Podcast des ÉMISSIONS

Entre Voix avec Peire Aussane (Auteure de Deux stations avant Concorde) (17/10/18)

Entre Voix avec Peire Aussane (Auteure de Deux stations avant Concorde) (17/10/18)

1h04 |23/01/2020
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Description

Deux stations avant Concorde est le premier roman de Peire Aussane (Michalon, août 2018). Sa lecture m’a enthousiasmée... C'est un livre rapide, efficace, que l'on dévore, parce que l'action se passe en quelques jours, quelques semaines.
L'écriture est comme un parfum. Certains mots ont une note de tête, d'autres des notes de coeur, et d'autres encore des notes de fond. Tout fait sens au fil de la lecture. Nous devinons, nous lecteurs, certains rebondissements et d'autres non. Je vous conseille, à la fin du livre, de revenir sur les premières pages pour vérifier les indices dont vous n’avez peut-être pas mesuré l’importance. L'héroïne s'appelle Eve et a quelque chose à voir avec la femme originelle même si ce sont des figues qu'elle offre à l'homme et non une pomme ... on pense à Adam ... qui s'appelle Antoine. Leur histoire nous est racontée avec des mots puissants, implacables, en se plaçant tantôt dans le cerveau de l'un, tantôt dans celui de l'autre, et d'une façon peu classique en littérature parce que Eve s'exprime, à peu près un chapitre sur deux, mais ce n'est pas systématique, à la première personne en disant "je" et on comprend très bien que ce qu'elle dit est vraiment ce qu'elle pense. On aurait cependant tort d'identifier Peire Aussane à son personnage.
L'auteure-narratrice défend quant à elle la position d'Antoine en parlant en son nom, souvent à la troisième personne. Eve est artiste peintre. Elle vit essentiellement avec les couleurs, et tout ce qu'elle voit, mais pas seulement. Antoine est un homme très touchant -de mon point de vue. Il est lui aussi un artiste, mais dans un univers très différent. Il est ce qu'on appelle un nez. Ce sont les odeurs qui le font vibrer. Ces deux là se sont rencontrés, un jour de cueillette, en Provence, dans des circonstances un peu magiques qui nous sont racontées au début du roman. Ève et Antoine sont en tout point si opposés, et d'une façon si parfaite, qu'ils se complètent infailliblement.
Le roman est quasiment inclassable. C'est presque un thriller psychologique. L'attention que les uns ont aux autres, dans le dit et le non dit, est assez rare à notre époque où on publie sans pudeur ses faits et gestes sur les réseaux sociaux si vite qu'il est parfois trop tard quand on se rend compte que le SMS est parti vers la mauvaise personne. Ce type de mésaventure ne risque pas d'arriver à Eve ni à Antoine tant ils accordent de l'attention à ce qu'ils s’écrivent. Les deux héros ont un pacte de liberté, non dit mais extrêmement vécu, surtout pour lui. Elle l'aime et pense que la profondeur de son amour cautionne tout mais ce genre d'accord ne tiendra pas longtemps dans le temps. Outre le sud de la France et la région parisienne, le lecteur sera embarqué très loin ... jusqu'à Tokyo, dans le quartier d'Omotesanto. On voyage de façons multiples, en métro, en avion, en marchant dans les rues, et on découvre aussi des idées, d'autres manières de penser. Eve part sans savoir ce qu'elle recherche et pourtant ce qu'elle va trouver sera lié à sa famille. Le poids du passé, des secrets et de ce qu'ils impliquent, tout l'espace que cette réalité pèse sur son existence, c'est cela qu'elle va découvrir. Et on remarquera que la famille d'Eve pèse autant (mais différemment) sur elle et sur Antoine alors que la famille d'Antoine est inexistante. L'amour transparait pour chaque génération. L'amour des grands parents d'Eve est exceptionnel, lorsqu'on les découvre capables de vibrer même dans le plus grand âge.
Le roman est par certains aspects ultra contemporain, car il y est question de géolocalisation et de réseaux sociaux. A d'autres moments on ressent une sorte de nostalgie et une espèce de poésie qui instaure une dualité futur-passé, sans doute parce que l'importance du passé est essentielle pour connaitre le présent. On saura qui l'on est en découvrant d'où l'on vient, une fois surmontée la différence si ténue entre ce qu'on veut et ce qu'on craint, à condition d’accepter le lâcher-prise.

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Deux stations avant Concorde est le premier roman de Peire Aussane (Michalon, août 2018). Sa lecture m’a enthousiasmée... C'est un livre rapide, efficace, que l'on dévore, parce que l'action se passe en quelques jours, quelques semaines.
L'écriture est comme un parfum. Certains mots ont une note de tête, d'autres des notes de coeur, et d'autres encore des notes de fond. Tout fait sens au fil de la lecture. Nous devinons, nous lecteurs, certains rebondissements et d'autres non. Je vous conseille, à la fin du livre, de revenir sur les premières pages pour vérifier les indices dont vous n’avez peut-être pas mesuré l’importance. L'héroïne s'appelle Eve et a quelque chose à voir avec la femme originelle même si ce sont des figues qu'elle offre à l'homme et non une pomme ... on pense à Adam ... qui s'appelle Antoine. Leur histoire nous est racontée avec des mots puissants, implacables, en se plaçant tantôt dans le cerveau de l'un, tantôt dans celui de l'autre, et d'une façon peu classique en littérature parce que Eve s'exprime, à peu près un chapitre sur deux, mais ce n'est pas systématique, à la première personne en disant "je" et on comprend très bien que ce qu'elle dit est vraiment ce qu'elle pense. On aurait cependant tort d'identifier Peire Aussane à son personnage.
L'auteure-narratrice défend quant à elle la position d'Antoine en parlant en son nom, souvent à la troisième personne. Eve est artiste peintre. Elle vit essentiellement avec les couleurs, et tout ce qu'elle voit, mais pas seulement. Antoine est un homme très touchant -de mon point de vue. Il est lui aussi un artiste, mais dans un univers très différent. Il est ce qu'on appelle un nez. Ce sont les odeurs qui le font vibrer. Ces deux là se sont rencontrés, un jour de cueillette, en Provence, dans des circonstances un peu magiques qui nous sont racontées au début du roman. Ève et Antoine sont en tout point si opposés, et d'une façon si parfaite, qu'ils se complètent infailliblement.
Le roman est quasiment inclassable. C'est presque un thriller psychologique. L'attention que les uns ont aux autres, dans le dit et le non dit, est assez rare à notre époque où on publie sans pudeur ses faits et gestes sur les réseaux sociaux si vite qu'il est parfois trop tard quand on se rend compte que le SMS est parti vers la mauvaise personne. Ce type de mésaventure ne risque pas d'arriver à Eve ni à Antoine tant ils accordent de l'attention à ce qu'ils s’écrivent. Les deux héros ont un pacte de liberté, non dit mais extrêmement vécu, surtout pour lui. Elle l'aime et pense que la profondeur de son amour cautionne tout mais ce genre d'accord ne tiendra pas longtemps dans le temps. Outre le sud de la France et la région parisienne, le lecteur sera embarqué très loin ... jusqu'à Tokyo, dans le quartier d'Omotesanto. On voyage de façons multiples, en métro, en avion, en marchant dans les rues, et on découvre aussi des idées, d'autres manières de penser. Eve part sans savoir ce qu'elle recherche et pourtant ce qu'elle va trouver sera lié à sa famille. Le poids du passé, des secrets et de ce qu'ils impliquent, tout l'espace que cette réalité pèse sur son existence, c'est cela qu'elle va découvrir. Et on remarquera que la famille d'Eve pèse autant (mais différemment) sur elle et sur Antoine alors que la famille d'Antoine est inexistante. L'amour transparait pour chaque génération. L'amour des grands parents d'Eve est exceptionnel, lorsqu'on les découvre capables de vibrer même dans le plus grand âge.
Le roman est par certains aspects ultra contemporain, car il y est question de géolocalisation et de réseaux sociaux. A d'autres moments on ressent une sorte de nostalgie et une espèce de poésie qui instaure une dualité futur-passé, sans doute parce que l'importance du passé est essentielle pour connaitre le présent. On saura qui l'on est en découvrant d'où l'on vient, une fois surmontée la différence si ténue entre ce qu'on veut et ce qu'on craint, à condition d’accepter le lâcher-prise.

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Deux stations avant Concorde est le premier roman de Peire Aussane (Michalon, août 2018). Sa lecture m’a enthousiasmée... C'est un livre rapide, efficace, que l'on dévore, parce que l'action se passe en quelques jours, quelques semaines.
L'écriture est comme un parfum. Certains mots ont une note de tête, d'autres des notes de coeur, et d'autres encore des notes de fond. Tout fait sens au fil de la lecture. Nous devinons, nous lecteurs, certains rebondissements et d'autres non. Je vous conseille, à la fin du livre, de revenir sur les premières pages pour vérifier les indices dont vous n’avez peut-être pas mesuré l’importance. L'héroïne s'appelle Eve et a quelque chose à voir avec la femme originelle même si ce sont des figues qu'elle offre à l'homme et non une pomme ... on pense à Adam ... qui s'appelle Antoine. Leur histoire nous est racontée avec des mots puissants, implacables, en se plaçant tantôt dans le cerveau de l'un, tantôt dans celui de l'autre, et d'une façon peu classique en littérature parce que Eve s'exprime, à peu près un chapitre sur deux, mais ce n'est pas systématique, à la première personne en disant "je" et on comprend très bien que ce qu'elle dit est vraiment ce qu'elle pense. On aurait cependant tort d'identifier Peire Aussane à son personnage.
L'auteure-narratrice défend quant à elle la position d'Antoine en parlant en son nom, souvent à la troisième personne. Eve est artiste peintre. Elle vit essentiellement avec les couleurs, et tout ce qu'elle voit, mais pas seulement. Antoine est un homme très touchant -de mon point de vue. Il est lui aussi un artiste, mais dans un univers très différent. Il est ce qu'on appelle un nez. Ce sont les odeurs qui le font vibrer. Ces deux là se sont rencontrés, un jour de cueillette, en Provence, dans des circonstances un peu magiques qui nous sont racontées au début du roman. Ève et Antoine sont en tout point si opposés, et d'une façon si parfaite, qu'ils se complètent infailliblement.
Le roman est quasiment inclassable. C'est presque un thriller psychologique. L'attention que les uns ont aux autres, dans le dit et le non dit, est assez rare à notre époque où on publie sans pudeur ses faits et gestes sur les réseaux sociaux si vite qu'il est parfois trop tard quand on se rend compte que le SMS est parti vers la mauvaise personne. Ce type de mésaventure ne risque pas d'arriver à Eve ni à Antoine tant ils accordent de l'attention à ce qu'ils s’écrivent. Les deux héros ont un pacte de liberté, non dit mais extrêmement vécu, surtout pour lui. Elle l'aime et pense que la profondeur de son amour cautionne tout mais ce genre d'accord ne tiendra pas longtemps dans le temps. Outre le sud de la France et la région parisienne, le lecteur sera embarqué très loin ... jusqu'à Tokyo, dans le quartier d'Omotesanto. On voyage de façons multiples, en métro, en avion, en marchant dans les rues, et on découvre aussi des idées, d'autres manières de penser. Eve part sans savoir ce qu'elle recherche et pourtant ce qu'elle va trouver sera lié à sa famille. Le poids du passé, des secrets et de ce qu'ils impliquent, tout l'espace que cette réalité pèse sur son existence, c'est cela qu'elle va découvrir. Et on remarquera que la famille d'Eve pèse autant (mais différemment) sur elle et sur Antoine alors que la famille d'Antoine est inexistante. L'amour transparait pour chaque génération. L'amour des grands parents d'Eve est exceptionnel, lorsqu'on les découvre capables de vibrer même dans le plus grand âge.
Le roman est par certains aspects ultra contemporain, car il y est question de géolocalisation et de réseaux sociaux. A d'autres moments on ressent une sorte de nostalgie et une espèce de poésie qui instaure une dualité futur-passé, sans doute parce que l'importance du passé est essentielle pour connaitre le présent. On saura qui l'on est en découvrant d'où l'on vient, une fois surmontée la différence si ténue entre ce qu'on veut et ce qu'on craint, à condition d’accepter le lâcher-prise.

Description

Deux stations avant Concorde est le premier roman de Peire Aussane (Michalon, août 2018). Sa lecture m’a enthousiasmée... C'est un livre rapide, efficace, que l'on dévore, parce que l'action se passe en quelques jours, quelques semaines.
L'écriture est comme un parfum. Certains mots ont une note de tête, d'autres des notes de coeur, et d'autres encore des notes de fond. Tout fait sens au fil de la lecture. Nous devinons, nous lecteurs, certains rebondissements et d'autres non. Je vous conseille, à la fin du livre, de revenir sur les premières pages pour vérifier les indices dont vous n’avez peut-être pas mesuré l’importance. L'héroïne s'appelle Eve et a quelque chose à voir avec la femme originelle même si ce sont des figues qu'elle offre à l'homme et non une pomme ... on pense à Adam ... qui s'appelle Antoine. Leur histoire nous est racontée avec des mots puissants, implacables, en se plaçant tantôt dans le cerveau de l'un, tantôt dans celui de l'autre, et d'une façon peu classique en littérature parce que Eve s'exprime, à peu près un chapitre sur deux, mais ce n'est pas systématique, à la première personne en disant "je" et on comprend très bien que ce qu'elle dit est vraiment ce qu'elle pense. On aurait cependant tort d'identifier Peire Aussane à son personnage.
L'auteure-narratrice défend quant à elle la position d'Antoine en parlant en son nom, souvent à la troisième personne. Eve est artiste peintre. Elle vit essentiellement avec les couleurs, et tout ce qu'elle voit, mais pas seulement. Antoine est un homme très touchant -de mon point de vue. Il est lui aussi un artiste, mais dans un univers très différent. Il est ce qu'on appelle un nez. Ce sont les odeurs qui le font vibrer. Ces deux là se sont rencontrés, un jour de cueillette, en Provence, dans des circonstances un peu magiques qui nous sont racontées au début du roman. Ève et Antoine sont en tout point si opposés, et d'une façon si parfaite, qu'ils se complètent infailliblement.
Le roman est quasiment inclassable. C'est presque un thriller psychologique. L'attention que les uns ont aux autres, dans le dit et le non dit, est assez rare à notre époque où on publie sans pudeur ses faits et gestes sur les réseaux sociaux si vite qu'il est parfois trop tard quand on se rend compte que le SMS est parti vers la mauvaise personne. Ce type de mésaventure ne risque pas d'arriver à Eve ni à Antoine tant ils accordent de l'attention à ce qu'ils s’écrivent. Les deux héros ont un pacte de liberté, non dit mais extrêmement vécu, surtout pour lui. Elle l'aime et pense que la profondeur de son amour cautionne tout mais ce genre d'accord ne tiendra pas longtemps dans le temps. Outre le sud de la France et la région parisienne, le lecteur sera embarqué très loin ... jusqu'à Tokyo, dans le quartier d'Omotesanto. On voyage de façons multiples, en métro, en avion, en marchant dans les rues, et on découvre aussi des idées, d'autres manières de penser. Eve part sans savoir ce qu'elle recherche et pourtant ce qu'elle va trouver sera lié à sa famille. Le poids du passé, des secrets et de ce qu'ils impliquent, tout l'espace que cette réalité pèse sur son existence, c'est cela qu'elle va découvrir. Et on remarquera que la famille d'Eve pèse autant (mais différemment) sur elle et sur Antoine alors que la famille d'Antoine est inexistante. L'amour transparait pour chaque génération. L'amour des grands parents d'Eve est exceptionnel, lorsqu'on les découvre capables de vibrer même dans le plus grand âge.
Le roman est par certains aspects ultra contemporain, car il y est question de géolocalisation et de réseaux sociaux. A d'autres moments on ressent une sorte de nostalgie et une espèce de poésie qui instaure une dualité futur-passé, sans doute parce que l'importance du passé est essentielle pour connaitre le présent. On saura qui l'on est en découvrant d'où l'on vient, une fois surmontée la différence si ténue entre ce qu'on veut et ce qu'on craint, à condition d’accepter le lâcher-prise.

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