Description
Plongez dans l’expérience client et explorez comment l’IA transforme nos interactions avec le secteur du tourisme.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Plongez dans l’expérience client et explorez comment l’IA transforme nos interactions avec le secteur du tourisme.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bienvenue dans Escale Chez Vacances, le podcast proposé par l'Agence Nationale pour les Chez Vacances afin d'explorer le monde fascinant du tourisme et ses nouvelles tendances. Dans un secteur en constante évolution, nous vous invitons à découvrir comment le tourisme innove, s'adapte et se transforme. Nous recevrons des experts, des chercheurs, des acteurs du secteur et des voyageurs passionnés qui partageront leur vision pour le tourisme de demain. Ensemble, nous allons surfer sur les tendances qui redéfinissent notre façon. de prendre des vacances. Novembre 2022, l'IA générative est entrée dans notre quotidien et celui des entreprises. Qu'en est-il pour le secteur du tourisme ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir deux experts de cette question. Bonjour Erwann Simon.
Bonjour.
Vous êtes CEO de Genial, une entreprise à la pointe des solutions d'intelligence artificielle. Et bonjour Christelle Tayarda. Bonjour. Vous êtes directrice du comité départemental du tourisme de l'Aube et administratrice de la NCV, au profil spécifique d'ingénieur en génie électrique. Merci à tous les deux d'avoir accepté notre invitation à participer à cet épisode dédié à l'impact de l'IA sur le tourisme, d'un point de vue des acteurs du secteur. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'impact de l'IA côté expérience client, nous vous invitons à écouter l'épisode qui y a été dédié. Alors, petite question personnelle pour commencer. qu'est-ce qui vous relie chacun à l'IA et au tourisme ?
C'est assez simple, vous l'avez dit, je suis ingénieure de formation. Donc forcément, l'IA, je l'ai apprise sur les bancs de l'école. Et aujourd'hui, évidemment, je suis un peu early adopteur, comme beaucoup de mes collègues. Et je saute un petit peu sur toutes les nouvelles avancées des IA, en pluriel. Et puis au tourisme, je dirige l'agence d'attractivité au Banque Champagne. Tourisme, c'est un vecteur de développement des territoires ruraux, ce qui est un peu ma deuxième passion. Merci.
Erwann ?
De mon côté, on va dire que c'est génial, puisque génial pour Générativialab. Et finalement, une de nos grandes missions, c'est de mettre en tourisme les solutions IA. Donc, on est ici pour parler de mes deux passions, on va dire.
Alors justement, comment l'IA peut-elle être utilisée au service du tourisme ?
Dans le tourisme, ça va venir couvrir en effet tous les... Tous les cycles de vie d'un voyageur, quel que soit l'acteur du tourisme, là où il intervient, il va mettre une ou plusieurs composantes de l'IA dans ses processus. Donc le sujet maintenant pour un acteur, c'est de se dire par où commencer et où est-ce que l'IA peut être le plus utile.
Christelle, on vous demande votre avis en tant qu'acteur du tourisme ?
Je voudrais même aller un petit peu au-delà, c'est-à-dire que je pense que la France est un vrai pays. touristique, encore matière à développer son tourisme, mais surtout du tourisme vertueux, c'est-à-dire en gros du tourisme avec ce qu'on a et pas avec ce qu'on doit construire pour le faire. Et pour ça, l'IA peut aider des acteurs qui ne sont pas forcément du milieu du tourisme à développer une activité touristique. Concrètement, le tourisme, c'est une économie de la disponibilité, de l'accueil, de... finalement, de la pédagogie... Si vous êtes artisan, vous pouvez très bien avoir une ou deux journées par semaine où vous recevez des gens pour leur apprendre votre métier. Et ça, vous allez le vendre plutôt bien. Et vous allez en plus vous réjouir de recevoir des gens qui viennent d'autres pays et qui ont d'autres cultures. Et tout ça, l'IA va pouvoir vous aider, non seulement à les capter, mais aussi, pourquoi pas, à réaliser toute la matière à l'accueil touristique.
Vous avez une double casquette, quel est le point de vue de la NCV sur cette question ?
La NCV va évidemment bénéficier de toutes ces possibilités, et je pense notamment à tous les prestataires qui prennent des chèques vacances et qui peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour renseigner leurs clients, non seulement sur les choses à faire autour de leur point d'activité, d'hébergement, de restauration. mais aussi pourquoi pas les renseigner sur qui accepte les chèques vacances, notamment les chèques vacances Connect en périphérie. Donc ça évidemment, toutes ces informations collectées rapidement, personnalisées par rapport aux clients, les prestataires qui utilisent les chèques vacances devraient l'utiliser.
Erwann, votre société propose des solutions d'intelligence artificielle. Ici, vous en avez proposé dans le secteur du tourisme. Comment la rencontre des deux mondes ? tourisme et intelligence artificielle, s'est-elle passée ?
Finalement, c'est une bonne question. On travaillait déjà sur l'IA, c'est de là qu'on vient. Et donc, c'est des rencontres, finalement, des rencontres humaines, avec des rencontres avec le Crédit Agricole, avec Atout France, qui gère le site France.fr et, dans le cadre des Jeux Olympiques, nous a soumis un enjeu d'accueil des 15 millions de voyageurs. On s'est assez vite rapprochés sur Marianne. Marianne qui est l'IA de France.fr sur une logique de dire finalement l'IA peut aider à avoir un côté inspirationnel d'accueil et de découverte de la France partout en Outre-mer inclus. Et donc c'est comme ça que l'histoire a vraiment démarré.
Comment l'IA peut-elle être utilisée au service des acteurs du tourisme ?
L'IA est utilisée à travers un exemple que je peux donner sur Marianne qu'on a fabriqué dans le cadre des Jeux Olympiques.
Qui est une agence virtuelle, c'est ça ?
Voilà, Marianne exactement, c'est ce qu'on appelle un agent IA. C'est une intelligence artificielle spécialisée dans un domaine qui est ici l'accueil, l'inspiration à découvrir des activités à faire en France. Donc elle a été, entre guillemets, entraînée. On lui a donné de la donnée France, à travers Data Tourisme, Tourisme et Handicap, les hébergements classés, tout un ensemble de données qu'elle a pu finalement collecter, comprendre, apprendre. Et maintenant, ça veut dire que tout voyageur qui y va sur le site France.fr peut interroger Marianne et obtenir des réponses sur l'ensemble de cette donnée touristique France dans une logique conversationnelle. C'est ce qu'on appelle les agents qui sont vraiment une nouvelle tendance de l'IA et qui rentrent totalement dans les processus métiers de n'importe quel acteur du tourisme.
En bref, un agent IA, c'est ?
Un agent IA, c'est une IA, plus de la donnée, et installée dans un processus métier. pour répondre à un objectif bien précis. Ça résout des problèmes comme les hallucinations, des choses comme ça, c'est plus performant. Et donc c'est des évolutions d'un chat GPT finalement, qui était en quelque sorte un premier agent généraliste, qui faisait beaucoup de choses, mais sans être précis et performant dans toutes les fonctions qu'il aurait pu avoir.
Comment l'IA peut-elle encore aller plus loin pour soutenir des acteurs touristiques ?
Elle va aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui, pour une simple et bonne raison, c'est qu'aujourd'hui elle est utilisée d'un point de vue grand public par chat GPT, par les touristes. Mais maintenant, le sujet, c'est comment les acteurs du tourisme vont s'approprier cette solution. Et on voit très bien aujourd'hui la problématique qu'ils ont, c'est qu'est-ce qu'on fait avec ? Et donc, pour aller plus loin dans l'IA au service du tourisme, ça va être finalement la transformation d'une industrie qui finalement, d'un point de vue digital, si on la regarde bien, ces 20 dernières années n'a pas beaucoup changé. Un moteur de recherche sur un site Internet, il y a 20 ans, il y a aujourd'hui, si on fait l'exercice, vous verrez, le moteur de recherche... Je veux partir, où est-ce que je veux aller, à quelle date, avec qui je vais ? Et in fine, c'est-à-dire que ces acteurs-là ne se sont pas tant renouvelés. Donc ça a été chamboulé parce qu'un booking à Airbnb sont arrivés. Et dans le monde de l'IA, ça va être la même question. C'est qui sont les nouveaux acteurs qui vont venir complètement transformer les habitudes des acteurs historiques ? Et est-ce que c'est des acteurs historiques qui vont changer les habitudes ou est-ce que c'est des nouveaux arrivants ? Ça, pour le coup, on ne le sait pas encore.
Je crois aussi que nos prestataires touristiques... mieux comprendre la sociologie des gens qui viennent sur le territoire. Il y a quelques années, le tourisme c'était j'allume la lumière puis j'attends que les gens rentrent. Ensuite, il y a eu ce marketing ciblé, je veux faire venir tel type de clientèle. Grâce à l'IA, on a cette capacité d'observation. Non seulement d'observation sociologique par le web, ChatGPT le fait plutôt bien, essayer de faire analyser votre site web par ChatGPT, il va vous dire des choses assez pertinentes. sur ce qu'on y trouve et ce qu'on n'y trouve pas, justement. Et puis tous les objets connectés. Nous, on a un système d'observation des flux touristiques avec les antennes de téléphone. On est capable, à travers ça, de produire des informations que nos prestataires devraient pouvoir utiliser sur la présence sur le territoire, la durée de séjour, les heures d'arrivée. Et moyennant tous ces nouveaux paramètres, les offres doivent évoluer en temps réel. en temps réel ou en tout cas en analyse et en calendrier de programmation.
Est-ce qu'on peut se diriger vers un Waze du tourisme, des flux touristiques ?
Ah oui, bien sûr. Bien sûr, ça existe déjà. Ça existe déjà. À Venise, par exemple, on va réorienter les touristes en fonction des flux réels et on va éviter justement trop de massification à certains endroits avec des caméras de surveillance. En fait, un touriste, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui passe sa nuit en dehors de chez lui. C'est ça, la définition d'un touriste, c'est... Il passe une nuit sur votre territoire alors qu'il n'y habite pas. Eh bien, tous les comportements de cette personne, qui potentiellement n'est peut-être pas là pour passer des vacances, il est peut-être là pour visiter sa grand-mère, il est peut-être là pour vendre quelque chose à une entreprise, peut-être un touriste d'affaires, tous ces comportements vont pouvoir, moyennant bien sûr la gestion personnelle, être globalement analysés.
Si on devait parler aux acteurs du tourisme, quels sont les usages principaux que l'on peut vendre de l'IA ?
Le premier, c'est le marketing, je pense.
Oui, c'est clair. Aider à la vente. Voilà. Il y a un enjeu de chiffre d'affaires. Donc déjà, c'est de se dire d'un point de vue marketing, de commercial.
Commercial, marketing. J'ai une question,
j'apporte une réponse la plus précise possible. Donc le commerce et le marketing sont quand même essentiels.
Il y a aussi peut-être de l'innovation touristique avec des avatars ? Oui,
effectivement, ce concept de renseignement touristique personnalisé à travers une figure d'avatar a vraisemblablement certaines utilités. Moi, je ne crois pas que l'IA va remplacer l'humain, ou en tout cas pas partout. Le tourisme, c'est quand même le contact humain, c'est quand même le moment où on a envie de se déconnecter. Et si finalement on ne rencontre pas l'humain ? qui lui-même peut être aidé par une IA, soyons clairs. Dans son métier, il peut être aidé par une IA. Mais il faut privilégier l'interface humaine.
Vous disiez que l'intelligence artificielle ne peut pas remplacer les êtres humains, mais peut-être les êtres qui sont décédés. Au musée d'Orsay, on peut discuter avec Van Gogh.
Oui, alors chez nous, on discute avec Napoléon, près du musée Napoléon, à partir d'un scan d'un set de table, ou Renoir à Issoy. Donc oui, tout cela fonctionne plutôt bien et est assez ludique.
Il y a un vrai intérêt d'incarner ces avatars ou ces solutions IA. C'est que finalement, quand on veut en parler, s'il n'a pas de nom, si on a du mal à le décrire, s'il ne peut pas être porté tout seul, finalement c'est difficile de le diffuser. C'est vrai qu'avec Fort de France, on travaille avec un compagnon qui s'appelle Zadmi. en créole ces compagnons et donc à l'accueil des croisiéristes 500 000 croisiéristes l'hiver et bien finalement Zanmi est là pour vous accueillir et donc il y a un vrai intérêt à l'image de ce qu'on fait sur un projet en ce moment pour conseiller aussi sur l'affluence, à partir du moment où Zanmi peut vous dire pour tel aquarium on peut vous conseiller de venir entre 8h et 11h, à ce moment là le compagnon a une vraie valeur ajoutée dans le conseil à condition que la donnée soit disponible
Et au final, ce sont aussi peut-être des opérations plus efficaces pour les acteurs du tourisme, des chaînes d'approvisionnement qui sont mieux suivies, qu'en dites-vous ?
Normalement, effectivement, l'IA devrait améliorer la fluidité des flux touristiques et des flux d'approvisionnement. Normalement. Encore faut-il que tout cela soit bien programmé.
Alors je vous propose de prendre un exemple concret, un hôtel ou un camping. Qu'est-ce que l'IA peut lui proposer comme service original ?
L'IA, elle peut l'aider sur toute sa chaîne. de fonctionnement. Elle peut l'aider, bien sûr, à améliorer son site internet, améliorer sa visibilité d'une manière générale, en faisant analyser un peu son empreinte numérique. Elle va pouvoir l'aider dans la rédaction de ses documents d'accueil, dans toutes les langues et dans toutes les cultures. On n'écrit pas la même chose en fonction des cultures. Elle peut même avoir des petits Ausha. Vous pouvez vous filmer sur un message d'accueil et le convertir avec A.Jane dans n'importe quelle langue du monde. Ensuite, il y a toutes les contraintes réglementaires qui sont quand même très complexes. Je pense notamment pour les campings, ils sont soumis à des audits sur les changements climatiques, les risques d'inondations, les risques de tremblements de terre. Tout ça, ça nécessite d'analyser des documents légaux et puis de faire son propre document d'évacuation. L'IA peut le faire. Alors évidemment, elle ne va pas savoir exactement tout. toutes vos données personnelles qui ne seront pas présentes sur le web. Mais globalement, elle va vous proposer un plan qui sera déjà à 80% rédigé.
Et le camping serait peut-être plus à même à répondre à toute question sur les lieux, sur les environs,
grâce à Génial, oui.
Oui, c'est vrai que pour les campings, sur les hôtels, moi j'ai l'exemple de Mia en Provence. Provence Tourisme a fabriqué Mia pour valoriser finalement les actualités, les événements sur place et en partenariat avec... tous les hôtels, Mia a été diffusée dans les chambres. Donc il a été mis en avant et donc chaque personne, du coup, chaque client qui est dans sa chambre d'hôtel a Mia, il y a un QR code et il peut venir interroger quoi faire autour de cet hôtel ce soir, où manger, où sortir. Donc il y a un vrai intérêt sur cette logique-là. Et puis au-delà, pour n'importe quel type d'entreprise, là où l'IA va servir beaucoup aussi dans le quotidien, c'est de gagner du temps dans ce qui est souvent des tâches un peu pénibles et chronophages. Donc l'IA, elle peut venir vraiment pour chaque entreprise là où elle en a le plus besoin pour essayer d'enlever, pour moi, beaucoup de pénibilité et pour qu'on puisse tous se concentrer sur de la vraie valeur ajoutée, parce qu'il y aura de la valeur pour le client.
L'IA permet-elle d'optimiser l'offre de tourisme ?
À partir du moment où l'IA s'est personnalisée, elle sait forcément mieux adapter une offre. Donc oui, elle sait aussi l'actualiser. Il y a souvent des enjeux autour de l'actualisation des fiches produits, des fiches d'hôtel, des fiches de visite. Il y a souvent des « à ne pas manquer » . Mais sur des fiches produits qui sont mises à jour tous les cinq ans, le « à ne pas manquer » n'est pas forcément toujours au fait de la dernière actu. Donc par exemple, il y a des cas d'usage comme ça où… Le A ne pas manquer est capable de parler de l'événement qui aura lieu dans deux semaines et qui peut être du coup l'argument pour dire tiens on prend cet hôtel parce qu'il y a un truc qui se passe à côté.
Erwann, pouvez-vous nous parler des solutions qu'avec Génial vous avez mis en place, mis en oeuvre pour des acteurs du tourisme ?
On travaille avec beaucoup de destinations, on travaille avec la Provence, on travaille avec les Charentes, on travaille avec la Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze, les Villaines. Donc tous ces acteurs-là, ils ont un enjeu finalement, ils ont de la donnée. Ils ont de la donnée touristique et ils ont un enjeu de promouvoir leur territoire. Et dans le contexte économique dans lequel on est, il est évident qu'il faut qu'on puisse faire des choses de qualité à des budgets qui sont maîtrisés. Et l'IA, elle permet de faire beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'elle permet d'aller agréger de l'information, aller chercher de l'information, l'actualiser. Donc tout ce travail de constitution de la donnée territoriale, on y travaille beaucoup sur rafraîchir cette donnée. Et puis il y a ensuite les solutions qui sont mises dans les mains des voyageurs. On a notamment CLIA en Alsace sur un accueil par IA pour l'office de tourisme, notamment quand elle est fermée. Et là, c'est très intéressant puisque deux questions sur trois aujourd'hui sont résolues par l'IA. Et on le voit, il y a clairement un changement de métier, mais pour ceux qui étaient avant là pour répondre aux questions, ça leur va bien parce que répondre toujours à la même question, de l'horaire du marché de Noël ou de l'heure des méduses pour telle plage, ce n'est pas là où les gens sont les plus épanouis dans leur travail. Et donc, il faut rendre plus attractifs ces métiers-là. Et l'IA, elle permet de rendre de l'attractivité dans ce type de métier et du coup d'amener des nouvelles générations sur des enjeux qui sont de l'accueil sur les territoires.
Alors, imaginons qu'à ce stade-ci, nous ayons convaincu des acteurs du tourisme à se lancer et à intégrer l'IA dans leur travail. Quelles sont vos recommandations et conseils pour bien intégrer l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que dans un premier temps, ne mettez pas l'IA en face du client. Attendez un petit peu, ou bien il faut que ce soit des outils éprouvés comme ce que fait Erwan. Mais n'essayez pas de mettre un chatbot issu directement de ChatGPT sur votre site. Vous risquez d'avoir de mauvaises surprises. En revanche, utilisez l'IA pour gagner, comme on le disait, 10 à 20% de votre productivité. Toutes les présentations, tous les discours, tous les documents formels ou informels peuvent être largement améliorés par l'IA. Moi, j'ai des collaborateurs, je leur demande de passer les documents qu'ils m'apportent par la moulinette Tchad GPT ou autre, avant de les présenter. Parce qu'on rêve effectivement 80% des problèmes, des petits comme des gros.
Erwan ?
Moi, je dirais d'y aller avec deux visions, une vision long terme et une vision court terme. La vision long terme, c'est de se dire que d'un point de vue culturel dans une organisation, l'entreprise va y aller, l'organisation va y aller. Donc, il y a un enjeu culturel. Il y a un enjeu culturel à préparer les équipes, à adopter ces nouveaux outils. Et pour ça, il faut qu'une direction fixe un cap et une volonté à le faire, puisqu'il y aura toujours des bonnes raisons de ne pas y aller. Et puis sur le court terme, c'est d'avoir une approche très pragmatique, ce qu'on dit test and learn, essayer, apprendre. Il y a souvent des projets qui ne marchent pas, ça ne veut pas dire que l'IA ne marche pas. Et donc l'enjeu qu'on voit nous dans les entreprises, c'est plutôt de se dire essayons, voyons ce qui marche et on continue de construire sur des fondations qui permettent de se dire on commence petit et puis on fait grossir progressivement. C'est comme ça en général qu'on évite de prendre des trop gros projets et de se dire deux ans plus tard on n'a rien. et d'avoir des résultats, des petites victoires qui vont faire ensuite des vraies fondations pour la suite.
Et quels sont justement les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que c'est la maîtrise de leurs données. C'est la première chose qu'ils doivent bien gérer. Qu'ils savent sur quoi l'IA doit taper. Quelles sont les données qui les caractérisent ? Ne pas laisser un récit qui vient du web. partir vers un client, que ce soit directement ou indirectement.
Comment on peut faire ?
Il faut contraindre l'IA à taper sur ses propres données. Pour ça, il faut les connaître, il faut les agréger. Ça peut être des documents, ça peut être des PDF, ça peut être des bases de données, ça peut être des fichiers Excel. C'est compliqué ? Non, ce n'est pas très compliqué. Il faut vraiment bien référencer, cartographier ces données et ensuite contraindre les IA que vous utilisez à se restreindre autour de ce périmètre-là pour ce qui vous caractérise.
Pour compléter, je pense que le BCG a sorti une étude récemment sur ce qui freine l'appropriation de l'IA. 10% c'est les sujets de l'IA, 20% c'est les produits, solutions construites, 70% du problème c'est plutôt la culture. Donc c'est des problèmes humains puisqu'on est dans une transformation humaine du travail qui est en train d'être modifiée. Et cette culture, elle est dans une logique typiquement la RGPD. La RGPD, il y a un frein sur la réglementation à se dire, il faut que les choses soient bien établies, sécurisées, maîtrisées bien entendu. Mais inversement, on voit aussi des projets qui par principe de précaution se disent, ne faisons pas RGPD, on n'y va pas. Et donc il y a un enjeu culturel, c'est-à-dire que 95% des projets, il n'y a pas de données personnelles. La donnée personnelle dans le chat GPT n'a pas beaucoup de valeur. Et donc en fait, il faut réussir à découpler le sujet de la donnée personnelle avec le sujet du conseil et des usages. Et donc pour ça, finalement, on voit qu'on a besoin d'expliquer aux équipes et dans une logique de formation, à ce que les gens acceptent de démarrer ces usages.
Quels sont les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Il y a un défi de la pertinence, de la donnée, des réponses. Le défi, c'est quand on met une IA qui parle au client ou au public, il faut quand même contrôler ce que dit une IA, parce qu'elle ne peut pas dire n'importe quoi. Et donc, ce contrôle de la qualité, c'est un défi parce que c'est un peu un nouveau métier, un nouveau processus. Alors, ça existe dans l'industrie, quand on est dans une usine. On fabrique du carrelage, on a de la non-conformité, on remplace le carrelage, il y a de la mauvaise qualité. Et cette fois-ci, à partir du moment où l'IA peut parler au public, on a aussi de la mauvaise qualité. Il faut vérifier, travailler, corriger. Et donc ça, c'est un défi parce que c'est quand même un nouveau métier. Ce n'est pas forcément ce qu'attendent de faire des acteurs du tourisme au départ. Donc ça, il faut s'y habituer.
Moi, je crois qu'il y a aussi tout ce qui est non-verbal. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, l'IA générative, elle comprend ce qui est... phrasées, en tout cas, verbalisées, phrasées. Demain, il faudra qu'elles comprennent aussi d'autres choses. La météo, des composantes peut-être de réactions humaines, de bruit. Et tout ça, ça va être un défi important d'intégrer aussi tous ces signaux. Vous savez qu'un enfant de 4 ans est plus fort qu'une hyène parce qu'il a capté énormément de signaux. à travers ses parents, à travers son environnement, que la même IA qui aurait été entraînée pendant 4 ans. Après, c'est moins vrai.
Vous êtes d'accord, Erwann, avec votre raison ?
Je suis totalement d'accord. Et je pense qu'un des gros défis que vont avoir les acteurs du tourisme, c'est que c'est les clients et les visiteurs qui auront déjà utilisé ChatGPT avant eux. Et donc, ils vont devoir s'adapter, de la même manière que la réservation en ligne. Ils ont dû aller faire parce que le digital est arrivé. Je pense qu'un des gros défis, c'est quand même de voir que les clients, ils ont une attente qui est bien plus élevée maintenant, parce qu'on connaît tous les solutions IA. Donc on attend que les acteurs du tourisme les utilisent eux aussi.
Et question pragmatique, est-ce que cela va leur coûter cher d'utiliser l'IA dans leurs activités ?
On en parle toujours avec nos clients. L'aspect cher, c'est quel est le coût, mais surtout quelle est la valeur et qu'est-ce qu'on va pouvoir en retirer. Il y a des choses qui sont chères à 100 euros, il y a des choses qui ne sont pas chères à 100 000 euros. Donc, c'est quelle valeur on va créer avec ces IA, elle sera chère quand on n'en fera pas un bon usage. Et quand ils n'arriveront pas à réellement le mettre, on le voit aujourd'hui. Il y a beaucoup d'outils IA, je ne vais pas les citer, mais où je paye une licence 30 euros sur mon bureau de travail et les équipes ne l'utilisent pas ou pas bien. Et donc, ça, c'est cher pour le coup. Donc, finalement... un dirigeant d'entreprise, il faut qu'il s'assure en tout cas qu'il ait de la valeur et que ça ne reste pas gadget.
En tout cas, je crois qu'il va falloir évaluer le temps homme que ça fait gagner. Et c'est comme ça qu'on évaluera le prix réel de l'outil.
Merci, c'est déjà la fin de cet épisode dédié à l'intelligence artificielle au service des acteurs du tourisme. Un grand merci à nos invités, Chrisel et Erwan. Pour leurs précieux éclairages, l'avenir du tourisme sera sans aucun doute influencé par ces technologies et ceux qui sauront s'adapter et innover pourront sans doute encore mieux répondre aux attentes des voyageurs de demain. Merci d'avoir écouté Escale, chèque vacances. Et si ce n'est déjà fait, abonnez-vous à ce podcast pour continuer à explorer avec nous les tendances qui redéfinissent votre façon de prendre des vacances. A très bientôt dans une prochaine escale, chèque vacances.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bienvenue dans Escale Chez Vacances, le podcast proposé par l'Agence Nationale pour les Chez Vacances afin d'explorer le monde fascinant du tourisme et ses nouvelles tendances. Dans un secteur en constante évolution, nous vous invitons à découvrir comment le tourisme innove, s'adapte et se transforme. Nous recevrons des experts, des chercheurs, des acteurs du secteur et des voyageurs passionnés qui partageront leur vision pour le tourisme de demain. Ensemble, nous allons surfer sur les tendances qui redéfinissent notre façon. de prendre des vacances. Novembre 2022, l'IA générative est entrée dans notre quotidien et celui des entreprises. Qu'en est-il pour le secteur du tourisme ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir deux experts de cette question. Bonjour Erwann Simon.
Bonjour.
Vous êtes CEO de Genial, une entreprise à la pointe des solutions d'intelligence artificielle. Et bonjour Christelle Tayarda. Bonjour. Vous êtes directrice du comité départemental du tourisme de l'Aube et administratrice de la NCV, au profil spécifique d'ingénieur en génie électrique. Merci à tous les deux d'avoir accepté notre invitation à participer à cet épisode dédié à l'impact de l'IA sur le tourisme, d'un point de vue des acteurs du secteur. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'impact de l'IA côté expérience client, nous vous invitons à écouter l'épisode qui y a été dédié. Alors, petite question personnelle pour commencer. qu'est-ce qui vous relie chacun à l'IA et au tourisme ?
C'est assez simple, vous l'avez dit, je suis ingénieure de formation. Donc forcément, l'IA, je l'ai apprise sur les bancs de l'école. Et aujourd'hui, évidemment, je suis un peu early adopteur, comme beaucoup de mes collègues. Et je saute un petit peu sur toutes les nouvelles avancées des IA, en pluriel. Et puis au tourisme, je dirige l'agence d'attractivité au Banque Champagne. Tourisme, c'est un vecteur de développement des territoires ruraux, ce qui est un peu ma deuxième passion. Merci.
Erwann ?
De mon côté, on va dire que c'est génial, puisque génial pour Générativialab. Et finalement, une de nos grandes missions, c'est de mettre en tourisme les solutions IA. Donc, on est ici pour parler de mes deux passions, on va dire.
Alors justement, comment l'IA peut-elle être utilisée au service du tourisme ?
Dans le tourisme, ça va venir couvrir en effet tous les... Tous les cycles de vie d'un voyageur, quel que soit l'acteur du tourisme, là où il intervient, il va mettre une ou plusieurs composantes de l'IA dans ses processus. Donc le sujet maintenant pour un acteur, c'est de se dire par où commencer et où est-ce que l'IA peut être le plus utile.
Christelle, on vous demande votre avis en tant qu'acteur du tourisme ?
Je voudrais même aller un petit peu au-delà, c'est-à-dire que je pense que la France est un vrai pays. touristique, encore matière à développer son tourisme, mais surtout du tourisme vertueux, c'est-à-dire en gros du tourisme avec ce qu'on a et pas avec ce qu'on doit construire pour le faire. Et pour ça, l'IA peut aider des acteurs qui ne sont pas forcément du milieu du tourisme à développer une activité touristique. Concrètement, le tourisme, c'est une économie de la disponibilité, de l'accueil, de... finalement, de la pédagogie... Si vous êtes artisan, vous pouvez très bien avoir une ou deux journées par semaine où vous recevez des gens pour leur apprendre votre métier. Et ça, vous allez le vendre plutôt bien. Et vous allez en plus vous réjouir de recevoir des gens qui viennent d'autres pays et qui ont d'autres cultures. Et tout ça, l'IA va pouvoir vous aider, non seulement à les capter, mais aussi, pourquoi pas, à réaliser toute la matière à l'accueil touristique.
Vous avez une double casquette, quel est le point de vue de la NCV sur cette question ?
La NCV va évidemment bénéficier de toutes ces possibilités, et je pense notamment à tous les prestataires qui prennent des chèques vacances et qui peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour renseigner leurs clients, non seulement sur les choses à faire autour de leur point d'activité, d'hébergement, de restauration. mais aussi pourquoi pas les renseigner sur qui accepte les chèques vacances, notamment les chèques vacances Connect en périphérie. Donc ça évidemment, toutes ces informations collectées rapidement, personnalisées par rapport aux clients, les prestataires qui utilisent les chèques vacances devraient l'utiliser.
Erwann, votre société propose des solutions d'intelligence artificielle. Ici, vous en avez proposé dans le secteur du tourisme. Comment la rencontre des deux mondes ? tourisme et intelligence artificielle, s'est-elle passée ?
Finalement, c'est une bonne question. On travaillait déjà sur l'IA, c'est de là qu'on vient. Et donc, c'est des rencontres, finalement, des rencontres humaines, avec des rencontres avec le Crédit Agricole, avec Atout France, qui gère le site France.fr et, dans le cadre des Jeux Olympiques, nous a soumis un enjeu d'accueil des 15 millions de voyageurs. On s'est assez vite rapprochés sur Marianne. Marianne qui est l'IA de France.fr sur une logique de dire finalement l'IA peut aider à avoir un côté inspirationnel d'accueil et de découverte de la France partout en Outre-mer inclus. Et donc c'est comme ça que l'histoire a vraiment démarré.
Comment l'IA peut-elle être utilisée au service des acteurs du tourisme ?
L'IA est utilisée à travers un exemple que je peux donner sur Marianne qu'on a fabriqué dans le cadre des Jeux Olympiques.
Qui est une agence virtuelle, c'est ça ?
Voilà, Marianne exactement, c'est ce qu'on appelle un agent IA. C'est une intelligence artificielle spécialisée dans un domaine qui est ici l'accueil, l'inspiration à découvrir des activités à faire en France. Donc elle a été, entre guillemets, entraînée. On lui a donné de la donnée France, à travers Data Tourisme, Tourisme et Handicap, les hébergements classés, tout un ensemble de données qu'elle a pu finalement collecter, comprendre, apprendre. Et maintenant, ça veut dire que tout voyageur qui y va sur le site France.fr peut interroger Marianne et obtenir des réponses sur l'ensemble de cette donnée touristique France dans une logique conversationnelle. C'est ce qu'on appelle les agents qui sont vraiment une nouvelle tendance de l'IA et qui rentrent totalement dans les processus métiers de n'importe quel acteur du tourisme.
En bref, un agent IA, c'est ?
Un agent IA, c'est une IA, plus de la donnée, et installée dans un processus métier. pour répondre à un objectif bien précis. Ça résout des problèmes comme les hallucinations, des choses comme ça, c'est plus performant. Et donc c'est des évolutions d'un chat GPT finalement, qui était en quelque sorte un premier agent généraliste, qui faisait beaucoup de choses, mais sans être précis et performant dans toutes les fonctions qu'il aurait pu avoir.
Comment l'IA peut-elle encore aller plus loin pour soutenir des acteurs touristiques ?
Elle va aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui, pour une simple et bonne raison, c'est qu'aujourd'hui elle est utilisée d'un point de vue grand public par chat GPT, par les touristes. Mais maintenant, le sujet, c'est comment les acteurs du tourisme vont s'approprier cette solution. Et on voit très bien aujourd'hui la problématique qu'ils ont, c'est qu'est-ce qu'on fait avec ? Et donc, pour aller plus loin dans l'IA au service du tourisme, ça va être finalement la transformation d'une industrie qui finalement, d'un point de vue digital, si on la regarde bien, ces 20 dernières années n'a pas beaucoup changé. Un moteur de recherche sur un site Internet, il y a 20 ans, il y a aujourd'hui, si on fait l'exercice, vous verrez, le moteur de recherche... Je veux partir, où est-ce que je veux aller, à quelle date, avec qui je vais ? Et in fine, c'est-à-dire que ces acteurs-là ne se sont pas tant renouvelés. Donc ça a été chamboulé parce qu'un booking à Airbnb sont arrivés. Et dans le monde de l'IA, ça va être la même question. C'est qui sont les nouveaux acteurs qui vont venir complètement transformer les habitudes des acteurs historiques ? Et est-ce que c'est des acteurs historiques qui vont changer les habitudes ou est-ce que c'est des nouveaux arrivants ? Ça, pour le coup, on ne le sait pas encore.
Je crois aussi que nos prestataires touristiques... mieux comprendre la sociologie des gens qui viennent sur le territoire. Il y a quelques années, le tourisme c'était j'allume la lumière puis j'attends que les gens rentrent. Ensuite, il y a eu ce marketing ciblé, je veux faire venir tel type de clientèle. Grâce à l'IA, on a cette capacité d'observation. Non seulement d'observation sociologique par le web, ChatGPT le fait plutôt bien, essayer de faire analyser votre site web par ChatGPT, il va vous dire des choses assez pertinentes. sur ce qu'on y trouve et ce qu'on n'y trouve pas, justement. Et puis tous les objets connectés. Nous, on a un système d'observation des flux touristiques avec les antennes de téléphone. On est capable, à travers ça, de produire des informations que nos prestataires devraient pouvoir utiliser sur la présence sur le territoire, la durée de séjour, les heures d'arrivée. Et moyennant tous ces nouveaux paramètres, les offres doivent évoluer en temps réel. en temps réel ou en tout cas en analyse et en calendrier de programmation.
Est-ce qu'on peut se diriger vers un Waze du tourisme, des flux touristiques ?
Ah oui, bien sûr. Bien sûr, ça existe déjà. Ça existe déjà. À Venise, par exemple, on va réorienter les touristes en fonction des flux réels et on va éviter justement trop de massification à certains endroits avec des caméras de surveillance. En fait, un touriste, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui passe sa nuit en dehors de chez lui. C'est ça, la définition d'un touriste, c'est... Il passe une nuit sur votre territoire alors qu'il n'y habite pas. Eh bien, tous les comportements de cette personne, qui potentiellement n'est peut-être pas là pour passer des vacances, il est peut-être là pour visiter sa grand-mère, il est peut-être là pour vendre quelque chose à une entreprise, peut-être un touriste d'affaires, tous ces comportements vont pouvoir, moyennant bien sûr la gestion personnelle, être globalement analysés.
Si on devait parler aux acteurs du tourisme, quels sont les usages principaux que l'on peut vendre de l'IA ?
Le premier, c'est le marketing, je pense.
Oui, c'est clair. Aider à la vente. Voilà. Il y a un enjeu de chiffre d'affaires. Donc déjà, c'est de se dire d'un point de vue marketing, de commercial.
Commercial, marketing. J'ai une question,
j'apporte une réponse la plus précise possible. Donc le commerce et le marketing sont quand même essentiels.
Il y a aussi peut-être de l'innovation touristique avec des avatars ? Oui,
effectivement, ce concept de renseignement touristique personnalisé à travers une figure d'avatar a vraisemblablement certaines utilités. Moi, je ne crois pas que l'IA va remplacer l'humain, ou en tout cas pas partout. Le tourisme, c'est quand même le contact humain, c'est quand même le moment où on a envie de se déconnecter. Et si finalement on ne rencontre pas l'humain ? qui lui-même peut être aidé par une IA, soyons clairs. Dans son métier, il peut être aidé par une IA. Mais il faut privilégier l'interface humaine.
Vous disiez que l'intelligence artificielle ne peut pas remplacer les êtres humains, mais peut-être les êtres qui sont décédés. Au musée d'Orsay, on peut discuter avec Van Gogh.
Oui, alors chez nous, on discute avec Napoléon, près du musée Napoléon, à partir d'un scan d'un set de table, ou Renoir à Issoy. Donc oui, tout cela fonctionne plutôt bien et est assez ludique.
Il y a un vrai intérêt d'incarner ces avatars ou ces solutions IA. C'est que finalement, quand on veut en parler, s'il n'a pas de nom, si on a du mal à le décrire, s'il ne peut pas être porté tout seul, finalement c'est difficile de le diffuser. C'est vrai qu'avec Fort de France, on travaille avec un compagnon qui s'appelle Zadmi. en créole ces compagnons et donc à l'accueil des croisiéristes 500 000 croisiéristes l'hiver et bien finalement Zanmi est là pour vous accueillir et donc il y a un vrai intérêt à l'image de ce qu'on fait sur un projet en ce moment pour conseiller aussi sur l'affluence, à partir du moment où Zanmi peut vous dire pour tel aquarium on peut vous conseiller de venir entre 8h et 11h, à ce moment là le compagnon a une vraie valeur ajoutée dans le conseil à condition que la donnée soit disponible
Et au final, ce sont aussi peut-être des opérations plus efficaces pour les acteurs du tourisme, des chaînes d'approvisionnement qui sont mieux suivies, qu'en dites-vous ?
Normalement, effectivement, l'IA devrait améliorer la fluidité des flux touristiques et des flux d'approvisionnement. Normalement. Encore faut-il que tout cela soit bien programmé.
Alors je vous propose de prendre un exemple concret, un hôtel ou un camping. Qu'est-ce que l'IA peut lui proposer comme service original ?
L'IA, elle peut l'aider sur toute sa chaîne. de fonctionnement. Elle peut l'aider, bien sûr, à améliorer son site internet, améliorer sa visibilité d'une manière générale, en faisant analyser un peu son empreinte numérique. Elle va pouvoir l'aider dans la rédaction de ses documents d'accueil, dans toutes les langues et dans toutes les cultures. On n'écrit pas la même chose en fonction des cultures. Elle peut même avoir des petits Ausha. Vous pouvez vous filmer sur un message d'accueil et le convertir avec A.Jane dans n'importe quelle langue du monde. Ensuite, il y a toutes les contraintes réglementaires qui sont quand même très complexes. Je pense notamment pour les campings, ils sont soumis à des audits sur les changements climatiques, les risques d'inondations, les risques de tremblements de terre. Tout ça, ça nécessite d'analyser des documents légaux et puis de faire son propre document d'évacuation. L'IA peut le faire. Alors évidemment, elle ne va pas savoir exactement tout. toutes vos données personnelles qui ne seront pas présentes sur le web. Mais globalement, elle va vous proposer un plan qui sera déjà à 80% rédigé.
Et le camping serait peut-être plus à même à répondre à toute question sur les lieux, sur les environs,
grâce à Génial, oui.
Oui, c'est vrai que pour les campings, sur les hôtels, moi j'ai l'exemple de Mia en Provence. Provence Tourisme a fabriqué Mia pour valoriser finalement les actualités, les événements sur place et en partenariat avec... tous les hôtels, Mia a été diffusée dans les chambres. Donc il a été mis en avant et donc chaque personne, du coup, chaque client qui est dans sa chambre d'hôtel a Mia, il y a un QR code et il peut venir interroger quoi faire autour de cet hôtel ce soir, où manger, où sortir. Donc il y a un vrai intérêt sur cette logique-là. Et puis au-delà, pour n'importe quel type d'entreprise, là où l'IA va servir beaucoup aussi dans le quotidien, c'est de gagner du temps dans ce qui est souvent des tâches un peu pénibles et chronophages. Donc l'IA, elle peut venir vraiment pour chaque entreprise là où elle en a le plus besoin pour essayer d'enlever, pour moi, beaucoup de pénibilité et pour qu'on puisse tous se concentrer sur de la vraie valeur ajoutée, parce qu'il y aura de la valeur pour le client.
L'IA permet-elle d'optimiser l'offre de tourisme ?
À partir du moment où l'IA s'est personnalisée, elle sait forcément mieux adapter une offre. Donc oui, elle sait aussi l'actualiser. Il y a souvent des enjeux autour de l'actualisation des fiches produits, des fiches d'hôtel, des fiches de visite. Il y a souvent des « à ne pas manquer » . Mais sur des fiches produits qui sont mises à jour tous les cinq ans, le « à ne pas manquer » n'est pas forcément toujours au fait de la dernière actu. Donc par exemple, il y a des cas d'usage comme ça où… Le A ne pas manquer est capable de parler de l'événement qui aura lieu dans deux semaines et qui peut être du coup l'argument pour dire tiens on prend cet hôtel parce qu'il y a un truc qui se passe à côté.
Erwann, pouvez-vous nous parler des solutions qu'avec Génial vous avez mis en place, mis en oeuvre pour des acteurs du tourisme ?
On travaille avec beaucoup de destinations, on travaille avec la Provence, on travaille avec les Charentes, on travaille avec la Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze, les Villaines. Donc tous ces acteurs-là, ils ont un enjeu finalement, ils ont de la donnée. Ils ont de la donnée touristique et ils ont un enjeu de promouvoir leur territoire. Et dans le contexte économique dans lequel on est, il est évident qu'il faut qu'on puisse faire des choses de qualité à des budgets qui sont maîtrisés. Et l'IA, elle permet de faire beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'elle permet d'aller agréger de l'information, aller chercher de l'information, l'actualiser. Donc tout ce travail de constitution de la donnée territoriale, on y travaille beaucoup sur rafraîchir cette donnée. Et puis il y a ensuite les solutions qui sont mises dans les mains des voyageurs. On a notamment CLIA en Alsace sur un accueil par IA pour l'office de tourisme, notamment quand elle est fermée. Et là, c'est très intéressant puisque deux questions sur trois aujourd'hui sont résolues par l'IA. Et on le voit, il y a clairement un changement de métier, mais pour ceux qui étaient avant là pour répondre aux questions, ça leur va bien parce que répondre toujours à la même question, de l'horaire du marché de Noël ou de l'heure des méduses pour telle plage, ce n'est pas là où les gens sont les plus épanouis dans leur travail. Et donc, il faut rendre plus attractifs ces métiers-là. Et l'IA, elle permet de rendre de l'attractivité dans ce type de métier et du coup d'amener des nouvelles générations sur des enjeux qui sont de l'accueil sur les territoires.
Alors, imaginons qu'à ce stade-ci, nous ayons convaincu des acteurs du tourisme à se lancer et à intégrer l'IA dans leur travail. Quelles sont vos recommandations et conseils pour bien intégrer l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que dans un premier temps, ne mettez pas l'IA en face du client. Attendez un petit peu, ou bien il faut que ce soit des outils éprouvés comme ce que fait Erwan. Mais n'essayez pas de mettre un chatbot issu directement de ChatGPT sur votre site. Vous risquez d'avoir de mauvaises surprises. En revanche, utilisez l'IA pour gagner, comme on le disait, 10 à 20% de votre productivité. Toutes les présentations, tous les discours, tous les documents formels ou informels peuvent être largement améliorés par l'IA. Moi, j'ai des collaborateurs, je leur demande de passer les documents qu'ils m'apportent par la moulinette Tchad GPT ou autre, avant de les présenter. Parce qu'on rêve effectivement 80% des problèmes, des petits comme des gros.
Erwan ?
Moi, je dirais d'y aller avec deux visions, une vision long terme et une vision court terme. La vision long terme, c'est de se dire que d'un point de vue culturel dans une organisation, l'entreprise va y aller, l'organisation va y aller. Donc, il y a un enjeu culturel. Il y a un enjeu culturel à préparer les équipes, à adopter ces nouveaux outils. Et pour ça, il faut qu'une direction fixe un cap et une volonté à le faire, puisqu'il y aura toujours des bonnes raisons de ne pas y aller. Et puis sur le court terme, c'est d'avoir une approche très pragmatique, ce qu'on dit test and learn, essayer, apprendre. Il y a souvent des projets qui ne marchent pas, ça ne veut pas dire que l'IA ne marche pas. Et donc l'enjeu qu'on voit nous dans les entreprises, c'est plutôt de se dire essayons, voyons ce qui marche et on continue de construire sur des fondations qui permettent de se dire on commence petit et puis on fait grossir progressivement. C'est comme ça en général qu'on évite de prendre des trop gros projets et de se dire deux ans plus tard on n'a rien. et d'avoir des résultats, des petites victoires qui vont faire ensuite des vraies fondations pour la suite.
Et quels sont justement les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que c'est la maîtrise de leurs données. C'est la première chose qu'ils doivent bien gérer. Qu'ils savent sur quoi l'IA doit taper. Quelles sont les données qui les caractérisent ? Ne pas laisser un récit qui vient du web. partir vers un client, que ce soit directement ou indirectement.
Comment on peut faire ?
Il faut contraindre l'IA à taper sur ses propres données. Pour ça, il faut les connaître, il faut les agréger. Ça peut être des documents, ça peut être des PDF, ça peut être des bases de données, ça peut être des fichiers Excel. C'est compliqué ? Non, ce n'est pas très compliqué. Il faut vraiment bien référencer, cartographier ces données et ensuite contraindre les IA que vous utilisez à se restreindre autour de ce périmètre-là pour ce qui vous caractérise.
Pour compléter, je pense que le BCG a sorti une étude récemment sur ce qui freine l'appropriation de l'IA. 10% c'est les sujets de l'IA, 20% c'est les produits, solutions construites, 70% du problème c'est plutôt la culture. Donc c'est des problèmes humains puisqu'on est dans une transformation humaine du travail qui est en train d'être modifiée. Et cette culture, elle est dans une logique typiquement la RGPD. La RGPD, il y a un frein sur la réglementation à se dire, il faut que les choses soient bien établies, sécurisées, maîtrisées bien entendu. Mais inversement, on voit aussi des projets qui par principe de précaution se disent, ne faisons pas RGPD, on n'y va pas. Et donc il y a un enjeu culturel, c'est-à-dire que 95% des projets, il n'y a pas de données personnelles. La donnée personnelle dans le chat GPT n'a pas beaucoup de valeur. Et donc en fait, il faut réussir à découpler le sujet de la donnée personnelle avec le sujet du conseil et des usages. Et donc pour ça, finalement, on voit qu'on a besoin d'expliquer aux équipes et dans une logique de formation, à ce que les gens acceptent de démarrer ces usages.
Quels sont les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Il y a un défi de la pertinence, de la donnée, des réponses. Le défi, c'est quand on met une IA qui parle au client ou au public, il faut quand même contrôler ce que dit une IA, parce qu'elle ne peut pas dire n'importe quoi. Et donc, ce contrôle de la qualité, c'est un défi parce que c'est un peu un nouveau métier, un nouveau processus. Alors, ça existe dans l'industrie, quand on est dans une usine. On fabrique du carrelage, on a de la non-conformité, on remplace le carrelage, il y a de la mauvaise qualité. Et cette fois-ci, à partir du moment où l'IA peut parler au public, on a aussi de la mauvaise qualité. Il faut vérifier, travailler, corriger. Et donc ça, c'est un défi parce que c'est quand même un nouveau métier. Ce n'est pas forcément ce qu'attendent de faire des acteurs du tourisme au départ. Donc ça, il faut s'y habituer.
Moi, je crois qu'il y a aussi tout ce qui est non-verbal. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, l'IA générative, elle comprend ce qui est... phrasées, en tout cas, verbalisées, phrasées. Demain, il faudra qu'elles comprennent aussi d'autres choses. La météo, des composantes peut-être de réactions humaines, de bruit. Et tout ça, ça va être un défi important d'intégrer aussi tous ces signaux. Vous savez qu'un enfant de 4 ans est plus fort qu'une hyène parce qu'il a capté énormément de signaux. à travers ses parents, à travers son environnement, que la même IA qui aurait été entraînée pendant 4 ans. Après, c'est moins vrai.
Vous êtes d'accord, Erwann, avec votre raison ?
Je suis totalement d'accord. Et je pense qu'un des gros défis que vont avoir les acteurs du tourisme, c'est que c'est les clients et les visiteurs qui auront déjà utilisé ChatGPT avant eux. Et donc, ils vont devoir s'adapter, de la même manière que la réservation en ligne. Ils ont dû aller faire parce que le digital est arrivé. Je pense qu'un des gros défis, c'est quand même de voir que les clients, ils ont une attente qui est bien plus élevée maintenant, parce qu'on connaît tous les solutions IA. Donc on attend que les acteurs du tourisme les utilisent eux aussi.
Et question pragmatique, est-ce que cela va leur coûter cher d'utiliser l'IA dans leurs activités ?
On en parle toujours avec nos clients. L'aspect cher, c'est quel est le coût, mais surtout quelle est la valeur et qu'est-ce qu'on va pouvoir en retirer. Il y a des choses qui sont chères à 100 euros, il y a des choses qui ne sont pas chères à 100 000 euros. Donc, c'est quelle valeur on va créer avec ces IA, elle sera chère quand on n'en fera pas un bon usage. Et quand ils n'arriveront pas à réellement le mettre, on le voit aujourd'hui. Il y a beaucoup d'outils IA, je ne vais pas les citer, mais où je paye une licence 30 euros sur mon bureau de travail et les équipes ne l'utilisent pas ou pas bien. Et donc, ça, c'est cher pour le coup. Donc, finalement... un dirigeant d'entreprise, il faut qu'il s'assure en tout cas qu'il ait de la valeur et que ça ne reste pas gadget.
En tout cas, je crois qu'il va falloir évaluer le temps homme que ça fait gagner. Et c'est comme ça qu'on évaluera le prix réel de l'outil.
Merci, c'est déjà la fin de cet épisode dédié à l'intelligence artificielle au service des acteurs du tourisme. Un grand merci à nos invités, Chrisel et Erwan. Pour leurs précieux éclairages, l'avenir du tourisme sera sans aucun doute influencé par ces technologies et ceux qui sauront s'adapter et innover pourront sans doute encore mieux répondre aux attentes des voyageurs de demain. Merci d'avoir écouté Escale, chèque vacances. Et si ce n'est déjà fait, abonnez-vous à ce podcast pour continuer à explorer avec nous les tendances qui redéfinissent votre façon de prendre des vacances. A très bientôt dans une prochaine escale, chèque vacances.
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Description
Plongez dans l’expérience client et explorez comment l’IA transforme nos interactions avec le secteur du tourisme.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans Escale Chez Vacances, le podcast proposé par l'Agence Nationale pour les Chez Vacances afin d'explorer le monde fascinant du tourisme et ses nouvelles tendances. Dans un secteur en constante évolution, nous vous invitons à découvrir comment le tourisme innove, s'adapte et se transforme. Nous recevrons des experts, des chercheurs, des acteurs du secteur et des voyageurs passionnés qui partageront leur vision pour le tourisme de demain. Ensemble, nous allons surfer sur les tendances qui redéfinissent notre façon. de prendre des vacances. Novembre 2022, l'IA générative est entrée dans notre quotidien et celui des entreprises. Qu'en est-il pour le secteur du tourisme ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir deux experts de cette question. Bonjour Erwann Simon.
Bonjour.
Vous êtes CEO de Genial, une entreprise à la pointe des solutions d'intelligence artificielle. Et bonjour Christelle Tayarda. Bonjour. Vous êtes directrice du comité départemental du tourisme de l'Aube et administratrice de la NCV, au profil spécifique d'ingénieur en génie électrique. Merci à tous les deux d'avoir accepté notre invitation à participer à cet épisode dédié à l'impact de l'IA sur le tourisme, d'un point de vue des acteurs du secteur. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'impact de l'IA côté expérience client, nous vous invitons à écouter l'épisode qui y a été dédié. Alors, petite question personnelle pour commencer. qu'est-ce qui vous relie chacun à l'IA et au tourisme ?
C'est assez simple, vous l'avez dit, je suis ingénieure de formation. Donc forcément, l'IA, je l'ai apprise sur les bancs de l'école. Et aujourd'hui, évidemment, je suis un peu early adopteur, comme beaucoup de mes collègues. Et je saute un petit peu sur toutes les nouvelles avancées des IA, en pluriel. Et puis au tourisme, je dirige l'agence d'attractivité au Banque Champagne. Tourisme, c'est un vecteur de développement des territoires ruraux, ce qui est un peu ma deuxième passion. Merci.
Erwann ?
De mon côté, on va dire que c'est génial, puisque génial pour Générativialab. Et finalement, une de nos grandes missions, c'est de mettre en tourisme les solutions IA. Donc, on est ici pour parler de mes deux passions, on va dire.
Alors justement, comment l'IA peut-elle être utilisée au service du tourisme ?
Dans le tourisme, ça va venir couvrir en effet tous les... Tous les cycles de vie d'un voyageur, quel que soit l'acteur du tourisme, là où il intervient, il va mettre une ou plusieurs composantes de l'IA dans ses processus. Donc le sujet maintenant pour un acteur, c'est de se dire par où commencer et où est-ce que l'IA peut être le plus utile.
Christelle, on vous demande votre avis en tant qu'acteur du tourisme ?
Je voudrais même aller un petit peu au-delà, c'est-à-dire que je pense que la France est un vrai pays. touristique, encore matière à développer son tourisme, mais surtout du tourisme vertueux, c'est-à-dire en gros du tourisme avec ce qu'on a et pas avec ce qu'on doit construire pour le faire. Et pour ça, l'IA peut aider des acteurs qui ne sont pas forcément du milieu du tourisme à développer une activité touristique. Concrètement, le tourisme, c'est une économie de la disponibilité, de l'accueil, de... finalement, de la pédagogie... Si vous êtes artisan, vous pouvez très bien avoir une ou deux journées par semaine où vous recevez des gens pour leur apprendre votre métier. Et ça, vous allez le vendre plutôt bien. Et vous allez en plus vous réjouir de recevoir des gens qui viennent d'autres pays et qui ont d'autres cultures. Et tout ça, l'IA va pouvoir vous aider, non seulement à les capter, mais aussi, pourquoi pas, à réaliser toute la matière à l'accueil touristique.
Vous avez une double casquette, quel est le point de vue de la NCV sur cette question ?
La NCV va évidemment bénéficier de toutes ces possibilités, et je pense notamment à tous les prestataires qui prennent des chèques vacances et qui peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour renseigner leurs clients, non seulement sur les choses à faire autour de leur point d'activité, d'hébergement, de restauration. mais aussi pourquoi pas les renseigner sur qui accepte les chèques vacances, notamment les chèques vacances Connect en périphérie. Donc ça évidemment, toutes ces informations collectées rapidement, personnalisées par rapport aux clients, les prestataires qui utilisent les chèques vacances devraient l'utiliser.
Erwann, votre société propose des solutions d'intelligence artificielle. Ici, vous en avez proposé dans le secteur du tourisme. Comment la rencontre des deux mondes ? tourisme et intelligence artificielle, s'est-elle passée ?
Finalement, c'est une bonne question. On travaillait déjà sur l'IA, c'est de là qu'on vient. Et donc, c'est des rencontres, finalement, des rencontres humaines, avec des rencontres avec le Crédit Agricole, avec Atout France, qui gère le site France.fr et, dans le cadre des Jeux Olympiques, nous a soumis un enjeu d'accueil des 15 millions de voyageurs. On s'est assez vite rapprochés sur Marianne. Marianne qui est l'IA de France.fr sur une logique de dire finalement l'IA peut aider à avoir un côté inspirationnel d'accueil et de découverte de la France partout en Outre-mer inclus. Et donc c'est comme ça que l'histoire a vraiment démarré.
Comment l'IA peut-elle être utilisée au service des acteurs du tourisme ?
L'IA est utilisée à travers un exemple que je peux donner sur Marianne qu'on a fabriqué dans le cadre des Jeux Olympiques.
Qui est une agence virtuelle, c'est ça ?
Voilà, Marianne exactement, c'est ce qu'on appelle un agent IA. C'est une intelligence artificielle spécialisée dans un domaine qui est ici l'accueil, l'inspiration à découvrir des activités à faire en France. Donc elle a été, entre guillemets, entraînée. On lui a donné de la donnée France, à travers Data Tourisme, Tourisme et Handicap, les hébergements classés, tout un ensemble de données qu'elle a pu finalement collecter, comprendre, apprendre. Et maintenant, ça veut dire que tout voyageur qui y va sur le site France.fr peut interroger Marianne et obtenir des réponses sur l'ensemble de cette donnée touristique France dans une logique conversationnelle. C'est ce qu'on appelle les agents qui sont vraiment une nouvelle tendance de l'IA et qui rentrent totalement dans les processus métiers de n'importe quel acteur du tourisme.
En bref, un agent IA, c'est ?
Un agent IA, c'est une IA, plus de la donnée, et installée dans un processus métier. pour répondre à un objectif bien précis. Ça résout des problèmes comme les hallucinations, des choses comme ça, c'est plus performant. Et donc c'est des évolutions d'un chat GPT finalement, qui était en quelque sorte un premier agent généraliste, qui faisait beaucoup de choses, mais sans être précis et performant dans toutes les fonctions qu'il aurait pu avoir.
Comment l'IA peut-elle encore aller plus loin pour soutenir des acteurs touristiques ?
Elle va aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui, pour une simple et bonne raison, c'est qu'aujourd'hui elle est utilisée d'un point de vue grand public par chat GPT, par les touristes. Mais maintenant, le sujet, c'est comment les acteurs du tourisme vont s'approprier cette solution. Et on voit très bien aujourd'hui la problématique qu'ils ont, c'est qu'est-ce qu'on fait avec ? Et donc, pour aller plus loin dans l'IA au service du tourisme, ça va être finalement la transformation d'une industrie qui finalement, d'un point de vue digital, si on la regarde bien, ces 20 dernières années n'a pas beaucoup changé. Un moteur de recherche sur un site Internet, il y a 20 ans, il y a aujourd'hui, si on fait l'exercice, vous verrez, le moteur de recherche... Je veux partir, où est-ce que je veux aller, à quelle date, avec qui je vais ? Et in fine, c'est-à-dire que ces acteurs-là ne se sont pas tant renouvelés. Donc ça a été chamboulé parce qu'un booking à Airbnb sont arrivés. Et dans le monde de l'IA, ça va être la même question. C'est qui sont les nouveaux acteurs qui vont venir complètement transformer les habitudes des acteurs historiques ? Et est-ce que c'est des acteurs historiques qui vont changer les habitudes ou est-ce que c'est des nouveaux arrivants ? Ça, pour le coup, on ne le sait pas encore.
Je crois aussi que nos prestataires touristiques... mieux comprendre la sociologie des gens qui viennent sur le territoire. Il y a quelques années, le tourisme c'était j'allume la lumière puis j'attends que les gens rentrent. Ensuite, il y a eu ce marketing ciblé, je veux faire venir tel type de clientèle. Grâce à l'IA, on a cette capacité d'observation. Non seulement d'observation sociologique par le web, ChatGPT le fait plutôt bien, essayer de faire analyser votre site web par ChatGPT, il va vous dire des choses assez pertinentes. sur ce qu'on y trouve et ce qu'on n'y trouve pas, justement. Et puis tous les objets connectés. Nous, on a un système d'observation des flux touristiques avec les antennes de téléphone. On est capable, à travers ça, de produire des informations que nos prestataires devraient pouvoir utiliser sur la présence sur le territoire, la durée de séjour, les heures d'arrivée. Et moyennant tous ces nouveaux paramètres, les offres doivent évoluer en temps réel. en temps réel ou en tout cas en analyse et en calendrier de programmation.
Est-ce qu'on peut se diriger vers un Waze du tourisme, des flux touristiques ?
Ah oui, bien sûr. Bien sûr, ça existe déjà. Ça existe déjà. À Venise, par exemple, on va réorienter les touristes en fonction des flux réels et on va éviter justement trop de massification à certains endroits avec des caméras de surveillance. En fait, un touriste, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui passe sa nuit en dehors de chez lui. C'est ça, la définition d'un touriste, c'est... Il passe une nuit sur votre territoire alors qu'il n'y habite pas. Eh bien, tous les comportements de cette personne, qui potentiellement n'est peut-être pas là pour passer des vacances, il est peut-être là pour visiter sa grand-mère, il est peut-être là pour vendre quelque chose à une entreprise, peut-être un touriste d'affaires, tous ces comportements vont pouvoir, moyennant bien sûr la gestion personnelle, être globalement analysés.
Si on devait parler aux acteurs du tourisme, quels sont les usages principaux que l'on peut vendre de l'IA ?
Le premier, c'est le marketing, je pense.
Oui, c'est clair. Aider à la vente. Voilà. Il y a un enjeu de chiffre d'affaires. Donc déjà, c'est de se dire d'un point de vue marketing, de commercial.
Commercial, marketing. J'ai une question,
j'apporte une réponse la plus précise possible. Donc le commerce et le marketing sont quand même essentiels.
Il y a aussi peut-être de l'innovation touristique avec des avatars ? Oui,
effectivement, ce concept de renseignement touristique personnalisé à travers une figure d'avatar a vraisemblablement certaines utilités. Moi, je ne crois pas que l'IA va remplacer l'humain, ou en tout cas pas partout. Le tourisme, c'est quand même le contact humain, c'est quand même le moment où on a envie de se déconnecter. Et si finalement on ne rencontre pas l'humain ? qui lui-même peut être aidé par une IA, soyons clairs. Dans son métier, il peut être aidé par une IA. Mais il faut privilégier l'interface humaine.
Vous disiez que l'intelligence artificielle ne peut pas remplacer les êtres humains, mais peut-être les êtres qui sont décédés. Au musée d'Orsay, on peut discuter avec Van Gogh.
Oui, alors chez nous, on discute avec Napoléon, près du musée Napoléon, à partir d'un scan d'un set de table, ou Renoir à Issoy. Donc oui, tout cela fonctionne plutôt bien et est assez ludique.
Il y a un vrai intérêt d'incarner ces avatars ou ces solutions IA. C'est que finalement, quand on veut en parler, s'il n'a pas de nom, si on a du mal à le décrire, s'il ne peut pas être porté tout seul, finalement c'est difficile de le diffuser. C'est vrai qu'avec Fort de France, on travaille avec un compagnon qui s'appelle Zadmi. en créole ces compagnons et donc à l'accueil des croisiéristes 500 000 croisiéristes l'hiver et bien finalement Zanmi est là pour vous accueillir et donc il y a un vrai intérêt à l'image de ce qu'on fait sur un projet en ce moment pour conseiller aussi sur l'affluence, à partir du moment où Zanmi peut vous dire pour tel aquarium on peut vous conseiller de venir entre 8h et 11h, à ce moment là le compagnon a une vraie valeur ajoutée dans le conseil à condition que la donnée soit disponible
Et au final, ce sont aussi peut-être des opérations plus efficaces pour les acteurs du tourisme, des chaînes d'approvisionnement qui sont mieux suivies, qu'en dites-vous ?
Normalement, effectivement, l'IA devrait améliorer la fluidité des flux touristiques et des flux d'approvisionnement. Normalement. Encore faut-il que tout cela soit bien programmé.
Alors je vous propose de prendre un exemple concret, un hôtel ou un camping. Qu'est-ce que l'IA peut lui proposer comme service original ?
L'IA, elle peut l'aider sur toute sa chaîne. de fonctionnement. Elle peut l'aider, bien sûr, à améliorer son site internet, améliorer sa visibilité d'une manière générale, en faisant analyser un peu son empreinte numérique. Elle va pouvoir l'aider dans la rédaction de ses documents d'accueil, dans toutes les langues et dans toutes les cultures. On n'écrit pas la même chose en fonction des cultures. Elle peut même avoir des petits Ausha. Vous pouvez vous filmer sur un message d'accueil et le convertir avec A.Jane dans n'importe quelle langue du monde. Ensuite, il y a toutes les contraintes réglementaires qui sont quand même très complexes. Je pense notamment pour les campings, ils sont soumis à des audits sur les changements climatiques, les risques d'inondations, les risques de tremblements de terre. Tout ça, ça nécessite d'analyser des documents légaux et puis de faire son propre document d'évacuation. L'IA peut le faire. Alors évidemment, elle ne va pas savoir exactement tout. toutes vos données personnelles qui ne seront pas présentes sur le web. Mais globalement, elle va vous proposer un plan qui sera déjà à 80% rédigé.
Et le camping serait peut-être plus à même à répondre à toute question sur les lieux, sur les environs,
grâce à Génial, oui.
Oui, c'est vrai que pour les campings, sur les hôtels, moi j'ai l'exemple de Mia en Provence. Provence Tourisme a fabriqué Mia pour valoriser finalement les actualités, les événements sur place et en partenariat avec... tous les hôtels, Mia a été diffusée dans les chambres. Donc il a été mis en avant et donc chaque personne, du coup, chaque client qui est dans sa chambre d'hôtel a Mia, il y a un QR code et il peut venir interroger quoi faire autour de cet hôtel ce soir, où manger, où sortir. Donc il y a un vrai intérêt sur cette logique-là. Et puis au-delà, pour n'importe quel type d'entreprise, là où l'IA va servir beaucoup aussi dans le quotidien, c'est de gagner du temps dans ce qui est souvent des tâches un peu pénibles et chronophages. Donc l'IA, elle peut venir vraiment pour chaque entreprise là où elle en a le plus besoin pour essayer d'enlever, pour moi, beaucoup de pénibilité et pour qu'on puisse tous se concentrer sur de la vraie valeur ajoutée, parce qu'il y aura de la valeur pour le client.
L'IA permet-elle d'optimiser l'offre de tourisme ?
À partir du moment où l'IA s'est personnalisée, elle sait forcément mieux adapter une offre. Donc oui, elle sait aussi l'actualiser. Il y a souvent des enjeux autour de l'actualisation des fiches produits, des fiches d'hôtel, des fiches de visite. Il y a souvent des « à ne pas manquer » . Mais sur des fiches produits qui sont mises à jour tous les cinq ans, le « à ne pas manquer » n'est pas forcément toujours au fait de la dernière actu. Donc par exemple, il y a des cas d'usage comme ça où… Le A ne pas manquer est capable de parler de l'événement qui aura lieu dans deux semaines et qui peut être du coup l'argument pour dire tiens on prend cet hôtel parce qu'il y a un truc qui se passe à côté.
Erwann, pouvez-vous nous parler des solutions qu'avec Génial vous avez mis en place, mis en oeuvre pour des acteurs du tourisme ?
On travaille avec beaucoup de destinations, on travaille avec la Provence, on travaille avec les Charentes, on travaille avec la Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze, les Villaines. Donc tous ces acteurs-là, ils ont un enjeu finalement, ils ont de la donnée. Ils ont de la donnée touristique et ils ont un enjeu de promouvoir leur territoire. Et dans le contexte économique dans lequel on est, il est évident qu'il faut qu'on puisse faire des choses de qualité à des budgets qui sont maîtrisés. Et l'IA, elle permet de faire beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'elle permet d'aller agréger de l'information, aller chercher de l'information, l'actualiser. Donc tout ce travail de constitution de la donnée territoriale, on y travaille beaucoup sur rafraîchir cette donnée. Et puis il y a ensuite les solutions qui sont mises dans les mains des voyageurs. On a notamment CLIA en Alsace sur un accueil par IA pour l'office de tourisme, notamment quand elle est fermée. Et là, c'est très intéressant puisque deux questions sur trois aujourd'hui sont résolues par l'IA. Et on le voit, il y a clairement un changement de métier, mais pour ceux qui étaient avant là pour répondre aux questions, ça leur va bien parce que répondre toujours à la même question, de l'horaire du marché de Noël ou de l'heure des méduses pour telle plage, ce n'est pas là où les gens sont les plus épanouis dans leur travail. Et donc, il faut rendre plus attractifs ces métiers-là. Et l'IA, elle permet de rendre de l'attractivité dans ce type de métier et du coup d'amener des nouvelles générations sur des enjeux qui sont de l'accueil sur les territoires.
Alors, imaginons qu'à ce stade-ci, nous ayons convaincu des acteurs du tourisme à se lancer et à intégrer l'IA dans leur travail. Quelles sont vos recommandations et conseils pour bien intégrer l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que dans un premier temps, ne mettez pas l'IA en face du client. Attendez un petit peu, ou bien il faut que ce soit des outils éprouvés comme ce que fait Erwan. Mais n'essayez pas de mettre un chatbot issu directement de ChatGPT sur votre site. Vous risquez d'avoir de mauvaises surprises. En revanche, utilisez l'IA pour gagner, comme on le disait, 10 à 20% de votre productivité. Toutes les présentations, tous les discours, tous les documents formels ou informels peuvent être largement améliorés par l'IA. Moi, j'ai des collaborateurs, je leur demande de passer les documents qu'ils m'apportent par la moulinette Tchad GPT ou autre, avant de les présenter. Parce qu'on rêve effectivement 80% des problèmes, des petits comme des gros.
Erwan ?
Moi, je dirais d'y aller avec deux visions, une vision long terme et une vision court terme. La vision long terme, c'est de se dire que d'un point de vue culturel dans une organisation, l'entreprise va y aller, l'organisation va y aller. Donc, il y a un enjeu culturel. Il y a un enjeu culturel à préparer les équipes, à adopter ces nouveaux outils. Et pour ça, il faut qu'une direction fixe un cap et une volonté à le faire, puisqu'il y aura toujours des bonnes raisons de ne pas y aller. Et puis sur le court terme, c'est d'avoir une approche très pragmatique, ce qu'on dit test and learn, essayer, apprendre. Il y a souvent des projets qui ne marchent pas, ça ne veut pas dire que l'IA ne marche pas. Et donc l'enjeu qu'on voit nous dans les entreprises, c'est plutôt de se dire essayons, voyons ce qui marche et on continue de construire sur des fondations qui permettent de se dire on commence petit et puis on fait grossir progressivement. C'est comme ça en général qu'on évite de prendre des trop gros projets et de se dire deux ans plus tard on n'a rien. et d'avoir des résultats, des petites victoires qui vont faire ensuite des vraies fondations pour la suite.
Et quels sont justement les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que c'est la maîtrise de leurs données. C'est la première chose qu'ils doivent bien gérer. Qu'ils savent sur quoi l'IA doit taper. Quelles sont les données qui les caractérisent ? Ne pas laisser un récit qui vient du web. partir vers un client, que ce soit directement ou indirectement.
Comment on peut faire ?
Il faut contraindre l'IA à taper sur ses propres données. Pour ça, il faut les connaître, il faut les agréger. Ça peut être des documents, ça peut être des PDF, ça peut être des bases de données, ça peut être des fichiers Excel. C'est compliqué ? Non, ce n'est pas très compliqué. Il faut vraiment bien référencer, cartographier ces données et ensuite contraindre les IA que vous utilisez à se restreindre autour de ce périmètre-là pour ce qui vous caractérise.
Pour compléter, je pense que le BCG a sorti une étude récemment sur ce qui freine l'appropriation de l'IA. 10% c'est les sujets de l'IA, 20% c'est les produits, solutions construites, 70% du problème c'est plutôt la culture. Donc c'est des problèmes humains puisqu'on est dans une transformation humaine du travail qui est en train d'être modifiée. Et cette culture, elle est dans une logique typiquement la RGPD. La RGPD, il y a un frein sur la réglementation à se dire, il faut que les choses soient bien établies, sécurisées, maîtrisées bien entendu. Mais inversement, on voit aussi des projets qui par principe de précaution se disent, ne faisons pas RGPD, on n'y va pas. Et donc il y a un enjeu culturel, c'est-à-dire que 95% des projets, il n'y a pas de données personnelles. La donnée personnelle dans le chat GPT n'a pas beaucoup de valeur. Et donc en fait, il faut réussir à découpler le sujet de la donnée personnelle avec le sujet du conseil et des usages. Et donc pour ça, finalement, on voit qu'on a besoin d'expliquer aux équipes et dans une logique de formation, à ce que les gens acceptent de démarrer ces usages.
Quels sont les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Il y a un défi de la pertinence, de la donnée, des réponses. Le défi, c'est quand on met une IA qui parle au client ou au public, il faut quand même contrôler ce que dit une IA, parce qu'elle ne peut pas dire n'importe quoi. Et donc, ce contrôle de la qualité, c'est un défi parce que c'est un peu un nouveau métier, un nouveau processus. Alors, ça existe dans l'industrie, quand on est dans une usine. On fabrique du carrelage, on a de la non-conformité, on remplace le carrelage, il y a de la mauvaise qualité. Et cette fois-ci, à partir du moment où l'IA peut parler au public, on a aussi de la mauvaise qualité. Il faut vérifier, travailler, corriger. Et donc ça, c'est un défi parce que c'est quand même un nouveau métier. Ce n'est pas forcément ce qu'attendent de faire des acteurs du tourisme au départ. Donc ça, il faut s'y habituer.
Moi, je crois qu'il y a aussi tout ce qui est non-verbal. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, l'IA générative, elle comprend ce qui est... phrasées, en tout cas, verbalisées, phrasées. Demain, il faudra qu'elles comprennent aussi d'autres choses. La météo, des composantes peut-être de réactions humaines, de bruit. Et tout ça, ça va être un défi important d'intégrer aussi tous ces signaux. Vous savez qu'un enfant de 4 ans est plus fort qu'une hyène parce qu'il a capté énormément de signaux. à travers ses parents, à travers son environnement, que la même IA qui aurait été entraînée pendant 4 ans. Après, c'est moins vrai.
Vous êtes d'accord, Erwann, avec votre raison ?
Je suis totalement d'accord. Et je pense qu'un des gros défis que vont avoir les acteurs du tourisme, c'est que c'est les clients et les visiteurs qui auront déjà utilisé ChatGPT avant eux. Et donc, ils vont devoir s'adapter, de la même manière que la réservation en ligne. Ils ont dû aller faire parce que le digital est arrivé. Je pense qu'un des gros défis, c'est quand même de voir que les clients, ils ont une attente qui est bien plus élevée maintenant, parce qu'on connaît tous les solutions IA. Donc on attend que les acteurs du tourisme les utilisent eux aussi.
Et question pragmatique, est-ce que cela va leur coûter cher d'utiliser l'IA dans leurs activités ?
On en parle toujours avec nos clients. L'aspect cher, c'est quel est le coût, mais surtout quelle est la valeur et qu'est-ce qu'on va pouvoir en retirer. Il y a des choses qui sont chères à 100 euros, il y a des choses qui ne sont pas chères à 100 000 euros. Donc, c'est quelle valeur on va créer avec ces IA, elle sera chère quand on n'en fera pas un bon usage. Et quand ils n'arriveront pas à réellement le mettre, on le voit aujourd'hui. Il y a beaucoup d'outils IA, je ne vais pas les citer, mais où je paye une licence 30 euros sur mon bureau de travail et les équipes ne l'utilisent pas ou pas bien. Et donc, ça, c'est cher pour le coup. Donc, finalement... un dirigeant d'entreprise, il faut qu'il s'assure en tout cas qu'il ait de la valeur et que ça ne reste pas gadget.
En tout cas, je crois qu'il va falloir évaluer le temps homme que ça fait gagner. Et c'est comme ça qu'on évaluera le prix réel de l'outil.
Merci, c'est déjà la fin de cet épisode dédié à l'intelligence artificielle au service des acteurs du tourisme. Un grand merci à nos invités, Chrisel et Erwan. Pour leurs précieux éclairages, l'avenir du tourisme sera sans aucun doute influencé par ces technologies et ceux qui sauront s'adapter et innover pourront sans doute encore mieux répondre aux attentes des voyageurs de demain. Merci d'avoir écouté Escale, chèque vacances. Et si ce n'est déjà fait, abonnez-vous à ce podcast pour continuer à explorer avec nous les tendances qui redéfinissent votre façon de prendre des vacances. A très bientôt dans une prochaine escale, chèque vacances.
Description
Plongez dans l’expérience client et explorez comment l’IA transforme nos interactions avec le secteur du tourisme.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans Escale Chez Vacances, le podcast proposé par l'Agence Nationale pour les Chez Vacances afin d'explorer le monde fascinant du tourisme et ses nouvelles tendances. Dans un secteur en constante évolution, nous vous invitons à découvrir comment le tourisme innove, s'adapte et se transforme. Nous recevrons des experts, des chercheurs, des acteurs du secteur et des voyageurs passionnés qui partageront leur vision pour le tourisme de demain. Ensemble, nous allons surfer sur les tendances qui redéfinissent notre façon. de prendre des vacances. Novembre 2022, l'IA générative est entrée dans notre quotidien et celui des entreprises. Qu'en est-il pour le secteur du tourisme ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir deux experts de cette question. Bonjour Erwann Simon.
Bonjour.
Vous êtes CEO de Genial, une entreprise à la pointe des solutions d'intelligence artificielle. Et bonjour Christelle Tayarda. Bonjour. Vous êtes directrice du comité départemental du tourisme de l'Aube et administratrice de la NCV, au profil spécifique d'ingénieur en génie électrique. Merci à tous les deux d'avoir accepté notre invitation à participer à cet épisode dédié à l'impact de l'IA sur le tourisme, d'un point de vue des acteurs du secteur. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'impact de l'IA côté expérience client, nous vous invitons à écouter l'épisode qui y a été dédié. Alors, petite question personnelle pour commencer. qu'est-ce qui vous relie chacun à l'IA et au tourisme ?
C'est assez simple, vous l'avez dit, je suis ingénieure de formation. Donc forcément, l'IA, je l'ai apprise sur les bancs de l'école. Et aujourd'hui, évidemment, je suis un peu early adopteur, comme beaucoup de mes collègues. Et je saute un petit peu sur toutes les nouvelles avancées des IA, en pluriel. Et puis au tourisme, je dirige l'agence d'attractivité au Banque Champagne. Tourisme, c'est un vecteur de développement des territoires ruraux, ce qui est un peu ma deuxième passion. Merci.
Erwann ?
De mon côté, on va dire que c'est génial, puisque génial pour Générativialab. Et finalement, une de nos grandes missions, c'est de mettre en tourisme les solutions IA. Donc, on est ici pour parler de mes deux passions, on va dire.
Alors justement, comment l'IA peut-elle être utilisée au service du tourisme ?
Dans le tourisme, ça va venir couvrir en effet tous les... Tous les cycles de vie d'un voyageur, quel que soit l'acteur du tourisme, là où il intervient, il va mettre une ou plusieurs composantes de l'IA dans ses processus. Donc le sujet maintenant pour un acteur, c'est de se dire par où commencer et où est-ce que l'IA peut être le plus utile.
Christelle, on vous demande votre avis en tant qu'acteur du tourisme ?
Je voudrais même aller un petit peu au-delà, c'est-à-dire que je pense que la France est un vrai pays. touristique, encore matière à développer son tourisme, mais surtout du tourisme vertueux, c'est-à-dire en gros du tourisme avec ce qu'on a et pas avec ce qu'on doit construire pour le faire. Et pour ça, l'IA peut aider des acteurs qui ne sont pas forcément du milieu du tourisme à développer une activité touristique. Concrètement, le tourisme, c'est une économie de la disponibilité, de l'accueil, de... finalement, de la pédagogie... Si vous êtes artisan, vous pouvez très bien avoir une ou deux journées par semaine où vous recevez des gens pour leur apprendre votre métier. Et ça, vous allez le vendre plutôt bien. Et vous allez en plus vous réjouir de recevoir des gens qui viennent d'autres pays et qui ont d'autres cultures. Et tout ça, l'IA va pouvoir vous aider, non seulement à les capter, mais aussi, pourquoi pas, à réaliser toute la matière à l'accueil touristique.
Vous avez une double casquette, quel est le point de vue de la NCV sur cette question ?
La NCV va évidemment bénéficier de toutes ces possibilités, et je pense notamment à tous les prestataires qui prennent des chèques vacances et qui peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour renseigner leurs clients, non seulement sur les choses à faire autour de leur point d'activité, d'hébergement, de restauration. mais aussi pourquoi pas les renseigner sur qui accepte les chèques vacances, notamment les chèques vacances Connect en périphérie. Donc ça évidemment, toutes ces informations collectées rapidement, personnalisées par rapport aux clients, les prestataires qui utilisent les chèques vacances devraient l'utiliser.
Erwann, votre société propose des solutions d'intelligence artificielle. Ici, vous en avez proposé dans le secteur du tourisme. Comment la rencontre des deux mondes ? tourisme et intelligence artificielle, s'est-elle passée ?
Finalement, c'est une bonne question. On travaillait déjà sur l'IA, c'est de là qu'on vient. Et donc, c'est des rencontres, finalement, des rencontres humaines, avec des rencontres avec le Crédit Agricole, avec Atout France, qui gère le site France.fr et, dans le cadre des Jeux Olympiques, nous a soumis un enjeu d'accueil des 15 millions de voyageurs. On s'est assez vite rapprochés sur Marianne. Marianne qui est l'IA de France.fr sur une logique de dire finalement l'IA peut aider à avoir un côté inspirationnel d'accueil et de découverte de la France partout en Outre-mer inclus. Et donc c'est comme ça que l'histoire a vraiment démarré.
Comment l'IA peut-elle être utilisée au service des acteurs du tourisme ?
L'IA est utilisée à travers un exemple que je peux donner sur Marianne qu'on a fabriqué dans le cadre des Jeux Olympiques.
Qui est une agence virtuelle, c'est ça ?
Voilà, Marianne exactement, c'est ce qu'on appelle un agent IA. C'est une intelligence artificielle spécialisée dans un domaine qui est ici l'accueil, l'inspiration à découvrir des activités à faire en France. Donc elle a été, entre guillemets, entraînée. On lui a donné de la donnée France, à travers Data Tourisme, Tourisme et Handicap, les hébergements classés, tout un ensemble de données qu'elle a pu finalement collecter, comprendre, apprendre. Et maintenant, ça veut dire que tout voyageur qui y va sur le site France.fr peut interroger Marianne et obtenir des réponses sur l'ensemble de cette donnée touristique France dans une logique conversationnelle. C'est ce qu'on appelle les agents qui sont vraiment une nouvelle tendance de l'IA et qui rentrent totalement dans les processus métiers de n'importe quel acteur du tourisme.
En bref, un agent IA, c'est ?
Un agent IA, c'est une IA, plus de la donnée, et installée dans un processus métier. pour répondre à un objectif bien précis. Ça résout des problèmes comme les hallucinations, des choses comme ça, c'est plus performant. Et donc c'est des évolutions d'un chat GPT finalement, qui était en quelque sorte un premier agent généraliste, qui faisait beaucoup de choses, mais sans être précis et performant dans toutes les fonctions qu'il aurait pu avoir.
Comment l'IA peut-elle encore aller plus loin pour soutenir des acteurs touristiques ?
Elle va aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui, pour une simple et bonne raison, c'est qu'aujourd'hui elle est utilisée d'un point de vue grand public par chat GPT, par les touristes. Mais maintenant, le sujet, c'est comment les acteurs du tourisme vont s'approprier cette solution. Et on voit très bien aujourd'hui la problématique qu'ils ont, c'est qu'est-ce qu'on fait avec ? Et donc, pour aller plus loin dans l'IA au service du tourisme, ça va être finalement la transformation d'une industrie qui finalement, d'un point de vue digital, si on la regarde bien, ces 20 dernières années n'a pas beaucoup changé. Un moteur de recherche sur un site Internet, il y a 20 ans, il y a aujourd'hui, si on fait l'exercice, vous verrez, le moteur de recherche... Je veux partir, où est-ce que je veux aller, à quelle date, avec qui je vais ? Et in fine, c'est-à-dire que ces acteurs-là ne se sont pas tant renouvelés. Donc ça a été chamboulé parce qu'un booking à Airbnb sont arrivés. Et dans le monde de l'IA, ça va être la même question. C'est qui sont les nouveaux acteurs qui vont venir complètement transformer les habitudes des acteurs historiques ? Et est-ce que c'est des acteurs historiques qui vont changer les habitudes ou est-ce que c'est des nouveaux arrivants ? Ça, pour le coup, on ne le sait pas encore.
Je crois aussi que nos prestataires touristiques... mieux comprendre la sociologie des gens qui viennent sur le territoire. Il y a quelques années, le tourisme c'était j'allume la lumière puis j'attends que les gens rentrent. Ensuite, il y a eu ce marketing ciblé, je veux faire venir tel type de clientèle. Grâce à l'IA, on a cette capacité d'observation. Non seulement d'observation sociologique par le web, ChatGPT le fait plutôt bien, essayer de faire analyser votre site web par ChatGPT, il va vous dire des choses assez pertinentes. sur ce qu'on y trouve et ce qu'on n'y trouve pas, justement. Et puis tous les objets connectés. Nous, on a un système d'observation des flux touristiques avec les antennes de téléphone. On est capable, à travers ça, de produire des informations que nos prestataires devraient pouvoir utiliser sur la présence sur le territoire, la durée de séjour, les heures d'arrivée. Et moyennant tous ces nouveaux paramètres, les offres doivent évoluer en temps réel. en temps réel ou en tout cas en analyse et en calendrier de programmation.
Est-ce qu'on peut se diriger vers un Waze du tourisme, des flux touristiques ?
Ah oui, bien sûr. Bien sûr, ça existe déjà. Ça existe déjà. À Venise, par exemple, on va réorienter les touristes en fonction des flux réels et on va éviter justement trop de massification à certains endroits avec des caméras de surveillance. En fait, un touriste, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui passe sa nuit en dehors de chez lui. C'est ça, la définition d'un touriste, c'est... Il passe une nuit sur votre territoire alors qu'il n'y habite pas. Eh bien, tous les comportements de cette personne, qui potentiellement n'est peut-être pas là pour passer des vacances, il est peut-être là pour visiter sa grand-mère, il est peut-être là pour vendre quelque chose à une entreprise, peut-être un touriste d'affaires, tous ces comportements vont pouvoir, moyennant bien sûr la gestion personnelle, être globalement analysés.
Si on devait parler aux acteurs du tourisme, quels sont les usages principaux que l'on peut vendre de l'IA ?
Le premier, c'est le marketing, je pense.
Oui, c'est clair. Aider à la vente. Voilà. Il y a un enjeu de chiffre d'affaires. Donc déjà, c'est de se dire d'un point de vue marketing, de commercial.
Commercial, marketing. J'ai une question,
j'apporte une réponse la plus précise possible. Donc le commerce et le marketing sont quand même essentiels.
Il y a aussi peut-être de l'innovation touristique avec des avatars ? Oui,
effectivement, ce concept de renseignement touristique personnalisé à travers une figure d'avatar a vraisemblablement certaines utilités. Moi, je ne crois pas que l'IA va remplacer l'humain, ou en tout cas pas partout. Le tourisme, c'est quand même le contact humain, c'est quand même le moment où on a envie de se déconnecter. Et si finalement on ne rencontre pas l'humain ? qui lui-même peut être aidé par une IA, soyons clairs. Dans son métier, il peut être aidé par une IA. Mais il faut privilégier l'interface humaine.
Vous disiez que l'intelligence artificielle ne peut pas remplacer les êtres humains, mais peut-être les êtres qui sont décédés. Au musée d'Orsay, on peut discuter avec Van Gogh.
Oui, alors chez nous, on discute avec Napoléon, près du musée Napoléon, à partir d'un scan d'un set de table, ou Renoir à Issoy. Donc oui, tout cela fonctionne plutôt bien et est assez ludique.
Il y a un vrai intérêt d'incarner ces avatars ou ces solutions IA. C'est que finalement, quand on veut en parler, s'il n'a pas de nom, si on a du mal à le décrire, s'il ne peut pas être porté tout seul, finalement c'est difficile de le diffuser. C'est vrai qu'avec Fort de France, on travaille avec un compagnon qui s'appelle Zadmi. en créole ces compagnons et donc à l'accueil des croisiéristes 500 000 croisiéristes l'hiver et bien finalement Zanmi est là pour vous accueillir et donc il y a un vrai intérêt à l'image de ce qu'on fait sur un projet en ce moment pour conseiller aussi sur l'affluence, à partir du moment où Zanmi peut vous dire pour tel aquarium on peut vous conseiller de venir entre 8h et 11h, à ce moment là le compagnon a une vraie valeur ajoutée dans le conseil à condition que la donnée soit disponible
Et au final, ce sont aussi peut-être des opérations plus efficaces pour les acteurs du tourisme, des chaînes d'approvisionnement qui sont mieux suivies, qu'en dites-vous ?
Normalement, effectivement, l'IA devrait améliorer la fluidité des flux touristiques et des flux d'approvisionnement. Normalement. Encore faut-il que tout cela soit bien programmé.
Alors je vous propose de prendre un exemple concret, un hôtel ou un camping. Qu'est-ce que l'IA peut lui proposer comme service original ?
L'IA, elle peut l'aider sur toute sa chaîne. de fonctionnement. Elle peut l'aider, bien sûr, à améliorer son site internet, améliorer sa visibilité d'une manière générale, en faisant analyser un peu son empreinte numérique. Elle va pouvoir l'aider dans la rédaction de ses documents d'accueil, dans toutes les langues et dans toutes les cultures. On n'écrit pas la même chose en fonction des cultures. Elle peut même avoir des petits Ausha. Vous pouvez vous filmer sur un message d'accueil et le convertir avec A.Jane dans n'importe quelle langue du monde. Ensuite, il y a toutes les contraintes réglementaires qui sont quand même très complexes. Je pense notamment pour les campings, ils sont soumis à des audits sur les changements climatiques, les risques d'inondations, les risques de tremblements de terre. Tout ça, ça nécessite d'analyser des documents légaux et puis de faire son propre document d'évacuation. L'IA peut le faire. Alors évidemment, elle ne va pas savoir exactement tout. toutes vos données personnelles qui ne seront pas présentes sur le web. Mais globalement, elle va vous proposer un plan qui sera déjà à 80% rédigé.
Et le camping serait peut-être plus à même à répondre à toute question sur les lieux, sur les environs,
grâce à Génial, oui.
Oui, c'est vrai que pour les campings, sur les hôtels, moi j'ai l'exemple de Mia en Provence. Provence Tourisme a fabriqué Mia pour valoriser finalement les actualités, les événements sur place et en partenariat avec... tous les hôtels, Mia a été diffusée dans les chambres. Donc il a été mis en avant et donc chaque personne, du coup, chaque client qui est dans sa chambre d'hôtel a Mia, il y a un QR code et il peut venir interroger quoi faire autour de cet hôtel ce soir, où manger, où sortir. Donc il y a un vrai intérêt sur cette logique-là. Et puis au-delà, pour n'importe quel type d'entreprise, là où l'IA va servir beaucoup aussi dans le quotidien, c'est de gagner du temps dans ce qui est souvent des tâches un peu pénibles et chronophages. Donc l'IA, elle peut venir vraiment pour chaque entreprise là où elle en a le plus besoin pour essayer d'enlever, pour moi, beaucoup de pénibilité et pour qu'on puisse tous se concentrer sur de la vraie valeur ajoutée, parce qu'il y aura de la valeur pour le client.
L'IA permet-elle d'optimiser l'offre de tourisme ?
À partir du moment où l'IA s'est personnalisée, elle sait forcément mieux adapter une offre. Donc oui, elle sait aussi l'actualiser. Il y a souvent des enjeux autour de l'actualisation des fiches produits, des fiches d'hôtel, des fiches de visite. Il y a souvent des « à ne pas manquer » . Mais sur des fiches produits qui sont mises à jour tous les cinq ans, le « à ne pas manquer » n'est pas forcément toujours au fait de la dernière actu. Donc par exemple, il y a des cas d'usage comme ça où… Le A ne pas manquer est capable de parler de l'événement qui aura lieu dans deux semaines et qui peut être du coup l'argument pour dire tiens on prend cet hôtel parce qu'il y a un truc qui se passe à côté.
Erwann, pouvez-vous nous parler des solutions qu'avec Génial vous avez mis en place, mis en oeuvre pour des acteurs du tourisme ?
On travaille avec beaucoup de destinations, on travaille avec la Provence, on travaille avec les Charentes, on travaille avec la Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze, les Villaines. Donc tous ces acteurs-là, ils ont un enjeu finalement, ils ont de la donnée. Ils ont de la donnée touristique et ils ont un enjeu de promouvoir leur territoire. Et dans le contexte économique dans lequel on est, il est évident qu'il faut qu'on puisse faire des choses de qualité à des budgets qui sont maîtrisés. Et l'IA, elle permet de faire beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'elle permet d'aller agréger de l'information, aller chercher de l'information, l'actualiser. Donc tout ce travail de constitution de la donnée territoriale, on y travaille beaucoup sur rafraîchir cette donnée. Et puis il y a ensuite les solutions qui sont mises dans les mains des voyageurs. On a notamment CLIA en Alsace sur un accueil par IA pour l'office de tourisme, notamment quand elle est fermée. Et là, c'est très intéressant puisque deux questions sur trois aujourd'hui sont résolues par l'IA. Et on le voit, il y a clairement un changement de métier, mais pour ceux qui étaient avant là pour répondre aux questions, ça leur va bien parce que répondre toujours à la même question, de l'horaire du marché de Noël ou de l'heure des méduses pour telle plage, ce n'est pas là où les gens sont les plus épanouis dans leur travail. Et donc, il faut rendre plus attractifs ces métiers-là. Et l'IA, elle permet de rendre de l'attractivité dans ce type de métier et du coup d'amener des nouvelles générations sur des enjeux qui sont de l'accueil sur les territoires.
Alors, imaginons qu'à ce stade-ci, nous ayons convaincu des acteurs du tourisme à se lancer et à intégrer l'IA dans leur travail. Quelles sont vos recommandations et conseils pour bien intégrer l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que dans un premier temps, ne mettez pas l'IA en face du client. Attendez un petit peu, ou bien il faut que ce soit des outils éprouvés comme ce que fait Erwan. Mais n'essayez pas de mettre un chatbot issu directement de ChatGPT sur votre site. Vous risquez d'avoir de mauvaises surprises. En revanche, utilisez l'IA pour gagner, comme on le disait, 10 à 20% de votre productivité. Toutes les présentations, tous les discours, tous les documents formels ou informels peuvent être largement améliorés par l'IA. Moi, j'ai des collaborateurs, je leur demande de passer les documents qu'ils m'apportent par la moulinette Tchad GPT ou autre, avant de les présenter. Parce qu'on rêve effectivement 80% des problèmes, des petits comme des gros.
Erwan ?
Moi, je dirais d'y aller avec deux visions, une vision long terme et une vision court terme. La vision long terme, c'est de se dire que d'un point de vue culturel dans une organisation, l'entreprise va y aller, l'organisation va y aller. Donc, il y a un enjeu culturel. Il y a un enjeu culturel à préparer les équipes, à adopter ces nouveaux outils. Et pour ça, il faut qu'une direction fixe un cap et une volonté à le faire, puisqu'il y aura toujours des bonnes raisons de ne pas y aller. Et puis sur le court terme, c'est d'avoir une approche très pragmatique, ce qu'on dit test and learn, essayer, apprendre. Il y a souvent des projets qui ne marchent pas, ça ne veut pas dire que l'IA ne marche pas. Et donc l'enjeu qu'on voit nous dans les entreprises, c'est plutôt de se dire essayons, voyons ce qui marche et on continue de construire sur des fondations qui permettent de se dire on commence petit et puis on fait grossir progressivement. C'est comme ça en général qu'on évite de prendre des trop gros projets et de se dire deux ans plus tard on n'a rien. et d'avoir des résultats, des petites victoires qui vont faire ensuite des vraies fondations pour la suite.
Et quels sont justement les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Moi, je dirais que c'est la maîtrise de leurs données. C'est la première chose qu'ils doivent bien gérer. Qu'ils savent sur quoi l'IA doit taper. Quelles sont les données qui les caractérisent ? Ne pas laisser un récit qui vient du web. partir vers un client, que ce soit directement ou indirectement.
Comment on peut faire ?
Il faut contraindre l'IA à taper sur ses propres données. Pour ça, il faut les connaître, il faut les agréger. Ça peut être des documents, ça peut être des PDF, ça peut être des bases de données, ça peut être des fichiers Excel. C'est compliqué ? Non, ce n'est pas très compliqué. Il faut vraiment bien référencer, cartographier ces données et ensuite contraindre les IA que vous utilisez à se restreindre autour de ce périmètre-là pour ce qui vous caractérise.
Pour compléter, je pense que le BCG a sorti une étude récemment sur ce qui freine l'appropriation de l'IA. 10% c'est les sujets de l'IA, 20% c'est les produits, solutions construites, 70% du problème c'est plutôt la culture. Donc c'est des problèmes humains puisqu'on est dans une transformation humaine du travail qui est en train d'être modifiée. Et cette culture, elle est dans une logique typiquement la RGPD. La RGPD, il y a un frein sur la réglementation à se dire, il faut que les choses soient bien établies, sécurisées, maîtrisées bien entendu. Mais inversement, on voit aussi des projets qui par principe de précaution se disent, ne faisons pas RGPD, on n'y va pas. Et donc il y a un enjeu culturel, c'est-à-dire que 95% des projets, il n'y a pas de données personnelles. La donnée personnelle dans le chat GPT n'a pas beaucoup de valeur. Et donc en fait, il faut réussir à découpler le sujet de la donnée personnelle avec le sujet du conseil et des usages. Et donc pour ça, finalement, on voit qu'on a besoin d'expliquer aux équipes et dans une logique de formation, à ce que les gens acceptent de démarrer ces usages.
Quels sont les principaux défis que les acteurs du tourisme rencontrent en intégrant l'IA dans leurs activités ?
Il y a un défi de la pertinence, de la donnée, des réponses. Le défi, c'est quand on met une IA qui parle au client ou au public, il faut quand même contrôler ce que dit une IA, parce qu'elle ne peut pas dire n'importe quoi. Et donc, ce contrôle de la qualité, c'est un défi parce que c'est un peu un nouveau métier, un nouveau processus. Alors, ça existe dans l'industrie, quand on est dans une usine. On fabrique du carrelage, on a de la non-conformité, on remplace le carrelage, il y a de la mauvaise qualité. Et cette fois-ci, à partir du moment où l'IA peut parler au public, on a aussi de la mauvaise qualité. Il faut vérifier, travailler, corriger. Et donc ça, c'est un défi parce que c'est quand même un nouveau métier. Ce n'est pas forcément ce qu'attendent de faire des acteurs du tourisme au départ. Donc ça, il faut s'y habituer.
Moi, je crois qu'il y a aussi tout ce qui est non-verbal. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, l'IA générative, elle comprend ce qui est... phrasées, en tout cas, verbalisées, phrasées. Demain, il faudra qu'elles comprennent aussi d'autres choses. La météo, des composantes peut-être de réactions humaines, de bruit. Et tout ça, ça va être un défi important d'intégrer aussi tous ces signaux. Vous savez qu'un enfant de 4 ans est plus fort qu'une hyène parce qu'il a capté énormément de signaux. à travers ses parents, à travers son environnement, que la même IA qui aurait été entraînée pendant 4 ans. Après, c'est moins vrai.
Vous êtes d'accord, Erwann, avec votre raison ?
Je suis totalement d'accord. Et je pense qu'un des gros défis que vont avoir les acteurs du tourisme, c'est que c'est les clients et les visiteurs qui auront déjà utilisé ChatGPT avant eux. Et donc, ils vont devoir s'adapter, de la même manière que la réservation en ligne. Ils ont dû aller faire parce que le digital est arrivé. Je pense qu'un des gros défis, c'est quand même de voir que les clients, ils ont une attente qui est bien plus élevée maintenant, parce qu'on connaît tous les solutions IA. Donc on attend que les acteurs du tourisme les utilisent eux aussi.
Et question pragmatique, est-ce que cela va leur coûter cher d'utiliser l'IA dans leurs activités ?
On en parle toujours avec nos clients. L'aspect cher, c'est quel est le coût, mais surtout quelle est la valeur et qu'est-ce qu'on va pouvoir en retirer. Il y a des choses qui sont chères à 100 euros, il y a des choses qui ne sont pas chères à 100 000 euros. Donc, c'est quelle valeur on va créer avec ces IA, elle sera chère quand on n'en fera pas un bon usage. Et quand ils n'arriveront pas à réellement le mettre, on le voit aujourd'hui. Il y a beaucoup d'outils IA, je ne vais pas les citer, mais où je paye une licence 30 euros sur mon bureau de travail et les équipes ne l'utilisent pas ou pas bien. Et donc, ça, c'est cher pour le coup. Donc, finalement... un dirigeant d'entreprise, il faut qu'il s'assure en tout cas qu'il ait de la valeur et que ça ne reste pas gadget.
En tout cas, je crois qu'il va falloir évaluer le temps homme que ça fait gagner. Et c'est comme ça qu'on évaluera le prix réel de l'outil.
Merci, c'est déjà la fin de cet épisode dédié à l'intelligence artificielle au service des acteurs du tourisme. Un grand merci à nos invités, Chrisel et Erwan. Pour leurs précieux éclairages, l'avenir du tourisme sera sans aucun doute influencé par ces technologies et ceux qui sauront s'adapter et innover pourront sans doute encore mieux répondre aux attentes des voyageurs de demain. Merci d'avoir écouté Escale, chèque vacances. Et si ce n'est déjà fait, abonnez-vous à ce podcast pour continuer à explorer avec nous les tendances qui redéfinissent votre façon de prendre des vacances. A très bientôt dans une prochaine escale, chèque vacances.
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