- Speaker #0
Chaque année c'était pire, chaque année il y avait des trucs qui s'empiraient Oui,
- Speaker #1
chaque année c'est la même chose, tu te dis Ah 2019, ah là là, 2020 le Covid Après il y a eu la guerre en Ukraine, il fait Ah mais l'année prochaine ça sera mieux Puis il y a toujours des trucs qui se rajoutent Oui,
- Speaker #0
toujours quelque chose qui se rajoute Et tu te dis,
- Speaker #1
allez, l'année prochaine ça sera mieux Mais juste un petit peu
- Speaker #0
Ou on demande même que ça stagne au moins
- Speaker #1
J'avoue, c'est que chaque année, on souhaite une année meilleure Et puis chaque année, le souhait n'est pas...
- Speaker #0
n'est pas réalisée finalement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
Durant l'année qui vient de s'écouler, nous avons vécu des moments d'épreuve. La décennie qui s'ouvre peut être la nôtre.
- Speaker #1
Bonjour, bienvenue dans En Vrai. Dans ce podcast, nous allons explorer le monde à travers les yeux des jeunes.
- Speaker #0
Nous allons aborder des sujets divers et variés comme la politique, les brocolis et l'impact de la jeunesse dans le monde d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Je m'appelle Laurelis, j'ai 15 ans et je suis en seconde. Plus tard, j'aimerais travailler dans le monde du cinéma.
- Speaker #0
Moi, je m'appelle Angèle, j'ai 15 ans, je suis aussi en seconde et j'adore tout ce qui touche à l'art.
- Speaker #1
En vrai, avoir 15 ans, c'est quoi ?
- Speaker #0
Par exemple, moi j'ai 15 ans et je suis en seconde du coup. J'ai vécu mes 15 ans avec la réussite de mon brevet. Puis je suis allée au lycée. J'ai changé de lycée. Je croyais savoir ce que je voulais faire dans la vie plus tard. Et finalement, j'ai remarqué que pas du tout. C'est vrai que
- Speaker #1
15 ans, c'est une année assez importante. Parce que même pour moi... J'ai eu le brevet, je suis arrivée au lycée. Tu dois déjà savoir un peu ce que tu veux faire pour choisir les spécialités que tu vas prendre qui vont te dire ce que tu vas faire plus tard.
- Speaker #0
Quand je regarde le monde de mes 15 ans, je me sens un peu stressée face à tout ce qui se passe et tout ce qu'on voit parce qu'il y a l'environnement qui se dégrade. Il y a des guerres qui recommencent, qui commencent ou qui ne se terminent jamais, comme par exemple la guerre en Iran. Il y a une forme de montée du fascisme ou du racisme décomplexé. Il y a énormément de choses qui se passent et qui ne sont pas vraiment positives. Et je trouve ça assez stressant de voir ça, alors que j'ai la sensation qu'on ne peut rien faire du haut de nos 15 ans.
- Speaker #1
Mes 15 ans, je les vois... Si je devrais les décrire, ce serait plein d'adjectifs pas super positifs, parce que c'est stressant. Le seul point positif, c'est que je ne me sens pas plus libre, mais un peu aussi. On peut faire un peu plus de choses. Je ne me dis pas, je vais me coucher et demain, ce sera mieux.
- Speaker #0
Nous avons partagé notre point de vue de qu'est-ce que c'est les 15 ans en 2026. Chaque génération, chaque âge et chaque personne a vécu un 15 ans différent. On va leur demander tout simplement et ensuite débriefer sur qu'est-ce que c'est les 15 ans au final.
- Speaker #3
C'était beaucoup de... Moi en tout cas une franche rigolade à un moment où... Je sais pas si je me suis posé beaucoup de questions à ce moment-là parce que j'étais vraiment très occupée je pense à... Ouais, à faire l'andouille avec les copines et du coup à ne pas bosser énormément. J'ai eu de la chance parce que j'ai quand même réussi à peu près mes examens et notamment mon BEPC, ce qui n'a pas été le cas des autres copines avec lesquelles je déconnais, parce que je les ai quand même un peu empêchées de travailler. J'étais pas trop en questionnement à ce moment-là, je ne me rappelle pas avoir été trop en questionnement. Par contre, ce dont je me souviens, oui, c'est sur le fait que... quand il y avait une mode et à l'époque c'était par exemple les pantalons pack def et puis les petits blousons courts et puis aussi les comment on appelle ça les salopettes en fait il fallait acheter une salopette avec des pattes def et mettre un blouson court et on essayait tous d'être enfin toutes les filles évidemment on est quand même on faisait du copier coller quand même beaucoup beaucoup et du coup voilà pas de questionnement en fait parce qu'en réalité on faisait que répondre à des codes
- Speaker #4
J'étais en seconde, ça a été la sortie du film Titanic, l'enfer sur terre pour moi-même, car toutes les filles de l'école et de ma classe notamment étaient fans de ce film et moi je n'ai pas compris du tout le concept et l'intérêt du sujet, donc c'était un petit peu compliqué. Et le deuxième, c'est mon premier concert d'IAM, grande fan du groupe IAM, et je suis allée voir le concert de l'école du micro d'argent. Le tour de l'école du micro d'argent, j'en garde un souvenir impérissable.
- Speaker #1
C'était en quelle année ?
- Speaker #4
97. Moi je pense que c'est plus difficile à votre époque qu'à la nôtre. Le climat, les tensions, il y en a eu partout et à chaque époque, donc ça c'est pas le sujet, mais vous êtes beaucoup plus informés, beaucoup plus connectés. et beaucoup plus soumis à des pressions qu'on n'avait pas nous à notre époque. On avait quand même un côté un peu insouciant que vous n'avez pas le luxe d'avoir.
- Speaker #5
42, moi je sais pas combien, égal 15. Je dirais à 15 ans, c'est un peu autant cool que compliqué. Parce que je dirais que c'est une période où, en tout cas pour moi, je parle pour moi, où on se cherche, en tout cas moi je me cherchais. j'avais pas forcément de facilité à trouver mon identité j'avais plutôt tendance d'ailleurs c'est ce qu'on disait tout à l'heure à essayer de faire comme les autres pour essayer de faire partie par exemple d'un groupe et j'allais pas forcément écouter ce que moi je voulais faire je faisais un peu plus comme les autres et c'est bien plus tard qu'en fait je me suis émancipée de tout ça mais je me dis est-ce que c'est pas au final un passage entre les lignes obligé, je sais pas c'est vraiment une question est-ce qu'on est obligé de passer par là mais il y a aussi ce côté maintenant avec le recul c'est cool quand on a 15 ans parce qu'on pense pas à tous les trucs d'adultes
- Speaker #3
C'était à la fois plus léger, je pense, mes 15 ans à moi que peut-être les 15 ans d'aujourd'hui. Après, est-ce qu'il y avait plus de harcèlement, est-ce qu'il y avait moins de harcèlement pour semer sur ce sujet-là ? Je pense qu'il était diffusé différemment et je pense surtout qu'on le vivait différemment aussi parce qu'il y a eu toute une époque où on ne savait pas que c'était mal. de se faire harceler. On n'aurait pas eu l'idée d'aller voir un prof pour lui dire « je suis harcelée » . C'est même pas un mot qu'on employait, en fait. Et en fait, voilà. Et je pense que nos 15 ans en ça étaient sans doute plus légers, parce que moins, effectivement, d'informations touffues autour, comme on a l'impression que vous, tout vous arrive aux oreilles. Nous, on n'avait pas ça. Après, est-ce que c'est plus difficile aujourd'hui d'avoir 15 ans ? Moi, je peux m'exprimer à la limite en fonction de mes petits-enfants, je sens plus chez vous, et je peux me tromper là encore, parce que je ne veux pas faire une généralité, plus quand même de rébellion. Et qui dit rébellion, à mon sens, dit réflexion. Je pense que nous, on n'avait pas ça, on ne savait pas se rebeller, et je pense qu'on n'avait pas l'autorisation de se rebeller. Je pense que vous avez une chance aujourd'hui, vous, peut-être, c'est d'avoir une parole plus libre. C'est-à-dire que vous parlez, on vous écoute, vous avez une voix. On commence à dire que les enfants, c'est avant tout des êtres humains, c'est des adultes en devenir. Nous, on ne nous considérait pas comme ça.
- Speaker #6
C'est la victoire du Cercle Saint-Pierre de Limoges, le CFP Limoges, en championnat d'Europe. Premier titre français, c'est un titre pour une équipe collective. Pour le collectif français, voilà. Donc j'ai vu ça en direct à la télé, c'est un souvenir impérissable également.
- Speaker #4
C'était du basket ?
- Speaker #6
C'était du basket, Limoges, le SESP, oui c'est du basket. Votre génération, vous, vos 15 ans, il y a peut-être moins d'innocence, parce que vous êtes informé de tout. Vous êtes ultra connecté. Le monde est ouvert. Moi, à 25 ans, en 1993, le mur de Berlin est tombé quelques années plus tôt. On n'est pas encore dans l'Union Européenne comme vous la connaissez. Il y a très peu de gens qui traversent les océans et qui vont vivre dans certains pays. On est plutôt enfermés sur nous. Ouais, on ne connaît pas tout. Par contre, nous, on est une génération SIDA. où on nous parlait ça du petit moment du matin jusqu'au soir, on en parlait tout le temps. Puis évidemment génération guerre du Golfe, la guerre du Golfe c'est juste un ou deux ans avant mes 15 ans. Et 93 c'est toujours, là il y a la guerre, la Russie envahit l'Ukraine, mais c'était la dernière guerre sur le sol européen, c'était l'ex-Yougoslavie, c'était aussi dans ces années-là, il y avait ce côté, et c'est encore plus près de chez nous, il y avait ce côté, c'était la première fois qu'il y avait un conflit armé en Europe depuis la seconde guerre mondiale. on a quand même eu aussi nos tensions et le côté un peu stressant de cette période-là.
- Speaker #5
A 5h45 ce matin, premier coup de pioche sur le mur de Berlin. Des dizaines d'allemands, est et ouest, sont montés sur le monument historique. La zone interdite est aux mains de la jeunesse allemande. Chacun leur tour, ils prennent la pioche, cassent un morceau du mur qu'ils gardent dans leur poche en souvenir.
- Speaker #3
Vous êtes obligés aussi de faire du tri dans tout ce que vous avez comme information. Nous, on avait un dixième de ce que vous avez aujourd'hui comme information, parce que moi, mes parents ne voulaient pas que je regarde des infos. Donc, on ne savait pas ce qui se passait dans le monde. On savait qu'au travers de deux chaînes de télévision, les parents ne nous laissaient pas forcément regarder. Vous, vous en avez trop, à contrario. Ça vous construit aussi quelque part, peut-être un peu, de pouvoir être capable, justement, tu vois, tu parles de fake news, d'avoir cette espèce de réflexe de dire non, mais là, non, là, là, ça... Non, c'est juste pas possible, arrêtons. Et ça c'est important parce que c'est votre jugement, c'est votre libre arbitre. Et c'est aussi, quelque part, cultiver le bon sens. Parce que je pense que le bon sens, ça se perd un peu. Des fois on dit, non mais c'est logique en fait, c'est normal. Tu vois, il y a du bon sens là-dedans, c'est quelque chose de... Et ça je sens que c'est une notion qui échappe un petit peu parfois aux gens plus jeunes. Et là ? cette information qui converge vers vous. Oui, ça doit être compliqué parce qu'effectivement, c'est du non-stop. C'est du non-stop, sauf si vous vous mettez en pause vraiment de façon très dure, en disant, tiens, je pose mon téléphone, je pose ma télé, je pose tout, je ne m'occupe de rien. Mais en même temps, ça vous oblige déjà à réfléchir, à faire du tri, et puis ce n'est peut-être pas si mal parce que du coup, en grandissant... Vous avez une espèce d'expérience que nous on n'avait pas en fait.
- Speaker #5
Je pense que les questionnements qu'on peut avoir globalement à 15 ans sont encore présents et ça dépend je pense des personnes, mais je me dis l'ouverture d'internet avec les réseaux sociaux, tout ce qui se passe, ça peut être sympa pour communiquer, avoir des nouvelles infos, mais je me dis est-ce que ça ne peut pas être un peu plus compliqué, peut-être je ne sais pas, en nous. Tout ce qui est fake news et tout ça, des infos qu'on va aller chercher qui ne sont pas forcément vraies, qui vont peut-être, je ne sais pas, modifier notre manière de penser ou quoi. Et après tout ce qui est harcèlement et tout ça sur les réseaux. Parce que, en fait, par exemple, quand je pense au harcèlement, je ne sais pas s'il y a plus de harcèlement mentir qu'avant. Mais maintenant, la donnée supplémentaire, c'est qu'il y a le harcèlement en ligne. Donc je me dis, il y a un truc qui a ajouté. Est-ce que ça rend plus difficile le fait d'avoir 15 ans ou pas ? Je ne sais pas.
- Speaker #3
Le seul truc que j'ai envie de vous dire, c'est... C'est bête, parce que ça fait un peu poncif, mais c'est carpe diem. C'est-à-dire qu'essayer de prendre chaque jour, vraiment, chaque jour, déjà d'y trouver du positif, et puis chaque jour... l'un après l'autre en fait parce que là on se dit oh là là une guerre oh là là machin oh là là Trump oh là là ça sert à rien de toute façon vu là où on est on peut rien faire donc juste de dire voilà vous avez l'information vous ouvrez un tiroir vous la mettez dedans vous savez que vous l'avez puis vous passez à autre chose pareil avec une autre qui est négative vous la mettez dedans et d'essayer de raccrocher justement avec ce qui est bien dans votre vie ce qui est positif dans votre vie ce qui construit votre vie et puis voilà
- Speaker #0
En vrai, Loredis, je pense qu'on sera jamais d'accord sur les sujets légers et quasiment toujours sur les sujets profonds.
- Speaker #1
Conclusion, 2 points ! Après avoir interviewé toutes ces personnes, nous nous sommes rendu compte que avoir 15 ans, ça a ses hauts et ses bas, à n'importe quelle époque. Assez plaisante quand on le regarde sous différents angles, il faut juste avoir une vue d'ensemble et pas trop de soucis du reste.
- Speaker #0
Moi, ce qui m'a le plus marquée dans cette interview et tout ce qu'on a fait, en sachant que c'est le premier podcast que j'ai fait, c'est d'aller voir les gens, en particulier les deux femmes qu'on est allées voir en tout premier, parce que j'étais assez d'accord avec tout ce qu'elles disaient et je trouvais ça très agréable de parler avec des gens qu'on ne connaissait pas et qu'on allait voir juste pour poser des questions et savoir leurs réponses.
- Speaker #1
J'ai aussi aimé le début où on parlait ensemble, on commençait déjà un peu à se faire une idée de ce qu'on allait entendre, de ce qu'on allait dire, mais en fait, c'est pas du tout ce qu'on pensait au final.
- Speaker #0
En fait, on a surtout énoncé les faits qui se passaient dans notre jeunesse, et en particulier ce qui était négatif, alors que... En réalité, on ne pense pas seulement négativement par rapport à ce qui se passe, en tout cas pas moi. Et il y a aussi des visions positives que j'ai de la vie d'aujourd'hui en tant que jeune.
- Speaker #1
En tant que nouvelle personne. Jeune de ce monde. Like Jones. C'est vrai que... Non, je ne parle pas forcément négativement du monde, surtout qu'on ne travaille pas encore. Ouais, non, on est plutôt serein. Je me sens plutôt serein, sereine, dans ce monde.
- Speaker #0
Ouais, et le fait aussi qu'on compte plus dans la société.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on a une place, enfin, on n'a pas une place importante, mais notre opinion est quand même, je pense, un peu plus prise en compte qu'à l'époque. C'est assez vague, mais c'est qu'il y a toujours un côté positif au côté négatif au final.
- Speaker #3
Vous êtes super toutes les deux, c'est très chouette de discuter avec vous. Ouais, c'est vraiment bien. Merci, c'est bien. J'ai chouette avec vous. Merci.
- Speaker #7
C'est au prévise, mais de toute évidence, ce n'est pas seulement Limoges qui a gagné, mais tous les clubs français derrière Limoges ce soir, j'en suis sûr.