- Speaker #0
dessine moi le garage de demain Philippe Astier donc bonjour à Philippe Astier directeur de la france et du minilux pour le groupe Mann-Hummel avec les marques man filter wix filter et filtre donc merci en fait de nous accueillir justement pour la rubrique dessine moi le garage de demain donc
- Speaker #1
une rubrique où on interview de grands dirigeants ceux qui font justement Le métier de l'automobile, c'est plutôt un honneur pour moi d'être accueilli. Je vais commencer par une première question. Quel est ton regard sur les évolutions de notre secteur d'activité ? L'automobile, mais je crois même qu'on va pouvoir parler poids lourd, il me semble.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. En effet, la question est large et très pertinente. Le secteur de l'automobile aujourd'hui change et il change beaucoup, que ce soit au niveau constructeur, mais aussi au niveau après-vente. En l'occurrence, je vais plutôt me focaliser sur le secteur de la pré-vente automobile. Il y a les frontières entre le constructeur et la pré-vente qui sont aujourd'hui de plus en plus transparentes.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il n'y a plus de frontières entre les deux, c'est ça ?
- Speaker #0
Il n'y a plus de frontières sans la rechange. Les constructeurs aujourd'hui ont adopté des stratégies très importantes. Et que ce soit équipementier de la pré-vente, on est aujourd'hui sur les mêmes enjeux marchés. Il évolue pour différentes raisons. Le premier point, c'est qu'il y a une concentration des grands acteurs sur le marché. Donc oui, en effet, le marché est de plus en plus concentré avec des acteurs dominants, des partenaires d'ailleurs avec qui on travaille. On a aussi une évolution en termes de compétitivité, que ce soit en termes de gamme et aussi de tarifs. Les professionnels automobiles, que ce soit sur l'ensemble de la chaîne de valeur, Les distributeurs garage aujourd'hui recherchent un produit de qualité, un produit disponible. On met sur des basiques depuis de nombreuses années. Le bon produit, au bon prix, au bon moment, restent les critères les plus principaux. Mais aujourd'hui, ce qui va vraiment faire la différence, c'est la capacité à être innovant, la capacité à accompagner le client. Les acteurs dont on fait partie vont faire la différence. On peut segmenter le marché sur différentes activités. On a le marché des véhicules légers.
- Speaker #1
Donc les voitures ?
- Speaker #0
Les voitures, 40 millions environ de packs roulants.
- Speaker #1
Et qui vieillit de plus en plus d'ailleurs.
- Speaker #0
Qui vieillit de plus en plus, on est sur un âge moyen de 11,5 ans qui va s'accentuer avec le temps. Aujourd'hui c'est vrai qu'il y a un flou vis-à-vis des consommateurs finaux. Quels véhicules acquérir ? On a la montée en croissance de l'occasion. Les véhicules légers avec les véhicules utilitaires, on arrive à 46-48 millions, représentent une grosse part du parc roulant en France. Et en effet, on a l'arrivée de nouvelles marques qui viennent aussi croître ce portefeuille.
- Speaker #1
De marques existantes et d'opportunités pour le client de pouvoir choisir aussi différentes choses, différents véhicules, que ce soit électriques, hybrides, hydrogènes et autres, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement. Nous, on suit ces tendances. Je vois dans le cadre de mes fonctions, on regarde vraiment comment le marché va évoluer aujourd'hui et jusqu'en 2030 avec la montée de l'électrification, la baisse d'une bonne motorisation thermique, même s'il y a beaucoup encore d'éléments qui…
- Speaker #1
Voir des constructeurs qui se relancent dans le thermique. On ne va pas citer le constructeur, mais qui va parler... On va parler en fait de diesel, par exemple.
- Speaker #0
Exactement. Donc nous, on suit ça. Évidemment, ce qui est important, c'est comment on va apporter encore de la valeur sur ce marché automobile. Le marché automobile, aujourd'hui, il est demandeur. La pré-vente, aujourd'hui, est un secteur d'activité qui est toujours vivant.
- Speaker #1
Concrètement, pour ton activité, l'électrique, les véhicules électriques, ça a quel impact en fait ?
- Speaker #0
Dans le groupe, nous, on travaille conjointement avec les constructeurs. On est aux premières loges de l'électrification du parc à niveau mondial. On sait ce que les constructeurs attendent de nous et on travaille sur les nouvelles technologies de demain. L'électrique, pour nous, c'est des nouveaux produits qui vont apparaître. Alors nous, on est sur un segment des familles de la filtration et on peut penser là, au premier abord, qu'il y a des filtres qui vont disparaître. En effet, on ne va pas retrouver un filtre à carburant ou un filtre à huile sur un véhicule électrique. Par contre, il y a toute une nouvelle panoplie de plus en plus de choses qui sont en train de se faire. de produits qui vont aider à la filtration. On parle de modules qui vont aider à capter la condensation au niveau des batteries, par exemple. Il y a tout un ensemble de produits, très technologiques d'ailleurs, qui vont arriver sur le marché. De ça, il y a toujours un parc roulant qui est très important, qu'il faut faire vivre. On a de plus en plus de véhicules, on a parlé de l'âge moyen, mais qui ont 15 ans et plus. Et aujourd'hui, on voit que le do-it-yourself prend beaucoup d'importance. Les consommateurs finaux entretiennent de plus en plus leurs véhicules. Ils font très attention à leurs porte-monnaies. Et donc, nous aussi, on s'efforce de maintenir une gamme des produits qui vont aller aussi sur ces véhicules. Donc, l'électrification, au contraire, c'est une opportunité pour la filière, pour les garages. Il faudra les accompagner. C'est ce qu'on essaie de faire aussi, nous, dans la pédagogie, dans la formation, pour les guider dans ces nouveaux challenges.
- Speaker #1
Deux défis, une question qui me vient, on parle évidemment d'électrique, d'hybride et juste pour la gouverne, si je te parle d'hydrogène ou voire de carburant de synthèse, pour toi en fait, est-ce que ce sont des énergies qui sont possibles ?
- Speaker #0
En effet, il y a différentes technologies qui sont en étude et on le voit avec des acteurs dans la profession. Je pense qu'il y a différentes technologies. hydrogène et autres qui ont toute leur place sur le marché, et notamment pour le secteur du poids lourd. Il y a déjà des constructeurs qui avancent sur l'électrification de poids lourd, etc. Mais il y a aussi d'autres technologies qui peuvent aussi émerger sur ces segments. Je suis convaincu qu'aujourd'hui, le moteur thermique a toute sa place et encore davantage. On le verra dans les années à venir. L'hybridation, on le voit bien, les nouvelles émitriculations. prennent la place sur ces nouvelles motorisations. Mais on a toujours un parc roulant qui est fort, environ à 50% sur le parc français en véhicules thermiques.
- Speaker #1
Oui, et puis on sait que le parc français de véhicules neufs, en tout cas ce qui est annoncé jusqu'à 2030, on va être aux alentours de 1,6 million, 1,5 million, 1,7 million de ventes Mann-Hummel de façon assez durable. Ce qui veut dire que concrètement, aussi dans le parallèle, Les véhicules vont avoir une durée de vie beaucoup plus importante, notamment avec les pièces issues de l'économie circulaire qui vont permettre aussi, qui vont pouvoir prolonger la durée de vie d'un véhicule parce qu'il y a peut-être ça aussi en termes d'écologie, c'est aussi peut-être prolonger au lieu de jeter. C'est quoi ton regard en fait ?
- Speaker #0
L'économie circulaire, c'est un point déterminant sur notre secteur d'activité. Et je suis personnellement à toutes les innovations qui sont faites dans ce créneau. Pour la filtration, on est sur de la maintenance, on est sur du remplacement. Par contre, on accompagne et on s'efforce aujourd'hui d'être au plus près de cette économie circulaire, auprès des VHU, des centres.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Leur apporter aussi de l'accompagnement. Un savoir-faire. Un savoir-faire au niveau de la filtration. Parce que, quel que soit, quand on met en état un véhicule, il faut des nouveaux filtres. On ne peut pas utiliser des filtres usagés. Donc, on avance avec eux, en effet, pour les accompagner au mieux dans ses réparations et ses maintenances. Alors, comment s'adapter à toutes ces évolutions,
- Speaker #1
d'après toi ?
- Speaker #0
Alors, aujourd'hui, il ne faut pas regarder en arrière et plutôt avoir un regard sur l'avenir. Le parc évolue, c'est certain. il faut donc Anticiper, être proactif et amener de l'innovation dans les différents critères d'une entreprise. Donc quand je parle innovation, ça va être évidemment être toujours plus fort au niveau des gammes produits pour les professionnels. Aujourd'hui, un garage, il attend quoi vraiment de la filière ? C'est un véhicule qui rentre dans son atelier. Lui, ce qui l'importe, c'est d'avoir les bons outils digitaux pour trouver la pièce, d'avoir le bon prix évidemment, la bonne logistique. On se rend compte qu'aujourd'hui, il y a des réseaux et des garages qui arrivent à très bien s'organiser, à organiser leur entrée en atelier, à anticiper aussi les livraisons, etc. Et ensuite, c'est surtout les accompagner dans la réparation, dans la maintenance. Et ça, ça fait appel à de la formation, ça fait appel à de la montée en compétence des ateliers en France. Il y a beaucoup d'initiatives, il y a des très bonnes initiatives qui sont faites sur le marché français, que ce soit par des organismes de formation. ou avec des fédérations qu'on connaît. Mais on a tous notre rôle à jouer, y compris les distributeurs, y compris les équipementiers. Et nous, ces initiatives, on les met en place, non pas pour former dans des sessions scolaires, mais plutôt pour informer, ramener les bonnes pratiques de la pédagogie, rappeler la nécessité de remplacer les produits au bon moment ou de préconiser de faire de la maintenance prédictive. de la pédagogie technique, mais aussi de la pédagogie commerciale. Aujourd'hui, moi, en ce qui me concerne, chez Mann-Hummel, on parle de filtration, qui est parfois, qui n'est pas considérée comme un produit technique, mais qui, en réalité, l'est, parce que ça impacte directement la vie du moteur, etc. Plutôt dans une tendance à, non pas à s'adapter au marché, mais plutôt à comprendre le marché et à répondre à ses besoins d'aujourd'hui, pour créer des... nouveaux outils.
- Speaker #1
On en parlait justement avant l'entretien. Pour moi,
- Speaker #0
la responsabilité sociétale par rapport à notre emprunt de carbone et à la responsabilité sociétale aussi, c'est un enjeu majeur pour le secteur de la pré-vente où en effet, aujourd'hui, on doit s'efforcer, on doit aussi amener des preuves à l'appui sur l'utilisation de nos produits, de nos packagings. au niveau aussi de la production de nos produits, il y a beaucoup d'initiatives qui sont faites dans ce sens. Et c'est aussi un point fort de nos évolutions.
- Speaker #1
Alors dans ce contexte, en fait, qui, on ne va pas soigner la face, est assez anxiogène. Tout le monde, en fait, ne sait pas... On ne sait pas forcément l'avenir. On voit que le marché automobile, on voit que les industriels, même Poilot en fait, ont des difficultés à avoir la bonne vision, voire des visions qui sont aussi complètement divergentes. Est-ce que dans ce contexte, il faut avoir peur ou pas, selon toi ?
- Speaker #0
Celui qui a peur n'avance pas aujourd'hui. On n'a pas de crainte par rapport au futur. L'objectif, c'est... justement utiliser quelles sont les interrogations et les problématiques marchées pour accompagner au mieux tous les professionnels. Que ce soit en véhicule léger, poids lourd, industrie, école, des regards différents. Le véhicule léger, on est beaucoup sur de la maintenance, sur de la révision, on a un protocole qui est assez... C'est bien construit en France sur la réparation des véhicules, sur la maintenance. Sur le poids lourd, on a également beaucoup de choses à faire. Aujourd'hui, la typologie des acteurs poids lourds, c'est vraiment s'assurer que le produit est de qualité. Souvent, il suit le même produit que la première monte. L'ISEE n'a pas la même valeur.
- Speaker #1
Qu'un véhicule en fait, parce qu'un poids lourd, c'est comme un avion. L'avion doit voler. Et le camion doit être sur la route, en fait, pour pouvoir justement regranger du chiffre d'affaires.
- Speaker #0
Là, le bon produit, en effet, de qualité. Véhicule léger, on est un marché qui tend vers le prix. On est souvent sur, quelles que soient les familles de produits, toujours avoir le bon prix. La bonne qualité, mais au bon prix. Sur le poids lourd, on est sur une recherche qui est différente. C'est le prix d'accord, évidemment, mais surtout la qualité produit. et la bonne logistique pourra livrer le plus rapidement possible. Et en effet, immobiliser le poids lourd, on a un temps donné pour faire toute la maintenance du véhicule. Donc on travaille beaucoup avec les flottes, beaucoup avec tous ces acteurs-là pour optimiser leurs dépenses et les accompagner dans ce processus. C'est automobile en effet, et on a la chance, c'est une famille l'automobile, l'après-vente, on discute beaucoup ensemble avec l'ensemble des confrères, l'ensemble des équipementiers. On avance ensemble, on a la chance d'avoir des fédérations qui nous soutiennent, qui sont le porte-parole de nos enjeux. Et je pense qu'on va vraiment dans la bonne direction pour apporter de la valeur dans ce qu'on fait, dans ce que les professionnels sur le marché font, pour apporter de la qualité de service et de confiance vis-à-vis des consommateurs finaux. L'expérience client, tout à fait. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'études qui l'ont montré. Pourquoi vous allez au garage au coin de la rue ? Parce que vous avez créé un relationnel, un climat de confiance avec ce garagiste qui vous donne les bons éléments, une satisfaction dans la réparation de votre véhicule.
- Speaker #1
Et l'inverse, pourquoi vous allez à plus de 10 km ou 15 km ? Parce que vous avez justement eu une mauvaise expérience. Alors justement, il y a une question obligatoire dans cette rubrique « Dessine-moi le garage de demain » . Mais cette question, en fait, puisque j'ai la chance de t'avoir, en fait, tu vas le faire en deux. Pourquoi ? Pourquoi en deux ? Parce que je voudrais que tu me dessines le garage de demain pour le particulier avec ses véhicules particuliers, Renault 5, etc. Et c'est quoi aussi le garage de demain pour toi quand on a évidemment l'activité poids lourd ? C'est quoi le garage de demain poids lourd ? C'est pour ça que ça me semble intéressant d'avoir ces deux visions. Donc demain, on fait de la prospective, on est en 2050. C'est quoi un garage pour toi comme moi en tant que consommateur ? Et c'est pour les véhicules particuliers. Et c'est quoi le garage ? en tant que professionnels, quand on a des 38 tonnes.
- Speaker #0
C'est extrêmement pertinent ce que tu dis là. Le garage de deux mains pour les véhicules légers, c'est assez simple. C'est un garage qui est connecté aux outils digitaux. Il est clairement aujourd'hui connecté avec son téléphone ou un outil mobile pour pouvoir avoir en instantané le produit. Toutes les informations qu'on donne aujourd'hui sont différents outils. la disponibilité de la pièce et le prix. Et il va aussi être beaucoup plus formé, à la fois avec des mécaniciens, mais aussi avec des personnes qui vont maîtriser l'électronique, qui vont être accompagnées sur la maintenance, le remplacement de batteries.
- Speaker #1
Ça va devenir beaucoup plus technique, beaucoup plus, on va dire, quand on ne fonctionnait pas forcément, on n'avait pas de bonnes notes à l'école. La voie de garage, pour le dire, c'était justement tu vas être mécanicien. Sauf que si je comprends bien ce que tu viens de me dire, concrètement, ce métier va être beaucoup plus technologique, beaucoup plus technique. Ça veut dire que quelque part aussi, le besoin de formation, le besoin d'avoir des talents pour pouvoir intervenir. Je n'ai pas réparé, mais intervenir sur des véhicules fait que quelque part, ça va redonner probablement d'autres. ses lettres de noblesse à un métier que j'adore et que j'affectionne, le métier de réparateur.
- Speaker #0
Le métier de réparateur ou de garagiste, comme on peut employer ce terme dans la vie courante, c'est un métier extrêmement large et qui demande beaucoup de compétences. On le voit déjà aujourd'hui, tout véhicule qui rentre en atelier doit passer sur un outil de diagnostic pour évaluer les codes défauts, ce qui ne se voit pas sur les points de problématiques électroniques. C'est déjà le cas aujourd'hui. Demain, ce sera encore plus la réalité et on aura aussi de la maintenance prédictive. C'est-à-dire que le véhicule ne va pas rentrer en atelier parce que le... Parce qu'il faut suivre un protocole de révision, etc. Mais en fait, il y aura un message qui va s'afficher automatiquement, soit l'utilisateur, soit dans le véhicule.
- Speaker #1
Soit le réparateur appelle directement parce que j'ai vu une manette.
- Speaker #0
Il y aura une connectivité, c'est évident, entre le véhicule et le garage concession ou partenaire pour faire de la maintenance. Tout va être programmé. Et donc, l'utilisateur final, finalement, sera beaucoup plus accompagné. pour ne pas obéir justement à la maintenance de son véhicule. Donc un garagiste qui va être beaucoup plus connecté, beaucoup plus proche de ses clients, qui va pouvoir apporter aussi de la valeur et de l'explication. On est beaucoup plus dans la pédagogie également. Dans l'information, aujourd'hui les consommateurs finos qui recherchent, c'est aussi de la transparence dans la réparation. Aujourd'hui avec les outils, on peut tout comparer, tout regarder, que ce soit le prix d'un produit. ou la main d'oeuvre, etc. Aujourd'hui, on cherche la transparence. Le garage qui réussira demain, c'est celui qui reussit cette notion de confiance et de transparence avec son client final. C'est lui qui va faire la différence.
- Speaker #1
Tout à l'heure, tu disais le garage le plus proche ou dans le village. Justement, une petite réflexion. C'est peut-être l'un des seuls commerces, notamment dans le milieu rural, l'un des seuls... commerce où déjà quand on est dans un milieu rural, la mobilité est essentielle parce qu'on est souvent trop à les transports en commun Paris, Grande-Ville, Toulouse, Marseille et tout. Mais il y a quand même énormément et la plupart des Français travaillent quand même, non pas dans des zones urbaines, ont besoin de leurs véhicules. En t'écoutant, je me disais le garage de demain le garage était Merci. Peut-être un des seuls commerces présents dans chacune des communes les plus reculées. Est-ce qu'il y a un impact sociétal ? Mais comment tu le vois, toi, cet impact sociétal ? Tu as le droit de ne pas être d'accord avec moi.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord avec toi. Aujourd'hui, dans toutes les communes, on a une boulangerie, on a la poste, on a la banque. Et la poste déjà ? La poste, tant à disparaître, tu as raison. Dans certaines villes ou campagnes, le garage fait partie intégrante de cet environnement. Et pour moi, il doit subsister et il va exister, il va continuer à perdurer. On va à la boulangerie beaucoup plus régulièrement que chez le garage. Par contre, demain, avec les véhicules, avec les nouvelles motorisations, avec les niveaux de maintenance, on va être beaucoup plus réguliers.
- Speaker #1
Ça va être un lieu de vie pour toi ou pas du tout ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a certains groupements, réseaux, etc. qui créent une expérience client au niveau de leur garage. C'est au-delà de l'accueil ou de la prise en charge du véhicule. C'est toute une expérience qui est associée pour préconiser, non pas de la vente additionnelle, mais préconiser avant un départ en vacances, changer les pneus, acheter un coffre de toit, des choses comme ça. on est au-delà de la vente pure et dure et de la maintenance, comment on les accompagne exactement ? Donc là, on a parlé véhicules légers, garagistes...
- Speaker #1
Et il me brûle de te poser la question,
- Speaker #0
c'est quoi le garage de demain pour les poids lourds ? Et pour les poids lourds, on est sur une dimension complètement différente. Aujourd'hui, l'univers poids lourd est déjà bien avancé, c'est-à-dire qu'il y a déjà des protocoles qui seront bien établis sur la gestion de flotte. Je te rappelle que... Enfin, tu le sais, mais... Les clients de nos clients ont des flottes de véhicules de poids lourds importants et on travaille avec eux, nous équipementiers, pour amener la disponibilité de la pièce, leur préconiser des kits de maintenance. On crée d'ailleurs des kits tout en un pour faciliter la réparation, des choses aussi qui sont suivies par le constructeur, assurer que la maintenance est complète, faite du premier coup. parce qu'il n'y a rien de plus difficile, de plus horrible, de faire une réparation et puis se rendre compte que le poids-lourd doit revenir deux mois après parce qu'on n'a pas changé les coussins d'air, etc. Donc l'idée, c'est le temps d'immobilisation. Il y a déjà un protocole fort et bien établi avec ses clients. Le camion va être immobilisé une journée et on va faire l'ensemble de la maintenance sur ce... Et on parle de filtration, on parle de cartouches et cicateurs, et on parle aussi de tous les autres organes, freinage, suspension, etc. Donc c'est un point extrêmement important. Demain aussi, les véhicules, les poids lourds sont de plus en plus connectés. Et donc on est sur la même tendance. On voit déjà dans le secteur agricole, il y a des modules qui sont faits, où il y a une communication directe dans les engins, où il y a des préconisations de remplacement, etc. Donc ce n'est pas le monde de demain, c'est déjà actuel. Donc on est peut-être plus encore en avance de phase sur le poids lourd, parce qu'il y a un vrai enjeu sur l'immobilisation dont on a parlé.
- Speaker #1
Et puis surtout de répondre tout de suite à la technologie grandissante dans justement les poids lourds, les camions,
- Speaker #0
de pouvoir moins immobiliser certes, mais surtout réparer et rendre peut-être un peu plus durable.
- Speaker #1
Je n'ai aucune idée, mais un poids lourd pour moi, ça peut faire jusqu'à un million de kilomètres. Donc peut-être qu'il y a des enjeux. demain, qu'un poids lourd fasse 2 millions, 3 millions de kilomètres avec l'électricité, pourquoi pas, je ne sais pas.
- Speaker #0
Oui, et puis aujourd'hui, les poids lourds, il y a énormément de poids lourds qui transitent par la France, donc nos garages, des véhicules qui tombent en panne sur nos terres de bois, donc même si on parle sur un potentiel poids lourd, un parc poids lourd existant en France, en réalité, le potentiel est beaucoup plus important, parce qu'il y a beaucoup de poids lourds qui tombent en panne sur nos routes. Et avec, on dit chez nous, dans le jargon, on parle des big 8, les 8 marques les plus importantes en poids lourd, que ce soit Renault Trucks, Volvo, etc. Scamag, Mercedes, Scania, on met Ford en 8. Il faut toujours citer 3. On met Ford dans le 8ème, mais voilà, il y a 8 grandes marques importantes qui présentent une grosse part du marché. Évidemment, en France, Renault-Volvo est une part importante, mais il y a beaucoup d'autres marques qui s'arrêtent et qui tombent en panne. C'est aussi d'accompagner les réseaux aujourd'hui, rappeler les bonnes pratiques, rappeler ce qui est important de changer, pourquoi, comment, les préparateurs, les techniciens et les clients de nos clients. Donc on part encore dans cette formation. Point important, on ne l'a pas évoqué, mais les véhicules utilitaires légers. Les véhicules utilitaires légers, tous les artisans qui utilisent aussi ces véhicules. Les produits sont souvent associés soit au VL, soit au poids lourd. parce que c'est des multis applications, mais il y a un parc extrêmement important et qui génère beaucoup de réparations, beaucoup de supports. Et là, c'est aussi un point déterminant qu'on suit et qu'on doit suivre au niveau de la filière pour accompagner l'ensemble de tous ces artisans, de tous ces indépendants, de tous ces véhicules utilitaires qui roulent sur nos routes pour apporter aussi une dimension différente. Et c'est exactement le même principe que les polos. Ça doit être réparé beaucoup plus rapidement qu'une voiture particulière. Comment je vois le garage de demain ? Aujourd'hui, en tant qu'équipementier, il faut accepter de se remettre en question. Ne pas refaire ce qu'on a déjà fait ou ce qu'on sait bien faire, mais vraiment aller à la rencontre des garagistes, les écouter encore et encore. Est-ce qu'il y a des nouveaux besoins, des nouvelles problématiques qui émanent du marché ? Et moi, je fais un appel à tous les équipementiers. qui le font déjà très bien ou qui ont envie de le faire ou qui n'ont pas les ressources encore nécessaires, à travailler ensemble, on doit travailler ensemble pour la filière, pour justement aller davantage à la rencontre de tous les garagistes, que ce soit avec panneau, sous panneau, pour les écouter. Nous aujourd'hui, au sein du groupe, on fait beaucoup d'études auprès des garagistes sur quelles sont leurs problématiques, quelles sont leurs marques préférées, qu'elles sont Quels sont les enjeux de demain ? Comment ils voient leur perception ? Les mêmes réponses, mais on a beaucoup d'interrogations aussi sur comment je vais réparer mon véhicule ? Comment est-ce que je vais avoir la bonne formation ? Est-ce que vous, équipementier, vous allez m'accompagner ? Donc nous, clairement, le point d'ancrage, c'est comment faire pour trouver des nouveaux leviers de croissance ? Parce qu'on parle de leviers de croissance. Le marché, on l'a dit, il est... Il est fragmenté, il est compliqué, il est ultra concurrentiel sur la pré-vente. Et on se bat dans un secteur qui est parfois compliqué. Mais par contre, on a des garagistes, on a des consommateurs finaux qui nous attendent pour leur apporter des solutions. Donc, le message que je veux dire derrière, c'est que l'avenir du garage de demain, il est aussi en partie dans nos mains, équipementier, pour travailler avec les constructeurs. Nous, avec le groupe, quand on est en première monte, on travaille avec eux sur les produits de demain, mais aussi dans l'accompagnement sur toute la chaîne de valeur. C'est tout ce que la filière doit mettre en place et moi, je me porte garant personnellement pour apporter à notre juste valeur. cette petite pierre et des fils.
- Speaker #1
Alors, en termes de conclusion pour cet épisode de Décide-moi le garage de demain, je pense que je n'aurais pas fait mieux. Bravo.