Speaker #0Bienvenue dans votre podcast favori pour passer un moment de détente et une nuit paisible. Installez-vous confortablement et profitez chaque soir de votre moment de relaxation avec le podcast Dormir sans souci. Pour débuter le podcast, découvrez la citation du jour, une source d'inspiration qui vous guidera vers la tranquillité intérieure. Notre citation du jour nous a été envoyée par Alan, notre abonné de Montréal. La vie ressemble à un conte. Ce qui importe, ce n'est pas sa longueur mais sa valeur. Citation de Sénèque Merci Alan Il était une fois, comme disent les contes d'enfants, un marchand qui revint des contrées lointaines dans son pays natal, où il rapportait dans un petit coffret des diamants qui auraient suffi pour la rançon d'un roi. Ce marchand avait vieilli dans son commerce. Tous les instincts généreux avaient disparu de son cœur refroidi. Et les cendres du feu de la jeunesse couvraient ce cœur qui ne connaissait plus ni joie ni pitié. En revanche, il était toujours habile et dur en affaires, ne calculant que le temps pour cent. Pour enfler ses bénéfices ou sauver un denier, il eût vu d'un œil sec tous ses enfants descendre au tombeau s'il avait eu des enfants. Comme un bloc de pierre, il semblait complet en lui-même, isolé de tout. Ni sang ni sève ne couraient dans ses veines. Mais il avait la soif de l'or, comme la terre béante après la malédiction d'une longue sécheresse aspire après la pluie. Et lorsqu'il voyait un autre marchand aussi riche que lui, il brûlait du désir de le dépouiller par la force ou par la ruse. Le voilà descendu du rivage sablonneux de la mer une fois de plus, et il foule le sol natal. Il reconnaît tous les rochers de l'aride plage, il reconnaît la rivière qui serpente au loin, et il revoit des scènes qui lui sont familières. Il entend parler une langue qui l'est également pour lui. Il s'arrête. Peut-être que les années ont un instant laissé son cerveau libre, comme le reflux de la mer découvre la grève, et qu'il va se retrouver jeune un instant. Peut-être, peut-être par une émotion étrange et toute nouvelle pour lui, l'amour de la patrie va-t-il rafraîchir son cœur comme une rosée ? Hélas, non. Il ne pense qu'une chose, au moyen de se coucher cette nuit sans qu'il lui en coûte rien. Il gravit donc le chemin tortueux de la petite ville. Là, il entend parler du renom d'un prince marchand qui habite le voisinage. et dont la libéralité égale le luxe royal. De sa demeure hospitalière, on lit ses mots inscrits sur la porte, toujours ouverte. Ici, tout le monde est bienvenu, riche ou pauvre. Notre avare se hâte de tourner ses pas de ce côté, et bientôt il aperçoit dans un agréable lieu entouré de masses de feuillages où murmure la brise le reflet du marbre blanc au milieu des arbres sombres. En approchant plus près, il voit s'élever des murs d'une architecture splendide. Percé de nombreuses croisées qui étincellent comme des yeux, et ornées de statues, qui de la hauteur où elles sont placées, ressemblent à des anges faisant halte un instant dans leur vol vers le ciel. Il admire de longs rangs de colonnades, des lampes d'or sous des portiques, de vastes terrasses couronnant l'édifice et offrant de paisibles retraites. Tel était le palais du prince marchand. À travers les vastes portes, on entendait retentir sans cesse les sons des instruments de musique. Ces accords, qui portaient sur des ailes légères, semblent planer autour de nous et murmurer des choses d'un monde lointain, dans une langue divine et inconnue. Le marchand avare entra dans la salle et voyant le maître assis à table, il lui cria. Ô noble et grand prince, tu vois à tes pieds un pauvre marchand ruiné qui implore de ta miséricorde un peu de nourriture pour ne pas mourir de faim sur la grande route. C'est à votre gracieuse charité qu'il a recours et il s'agenouille devant toi. L'hôte se leva, prit le marchand par la main avec un sourire de bonté, lui parla avec chaleur d'âme et lui donna à boire et à manger de ses mains. Mais l'avare regardait tout ce qui l'entourait d'un œil de convoitise. Et bientôt... La splendeur éclatante de cette maison, toute cette prodigalité de richesse, toutes ces merveilles du luxe, l'or étincelant partout, les pierres précieuses dans l'air scintillant comme des étoiles, éveillèrent en lui une pensée infernale de l'enfer. Suspendirent sa respiration, précipitèrent le mouvement de son sang. et soufflèrent dans son oreille un diabolique conseil. Quand toute la maison reposera, se dit-il, quand le sommeil aura scellé toutes les oreilles et tous les yeux, quand, fatigué par l'éclat et le bruit du festin, tous les sens seront assoupis, je me lèverai. Je saisirai tout ce que je pourrai saisir et je le placerai en sûreté dans la cour d'honneur jusqu'à l'aube. Puis pour m'échapper sans éveiller les soupçons, je mettrai le feu à ce palais. Je brûlerai le phénix dans son lit de parfum. Quand la fête fut finie, Tout le monde se retira pour se livrer au repos et bien dormir. Et le vieux marchand, aux lèvres perfides, dit à l'hôte, Mon doux Seigneur, un esprit blessé vient d'être guéri par le baume de votre amour. Puisse celui qui règne dans les cieux augmenter encore vos richesses. Cette nuit même contribuera peut-être à remplir vos coffres forts. Pourquoi me regarder d'un air incrédule ? Souvent le ciel accomplit son œuvre dans les ténèbres et durant le sommeil. Ah oui, j'en ai le pressentiment. Ma langue vient de prophétiser. L'hôte lui répondit du ton le plus courtois. La lumière et la gaieté s'évanouirent et le sommeil apesantit toutes les paupières, hors celles du meurtrier. Le voyez-vous assis, les yeux fixés sur la large flamme de la lampe qui vacille et secoue les ombres comme la main d'un spectre ? Il pense au noir dessin qui l'a formé. Il écoute le silence de la nuit qui l'entoure. Il entend au dehors souffler la bise, chanter le grillon et gémir le solitaire oiseau de la bruyère voisine. Enfin... Il prend sa lampe et sort furtivement de sa chambre. La maison silencieuse semble sa complice. Les ombres s'agitent le long des escaliers, et ses pas comme des démons couverts d'un linceul noir. Les colonnes de marbre, avec leur blancheur de spectre, semblent du milieu des ténèbres venir au devant de la lumière. Un silence sinistre règne partout. Personification de l'avarice ou visage astucieux, le criminel marchand entre dans la salle du banquet, maintenant froide et déserte. Il remplit un sac de vaisselle d'or, de bijoux et de pierreries. Il prend tout ce qu'il trouve à sa fantaisie. Et joignant à son butin la caisse qui renferme ses propres diamants, il cache tout dans un coin de la cour d'honneur. Et maintenant, réveillez-vous, imprudents qui dormez, car tout autour de vous, le meurtre rôde. Un démon s'est glissé dans la maison hospitalière, et pendant votre sommeil, il rampe autour des fondements de l'édifice. Il amasse les fagots et la paille. Il y met le feu. Bientôt les flammes prenant de la force feront éclater ces pierres massives. Elles les envelopperont d'un épais manteau de fumée, et leur clarté sinistre déchirera la nuit. Déjà la terreur montre sa tête hideuse. Le crime, enfant, grandit et se fortifie. Adieu la joie, adieu la fête. Les flammes mordent et dévorent les poutres, s'élancent à travers les croisés et se tordent comme des serpents. Maintenant les énormes colonnes sont embrasées. Les conduits de plomb se fondent et coulent comme des ruisseaux. Le feu agile s'élance au sommet de l'édifice et trace dans le ciel des arabesques d'un rouge sanglant. Partout, bondissant des flammes, partout éclatent des gerbes d'étincelles. La nuit s'est enfuie. Aux premières rumeurs de l'incendie, l'hôte, ses convives et tous les serviteurs se précipitent pêle-mêle, en tumulte, hors de la maison et dans la vaste cour. Alors seulement, ils osent regarder derrière eux. Ils voient l'édifice hospitalier dévoré par des serpents de feu. Ils pleurent et se tordent les mains. Ils invoquent le ciel. Cependant, le marchand criminel qu'au milieu même de l'incendie l'avarie se dévore, cherche encore du butin dans les chambres désertées. Enfin, il songe à fuir et regarde dans la cour, mais il est trop tard. La cour est pleine de monde, ce qui lui ôte l'espoir de parvenir en ce moment du moins jusqu'au trésor qu'il a caché. Je suis perdu ! s'écrit-il. Je suis perdu ! La maison n'a pas de porte dérobée qu'ils connaissent, et quand il essaye de franchir le seuil hospitalier, un feu vengeur se dresse devant lui et le tient, pour ainsi dire, en arrêt comme un limier. Maintenant, c'est le feu qui est le maître du logis, et lui, l'esclave. Il fuit. Il court comme un insensé. Il va et revient sur ses pas. Il implore du secours, mais il sait qu'il ne peut lui en venir. Il grince des dents comme une bête féroce en cage. Mais les flammes impitoyables rugissent autour de lui et brûlent déjà ses vêtements. Et il hurle à son tour. Je ne peux plus fuir. Le feu que j'ai allumé me tient emprisonné. Les dalles sont brûlantes, l'air même s'embrase et siffle. Pour sauver sa vie, il monte en haut de la maison, il court à une fenêtre de derrière et voit au loin le ciel rouge comme du sang. C'est la seule chance qui lui reste. Il s'élance par la croisée au milieu des arbres, tout meurtri et à demi étourdi par sa chute. Il se lève de nouveau, proférant d'étranges paroles et se maudissant lui-même. La tête lui tourne. Il bronche à chaque pas, mais cependant il poursuit sa course et finit par disparaître dans l'obscurité lointaine. Le bruit et les clameurs ont enfin réveillé tous les voisins qui aperçoivent la clarté sinistre et la fumée. Ils se lèvent, ils accourent, ils jettent de l'eau sur les flammes et bientôt l'incendie se laisse maîtriser. Le ciel rouge se dissipe et la nuit revient. Les fenêtres vides avec leur feu intérieur ressemblent encore à des yeux luisants dans les ténèbres. Ces yeux scintillent longtemps et finissent par se fermer. Alors ? Avec des cris joyeux, les fugitifs rentrent dans la maison, dont la plus grande partie est restée intacte, et tous se réjouissent en leur cœur que les ravages ne soient pas plus grands. Le maître de ce brillant palais regarde autour de lui et voit que tous ses convives, tous ses serviteurs sont sains et saufs. Personne n'a perdu un cheveu. Il ne manque que le vieux marchand. Lui seul ne répond pas à l'appel. On ne trouve nulle part ses traces, quoi qu'on cherche dans toutes les salles vides et sous les ruines fumantes. on aurait fini par croire qu'il ne s'était pas réveillé à temps pour fuir lorsque sous un monceau de bois calciné, la lanterne est découverte. C'est par là que le fou a commencé. Alors ils se disent entre eux, c'est donc cet homme qui a allumé l'incendie où nous avons failli périr ? Et dans le même instant, D'autres personnes trouvent dans la cour le butin que le misérable avait amassé. Mais, oh surprise étrange, ce butin est prodigieusement augmenté par un petit coffret où sont enfermés les plus beaux diamants de l'Orient, diamants plus précieux qu'une couronne. Une proclamation fut faite dans tout le pays pour savoir si personne ne réclamait ces riches pierreries. Mais personne ne les réclama. Leur véritable possesseur se gardait bien de reparaître pour faire valoir ses titres. Ils finirent donc par appartenir bien légitimement à celui que leur premier propriétaire avait payé d'une si noire ingratitude, et leur valeur était préférable mille fois au dommage causé par l'incendie. Et ce fut ainsi qu'une joie nouvelle sortit d'une calamité imprévue. Et l'avare marchand, qui croyait mentir, avait été prophète malgré lui.