- Loïc
1, 2, 3 ! Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce podcast Devenir Adulte avec Mathilde.
- Mathilde
Bonjour !
- Loïc
Et Jürgen.
- Jürgen
Bonjour !
- Loïc
Alors cette voix suave va vous accompagner toute notre conversation. Aujourd'hui on va parler du voyage, pourquoi c'est important pour nous, quelle place il prend dans nos vies et est-ce qu'on a vraiment eu l'occasion de voyager ou est-ce que finalement on fait comme tout le monde, on va à un endroit, on prend le soleil, on repart sans vraiment que ça nous laisse de traces. Exprimez-vous sur le sujet.
- Mathilde
Voilà, la voie SNCF. Il ne manque plus que l'annonce. Le vol EF312 est arrivé. Bon, un peu plus sérieusement, moi j'avoue que le voyage franchement c'est quelque chose d'hyper important dans ma vie. J'ai besoin de voyager, que ce soit pour des petites durées ou des durées un peu plus longues. Bon pour le moment je n'ai pas pu expérimenter encore des durées très très longues. Mais voilà, il faut que je bouge, il faut que je voyage, que ce soit même autour de moi. Parce que finalement le voyage ce n'est pas uniquement partir à l'étranger et prendre l'avion. On peut très bien voyager, prendre le train à 20 minutes, une heure de chez nous. Et ça reste du voyage aussi.
- Jürgen
Moi j'avoue que de mon côté, au début quand j'étais plus jeune, je n'ai pas vraiment expérimenté des longs voyages. Après dans le cadre familial, j'ai quand même eu la chance en France de bouger dans le sud, d'aller en Normandie, de voir quand même pas mal de coins sympas avec ma famille. Et puis même, ce qui est important pour moi, vu que mon père est français et ma mère elle est polonaise, donc j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises quand j'étais jeune d'aller en Pologne. Et donc pour moi, vraiment le voyage c'est un peu une partie intégrante de ma culture et puis le fait déjà d'aller voir la famille, mais à côté on profite, on découvre des nouveaux paysages. Mais en fait je pense que ce n'est pas uniquement le fait d'aller voir comment ça ailleurs sous le prisme du paysage ou même de la beauté de ce qu'on retrouve, mais je pense que c'est aussi découvrir de nouvelles cultures, se dépasser d'une certaine manière après tout. Tout dépend le genre de voyage. Mais c'est vrai que comme tu l'as dit Mathilde, on n'est pas obligé d'aller à des milliers de kilomètres ou de changer de continent pour voyager. Parce que finalement on peut bien aller à une heure ou à deux heures de chez soi. Et d'une certaine manière c'est déjà un voyage parce qu'on va voir d'autres choses. On va sortir du cadre quotidien. Et rien que par rapport à ça je trouve que ça apporte de la plus-value quoi par rapport à ce qu'on voit. Rien que le fait de sortir de la routine et pas juste faire les mêmes choses chaque jour. D'une certaine manière ça c'est voyager quoi pour moi je trouve.
- Loïc
Ouais, t'as un exemple un peu d'une journée ou d'une après-midi où t'as eu l'impression de voyager pas loin de chez toi ?
- Mathilde
Bah typiquement Deauville. La journée qu'on avait passé tous ensemble, on avait pris le train à ce moment-là, on était en week-end à Caen, on avait pris le train, on était partis, c'était à une heure peut-être, quelque chose comme ça, et on avait passé la journée à Deauville, on était arrivés le matin, on était repartis le soir. Et pour autant, ça nous a vraiment fait une coupure dans notre week-end, dans nos études, dans nos stages. Pour moi, ça rentre aussi dans la catégorie voyage parce que là, on y était un peu en tant que touriste. On se balade, on visite, on découvre. C'est un bon moment et c'était proche de chez nous.
- Loïc
Voilà, c'est vraiment notre vision du voyage. Je pense qu'on a envie de partager aujourd'hui et vous allez le voir. Il y a une idée un peu particulière qui est née entre nous trois et notre relation au voyage. Alors ça, ça va un peu plus loin, mais ça commence d'abord à l'échelle nucléaire, à la plus petite possible, de se dire que même sur une journée, sur une demi-journée... On peut partager des choses très fort avec des gens, se déconnecter totalement de notre réalité. Parce que moi, c'est ça ma vision du voyage, se déconnecter de la réalité, ne plus regarder le temps passé, le subir quelque part d'une autre manière. Voilà, regarder le soleil se lever, le regarder se coucher et se dire qu'entre les deux, on a réussi à faire des choses qui sortaient un peu de ce qu'on voit d'habitude.
- Jürgen
Bah moi par exemple, je reviens un petit peu à ce que j'ai dit au début du podcast mais bah... Avec mes parents et ma sœur, on habite en Bretagne. On est allés de temps en temps en Normandie. C'est à trois heures de route. Et finalement, tu sors du cadre professionnel par rapport à tes parents. T'es en week-end, tu passes un petit moment en famille. Une journée, deux journées, t'as ton week-end. Et en fait, le fait d'avoir une déconnexion, de couper totalement, de penser à autre chose, de te vider la tête... Il y a beaucoup trop de gens qui voient le voyage sous la forme de changer de continent et d'être en rupture totale avec la culture que tu connais au quotidien. Alors que déjà, rien que le fait d'arriver à penser à autre chose et te vider la tête, bah d'une certaine manière tu profites et ça fait du bien quoi.
- Loïc
Je suis parfaitement d'accord avec tout ça. Je pense que c'est un des buts, c'est de montrer que le voyage, ça commence petit. Et dans ça commence petit, moi j'ai vraiment cette idée que si je rêve absolument de voyager, et peu importe où, c'est uniquement parce que j'ai jamais eu l'occasion de voyager avant d'avoir 18 ans. Il y a cette idée, je me faisais du voyage certaines idées. qu'elle a changé avec le temps, mais qui initialement c'était quelque chose qui m'était inaccessible et donc que j'avais envie d'expérimenter. Je pense que le voyage il commence là pour moi.
- Mathilde
Moi c'est vrai que depuis toute petite j'ai pu voyager en train, c'était surtout pour aller passer des vacances chez des membres de ma famille, donc c'était quand même relativement proche, mais c'est vrai que ça a commencé par ces petits trajets à chaque vacances scolaires et très vite j'ai eu cette envie d'aller voir ailleurs, de découvrir d'autres pays. et j'ai eu la chance en tout cas de pouvoir faire des voyages scolaires et c'est un peu ces voyages là qui m'ont donné goût après à faire mes propres expériences par moi-même et réserver mes premiers voyages entre amis ou en tout cas par moi-même Ma maman a toujours fait en sorte que je puisse profiter de ces voyages scolaires et que je puisse y participer. Et c'est vraiment ça qui m'a donné goût au voyage et qui après par la suite m'a poussé aussi au cours de mes études à faire un semestre à l'étranger où là j'étais vraiment en immersion pendant six mois et ce n'était pas un voyage d'une semaine où on découvre un peu le pays, où on est cadré.
- Loïc
Et donc c'était ?
- Mathilde
C'était en Norvège.
- Loïc
Et les voyages que tu as eu l'occasion de faire plus jeune avec l'école, c'était où ?
- Mathilde
Alors j'ai pu faire la Sicile, la Grèce et ensuite le sud de l'Italie. puisque j'étais latiniste. Donc voilà, faites du latin, ça sert.
- Loïc
Voilà, au moins pour les voyages. Jorgen, tu avais eu l'occasion peut-être de faire des voyages avec l'école ?
- Jürgen
Ouais, j'ai eu la chance quand même de pouvoir le faire plusieurs fois. Au collège, vu que je faisais allemand en LV2, j'y suis allé deux fois en Allemagne. Puis après au lycée, j'y suis retourné une nouvelle fois. Et après en terminale, j'ai pu aller en République tchèque. J'ai quand même eu la chance de voyager pas mal pendant les cours, en réfléchissant à la fac également. J'ai pu en deuxième année, pendant mes études en histoire de l'art, aller à Naples pendant 3-4 jours. Tu découvres la ville, tu profites et finalement... Ce qui est bien je trouve c'est que t'as vite l'impression finalement quand t'es jeune que le voyage a un coût important, qu'il est vraiment élevé Bah tout d'abord après quand t'as les cours tu peux parfois avoir la chance d'avoir des voyages un peu entre guillemets à moindre coût avec un accompagnement de l'école Donc tu peux avoir une prise en charge des déplacements ou même de la nuit d'hôtel donc des choses que t'aurais pu ne pas faire avec la famille tu vas le faire pendant l'école Et ce qui est bien, c'est que ça te permet de comprendre au fur et à mesure du temps Que le voyage, bah ça se résume pas uniquement à lâcher 1000€, 2000€ ou 3000€ en un seul week-end Et aujourd'hui, bah outre le fait que les coûts du voyage sont vachement plus faibles qu'il y a 30 ou 40 ans plus tôt Aujourd'hui tu peux vraiment voyager à moindre coût pour quelques centaines d'euros, tu peux avoir de très très belles expériences. Tu n'es pas obligé de prendre l'avion, tu peux faire du stop, tu peux prendre le train, tu peux profiter de promotions qui font qu'en allant juste à quelques centaines de kilomètres de chez toi, tu découvres des très belles choses sans pour autant te ruiner.
- Mathilde
Puis aussi on a la chance d'avoir pas mal d'outils aujourd'hui mais à notre disposition qui permettent de comparer les prix et de trouver rapidement, je ne ferai pas la publicité. mais de trouver rapidement quelle destination est moins chère sur les périodes auxquelles on est disponible. Et c'est aussi ça le voyage, ce n'est pas forcément se dire je veux aller à tel endroit sur telle période, mais aussi s'adapter. Je sais que je veux voyager, je sais que je peux partir sur ces dates-là, où est-ce que je peux aller pour pas trop cher et qui me conviennent quand même ?
- Loïc
Je crois que cette idée qu'on dégage ici, elle est assez simple. Il y a aussi un choix, un choix de voyager. C'est-à-dire qu'avoir les moyens d'eux, c'est pas seulement les moyens financiers, c'est se donner les moyens d'eux. Et pas non plus faire croire à tout le monde... Alors nous on a une certaine idée du voyage, tous individuellement, qui se rapproche plus ou moins, mais... pas faire croire que le voyage ça doit être telle ou telle chose. Chacun dans sa tête a le droit de penser ce qu'est le voyage. Alors en l'occurrence on a une expérience commune du voyage qui est intéressante à partager. On a tous à notre échelle jusqu'à un certain âge voyagé chacun de notre côté puis un jour, l'année dernière, au début d'année dernière, on a décidé de partager une expérience commune de voyage. Alors je pense que ça peut être intéressant d'en parler.
- Mathilde
On a décidé de faire Europe Raid. Pour résumer c'est le tour de l'Europe en Peugeot 205 par équipage 2-3. avec 70 kg de matériel scolaire dans la voiture, qui est une Peugeot 205, donc voiture relativement petite. Donc voilà, il fallait loger les 70 kg de matériel, plus nos affaires à nous, les affaires de camping, etc. Et ça a été une grosse préparation.
- Loïc
Alors cette expérience, elle est particulière et elle est intéressante à expliquer pour plusieurs raisons. La première, c'est celle du coût. Le coût, en réalité, il est quasiment pris en compte. Si on a fait correctement les démarches, et en l'occurrence, on a eu la chance d'avoir Jorgen qui a pu faire suffisamment de démarches auprès des sponsors pour qu'il soit totalement payé, donc ce voyage, il est gratuit. La deuxième chose qui coûte beaucoup d'argent dans une vie d'adulte, c'est le temps. Le temps, c'est près d'un mois. Alors nous, on a décidé... d'élargir un peu la période, c'est-à-dire que ces trois semaines, ces stricto sensu trois semaines en réalité au reprèl, on a décidé d'élargir un peu le truc et peut-être de passer un ou deux jours, peut-être trois en plus du raid pour faire des sasses de décompression ou de compression entre les périodes justement pour diviser ces moments qui sont tellement forts et surtout dont on avait besoin. Donc ce temps on a eu la chance de le prendre un mois au mois d'août et la troisième chose c'est cette vision du voyage à la vitesse d'une voiture. Pour moi on l'a dit sur les moyens de transport on doit dépasser le cadre de ce qui est chez nous. Et là, le moyen de transport, en fait, il est relativement lent. C'est-à-dire que le pays le plus loin dans lequel on est allé, c'est sans doute la Grèce, peut-être le bas de la Grèce, je ne sais pas.
- Jürgen
Ou peut-être la Macédoine du Nord.
- Loïc
Peut-être la Macédoine du Nord. Et en fait, en avion, c'est très rapide. Vous y allez, en quelques heures, vous y êtes. En voiture, il nous a fallu plus d'une semaine au moins pour y aller. Je pense que dans ce qu'on partage, dans la vision qu'on a du voyage, elle est vraiment différente pour moi quand elle sort d'une expérience comme celle-là.
- Mathilde
Et surtout un aspect c'était qu'on était souvent de passage, c'est-à-dire qu'on s'arrêtait quelques heures dans une ville ou dans une capitale pour après reprendre la voiture et aller à notre autre point de bivouac. Donc c'est vrai qu'on n'avait pas forcément cet aspect lent du voyage où quand on part par nous-mêmes, on est là pour visiter, on prend quand même le temps de visiter, de se balader. Nous on le faisait quand même mais on a très vite compris que ce serait très très limité parce que finalement on est là quelques heures. Donc il faut choisir ce qu'on veut voir. Est-ce qu'on se balade et on se perd un peu, puis on reprend la voiture ? Ou est-ce qu'on veut voir quelque chose en particulier et dans ce cas-là, on voit que ça ? Et c'est vraiment cet aspect-là qu'il fallait prendre en compte dans ce voyage en voiture. Parce qu'à la fois, la voiture nous donne une liberté, ça veut dire que dès qu'on voit quelque chose sur la route qui nous intéresse, on peut s'arrêter pour le regarder, prendre des photos, etc. Mais d'un autre côté, on sait que le temps est très précieux finalement.
- Jürgen
C'est vrai que je l'ai vraiment... perçu comme ça, mais c'était vraiment le cas pour nous trois. C'est vraiment le côté frustrant. T'as envie de voir tellement de choses, il y a tellement d'éléments, d'endroits à découvrir dans tous les pays, mais t'as tout qui s'enchaîne et tu vis quelque chose qui est... tellement fort dans le groupe, t'es tous les jours dans l'aventure, tu découvres des nouvelles choses et t'as jamais envie que ça se termine et c'est là en fait, ça revient à ce que tu dis Loïc par rapport au temps, tu peux ne pas avoir d'argent ou tu peux en avoir beaucoup mais si jamais le temps te manque finalement c'est vraiment l'élément le plus précieux et c'est pour ça après tu parlais de sasses de décompression on vit 3 semaines extrêmement fortes elles étaient tellement bien, on a découvert tellement de choses qu'en fait on veut pas partir on veut pas en sortir, on est un peu comme dans une bulle, d'où le fait à la réalité c'est une sorte de rêve un peu on revient on revient à la normale et même en prenant le temps de faire la transition de rentrer chez soi après coup c'est totalement différent et c'est là où c'est vraiment bien voyage c'est que ça se transforme et ça te donne une manière différente de voir les choses au quotidien.
- Loïc
Moi je suis assez d'accord avec ça, la manière de voir les choses au quotidien qui change, ce rapport à la normalité, qu'est-ce qui n'est pas normal dans notre société, qu'est-ce qui est normal. Aujourd'hui il y a un peu un rêve mystique autour des réseaux sociaux parfois de se dire que vivre c'est voyager alors que concrètement... tu te confrontes à quelque chose de très pragmatique c'est pour voyager il faut de l'argent et que le travail ça t'en prend un petit peu et moi s'il y a un truc que j'ai trouvé un peu important et qui me reste à posteriori quand je regarde les photos surtout, c'est que les moments les plus forts du voyage c'est pas ceux que je pensais que ça allait être. Typiquement la découverte à nouveau de Milan pour moi était très forte mais pas par les bâtiments mais plus par simplement le moment partagé voilà en fait c'est une zone où les vieilles voitures n'ont pas le droit de circuler, de s'en rendre compte un peu après et de se dire qu'on va être verbalisé pour ça ça c'est un moment de vie assez particulier où on a vraiment l'impression d'exister. Il y a autre chose, c'est le nombre de fois et là j'ai un exemple en Italie il me semble, c'était dans les montagnes. Il est 12h40. Alors, il faut savoir qu'on se levait un peu tôt, du coup on était un peu tout le temps fatigués, un peu tout le temps sur les nerfs, on avait faim, et donc qu'est-ce qu'on fait ? On s'arrête au bord d'un lac, enfin le lac sur la map devait être juste à côté, et puis au final, c'était un peu plus long, donc on a attendu peut-être une demi-heure supplémentaire pour manger, et ça moi, c'est un souvenir exceptionnel d'être là avec nos chaises de camping décathlon. et notre baguette de pain, notre fromage à tartiner. Donc là tu regardes un lac alors évidemment c'est magnifique. T'es au milieu de paysages que t'as pas l'habitude de côtoyer évidemment c'est magnifique mais le moment et la simplicité du moment entre amis elle a laissé chez moi un espèce de souvenir indélébile qui pour moi marque ce que doit être le voyage.
- Mathilde
Ouais je suis assez d'accord sur ça c'est vrai que j'avais une image un peu... préconçus d'Europe Raid, moi je voyais surtout les lieux qu'on allait visiter, les pays qu'on allait voir, les photos qu'on allait prendre et les paysages qu'on allait découvrir. Mais c'est vrai qu'au final aujourd'hui ce que je retiens c'est pas forcément les paysages et les choses qu'on a vues même s'il y a les photos derrière pour nous les rappeler mais c'est vraiment au final le lien qu'on a créé nous trois et les souvenirs que ça laisse derrière. C'est vrai qu'on a beaucoup d'anecdotes. à raconter et puis forcément c'est pas forcément les moments où on visite que je retiens le plus mais par exemple on a eu pas mal de bouchons dans certains pays notamment en Albanie où on était coincé un long moment, en plein cagnard il faisait super chaud, la voiture avançait pas etc. Et pourtant même si quand on y était on trouvait que c'était un peu relou, on se disait on va arriver tard etc. Bah maintenant aujourd'hui je retiens que c'était un bon moment, on était là dans la voiture on rigolait, certes c'était long mais aujourd'hui j'en garde un très bon souvenir Je vous rejoins totalement tous les deux
- Jürgen
En vrai, l'expérience qu'il y a derrière Europe Red et même finalement en écartant Europe Red, c'est surtout tous les moments qu'on a créé l'enchaînement d'anecdotes et de belles choses qu'on a construit ensemble. En vrai, tu vois, tu l'as dit Mathilde, on se fait une idée préconçue, on se dit qu'on va avoir tel lieu, tel capital, ça va être magnifique. Et en fait, au bout de quelques jours, tu reviens aux choses vraiment simples. au moment, aux petites anecdotes, au contact avec la population. Par exemple, quand on était en Suisse à plusieurs milliers de mètres d'altitude en train de regarder les glaciers et qu'en s'arrêtant sur un parking avec la voiture, on tombe sur une jeune dame qui s'est arrêtée également à côté de nous pour nous demander ce que c'était parce qu'elle avait vu d'autres voitures. C'est des choses qu'on n'oublie pas et qui vont au-delà de juste voir des monuments. C'est ce que tu construis avec les gens tout du long et ça reste des souvenirs à vie.
- Loïc
Pour le coup, c'est des petits moments de vie qui sont assez magnifiques. Et au-delà de ça, je crois que se libérer d'une espèce de pression qu'on a de « il faut réussir un voyage » . Qu'est-ce que ça serait que réussir un voyage ? Et là, on a une anecdote commune mais qui part pas du tout de reprède. On a un groupe un peu plus grand d'amis et ils nous arrivent de faire des choses un peu ensemble, dont un voyage à Strasbourg, plus exactement un voyage au milieu de nulle part entre Paris et Strasbourg. Pour le coup, on arrive dans une grande maison Airbnb où il y a des bêtes. Il y a plein de bêtes et moi et Mathilde, on n'est pas archi fan. On va visiter Strasbourg et honnêtement, c'est une ville qui mérite d'être visitée, mais qui ne m'a pas marqué spécialement. Si je me rappelle d'une seule chose, c'est notre promenade tous ensemble dans la campagne à pied. Voilà, le soir, il y a quoi ? Il y a quelques fermes, des champs et juste... On rigole et on marche ensemble. Il n'y a pas d'artifice, le paysage est simple et surtout le moment partagé est super simple et je crois que si on s'était fait une idée préconçue exactement de ce que devait être notre séjour, on ne l'aurait pas imaginé comme ça. On se serait dit qu'il faut absolument faire telle chose parce qu'on est à côté de telle chose ou il faut avoir exactement telle maison. La maison, elle ne correspond pas à ce qu'on avait pensé. Du coup, c'est horrible et du coup, le souvenir est horrible. Au final, ce n'est pas du tout cette sensation que j'ai aujourd'hui et pourtant, si j'avais beaucoup attendu de ce moment, je pense que j'aurais été déçu.
- Jürgen
C'est vrai que là, tu soulignes surtout le fait parfois d'avoir des idées préconçues. Tu le rappelais tout à l'heure, pendant tes 18 premières années tu n'as pas voyagé, donc tu devais probablement te faire un peu une idée préconçue de la manière dont tu voyages, de ce que tu vas découvrir par le biais des publications d'autres personnes sur les réseaux. Ça joue énormément psychologiquement quand tu vois les gens qui bougent à droite à gauche, qui découvrent de nouveaux horizons. Tu te dis bah pourquoi pas moi ? Finalement tu... te poses des questions. Toi, par exemple, c'est quoi l'élément déclencheur quand t'es adulte qui dit moi aussi j'ai envie de voyager ? Vraiment la raison principale qui t'a amené à le faire et vraiment à sortir de ta zone de confort et bouger, quoi.
- Loïc
Je crois qu'il y a quelque chose qui s'est construit au fur et à mesure. Une certaine idée du voyage. mais en même temps en prenant en compte très rapidement les moyens que j'avais à disposition. J'ai eu la chance après d'être avec des gens qui m'ont permis de voyager très vite, un peu loin ou sur des destinations un peu cool, ce qui fait que je ne me posais pas la question de l'argent et quand la question de l'argent n'en est plus une et qu'on se laisse imposer un voyage, c'est beaucoup plus facile de vivre l'instant présent. Et ensuite quelque chose que j'ai découvert à travers notamment les filmographies qui tournent autour du voyage, il y a beaucoup de films, Into the Wild... Il y a beaucoup de films, notamment américains, qui parlent de ces longs voyages qui servent en fait à parler de soi-même. C'est typiquement Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Saint-Jacques-de-Compostelle c'est un pèlerinage qu'on fait pour rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle mais en réalité ce qui est important c'est le chemin. Et littéralement quand vous allez marcher plusieurs mois d'affilée tous les jours vous allez être confronté à vous-même. Et moi je l'ai vécu en étant tout seul en Espagne pendant une semaine. J'ai découvert quelque chose de fou, c'est que ailleurs, dans un endroit où on ne parle pas la langue, dans un endroit où on ne connaît rien, et bien on finit par... avoir un autre rapport à la réalité. Je crois que c'est à partir de ce moment-là que je me suis dit qu'il ne fallait plus avoir d'idées préconçues sur le voyage, que tout devait s'imposer à nous et que ce qui s'impose à nous était bien utile pour l'avenir. Mathilde, toi tu avais peut-être une idée, une certaine idée du voyage ?
- Mathilde
Je n'avais pas d'idée préconçue du voyage parce que c'est vrai que dans ma famille, j'ai rapidement été celle qui voyage le plus. Ma maman n'a pas voyagé énormément dans sa vie donc je n'avais pas de modèle à suivre ou quelqu'un pour me transmettre ce goût du voyage. Mais je dirais que ça s'est forgé par les premiers voyages que j'ai pu faire justement avec l'école. Je pense que ça a vraiment joué beaucoup. Et puis après, finalement le fait de passer ce semestre à l'étranger, ça, ça a vraiment renforcé ma volonté de voyager et de me dire ok, j'aime ça, j'aime découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles choses, de nouvelles personnes. Je veux voyager au cours de ma vie. Je ne veux pas rester chez moi et voir les autres vivre. sur les réseaux ou autre, moi aussi je veux découvrir. Donc ouais j'avoue ce semestre à l'étranger a beaucoup joué et les personnes aussi que j'ai rencontré au cours de ce semestre parce que je me suis fait deux très bonnes copines qui elles aussi adorent voyager et c'est vrai que partager cette envie de voyage avec d'autres personnes bah forcément ça pousse encore plus à voyager et pendant ce semestre on a bougé aux alentours où on pouvait et on faisait un voyage par mois. C'était pas forcément simple parce que la Norvège est un pays qui coûte très cher. J'étais boursière à l'époque donc la situation n'était pas forcément facile mais j'ai fait le choix de me dire ok bon bah c'est pas grave, l'argent ça reviendra mais les souvenirs et les moments passés avec ces personnes là et ces moments présents, ça j'ai qu'une seule chance de les vivre. Donc je préfère voyager et me créer des souvenirs qui me resteront à vie plutôt que de ne pas le faire pour garder mon argent et pour en faire je sais pas quoi plus tard. Donc c'est vrai qu'il y a aussi cette question là dans le voyage puisque évidemment c'est pas gratuit, il y a toujours quelques dépenses. Donc voilà, c'est aussi un choix finalement.
- Loïc
Et du coup, en tant qu'adulte, quelle est la relation que vous êtes en train de faire naître avec les 5 semaines de congé par an qu'on a quand on travaille ?
- Mathilde
Moi je trouve ça hyper frustrant.
- Jürgen
J'avoue que c'est compliqué de se dire qu'on a seulement 5 semaines pour essayer de découvrir des choses alors que ça demanderait tellement plus de temps. T'imagines t'as que 5 semaines dans l'année, rien que le temps d'organiser le voyage, de faire le déplacement selon l'endroit où tu es. où tu veux aller, finalement ça peut te prendre un jour, deux jours. Et puis les cinq semaines que tu vas avoir, tu ne les consacres pas uniquement au voyage, tu peux également les consacrer aux proches, revenir passer du temps avec ta famille ou même prendre du temps pour toi-même et te reposer. Donc être limité à seulement cinq semaines, comme le dit Mathilde, c'est ultra frustrant et tu te demandes si les choses ne doivent pas évoluer ou alors si par toi-même tu ne voudras pas faire changer les choses et sortir de cette zone où tu as uniquement cinq semaines.
- Mathilde
C'est vrai que moi la signature dont on s'est dit, c'était vraiment ma pro... Occupation première, je me suis dit. Franchement, je me suis sentie hyper bloquée et frustrée parce que je me suis dit bon bah c'est-à-dire que là au final j'ai 5 semaines pour profiter de ma vie on va dire. Le reste du temps bah je le dédie à mon employeur et j'ai 5 semaines pour vivre, pour faire ce que je veux. au cours de l'année. Donc c'est vrai que c'est compliqué et finalement c'est aussi une adaptation. Bah ok j'ai 5 semaines, qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Comment je peux adapter au mieux ce temps libre pour que je puisse quand même continuer à voyager et pas me dire bon bah tout de même j'ai 5 semaines, c'est rien, ça sert à rien que je voyage. Non, j'ai 5 semaines et bah c'est pas grave je vais me débrouiller pour quand même aller voyager. Et ça passe par des petits week-ends ou même des week-ends quand même passés à l'étranger. On a des destinations qui sont quand même assez proches en Europe par exemple la prochaine manche par Dublin j'ai posé un jour et demi et j'aurais quand même quelques jours passés sur place profiter pour visiter et malgré tout j'aurai comme satisfait mon besoin de voyager puisque j'aurais découvert une nouvelle ville d'habitude d'autres cultures et ça me fera comme une bonne coupure mois dans mon travail quotidien du coup la question qui se pose c'est un peu celle qu'on a évoqué tout à l'heure il n'y a pas une pression quand ces
- Loïc
cinq semaines par an on va enlever une semaine dédiée à la famille parce qu'au moins noël peut-être ou au fait du nouvel an on sait là on l'enlève donc on consacre une année à préparer en fait très peu. Même les week-ends en soi, ils seront pas nombreux dans l'année. On va pouvoir vraiment voyager en quelque sorte. Il n'y a pas une pression sur ces week-ends.
- Mathilde
J'ai une relation particulière avec le voyage. C'est vrai que j'accorde beaucoup d'importance au fait de voyager et je n'envisage pas le fait de ne pas voyager au moins une fois dans l'année. Mais ça, ça vient de moi-même. Je ne l'impose à personne. C'est moi-même qui veux voyager dès que j'en ai l'occasion. Donc je pense que ça dépend beaucoup des personnes.
- Jürgen
J'avoue que moi... J'ai encore une perspective différente par rapport à ma configuration dans mon travail. C'est-à-dire que moi, je suis en 100% télétravail. Donc ça joue, ça change la donne. Je suis beaucoup plus flexible. Si j'ai envie, je fais un déplacement sur un jour en train. J'arrive dans une autre ville avec quelqu'un qui va m'héberger. Mais pour autant, je n'aurais pas eu besoin de poser un jour de congé. et je vais pouvoir vivre autre chose, sortir de la routine qu'on a tous les jours. Et par exemple, si je le voulais, je pourrais aller dans un autre pays sans poser de jour de congé. Et après, le soir, une fois que j'ai fini mes horaires, je vais pouvoir me déplacer, découvrir autre chose. Donc finalement, moi, je n'ai pas la même... Enfin, je constate cette approche que les cinq semaines, c'est quand même très contraignant. Mais cette flexibilité fait que moi, je me pose un peu moins la question que toi, par exemple. Mathilde ou même toi Loïc, vu que tu évoques la question par rapport aux cinq semaines, c'est-à-dire que j'imagine que toi aussi ça joue un peu tu te poses probablement des questions en la matière. Tu envisages peut-être dans les prochaines années de faire évoluer tes perspectives professionnelles ou prendre du temps pour toi ou peut-être changer d'air ?
- Loïc
Moi je trouve que c'est intéressant ce que tu dis par rapport à aller travailler à l'étranger il y a un peu pour moi ce rêve du... nomade en télétravail qui est, alors il y en a plein à Porto notamment il y en a en Grèce également cette idée de dire que bon bah le soir je ferme mon Macbook et puis ça y est je suis au paradis quelque part mais en fait elle est trop corrélée au travail pour moi, pour que réellement j'imagine que ce soit les vacances Si je travaille et que je suis à l'étranger, alors je travaille. Et je crois que dans ce que je fais, on le voit assez bien. Ça veut dire que l'endroit compte pas vraiment. Et dans le plus en plus de métiers, en fait, l'endroit dans lequel on va le faire va pas compter. Je crois que non, la pression qui est générée justement par ces cinq semaines de vacances par an, j'ai envie de la dissiper à travers les rencontres que je fais avec les gens. J'essaye de faire du stop au maximum, justement pour rencontrer les gens et pour voyager. en fait d'une façon différente parce qu'on ne se rend pas compte qu'autour de chez nous, en très peu de kilomètres, en se confrontant à d'autres gens ce qu'on fait dans d'autres pays plus facilement parce que on a moins peur qu'ils nous jugent vu qu'ils sont étrangers et peut-être qu'ils sont plus ouverts à nous parfois, on se prive de quelque chose et j'ai pas envie de m'en priver et en tout cas surtout j'ai envie de faire abstraction du fait qu'en fait c'est très peu à l'échelle d'une vie, on va très peu voyager et beaucoup travailler.
- Mathilde
Et moi je sais qu'à une période qu'à un moment donné dans ma vie Je vais mettre en pause justement cette situation professionnelle de travail, 35 heures classique, pour partir à l'étranger, voyager, que ce soit en sac à dos ou d'une autre manière, mais pendant plusieurs mois.
- Loïc
Mais il faut le faire jeune ?
- Mathilde
Oui, il faut en faire quand on a la possibilité. Quand on n'a pas d'enfant ? Quand on n'a pas d'obligation, évidemment. Mais je sais que c'est un projet que j'ai et que je veux le faire. La question c'est quand ? Quand est-ce que sera le bon moment de quitter mon poste ? Quand est-ce que sera le bon moment de partir ? Et surtout, quand est-ce que je me sentirai prête ?
- Loïc
Donc le voyage est directement corrélé au fait de travailler ou pas, pour toi.
- Mathilde
Oui, quand même.
- Loïc
Alors que pour toi, Jorgen peut-être...
- Jürgen
J'avoue que comme je l'ai dit, finalement j'ai un peu une approche différente et encore si je reviens à les 3-4 ans en arrière, ce n'est pas la même que celle que j'ai aujourd'hui. Mon ancien cercle d'amis proches, la relation qu'ils avaient au voyage, elle était on va dire quasi inexistante. Ils n'avaient pas vraiment l'envie de voyager donc... Moi, d'une certaine manière, je ne me posais pas vraiment la question est-ce que je vais aller à tel pays et dans tel pays avec le cadre familial. J'ai envie d'aller en Pologne par exemple par rapport à ma mère. Mais sinon, c'est à partir du moment où je vous ai connus, que ce soit toi Loïc, toi Mathilde, plus largement notre groupe d'amis, on a tous finalement cette volonté de voyager. Mais c'est vrai que vous, vous l'avez quand même accentué personnellement. Je sais que sans vous, il y a peut-être... plein d'endroits que je n'aurais jamais vus. Par exemple, Europe Red. Si nous n'avions pas eu l'idée ensemble, nous n'aurions jamais eu l'occasion peut-être plus tard de vivre cette expérience qui est unique dans la vie et qui te fait apprendre beaucoup de choses par rapport à la manière dont la société marche aujourd'hui. D'où la remise en perspective des cinq semaines de congés qu'on a dans l'année.
- Loïc
Parce que là, on en a pris quatre d'un coup.
- Jürgen
C'est vrai.
- Mathilde
Mais à ce moment-là, on était à la fin de nos études et on allait enchaîner sur notre monde brut.
- Loïc
Et donc, on a eu les moyens de le faire.
- Mathilde
Voilà, c'est ça. C'était le bon moment dans notre vie finalement. Et on était tous les trois à ce moment-là disponibles.
- Loïc
Et il y a cette vision aussi également, moi j'ai jamais eu, mais on m'a partagé souvent des visions du voyage qui étaient par exemple d'aller à l'urée d'Almar et de passer une semaine en all inclusive à boire. Et c'est des choses qui peuvent exister dans des groupes d'amis que nous, on a eu la chance de ne pas avoir. Typiquement, on est allés à Porto, donc tous ensemble. On y est allé pendant la période scolaire en essayant de faire un partiel à distance notamment, mais l'objectif était essentiellement de voyager et de visiter Porto. On n'avait pas du tout cette envie que tout soit tout frais payé, on est volontaire pour que ça soit faire toutes les tâches ménagères, faire la réservation de quelques... de quelque transport que ce soit, rien ne nous dérange en quelque sorte à ce niveau-là. Et que la vision du groupe s'est quelque part imposée à nous tous.
- Jürgen
Je trouve que c'est un peu une chance parce que cette curiosité, cette volonté d'avoir cette manière de voyager et de pas avoir tout en all inclusive et tout frais payé. Enfin, on est six dans notre groupe. Avoir cette même idée, cette même manière de voyager, de découvrir des choses. Ça aurait pu être possible d'avoir deux, trois personnes qui préfèrent un hôtel cinq étoiles, kiffer pendant trois, quatre jours de vie quotidien et là finalement que ça se pourrait reprendre, qu'on a fait tous les trois plus largement le fait d'aller à Porto, de découvrir des petits endroits à Deauville, à Strasbourg, ça montre qu'on ne se limite pas uniquement aux grandes plages de sable blanc et rien que des petits moments simples avec des bonnes anecdotes, ça nous suffit amplement.
- Mathilde
Après je pense qu'une même personne peut avoir différentes visions du voyage. Moi par exemple je sais que cet été je pars avec ma maman et ses amis et ils sont... mon beau-père, et ils ont le souhait d'être en all inclusive. Donc là cette vision du voyage elle m'a un peu été imposée. C'était soit je venais mais dans ce cas là c'était en all inclusive, soit je venais pas du tout. Enfin bon je vous rassure ils m'ont pas posé ce dilemme comme ça. Mais c'était que eux ils avaient vraiment cette volonté de vouloir être en all inclusive parce que justement ils travaillent toute l'année, toute l'année ils préparent à manger, ils s'occupent du ménage etc. Et là ils avaient vraiment envie d'avoir cette vision des vacances où c'est une coupure, le ménage on s'en occupe pas, préparer à manger on s'en occupe pas profiter. Certes, bon bah c'est un coup mais voilà, c'est le gros voyage de l'année et puis bah c'est pendant cette semaine il y aura des activités, ça va être de la détente, ça va être du repos et finalement bah c'est aussi une notion des vacances qui peut être prise en compte certains vont penser vacances ah bon bah ce sera randonnée, ce sera visite et il faut bouger Là, la vision des vacances, ce sera vraiment juste profiter et ne pas avoir à se demander qu'est-ce que je mange ce soir. Il faut faire le lit, il faut faire la vaisselle, etc. Et je sais que je vais pouvoir expérimenter justement cette nouvelle vision du voyage que pour l'instant, je n'ai jamais connue. Nous, on a eu la chance de voyager ensemble, d'avoir des locations de Airbnb. Mais j'ai aussi expérimenté ce voyage, le voyage en général par la toile de tente. On l'a vu à travers Europe Red, mais même avant en Norvège. Là-bas le camping sauvage est autorisé et donc on pouvait louer une voiture, prendre une toile de tente et la poser un peu n'importe où sans avoir d'endroit dédié au camping ou d'avoir des sanitaires à côté. Et c'est vraiment aussi notre vision du voyage qui est tout aussi agréable en tout cas pour moi. C'est pas la vision de tout le monde je sais que certaines personnes détestent le camping et les dormir en toile de tente. Moi c'est quelque chose qui me dérange pas. même si évidemment c'est pas la même manière d'apprécier évidemment toi le temps tout le temps un peu moins bien que dans un vrai lit,
- Loïc
dans un Airbnb moi si on pouvait conclure quelque part par une anecdote toute simple, c'est aussi que voyager pour moi ça se détache de la notion de vacances parce que parfois ce que tu peux y voir quand tu te confrontes à quelque chose d'un peu violent c'est une forme de réalité. Par exemple, moi je suis un grand fan de la Grèce, j'y étais plusieurs fois et je sais que c'est un pays extrêmement pauvre mais que j'aime beaucoup et qu'en fonction des endroits où on va on s'en rend plus ou moins compte. Mais prendre le temps de regarder comment vivent les gens, prendre le temps de regarder plein de choses qui tournent autour de ce qu'on organise habituellement, c'est-à-dire la configuration plage de sable blanc, activité nautique hôtel, si on regarde ce qu'il y a autour, on voit des gens qui sont extrêmement ouverts, extrêmement gentils mais qui ont vécu En Grèce, elle est très peu ancienne et la pauvreté, elle est bien présente. Une des récessions les plus importantes d'Europe. Et tout ça, c'est une envie de voir ce qui se passe chez les autres. Mais des fois, pendant ces cinq semaines de vacances, et c'est ce que tu t'exprimes assez bien, on n'a pas envie de prendre ça dans la gueule. Ça fatigue. Toute l'année, on est confronté à des problématiques. On allume la télé, on regarde les réseaux sociaux. Qu'est-ce qu'on a ? On a cette violence du monde qui s'abat sur nous au quotidien. On n'a pas envie, quand on part parfois, de la subir. et de la subir de plein fouet. On a été en Albanie, on a vu des gens, enfin des jeunes enfants qui ont 11-12 ans qui font la manche. C'est peut-être une réalité que tout le monde n'a pas envie de voir.
- Mathilde
Et justement, je rebondis sur l'Albanie parce que je voulais aussi en parler. C'est vrai que pour Europe Red, l'Albanie était un pays que je voulais absolument découvrir parce que justement il y avait cette image qui était donnée sur les réseaux sociaux d'un peu la destination touristique, magnifique, avec une eau turquoise, des belles plages, etc. Mais il faut aussi prendre en compte que ce qu'on voit sur les réseaux, c'est pas la réalité. C'est vrai que j'avais envie de découvrir ce pays et pour autant, il y a vraiment deux visions de ce pays. Il y a vraiment la partie très touristique, donc toute la côte. où là ça va vraiment être un peu la station balnéaire avec les plages de sable blanc, avec les transats etc. pour passer la journée à se dorer la pilule au soleil. Mais dès qu'on sort de cette zone-là de la côte, on tombe vraiment face à un pays qui est très pauvre et qui n'a pas du tout les mêmes moyens que nous on connaît aujourd'hui. Et c'est vrai que ce choc on va dire de deux cultures au sein d'un même pays, parfois quand on veut déconnecter et rester en vacances, c'est vrai qu'on préfère mettre un voile sur cette réalité qui pourtant existe très proche de nous au moment où on est dans le pays. Mais voilà, on ne préfère pas la voir pour vraiment déconnecter son cerveau et penser à autre chose. Petite aparté, on pourra conclure après. Tout à l'heure, Jürgen, t'as parlé du sas de décompression qu'on a tous un peu vécu après Europe Red, donc le retour à la réalité. Comment, après un mois de voyage, on se remet dans la vie active et on reprend un peu notre routine ? Comment vous, vous l'avez vécu ? Est-ce que ça a été vraiment dur après de reprendre ou est-ce que vous avez dit bon bah c'est cool, j'ai vécu un mois, maintenant bon bah je reprends ma vie quoi ?
- Jürgen
Moi j'ai l'impression que En fait, on commençait déjà à se préparer à l'idée vers la fin d'Europe Raid. Une fois qu'on a fait une bonne partie du projet, qu'on a fait une majorité des pays et qu'on approche de la destination finale, on sait très bien que c'est bientôt terminé et on réfléchit déjà à l'après. Par contre, moi, il y avait ces deux, trois jours de battement. Une fois rentré chez moi, j'étais encore dans le truc à chaud. où j'ai apprécié, je prends pas encore du recul sur la situation. Et c'est vraiment après, t'es sur ton téléphone, tu commences à retrouver les photos, tu revois le début de Red qui n'était pas très lointain, ça datait d'il y a moins d'un mois et tu dis déjà « Ah oui, c'est des souvenirs... » T'as l'impression que tu les as vécues il y a 3 mois, 4 mois, 1 an. Tellement le raid était fort en lui-même. Et c'est pour ça finalement même quelques mois après avoir fait ce raid. On s'approche bientôt d'une année. C'est toujours encore compliqué et il y a encore des moments où j'y pense régulièrement. Et c'est plutôt rare même les journées où j'y pense pas du tout.
- Mathilde
Moi c'est vrai que ce stade de décompression du coup je l'ai vécu avec Europe Raid. mais plus particulièrement le retour de mon Erasmus. Parce que passer six mois en immersion dans un pays où tu vis et où tu crées ton quotidien, rentrer chez toi dans ton pays en France, c'est vrai que le retour à la vie normale on va dire est un peu compliqué. C'est vrai que dès qu'on rentre, on est content de revoir sa famille, revoir ses amis, revoir ses proches, retrouver son chez-soi finalement. tu te sens un peu vide et tu te dis « waouh, c'était trop bien » . Et en même temps, il y a un peu ce down où tu ne sais pas trop quoi faire, tu repenses à tout ce que tu as vécu. Et c'est vrai qu'avoir ce passage de six mois en Erasmus... Et puis après, il y a les vacances d'été. Donc là, pour l'instant, tu ne penses pas encore. Tu travailles, c'est les vacances, tu profites et tu es toujours dans l'euphorie de retrouver ta famille et tes amis. Et après, au moment où la rentrée, j'ai dû enchaîner sur un master, là, c'était vraiment hyper compliqué parce que pendant l'Erasmus, on avait quand même un emploi du temps qui était assez léger comparé à un emploi du temps de master qui nous permettait de voyager et de faire pas mal d'activités. un changement assez compliqué.
- Loïc
Je te dis totalement, évidemment, cette perspective et la violence surtout, parce que comme on l'a dit plus tôt, il y a cette réalité qui est face à nous et puis tous ces gens qui n'ont pas bougé. C'est-à-dire que vous étiez à l'étranger et souvent, on le prend par nos familles, cette claque, si tu arrives chez toi, et en fait... veulent pas comprendre que toi t'as un besoin de repartir qui est possible ou qui est pas possible d'ailleurs mais dans ta tête t'es quelque part encore là-bas parce que tout simplement parce que ce que t'as vécu même si eux ne l'ont pas vécu c'est tellement fort que ça s'impose à toi et pour conclure moi mon sas de décompression il a vraiment été j'ai eu la chance de passer presque trois mois sur l'île de Ré à vivre avec mes potes qui était sans doute l'un des meilleurs étés de ma vie et pourtant je travaillais en même temps le retour à la réalité le retour aux études il était compliqué mais pour des raisons qui sont assez simples en fait parce que toute cette vie tout ce qu'on a pu vivre n'était qu'une part de réalité de ce qu'on doit affronter au quotidien et c'est justement parce que tous ces moments étaient beaux et là je le dis entre on travaillait en même temps donc ça y est une dimension encore plus forte et mathilde le montre assez bien aussi parce que pendant son erasmus avait cours pendant l'europe raid on avait des obligations c'est plusieurs centaines de kilomètres par jour, c'est 6-7 heures de voiture. Donc ce ne sont pas seulement des moments partagés à visiter des monuments, c'est beaucoup de moments qui peuvent être pénibles en fait, qui font que le retour à la réalité derrière, il prend ou pas en compte ce qu'on a vécu sur place mais en tout cas il est violent. Je pense qu'on peut conclure là-dessus.
- Jürgen
Juste pour terminer et après je pense qu'on pourra vraiment conclure, c'est que cette réalité dont tu parles, pour reprendre par exemple Europe Red ce qu'on a vécu. Il faut savoir qu'on l'a préparé mais des mois et des mois en amont, en parallèle du stage en parallèle du travail, on s'est vraiment donné les moyens, le temps d'y parvenir en sachant plus qu'on s'est vraiment pré-inscrit à la toute fin, au dernier jour avant que les inscriptions soient clôturées donc il y a aussi ce côté ironique de se préparer à la toute fin et vraiment tout donner pour y parvenir et finalement je repense à toi Loïc, t'arrêtais pas de le dire avant même qu'on ait démarré Europe Red que ça va passer très rapidement et qu'une fois qu'on aura passé l'Albanie et que nous aurons donné les fournitures, parce qu'en fait on donnait des fournitures scolaires à des jeunes Albanais qui étaient en situation de difficulté. Finalement tu t'es dit, dès qu'on passera ce cap-là qui était l'élément principal de notre aventure, on va déjà s'approcher de la fin. Et donc finalement tu t'étais déjà préparé mentalement à cette idée que le retour sera compliqué avant même que le voyage ait démarré.
- Loïc
Sans le dire, on savait quand on était en Normandie, ça a été notre dernier jour ensemble. On le savait, on n'avait pas besoin de le dire qu'il y avait une certaine pression sur nous tous. Il y avait une certaine gravité du moment parce que sans l'exprimer, on savait que c'était fini pour le coup. Alors qu'on y était encore dedans.
- Mathilde
Merci de nous avoir écoutés et on se retrouve bientôt pour un nouveau podcast.