Description
Le saviez-vous : Notre cerveau se modèle au contact de notre environnement.
Aujourd’hui, il est clairement établi que l’environnement peut provoquer d’importantes modifications dans la structure et l’organisation du cerveau.
L’apprentissage intensif permet de mobiliser une plus grande partie du cerveau pour effectuer une tâche. Cela a par exemple été mis en évidence chez des pianistes qui activent des aires cérébrales plus étendues pour la coordination des doigts que les non-musiciens. Les aires activées sont d’ailleurs encore plus étendues chez ceux qui ont commencé l’apprentissage du piano avant 7 ans.
La même constatation a été faite grâce à des IRM réalisées sur des taxis Londoniens qui doivent quotidiennement se diriger dans la ville: le volume de la partie du cerveau servant à se repérer dans l’espace et prendre des décisions d’orientation est plus important que celui mesuré sur une population témoin. Cet accroissement de volume est même proportionnel à l’ancienneté du taxi et ne se retrouve pas chez des chauffeurs de bus, qui conduisent sur des trajets stéréotypés et déterminés à l’avance.
Apprendre, c’est établir et renforcer des liaisons neuronales. Plus les neurones s’activent ensemble, plus leur connexion sera renforcée. Pour stabiliser les connections neuronales, l’apprentissage doit donc s’étaler sur de nombreuses heures avec la répétition fréquente des mêmes associations.
Aucune étude n’a été menée chez des élèves à ma connaissance mais il y a fort à parier que la répétition d’une même tâche leur permette, tout comme les pianistes et les taxis, d’augmenter le volume de leur cerveau. Il ne reste plus qu’à se mettre au boulot !
La plasticité du cerveau a surtout été étudiée d’un point de vue médical:
Chez un aveugle, les régions occipitales, d’habitude considérées comme uniquement visuelles, changent de destination et permettent le traitement d’informations sonores ou tactiles. Vous avez bien entendu, la zone du cerveau qui sert normalement à voir est réattribuée à un autre sens!! Ces réorganisations sont d’autant plus importantes que la privation sensorielle arrive à un âge précoce. De plus, l’aire cérébrale dédiée au toucher va s’étendre et ce, d’autant plus que l’apprentissage du braille est régulier et intense.
A l’inverse, il est possible de rendre un individu aveugle en l’empêchant de voir dès la naissance. Cette expérience a été réalisée par Wiesel et Hubel, tous deux prix nobel de médecine en 1981. Des chatons ont été privés de la vue d’un œil de la naissance jusqu’à l'âge de 3 mois. Après 3 mois, l’œil était devenu aveugle. Il était fonctionnel mais le cortex visuel lié à cet œil était devenu inefficace pour décoder les images. Il est cependant intéressant de noter que la privation de la vue durant 3 mois pour un chat adulte n’a aucun effet sur sa vision!
Suite à un AVC, c’est à dire un Accident Vasculaire Cérébral, les méthodes d’imagerie cérébrale fonctionnelle permettent de mettre en évidence une redistribution des activations cérébrales dans les jours qui suivent l’accident. Il peut s’agir de la réactivation de zones lésées ou de l’activation de zones périphériques. Le but de ces études est de trouver les stratégies de rééducation qui permettent au patient de récupérer ses facultés le plus vite et le plus complètement possible. Dans tous les cas, la rééducation doit être intensive (3 heures par jour ou même plus si le patient en est capable).
Enfin, il est clairement démontré que le sommeil joue un rôle crucial dans l’apprentissage et la mémorisation et ce, tout au long de la vie. Cet impact du sommeil sur la plasticité cérébrale, c’est à dire la capacité du cerveau à changer ses circuits pour consolider les apprentissages a particulièrement été mis en évidence dans la rééducation de patients ayant subi des lésions cérébrales.
Pour résumer, notre cerveau est le reflet de notre vie et s’adapte à nos besoins. Ainsi, les fonctions que nous exerçons régulièrement occupent davantage de neurones que les autres. Il est possible de modeler notre cerveau par la répétition. C’est le cas d’un sportif de haut niveau, d’un musicien ou d’un artisan qui répète des centaines de fois le même geste. La maitrise s’accompagne alors d’un développement de la zone du cerveau associée. C’est aussi le cas d’un élève ou d’un étudiant lorsqu’il apprend ses leçons ou s’approprie une méthodologie. Cette réorganisation du cerveau est favorisé par le sommeil.
Source: Traité de neuropsychologie clinique de l’adulte Tome 2-Revalidation écrit par X. Seron et M Van der Linden
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