Description
Vous avez dit "bizarre" ? C'est bien normal. Voici la première série de Baleine sous Gravillon consacrée à des espèces animales extraordinairement étranges.
Dans cette troisième série "Bizarres", Marc et Marie-Juliette se penchent sur 5 animaux au développement étrange : au moins une étape de leur existence possède des caractéristiques insolites, de la gestation à la fin de vie, en passant par la reproduction...
Pour terminer cette série en beauté, voici un des plus étranges poissons qui soit, et un emblème de l'écosystème BSG car il a déjà fait l'objet de plusieurs émissions dans Nomen et PPDP : le Poisson-lune.
Il est aussi appelé la “môle” en français, qui vient du latin mola, "la meule" ; mot que l'on retrouve dans son nom scientifique, Mola sp, chez 4 des 5 espèces. Le Poisson-lune porte le même nom dans d’autres langues: pesce luna en italien, pez luna en espagnol, Peixe-lua en portugais, Mondfisch en allemand. Ce nom est dû à sa forme ronde et à sa couleur grise à blanchâtre, rappelant la lune.
Évidemment, si l'on parle encore de lui aujourd'hui, c'est qu'il est détenteur de plusieurs records et spécialiste des habitudes cheloues :
C'est le plus gros poisson osseux du monde : en 2021, un spécimen mort de Poisson-lune à bosse (Mola alexandrini) a été retrouvé mort près des Açores. Ce géant pesait pas moins de 2744 kg. On est quand même très loin du Requin baleine, un placide mangeur de plancton cartilagineux de... 20 tonnes.
Ce poisson est souvent proche de la surface. N’ayant pas d’écailles, il a beaucoup de parasites sur la peau, une cinquantaine d’espèces ! Pour s’en débarrasser, la Môle “fait la planche” à la surface de l’eau pour inviter les oiseaux à les picorer. C'est le seul exemple connu d’interaction positive et mutuellement bénéfique entre un poisson et un oiseau !
Ce gros mangeur de méduses, n'a pas de queue, et nage donc en godillant. D'où son surnom à Taïwan de "Poisson-mambo", car son dandinement a rappelé aux habitants de cet état la fameuse danse.
Enfin, sa femelle détient le record du nombre d'œufs pondus en une fois par un vertébré : 300 à 350 millions ! Ces œufs donnent ensuite naissance à des larves de seulement 2,5 mm (contre 2 à 3m pour l'adulte !) qui pour la plupart ne survivront pas avant d'atteindre l'âge adulte. Ce dernier point est l'occasion de se poser la question suivante : pourquoi les Poissons-lunes (et maintes autres espèces) produisent-ils une descendance aussi importante si ce n'est que pour que seulement quelques enfants puissent se reproduire à leur tour ? L'occasion rêvée pour parler d'une théorie des années 60 qui oppose deux grands types d'organismes, d'un côté ceux qui se reproduisent beaucoup mais qui engendrent des petits fragiles et de l'autre ceux qui se reproduisent peu mais qui font naître des petits plus viables : c'est "le modèle évolutif r/K"...
___
SOURCES :
Vignette : Larve de Mola alexandrini, une des 5 espèces de Poissons-lunes (©Kerryn Parkinson)
Extraits :
11'26 : Le Monde de Nemo, Andrew Stanton & Lee Unkrich, 2003 (©Pixar)
19'43: "heartbeat" (Pixabay)
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.





