Speaker #0Bonjour, je m'appelle Gérald Dariano. J'ai toujours aimé les voyages, l'aventure et nos régions françaises. Dans chaque épisode, je vous propose d'ouvrir une porte qui mène à une nouvelle destination. Nous partirons ensemble à la rencontre de celles et ceux qui font vivre nos territoires et nous font rêver au travers de leurs métiers et de leurs passions. Toutes les portes s'ouvrent sur des paysages magnifiques qui vous donneront, je l'espère, envie de partir à votre tour. Cette semaine, celle que je vous propose d'ouvrir a comme un air de fête. C'est une porte décorée avec des boules de Noël et des guirlandes. Regardez, approchez-vous, vous entendez les chants de Noël qui s'en échappent ? Sur la sonnette, il y a écrit « Kaisersberg, le village du Père Noël, Alsace » . Waouh ! Alors comme d'habitude, la porte est fermée, mais j'ai la clé, on l'ouvre. Allez, c'est parti ! Place à la magie de Noël. Le charme opère sur moi dès que je pose le pied dans le village alsacien. Visiter Kaisersberg pendant les fêtes de fin d'année, c'est entrer dans un monde enchanté Un monde de lumière, de gourmandise et d'insouciance. En me promenant dans le village, je comprends tout de suite pourquoi il est considéré comme l'un des joyaux de l'Alsace. Ses ruelles pavées et ses maisons à colombages me donnent l'impression d'un voyage dans le temps. Ma période préférée pour une visite, c'est bien sûr celle des fêtes de fin d'année. Pendant la période de l'Avent, la magie opère tout de suite. Dès la fin novembre, la cité impériale se part de ses plus beaux habits de Noël. Les lumières scintillent au-dessus de ma tête, les façades s'illuminent, et partout, mais alors vraiment partout, je sens les effluves sucrées du vin chaud, du pain d'épices et des spécialités alsaciennes. Les gens sont heureux et souriants même. Ici, je croise une petite fille avec un énorme bré de l'oeuf à la cannelle et à l'orange. Elle court de vitrine en vitrine. Là, c'est un papa, avec son fils sur les épaules. Il prend la pose d'ailleurs, devant un énorme sapin de Noël qui brille de mille feux. Un peu plus loin, il y a un couple d'amoureux. C'est marrant, ils se photographient devant une crèche. A chacun de mes pas, je me laisse surprendre par un détail. Une fenêtre décorée, un sapin étincelant, un artisan qui partage son savoir-faire. Ici, on ne se contente pas de visiter, on vit vraiment la féerie de Noël. Je choisis pour commencer ma soirée une balade au marché de Noël. Et évidemment, vous vous en doutez, ici, pas de made in China. Non, bien sûr, tout est authentiquement alsacien, s'il vous plaît. Au pied du château, une trentaine de chalets s'alignent, débordant tous d'idées de cadeaux originaux. Je découvre des jouets en bois, des boules soufflées à la bouche, des cœurs en tissu et évidemment des couronnes de l'avant. Chaque artisan d'ailleurs a été choisi avec soin et partage le meilleur de son savoir-faire. On trouve de tout à Kaisersberg pour tous les goûts et surtout pour toutes les bourses. Bien sûr, vous me connaissez, j'ai envie de tout acheter. Alors j'opte plutôt pour une boule en verre spécialité du village. La Verrie d'Arde Kaisersberg est évidemment connue dans le monde entier. Et je vous recommande cette visite pour découvrir son atelier avec les fameux souffleurs de verre. Ils vont créer devant vous les arts de la table. Croyez-moi, c'est remarquable. Évidemment, le temps passe vite et les nuits sont fraîches. J'ai besoin de faire une pause pour me réchauffer. Je décide d'aller sur un autre marché, celui des paysans, qui se trouve place de l'Aimé. Un marché de paysans, je suis sûr que vous êtes d'accord avec moi. C'est forcément synonyme de bien manger, non ? Alors, je n'ai qu'une idée en tête. Un bon verre de vin chaud et une tranche de beraveca. Vous ne connaissez pas le beraveca ? La recette est pourtant extrêmement simple. Ce sont des fruits secs et confits, vous imaginez, qui sont macérés dans de l'eau de vie avec des épices et du miel et on consomme l'ensemble sur une tranche fine. Croyez-moi en bouche, c'est une explosion de saveur. riche et généreuse, à l'image des Alsaciens. Alors, côté calories, comment vous dire ? On va oublier. Le régime, ce sera pour plus tard. Les beravekas sont tellement connus en Alsace qu'il fut d'ailleurs un temps, pas si lointain d'ailleurs, où ces fines tranches étaient servies juste après les grands repas de famille et se trouvaient sur presque toutes les bonnes tables alsaciennes pendant les fêtes de l'Avent. Je me demande bien pourquoi nous perdons nos traditions. Quel dommage. Je déguste donc ces spécialités locales, attablées à un manche de boue, et en profite pour faire la connaissance de mes voisins. Ils sont juste là. Un couple d'Allemands, charmant. Les marchés de Noël en Allemagne, c'est comme la crème dans le chou. Croyez-moi, c'est un immanquable. Nos amis Allemands sont extrêmement attachés à ces rendez-vous annuels. Ils sont d'ailleurs un tout petit peu différents des nôtres. Chez eux, comme la nuit tombe assez vite, on se retrouve tôt, vers 18-19h, pour boire un verre et manger entre copains. C'est en fait le rendez-vous after work à l'Allemande. J'aime bien le concept, et eux m'avouent... A l'inverse, adorer notre version française du marché de Noël. Comme quoi, l'union franco-allemande a encore de beaux jours devant elle. La soirée continue. J'ai envie de profiter encore un peu de cette douce magie de Noël en me promenant dans les ruelles du village. Chaque maison, chaque pas de porte, chaque allée décorée. En continuant ma route, je tombe sur la maison d'Ansel et Gretel. Oui, oui, c'est bien elle. Alors évidemment, ne comptez pas y trouver les héros des frères Grimm à l'intérieur, bien sûr que non. En poussant la porte de Fort Wenger, j'entre dans le royaume du sucré. Ici, le pain d'épices est décliné sur toutes ses formes et surtout tous ses goûts. À la moutarde, à la confiture et même à la bière, en forme de bonhomme, en cœur ou présenté de manière traditionnelle. Le magasin est joliment décoré et les rayons sont pleins à craquer. Cette boutique, en fait, c'est la caverne d'Ali Baba de cette brioche alsacienne. Si vous voulez mon conseil, allez-y au moins pour la photo et l'originalité du lieu. Mais pour tout vous dire, c'est une autre sorte de boutique que je cherche, beaucoup plus petite. Je retourne donc sur le marché, car on m'a vanté les pains d'épices d'Andrea. Originaire de Slovaquie, Andrea est installée depuis quelques années dans la région. Elle partage avec les visiteurs une tradition de son pays natal. Devant moi, Andrea décore patiemment et avec amour chacune de ses créations à la main. avec de la glace royale. Imaginez ça, un délice ! Le geste est si précis que le résultat ressemble à de la dentelle. J'imagine déjà ces petites merveilles suspendues aux sapins, illuminées par les guirlandes, avant de finir, bien sûr, dégustées totalement et entièrement une fois les fêtes passées. Sous la voûte étoilée alsacienne, une étoile filante s'échappe dans la nuit. Peut-être le chariot du Père Noël ? Qui sait ? En tout cas, pour moi... Il est temps d'aller me coucher. Demain sera une journée sportive, croyez-moi. Ce matin, le soleil brille sur l'Alsace. Il a beaucoup neigé cette nuit et les nuages sont partis au petit matin, laissant derrière eux une nature immaculée. J'ouvre doucement les volets de ma chambre d'hôtel et le spectacle devant moi est grandiose, ouvrant sur la vallée de la Veilisse. Le massif des Vosges ressemble à un immense kouglof. J'aime d'ailleurs cette analogie sucrée. C'est exactement comme cela que je me représente les montagnes blanches qui se découpent sur le ciel bleu pur de l'hiver. Au loin se dessine le Bréhousard et encore un peu plus loin, le massif du Honec. Alors là, croyez-moi, c'est une invitation à l'aventure et à la déconnexion. Et justement, aujourd'hui, je ne vais pas en manquer. Direction la station du Lac Blanc sur le massif des Vosges. A seulement une demi-heure de route de Kaisersberg, cette station de ski offre une multitude d'activités pour toute la famille. A 1200 mètres d'altitude, c'est le paradis des skieurs en tout genre. J'opte pour une sortie skating avec Xavier, mon moniteur ESF. Si vous ne connaissez pas cette activité, vous avez certainement déjà vu ces skis. Ce sont ceux des athlètes du biathlon. Des skis plus fins qui permettent de mieux glisser sur la neige fraîche avec des hauts bâtons pour... pousser de l'avant, un peu comme des skis de fond finalement, mais en beaucoup plus glissant. Xavier m'explique, en quelques minutes, qu'au lieu de simuler une marche sur du plat, le skating est un petit peu plus engageant. Il faut pousser de droite à gauche comme si nous étions sur des patins. Bon, sur le papier, franchement, ça a l'air très simple. Il n'y a qu'à se lancer, non ? Allez, j'y vais. J'enclenche les fixations et immédiatement, mon pied droit file de travers. Oh là, ça glisse fort. Il aurait pu me prévenir, Xavier. Il va falloir encore quelques minutes d'adaptation. Manœuvrer ces drôles de patinettes n'est pas exactement comme le ski alpin. Je décide donc de m'entraîner un peu plus longtemps sur du plat, en faisant royalement quelques allers-retours devant mon moniteur, qui m'encourage gentiment, en me donnant quelques conseils. « Très bien Gérald, tu maîtrises la bête, c'est parfait ! » C'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens, cher ami. Xavier me propose d'emprunter la route du lac. Un peu plus de 2 km de piste balisée, qui vont m'emmener sur les hauteurs du lac Blanc. Le panorama devrait être sublime, selon Xavier. Je le crois sur parole et nous voilà par là. et tous les deux à travers les sapins qui croulent sur la neige. Leurs branches sont tellement chargées de neige tombée cette nuit qu'elles se plient à rompre en touchant pratiquement le sol. En nous enfonçant sous cette voûte végétale gelée, les sons se font plus sourds et j'entends le murmure du vent sous la canopée qui agite la cime des grands conifères. Je crois que là, tout le charme de l'Alsace est autour de nous, caché dans cette grande forêt. La piste du balcon du lac serpente en pente douce dans la montagne. Ça monte tout doucement. Et honnêtement, je dois vous le dire, je dois pousser un petit peu. Et je comprends l'importance des bâtons qui me permettent de mieux appréhender les côtes. Après une petite demi-heure de skating, je commence vraiment à sentir la chaleur dans mon corps. Ça tire sur mes jambes et le palpitant palpite. Ça tombe bien, il travaille, je suis vivant. Au détour d'un lacet... Une trouée sur la piste nous offre une vue magnifique sur le lac blanc que nous surplombons. Le paysage semble figé par cette neige partout présente. Le lac est gelé, la forêt de sapins devant nous est comme endormie. Seul le vol d'une busse variable qui fend l'air frais du matin, juste au-dessus de nous, me rappelle qu'ici, tout est bien vivant et bien sûr, nous invite à la déconnexion. Nous prenons le temps avec Xavier de contempler ce paysage, avant doucement de repartir vers la station. Croyez-moi, cette sortie matinale est une belle activité que je vous recommande pour vous échapper juste le temps d'un instant, juste pour déconnecter. Tiens, à propos d'expérience, il y en a une en Alsace qui est bien ancrée dans la mémoire de tous les adultes et surtout que les enfants attendent avec impatience, c'est bien sûr l'arrivée de Saint-Nicolas. le 6 décembre. On m'a parlé d'une parade dans le village de Bichevillers, dans laquelle les enfants défilent au lampion en suivant l'apôtre. Alors ça, je ne veux manquer ce moment sous aucun prétexte. Aller en Alsace sans voir Saint-Nicolas, je ne sais pas moi, c'est comme manger une galette des rois sans fèves. On a le goût, mais pas la saveur. Je décide donc de me rendre dans ce village pour assister à l'arrivée du saint. En Alsace, la Saint-Nicolas... C'est bien plus qu'une fête religieuse. A l'origine, elle rendait hommage à Nicolas de Myre, un évêque du IVe siècle devenu légendaire pour avoir sauvé des enfants d'une fin tragique. Avec le temps, bien sûr, la tradition a pris une tournure beaucoup plus festive. Aujourd'hui, Saint Nicolas débarque dans les villes et dans les villas du Pont-Est pour gâter les enfants sages avec des bonbons et des petits cadeaux. Mais méfiez-vous, il n'est pas seul. Son acolyte au look un peu flippant, le père Fouettard, veille sur les plus turbulents. Alors, vous avez été sage ou vilain cette année ? Hop, ne me répondez pas tout de suite, prenez le temps de bien réfléchir. À Noël, Bichevillers devient un vrai décor de contes de fées. Dès la tombée de la nuit, les façades s'illuminent, les guirlandes scintillent et les rues du centre prennent un air de village enchanté. L'air sent le vin chaud, la cannelle... et les braies de l'oeuf fraîchement sorties du four. Tiens, 18h sonne. Vous entendez ? La foule aux lampions se dirige vers l'espace Adrien Zeller. Une rumeur circule dans les ruelles du village. Il paraît que Saint Nicolas serait arrivé avec sa calèche. Je suis donc le mouvement. Une chorale entonne un chant de Noël devant moi et quand 6h sonne au clocher de l'église, celui que nous attendons arrive tous. Les enfants sont émerveillés de voir l'évêque avec sa mitre, sa crosse et bien sûr sa grande robe rouge. Ne manquez pas ce rendez-vous, je suis certain que comme moi, vous vous laisserez séduire par cette ambiance festive qui, je dois l'avouer, a quelque chose de magique. Il est temps pour moi de refermer la porte de ce Noël alsacien. Je garde en souvenir mille couleurs et senteurs, des rencontres passionnantes et ce sourire d'enfant que j'ai retrouvé le temps de cette micro-aventure. À vous qui m'écoutez, comme d'habitude, Je vous laisse la clé à disposition. Si vous voulez tenter l'expérience, allez-y, poussez la porte, entrez en Alsace, croyez-moi, vous ne le regretterez pas.