Description
K comme Kid Ory. Premier employeur d'Armstrong, le tromboniste Kid Ory a été l'un des piliers du jazz de la Nouvelle-Orléans dans les années 1910-1920. Inventeur du style tailgate consistant à faire rugir de puissants glissandos en contrepoint au jeu de trompette, il engage Armstrong dans son orchestre en 1918. Le jeune cornettiste y remplace son idole, King Oliver, parti tenter sa chance à Chicago.Kid Ory retrouve Armstrong au moment du premier Hot Five en 1925. Dans les années 30, malheureusement, il disparaît de la circulation et se consacre à l'élevage de poneys avant de travailler dans les chemins de fer. Le retour en vogue du "dixieland" dans les années 40 le ramènera sur le devant de la scène, surtout après avoir été redécouvert et recruté par un certain Orson Welles pour ses émissions de radio.
L comme Lil Hardin. Louis Armstrong n'a pas eu que des mariages heureux. Entre Daisy Parker, une prostituée qu'il épouse à 17 ans, et Alpha Smith, une fille des quartiers pauvres de Chicago dont il divorce en 1942, ce n'est qu'avec Lucille Wilson, danseuse au Cotton Club, qu'il trouve vraiment le bonheur. Mais c'est surtout sa 2eme épouse et pianiste attitrée, Lil Hardin, rencontrée dans l'orchestre deKing Oliver, qui a influé sur sa carrière. Il l'épouse en février 1924, elle l'encourage à s'émanciper, notamment en rejoignant à New York l'orchestre de Fletcher Henderson. C'est également elle qui gère le premier Hot Five lorsqu'Armstrong revient à Chicago. Après leur séparation en 1931, Lil Hardin poursuit une carrière de chanteuse. Elle s'éteint le 27 août 1971, près de deux mois après la mort du légendaire trompettiste.
M comme Mayann. Fille d'esclaves issus du Ghana, Mary-Ann Albert, dite Mayann, est âgée d'à peine 16 ans lorsqu'elle met au monde le futur génie de la trompette à la Nouvelle-Orléans. Le père, Willie Armstrong, un ouvrier agricole, a déjà décampé. Il reviendra donner naissance à un autre enfant, et puis il repartira. Du coup, c'est avec sa grand-mère, Joséphine, qui est blanchisseuse, qu'Armstrongdécouvre les premiers chants de gospel à l'église. À six ans, il repart vivre avec sa mère dans le quartier chaud de Storyville. Il adore quand elle lui prépare du riz à la créole. Il s'occupe aussi de sa petite sœur quand Mayann va "travailler". Il met un peu de temps avant de comprendre de quel "travail" il s'agit et comment la Nouvelle-Orléans peut se montrer implacable pour les jeunes femmes noires sans le sou.
N comme la Nouvelle-Orléans. Quand Louis Armstrong entonne Do You Know What It Means To Miss New Orleans que Billie Holiday interprète dans un film qui les réunit en 1947, c'est tous les frissons de sa ville natale qui ressurgissent. Les parades, les fanfares et l'odeur de magnolia, "ce blues à casser les carreaux", écrira-t-il plus tard, que Buddy Bolden a joué devant lui, les secrets transmis par King Oliver... et puis aussi la dure école de la rue, les petits boulots à la va-vite (vendeur de journaux, livreur de charbon...), ou encore la maison de correction après qu'il eut tiré un coup de revolver en l'air lors du nouvel an 1913... Se souvient-il aussi des Karnofskys, cette famille juive qui l'a pris sous son aile et au nom de laquelle, jusqu'à la fin de sa vie, il portera au cou une étoile de David ?
O comme Oncle Tom. C'est une insulte dont il se serait bien passé. Louis Armstrong se fait traiter d' "oncle Tom" après la guerre. Notamment au sein de la génération bebop où son air jovial et ses mimiques légendaires renvoient au prototype du noir docile vendu aux blancs. "Je ne supportais pas son cirque", écrira Miles Davis. Dizzy Gillespie épingle lui aussi celui qu'il surnomme "le bon noir des plantations" alors même qu'Armstrong va s'engager contre la ségrégation lors des événements de Little Rock en 1957. Dizzy reviendra sur son jugement initial. J'ai mal interprété le sourire débonnaire deLouis, dira-t-il. C'était surtout pour lui un refus...
L comme Lil Hardin. Louis Armstrong n'a pas eu que des mariages heureux. Entre Daisy Parker, une prostituée qu'il épouse à 17 ans, et Alpha Smith, une fille des quartiers pauvres de Chicago dont il divorce en 1942, ce n'est qu'avec Lucille Wilson, danseuse au Cotton Club, qu'il trouve vraiment le bonheur. Mais c'est surtout sa 2eme épouse et pianiste attitrée, Lil Hardin, rencontrée dans l'orchestre deKing Oliver, qui a influé sur sa carrière. Il l'épouse en février 1924, elle l'encourage à s'émanciper, notamment en rejoignant à New York l'orchestre de Fletcher Henderson. C'est également elle qui gère le premier Hot Five lorsqu'Armstrong revient à Chicago. Après leur séparation en 1931, Lil Hardin poursuit une carrière de chanteuse. Elle s'éteint le 27 août 1971, près de deux mois après la mort du légendaire trompettiste.
M comme Mayann. Fille d'esclaves issus du Ghana, Mary-Ann Albert, dite Mayann, est âgée d'à peine 16 ans lorsqu'elle met au monde le futur génie de la trompette à la Nouvelle-Orléans. Le père, Willie Armstrong, un ouvrier agricole, a déjà décampé. Il reviendra donner naissance à un autre enfant, et puis il repartira. Du coup, c'est avec sa grand-mère, Joséphine, qui est blanchisseuse, qu'Armstrongdécouvre les premiers chants de gospel à l'église. À six ans, il repart vivre avec sa mère dans le quartier chaud de Storyville. Il adore quand elle lui prépare du riz à la créole. Il s'occupe aussi de sa petite sœur quand Mayann va "travailler". Il met un peu de temps avant de comprendre de quel "travail" il s'agit et comment la Nouvelle-Orléans peut se montrer implacable pour les jeunes femmes noires sans le sou.
N comme la Nouvelle-Orléans. Quand Louis Armstrong entonne Do You Know What It Means To Miss New Orleans que Billie Holiday interprète dans un film qui les réunit en 1947, c'est tous les frissons de sa ville natale qui ressurgissent. Les parades, les fanfares et l'odeur de magnolia, "ce blues à casser les carreaux", écrira-t-il plus tard, que Buddy Bolden a joué devant lui, les secrets transmis par King Oliver... et puis aussi la dure école de la rue, les petits boulots à la va-vite (vendeur de journaux, livreur de charbon...), ou encore la maison de correction après qu'il eut tiré un coup de revolver en l'air lors du nouvel an 1913... Se souvient-il aussi des Karnofskys, cette famille juive qui l'a pris sous son aile et au nom de laquelle, jusqu'à la fin de sa vie, il portera au cou une étoile de David ?
O comme Oncle Tom. C'est une insulte dont il se serait bien passé. Louis Armstrong se fait traiter d' "oncle Tom" après la guerre. Notamment au sein de la génération bebop où son air jovial et ses mimiques légendaires renvoient au prototype du noir docile vendu aux blancs. "Je ne supportais pas son cirque", écrira Miles Davis. Dizzy Gillespie épingle lui aussi celui qu'il surnomme "le bon noir des plantations" alors même qu'Armstrong va s'engager contre la ségrégation lors des événements de Little Rock en 1957. Dizzy reviendra sur son jugement initial. J'ai mal interprété le sourire débonnaire deLouis, dira-t-il. C'était surtout pour lui un refus...
