- Speaker #0
Bonjour Eva, comment tu vas ?
- Speaker #1
Bonjour, ça va très bien.
- Speaker #0
Merci beaucoup de m'accorder ton temps pour une petite interview. Eva, je voudrais que tu te présentes un petit peu.
- Speaker #1
Je m'appelle Eva, j'ai 26 ans, je suis centrale internationale. Actuellement, je joue pour le club de Béziers.
- Speaker #0
Je voudrais savoir, quel sport tu as commencé quand tu étais jeune ?
- Speaker #1
Alors, j'ai eu de la chance parce que mes parents m'ont... J'ai un peu fait toucher à tout quand j'étais petite, donc j'ai touché à plein de sports, mais vraiment le sport que j'ai fait vraiment pendant longtemps, j'ai commencé par la natation, donc j'ai fait pendant 8 ans, 8 ans de natation, pas de volée, pas de tout ça, c'était vraiment la natation. Et après, j'ai fait un peu de la danse, danse classique, moderne, je suis allée au conservatoire, donc voilà, j'ai un peu touché vraiment à tout, à plein de choses. Et après, le volet est arrivé comme ça, sans vraiment que je m'y attende.
- Speaker #0
Est-ce qu'en natation, tu avais déjà un bon niveau ?
- Speaker #1
Les premières années, non. Mais les dernières années, on m'avait contactée pour entrer dans un club. Mais en même temps, je ne me voyais pas faire ça. On m'avait un peu expliqué comment se déroulait une semaine type. Je me suis dit non. C'est pas possible.
- Speaker #0
Du coup, pendant un cours de PES, un prof t'a dit que t'as le bon profil pour ce sport. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Ah oui, il est bien renseigné. Oui, c'est ça. Il y avait un cours de sport. On changeait tout le temps. C'était soit rugby, soit basket, soit cours d'orientation. Et là, c'était voler. Donc moi, je ne connaissais rien. C'est-à-dire que... le volet masculin non plus. Rien du tout, mais C'est-à-dire que moi, petite anecdote, quand ça servait, j'allais bloquer le ballon. Donc, je connaissais rien du tout. Et bon, j'étais très grande à l'époque, donc je pense que c'est pour ça que mon prof de sport, à l'époque, du four, m'a dit, ça serait top, t'as le profil parfait pour faire du volet. Et moi, j'aime pas trop le contact. Alors, c'est parfait. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Je me suis inscrite dans un club de volley en Régional 2, près de chez moi, vraiment. Non, même pas. On est venu... Tu sais, quand tu découvres un sport, tu n'as pas forcément le déclic. Tu te dis, au début, je vais faire pour le fun.
- Speaker #0
Surtout que le volley, c'est un peu compliqué. Il reste tout à prendre au début.
- Speaker #1
Très, très compliqué. Sauf que moi, je suis arrivée, j'avais 14 ans. Moi, j'étais un peu à l'écart au début. J'apprenais des choses, mais c'était une catastrophe. Et en fait, à l'époque, il y avait Pascal Bonhomme, c'était à DTN. Et donc, du coup, je ne sais pas, trois mois après que j'ai commencé, je me suis inscrite. On m'a contactée. J'étais en vacances en Italie, je me rappelle, avec mes parents. On me contacte, on me dit oui, alors on est intéressé par votre fille. On aimerait qu'elle vienne faire des tests. à Châtenay-Malabry. Je me suis dit, on est dans un pôle, qu'est-ce que c'est ? Et je fais les tests. Catastrophe. Je tombe. Je ne suis pas très coordonnée au début. Avant, du moins. Et après, j'ai été prise. Et puis après, ça s'est enchaîné.
- Speaker #0
Est-ce que plus tard, tu rejoins directement le France Senior pour une première compétition internationale ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est vrai. Mais là, c'était bien après.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est deux ans plus tard. Oui, deux ans plus tard. J'ai intégré l'équipe de France Senior à 17 ans. J'allais avoir 18 ans, mais j'avais 17 ans au moment où j'ai fait ma première sélection. Quand on est jeune, je ne sais pas si c'était mieux pour moi, mais en tout cas, je n'avais pas cette pression ni appréhension. Parce que pour moi, entre guillemets, le volet, c'était un jeu.
- Speaker #0
Tu n'étais pas dans l'esprit encore sportif. Oui,
- Speaker #1
voilà, j'avais 17 ans. Je me suis dit, bon, je me suis fait décroiser aussi. Du coup, j'étais un peu en retard. Donc, je me suis dit, c'est une chance de fou. Mais d'un autre côté, qu'est-ce que je fous là ? Tu n'as pas eu de syndrome d'imposteur un peu ?
- Speaker #0
Un peu,
- Speaker #1
je me suis dit, qu'est-ce que je fais là ? Mais d'un autre côté, je me suis dit, trop contente. De toute façon, moi, dès que j'ai commencé le volet, je me suis dit qu'il faut absolument qu'un jour, j'ai mon nom sur mon maillot sur le jeu de l'équipe de France. Bon, ben voilà.
- Speaker #0
Maintenant,
- Speaker #1
c'est fait. Et après, quand vraiment, je me suis rendu compte que c'était sérieux et que ce n'était pas de la rigolade. Là, par contre, la pression, le stress et être aussi entourée d'anciennes joueuses. À l'époque, il y avait Alexandra Rochelle. Il y avait plein de joueuses qui ne sont plus en équipe de France maintenant. Donc, c'était... J'en garde un bon souvenir. Stressée. Mais sinon, c'était cool.
- Speaker #0
C'est sûr,
- Speaker #1
c'est des beaux souvenirs. J'étais trop contente.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'à ce moment-là, le poste de centrale, c'était obligé ou c'est toi qui l'as choisi ?
- Speaker #1
Alors, je tiens à préciser. Je ne sais pas où regarder.
- Speaker #0
T'as le poème.
- Speaker #1
Je n'ai pas choisi d'être centrale.
- Speaker #0
Ok, alors je m'en doutais bien.
- Speaker #1
Voilà, je tiens à préciser ça. Je n'ai pas choisi d'être centrale. Ça m'est tombé dessus et on m'a mis là-dedans, post-là pardon. Je pense aussi, la longueur de mes jambes aussi. Mais non, je n'ai pas choisi. Aujourd'hui, je ne regrette pas, je suis très contente d'être centrale. Je pense que j'ai des opportunités qui sont venues grâce à mon poste et aussi grâce à ma taille, etc. Mais je pense que point dessus, ça aurait pu le faire aussi. Mais je suis très contente d'être centrale.
- Speaker #0
Parfois, tu peux toujours attaquer. Par la suite, la saison 2018-2019, tu en as parlé. Tu as eu ta première blessure, les croisés ?
- Speaker #1
Ah non, j'ai eu mes croisés en 2015.
- Speaker #0
Ah, tu as eu des croisés ?
- Speaker #1
Ah oui, quand je suis arrivée, en fait, quand j'ai quitté, quand je suis arrivée à Châtenay, vu que j'étais très fine, enfin, je n'avais jamais fait de muscu de ma vie, et je manquais de coordination, il fallait vraiment reprendre à zéro, quoi. Donc, j'ai presque fait deux ans de muscu, de vraiment apprendre les bases, c'est-à-dire la motricité, tous les bases, avant de commencer le volet. Et j'arrive, ma première année, du coup, à... à l'IAVB qui est maintenant France Avenir donc et là premier match croisé c'est dans la même jambe ou non non c'était non j'ai fait une jambe après l'autre donc voilà croisé première année je me suis dit bon super moi qui rentre en pôle entourée de plein de joueuses de voler moi j'arrive je connais rien en plus je me fais les croisés donc super et après effectivement en 2018 2019 je me refais l'autre
- Speaker #0
Et ça, comment tu le vis ?
- Speaker #1
Je crois que j'ai très mal vécu.
- Speaker #0
Pourquoi ? Mentalement ?
- Speaker #1
En fait, c'était une période où c'était l'année où l'IF voulait l'année d'après rentrer en pro. Donc il fallait garder certaines joueuses qui étaient à l'IF pour justement faire l'année test en pro. Et moi, entre-temps, j'avais d'autres propositions de club. Donc voilà, j'ai essayé entre rester et partir. Mais en toute honnêteté, j'étais plus orientée vers la ressortie que de rester à l'IF.
- Speaker #0
Oui, c'est une opportunité d'avoir un club pro.
- Speaker #1
Il y a des clubs pros qui me contactent et tout. C'est des nouveaux enjeux pour moi. Et là, je me fais les croiser. C'était très dur. Je me suis dit, ce n'est pas possible. Pas maintenant. Et je pense que toutes les personnes qui se sont blessées, on sait c'est quoi la sensation. T'as l'impression que... Tout te tombe dessus, tu remets ton question et la douleur, elle est horrible aussi.
- Speaker #0
Surtout que ça a duré longtemps, ça a duré à peu près un an, je pense.
- Speaker #1
Alors moi, ça a duré un an parce que j'ai pas fait les choses à moitié. Ils m'ont mené ce côté qui avait été touché, donc ça a duré plus longtemps. Et c'était une période vraiment très compliquée parce que, là je le dis en toute transparence, je me suis sentie très seule. Et en fait, En tant que sportif de niveau, on ne se rend pas compte. Ça a l'air beau, on joue dans des salles, c'est rempli. Mais c'est un métier où on est vraiment très seul. D'autant plus quand on se blesse. Je me sentis vraiment très seule parce que tout le monde avance. Et du coup, toi, tu n'avances pas, tu es blessée. Donc, tu vois les filles qui partent. Du coup, moi, je suis restée une année de plus. Donc, je suis restée avec des filles qui sont de la génération en dessous et encore en dessous. Donc, j'étais en mode... C'était dur mentalement.
- Speaker #0
Puis tu vois les autres évoluer dans les clubs.
- Speaker #1
Et après, tu apprends, tu mûris, tu te dis que chacun a son chemin, son destin, que chacun a aussi sa carrière. Je ne me compare pas avec d'autres personnes. Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, quand tu as 19 ans, 20 ans, je te dis que ça fait quand même un peu chier que tout te tombe dessus et qu'en fait, tu dois replanifier tes projets.
- Speaker #0
Mais justement, tu t'en sors bien parce qu'à la sortie de cette blessure, tu rejoins directement un club pro, Quimper. Et comment ça se passe là-bas, du coup,
- Speaker #1
à la suite de cette blessure ? Alors, ce n'était pas facile parce que quand je suis revenue de mes croisés, le Covid est arrivé.
- Speaker #0
Ah, le fameux Covid.
- Speaker #1
Le fameux Covid, voilà. Le confinement, surtout. Donc, je reviens et hop, confinement.
- Speaker #0
T'es encore seule, quoi. C'est bloqué, il y a Tartone. C'est bloqué.
- Speaker #1
Tout ce que j'ai travaillé physiquement, je l'ai reperdu. Enfin, voilà, c'était un enfer. Et en plus, mais j'ai de la chance parce qu'à l'époque, Jacques Béraud, qui était l'un des coachs principaux de France Avenir aujourd'hui, et également aussi le Draolec, et Laurent Delacour. C'est des personnes qui m'ont aidé à la sortie de Lièvre, à trouver un club. Et je pense qu'un père à cette époque-là, ils m'ont vraiment fait confiance. Et le fait que je sois aussi en équipe de France, senior, a aidé à ce que je sois prise aussi et que j'intègre ce club. Parce que c'est quand même un pari, tu prends une joueuse qui n'a pas joué pendant un an et demi.
- Speaker #0
C'est Serapone. Pas une balle dans le pied. Voilà.
- Speaker #1
Et au final, ça a bien marché. Je suis très contente qu'il m'ait contactée et aussi d'avoir fait cette saison là-bas parce que le faux c'est d'être parti en deuxième division puisque Quimper était en deuxième division à cette époque-là. Il y avait moins de pression. Il y avait moins de pression. Je sentais que le coach me faisait confiance. On avait une équipe pour monter concrètement et on n'est pas monté de peu. Je pense de un point ou deux. mais non vraiment ça m'a fait du bien et puis l'environnement aussi était sain la Bretagne ça fait du bien vraiment c'est loin des distractions, j'étais beaucoup plus focus sur mon corps et voilà non vraiment ça m'a aidé,
- Speaker #0
j'étais très contente et plus tard, pas pour ressasser les mauvais souvenirs mais on va directement aller sur Vionel pour parler de ta deuxième blessure comment celle-là tu l'as vécue ? parce que c'était pendant un gros match contre Nantes Tu t'es blessée au troisième set et finalement, ton équipe après a perdu. Mais c'est surtout l'après, surtout une troisième blessure au final. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Mon écho en a pris un coup parce qu'on venait d'apprendre que le nouveau sélectionneur, c'était César, donc du coup l'ancien coach de Nantes. Donc je voulais absolument jouer face à Nantes et performer. Et je performais. Et en fait, voilà.
- Speaker #0
C'est tombé d'un coup ?
- Speaker #1
C'est tombé d'un coup. Parce que physiquement, je me sentais bien. C'est que ça a lâché, quoi. Des fois, il n'y a pas forcément de... Des explications. Des explications. Peut-être les croiser. Il y a quand même certains facteurs qui rentrent en jeu. Là, je ne peux pas dire lesquels. J'étais bien mentalement, physiquement. De toute façon,
- Speaker #0
ça arrive toujours au pire moment. Donc,
- Speaker #1
pas de chance. Mais voilà, écoute, c'est comme ça. Et puis après, j'ai été bien entourée. Donc, ça m'a aussi aidée à bien revenir.
- Speaker #0
Ok, oui, c'était pas comme à l'IFVB où tu étais le plus isolé ?
- Speaker #1
Non, là, vraiment, vu que le club où j'étais, donc à Venelle, c'était vraiment très pro, j'ai pu quand même bien revenir. Et aussi, quand j'ai intégré l'équipe de France, je sentais que le coach me faisait confiance. Donc, tout s'est déroulé parfaitement. Donc, j'étais très content.
- Speaker #0
Et on va parler d'autres blessures maintenant. Dans une interview, tu as parlé de blessures intérieures, les blessures qu'on ne voit pas. qu'est-ce que tu voulais dire exactement ?
- Speaker #1
alors je faisais référence au JO à l'année des JO c'est vraiment une année qui était très compliquée mentalement c'était très dur Il s'est passé des choses, je pense, qui n'auraient pas dû. Je ne sais pas trop comment expliquer ça, parce qu'avant les Jeux à Paris, j'étais dans l'effectif, dans le groupe depuis cinq ans. Tu étais déjà dedans. Voilà, je préparais ces Jeux-là. Et en fait, cette saison-là, cet été-là, vraiment, je m'étais dit, bon, voilà. Pas de pression, Eva. Fais comme tu as toujours fait. Parce que j'ai eu du mal aussi à montrer ma place et à ce qu'on me laisse jouer aussi. Donc c'était très compliqué au début. Et il s'est passé ce qui s'est passé. Il y a eu la VNL. Et je ne peux pas rentrer dans les détails parce que je n'ai pas envie de ressasser ce qui s'est passé. où personne ne se reconnaîtront il y a des choses qui ont été dites qui ont été faites en tout cas pour moi de ma part qui n'était pas forcément très gentille mais à la suite de ça j'ai fait une petite dépression je n'ai pas honte de le dire j'ai eu une petite dépression On ne se rend pas compte, mais la charge mentale qu'il y a quand on fait du sport de haut niveau et quand on est en équipe de France, ce n'est pas facile quand tu n'es pas bien entouré. Quand je vois certains sportifs qui se suicident, c'est un peu tabou d'en parler,
- Speaker #0
mais c'est important.
- Speaker #1
L'aspect mental est primordial. Comme tu dis, on est très seul. Et quand on subit certaines injustices ou on est face à certaines situations qu'on ne maîtrise pas, et qui nous dépassent et qui nous submergent. Si tu n'es pas entouré à ce moment-là...
- Speaker #0
Oui, tu ne tiens pas, quoi.
- Speaker #1
Tu ne tiens pas du tout. Et moi, je remercie mes proches, parce que vraiment, quand je dis que je suis tombée en petite dépression, parce que mon monde, il s'est croulé complètement. C'était... Non, c'était là, c'était un enfer. Et en plus de ça, quand je n'ai pas été sélectionnée, pour moi, je me suis dit, bon, ben voilà, j'arrête le volet. Comment ça s'était fini avec l'ancien coach ? et certaines personnes du staff c'était horrible mais je remercie ma famille, mes proches parce que grâce à eux j'ai rencontré des personnes dans le milieu de la préparation mentale j'ai rencontré une psychologue qui m'a vraiment fait tout changer qui m'a ouvert l'esprit aujourd'hui j'ai une autre manière de voir la vie de voir les choses, de voir le volet et aussi voilà non vraiment Il ne faut vraiment pas négliger l'aspect mental, parce que c'est vraiment primordial. C'est primordial. Et c'est ça, des fois, mentalement, on ne se rend pas compte, mais il y a plein de choses qu'on garde en nous. Et on devrait en parler. Et on devrait en parler, concrètement.
- Speaker #0
Surtout sur des choses qu'on ne peut pas gérer. Surtout sur ça, quelque chose qui nous tombe dessus. Alors que c'est un peu l'événement. Tu étais là depuis cinq ans, tu disais que tu avais ta place, tu pouvais jouer. Oui,
- Speaker #1
non, mais c'était... Non, je l'ai très mal vécu. Après, j'ai pu rebondir. et quand je suis arrivée à Venelle pour moi c'était un nouveau départ donc je me suis dit voilà nouvelle équipe nouveau projet, nouveau objectif aussi et après quand j'ai appris que le staff de l'équipe de France changeait, le coach changeait je me suis dit bon voilà on peut y retourner oui ou même il y a une nouvelle perspective qui s'ouvre à toi donc reste pas fermé sur ta précédente expérience
- Speaker #0
C'est une belle mentalité ça.
- Speaker #1
Oui voilà, on ne sait jamais ce qui peut se passer et au final, top.
- Speaker #0
Avec cette frustration, cette déception, est-ce que tu t'es renforcée, bâtie ? Est-ce que ça t'a aidée à voir plus loin ?
- Speaker #1
Alors, renforcée oui. Ça m'a bien servi de leçon et ça m'a aidée en vraiment... Moi maintenant aujourd'hui, je suis plus légère. Je prends les choses comme elles viennent. Je ne me mets plus autant de pression que je me mettais avant. parce que je me dis en soi le voler ça fait partie vraiment de ma vie mais c'est pas toute ma vie voilà donc généralement quand tu te consacres quand tu mets toute ton énergie dans un seul truc dans une seule chose et que cette chose malheureusement se casse la gueule c'est horrible et en fait si t'arrives un peu à prendre du recul sur la situation et te dire que bon ok là ça ça va pas mais qu'est-ce que t'as après qu'est-ce que tu peux euh changer pour que demain, ce soit meilleur, je pense que c'est une bonne façon de voir les choses et de voir la vie en règle générale. Moi, ça m'a rendu plus forte. J'ai une légèreté maintenant sur mon sport, sur la vie en général, sur les personnes aussi, mes relations.
- Speaker #0
Avec toutes ces épreuves que tu as vécues avec du recul, physique et mental, qu'est-ce que ça t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Ça m'a appris qu'il ne faut jamais... Se laisser abattre par les épreuves qui te tombent dessus. Que si vraiment tu as un objectif et que c'est ce que tu veux faire, la vie ne sera pas facile. Et qu'il ne faut pas se comparer aux autres. Parce que c'est vrai que quand j'étais plus jeune, je me comparais beaucoup. Je trouvais que moi, c'était injuste. Parce que moi, on ne m'a pas forcément tout donné. J'ai toujours dû prouver que je méritais de jouer ou que je méritais d'être là. Ou de justifier que j'étais là.
- Speaker #0
Ça, c'est toujours un truc qui est horrible.
- Speaker #1
Alors que d'autres personnes, pas forcément, tu vois. Et aujourd'hui, je me rends compte que ça ne sert à rien de faire ça. Ça te fait perdre de temps, de l'énergie, plus qu'autre chose. Donc vraiment se concentrer sur toi et aussi prendre les choses avec un peu plus de légèreté, de recul. Et ça, c'est bien parce que du coup, tu gères aussi l'émotion et l'intensité que tu mets dans le rapport avec certaines personnes et le rapport aussi avec le sport, avec ton sport. Donc pour moi, ça, c'est important et aussi la résilience aussi. C'est une qualité que j'ai acquise grâce à mon parcours.
- Speaker #0
Justement, en parlant de parcours, on va revenir sur les six clubs que tu as faits pendant ces huit ans. Est-ce que tu as tous les clubs que tu as voulu faire, est-ce que ça a toujours eu ce que tu as voulu faire ? Ou il y a eu une impasse, un jour tu t'es retrouvé dans ce club-là ou tu t'y attendais, tu ne t'y attendais pas ?
- Speaker #1
Alors, commençons par Quimper. Quimper, c'était un choix de ma part d'aller là-bas parce que je voulais y jouer. Et en plus, à l'époque, tu jeunes de l'IFBB, tu sors de blessure, tu veux jouer en Liga, c'est impossible. C'est impossible, à part 10%. Oui,
- Speaker #0
je vais pour les derniers matchs.
- Speaker #1
Généralement, tu es sur le banc. Et moi, je ne voulais pas. Je voulais absolument jouer. Donc, j'ai voulu aller en deuxième division. Mais un club qui avait une ambition de monter. Donc un père vraiment top, c'était mon choix. Après, j'ai fait Chamalière. C'était une expérience un peu compliquée parce que financièrement, ce n'était pas le club qui est là maintenant. On avait moins de budget avant. L'effectif était aussi très restreint. On n'était pas beaucoup, on était 9-10 ans. Donc c'était très compliqué au début. Mais en vrai... En vrai, j'ai kiffé quand même.
- Speaker #0
Ah, c'est bien.
- Speaker #1
Non, mais oui, parce que même si c'était compliqué, parce que j'étais avec Manon Bernard, la libéraux qui était à Béziers l'année dernière, c'est deux ans ensemble, mais c'était compliqué. Mais au moins,
- Speaker #0
tu as pu jouer.
- Speaker #1
Oui, j'ai pu jouer, mais aussi, ça fait partie de mon... de ma vie, de mon expérience. Oui,
- Speaker #0
c'est des moments joyeux. C'est plus important.
- Speaker #1
C'était compliqué, il n'y avait pas beaucoup de sous, mais...
- Speaker #0
L'envie était là.
- Speaker #1
L'envie était là, oui, voilà.
- Speaker #0
Du coup, après, tu as fait Marc en Baronne.
- Speaker #1
Marc en Baronne, oui. Alors, Marc, c'est un club. De toute façon, à chaque fois que je prends l'occasion d'aller dans un club, c'est jamais par dépit. Moi, je suis le genre de personne, si j'y vais, c'est que j'en ai envie. Parce qu'au final, il faut que je me lève tous les matins, que je fasse la muscu, que je m'entraîne tous les jours. Si je n'ai pas envie d'être là, ça n'a aucun intérêt. Donc oui, chaque club où je suis partie, j'ai accepté et j'ai voulu y aller. Donc Marc, à part la pluie, le temps qui est un peu compliqué là-bas, j'ai passé une bonne saison. Je pense que c'est à partir de ce moment-là où j'ai commencé aussi à être un peu plus présente sur le terrain. C'est-à-dire qu'avoir aussi la confiance à ses cris à ce moment-là. Techniquement, j'ai aussi passé un cap. J'étais beaucoup plus percutante sur les matchs. Donc c'est à partir de ce moment-là vraiment où je trouve que j'ai passé un cap. En tout cas, moi, c'est ma perception des choses. Et après, je suis allée à Venelle. Donc du coup, après Marc, il s'est passé l'été 2024. Je suis allée à Venelle et là, c'était incroyable.
- Speaker #0
C'était un an.
- Speaker #1
Un an, parce que du coup, le club a fermé. Mais vraiment, c'était une année super. C'était collectif de fous. On s'entendait toutes bien. Et je pense qu'aujourd'hui, tu peux... poser la question à toutes les filles qui étaient là cette année-là, elles vont te dire mais c'était trop bien on a trop kiffé, si on avait pu jouer ensemble encore l'année d'après on serait toutes restées non c'était une année de fou vraiment je pense qu'on a eu un déclic à partir de décembre, c'est là où on a commencé à enchaîner notre série de victoires à la maison invaincue, c'était vraiment une trop bonne année, on avait un bon staff aussi, un bon collectif et Généralement, ce qui marche vraiment, c'est même pas forcément les qualités individuelles, c'est vraiment le groupe. C'est-à-dire qu'humainement, on s'entendait toutes bien. Il n'y avait pas d'animosité, il n'y avait pas de clan. C'était un bonheur, c'était vraiment trop bien. J'ai vraiment trop bien vécu. En plus, le sud aussi, il faut dire que le sud, c'est un luxe d'être ici, c'est trop bien. Le soleil, ça aide aussi. Tu te lèves le matin, le soleil touche. ton visage, les rayons touchent ton visage. Vraiment, c'est top. C'était une trop bonne année. Et c'est vraiment dommage qu'on en soit arrivé à ce que le club ferme ses portes parce qu'on s'était quand même qualifié en Ligue des Champions. Il me semble. Je ne sais plus du coup parce que tout ce qui s'est passé par la suite. Mais non, c'est si, la Ligue des Champions. Donc, non, c'est dommage. C'est dommage, mais bon. C'est le sport féminin.
- Speaker #0
Ça commence à se développer.
- Speaker #1
Il faut investir. Il faut investir dans le sport féminin. C'est pour ça qu'il y a des clubs Nantes aussi. C'est dommage que l'équipe de Nantes a été rétrogradée en deuxième division. Venelle, ça a fermé. On n'est pas à l'abri que demain, on apprenne aussi qu'un autre club, financièrement, ne tienne pas. Parce qu'au final, aujourd'hui, il y a beaucoup de filles qui partent, mais du coup, ça commence à coûter cher. Là, avec la règle des Françaises, les Françaises vont commencer à coûter cher, donc il va falloir suivre. Donc non, il faut investir dans le sport féminin en général et dans le volet féminin en plus.
- Speaker #0
ça c'est un beau message ça c'est ce qu'on aime Achat Malier le coach Atman dit de toi en 2021 qu'il veut t'aider à devenir une joueuse incontournable du championnat est-ce qu'à l'heure actuelle tu penses que t'es une joueuse incontournable en France bien évidemment je pense que oui
- Speaker #1
je suis en train de faire ma place je m'entraîne pour C'est vrai qu'il y a des matchs qui sont plus ou moins plus difficiles, où c'est un peu plus difficile de se démarquer. Mais ce n'est pas quelque chose vraiment... Je ne joue pas et je pense... Quand je joue, je ne pense pas à mes stats. Je joue, quand je suis dans le terrain, je joue pour l'équipe. Et les stats, c'est après. Mais c'est vrai que c'est quelque chose aussi, au fond de moi, que j'aimerais me dire que Eva fait partie des meilleures centrales françaises. elle a sa place par exemple en équipe de France qu'on sache que j'ai aussi pu apporter et aussi montrer que de par mon parcours que c'est possible de s'affirmer en France donc j'espère que oui sans
- Speaker #0
fausse modestie je pense que je suis sur la bonne voie Quel club t'as challengé le plus sportivement, là où t'as eu le plus de difficultés ? contre qui j'ai joué ou t'as eu un cap où tu t'es dit là franchement je me suis challengé je vais monter le niveau où t'as vraiment progressé le plus à Venelle à Venelle ouais à Venelle ouais à Venelle j'ai eu une il y a un cap qui s'est qui
- Speaker #1
est passé qui est passé j'ai même senti que j'avais plus de je me sentais beaucoup plus responsable beaucoup plus forte et quand je dis forte c'est pas forcément je pousse à la salle c'est forte dans mon jeu oui en caractère donc ça veut dire caractère la confiance aussi Elle est arrivée et j'ai vraiment senti le déclic. Et vraiment, ce déclic-là, je l'ai eu parce que j'ai été suivie psychologiquement.
- Speaker #0
Du coup, on va partir sur l'équipe nationale. Donc, en 2017, tu n'as pas joué de match, mais tu as quand même fait ta première sélection, ce qui est quand même pas mal. Et c'est à partir de 2018 où tu commences peut-être à jouer un petit peu. Comment ça s'est passé, cette période-là ?
- Speaker #1
Alors, moi, je ne prétendais pas non plus arriver...
- Speaker #0
Oui, à jouer tous les matchs, mais au moins un petit peu.
- Speaker #1
Oui, tu es jeune. Je joue, c'est top. C'est super. C'est quand même l'équipe nationale. Ce n'est pas un club du championnat. C'est l'équipe de France. C'est un autre standard. C'est un autre standard, mais oui, il faut le dire. Ce n'est pas facile d'arriver là. Donc, si tu es sur le terrain, c'est une chance pour toi. C'est une opportunité de te montrer et de montrer que oui, tu as bien fait de me mettre sur le terrain. Mais j'étais stressée à la mort. Parce que c'est à la mort, en plus de ça, la première Marseillaise, c'est comme ça, allons aux enfants ! Et t'as tout, je me rappelle, c'était à Belfort, t'as tout le public qui chante avec toi. C'était un...
- Speaker #0
En plus, je vais en France, le bonheur !
- Speaker #1
Une sensation incroyable ! Un frisson et tout ! C'est ça, la Marseillaise ! C'est ça, jouer pour son pays !
- Speaker #0
Ça doit faire une sensation incroyable !
- Speaker #1
La Marseillaise, elle est incroyable !
- Speaker #0
Et après vous avez eu des beaux titres Surtout pour la Golden League en 2022 Premier titre pour la France Comment tu l'as vécu cette compétition ?
- Speaker #1
C'était trop bien
- Speaker #0
J'ai pas trop joué Mais t'as vécu la pression d'une finale
- Speaker #1
C'était vraiment un très bon souvenir Mais moi mon meilleur souvenir c'est qu'on a gagné la Challenger Cup Ah bah justement l'année d'après Bah en fait à ce moment là j'étais blessée Donc j'ai joué, j'avais le maillot de libéraux Merci. Et c'était le choix de l'entraîneur de me garder dans l'effectif à ce moment-là parce que j'allais revenir dans l'équipe. Et en fait, je le remercie parce qu'à ce moment-là, vraiment, je ne voulais pas louper ce moment et de me dire que je ne suis pas là au moment où les filles vont marquer l'histoire. Et en fait, j'étais là et c'était incroyable. C'était incroyable quand tu t'écris l'histoire et que tu te qualifies pour la première fois en VNL. C'était quelque chose avant, on se disait mais la VNL c'est loin. C'est le top du top.
- Speaker #0
C'est le top du top,
- Speaker #1
c'est loin, les équipes sont là-bas, mais c'est loin, nous on est là. Mais en fait non, si on y est.
- Speaker #0
Et du coup, à ce moment-là, tu n'as pas trop joué, vu que tu étais blessée. Non,
- Speaker #1
j'étais blessée, donc je revenais. Et il me semble qu'on était 14, donc il fallait...
- Speaker #0
Oui, il fallait que tu sois sélectée.
- Speaker #1
Il fallait une libéraux. Donc c'était aussi le choix du coach de mettre libéraux, afin d'avoir une joueuse de chant en tant que libéraux, et la libéraux sur le terrain.
- Speaker #0
Oui, et toi, te faire vivre en même temps. Voilà.
- Speaker #1
Mais non, moi, je suis très contente. J'étais trop contente. C'était... Le stress et tout, c'était incroyable. Ça, vraiment, c'était trop bien.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça s'est passé la première VNL ? Cette organisation, pour vous, ça s'est déroulé ?
- Speaker #1
C'était bien. Je ne pense pas qu'on était stressés d'entamer la VNL. Je pense qu'on s'est dit, voilà, nouvelle compétition, maintenant on y est. Voilà, maintenant. Faut jouer, quoi. Faut jouer.
- Speaker #0
Tantôt, une fois qu'on est sur le terrain, c'est pas très bien. Voilà,
- Speaker #1
faut jouer. Donc, non, non. Je ne me rappelle pas, en tout cas, avoir été stressée plus que ça, quoi. Ok. Non.
- Speaker #0
Et en tout cas, grâce à tous ces bons résultats... On arrive à l'étape la plus importante, le moment qui a marqué, je pense, cette belle année, le Mondial. Comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
Comme je t'ai dit, je prends les choses avec beaucoup plus de légèreté maintenant. C'est vrai qu'il y a quand même un peu de stress, mais c'est plus de... C'est pas du stress, c'est de l'envie, quoi. C'est de l'appréhension, mais de la bonne appréhension, quoi. Vraiment, à d'y être. Et personnellement, pour moi, n'ayant pas fait les Jeux, c'était une petite revanche aussi de me dire... Cette fois-ci, c'est pour moi. C'est championnat du monde, là, c'est pour moi. Et au final, on a marqué l'histoire, on va en quart, c'était incroyable. Et le collectif était fou. En fait, vraiment là, ce qui a fait en sorte qu'on aille aussi loin, c'est parce que le collectif était top. Mais top, c'est-à-dire que soit les nouvelles qui arrivent ou les enceintes qui étaient déjà là. On a réussi à bien mélanger, à faire en sorte qu'il y ait une osmose, une ambiance idéale pour cette compétition. Et le staff aussi, le staff de cette année était top aussi. Donc un peu plus jeune aussi, donc c'est aussi beaucoup plus accessible pour discuter. Donc non, non, c'était, moi j'étais trop contente. À la fin, je pleurais, j'étais maman. T'as vu ce qu'on a fait, ça commence à parler de nous, c'est dingue.
- Speaker #0
Mais le problème, c'est qu'à chaque fois, ça parle et après, il n'y a plus rien. C'est comme les films.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on ne s'attendait pas non plus à avoir autant de médias parler de nous, parce que c'est vrai qu'on était un peu les outsiders. En fait, le fait, je pense, qu'on ait suppris tout le monde, l'erreur aussi un peu de la médiatisation, c'est quand tu n'as pas l'habitude, quand on a dû jouer contre le Brésil. On voit tous les médias, on voit des messages de la revanche, il faut gagner. Tu te dis, ah mais lui, on va gagner, en fait, il faut qu'on gagne. Mais attends, c'est le Brésil.
- Speaker #0
Ouais, c'est l'Equipe de Mondial.
- Speaker #1
Step by step, ok, on a fait 3-2, mais les 3-2, les matchs, on les a perdus. Donc, ça a aussi rajouté un stress, ça. Parce que c'est quelque chose que peut-être que les garçons, tu vois, eux, ils ont l'habitude de ça. de ce côté un peu médiatique où ça parle d'eux sur les réseaux.
- Speaker #0
Ils ont un tellement gros palmarès incroyable.
- Speaker #1
Ils ont l'habitude. Depuis nous, je pense qu'on n'est pas à l'habitude de tout ça et je pense que moi, personnellement, j'ai senti qu'il y a quand même un stress que je n'avais pas, par exemple, contre la Chine.
- Speaker #0
Ah oui, c'est venu comme ça. Les infos et tout, mais quand ça met trop la pression, c'est dur à gérer.
- Speaker #1
Quand tu n'as pas l'habitude, tu ne sais pas forcément comment gérer ça.
- Speaker #0
Après le Mondial, l'arrivée aux Angèles de Béziers. Comment tu l'as vécu, comment tu le vis actuellement ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que Béziers, ça a toujours été un club que je voulais intégrer. Quand j'étais plus jeune, quand j'avais 18 ans, j'avais fait ma licence ici pour jouer avec les M20, M21. Je crois que c'est M21 maintenant. Je faisais la Coupe de France avec Béziers, du coup. Donc, c'est vraiment un club... Un moment à l'autre, il fallait bien que je vienne ici. Et donc, j'ai intégré ce club. Honnêtement, j'ai signé tardivement parce qu'on ne savait pas avec Venelle. Moi, j'avais signé deux ans à Venelle. Donc, j'ai appris très tard que le club allait fermer. Donc, on s'est retrouvés, nous, les dix joueuses comme ça, sans club, sans rien. Et par chance,
- Speaker #0
il y a eu une phase.
- Speaker #1
Et là, Fabien, il appelle mon agent, il me dit... on veut Eva, il y a une place qui est libre. Et moi, je me suis dit, comme je te l'ai dit, moi, dans la dette, je me suis fait à l'idée que, à la rentrée, pas de club, c'est comme ça, ça arrive. On ne décide pas de ce qui peut arriver. Et là, il m'appelle, je dis, oui, je viens. Pas à se poser mille questions.
- Speaker #0
Le réserve fait bien les choses.
- Speaker #1
Exactement. Ça s'est bien passé. L'équipe aussi, les joueuses, top. On s'entend bien. Chacune a son caractère. Mais humainement, c'est toutes des bonnes personnes. On s'entend bien, ça va.
- Speaker #0
Là, actuellement, vous êtes sixième du championnat. Vous allez jouer contre Nancy, qui vont se rééliminer à la demi-finale de la Coupe de France. Comment tu appréhendes ce match ?
- Speaker #1
Déjà, c'est à la maison. Donc, ça change énormément. Parce que quand on joue à la maison, même moi, l'année dernière, j'adorais venir jouer ici. Parce que l'ambiance est dingue.
- Speaker #0
Surtout dans ce nouveau stade.
- Speaker #1
C'est incroyable. Moi, j'ai connu Fourachaud, c'est autre chose. Mais non, c'est trop bien de jouer ici. Donc, je pense qu'à domicile, l'approche est différente. Après, je pense que par ego, j'ai envie de gagner. Parce que c'est vrai que la défaite à Nancy pour la Coupe de France a piqué. Parce qu'on n'a pas forcément montré du beau volet aussi. Il faut être honnête, on n'a pas forcément très bien joué non plus. Donc là, je pense que ce week-end, toutes les filles, on a à cœur de montrer qu'on est là. Et là, c'est à la maison.
- Speaker #0
Surtout qu'il y a des chances qu'il faut rejouer contre eux pendant les huitièmes, les quarts. Donc, il faut rester sur une bonne dynamique. J'ai une petite question en plus. Est-ce que l'ambiance des Angèles, grâce aux mescladistes qui jouent, au début, ça t'a déstabilisé ou ça vous motive, ça vous met dans le bain pendant chaque match ?
- Speaker #1
Ça aide. C'est quand tu joues dans un... Dans un gymnase où ça, on n'entend rien, où tu n'es pas soutenu, quand il y a des temps un peu morts, c'est dur, tu rames. Mais quand ici, tout le temps, on se sent encouragé, ça crie, des fois, tu entends ton prénom.
- Speaker #0
Ça fait du bien.
- Speaker #1
Tu te dis, bon, allez, là, tu ne peux pas continuer à faire ce que tu fais. Il faut que tu te réveilles. Donc non, vraiment, c'est un atout. En tout cas, c'est un atout vraiment dans ce club. le public, le fait que dès qu'il y a un match ici, ce soit rempli c'est vraiment un atout de fou dans le club de Béziers c'est vrai que c'est impressionnant,
- Speaker #0
la première fois que je suis venu mes scadis,
- Speaker #1
ça a commencé à jouer j'étais surpris c'est pour ça que tout le monde aime gagner un jeu ici, bien sûr l'ambiance c'est comme à Mulhouse, c'est des clubs très familles les bénévoles sont là ils se donnent à fond, le public est à fond derrière le volet donc c'est souvent des gymnases
- Speaker #0
où c'est full en tant que joueur joueuse pardon c'est un plaisir de jouer dans des salles comme ça heureusement qu'il y a toutes ces petites personnes derrière les bénévoles les entraîneurs le staff et ils sont adorables très gentils on vous passe le coucou je ne sais pas sur quelle caméra mais cette saison pour le moment tu es parmi les meilleures joueuses en tant que serveuse ou centrale Est-ce que tu as une routine de service ? Ou quelque chose ? Est-ce que tu as travaillé particulièrement le service ?
- Speaker #1
Le service avant n'était pas mon point fort. Et là, il va falloir que je me réveille un peu parce que je n'enchaîne pas forcément les services de qualité en ce moment. Mais c'est vrai que ces deux dernières années, j'ai un service assez percutant. Et le service pour moi, c'est le moment un peu calme. Donc, ça veut dire que c'est le moment où tu te reconcentres un peu sur toi-même. Moi, ma routine, c'est un peu de la respiration, de la pensée positive. Donc, c'est ce que je fais, moi, quand je suis au service. Chacun sa routine. Mais c'est vrai que c'est un moment un peu calme, où tu es toi face au ballon.
- Speaker #0
Tu peux l'attaquer comme tu veux. Voilà,
- Speaker #1
c'est toi et toi seule, en fait. Donc, tu ne dépends ni de personne. Moi, en tant que centrale, c'est vrai que j'ai un poste qui est assez compliqué, où je dépends beaucoup de la passe. Je dépends de la réception aussi. Si la réception ne vient pas, moi, je suis ciao.
- Speaker #0
Ça ne va pas trop, tu seras allé au casque. Voilà.
- Speaker #1
Donc, je pense que c'est quand même un poste où je dépends pas mal des autres. Même au bloc. Même si le bloc, c'est aussi un moment que je contrôle. Mais je dépends aussi de les lire. Si les lières sont bien placées, je peux bloquer. Si les lières sont mal placées, la balle passe à côté. Donc je dépends quand même pas mal de personnes. Et le service, c'est vraiment un moment où tu es seule. Tu es seule face au ballon. Tu es concentré, il n'y a que toi. Donc oui, il faut une routine.
- Speaker #0
Alors tu dis dans une interview, ce n'est pas moi qui me fais briller, c'est toute une équipe et un staff. C'est pas de la modestie ou c'est une vraie conviction ? Que c'est vraiment un travail d'équipe ?
- Speaker #1
C'est les deux. Ça serait un peu prétentieux de dire que je me fais briller toute seule. Tout ce qui arrive, c'est grâce à moi toute seule. Non. parce que je fais un sport collectif donc forcément si je brille c'est parce que mon équipe brille et c'est parce que mon équipe m'aide à briller et c'est vrai que quand il y a une victoire c'est pas MVP c'est pas elle qui a fait la partie du travail c'est toute l'équipe donc pour moi c'est bien de dire aussi que quand tu réussis en tout cas quand tu es dans une bonne période, une bonne lancée où ce que tu fais est percutant et montré il faut aussi souligner qu'il y a quand même ton équipe qui est derrière toi et qui t'aide justement à être là où tu es voilà donc c'est pas de la fausse modestie
- Speaker #0
Les playoffs arrivent vous avez joué contre Mulhouse à domicile vous avez perdu 3-7 à 2 mais vous avez quand même réussi à pousser jusqu'au tie-break et à jouer jusqu'au bout Est-ce que tu penses que c'est de bon augure pour la fin de saison ?
- Speaker #1
Alors, comme j'ai dit, pour moi, il n'y a pas... C'est vrai que nous avons vraiment une très bonne équipe cette année. Mais comme tu viens de le dire, on a perdu 3-2, en sachant qu'on avait deux balles de match. Je me rappelle très bien. Donc, on peut gagner. Rien n'est impossible. et pour moi les playoffs c'est aussi un autre championnat, pour moi c'est des petites finales chaque match est important surtout si tu gagnes le premier et que tu perds le deuxième le troisième alors c'est crucial mais non c'est un autre championnat donc je pense qu'il faut juste qu'on qu'on rentre dans les playoffs avec une meilleure dynamique que ce qu'on est en train de d'avoir un petit peu
- Speaker #0
On va passer sur la dernière partie. Tu parles beaucoup de récupération. Tu as un partenariat avec ton pur sur le sommeil. Quand tu as vraiment pris conscience que ça faisait partie de ta performance ?
- Speaker #1
Depuis, je suis une personne qui aime beaucoup dormir. Je fais partie de la team sieste. Donc, moi, c'est impossible, jour de match, pas de sieste, ou même entre midi et deux, pas de sieste. Moi, je fais partie de ça. Et c'est le seul moment où ton corps, en fait, il se repose, quoi. Où il ne fait rien. C'est-à-dire que, comme tous les nutritionnistes, tous les préparateurs physiques, toutes les personnes de l'aspect médical vont te dire que le sommeil, c'est hyper important. Et aujourd'hui, il y a plein d'objets technologiques qui permettent de vérifier si ton sommeil est bon ou pas. Mais pour moi, c'est 50%. La récupération, c'est super important. Même si tu vas chez le kiné et que tu te fais bien masser, tu fais de la récup chaud, froid, tout ça, bain froid. Si la nuit, tu ne dors pas... ça sert à rien, le sommeil c'est hyper important et il faut aussi dormir dans des lits aussi qui permettent de bien dormir donc c'est pour ça que c'est très important et c'est une facture clé dans ma performance le sommeil est-ce
- Speaker #0
que maintenant tout ça te permet moins de blessures du coup le petit ensemble c'est amélioré moins de blessures Pas les grosses, évidemment, parce que ça, on ne peut pas les éviter.
- Speaker #1
Pour moi, la recette pour moins être blessé, c'est qu'il faut que ton environnement, hors volet, soit bien. C'est-à-dire que, hors le volet, que tu sois heureuse, que tu vives bien ta vie. Il faut que tu aies des bonnes relations. Je ne sais pas si tu es en couple avec ton partenaire, il faut que ce soit bien. Avec tes amis, il faut que ce soit bien. Donc déjà ça, c'est un aspect important, je trouve. Bien évidemment, la récupération, le sommeil, mais aussi la nutrition, comment tu manges. Moi, j'ai très tardivement montré qu'il fallait que je prenne des compléments alimentaires. C'est pas quelque chose qu'on nous a dit dès le début. Bon ben voilà, le collagène, c'est important que t'en prennes. Les vitamines, c'est important que t'en prennes. C'est pas quelque chose qu'on m'a dit. Bon voilà, Eva, ça, ça va faire partie de ton quotidien aujourd'hui. Mais si j'avais su, j'aurais commencé bien plus tôt. Mais voilà, donc tout ça, la nutrition, le sommeil, la préparation physique aussi. Tout ça, vraiment, c'est une... un ensemble de choses qui te permettent de performer.
- Speaker #0
Ok. C'est important d'avoir un bon global.
- Speaker #1
En tout cas, pour moi.
- Speaker #0
C'est bien de savoir. Ça peut aider les jeunes, les gens qui veulent savoir. C'est important. Et tu as 26 ans. Tu n'es encore qu'au début de ta carrière. Où tu te vois dans les années à venir ?
- Speaker #1
26 ans, 26 ans. J'aimerais jouer encore longtemps. Si mon corps me le permet. Voilà. Si tu m'écoutes, continue. Dors bien. Voilà, dors bien. Non, plus sérieusement, j'aimerais aussi voyager. Donc aussi avoir cette expérience de kiffer à l'étranger. Je ne sais pas, le Brésil. Aller peut-être en Turquie. Tu vois, genre kiffer un peu une année. Voir ce que c'est l'étranger. Même si je suis très, très bien en France.
- Speaker #0
et bien évidemment les JO 2028 à Los Angeles ça c'est l'objectif mais justement il y a une raison de pourquoi tu n'as pas encore joué à l'étranger ou tu prends ton temps pour ne pas agréer des étapes alors non
- Speaker #1
mais il y a une raison Pour être honnête, le fait que je me sois blessée et que j'ai eu mes deux croisés, ça ne m'a pas aidé non plus. Ensuite, après, je pense que c'est par vague. Je n'ai pas de regrets aujourd'hui. Si je dois jouer à l'étranger, je jouerai à l'étranger.
- Speaker #0
Ça viendra.
- Speaker #1
Ça viendra, je ne suis pas pressée à ce niveau-là. Parce que là, en France, on commence à nous considérer. Ça faisait quand même deux, trois ans. que moi, on me considérait quand même. Mais je parle de toutes les Françaises, c'était quand même difficile. Donc maintenant, la règle avec deux Français, je me dis qu'en fait, on commence à avoir de la plus-value, on commence à être considérés. On pourra partir, tu vois. Parce qu'au final, on partait toutes parce que... Enfin, en tout cas, les filles que j'ai connues partaient toutes parce qu'on ne les considérait pas en France.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
et financièrement, ça ne suivait pas non plus. Donc si en France, ça commence à suivre, pourquoi partir ? Mais c'est vrai que c'est dans un coin de ma tête.
- Speaker #0
Après, c'est toujours bien parce qu'ils ont d'autres façons de les entraîner.
- Speaker #1
Certaines coéquipières qui sont à l'étranger, qui me disent que c'est trop bien. Et qui me disent, ah non, ça s'est mal passé. J'ai aussi quand même envie d'avoir ma propre expérience. Donc, ça viendra. Je ne suis pas pressée.
- Speaker #0
Donc, tu as parlé de Los Angeles. Mais avant, il y a quand même l'Euro qui va démarrer fin de l'été. Comment tu le sens ? Est-ce que tu as déjà eu des nouvelles ? Est-ce que tu te prépares déjà pour cette compétition ?
- Speaker #1
Déjà, il y a la VNL. Oui,
- Speaker #0
la VNL, c'est vrai.
- Speaker #1
Il y a la VNL déjà et l'objectif serait d'entrer dans le Final 8. Parce que l'année dernière, on a fini 9e. Donc déjà, il y a ça. Après, l'Euro, je pense qu'il faut qu'on l'aborde comme on a abordé le championnat du monde. C'est-à-dire que match par match, on vit notre vie, on s'amuse, on écoute. content d'être sur le terrain et on profite on profite quoi quand je regarde les garçons ils prennent du plaisir en tout cas ils n'ont pas l'air de montrer qu'ils se mettent la pression non ils nous font vibrer via la télé parce qu'ils s'amusent quoi tu vois donc je pense que il ne faut pas non plus qu'on se mette de pression ou même de se dire qu'il faut faire ci il faut faire ça il faut avoir une médaille il faut pas non il faut jouer c'est le plus important match par match et on verra ok en tout cas j'ai à dire
- Speaker #0
Je comprends. J'ai hâte de regarder aussi. Et du coup, tu parlais de Los Angeles 2028. Je pense que l'objectif, c'est la médaille d'or. C'est quoi tes objectifs là-bas ? Souvent, d'ici là, on a le temps. On attend des crimes en 2026.
- Speaker #1
Déjà, il nous reste deux ans. Ça passe vite. Moi, déjà, je pense que avec l'équipe qu'on a, je pense que...
- Speaker #0
Ça peut taper.
- Speaker #1
On peut se qualifier. Ça peut le faire. Ça peut le faire. Après, se qualifier, c'est quelque chose de dingue aussi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est aussi une sacrée étape.
- Speaker #1
C'est une première aussi. Enfin, une première.
- Speaker #0
Oui, parce que là, vous avez été paye-goutte.
- Speaker #1
Voilà, donc se qualifier comme ça, c'est une première, donc ça serait dingue. Et après, une fois qu'on y sera... Gagné,
- Speaker #0
gagné, gagné. Gagné, gagné, gagné.
- Speaker #1
Écoute.
- Speaker #0
Moi, j'ai une dernière question pour toi. Si tu aurais une chose à savoir quand tu avais 14 ans, quand tu as touché ton premier ballon de volet pour la première fois, qu'est-ce que tu aurais dit à cette Eva ?
- Speaker #1
Je leur ai dit de persévérer et de te faire confiance. Fais-toi confiance, persévère et ton tour viendra.
- Speaker #0
C'est une bonne parole. Je te remercie.
- Speaker #1
Merci à toi, je peux raconter ma vie.