- Speaker #0
Deux professions, une association. Une série de balados présentés par l'APIBQ, l'Association des Physiciens et Ingénieurs Biomédicaux du Québec. Bonjour, je m'appelle Yannick Villieu, j'ai le plaisir d'animer cette série de balados de l'APIBQ au fil des semaines. Ces balados vont nous faire découvrir, bien sûr, l'association, ses membres, leur réalisation. Ils vont aussi nous faire saisir la place que ces professionnels occupent dans le système de santé et de façon beaucoup plus générale dans toutes les associations ou organisations qui ont besoin de leur expertise, de leur service. Et en plus, ces balados veulent nous faire découvrir les technologies des plus classiques ou plus modernes ou plus futuristes parfois que ces professionnels. utilisent dans leur métier. Alors pour commencer à explorer ce monde-là, je reçois aujourd'hui le président de l'APIBQ, Martin Cyr, ingénieur biomédical de formation, directeur adjoint des services diagnostiques au CI3S Montérégie-Est. Bonjour monsieur Cyr.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Et je reçois Sylvain Deschenes qui est vice-président de l'APIBQ, physicien médical au CHU Sainte-Justine à Montréal. Bonjour monsieur Deschenes. Bonjour. Alors, je vais commencer avec vous, M. Cyr. La PIBQ, en quelques mots, c'est quoi ? Ça fait quoi ? C'est qui ? C'est quoi ? Combien de membres, etc. ? Une présentation rapide.
- Speaker #1
Alors, l'association, ça regroupe environ 300 membres qui oeuvrent principalement en milieu hospitalier. Mais comme vous allez le voir, dans les CIS de Balado, on a des gens qui travaillent aussi en génie-conseil, en industrie, en entreprise, etc. Donc, nous, notre mission, c'est vraiment la promotion et l'utilisation sécuritaire des technologies avec tous les utilisateurs cliniques. Et notre but, c'est vraiment de... On est plus une société savane qu'un syndicat qui va revendiquer les conditions salariales. Donc, nous, c'est vraiment la technologie qui nous intéresse. Et la profession.
- Speaker #0
Et la promotion de la profession.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, on dit... D'ailleurs, c'est le titre de la série. deux professions, une association. Il y a donc des ingénieurs et des physiciens. C'est quoi la différence entre les deux, en quelques mots ? Est-ce que c'est facile de le dire ?
- Speaker #1
En fait, oui, il y a des différences et il y a des zones de collaboration également. Les physiciens sont surtout impliqués quand il y a un transfert d'énergie, par exemple, pour générer des images vers le corps humain. Donc, eux sont les spécialistes de l'interaction de la matière et du corps humain. Alors que les ingénieurs biomédicaux, au sens large des technologies, on est en quelque sorte des spécialistes d'intégrer la technologie dans les milieux cliniques. Donc, il faut, les physiciens aussi doivent parler aux cliniciens qui utilisent les équipements, mais c'est super important quand on déploie de la technologie, que ce soit vraiment en adéquation avec les besoins. Parce que deux projets dans deux contextes différents peuvent vraiment être différents.
- Speaker #0
Alors, j'ai dit deux professions différentes, mais... Qu'est-ce qu'ils ont en commun quand même, en plus de faire partie de la même association, de payer la même cotisation ? Qu'est-ce qu'ils ont en commun, ces deux professions-là ?
- Speaker #1
Ils ont en commun la mission de notre association d'assurer une utilisation sécuritaire des technologies. Puis, un exemple que je peux vous donner, que j'ai travaillé avec M. Léchette, il se présente, c'était l'intégration d'une salle hybride en hémodynamie. C'est des interventions au niveau du cœur. C'était... un changement de paradigme contre deux équipes médicales, des chirurgiens et des hémodynamiciens. De mon côté ingénieur, je me suis occupé de faire l'acquisition et l'installation des équipements, alors que Sylvain a pris le relais sur les tests d'acceptation, où c'était super important pour la dose aux enfants. Bien sûr. Alors, Sylvain Deschênes me tourne vers vous.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
Un physicien, ça fait quoi ? Ah, mon Dieu Exactement.
- Speaker #2
Vous savez qu'il y a deux catégories de physiciens. Il y a une bonne partie qui vont travailler en radio-oncologie, donc pour traiter les cancers. Puis il y a une autre partie qui vont travailler plus en imagerie médicale, au niveau du diagnostic avec les différents appareils, les différents systèmes. Comme Martin mentionnait, on a un petit côté un petit peu plus collé sur la clinique, disons, avec justement nos interactions auprès des, en tout cas, de la matière, donc du rayonnement et de l'énergie avec le patient. Et puis, les notions de sécurité sont importantes et tout ça. Et puis, ce qui est intéressant aussi, c'est notre collaboration avec le génie biomédical qui est... Vraiment, nos amis vont travailler sur des aspects un peu plus techniques. Je pense que comme physicien, il faut bien comprendre ce qui se passe. Mais on a vraiment notre mandat au niveau de la sécurité, de la qualité, aussi des informations qui vont être données par ces systèmes-là pour avoir des belles images pour les patients, pour avoir un bon traitement en radio-oncologie, par exemple, pour pouvoir bien traiter des tumeurs, localiser les choses. On utilise ce qu'on a appris en physique, on regarde justement comment ça interagit dans le corps humain, puis on essaie justement d'accompagner les cliniciens pour tous ces aspects-là qui sont peut-être un petit peu plus physiques, scientifiques, pour s'assurer que le patient ait le meilleur traitement ou le meilleur diagnostic possible. Oui,
- Speaker #0
parce qu'on parle toujours du patient et on parle toujours d'avoir effectivement soit un diagnostic, soit un traitement à la fine pointe de la technologie.
- Speaker #2
Exactement. On est toujours curieux. Je pense qu'un physicien de nature, c'est curieux. On se garde à jour. Puis, ça nous permet de suivre justement toutes les nouveautés. Puis, un peu quitter justement, on parlait des tests d'acceptation, mais il y a aussi tout le processus quand on essaie d'avoir un nouvel appareil. Mais regardez, bon, qu'est-ce qui s'est fait récemment ? Puis, qu'est-ce qui est le meilleur pour nos patients ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Martin Schirr, donc l'ingénieur, lui, qu'est-ce qu'il fait à côté du physicien, l'ingénieur ?
- Speaker #1
L'ingénieur a un rôle majeur d'intégrateur avec les utilisateurs. L'ingénieur biomédical dans un centre hospitalier, c'est une des rares professions qui a à interagir avec tout le monde à l'hôpital. Les cliniciens, les intensivistes, les nélothérapeutes, les avocats, la direction de l'hôpital, etc. J'aime beaucoup l'anecdote qu'on donne aux étudiants. Comprendre un équipement, c'est une chose. On est des spécialistes de la technologie. Mais si l'ingénieur biomédical ne comprend pas le contexte clinique, le flux de travers dans lequel c'est utilisé...
- Speaker #0
Il a la beauté de la plaque. Exactement.
- Speaker #1
Et c'est vraiment le rôle qu'on joue d'intégrer des systèmes de plus en plus complexes parce que les équipements médicaux deviennent informatisés aussi. Donc, c'est un autre volet aussi. Dans notre coffre à outils, il faut aller au-delà de l'équipement proprement dit.
- Speaker #0
Parce que c'est quand même un domaine où les technologies évoluent rapidement, peut-être des fois trop rapidement.
- Speaker #1
Oui, effectivement. Puis là, actuellement, on parle beaucoup du déploiement du dossier santé numérique. Il y a des ingénieurs biomédicaux qui sont impliqués là-dedans parce que les équipements, il faut qu'ils soient capables de parler au système informatique. et je... Il y a des enjeux de cybersécurité aussi, il y a des composantes logicielles dans les équipements qu'il faut être très vigilant, à la fois au niveau de l'acquisition, mais tout au long du cycle de vie, quand il y a des mises à jour, il ne faut pas baisser les gardes parce qu'il y a quand même une responsabilité envers l'institution que les technologies soient. Alors,
- Speaker #0
on vient de l'évoquer, spécialistes les deux des technologies médicales, mais un rôle peut-être plus large. que les technologies elles-mêmes. Il faut savoir pourquoi on occupe ces technologies-là. On s'occupe de ces technologies-là, Sylvain.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Elles s'aiment à l'échelle.
- Speaker #2
Bien, c'est, nous, par exemple, un exemple concret. Les nouvelles technologies, on va prendre quand on fait des images, OK ? Les détecteurs deviennent de plus en plus sensibles, de plus en plus spécialisés. Et notre travail, c'est un peu de voir... justement, comment l'utiliser correctement, comment essayer de réduire les doses de radiation. Parce que, bon, il y a toujours cette crainte qu'avoir trop de radiation peut créer des problèmes. Habituellement, le bénéfice dépasse largement le risque pour des patients. Mais, moi, j'aime bien le principe, c'est un acronyme anglais, ALARA, qui dit « as low as reasonably achievable » . C'est donc avoir la dose la plus faible possible de façon raisonnable pour avoir de belles images. Mais justement, travailler sur tout ce que la technologie peut nous apporter pour justement viser ce but-là, d'avoir des examens sécuritaires avec des images de plus en plus belles et qui disent, bien, les images, le médecin va pouvoir... poser un diagnostic qui est beaucoup plus précis. Et en même temps, on protège le patient. C'est très, très, très motivant de travailler justement sur ces aspects-là.
- Speaker #0
Vous l'avez dit, le diagnostic, il y a du diagnostic, il y a du traitement aussi, quand on traite des tumeurs avec des radiations. Il y a du monitorage aussi des équipements. C'est un peu tout ça que vous faites.
- Speaker #1
Effectivement, le monitorage, par exemple, aux soins intensifs, il faut surveiller les paramètres physiologiques. des usagers. Puis il y a d'autres applications très intéressantes qui viennent changer les paradigmes de soigner des patients à domicile. Donc ça prend ces technologies-là à domicile aussi pour surveiller les gens. Puis on déborde aussi des équipements médicaux parce que ça peut être des détecteurs de chute. Une personne âgée chute à la maison. Mais ça va être intégré à l'ensemble du système et il y a quelqu'un à distance qui va pouvoir venir interagir. Donc, les technologies se complexifient aussi en termes d'intégration.
- Speaker #0
Est-ce que vous diriez donc que les ingénieurs, les physiciens biomédicaux sont devenus incontournables, des incontournables dans le monde de la santé, vous diriez ça, M. Lechêne ?
- Speaker #2
Oui, oui. On parlait d'exemples, un exemple que je trouve concret. à Sainte-Justine, c'était un des beaux projets qu'on a eu. Il y avait, pour les tumeurs cérébrales, un système d'ablation de la tumeur par laser. Donc, vraiment, on parle de laser, on parle de fibre optique, on parle d'utiliser la résonance magnétique, donc avec les champs magnétiques et tout ça. Oui, c'est un outil qui est donné aux neurochirurgiens, mais de comprendre et de bien intégrer toutes ces choses-là, Bien, la présence d'ingénieurs et de physiciens qui travaillent ensemble avec le clinicien, avec toute l'équipe, est rendue majeure, majeure. On est dans un monde où la technologie prend de plus en plus de place dans le monde médical. Eh bien, les physiciens et les ingénieurs, on est des spécialistes des technologies. Donc, à un moment donné, notre place est vraiment importante dans toute la chaîne de soins.
- Speaker #0
En conclusion, d'ailleurs… Rapidement, la PIBQ, dans les années à venir, l'association, Martin, c'est une petite association qui a de grandes ambitions, c'est bien ça ? C'est ce que vous dites tout le temps,
- Speaker #1
hein ? Oui, effectivement, parce que si on recule, il y a quelques années, on a parti avec des moyens modestes, et puis on a réussi, au cours des dernières années, à faire croître l'association, à la rendre plus dynamique. Puis si aujourd'hui, on fait des balados, c'est un peu dans cet esprit-là, de continuer à faire connaître la profession. Mon cadet Sylvain est allé aux années-lumières aussi vulgariser des concepts pour rassurer la population. Donc, tout à fait, on est en croissance.
- Speaker #0
Sylvain Deschaînes, comment on peut s'impliquer ? Vous êtes le vice-président de l'association. Comment est-ce que les gens peuvent s'impliquer dans l'association, en quelques mots ?
- Speaker #2
Selon leur prédisposition ou ce qui les intéresse, on a plusieurs comités et tous nos membres sont... cordialement invité à venir participer.
- Speaker #0
C'est un appel à tous.
- Speaker #2
C'est un appel à tous et puis c'est vraiment motivant parce qu'on crée une communauté où des fois, on entre au travail, on est à notre hôpital, on a nos collègues, mais là, on déborde. On est au niveau de la province, on a des collègues. Moi, si j'ai une interrogation ou s'il y a un grand sujet qui est important, bien là, plutôt que d'être tout seul dans mon cello, on est un groupe, on se parle. On peut avoir justement ces collaborations-là, faire des sous-groupes, travailler sur des sujets. Et ça, bon, on a en radioprotection, je parlais de… Bon, je m'implique plus au niveau de la radioprotection, mais on est au niveau de la communication, au niveau des standards.
- Speaker #0
C'est un peu la force du nombre.
- Speaker #2
Exactement. Et puis aussi, ça crée une communauté, justement.
- Speaker #0
Alors, Martin Cyr, ce balado-ci, qui est le premier de la série, est mis en ligne pendant la semaine du génie. biomédical. D'abord, il y a une semaine du génie biomédical qui existe, c'est quand même déjà avancé. Est-ce que c'est l'occasion de faire un petit message aux membres de votre association ?
- Speaker #1
Bien, tout à fait. Puis, je vais faire un rebond sur les commentaires de Sylvain dans S'impliquer. Il n'a pas besoin d'avoir un titre officiel sur l'exécutif. Il y a beaucoup de monde qui s'implique dans l'association. Mais à l'occasion de la semaine du génie biomédical, je vous dirais que Merci. Soyez fiers de votre profession. On joue tous un rôle important dans nos organisations. Et comme je le disais, pas seulement dans les hôpitaux. On a des collègues à Santé Québec dans l'industrie. Donc, soyez fiers et on ne se gêne pas de prendre notre place.
- Speaker #0
Donc, c'est un message aux membres de l'association et aussi aux non-membres. Il y en a peut-être certains à aller chercher encore.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Puis, comme je le répète pour l'implication, pas besoin d'avoir un titre officiel. beaucoup de gens qui s'impliquent, par exemple, en formation continue pour donner des webinaires. Donc, la porte est ouverte sur notre site Internet. Il y a un beau bouton de « Venez m'en » , ce n'est pas trop compliqué, quelques questions. Voilà,
- Speaker #0
merci beaucoup. Alors, c'est ainsi que se termine ce premier des balados de la série « Deux professions, une association » , une série proposée par l'APIBQ, l'Association des physiciens et ingénieurs biomédicaux du Québec. Merci à mes deux invités, Martin Cyr et Sylvain Deschaînes. Martin Cyr, qui est ingénieur biomédical au CI3S Montérégie-Est. Merci, Martin.
- Speaker #1
Plaisir.
- Speaker #0
Et Sylvain Deschenes, qui est vice-président de l'API BQ et physicien médical au CHU Sainte-Justine à Montréal. Merci beaucoup. Merci. C'est Yannick Villieu qui vous parle, qui vous donne rendez-vous pour un autre balado de l'API BQ. Nous raconterons la semaine prochaine, la prochaine fois, l'histoire de l'association avec en arrière-plan l'histoire des technologies utilisées par ces professionnels. et je vous rappelle que Tous ces balados de la série se trouvent sur le site de l'API BQ à l'adresse apibq.ca