Description
On remarquera, dans la plage « Dîner au Motel », la sonorité étrange de la trompette de Miles. Un fragment de peau se détacha à un moment de sa lèvre pour se coincer dans l'embouchure. Pareil à ces peintres qui doivent parfois au hasard la qualité plastique de leur pâte, Miles accueillit volontiers ce nouvel élément inouï au sens littéral du mot : « jamais entendu ». Nul doute que, même privé des images, l'auditeur ne soit sensible au climat envoûtant et tragique créé par le grand musicien noir, admirablement soutenu par ses coéquipiers.
Boris Vian, Juin 1958Derrière la Zizique chez Le Livre de Poche(Musique: Miles Davis – Dîner au motel)
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