Speaker #0Il y a des retours qui ne sont pas vraiment des retours, parce qu'on ne revient jamais au même endroit.
Le dernier épisode de ce podcast date de 2020, et pendant longtemps, je me suis demandé si je devais vraiment revenir, si c'était encore cohérent ou si j'avais encore quelque chose à dire.
La vraie question, c'était, qui suis-je devenue depuis ?
En 2020, j'étais déjà ambitieuse, engagée, exigeante, mais j'étais également fragile, car nous venions de vivre une pandémie mondiale qui nous a tous touchés personnellement, et ceci à différents degrés. Mais j'étais différente, car pleine d'entrain. Je venais de finir mon internat, j'étais contente à l'idée de pouvoir enfin clôturer un chapitre de ma vie, celui de mes études, et de vivre ce fameux « tu verras après ce sera mieux » .
Sauf que ça ne s'est pas réellement passé comme ça. Certes, il y a eu des réussites, des projets structurants, de grandes responsabilités, mais ces étapes sont entremêlées de moments de doute, d'épuisement et de grandes remises en question. J'ai longtemps fonctionné en mode pilote automatique. Je gérais les enfants, les projets, je gérais les imprévus. Et j'ai cru que c'était ça, être forte.
Je crois que j'avais disparu parce que j'avais perdu ma boussole. Et je ne savais plus vers où réellement j'allais. Même si de l'extérieur, on pourrait penser que tout était structuré, carré, programmé. C'est comme quelqu'un qui est sur un tapis de course, à toute vitesse. Et si tu t'arrêtes, c'est la chute. Mais sans toujours prendre le temps de penser ce que je vivais, je fonctionnais beaucoup à l'instinct, à la responsabilité et à l'urgence. Et dans ce rush permanent, on n'a pas toujours la disponibilité intérieure pour poser des mots. Avec du recul, je me rends compte que j'ai longtemps été en mode survie. Toujours faire, toujours anticiper, toujours porter. Et ça crée une fatigue particulière, mentale, émotionnelle et physique. Plus on est capable, plus on porte. Plus on est compétente, plus on absorbe.
Et plus on est exigeante, plus on se met la pression. Sauf que ces derniers mois, quelque chose a changé. Pas un succès spectaculaire, mais un besoin plus important de clarté. Ce changement a eu lieu avec l'arrivée de ma fille, mon quatrième enfant, et j'ai compris que l'épuisement n'était pas une preuve de valeur, que le rush n'est pas un indicateur de réussite, et que la vie n'est pas une tout doux où l'on coche des cases. D'ailleurs, certaines cases ne seront jamais cochées. Que vouloir plus ne veut pas dire s'agiter plus. Que si je voulais continuer d'avancer, d'avoir envie de faire d'autres choses, il me fallait des temps off. des temps blancs, des silences.
Comme pour se laisser le temps de respirer. Car nous sommes clairement dans un tourbillon infernal, celui de la vie, et de la course effrénée contre le temps. Un ami un jour m'avait écrit cela sur un post-it. Pour pouvoir créer, il faut du temps, et que sans repos, il n'y a pas de créativité. Ce post-partum a eu un goût vraiment différent. J'ai pris le temps de prendre soin de moi, de reprendre le sport, de marcher, de me challenger. Et tout ça m'a permis de me reconnecter à mon corps, j'ai pris la décision d'organiser mon temps différemment, de respecter mes temps de repos.
J'apprends à annuler, à dire non quand cela est nécessaire, là où avant j'avais du mal à refuser et à ne pas me rendre à tel ou tel endroit, de peur de froisser. Bref, j'apprends à gérer mon énergie et surtout à me respecter. Quand l'énergie est stable, la pensée devient plus claire. Et cette fameuse clarté change tout. car elle permet de retrouver une sérénité qui nous permet de continuer d'avancer, mais sans se blesser, ni offenser, en mode force tranquille.
Ici, nous travaillerons ensemble sur nos envies, nos rêves, nous serons ambitieuses. Je sais que le mot ambition peut déranger, mais je ne parle pas d'une ambition spectaculaire, je parle de l'ambition d'entreprendre sa vie, de ne pas vivre en mode pilote automatique et de se demander « qu'est-ce que je veux vraiment ? » .
Entreprendre sa vie, ce n'est pas faire plus, c'est décider. Et je reviens aujourd'hui pour créer un espace où l'on peut réfléchir. Un espace où l'on peut être ambitieuse sans s'excuser. Un espace où l'on peut reconnaître sa fatigue sans culpabiliser. Et dans ce podcast, on parlera de leadership intérieur, de charge mentale, de discipline, de repos, de clarté et de sensibilité. Il n'y aura pas de recette miracle, pas de perfection, mais juste une réflexion honnête. Et avant de conclure, je voulais vous lire un passage, celui-ci date de août 2022. Je suis tombée dessus ce matin en enregistrant cet épisode. Entre rêve et réalité, aujourd'hui nous avons expérimenté la détermination.
La force que vous avez, qui est en vous pour accomplir quelque chose, atteindra un objectif ou une envie. Cette force, cette énergie peut vous propulser au plus haut sommet. Il faut s'en saisir et l'utiliser. Mais pour que cette magie ou que cette opération fonctionne, il faut que l'objectif tant convoité soit une réalité. Une réelle envie profonde et personnelle et non celle d'autrui. Cachons donc de ne pas tomber dans ce piège, celui de courir derrière les rêves d'autrui, car les conséquences seraient de passer à côté des siens et de vivre à côté de sa propre vie. Je ne peux que nous souhaiter d'entreprendre nos vies. de prendre une décision à la fois, de vivre moins d'épuisement et d'avoir plus de clarté. Alors je vous dis à la semaine prochaine pour continuer à entreprendre nos vies.