- Speaker #0
Imaginez que vous êtes appelé à comparaître demain matin, pas parce que vous avez volé ou fraudé, mais tout simplement parce que vous avez voulu faire votre métier.
- Speaker #1
Je peux me retrouver au tribunal pour avoir fait juste mon travail.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Droite au but. Je suis Wendy Bayer-Gay, fondatrice de Legal Advice Company, une entreprise qui accompagne les solopreneurs, les créatifs, les entrepreneurs. Et tout simplement, notre mission, c'est que vous créez, nous sécurisons. Aujourd'hui, on parle d'un sujet essentiel. C'est un sujet qui touche les créatifs, les solopreneurs, les entrepreneurs. C'est comment se protéger juridiquement. Et en France, parler de ses erreurs, c'est encore tabou. Montrer ses failles, ça ne se fait pas trop. Mais ailleurs, surtout aux États-Unis, on partage ses échecs ouvertement, sans complexe, parce qu'ils servent aux autres. Aujourd'hui, j'ai avec moi Aaron Mateo Mizio. un vidéaste extraordinaire.
- Speaker #1
Wow, merci.
- Speaker #0
Ça va ? Oui, ça va Aaron. Merci d'honorer cette invitation et de venir échanger avec nous sur le métier de vidéaste, mais aussi au-delà de ça, le métier d'entrepreneur, la casquette d'entrepreneur. J'aime à dire que l'entrepreneur est comme être un couteau suisse. Il s'agit de gestion, pas seulement de l'aspect créatif ou du talent, il s'agit de gestion. ... et tout simplement de porter son projet jusqu'à concrétisation.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est vrai que même en tant que vidéaste, souvent je fais le parallèle avec le fait d'être un chef d'orchestre, parce que quand on est vidéaste, on doit filmer, monter, gérer les factures, faire les devis, direction d'acteur. Donc même au sein de ce métier-là, c'est vrai que c'est quelque chose de très multicasquette. Et si on rajoute l'aspect entrepreneurial, c'est vrai que c'est costaud.
- Speaker #0
Effectivement, on est à l'ère où on entend parler partout d'entrepreneurs. Moi, je reçois tellement de clients qui me parlent de leur rêve et qui maintenant osent, cette génération ose en fait entreprendre. Je crois qu'en backstage, je te parlais d'un cas concret que j'ai eu à traiter et qui t'avait un peu interpellé.
- Speaker #1
Vraiment, ça m'avait fait froid dans le dos. Ce qui m'a beaucoup marqué, c'est quand tu as dit qu'on pouvait se retrouver au tribunal, non pas parce que on avait fait un délit, enfin, quelque chose volé ou quelque chose qui, à nos yeux, paraissent vraiment graves, mais simplement pour la raison d'avoir exercé son travail. Et ça, je me suis dit, waouh. Donc, même moi qui aspire à une conduite exemplaire, je peux me retrouver au tribunal pour avoir fait juste mon travail.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et mon métier, ce n'est pas d'insuffler la peur ou de faire peur aux entrepreneurs, mais c'est de leur donner, en fait, les outils, les clés pour ne pas... pour éviter certaines pièges. Je trouve que la qualité première d'un entrepreneur, c'est l'humilité, de reconnaître que je ne peux pas et me faire accompagner par quelqu'un qui peut. Il y a quelques années, j'ai eu un dossier, le dossier dont je te parlais, qui m'avait énormément marquée, tout simplement parce que j'ai été contactée la veille pour le lendemain. Donc imaginez que vous êtes appelé à comparaître demain matin, pas parce que vous avez volé ou fraudé, mais tout simplement parce que vous avez voulu faire votre métier. Et ce métier, en l'occurrence, était filmer un mariage. Et cet entrepreneur, il était extrêmement talentueux. Son talent n'était pas en cause, c'est tout simplement le fait qu'il n'ait pas posé un cadre juridique. Et à cause de ça, il a failli tout perdre. Et ce client, lorsqu'il m'a contacté, en fait, le scénario, il était un peu particulier dans le sens où c'est parti d'une relation de confiance.
- Speaker #1
entre le client et le... Et le prestataire ?
- Speaker #0
Entre mon client, le photographe vidéaste, et un ami. Son ami avait une société. Il lui a dit, tiens, j'ai un contrat, est-ce que tu veux bosser avec moi ? Ils se sont dit, c'est l'amitié, on ne met pas de contrat. Donc ils sont partis comme ça. L'ami lui a dit, je voyage, est-ce que tu peux signer à ma place le contrat ? Tiens, j'ai rendez-vous avec le client, il faudrait sécuriser parce qu'on a besoin qu'il nous verse la compte. Donc va le rencontrer et signe le contrat. Je lui ai déjà envoyé le contrat, il l'aura imprimé. Toi, tu n'auras juste qu'à signer. Et mon client arrive, il est face à un contrat. Dedans, on parle d'un nom de société qu'il ne connaît pas. Et il voit que le nom au bas de la page, ce n'est pas son nom, mais le nom de son ami qui est donc gérant de la société. Et il signe à sa place. Donc ça, c'est un peu la première erreur, c'est qu'il signe à la place de quelqu'un et ça constitue une fraude. Mais à l'époque, il ne le savait pas encore en fait. Et il sécurise le contrat, il va tourner au mariage, tout se passe très très bien. Il s'engage, puisqu'il n'a pas pris le temps de lire le contrat aussi, dans le contrat, il s'était engagé à un délai pour donner en fait les rushs.
- Speaker #1
Le rendu,
- Speaker #0
le montage, des photos, pas mal de photos et puis le montage et tout. Et il se retrouve donc à tenir un délai auquel il n'a pas consenti en tant que professionnel. Donc deux semaines.
- Speaker #1
Deux semaines.
- Speaker #0
Et je pense que dans ton métier, tu peux le confirmer.
- Speaker #1
Oui, sauf si vraiment on n'a pas beaucoup de demandes. Et encore, je trouve ça très, très serré.
- Speaker #0
Il s'est trouvé à être engagé sur un délai qu'il n'avait pas lui-même donné. Donc lorsqu'il a reçu l'assignation, dans l'assignation, on a les faits reprocher. Dedans, on l'accuse de fraude. Les mariés étaient mécontents parce que le retard est devenu un facteur aggravant. Et de deux, la deuxième chose, c'est qu'ils n'étaient pas d'accord sur le prisme artistique. Donc le côté artistique, le rendu artistique. Donc ce n'était pas la qualité du travail qui était mise en cause, puisque le cahier des charges a été respecté. Mais c'est juste le point de vue artistique qui ne plaisait pas au marié.
- Speaker #1
Alors ça, c'est intéressant d'en parler, je trouve, parce que je pense que c'est un truc que nous, les créatifs, on traverse beaucoup. Comment réussir à se sécuriser à ce niveau-là ? Parce que finalement, la notion artistique, elle est très subjective. Le vidéaste, le photographe peut lui estimer que c'est excellent ce qu'il a fait parce qu'il s'est dépassé et il est vraiment satisfait du rendu. mais si le client lui va dire ah non finalement moi j'aime pas on va rester donc sur une fausse note et il y aura un... Comment on fait ?
- Speaker #0
En droit, on va dire que le cadre légal est posé dans le contrat. Et ce que je constate tout le temps, et c'est récurrent, c'est que lorsqu'on est artiste, on veut tellement bien faire qu'on se trompe et on met trop de choses dans le contrat. Et c'est comme ça qu'on se piège. Il faut, ce qu'on appelle en droit, mettre en avant. On a des obligations de moyens et non pas des obligations de résultats, puisqu'il s'agit d'un prisme artistique. Et souvent Malheureusement, en voulant bien faire, les prestataires listent tellement de choses qu'ils se piègent. Il suffit d'être très pragmatique. C'est pour ça que j'ai mis en place des contrats de prestations cadre chez LAC, que vous pouvez télécharger et utiliser, comme ça vous êtes sécurisé en fait. Il suffit tout simplement de bien rédiger le cahier des charges, ne pas mettre trop de détails et mettre des clauses qui nous protègent. C'est-à-dire en cas de divergence de point de vue artistique. Je suis désolée, sur ce point-là, ce n'est pas le client qui tranche. Sinon, on ne va pas voir un professionnel. Si on s'est tranché, on ne va pas voir un professionnel. C'est ce que j'ai conseillé par la suite à mon client. Mais on va dire que dans un premier temps, on s'est retrouvé au tribunal. Il était accusé de fraude. Il était accusé d'une mauvaise inexécution du contrat. C'est-à-dire qu'il n'était pas content du rendu. Et n'étant pas content du rendu, qu'est-ce que tu fais en premier lieu quand tu n'es pas content de quelque chose ? Tu fais des recherches. Et en tapant sur société.com, ils ont vu que la société n'existait pas.
- Speaker #1
Oui, aïe, aïe, ok.
- Speaker #0
Pire encore en fait, parce que son ami avait une auto-entreprise. Et si tu as une auto-entreprise, tu ne donnes pas le nom que tu veux, c'est un nom propre. C'est ça. Et c'est l'erreur qu'il avait commise. Donc c'était assimilé à une fraude. Et lui avait, voilà, également il a signé à la place du gérant. Donc un peu la double peine.
- Speaker #1
Donc là en vrai c'est... Donc effet boule de neige, là, il y a beaucoup de...
- Speaker #0
Ah oui, c'était un enfer juridique pour lui. Et il a fallu batailler, il a fallu apporter des preuves pour essayer de justifier la relation entre mon client et son ami.
- Speaker #1
La sous-traitance.
- Speaker #0
Voilà, puisque c'était une sous-traitance, mais qui n'était pas formalisée. Donc si j'ai un conseil à donner, même en amitié, on signe des contrats. C'est pas qu'on ne croit pas en l'humanité, mais justement, lorsqu'on travaille, on travaille dans l'excellence. Et l'excellence exige qu'on pose des cadres.
- Speaker #1
Franchement, j'aime beaucoup ce que tu viens de dire, parce que souvent, je trouve qu'il y a cette mauvaise mentalité. Malheureusement, on pense que dès qu'on va parler contrat, on va parler contrat de prestation et qu'on veut mettre un cadre. Souvent, malheureusement, des fois, c'est mal vu. C'est en mode à quoi ? Donc, ça veut dire que tu. Tu veux m'entourlouper, tu veux me bloquer et tout, non. La preuve, je te respecte en tant que professionnel, en tant que client. Je mets un cadre parce que justement, c'est pour te prouver ma bonne foi et mon professionnalisme. Alors que malheureusement, je trouve qu'aujourd'hui, parfois, encore dans certains milieux, c'est mal vu. C'est comme si, mais non, mais on se connaît, on ne va pas faire tout ça et tout, mais non. Oui. C'est l'inverse, c'est la pensée inverse.
- Speaker #0
Je pense que personne n'entre en relation dans l'objectif de se quitter. Et c'est un peu ce qui reste en arrière-pensée. Oui,
- Speaker #1
on se dit, s'il me fait ça, c'est qu'il veut derrière.
- Speaker #0
Voilà, c'est que derrière, il veut me faire un coup, il anticipe de me faire du mal, alors que pas du tout. C'est complètement fou de commencer d'entamer une relation contractuelle, même de façon verbale, sans penser à l'issue, sans négocier la sortie. Parce que ça permet d'avoir de... Meilleure relation avec le prestataire en face, avec les clients, ça permet de poser un cadre et que tout le monde sache justement les devoirs et les obligations des uns et des autres. Et c'est ce qui consolide, au contraire, je trouve que c'est ça l'atout du droit, c'est que le droit vient sécuriser, le droit vient encourager et le droit vient prémunir des risques. Donc le droit c'est un outil majeur en fait pour l'entrepreneur.
- Speaker #1
Complètement, indispensable finalement. pour la sécurité. On a tendance à dire, de toute façon, vu que je travaille bien, tant que le client est content, il ne peut rien m'arriver. Je pense que c'est pour ça que la personne s'est dit, de toute façon, le travail sera bien fait, j'ai confiance en mon ami, donc il n'y aura pas de problème. Mais au final, il y a eu un petit problème, une divergence artistique, mais même sans ça, tu disais qu'il y avait aussi le délai et simplement le fait d'être en fraude par rapport à cette sous-traitance.
- Speaker #0
C'est totalement, c'est pourquoi dans les contrats, il faut... absolument poser des délais réalistes. Il faut, en fait, on ne rédige pas un contrat pour se piéger. Et c'est ce que je constate au quotidien. Beaucoup de gens vont dans Google, sur Internet, et tapent contrat de prestation, télécharge. Et en voulant économiser 20, 30 euros, on se retrouve avec des litiges à 5 000 euros, 10 000, 15 000, 45 000 euros, tout simplement parce qu'on n'a pas voulu payer 30 euros.
- Speaker #1
Parce que là, c'était le cas, c'était un modèle préfet de contrat ?
- Speaker #0
Totalement. Il a téléchargé en ligne, qui était gratuit. Et moi, je me méfie de la gratuité. Quand c'est trop gratuit, quand c'est trop bon...
- Speaker #1
Ce qui n'est pas cher coûte cher.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et il a fallu batailler, prouver qu'il n'était pas... que son intention n'était pas frauduleuse. Il a fallu faire comparaître son ami, trouver un accord entre les deux. Et sans rentrer dans les détails, ça a été des mois et de... des mois au tribunal, des mois de bataille juridique, ne serait-ce qu'avec les clients en face. Et je pense que tout cela aurait pu être évité tout simplement si au début, on avait posé un cadre juridique. Je ne signe pas au nom de quelqu'un. Ça constitue une fraude. Si je veux contracter avec quelqu'un, je mets en place un contrat. Si on m'appelle en tant que sous-traitant, on met en place un contrat de sous-traitance. Les KPI ou les cahiers de charges, je les rédige de manière à me laisser une latitude, une appréciation artistique. Et ce sont des choses à poser et ce sont des choses primordieuses lorsqu'on est vidéaste, lorsqu'on veut vivre de sa passion, tout simplement de se sécuriser.
- Speaker #1
Et donc pour revenir sur ce petit point-là que je trouve très intéressant, tu disais donc une obligation de moyens et non de résultats. Oui. C'est-à-dire qu'en gros, en tant que vidéaste, je m'engage à fournir tous les efforts nécessaires pour la réalisation de ce dont on a convenu. C'est-à-dire un certain nombre de jours de tournage, un certain matériel.
- Speaker #0
Même la qualité du matériel,
- Speaker #1
on peut le mettre et tout. Exactement. Et le temps passé, un certain temps consacré au montage, etc. Mais je ne m'engage pas sur, finalement, l'appréciation artistique. Moi aussi, ça m'est déjà arrivé d'avoir eu quelques complications, des fois avec des clientes, souvent des personnes pour qui c'est la première fois. Quand on traite avec des entreprises, ça va, parce qu'ils sont habitués. Mais quand on traite avec des particuliers, et donc dans le milieu du marrage, ça arrive beaucoup, ce sont des particuliers. Mais même quand, on va dire, ce sont des particuliers, des gens qui viennent d'entreprendre, ça y est, ils lancent leur business et tout, c'est la première fois qu'ils ont recours à un vidéaste. Donc en fait, ils ont beaucoup d'idées et ils se projettent sur le rendu final. Mais en fait, ils ne connaissent pas la réalité des choses. Et au final, ça se trouve, même si le vidéaste a fait quelque chose d'excellent, ils vont se dire, c'est pas comme je voulais. Et du coup... Ce dont tu parles nous permet de nous protéger de ça ?
- Speaker #0
Exactement, c'est exactement ça. Pour moi, l'obligation de moyen, l'exemple classique qui me vient à l'esprit, c'est le médecin. Lorsque je vais voir un médecin, il a le devoir de me soigner selon les règles de médecine. Mais il n'est pas garant de ma guérison.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
En fait, c'est-à-dire que j'arrive, je lui décris mes symptômes, il applique en fait, il me donne un diagnostic. Il me prescrit les médicaments qui vont avec, mais il n'y a pas de garantie 100% que tu seras guéri. Ce n'est pas insatisfait ou remboursé. Je vois tellement de professionnels qui mettent satisfait ou remboursé.
- Speaker #1
Finalement, c'est un argument publicitaire très dangereux.
- Speaker #0
Très dangereux parce qu'il suffit d'être avec un client. qui est un peu sachant, qui est un peu minutieux, qui est un peu pointilleux, qui a envie d'en kikiner. Ou tout simplement veut exercer ses droits. Ce n'est pas toujours qu'il veut en kikiner.
- Speaker #1
Oui, c'est juste que voilà. Il a cru à l'offre en bonne foi que c'était satisfait. Enfin, que c'était
- Speaker #0
100%... Voilà, satisfait ou remboursé, garanti, 100% garanti. Et il y a tellement de personnes qui le font. J'ai eu le cas d'une coiffeuse qui m'en parlait. J'étais un peu mordeurée. Elle me disait, il y a des personnes qui viennent avec la photo de Rihanna ou de Beyoncé qui me dit « Je veux » . La même coiffure, mais lorsqu'elle dit « je veux la même coiffure » , en fait, elle dit « je veux ressembler à Beyoncé » . Et elle me disait, je leur dis mais tu n'as pas les cheveux de Beyoncé, ni la texture, et tu veux ce résultat. Artistiquement, j'aurais beau faire, c'est-à-dire je vais mettre tout mon art à ton service, mais tu ne pourras pas être la copie conforme de Beyoncé. Et ça, c'est subjectif. Et on ne peut pas s'imposer des KPI ou un cahier des charges subjectif, parce que c'est se piéger et se mettre en porte-à-faux vis-à-vis du client.
- Speaker #1
On ne peut pas menacer le coiffeur de « je ne paierai pas parce que j'estime que je ne ressemble pas assez à Rihanna sur cette… »
- Speaker #0
Non, on est obligé de payer. Je vais au restaurant, ça ne me plaît pas, mais je mange, mais je ne veux pas payer. Non.
- Speaker #1
Et finalement, c'est aussi le devoir, je pense, du professionnel de sensibiliser avant. Ok, donc c'est ce que tu veux. D'accord. Bon, pour les cheveux, mais là, je vais transposer sur la vidéo. Oui, bien sûr. Ok, donc par rapport à ce que tu veux. Je te précise bien que la vidéo que tu m'as montrée en exemple, j'ai la certitude que ça demande plus de temps de tournage. Normalement, on alloue plus de budget à la production d'une telle vidéo. Maintenant, là, je fais avec ton budget. Donc forcément, je te fais le disclaimer avant. On ne pourra pas obtenir exactement la même chose. Sauf si évidemment, tout d'un coup, tu as plus de budget pour le tournage, le montage, etc. Engager plus de monde, passer plus de temps. mais en fait voilà c'est notre devoir en tant que professionnel de bien sensibiliser pour qu'il n'y ait pas de frustration à la fin.
- Speaker #0
C'est ça, lorsqu'on vend son talent ou on met son talent au service de l'autre, le but ce n'est pas de vendre du rêve, c'est aussi d'être dans un réalisme, d'être pragmatique et surtout d'être vrai. Et par exemple, dans le cas de mon client, je lui ai conseillé par la suite tout simplement de mettre en place des checklists, un checklist client. de blinder ses contrats de sous-traitance lorsqu'il interagit avec quelqu'un d'autre. Et dans le troisième point, tout ce qui est appréciation artistique, de le dire d'emblée dans le contrat que c'est à lui de donner cette appréciation, que ce n'est pas au client de donner cette appréciation artistique. Donc ça a été quelque chose qui a été mis en place et qui par la suite l'a pas mal protégé face au client. Également, je lui ai conseillé de mettre en place une procédure étape par étape. Donc lorsque j'arrive à telle étape, je vois avec mon client. C'est aussi une question de communication. Et le droit est également un facilitateur, et là aussi pour fluidifier la communication avec le client. Lorsque tout est posé, ça devient plus simple.
- Speaker #1
Les bons comptes font les bons amis.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et justement, je pense que ça nous amène à la deuxième rubrique, parce que justement, on a beaucoup de questions auxquelles peut-être tu pourrais apporter des éclaircissements par rapport à des situations que beaucoup de vidéastes ou de créatifs même Je dis vidéaste, mais voilà, photographes, de personnes qui travaillent dans ce milieu-là ont expérimenté. Si tu veux bien y répondre maintenant,
- Speaker #0
c'est la rubrique. Oui, bien sûr, bien sûr, avec plaisir.
- Speaker #1
Je te laisse lancer la rubrique.
- Speaker #0
Effectivement, nous passons au deuxième segment et le segment s'appelle « J'ai le droit ou pas ? » tout simplement. C'est parti ? Oui, c'est parti.
- Speaker #1
Alors, première question. J'ai filmé un mariage et partagé la vidéo sur mes réseaux sociaux, car j'ai le consentement des mariés pour cela, pour communiquer. mais par la suite un invité en demande la suppression à cause de son image. Donc on imagine un oncle, une personne peut-être pas hyper proche des mariés, les mariés n'ont peut-être pas sensibilisé en amont que la vidéo serait communiquée sur le réseau. Bref, cette personne finalement contacte le vidéaste et dit moi je veux que tu supprimes le teaser, que tu supprimes l'after movie de tes réseaux et tout, je ne souhaite pas apparaître. En tant que vidéaste, je refuse parce que j'avais l'autorisation des mariés. Est-ce que j'ai le droit ou pas de refuser ?
- Speaker #0
Alors non, tu n'as pas le droit de refuser.
- Speaker #1
Je suis obligé de supprimer.
- Speaker #0
Tu es obligé de supprimer parce que c'est le droit de l'image. Et l'article 9 du Code civil le stipule clairement. Chacun a le droit de préserver son image. Donc à partir du moment où la personne manifeste son désir d'être retirée, tu as l'obligation... de t'y conformer, donc de retirer, même avec l'accord des mariés, de retirer la vidéo et peut-être, je crois qu'il y a des méthodes, tu floutes la personne, tu peux flouter la personne, et puis de remettre la vidéo. Ainsi, on préserve l'identité de la personne.
- Speaker #1
Je ne pourrais pas me cacher derrière les mariés en disant, moi, les mariés s'étaient engagés, que c'était bon. Je ne pourrais pas me défendre comme ça.
- Speaker #0
Non, les mariés s'engagent de leur image à eux, mais pas pour...
- Speaker #1
On ne peut pas s'engager pour l'image d'autres personnes.
- Speaker #0
Ah non, le consentement doit être éclairé. Chaque personne doit donner son consentement. On va dire qu'en l'occurrence, pour un mariage ou les événements publics de famille, on présume que les gens sont d'accord jusqu'à ce qu'ils se manifestent et qu'ils disent qu'ils ne souhaitent pas que leur image soit diffusée. Et dans ces cas, il faut impérativement respecter leur volonté. C'est la loi. Et il y a des méthodes d'anonymisation, de floutage qui peuvent être mises en place. Oui, essentiellement. Encore une fois, c'est aussi une question de communication avec les mariés.
- Speaker #1
En amont.
- Speaker #0
En amont. Donc, s'ils savent que... En général, on sait, en fait, dans nos familles. Le tonton un peu, on sait, on sait, réfractaire, on sait qui est qui, entre guillemets. On sait qui peut poser problème, qui peut être réfractaire à ce que son image soit diffusée. Et dans ces circonstances, il faut tout simplement demander au marié. C'est pour ça qu'on contacte des professionnels, parce que le professionnel pensera à ça. Dans le contrat, par exemple, il y a des clauses qui peuvent être intégrées, faisant peser la responsabilité sur les mariés d'obtenir le consentement de toute personne dont il... dont ils savent seront potentiellement réfractaires, c'est-à-dire avoir une décharge de responsabilité. Et on en a des modèles chez LAC que vous pouvez télécharger. Et voilà, utiliser ça avec la famille ou tout simplement signaler ces personnes, les identifier auprès du vidéaste pour qu'ils puissent flouter en amont. Parce que je me dis que ça doit être pénible de mettre une vidéo en ligne, de gagner des vues.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, en soi, flouter quelqu'un, c'est rapide. Ce n'est pas embêtant, mais c'est le fait de supprimer et de republier la vidéo. Il n'y aura pas la même viralité autour de la vidéo. Et en tant que vidéaste, on veut s'assurer de la promotion de notre travail. Donc, c'est vraiment couper l'herbe sous le pied à une bonne communication. C'est très embêtant. Donc, avec ce genre de modèle que tu prescris, on pourrait s'éviter ce genre de suppression et assurer notre communication.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Super. Deuxième question. Le client m'a payé en liquide. Je n'ai pas déclaré, mais c'était que 400 euros. Il a le droit ou pas ?
- Speaker #0
Alors, je vais parler d'un sujet qui ne plaît pas, le CGI, le Code général des impôts. Même un euro doit être déclaré. On déclare tout et je pense que nous le savons tous, que même si je perçois deux euros d'un client, je suis dans l'obligation de le déclarer à l'État. Il n'y a pas de tolérance, il n'y a aucune tolérance légale là-dessus. En cas de découverte, c'est vite vu. Il y a des redressements, il y a de l'amende et puis il y a une atteinte à votre réputation. Et dans ce métier, la réputation fait énormément.
- Speaker #1
Très important. Donc oui,
- Speaker #0
effectivement, non, je ne conseille pas de percevoir même les 400 euros au black, comme on a l'habitude de le dire. Pas de black.
- Speaker #1
Troisième question. J'ai utilisé une musique non libre de droit pour la réalisation d'une publicité. Souvent, on va dire, ça peut arriver de trouver cette musique peut-être sur YouTube ou d'autres plateformes. En tout cas, de ne pas passer par un site. de musique libre de droit, payant, et donc de récupérer une musique non libre de droit pour réaliser une publicité pour un client. Et par chance, le robot YouTube qui s'occupe de striker les vidéos en cas d'utilisation de ce genre de musique n'est pas intervenu. On est passé au travers des mailles du filet, le robot ne nous a pas striké. Un coup de chance. Finalement, c'est bon ou pas ? J'ai le droit ?
- Speaker #0
Non. Pas du tout. C'est pas parce qu'on a eu un coup de chance que c'est légal. Dans le sens où... Moi, je sais que YouTube se protège. Dans le sens où, même si le robot ne strike pas, par la suite, YouTube se réserve le droit de revenir vers vous. À tout moment. À tout moment, de revenir vers vous et de vous demander de justifier d'une licence, d'une autorisation. Et si vous ne l'avez pas, vous perdez tout le travail qu'il y a eu derrière. C'est-à-dire les vues générées, même la monétisation. Il faudra rendre. Parce que là, le code de propriété intellectuelle est très clair là-dessus. Il s'agit d'une contrefaçon en quelque sorte, parce que vous n'avez pas eu d'autorisation ou de licence. Et il me semble que ça monte jusqu'à 300 000 euros d'amende. Donc, est-ce que ça vaut la peine ?
- Speaker #1
Payer votre abonnement artiste.
- Speaker #0
Il vaut mieux soit utiliser des musiques libres de droit. Maintenant, il y a des musiques qu'on dit tomber dans le domaine public parce que les auteurs sont morts depuis plus de 50 ans. Exactement. où tout simplement, il y a des plateformes qui mettent à disposition des musiques qui sont licenciées, dans le sens où il y a une licence derrière, il y a de l'autorisation, et ça garantit que l'artiste derrière aussi, parce qu'il faut être juste, chacun doit vivre de son art, aussi perçoit ce qui lui est dû aussi.
- Speaker #1
Si vous vous apprêtez à faire la vidéo du siècle et qu'il y a 20 millions de vues, je pense que la personne qui a fait la musique serait en droit quand même de recevoir... Elle a largement contribué à ce succès. Donc, Donc, pour la quatrième question, j'ai envoyé un devis. Le client a répondu OK par SMS. Est-ce qu'il a le droit ? Est-ce qu'on est bon ? Le devis est signé ? L'accord est conclu ?
- Speaker #0
Alors oui, tout simplement parce qu'avec les années, le droit est devenu un peu plus flexible et a rattrapé. On est dans l'ère du temps et le droit aussi se calque sur l'ère du temps. Et effectivement, il y a une jurisprudence, il y a plusieurs jurisprudences depuis 2007. qui acte que les écrits par WhatsApp, SMS, voies électroniques ont la même valeur que l'écrit papier. Donc le petit OK, bon pour accord, et tout ce qui s'ensuit par texto, par SMS, par WhatsApp, ont valeur de preuve même au tribunal. Et c'est également dans le code civil aussi.
- Speaker #1
D'accord, donc ça veut dire que si j'ai un retour du client, donc je n'ai pas de devis signé, c'est-à-dire que vraiment, il ne me renvoie pas le devis signé, mais juste il me répond, c'est bon pour moi, ou OK, bon, pour, d'accord, on est bon. Oui,
- Speaker #0
il a donné son consentement, et le consentement est réputé acquis. Encore une fois, je suis dans l'obligation d'insister là-dessus. Ce n'est pas parce qu'il a dit OK qu'il ne peut pas signer par la suite, en fait. Il faut toujours insister qu'il signe et qu'il nous renvoie. C'est toujours mieux,
- Speaker #1
finalement, d'exiger...
- Speaker #0
C'est toujours mieux, ça évite l'ambiguïté.
- Speaker #1
Donc on incite. pas non plus à la négligence sur ça.
- Speaker #0
Non, parce qu'il ne faudrait pas que ça devienne la tendance OK. Et puis maintenant, en fait, il y a quelque chose que je dois nuancer, c'est-à-dire que si l'affaire arrive au tribunal, le OK ne sera pas isolé. Il faudrait que je donne tout le relevé de la conversation. Donc, il y a un travail derrière aussi. Et c'est beaucoup plus contraignant que si, tout simplement, j'avais pris la peine de lui envoyer ce qu'on appelle DocuSign. C'est-à-dire, je génère, je lui envoie, il n'est même pas obligé d'imprimer. Il peut tout simplement cliquer sur un bouton et ça apparaît OK. Signature électronique. Ça a été mis en place justement pour éviter ce genre de... Un peu, entre guillemets, qu'on tombe dans la négligence ou le laxisme qui se paye très cher par la suite.
- Speaker #1
Et après, le client conserve toujours son droit de rétractation, même s'il a répondu OK.
- Speaker #0
totalement.
- Speaker #1
Il a toujours le droit d'annuler.
- Speaker #0
Totalement, il a toujours le délai standard de...
- Speaker #1
14 jours.
- Speaker #0
Oui, c'est les 14 jours réglementaires. Et ça, ce n'est pas parce qu'il le fait par SMS, WhatsApp ou autre qu'il perd ce droit. Non, pas du tout.
- Speaker #1
Cinquième question. Le rendu de ma vidéo ne convient pas à ma cliente pour des raisons de goût. Du coup, on en a un petit peu parlé dans ton anecdote précédemment. J'ai respecté le cahier des charges, mais elle refuse de payer. Et là, ce qu'on ajoute... finalement à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est que là, carrément, on est dans un cas où la cliente refuse de payer. Si j'ai reçu la vidéo, finalement, la perruque ne me va pas ou la maquilleuse m'a complètement raté. Je m'attendais à ce que ça fasse pro. Mais en fait, je me rends compte que je manque de charisme, etc. Elle a ses raisons. Et du coup, vu qu'elle n'aime pas, elle est dégoûtée, elle refuse de payer parce qu'elle sait qu'elle communiquera pas sur cette vidéo.
- Speaker #0
Donc elle refuse de payer.
- Speaker #1
Donc elle se dit, attends, je vais pas payer pour ça, c'est un coup d'épée dans l'eau. Elle refuse de payer. est-ce qu'elle a le droit ou pas.
- Speaker #0
Mais elle ne peut pas se prévaloir de sa turpitude et c'est une question de perception artistique. L'obligation de moyens a été respectée, c'est-à-dire que moi en tant que professionnelle, je lui ai livré le produit selon le cahier des charges et je suis conforme à l'article 1231-1 du Code civil qui m'impose des obligations de moyens. Donc ça veut dire qu'elle est dans l'obligation maintenant, elle à son tour, parce que c'est une question, c'est l'échange. Je lui rends un service et en retour elle doit me donner... de l'argent.
- Speaker #1
C'est mon travail.
- Speaker #0
Et elle est dans l'obligation de me régler la totalité de la prestation.
- Speaker #1
Oui, vu que ça ne convient pas avec ce que je pensais, on peut diminuer et tout.
- Speaker #0
C'est totalement subjectif. Tant que le cahier des charges que je lui ai remis, c'est une affaire contractuelle et respectée, tant que j'ai clairement indiqué les obligations de moyens, non pas l'obligation de résultat, comme je le disais, le droit me soutient. dans mes efforts de recouvrement. Et il y a des procédures en place pour recouvrer l'argent. C'est un sujet sur lequel je suis souvent interrogée. Comment récupérer mon argent ? Comment me faire payer lorsque mon client ne le veut pas ? Et là, en l'occurrence, le vidéaste est dans ses bons droits.
- Speaker #1
Je pense qu'en plus, on a eu une question d'un abonné par rapport à ça sur le règlement. On va y venir tout à l'heure. Question suivante. Je ne livre pas le projet tant que le client ne paie pas. Donc en gros, je bloque puisque le client peut-être au dernier moment me dit « Ok, la vidéo est super, mais bon, je souhaite communiquer seulement dans trois semaines finalement, j'ai du temps. Je te réglerai à ce moment-là. Est-ce que tu peux envoyer la vidéo ? Est-ce que j'ai le droit de faire de la rétention au niveau de la vidéo ? Dire tant que je ne suis pas payé, je ne t'envoie pas la vidéo. Est-ce que je suis dans mon droit de faire ça ? »
- Speaker #0
Alors oui, j'ai le droit de le faire si, encore une fois, si c'est prévu dans le contrat. C'est pour ça qu'il faut que les contrats soient blindés. Et c'est pour ça qu'on se fait accompagner pour rédiger des contrats clairs qui protègent aussi bien le client que le prestataire. Parce que c'est une protection pour le client de savoir exactement à quoi je suis tenue vis-à-vis du prestataire. Et effectivement, l'article 2286 le dit clairement que le prestataire a un droit de rétention.
- Speaker #1
Ok. C'est ça. Mais il faut que je le mentionne dans mes CGV.
- Speaker #0
À condition que ce soit mentionné dans mes CGV ou dans mon contrat. avec mon client, en fait. Donc,
- Speaker #1
ça veut dire que même si c'est pourtant un article légal, si je n'en ai pas fait mention dans les CGV, dans le contrat, je ne pourrais pas l'utiliser en cas de... Ah oui,
- Speaker #0
c'est... Non, parce que il y a un principe en droit et je n'ai pas envie de trop aborder, d'être trop technique et tout, mais il y a un principe en droit qui dit qu'on ne peut pas se prévaloir de sa turpitude. C'est-à-dire que si moi, je suis négligent, Hum et que je ne fais pas justement ma diligence en tant qu'entrepreneur de savoir quels sont mes droits, je ne peux pas m'en prévaloir, en fait. Nul ne peut se prévaloir de sa turpitude. Donc, en fait, c'est important de se faire accompagner. C'est pour ça que ce métier existe, en fait. Le métier de juriste existe, le métier de conseil, d'avocat existe, tout simplement parce qu'il faut reconnaître qu'on n'est pas sachant sur tous les points. Moi, je ne peux pas me prétendre construire ma maison de A à Z. Je vais aller voir un artisan, je vais aller voir un maître d'ouvrage, d'ouvrage. Si j'ai besoin de faire une vidéo, je viendrai vers toi. C'est ça, en fait. C'est qu'on a besoin des uns des autres. Et on a besoin aussi du juriste. On a besoin de l'avocat pour sécuriser son business.
- Speaker #1
Donc, on en revient à ce que tu disais au début, l'humilité. C'est-à-dire que si on n'est pas humble sur ce domaine-là, on va forcément se taper la tête après contre un mur parce que je pense que c'est normal pour un vidéaste. Ça ne fait pas de nous un mauvais vidéaste que de ne pas maîtriser à ce point des subtilités juridiques. Ce n'est pas notre travail, en fait. Il faut simplement rendre ça normal. Il faut banaliser le fait d'avoir recours à une juriste. Tout c'est hyper important et normal.
- Speaker #0
Je suis complètement d'accord avec toi. Il faut normaliser le fait d'avoir besoin. On a besoin de tous les corps de métier. On ne se fait pas seul. Personne ne se fait seul. On a besoin de s'appuyer sur les autres, sur leur connaissance, sur leur expertise. Après tout, ils ont étudié des années. de l'expérience dans le domaine et leur rôle est de soutenir, d'être un peu la colonne vertébrale pour que vous, artistes, puissiez justement vous donner à votre art et même exceller en sachant que vous êtes couverts.
- Speaker #1
Donc du coup, grâce à vos kits chez LAC, on pourra justement faire mention de cet article dans nos contrats.
- Speaker #0
Oui, il y a des clauses qu'on rédige, des clauses type. qui permettent de se protéger dans ces cas. Et ça évite d'arriver jusqu'au tribunal et de perdre de l'argent. C'est bête. Quand on arrive au tribunal, il faut payer l'avocat, il faut payer la procédure, on perd du temps. On ne travaille pas parce qu'il faut être au tribunal, il faut comparaître. C'est une perte de temps, d'argent sur tous les plans.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Prochaine question. Je tourne dans un Airbnb sans prévenir l'autre. Ça, ça me fait sourire parce que moi, j'ai commencé la vidéo. Au début, je faisais des clips, des clips de rap. et c'est vrai, alors j'ai pas tourné dans des AirBnB sans demander l'autorisation mais c'est vrai qu'on est des fois amené à tourner chez des gens, chez des particuliers et donc je m'identifie un peu à cette question je fais une réservation d'AirBnB mais je vais pas y passer la nuit, c'est simplement pour faire mon tournage et je me dis en tant que vidéaste tant qu'on ne reconnait pas l'identité de la propriété c'est bon, j'ai le droit même si j'ai pas eu l'accord du gérant c'est bon, je peux faire mon tournage on ne reconnaîtra pas de façon que c'est chez lui c'est bon
- Speaker #0
Non, on n'a pas le droit.
- Speaker #1
On n'a pas le droit.
- Speaker #0
On n'a pas le droit tout simplement parce que ça, c'est un peu mon raisonnement aussi. C'est de me dire OK, même si le grand public ne reconnaît pas, peut-être que mes amis reconnaîtront. Peut-être que ma famille reconnaîtra ma maison. Et imaginons que l'usage, en ton cas, c'était un clip de rap. Imaginons que c'est fait pour tourner autre chose, des choses qui ne correspondent pas à mes valeurs, à mon image.
- Speaker #1
Même un clip de rap, ça peut ne pas correspondre.
- Speaker #0
Exactement. Tout dépend de ma manière de vivre, de mes valeurs. Et j'ai le droit, soit parce que je mets en location que complètement j'ai bradé mon droit. Et le locataire, même lorsqu'on loue chez NBNB, on nous indique... Il y a tellement de personnes qui ne lisent pas l'astérisque, mais des formations professionnelles, on le lit. C'est précisé. C'est précisé qu'on ne doit pas en faire un usage abusif. On doit bien utiliser le bien. c'est-à-dire que On doit avoir un usage raisonnable du bien. Vous voyez bien que le terme raisonnable est très large. Donc, raisonnable, c'est une appréciation subjective. Mais après, il y a des jurisprudences aussi qui définissent ce qu'on n'entend pas raisonnable. Donc non, je n'ai pas le droit d'utiliser l'appartement. Ce n'est pas parce que je loue que j'en deviens propriétaire. Je n'ai pas le droit de l'utiliser. Comme bon me semble, je dois recueillir le consentement, l'accord du propriétaire.
- Speaker #1
Donc, si jamais ça monte et qu'on se retrouve au tribunal pour ça. L'argument de « on ne reconnaît pas l'identité de la propriété, on ne reconnaît pas l'adresse, on ne reconnaît pas forcément les pièces » parce que j'ai tout redécouvert et tout, cet argument-là ne tient pas pour ma défense.
- Speaker #0
Il n'est absolument pas valable. Et ça ne tient pas parce que tout simplement, il a des droits le propriétaire du bien. Et lorsqu'il le loue, il ne donne pas, il ne vend pas le droit. Il n'a pas vendu son bien. Il vous a donné la jouissance. Il vous a donné la jouissance. Et dans certaines conditions, c'est-à-dire pour en faire un usage raisonnable. Lorsqu'on prend un Airbnb, ce n'est pas un studio de tournage.
- Speaker #1
Tout à fait. D'ailleurs, il existe.
- Speaker #0
Il y a des studios de tournage pour ça.
- Speaker #1
On vous mettra quelques références, mais il existe maintenant des Airbnb spécial tournage. Ça se fait maintenant aujourd'hui.
- Speaker #0
Ce n'est pas dans l'idée que ça soit utilisé pour un tournage. C'est dans l'idée d'habitation. Donc, ce qu'on fait dedans ne correspond pas à l'idée d'habitation. on est en dehors du cadre raisonnable. Et donc, il a le droit de refuser, il a le droit de contester, il a le droit de résilier et même le droit de demander des dommages intérêts.
- Speaker #1
Dernière question. Un client a modifié ma vidéo sans me prévenir. Je lui demande de supprimer parce que ça nuit à mon image professionnelle. Donc, j'imagine, je réalise une pub pour une marque de beauté et finalement, la cliente, pour des raisons, encore une fois, de goût, décide de mettre un filtre, décide de mettre, je sais pas, ou peut-être de couper, de remonter la vidéo, de l'agencer à sa manière et ce n'est pas du tout le rendu que moi j'avais fourni. Du coup en tant que professionnel, moi c'est préjudiciable parce que je me dis mince, on va penser que c'est mon travail et je trouve que la qualité n'est pas au rendez-vous avec ce qu'elle a détérioré de ma vidéo. Est-ce que donc j'ai le droit de lui demander la suppression du coup de la vidéo ?
- Speaker #0
Alors il y a... deux écoles là-dessus, mais moi je suis de l'école de... Non, je n'ai pas le droit en fait. Mais les deux s'argumentent dans le sens où, en tant qu'auteur du produit artistique, j'ai le droit en fait d'exiger à ce que l'intégrité du produit artistique soit respectée. Maintenant, de l'autre côté, il y a le droit de la propriété. À partir du moment où la personne a payé, c'est son bien et cette personne en fait ce qu'elle veut.
- Speaker #1
Ça devient son produit.
- Speaker #0
Voilà, ça devient son produit. Donc, si j'achète un Warhol chez moi à des millions d'euros, mais je décide de prendre du Nutella et tartiner dessus, c'est mon droit. Le vendeur n'a pas le droit de venir chez moi et de me dire « Vous dénaturez l'image du Warhol, donc enlevez-le de votre salon. » C'est mon produit. J'en fais ce que je veux. Par contre, ce que le vidéaste peut faire, c'est entamer une conversation avec le client et lui dire parcours. Par contre, là, ce que tu es en train d'en faire ne correspond pas à mon image de marque. Donc, je te demanderais de retirer mon nom. Je me dissocie du produit.
- Speaker #1
Mettre une mention que la vidéo a été altérée.
- Speaker #0
Retravaillée, que ça ne correspond pas à mon image de marque. Encore une fois, moi, je suis partisane. Ce sont des choses qu'on prévoit dans les contrats, qu'on prévoit dans nos modèles de contrats. où on peut effectivement, le client devient propriétaire. Mais moi, en tant qu'artiste, j'ai un droit de regard lorsqu'il est publié, public et qu'il peut nuire à mon image. En fait, c'est un droit moral. Donc, ce n'est pas vraiment un droit tangible en tant que tel, c'est un droit moral. Mais c'est à travers la conversation, l'échange avec le client qu'on obtient gain de cause. Ce ne sera pas au tribunal, clairement.
- Speaker #1
OK. Merci beaucoup déjà. Ces nombreuses questions, je pense que ça nous a donné envie de passer le pas et de nous structurer correctement, se protéger aussi, que ce soit dans nos contrats, dans nos CGV, etc. On passe aux questions que les abonnés nous ont posées. Donc des questions peut-être un peu plus terre-à-terre, des cas peut-être un peu plus précis. La première, c'est quand j'encaisse un à compte, est-ce que le client peut se rétracter ?
- Speaker #0
Ok, tout dépend de ce que j'ai noté sur mon devis. Il y a trois cycles en réalité. Soit c'est une avance, soit c'est la compte, soit ce sont des arts. Et en absence de stipulation claire, on présume en droit français qu'il s'agit d'art. Il s'agit des arts.
- Speaker #1
Si on ne précise pas, c'est un art. C'est un art.
- Speaker #0
Et un art n'engage pas contractuellement. Dans le sens où l'art, en fait, est là pour protéger le client. Donc, si le client me dit finalement, j'ai changé d'avis, remboursez-moi, je suis obligée.
- Speaker #1
Dans les 14 jours ?
- Speaker #0
Dans les 14 jours, dans le délai de rétraction. Son délai, il exerce son droit de se retirer du contrat, de retirer son consentement. Il a totalement le droit. Et toi, en tant que prestateur, tu es dans l'obligation de le rembourser parce qu'il ne s'agit pas de la compte. Dans la compte, il s'agit d'art. Et si c'est toi qui te désengage maintenant du contrat ou de la prestation ou qui finalement change d'avis, Maintenant, tu es dans l'obligation de lui rembourser le double.
- Speaker #1
Le double ?
- Speaker #0
Le double. Donc disons que ton client contracte avec toi pour 500 euros un shooting ou une vidéo rapide. Il contracte 500 euros. Et après, toi, tu changes d'avis. Tu n'as pas envie de partir avec ce client parce que ça commence à être trop compliqué.
- Speaker #1
Ou même simplement, à la même date, on m'a proposé quelque chose de plus intéressant.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je dis que je ne suis plus disponible à cette date-là.
- Speaker #0
Je ne suis plus disponible et sur ton devis, tu n'as pas noté à compte. Le client t'a versé 500 euros. Et toi, tu changes d'avis, tu es obligé de lui verser 1000 euros. Tout simplement.
- Speaker #1
Et si c'était un à compte ?
- Speaker #0
L'à compte, c'est différent. C'est pour ça qu'on a des modèles de devis. Parce que ce sont des terminologies qui doivent apparaître sur le contrat. Si je ne mets pas à compte, c'est présumé être désart.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire que si le client se désengage, et que c'était un art, il doit être remboursé. Si c'était un accompte, il se désengage, il perd son accompte. Il perd. Je garde l'argent.
- Speaker #0
Je suis obligée de le rembourser,
- Speaker #1
oui. Si maintenant, moi, le prestataire, le vidéaste, le photographe, je me désengage et que c'était un art, je dois aussi le rembourser,
- Speaker #0
le client. Oui, je dois lui rembourser le double.
- Speaker #1
Le double ? Oui. Et si c'était un accompte et que, encore une fois, c'est moi, le prestataire, qui me désengage, je dois le rembourser ?
- Speaker #0
Tu dois lui rembourser parce que ça vient de toi.
- Speaker #1
Le double ou toujours ?
- Speaker #0
Non. Tout simplement le montant versé.
- Speaker #1
Donc vraiment, ce système d'art et d'acompte, c'est très subtil. C'est très subtil. On peut passer vite du simple au doux.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et raison pour laquelle il faut avoir des devis conformes. On ne télécharge pas un devis sur Internet à la va-vite en se disant que ça va faire l'affaire. Ça fait toujours l'affaire jusqu'à ce que ça ne fasse plus l'affaire.
- Speaker #1
Jusqu'à ce que ça capote.
- Speaker #0
Jusqu'à ce qu'on tombe sur quelqu'un qui décide que non, ça ne fera pas l'affaire et on se retrouve au tribunal et on se retrouve à rembourser parce que le droit est très clair là-dessus.
- Speaker #1
finalement on a eu beaucoup de questions sur tout ce qui est financier donc là c'est sur une facture impayée la personne demande j'ai une facture de 1200 euros impayée qu'est-ce que je peux faire ? il n'a pas donné plus de détails le client j'imagine a reçu sa vidéo mais le prestataire a toujours pas été réglé, 1200 euros reste impayé que faire ?
- Speaker #0
chez LAC on a eu pas mal de scénarios comme ça, de clients tout simplement qui sont réfractaires Pour X ou Y raisons, raison pour laquelle on demande des accomptes. Déjà pour garantir le règlement. Et je pense que dans le métier, ça se fait. On ne remet pas le produit si le solde n'est pas réglé. Bien sûr. Donc ça, c'est une deuxième protection qu'il faut mettre en place. Et en troisième lieu, c'est là qu'on a mis en place un protocole, puisqu'à force de voir ces situations, on a mis en place un protocole. C'est tellement récurrent, ça se fait tellement qu'on a mis en place un protocole d'accompagnement. À savoir... qu'on a des modèles de mail type et quand ça vient de cabinet ou de conseil, de choses de ce sort, généralement les gens réagissent.
- Speaker #1
Quand ils voient qu'il y a...
- Speaker #0
Voilà, qu'ils sont accompagnés, qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils connaissent leurs droits, on ne réagit pas de la même manière. Donc on a des modèles de mail demandant aux clients de procéder rapidement au remboursement. On a également, par la suite, je conseille souvent aussi de faire appel à des huissiers lorsque ça traîne trop, lorsque ça dure trop. Ce sont des corps de métier qui sont là aussi pour soutenir les entrepreneurs. Ce n'est pas que pour de mauvaises nouvelles, mais c'est aussi pour accompagner les entrepreneurs. Et au-delà de ça, je préconise souvent de mettre des pénalités.
- Speaker #1
Pour les paiements en retard.
- Speaker #0
En retard. Je préconise de mettre des pénalités de retard. le contrat, dans les devis, dans les CGV, en tout cas tout ce qui nous sert de base légale de mettre souvent ces dissuasifs. Ça empêche les gens de un peu traîner la patte, de se dire, ah, ça peut attendre, il n'est pas pressé, c'est pas comme s'il n'a pas besoin d'argent. Tous ces commentaires qu'on entend souvent, j'allais le faire, mais ça oblige le client à être diligent puisque le produit est fini, la personne a engagé des heures, a engagé des ressources, peut-être à payer. d'autres personnes, un cadreur, quelqu'un pour faire le montage ou quoi qu'est-ce. Et quand tout ça a été engagé, toi, en tant que vidéaste, tu te dois aussi de payer les gens derrière. Et on ne peut pas te mettre en porte-à-faux pour X ou Y raison. C'est un business que tu fais tourner et tu as besoin que tes clients adhèrent aussi à certaines règles. Et c'est pour ça qu'on ajoute justement des clauses de pénalité dans les contrats, dans les CGV ou dans les devis pour se protéger.
- Speaker #1
Donc finalement, Plutôt raisonner comme ça, parce que là, la question n'était pas allée jusque-là, mais je vais pousser la question. C'est plus intéressant, finalement, de travailler avec un système d'accompte et un système aussi de pénalité de retard, plutôt que d'envisager, de ne pas préciser ce genre de choses, mais après, d'envisager une poursuite juridique qui va finalement coûter de l'argent, si ce n'est peut-être même plus que ce que la personne nous doit. Exactement. Ce n'est pas rentable.
- Speaker #0
Exactement, et encore une fois, c'est le rôle du jury, c'est tout le sens du droit. Le droit est là pour prémunir les gens du risque. C'est pour prémunir des risques. C'est-à-dire que le droit est là pour regarder et pour cadrer la relation de A à Z jusqu'à la sortie. Et lorsqu'une relation est bien cadrée, la sortie, elle est moins douloureuse, dans le sens où les choses se passent plus smoothly, comme on dit en anglais, où on le sent sans accroc, lorsqu'on pose les bases, lorsqu'on pose les cadres. Et là, je dirais que le droit est réellement là pour ça.
- Speaker #1
Plus que pour condamner après coup.
- Speaker #0
Voilà, il vaut mieux, comme on a l'habitude de dire, mieux vaut prévenir. que guérir. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Et la dernière question, ça rejoint un petit peu ce qu'on a dit tout à l'heure sur la question du SMS, l'accord par SMS. On a une personne qui nous demande, j'ai conclu un accord avec un client par WhatsApp, est-ce que ça vaut le contrat ? Je pense qu'on y a un peu répondu tout à l'heure. Je ne sais pas si tu as quelque chose à ajouter.
- Speaker #0
C'est tout à fait ça. Au jour d'aujourd'hui, la jurisprudence reconnaît la valeur juridique des échanges électroniques.
- Speaker #1
Même si ce n'est pas un SMS, quelle que soit la plateforme.
- Speaker #0
Peu importe la plateforme. Par contre, pas les audios WhatsApp, parce que je dois le préciser. Les audios ? Non, pas les audios. C'est vraiment l'écrit.
- Speaker #1
Ah oui, parce qu'il y a l'audio. Après, on peut toujours se dire, non, ce n'est pas moi qui ai parlé. Oui,
- Speaker #0
il n'y a pas de... Au niveau de l'identité de la... Ce n'est pas tant, en fait, ça. C'est que le droit n'est pas encore arrivé à ce stade. Peut-être un jour,
- Speaker #1
mais voilà.
- Speaker #0
Sans doute très bientôt, parce que les choses évoluent très rapidement. Mais effectivement, oui, le texto, l'email, de toute façon, l'email, c'est acté depuis une belle lurette. Et donc, le texto, le WhatsApp, oui, également à valeur juridique, à valeur de preuve. Mais encore une fois, non, pas l'audio. J'insiste lourdement sur le fait de... C'est pas parce qu'il nous a dit OK que j'avance, en fait. Le lendemain, je le relance. Le surlendement, je le relance. Je lui dis, je ne peux pas commencer. Tant que tu n'as pas signé le contrat, je lui envoie un DocuSign. J'insiste de plusieurs manières, tout simplement parce que, pour éviter une procédure longue, pourquoi compliquer les choses lorsqu'on peut faire simple ?
- Speaker #1
Oui, tout simplement.
- Speaker #0
C'est juste un pas de plus, mais qui, justement, nous prémunit d'être dans des situations tellement inconfortables.
- Speaker #1
Et donc l'audio, le téléphone aussi ? Un accord téléphonique ?
- Speaker #0
Un accord téléphonique, j'ai envie de dire comme on a l'habitude de dire, les écrits restent, les paroles s'envolent. C'est ça. Voilà. En fait, c'est parole contre parole. Et non, donc ça n'a pas de valeur. Les uns et les autres me diront oui, ça a une valeur parce que là, c'est une question de preuve. C'est he said, she said. Donc voilà, c'est parole contre parole. C'est une perte de temps alors qu'on aurait pu tout éviter en étant carré, en étant diligent, en étant accompagné. Mieux vaut payer un peu au début que très lourdement à la fin.
- Speaker #1
Super. Merci beaucoup. C'était la dernière question des abonnés. Donc là, aujourd'hui, on était sur un format vraiment axé sur les vidéastes, mais bon, les photographes, les créatifs d'audiovisuel en général. J'imagine que donc après ce pilote, il y aura d'autres épisodes avec d'autres professions sur lesquelles tu pourras du coup répondre aux questions et aussi parler. Je m'imagine que tu as plein d'autres anecdotes avec d'autres professions. Oui,
- Speaker #0
pour rebondir sur ce que tu viens de dire, j'ai eu un dossier il n'y a pas longtemps d'un monsieur qui voulait rénover sa maison, avait pris un prestataire et n'avait pas signé de contrat avec le prestataire. Donc, c'était encore une fois une surrecommandation de quelqu'un, l'ami d'un ami, je le connais. Et le prestataire a disparu, a commencé à éventrer la maison, puis a disparu. Et là, je suis contactée parce que voilà, comment faire en sorte pour que le prestataire revienne et travaille et comment faire pour récupérer l'argent ? Parce que du coup, je lui ai versé des avances, je lui ai versé la compte, mais il n'y a aucune preuve. Donc, ce sont des cas réels, des cas du quotidien.
- Speaker #1
Qui peuvent arriver à tout le monde.
- Speaker #0
À tout le monde.
- Speaker #1
Ça n'arrive pas qu'aux autres.
- Speaker #0
Pas du tout. Et comme j'aime à le dire ici, vos erreurs servent aux autres. Vos erreurs, vos ratures, vos faiblesses servent aux autres. Parce qu'il faut construire une communauté d'entrepreneurs qui se soutiennent. Il ne faut plus qu'il y ait justement ce tabou de l'échec. Mon échec peut servir à quelqu'un d'autre et peut devenir mon succès. Parce qu'ayant appris de cela, je fais mieux pour l'avenir.
- Speaker #1
Je pense que c'est un bon teaser pour le prochain épisode, peut-être, si c'est sur ce thème-là. Merci beaucoup en tout cas pour avoir répondu à nos questions.
- Speaker #0
Merci à toi d'avoir été le premier invité de Droite au but. Merci infiniment Aaron pour ces échanges. Ça a été un plaisir, mais un grand plaisir de t'avoir.
- Speaker #1
Merci, c'est moi qui te remercie.
- Speaker #0
Merci et j'espère qu'on aura d'autres... Franchement avec plaisir.
- Speaker #1
Il y a tellement de sujets, on peut continuer.
- Speaker #0
Oui, c'est sans fin.
- Speaker #1
Ça va aider beaucoup de personnes.
- Speaker #0
Je l'espère et je le crois. Je le crois fermement que ça va aider énormément de personnes. Vous savez, aujourd'hui, on a vu que la loi protège ceux qui se protègent. Et on a parlé de contrat, de preuves, de droits d'auteur. Et ce ne sont pas des freins. Ce sont des réflexes vitaux qu'il faut développer. Et chez LAC, notre mission, c'est que vous créez et nous sécurisons. Voilà comment nous redonnons confiance aux entrepreneurs. Vos erreurs, vos questions, vos doutes, ce sont des forces pour d'autres entrepreneurs. Votre vulnérabilité n'est pas un acte de faiblesse, mais plutôt un acte de leadership fort. A très très vite pour notre prochain épisode de Droite au Bout.