Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Entre savoir et être, le podcast où l'on explore les idées reçues, les concepts du développement personnel et ce qu'il signifie vraiment dans notre quotidien. Ce nouvel épisode est dédié à un outil aussi simple qu'impactant, le triangle dramatique de Karpman. Que vous soyez formateur, coach ou manager, ou tout simplement en quête de clés pour mieux vivre vos relations, cet épisode vous donnera des pistes concrètes et des exemples pratiques pour comprendre, repérer et sortir des jeux psychologiques. Je suis Lauriane Karadjinov, formatrice, coach et fondatrice de OneChange Coaching et Éducation. Alors, quelles sont les origines ? et le concept du triangle. Le triangle dramatique a été modélisé par Stephen Karpman en 1968 dans le champ de l'analyse transactionnelle qui est une théorie de la personnalité et de la communication créée par Eric Berne dans les années 50. Cet outil du triangle dramatique de Karpman permet de mieux comprendre nos comportements, nos relations et les jeux psychologiques que nous jouons souvent sans en avoir conscience où les personnes peuvent adopter l'une de ces trois postures. Il y a la posture de victime, le Merci. pauvre de moi, je n'ai pas de chance. On va parler un peu du caliméro. Donc c'est une posture impuissante qui se sent persécutée, incomprise, qui attendra toujours de l'aide de l'extérieur et qui ne se remettra pas du tout en question puisqu'elle partira toujours du principe que c'est la faute des autres. Donc je ne réussis pas, c'est la faute des autres. Je me fais quitter, c'est la faute des autres. Je n'ai pas réussi telle carrière, c'est la faute des autres, etc. Nous avons ensuite ce qu'on appelle le sauveur. Le sauveur, c'est je vais t'aider. C'est Superman qui arrive avec sa cape de sauveur. Même si on ne lui a strictement rien demandé, il va vouloir faire pour les autres. Il ne va pas laisser le sens de la responsabilité en face de lui. Donc très souvent, le sauveur va prendre la part des autres sans leur demander. Et on aura le persécuteur qui lui est plutôt en mode bourreau. C'est un peu le méchant gargamel, entre guillemets, c'est le c'est de ta faute, tu es mauvais. C'est quelqu'un qui va imposer, critiquer, rabaisser presque systématiquement et il peut même avoir une posture de pervers narcissique qui a un besoin de contrôle excessif et qui évidemment n'a jamais été réglé. De ce fait, il prend le contrôle sur les autres, il va les étouffer, il va leur faire peur, parfois même jusqu'à les pousser au burn-out. Donc ça c'est extrêmement dangereux comme comportement et à fuir évidemment. Donc, ces rôles vont tourner, ils vont tourner même plusieurs fois dans une seule journée. Une victime peut devenir persécuteur, un sauveur finir victime, etc. Et en fonction des différents événements de la journée, cette posture va tourner, comme le jeu des chaises musicales, et c'est un cercle vicieux qui ne nous sort jamais de la problématique de départ. Donc, le but, en fait, de connaître ce triangle, c'est de prendre sa part de responsabilité en mode adulte. Et effectivement... de sortir de ses jeux psychologiques pour résoudre le conflit du moment. Donc l'objectif caché du triangle, c'est d'éviter la responsabilité personnelle tout en gardant une forme de pouvoir relationnel. Le triangle de Karpman, pour les formateurs d'abord, on va voir un petit peu l'impact que ça peut apporter en formation. Dans une salle de formation, ces dynamiques peuvent surgir entre participants ou entre formateurs et dans un groupe. Donc... L'exemple que je peux vous donner, par exemple, un participant va dire « ce module est trop théorique, on n'apprend rien d'utile » . Je crois que c'est bien une des pires réflexions, qu'un formateur puisse s'entendre dans une formation face à tout son auditoire. Le formateur, à ce moment-là, peut se victimiser et à l'inverse, peut aussi passer en persécuteur en se défendant ou en sauveur en se suradaptant. L'utilisation pédagogique, ça va être d'intégrer le triangle dans les modules sur la communication et la posture professionnelle. de l'utiliser pourquoi pas en fin de journée lors du feedback personnel ou l'évaluation à chaud pour travailler sur nos comportements futurs en cas d'objection similaire et savoir comment on peut se comporter à ce moment-là. Et c'est également de faire jouer des mises en situation pour aider à repérer les rôles. Dans toute formation que l'on va faire, en fonction des gens que nous avons face à nous, ce triangle va se mettre en place entre le formateur et ses apprenants. Et ça va tourner toute la journée. Donc il faut vraiment, pour ne pas rentrer dans ce jeu, adopter une posture extrêmement responsable et responsabilisante. Le triangle de Karpman, pour les coachs, c'est un excellent levier puisque c'est une clé de lecture très puissante pour un coach et notamment en coaching relationnel ou managérial. Exemple d'un coaché manager, mon équipe ne fait rien sans moi, je dois toujours tout contrôler. Donc là, il est dans une posture de sauveur, puisque c'est lui qui fait tout, en fait c'est lui qui sauve le service quand on écoute. Il peut aussi se basculer en victime en disant, je suis épuisée, j'en ai marre, de toute façon c'est les autres qui ne font pas les choses comme il faut. Donc en vérité, ce qui fait un excellent manager, c'est l'autonomie de l'équipe en son absence. En séance de coaching, on va lui faire dessiner le triangle, on va lui faire identifier les rôles joués, on va travailler les bénéfices cachés du rôle adopté parce que finalement, qu'est-ce que ça m'apporte comme bénéfice d'être une victime, d'être un sauveur ou d'être un persécuteur ? Qu'est-ce que ça m'apporte finalement comme bienfait ? Il y en a rarement des bienfaits dans des cas comme ça, mais ça permet de voir un petit peu où ça nous emmène face à nos interlocuteurs et c'est d'amener vers des postures plus responsabilisantes. Donc l'outil de sortie de cette situation, c'est que la victime se transforme plutôt en apprenant, le sauveur en soutien, le persécuteur en confronteur bienveillant qui permettra également une bonne remise en question. Également, le lien que l'on peut faire avec cet outil en management et en résolution de conflits, c'est que le triangle est fréquent quand même en entreprise et notamment dans un contexte de tension ou de communication difficile. Un cas concret, une collaboratrice dit à son manager J'ai encore dû finir le projet seul, personne ne m'aide jamais. Voilà, là, elle se pose en victime. Le manager va répondre, c'est toujours pareil, vous vous plaignez tout le temps. Là, il va être en position de persécuteur. Donc, pour le management, le but, c'est de repérer quand un conflit est un jeu relationnel déguisé. Encore une fois, le problème n'est pas le contexte, mais comment on va accueillir le contexte. Donc, le but, c'est d'agir sur des règles implicites. Je ne suis pas là pour sauver ou accuser, mais pour responsabiliser quoi qu'il arrive. Un outil intéressant, toujours avec ce triangle, c'est qu'il informe, mais ne justifie pas. Ce n'est pas un diagnostic, c'est un levier de prise de recul et de responsabilisation face à une situation. Et nous allons donc faire ensuite quelques cas pratiques. Alors, comment identifier les trois rôles et en sortir ? Par exemple, la victime, elle, sa phrase type, c'est « j'ai pas le choix » , « c'est injuste » , « c'est trop difficile » , « c'est pas de ma faute » . Alors, Si on veut déclencher une prise de conscience, ce sera déjà qu'est-ce que je peux choisir ? Parce qu'on a toujours le choix, on a toujours le choix. Même quand quelque chose est difficile, on a toujours le choix de comment on l'accueille et quelle perception on peut en avoir. L'outil qu'on peut utiliser à ce moment-là, c'est plutôt de prendre une posture d'apprenant et au lieu de se victimiser, c'est de se dire qu'est-ce que cette situation m'apprend sur moi et qu'est-ce que l'on me montre pour me faire avancer. Ensuite, nous avons le sauveur. Donc le sauveur, lui, sa phrase type, c'est je vais t'aider, tu vas voir, je fais ça pour toi ou sans moi, tu n'y arriveras pas. Quelle prise de conscience on peut lui donner ? Déjà, c'est est-ce qu'on lui a demandé son aide ? Donc ça, c'est un point très important parce que souvent, le sauveur, il intervient sans qu'on lui demande et c'est extrêmement intrusif. Donc comment on sort de ça ? Au lieu d'être en mode sauveur, on va être en mode soutien. Comment je peux t'aider si tu le souhaites ? Également, nous avons le persécuteur en troisième point. qui lui sa phrase type sera plutôt tu n'as rien fait correctement, c'est inadmissible t'es pas encore arrivé qu'est-ce que tu fais, et t'es où, etc donc lui sa prise de conscience qu'il va falloir lui apporter c'est déjà est-ce qu'il a envie de punir ou est-ce qu'il a envie de faire évoluer la personne qui fasse à lui donc dans ce cadre, quel outil on va utiliser au lieu d'être dans la persécution on va être dans la confrontation constructive j'ai besoin que ça change est-ce que t'es ouvert à en parler Qu'est-ce que tu peux mettre en œuvre par tes compétences ? Et là, le dialogue va s'ouvrir. Je vais vous donner une petite anecdote. Un jour, avec ma maman, on discutait et c'est vrai qu'elle me disait qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide, mais ils n'osent pas le demander. Et finalement, si on ne les aide pas, peut-être qu'on passe à côté de quelque chose d'important. Je lui ai dit sur le moment, tu sais, c'est vrai, mais c'est leur responsabilité. C'est-à-dire qu'il n'y a aucune culpabilité à avoir. si on choisit de ne pas intervenir. L'aide, pour être juste, elle doit être désirée. Et quelques temps plus tard, il est arrivé une situation assez amusante. C'est-à-dire qu'une personne lui a proposé spontanément de l'aide pour quelque chose. Et là, elle a répondu, mais non, c'est bon, je suis assez grande, je n'ai pas besoin d'aide, je sais faire ça toute seule, je n'ai pas besoin. Et quand elle m'en a parlé, ça m'a interpellée parce que je lui ai dit, tu vois, tu te rappelles, la dernière fois, tu m'as dit, oui, mais... C'est important d'apporter notre aide aux autres parce que souvent ils n'osent pas nous la demander. Dis oui mais voilà, là tu vois tu t'es retrouvé dans cette situation quelque part, est-ce que tu te souviens de ce que tu m'avais dit ? Et en fait c'est exactement ce qui se passe ici, quand quelqu'un propose son aide sans qu'on l'ait demandé, même avec les meilleures intentions, ça peut être vécu comme une intrusion, comme si on sous-entendait qu'on est incapable. Cette scène illustre très bien le rôle du sauveur dans le triangle, vouloir aider à tout prix, parfois sans invitation, en pensant faire le bien et en générant chez l'autre un sentiment de gêne, d'infantilisation voire même de rejet. Parfois, nous-mêmes, les plus enclins à sauver, devenons agacés quand on nous propose une aide qui n'a pas été sollicitée. Il y a différents milieux d'utilisation du triangle. Le triangle est utilisé en analyse transactionnelle, c'est la posture adulte, enfant, parent qui est utilisée en psychologie, dans le coaching individuel ou le coaching d'équipe, la pédagogie, la formation, la thérapie, et aussi tout ce qui est conflits familiaux, de couple et professionnel. Un cas concret en formation, comment éviter de tomber dans le piège du triangle ? Je peux vous dire, un jour lors d'une formation en technique de vente, j'ai une participante qui est arrivée visiblement contrariée. Elle s'attendait à une formation à l'agérial, mais elle s'était trompée de programme. Alors, ils étaient dix dans la salle, il n'y en a qu'une qui s'est trompée de programme. Ça veut bien dire que le programme, a priori, a été quand même plutôt bien compris jusque-là. Dès le début, elle souffle, elle exprime son agacement. « Pfff, et voilà, bon, ben qu'est-ce que je fais ici ? Je me suis levée tôt. Pourquoi je suis ici ? Alors que finalement, ce qu'on va voir, je le connais déjà. » Donc, c'était pas évident en termes d'état d'esprit du matin. Et très vite, elle s'est positionnée en posture... haute, elle s'est mise au-dessus du groupe, elle a instauré une forme de tension, donc les participants ont ressenti un malaise, et puis moi, en tant que formatrice, je sens que la dynamique peut vite déraper. Donc à ce moment-là, j'aurais pu prendre une posture de victime et me dire, oh là là, mon Dieu, mais pourquoi ça m'arrive ? Elle va me gâcher toute ma journée, en fait, elle va gâcher ma journée, elle va gâcher la journée des autres participants, bref, ça va être compliqué. J'aurais pu jouer la sauveuse, c'est-à-dire me dire finalement que je vais tout faire pour qu'elle se sente mieux. et réadapter tout le programme pour elle. Ce qui veut dire qu'en fait, j'en mets neuf dans le lot alors qu'il y en a une qui pose un problème. Donc ça, ce n'est pas possible. Ou alors, j'aurais pu devenir plus persécutrice et dire, si ça ne vous va pas, vous n'avez qu'à partir. Au final, j'ai choisi une autre voie qui est celle de la responsabilisation pour sortir de ce triangle. Et donc, je lui ai dit, écoutez, je comprends que le programme ne correspond pas à vos atteintes initiales et vous êtes libre de rester ou de partir. Par contre, si vous choisissez de rester, je vous demanderai de participer pleinement aux ateliers avec l'objectif de consolider ou approfondir tous vos acquis. Et finalement, en prenant cette posture, je suis sortie du triangle, je n'ai pas joué ce jeu, je n'ai pas cédé à la tension émotionnelle et j'ai placé la responsabilité du choix sur l'apprenante tout en posant un cadre clair et respectueux. Au final, elle a décidé de rester, elle a participé et la journée s'est très bien passée. Donc c'est aussi une belle démonstration de posture adulte à adulte et personne n'est infantilisé. Alors à quoi ça sert ce triangle finalement ? C'est sortir d'un malentendu ou d'un jeu relationnel, c'est de rétablir une communication plus authentique, c'est également de créer un espace de recul, de conscience pour éviter l'escalade émotionnelle et c'est aussi assainir au maximum la relation avant de traiter un sujet de fond. Conclusion finalement, le triangle dramatique de Karpman n'est pas un piège à éviter mais une invitation à observer nos automatismes pour en sortir par le haut. Pour les formateurs, utilisez-le en dynamique de groupe. Pour les coachs, ouvrez des pistes de responsabilisation. Et pour vous, auditeurs plus particuliers, repérez vos rôles récurrents pour changer vos scénarios et ainsi répéter les mêmes schémas de conflit et sortir et se libérer de ces différents schémas. Si ce sujet vous a parlé, partagez cet épisode et dites-moi si vous aimeriez un épisode en particulier. « Écrivez-moi en privé sur mon compte Instagram OneChangeCoaching et Éducation » . Et si la prochaine clé du changement ne passait pas par les mots, mais par le corps ? Dans notre prochain épisode, nous explorerons les silences, une invitation à ralentir, ressentir et découvrir ce que le non-verbal dit de bien plus fort que les discours. À très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, prenez soin de vos mots et de vos silences.