ce que vous vous seriez orienté vers les métiers du conseil au vu des changements qui ont opéré ces dernières années ? Est-ce qu'aujourd'hui vous retrouvez toujours ce qui vous a attiré dans la profession ?
- Speaker #2
C'est une bonne question, on se la pose régulièrement. Pour la petite anecdote, je suis rentré en conseil après Accenture en me disant je vais faire trois ans et puis je m'en vais. surtout je voulais quitter Paris à la base comme quoi on maintient ses objectifs mais euh Non, mais je suis venu dans le conseil à la base par peur de routine. Moi, j'aime bien l'idée d'être celui qui définissait la règle et pas celui qui l'appliquait, versus les auditeurs. Je ne voulais surtout pas faire ça. En sortant de Rouen, on m'avait dit que c'était soit audite, soit conseil. Et appliquer de la règle, bête et méchante, aucune accusation sur les auditeurs. Mais ça ne me plaisait pas et j'aimais cette idée de me dire que je suis celui qui va définir la règle et qui va définir comment ça va fonctionner. J'avais fait un premier stage en... Mon premier stage, c'était en magasin, où j'étais manager de vente et j'adorais ce côté très opérationnel de trouver des solutions en permanence. J'avais fait un stage en contrôle de gestion, que j'avais bien aimé. Il y avait une partie qui était très routinière, sortir le résultat de gestion du magasin. Et il y avait une partie où je suivais l'ensemble de la construction d'un magasin en cours, qui était le flagship de la marque. Et ça, c'était cool parce que j'allais sur le terrain, je voyais le magasin construit, je voyais quelque chose d'opérationnel, quelque chose qui bougeait en permanence. Et je me suis rendu compte, moi, ce qui me plaît, c'est que je déteste la routine. J'ai besoin de quelque chose qui change, j'ai besoin de challenge. Et le métier du conseil répondait à ça. Et en fait, il y répond toujours. Je continue à être challengé, à avoir des nouveaux besoins, à sortir des nouvelles choses. Aujourd'hui, typiquement, je suis monté sur une mission en novembre-décembre, un peu en mode pompier, parce que c'était une très très grosse mission, une société qui fait un carve-out, qui se débarrasse de toute une bande d'activités. Il faut tout refaire. Nouveau périmètre, nouveau client, nouvelle industrie pour moi. pas la même langue, boîte international, je donne des places à Amsterdam pour les voir, c'est un nouveau Lego à faire, il suffit de le monter, et puis comprendre qu'on n'a juste pas le plan. Et puis on construit avec le client, et puis surtout de la satisfaction d'eux, ils apprécient les idées, on la co-construit avec eux, au final c'est eux qui vont jouer avec, c'est pas moi, je serai parti une fois que ça tournera. Et puis quand on le voit qui tourne et que ça sort, c'est avoir des clients qui vous disent en fait on ne voyait pas avant, maintenant on comprend.
- Speaker #1
Donc si... Si je devais résumer un peu ce qu'on s'est dit dans cet entretien, c'est finalement que le métier du conseil, c'est un éternel changement qui va être continu, qui va arriver en fonction de la géopolitique, du climat, de plein de sujets actuels. Mais qu'en même temps, le but même d'un consultant, c'est de pouvoir s'adapter. Et on parle beaucoup d'adaptabilité. J'ai l'impression que c'est un peu le sujet. Et donc, en fait, l'IA, c'est simplement un outil de plus qui... qui va demander aux consultants de s'adapter à nouveau. Mais est-ce qu'on change réellement les dynamiques d'il y a 15 ans ?
- Speaker #2
Non, parce que l'IA, je vais faire un combo entre deux choses que vous avez dites. L'IA au final, j'en ai besoin pour quoi ? J'en ai besoin pour la direction financière, pour l'aider à mieux comprendre sa donnée et puis générer des forecasts plus rapides et générer de la projection de données au regard d'un historique. J'en ai besoin sur la partie ESG, par exemple, parce qu'en fait, ça va m'aider à mieux comprendre les impacts des variations. de ma météo sur, finalement, les impacts de mes soldes que j'assure en tant qu'assureur, par exemple. Et en fait, l'IA, c'est un outil qu'on peut appliquer partout, quel que soit le business, quelle que soit l'activité, quelle que soit l'industrie. Donc, effectivement, c'est un outil. Ce n'est pas une branche particulière, ce n'est pas un nouveau département d'entreprise. C'est un outil qu'on peut appliquer partout et qui est un accélérateur, une augmentation, d'une certaine manière, de l'humain, d'un process, etc. Donc, pour en revenir sur l'adaptabilité, oui. Je prends l'exemple de l'ESG, qui a été extrêmement mode, et je prends volontairement ce mot-là, il y a cinq ans, qui n'est plus du tout, depuis que notre copain Outre-Atlantique a décidé que ça ne servait à rien, et qui a mis la pression sur tout le monde, et donc l'Europe a baissé l'ensemble de toutes ses régulations, parce que c'était trop coûteux pour nos entreprises. On n'entend pas les décisions économiques et on oublie l'écologie. Ce n'est pas le débat du jour, on fera un autre podcast pour ça. Mais du coup, quand c'est arrivé, c'est devenu un business pour toutes les boîtes de conseil. On s'est tous jetés dessus, parce qu'il y avait, un, de la réglementation, Le premier tract qui tire la dépense des entreprises, c'est « je suis obligé de… » et puis il y en a beaucoup qui ont arrêté depuis, il y en a d'autres qui ont continué. Et là, sur ce genre de choses-là, ils ont un besoin. Ils ont un problème, comment on les aide à comprendre c'est quoi l'impact carbone de chacun des produits de cosmétiques par exemple, si je prends une boîte de cosmétiques avec laquelle on a travaillé, j'ai besoin de comprendre à chaque fois que je crée un nouveau produit cosmétique, c'est quoi mon impact carbone de chaque produit, est-ce que je le fais ou pas ? Je reviens sur une banque et certainement comment ça a développé, c'est bon bah je vais financer une boîte, c'est quoi l'impact carbone de mon financement ? Je finance une plateforme pétrolière, l'impact carbone n'est pas beau, je vais peut-être lui mettre un tour un peu sévère à lui parce que par contre j'ai financé un parc éolien. Bon ben c'est plus green, donc j'ai peut-être le financé moins cher. Aujourd'hui même sur des emprunts immobiliers, on va vous demander c'est quoi le DPE de l'appartement ou de la maison que vous allez vouloir lever. Bon ben en fonction d'eux, je vais vous mettre un taux différent. Et tout ça derrière, c'est une réflexion qu'on a pu avoir avec ces clients-là, parce que c'était le problème du moment. Bon ben une fois que c'est fait, on aura d'autres problèmes.
- Speaker #1
Et que diriez-vous à Adrien, 23 ans, jeune diplômé qui sort d'école, si vous deviez revenir un peu en arrière ?
- Speaker #2
Je ne change rien. C'est bien ! Non, mais j'ai une philosophie qui est qu'il ne faut pas regretter ce qu'on a fait. Une fois que c'est fait, c'est fait dans tous les cas, donc ça n'a rien de revenir en arrière. Non, je ne regrette rien. C'est un métier que je trouve passionnant. Les méthodes de travail du conseil changent énormément. On avait une image du conseil qui était très vraie il y a 20 ans, encore plus dans une boîte comme Accenture. Bon, mais en fait, il faut travailler d'arrache-pied. J'ai encore des discussions de temps en temps avec des très vieux partenaires qui étaient là avant. chez Arthur Anderson et qui sont encore fiers de me dire non mais nous on travaille 18h par jour, 19h par jour et c'est normal, et alors on dit mais non mais c'est fini ça faut rater quoi, nous on veut plus ça et puis les nouvelles générations veulent encore moins ça mais donc je suis quand même passé par toutes ces étapes là et j'ai eu des périodes de travail très intense etc, maintenant tout change le modèle change etc et je regrette pas d'avoir eu cette période là très intensive d'avoir fait des projets où je me déplaçais aux quatre coins du monde, où je me levais à 4h du matin pour aller prendre un train, pour aller en Allemagne, à Bruxelles, en Espagne. Parce que je trouve qu'il y a cette excitation constante, ce challenge constant, cette variabilité constante. Même si je suis sûr que si on regarde de manière très analytique mes 15 dernières années, ce que je dis est faux, mais j'ai quand même l'impression que chaque journée est différente de la journée précédente et qu'il n'y a pas eu de répétition. Et ça ? Je suis content de faire ça et je suis content d'avoir ce rythme.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
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