Speaker #0Bien communiquer, c'est utile au travail, à la maison, avec sa famille, ses amis, en couple. Ça nous aide invariablement à avoir une vie plus apaisée et des relations plus saines. Mais comment on fait pour bien communiquer alors qu'on ne communique pas tous de la même manière, qu'on ne comprend pas toujours ce que l'autre veut dire, et qu'en plus nos émotions viennent sans cesse chambouler tout ça ? Bienvenue dans Emotif, le podcast qui vous aide à faire la paix avec vos émotions. Je suis Barbara Chamarbois, thérapeute certifiée en hypnose et en PNL. Je suis passionnée par les émotions et la manière dont elles façonnent notre vie. C'est pourquoi mon accompagnement place vos émotions et vos besoins profonds au premier plan pour vous permettre de lever vos blocages et de vous épanouir pleinement. Et je vous donne rendez-vous un lundi sur deux dans ce podcast où je vous partage des pistes de réflexion, des retours d'expérience et des outils pour vous aider dans votre propre chemin vers l'harmonie et l'épanouissement. Je suis ravie de vous retrouver sur ce podcast après des petites vacances de podcast, on peut dire. Je pense que le rythme des podcasts va un petit peu plus s'étaler. Il y aura un podcast le lundi, toutes les deux ou trois semaines maintenant, pour garder un rythme qui me convient mieux. En tout cas, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui sur un sujet que j'ai envie d'aborder depuis très longtemps sur ce podcast. Notamment parce que s'il y a bien un sujet parmi tous ceux que j'aime aborder, qui met tout le monde d'accord, c'est bien celui de la communication. Et oui, tout le monde est d'accord pour dire que la communication c'est hyper important, que la communication c'est la clé. Pourtant, on ne met déjà pas tous la même chose derrière le mot communication. Je vous ai demandé sur Instagram ce que ça signifiait pour vous bien communiquer. Et c'est marrant de voir que personne n'a vraiment répondu la même chose. Pour certains, bien communiquer, ça signifie être une oreille attentive. Donc c'est vraiment basé sur l'écoute qu'on est capable d'apporter aux autres. Pour d'autres personnes, ça signifie dire les choses avec honnêteté. Donc dans cette situation, la communication, le fait de bien communiquer, ça a trait plutôt au fait de dire les choses, de s'exprimer correctement. Pour d'autres encore... Bien communiquer, ça a trait aux émotions. Donc c'est plutôt le fait de ne pas se laisser emporter par ces émotions, de rester calme et de ne pas se laisser chambouler, déstabiliser par ce qu'on ressent pour garder une communication calme et apaisée. Et je crois que parmi toutes les réponses que vous avez pu me donner et toutes les réponses que vous avez vous-même derrière ce podcast en tête, il n'y a pas une bonne ou une mauvaise réponse. Je pense qu'on communique déjà tous du mieux qu'on peut au quotidien. Mais ce dont je suis sûre par contre, c'est qu'on gagnerait tous beaucoup à améliorer notre communication, peu importe notre point de départ. Pour préparer ce podcast, je me suis appuyée sur les écrits de Marshall Rosenberg. Je ne sais pas si vous le connaissez, c'était un psychologue et il a créé le principe de la communication non violente. Je vais vous en parler plus en détail, je ne sais pas si c'est quelque chose dont vous avez déjà entendu parler. Je m'appuie aussi sur ma propre expérience, déjà en tant que thérapeute, parce que porter une écoute active de chaque instant et échanger avec vous du mieux possible, c'est la base de mon travail. Et aussi en tant qu'être humain, je vous rassure tout de suite, ma communication est loin d'être parfaite, mais je fais de mon mieux chaque jour pour mieux communiquer avec les gens qui m'entourent, grâce à tout ce que je peux apprendre et puis à tout ce que je peux expérimenter aussi. Et d'ailleurs, ce qui m'a donné envie pour la première fois il y a plusieurs années de me questionner sur le sujet de la communication, c'est un poème qui a été écrit par Ruth Bébermeyer. Et je voudrais vous le partager, vous le lire, parce que ces mots m'ont beaucoup touchée à l'époque et encore aujourd'hui, ils résonnent vraiment très fort pour moi quand je les lis. Alors je vous lis ce poème. Je me sens si condamnée par tes mots. Je me sens tellement jugée et repoussée. Avant de partir, j'aimerais savoir, est-ce vraiment cela que tu voulais dire ? Avant que je ne me lève pour ma défense, avant que je ne parle poussé par ma souffrance ou par la peur, avant que je ne construise un mur de mots, dis-moi, ai-je bien entendu ? Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs. Ils nous condamnent ou nous libèrent. Lorsque je parle et lorsque j'écoute, puisse la lumière de l'amour rayonner à travers moi. Il y a des choses que j'ai besoin de dire, des choses qui signifient tant pour moi. Si mes mots ne rendent pas mon message limpide, m'aideras-tu à me sentir libre ? Si j'ai paru te rabaisser, si tu m'as cru indifférente, essaye d'écouter par-delà mes mots. les sentiments que nous partageons. J'aime beaucoup ce poème parce que je trouve qu'il fait écho à quelque chose de super important quand il s'agit de communication, c'est qu'on a tous, sans exception, soif de relations dans lesquelles chacun peut être entendu, respecté et compris. Parfois, on y arrive super bien. Donc la communication et la communication non violente, ce n'est pas des principes nouveaux. Il y a des fois où on arrive parfaitement à communiquer avec une personne, où on sent que l'autre se sent compris, écouté, et que nous aussi, on se sent compris et écouté. Mais c'est dans des moments où on est touché dans quelque chose. On voit qu'il y a quelque chose qui nous blesse, ou c'est quelque chose d'important qui est en jeu. Dans ces moments-là, on peut assez facilement perdre notre capacité à bien communiquer. Et la communication non-violente, justement, ça sert à ça. Ça permet de retrouver ça dans des moments où on se sent chahuté et où communiquer devient un peu plus difficile. Et pour moi, pour expliquer ce que c'est le principe de communication non-violente et comment l'appliquer dans nos vies, le plus important, c'est de comprendre qu'à la base de toute la communication, il y a nos besoins et nos valeurs. En fait, on a tous des besoins, des valeurs qui sont importantes pour nous. Donc quand on communique avec les autres au quotidien, il y a toujours ces besoins et ces valeurs qui sont sous-jacents. Parfois, même sans qu'on en ait conscience. La plupart du temps d'ailleurs, on n'en a pas vraiment conscience. Pourtant, ces valeurs, ces besoins, ils vont orchestrer notre manière de communiquer et de réagir à ce que vont dire et faire les autres. Par exemple, si vous parlez avec un ami et qu'il vous coupe la parole à plusieurs reprises. Selon qui vous êtes et ce qui est important pour vous, vous allez réagir différemment. Personnellement, quand ça m'arrive, j'ai tendance à être assez vite énervée et à me dire que l'autre ne m'écoute pas ou alors qu'il ne me respecte pas et qu'il ne respecte pas mon temps de parole. Ce que ça vient dire de moi, c'est que j'ai un profond besoin d'être écoutée et d'être entendue, comme probablement tous les gens qui animent un podcast, si on peut faire un peu d'humour et être sincère. J'ai aussi un profond besoin d'écouter l'autre pleinement sans aller le couper. C'est-à-dire que quand je vais écouter quelqu'un me parler, je vais faire attention à moi-même ne pas lui couper la parole, puisque c'est important pour moi qu'on ne me coupe pas la parole. Mais si on reprend mon exemple, et que je m'énerve contre mon ami qui me coupe la parole, il y a fort à parier qu'en fait, il ne comprenne pas du tout pourquoi est-ce que je m'énerve. Parce que si lui, il le fait, si lui, il me coupe la parole, c'est que pour lui, c'est ok de se couper la parole. À moins, bien sûr, qu'il ait des intentions malveillantes. Mais si on part du principe que c'est mon ami, c'est peu probable. Peut-être que pour lui, le plus important, c'est de rebondir sur ce que chacun dit, sans attendre. ou que lui aussi a un profond besoin d'être entendu et respecté, et que pour lui, c'est une manière de le faire. On n'en sait rien, je fais juste des suppositions pour étayer mon exemple. Mais ce que je veux dire par là, c'est que dans nos relations, on se heurte toujours à des situations où nos besoins, nos attentes, ils sont différents de l'autre. Et ce qu'on a tendance à faire naturellement, ça va être de juger et d'interpréter ça. Oui, il me coupe la parole, il n'a aucun respect, il ne m'écoute pas parler, il s'en fiche de ce que je suis en train de lui raconter finalement. C'est ça qu'on va se dire dans ces moments-là. Mais en fait, de faire ça, même si c'est instinctif et naturel, ça nous coupe très rapidement de la bienveillance et de la connexion qu'on a à l'autre. Parce que ce qui se passe généralement dans ces cas-là, c'est qu'on va finir par faire des reproches à l'autre. On se sent blessé dans un truc qui est important pour nous. Donc ici, comme on l'a dit, c'est le fait d'être écouté, d'être respecté. On va pouvoir dire à l'autre, par exemple, Tu ne m'écoutes pas, tu n'en as rien à faire de ce que je te dis etc. Et ce que la communication non-violente, elle nous apprend à faire, c'est pas de faire taire ses besoins, ses valeurs, parce que c'est des choses importantes, fondamentales même pour nous. C'est plutôt de partir d'une situation comme celle-ci, où on sent que nos valeurs, nos besoins ne sont pas respectés, et de tenter de rétablir la situation dans notre intérêt, mais aussi dans celui de l'autre. Donc par exemple, ici ça pourrait donner Écoute, je vois que tu as pris la parole avant que j'ai fini ma phrase, je me sens vexée parce que c'est important pour moi de finir ce que j'étais en train de dire, est-ce que je peux finir ma phrase et puis je te laisse la parole juste après ? Tout simplement. Est-ce que vous voyez la différence entre les deux manières de dire à l'autre écoute, là tu m'as coupé la parole et ça ne me convient pas Je vous propose qu'on déchiffre ça ensemble en quelques points. pour expliquer comment la communication non-violente propose de gérer ces situations où on sent un conflit. Moi, je vais garder le même exemple tout le long pour que ce soit plus simple à comprendre, mais évidemment, c'est applicable à toutes les situations du quotidien, tous les conflits, toutes les incompréhensions, dans n'importe quel domaine. Déjà, le premier point, on remarque qu'on passe d'un mode interprétation à un mode observation. En fait, quand je dis tu ne m'écoutes pas, tu n'en as rien à faire de moi Je suppose que je sais pour quelle raison mon ami me coupe la parole. Et du coup, je nourris de la colère en moi en me faisant, en me racontant une histoire selon laquelle mon ami en a rien à faire de moi, qu'il m'écoute pas, que c'est toujours pareil. Alors que la vérité, c'est que je sais pas du tout pourquoi est-ce qu'il l'a fait. J'ai le droit d'être fâchée qu'il l'ait fait, évidemment. J'ai le droit d'être fâchée qu'il m'ait coupé la parole, ça c'est sûr et certain. Encore une fois, la communication non-violente, elle n'est pas là pour nier ce que vous ressentez. Juste pour prendre un certain recul pour votre bien-être et le bien-être de vos relations de manière générale. Mais en fait, le premier principe de la communication non-violente, c'est le fait de se détacher des interprétations et des jugements pour ne garder que le factuel, c'est-à-dire concrètement qu'est-ce qui s'est passé. Concrètement, il m'a coupé la parole. Point barre. On fait redescendre la pression, on calme le mental qui cherche des raisons du pourquoi est-ce qu'il m'a coupé la parole, qui vient nourrir toutes nos émotions désagréables, et on revient juste au concret, en disant, je vois que tu as pris la parole avant que j'aie fini ma phrase, ou je vois que tu m'as coupé dans ce que tu me disais, ou je vois que tu m'as coupé la parole, tout simplement. Ensuite, on a ajouté je me sens vexée parce que c'est important pour moi de terminer ce que j'étais en train de dire C'est la deuxième partie essentielle de la communication non-violente. Une fois que j'ai posé l'effet concret, que j'ai exprimé factuellement ce qui venait de se passer, tu m'as coupé la parole. Il y a une étape qui est importante, c'est de regarder ce qui se passe à l'intérieur de moi. Ça demande de bien se connaître et surtout de bien s'écouter, ce qui n'est pas toujours facile à faire. Mais l'idée, ce n'est pas d'être parfait, c'est juste de picorer ici et là des petites choses qui peuvent vous aider à vous sentir mieux en vous-même et dans vos relations. Mais comme c'est une étape qui demande de bien s'écouter et de bien s'observer, c'est la raison exacte pour laquelle je ne serai jamais d'accord avec tous les gens qui disent qu'on peut être trop émotif. parce que les émotions, elles nous permettent de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de nous, de les écouter, et en faisant ça, c'est être bien plus fort que de mettre gentiment toutes ces émotions sous le tapis. Mais bien sûr, c'est un apprentissage de chaque instant. Donc par exemple ici, il me coupe la parole, qu'est-ce que je ressens en moi ? Je me sens vexée, je me sens touchée. Ok, très bien, super début. De même qu'on ne juge pas les faits et gestes de l'autre, on ne juge pas ce que nous on ressent. On l'observe simplement. Donc pour l'instant, on observe juste deux choses. La première, c'est qu'il me coupe la parole. La deuxième, c'est que je me sens vexée. Je sais que cette étape, elle peut paraître difficile. Ça peut déjà être difficile de mettre des mots sur ce qu'on ressent, alors aller le confier aux autres, je me rends compte que ça peut être pire. Mais je crois que c'est comme tout, au début ça fait un peu bizarre, on n'est pas habitué, on se sent mal à l'aise, et puis petit à petit, ça devient de plus en plus facile et naturel. Et puis, les gens autour de nous s'habituent aussi à ce qu'on fait de nouveau, et ça peut même les inspirer pour faire de la même manière que nous. Et je crois aussi que ce qui est frais à ce niveau-là, c'est le fait de devoir se montrer vulnérable en parlant concrètement de ce qu'on ressent. On a peur aussi de la réaction de l'autre. Si je parle de ce que je ressens, qu'est-ce qu'il va dire, qu'est-ce qu'il va penser, etc. J'ai déjà fait un épisode de podcast sur le sujet de la vulnérabilité, justement, si ça vous intéresse et que vous ne l'avez pas encore écouté, je vous invite à y faire un petit tour. Mais en attendant, je peux vous assurer que dans la majorité des cas, parler de ce qu'on ressent, ça permet à l'autre de se confier à son tour, et ça permet in fine d'avoir des échanges plus apaisés et plus bienveillants. Et petit aparté d'ailleurs ici, on parle de ce qu'on ressent, mais on accepte aussi la responsabilité de nos propres émotions. C'est-à-dire, j'ai bien dit je me sens vexée, j'ai pas dit tu es vexant. C'est très différent parce que tu es vexant, on revient à nouveau dans un truc de jugement et de reproche, ce qui n'est pas du tout le but de la communication non-violente. En fait, en communication non-violente, on précise bien que les actes de l'autre peuvent déclencher des émotions chez nous. mais que l'autre n'est pas la cause de nos émotions. Parce que nos émotions, elles proviennent de notre manière d'interpréter ce qui nous entoure. Je prends un exemple. Si je vous dis que vous êtes égoïste, à nouveau, vous pouvez réagir de tas de manières différentes. Vous pouvez le prendre pour argent comptant et être vexé, sans même le remettre en question. Vous pouvez aussi rejeter la faute sur moi, me dire que c'est pas vrai, vous défendre. Vous pouvez aussi choisir d'ignorer complètement ce que je viens de vous dire. Ou encore, chercher à comprendre à travers mes mots pourquoi est-ce que je vous dis ça. Bref, il existe des tas de façons de réagir à une attaque. Et ça, c'est vous qui en avez le pouvoir. Moi j'ai le pouvoir de vous dire que vous êtes égoïste, mais vous, vous avez le pouvoir de l'interpréter, de l'analyser et d'en ressentir une chose ou une autre. Alors je vois venir ceux qui cherchent toujours la pire situation, évidemment si vous vous faites agresser dans la rue par exemple, les actions de l'autre auront forcément un impact énorme sur vous. Mais sortis de ce genre de contexte qui sont extrêmes et bien évidemment pas du tout justifiés, C'est assez chouette de se dire qu'on est responsable de ce qu'on ressent en fait. On reprend le contrôle, donc ça nous rend encore plus libres. Les gens peuvent vous dire, peuvent faire tout ce qu'ils veulent, tout comme vous d'ailleurs, mais vous seuls avez le pouvoir de choisir comment vous interpréter ce qui se passe. Et ce que la communication non-violente, elle encourage, c'est justement de ne rien interpréter. Prendre les paroles et les actes de chacun, sans y mettre de jugement, et puis prendre la responsabilité de nos propres émotions. Donc je me suis un peu éparpillée, mais pour reprendre, on a d'abord le fait de passer d'un mode interprétation à un mode observation. Puis on a parlé de ce qui se passait à l'intérieur de nous. Donc tu as fait ça, et en ce moment je ressens ça, tout simplement. Ensuite, qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? On va exprimer nos besoins. Et c'est ce que je fais quand je dis, c'est important pour moi de terminer ce que j'étais en train de dire. Et c'est d'ailleurs ce que je fais quand je dis Tu m'as coupé la parole, je me sens vexée, donc c'est important pour moi de terminer ce que j'étais en train de dire. En fait, bien que je sois responsable de mes propres émotions, le principe de la communication, c'est quand même de partager ce qui se passe à l'intérieur de nous et que l'autre ne peut pas deviner. Sinon, il n'y aurait pas d'intérêt à communiquer. Donc, quand je ressens de la colère parce qu'on vient de me couper la parole, je suis responsable de mes émotions, mais je reconnais que c'est parce qu'on m'a coupé la parole qu'il y a de la colère en moi. Donc, le but, c'est de l'exprimer à l'autre, encore une fois, sans reproche, sans critique, le plus factuellement possible, encore une fois. Donc, tout simplement, ça pourrait donner Il s'est passé ça, ça m'a fait ressentir ça parce que j'ai besoin de ça. Et la communication non violente, c'est simplement ça. Ici, j'ai expliqué que je me sentais vexée parce que j'ai besoin de terminer ce que j'étais en train de dire pour me sentir écoutée et respectée et que sais-je encore. Vous voyez la différence entre dire ça et juste dire Oh là là, tu es chiant parce que tu m'écoutes jamais Et le fait d'exprimer clairement vos besoins, ça peut paraître bizarre, à nouveau parce qu'on n'en a pas trop l'habitude, exactement comme exprimer nos ressentis et nos émotions. Mais en fait, je trouve que pour l'avoir expérimenté, ça fait tout de suite baisser la pression dans des moments de tension ou dans des situations ou des discussions un peu difficiles, des discussions qu'on n'a pas trop envie d'avoir, qui sont un petit peu gênantes. Parce que souvent, on veut juste ce qu'il y a de mieux pour soi. Et puisqu'il y a de mieux pour l'autre, on n'est pas blessant ou méchant par volonté d'être blessant ou méchant. Donc simplement dire, ok attends, là ça me convient pas parce que je ressens ça, et j'aurais plutôt besoin de ça à la place, c'est ouvrir super grand la porte à de la compréhension et de la bienveillance de la part de l'autre. Et ça, c'est génial. Et enfin, la toute dernière chose importante en communication non violente, c'est de formuler une demande claire et précise à l'autre. Donc tout simplement, ici j'ai dit, est-ce que tu peux me laisser finir ce que j'ai commencé à dire, et puis je te laisse la parole juste après ? En fait, quand on exprime juste ses émotions et ses besoins, c'est déjà super, mais on n'est pas sûr d'obtenir in fine le résultat qu'on aimerait. Ici, mon ami, il peut comprendre que je me sens vexée. Et pour autant, ne pas vraiment saisir que j'ai besoin qu'il me laisse finir mes phrases. parce que ce qui vous paraît évident ne l'est pas forcément pour l'autre. Et puis parfois même, on se sent agacé, on sent qu'il y a quelque chose qui nous gêne, mais on a vraiment du mal à dire ce qu'on aimerait à la place. Donc cette dernière étape, elle permet à nouveau de plonger à l'intérieur de nous-mêmes pour comprendre nos besoins profonds, et puis de tout simplement le formuler et le demander à l'autre. Pour vous donner un exemple, Un exemple personnel, quand je suis avec des gens pendant une longue période, un week-end avec des amis, une semaine de vacances en famille par exemple, j'ai toujours besoin de petits moments seuls. Je le sais parce que je me connais, que j'ai appris à voir que si je ne le faisais pas, je ne me sentais pas bien. Mais ça a pris beaucoup de temps. Au début, j'en avais pas vraiment conscience et ça pouvait m'irriter d'être les uns sur les autres pendant plusieurs jours de suite. C'est vraiment en apprenant à m'écouter que j'en ai pris conscience. Donc à nouveau, il n'y a pas d'urgence, c'est un processus qui prend du temps. Donc dans ces situations-là, aujourd'hui, je le formule hyper facilement et simplement aux gens qui sont avec moi en leur disant par exemple Tu sais, ça n'a rien à voir avec toi, mais je me sens fatiguée, je sens que j'ai besoin d'un moment de solitude pour recharger mes batteries. Est-ce que c'est ok pour toi que je prenne une demi-heure, une heure solo, et puis on se retrouve juste après ? Et puis avec le temps, mes proches, ils le savent et ils sont habitués. Et bien, il s'agit de faire la même chose tout simplement. Parfois, vous n'aurez pas vraiment conscience tout de suite, à chaud, de ce dont vous auriez besoin. Mais c'est ok aussi d'avoir la conversation a posteriori. Par exemple de revenir à la personne et puis de lui dire écoute, tout à l'heure, il s'est passé ça et j'aimerais te partager ce que j'ai ressenti et j'aimerais te proposer qu'on fasse autrement la prochaine fois Donc, pour récapituler, la communication non-violente, elle propose de communiquer dans cet ordre-là. 1. Je te dis ce que j'observe sans jugement. 2. Je te dis ce que ça m'a fait ressentir, concrètement. 3. Je te partage le besoin qui n'est pas assouvi chez moi dans cette situation précise. Et puis 4. Je te formule une demande concrète pour assouvir ce besoin, tout en respectant tes besoins. Et je tiens à vous rassurer, je vous explique les choses telles qu'elles sont données en communication non violente, donc de manière assez scolaire et pragmatique. Ça ne veut pas dire qu'il faut l'appliquer à la lettre dans toutes vos discussions, et que si vous ne le faites pas, vous ne communiquez pas bien, ou que vous communiquez de manière violente. Pas du tout. Parfois, on n'a pas besoin de passer par toutes ces étapes, parce que la communication est déjà fluide, elle est déjà franche. Et puis à l'inverse, parfois on se sent complètement débordé par nos émotions, on craque, on communique mal, on se ferme, on boude, et parfois on est juste mal à l'aise de communiquer de cette manière. Et c'est complètement ok de ne pas toujours réussir à bien communiquer, on est des êtres humains. Pour moi, le but de la communication non-violente, c'est juste, une fois de plus, d'avoir un outil dans la poche, dans des situations où on se dit, tiens, cette situation, elle me gêne un peu, ou cette discussion, je sens qu'elle va être difficile à avoir. De pouvoir avoir un espèce de schéma, un espèce de plan en quatre étapes, de comment fluidifier la discussion. Et puis, bien sûr, vous ferez toujours face à des cons dans la vie. Je suis désolée de dire les choses aussi crûment. Et bien sûr que la communication non violente ne marchera pas forcément dans toutes les situations comme on aimerait. Face à quelqu'un qui est de mauvaise foi ou qui est ouvertement méchant ou désagréable, vous n'aurez peut-être pas l'effet escompté, et puis vous n'aurez peut-être pas non plus envie de communiquer de manière non violente, mais vous pourrez toujours essayer et vous dire que vous aurez fait de votre mieux. Et ensuite, la réponse de l'autre, elle n'est pas de votre sort. Ça aussi, c'est important dans la communication non-violente. Vous vous faites de votre mieux pour communiquer. Ensuite, la réponse de l'autre, ce n'est pas de votre faute. Ce n'est pas de votre sort. Mais pour toutes les fois où vous vous fâchez avec les gens que vous aimez sans comprendre pourquoi, toutes les fois où vous sentez que l'agressivité elle monte, alors que vous aimez très très fort la personne qui est en face, pour toutes les fois aussi où vous sentez que ça vous convient pas, il y a quelque chose qui vous titille mais que vous savez pas quoi y faire, la communication non violente ça peut vraiment être une super bonne alliée. Voilà, ce podcast touche à sa fin. J'espère que tout ça vous parlera, que vous y trouverez des astuces qui seront intéressantes et utiles dans votre quotidien surtout. Je tiens à le redire parce que c'est vraiment important pour moi et le but n'est pas de se culpabiliser, vraiment pas. Moi-même je ne communique pas parfaitement à chaque fois et ce n'est pas grave en fait. Toutes ces astuces, cet espèce de protocole que vous donne la communication non violente, c'est juste un truc dont on peut s'inspirer pour se sentir mieux dans ses relations. Mais à nouveau, si vous n'appliquez pas tout à la lettre, c'est pas grave et c'est même normal, on n'est pas des robots. Faites-vous confiance et puis appuyez-vous sur les conseils qui vous parlent le plus. Prenez-en seulement quelques-uns. Et un petit tip que je peux vous donner qui aide bien à pratiquer et à progresser là-dedans au quotidien, c'est simplement de prendre l'habitude de vous demander régulièrement Tiens, comment je me sens ? Qu'est-ce que je ressens ? Est-ce que je suis heureux de ma relation avec l'autre ? Et puis vérifier, est-ce que j'ai un besoin qui n'est pas satisfait ? De quoi est-ce que j'aurais besoin en plus, en moins ? Et déjà rien que ça, ça aide énormément à prendre conscience de soi-même, comment on se sent, de quoi est-ce qu'on aurait besoin, et puis ensuite de pouvoir le communiquer plus facilement à l'autre. je suis très heureuse d'avoir pu reprendre ce podcast avec ce sujet si intéressant et si vaste, on en a abordé évidemment qu'une toute petite partie je vous fais des très gros bisous et je vous dis à très vite, passez une bonne semaine