- Speaker #0
Salut à tous, ravi de vous retrouver pour un nouveau numéro d'Eplus Encore, la magazine vidéo destinée aux réseaux de distribution CGP Family Office et banquiers privés, une émission que vous pouvez retrouver sur le site Eplus Encore sur H24 Finance, mais également sur LinkedIn et YouTube et également en podcast. Aujourd'hui, exercice d'équilibre éditorial, pourquoi ? parce que la gestion de patrimoine... C'est du long terme, donc on traitera des sujets de long terme. Mais naturellement, on parlera aussi de ce qui se passe avec la guerre en Iran. Au sommaire de cette émission, dans quelques instants, on parlera d'immobilier avec l'ASCPI qui affiche le meilleur taux de distribution pour 2025 et la meilleure performance globale annuelle. C'est Wimo One. Ivan Vagic, le fondateur de Wimo Rem, sera avec nous. À 18h10, on parlera retraite avec Nicolas Floriot, le directeur du développement de l'UMR Groupe Vive, avec un sujet, les femmes, une cible particulière, quels sont leurs besoins spécifiques, quelles sont les réponses que l'on doit leur apporter. Une femme, elle sera là avec nous à 18h17, ce sera le regard d'Hélène. qui réagira au propos de certains sur les réseaux sociaux. 18h21, on parlera bourse. On commencera par parler long terme avec l'intelligence artificielle. Comment tirer le meilleur de l'intelligence artificielle avec Vincent Chesnet de H2O Asset Management et Pierre Pubassé de la financière de l'échec. Et en fin de séquence, naturellement, on fera le point avec eux sur ce qui est en train de se passer avec la crise au Moyen-Orient, les conséquences sur les marchés, voir si ça crée ou pas... des opportunités. Ce sera enfin de notre club des experts boursiers. Après notre débat boursier, le journal des réseaux sociaux de Georges Delataille qui est allé regarder et relever certains postes sur les réseaux sociaux. Et enfin à 19h, Momentum avec Olivier Samin. J'interrogerai Olivier pour savoir comment, d'après les données de Célentia, les CGP réalisent face à la crise actuelle. Avec Louis Desforges, on creusera les solutions de gestion de performance absolue dans un environnement où les marchés sont chahutés. Ça peut être particulièrement intéressant. On va passer environ une heure et quart ensemble et on attaque tout de suite avec l'immobilier. Allez, alors que se tient le MIPIM à Cannes, on est à Paris. L'année 2025 est bouclée et les classements de SCPI sont sortis en tête. WimoOne avec un taux de distribution de 15,27%, une performance globale annuelle identique. WimoRem est une société de gestion qui a été créée en 2024. Son président et fondateur Ivan Vagic est avec nous. Alors, Wimo One, sa première SCPI vient de franchir. Les 100 millions d'euros de capitalisation. Yvan, première question toute bête. Vous bossez avec combien de CGP ?
- Speaker #1
250 conventions ouvertes aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors, j'en suis pas. Alors, j'ai envie de vous connaître. Qui êtes-vous ?
- Speaker #1
Alors, je suis Yvan Vagic. Je suis marié. J'ai 35 ans. J'ai 4 enfants. Et j'ai un parcours... en droit, en immobilier, en construction. Et puis après, je suis entrepreneur depuis que j'ai 27 ans, donc depuis 2017, j'ai créé ma première entreprise.
- Speaker #0
2024, donc la société de gestion Wimo Rem est agréée. En avril, vous lancez la SCPI Wimo One. Les motivations, c'était quoi ?
- Speaker #1
Alors, les motivations sont multiples, il y en a deux. La première c'est qu'on a senti qu'il y avait un momentum de marché qui était intéressant pour aller chercher des acquisitions à bon prix et donc aller créer de la performance et de la valeur. Et la deuxième elle est plus personnelle parce que l'idée pour nous c'est de faire de l'immobilier et de faire des projets qui ont un impact social. Donc on commence avec quelque chose où on a une légitimité, à savoir l'immobilier, l'investissement, et puis ensuite on ira sur des sujets qui ont un peu plus vocation à rendre le monde un peu meilleur, voilà, avec l'invocabilité. Merci.
- Speaker #0
Et on commence donc par la première, Wimo One. Quelle est la stratégie du produit ?
- Speaker #1
Alors Wimowan, l'idée c'est d'acheter des petits actifs à moins de 5 millions d'euros, sauf pour l'hôtellerie et la logistique. L'idée c'est d'être diversifié, donc de ne pas avoir une seule classe d'actifs à plus de 50% dans le patrimoine et d'être investi en Europe, donc en France au maximum à 25% du patrimoine total et en Europe au minimum à 75%, donc hors de France. Donc aujourd'hui on est présent en Espagne, en Italie, en Irlande Et l'idée, c'est de s'implanter dans de nouveaux pays d'ici... d'ici un ou deux ans.
- Speaker #0
L'objectif, c'est de maximiser la performance et d'être opportuniste ?
- Speaker #1
L'objectif, oui, c'est ça. C'est un peu l'ADN de la société de gestion et de la SCPI. L'idée, c'est d'aller chercher du yield, de la performance. Donc, c'est vrai que l'ADN qu'on a en nous, c'est d'aller maximiser la performance. On distribue, par exemple, tout ce qu'on encaisse et on essaie de rendre le maximum de valeur à tous nos associés. Mais c'est clairement une position affichée et affirmée chez nous.
- Speaker #0
D'accord. Donc, c'est dû au rendement. J'avoue qu'il y a cela quelques instants, le chiffre de 100 millions de capitalisation. L'objectif, la fin de l'année, c'est quoi ?
- Speaker #1
L'idée, c'est d'essayer d'atteindre les 200 millions de capitalisation. Ce serait un bon jalon pour nous.
- Speaker #0
Question toute bête. J'entends votre argument disant, nous, ce qui nous intéresse, c'est d'investir dans des petits actifs à moins de 5 millions. Est-ce qu'à un moment, vous ne serez pas capé par la taille ? Est-ce qu'on peut, avec 300, 400, 500 millions, acheter des bouts à 5 millions ?
- Speaker #1
Tout ça, c'est une affaire de marché. Est-ce que le marché offre la possibilité, la profondeur pour déployer les capitaux que l'on collecte ? C'est un point qui dépendra du contexte de marché dans lequel on va évoluer. Deuxièmement, ça dépend aussi de la structuration des équipes. Aujourd'hui, on a quatre personnes à l'acquisition qui s'occupent des investissements chez nous. Effectivement, si on collecte plus, il faut passer de quatre à six, huit, dix collaborateurs qui s'en occupent. et ne pas dégrader la qualité dans l'analyse des dossiers, dans le fait de... les sourcer toujours plus d'actifs. Donc, je pense que c'est un équilibre à trouver. L'idée, c'est vraiment de... En fait, on a vu ce qui a marché, ce qui a moins bien marché par le passé chez certaines SCPI. Donc, si au bout d'un moment, on dégrade la qualité de nos acquisitions, on le perd un jour. Donc, finalement, si on veut durer sur le temps long, il faut qu'on arrive à bien acheter et à continuer à rester sur cette philosophie.
- Speaker #0
Alors, vous évoquez la façon dont on doit staffer la société de gestion. Moi, ça m'amène à une question sur les coûts. Vous avez fait quel choix de structure de frais ? Frais d'entrée ? Pas de frais d'entrée ? La tarification aujourd'hui chez... Chez vous, du produit, c'est quoi ?
- Speaker #1
Alors nous, on est assez simple. C'est vrai qu'on a deux lignes de frais. On a des frais de souscription à 10% hors taxes et on a des frais de gestion qui sont de 11% hors taxes sur les loyers perçus. Donc on n'a que deux lignes de frais. Aujourd'hui, on réfléchit peut-être à créer une nouvelle ligne de frais avec des frais d'acquisition pour justement conserver et pérenniser la stratégie du small cap parce qu'en toute humilité, on ne s'attendait pas à avoir cette dynamique de collecte aussi rapide et d'atteindre les 100 millions aussi vite. Donc on voit que... On a trouvé notre place sur le marché, on a notre identité, nos partenaires nous distribuent. Donc, compte tenu de cet état de fait, on s'organise pour essayer de maintenir la stratégie sur le long terme parce qu'on s'est engagé à quelque chose. Donc, si on s'est engagé, il faut le tenir.
- Speaker #0
Vous m'avez dit que l'objectif, c'était d'être diversifié. Aujourd'hui, après grosso modo un an et demi, au 31 décembre, répartition en termes d'activité et en termes géographiques du patrimoine, c'est quoi ?
- Speaker #1
Alors au 31 décembre, on avait 75 millions de capitalisation. On avait 5-6 millions de cash disponibles et on avait plus de 70% en commerce. Et c'est vrai qu'on a une exposition en commerce qui a été un peu trop importante en 2025, tout simplement parce qu'on a eu l'opportunité d'acheter un portefeuille de commerce au quatrième trimestre, où on a déployé plus de 20 millions d'euros en commerce. Et c'est ce qui a donné cette coloration très forte au commerce de notre patrimoine. On est en train de rééquilibrer sur l'année 2026, parce que comme je l'ai dit tout à l'heure, aucune classe d'actifs n'a vocation à représenter plus de 50% du patrimoine total de la SCPI. Donc, c'est quelque chose qu'on va rééquilibrer dans les prochains mois.
- Speaker #0
Si on regarde dans les équilibres, aujourd'hui, la France doit être, je crois, une quinzaine ou une vingtaine de pourcents. L'objectif entre France et Europe, c'est quoi ?
- Speaker #1
Alors, l'objectif long terme, c'est 75% hors de France, donc en Europe, et 25% en France. La réalité du marché aujourd'hui, c'est qu'on a beaucoup plus d'opportunités en Europe. Et on le voit que pour des questions aussi de fiscalité, les clients ont aussi compris. que les opportunités sont hors de France et que leurs investissements doivent aller hors de France. Et alors, c'est moche parce que nous, on est patriotes, évidemment, on adore notre pays, mais on est aussi pragmatiques et on s'adapte par rapport au contexte de marché. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on est à plus de 45% du patrimoine hors de France, en Italie, en Espagne et en Irlande. Et l'idée, je pense qu'à court terme, c'est de rester sur cet équilibre-là.
- Speaker #0
Performance 2025, 15,27%. Quand je regarde votre com, vous me prenez des pincettes sur ce chiffre-là. Vous l'obtenez comment ce chiffre-là ?
- Speaker #1
Alors 15-27, il faut savoir qu'on a un niveau de rendement acte en main du patrimoine qui est au-dessus de 8% aujourd'hui, 8,24%. Et en fait, le sujet que l'on a, c'est qu'il faut qu'on soit pédagogique vis-à-vis des clients pour leur dire que le 15-27 n'est pas reproductible dans le temps. Pourquoi ? Parce que...
- Speaker #0
C'est le délai de jouissance.
- Speaker #1
En fait, il est lié à la vitesse d'investissement. En fait, effectivement, on le résume souvent avec le délai de jouissance. Mais la réalité, c'est quoi ? C'est qu'en fait, on arrive à investir plus rapidement que l'entrée en jouissance départ. Ce qui fait qu'on arrive à créer une surperformance mécanique grâce à ça. Mais il n'y a pas que ça. Il y a le fait qu'on est aussi collecté de manière progressive et linéaire dans le temps. Il y a aussi le fait qu'on a un tout petit peu le levier, 11% de LTV, de Loan to Value, sur notre patrimoine au 31-12. Vous rajoutez à ça le fait qu'on distribue tout ce qu'on encaisse. Donc en fait, c'est plein de petits détails, de petits curseurs qu'on va positionner au maximum de ce qu'on peut faire. Ce qui ont permis de maximiser la performance.
- Speaker #0
Donc ça, c'est pour l'année 2025. L'objectif que vous avez de distribution pour 2026, c'est quoi de toi ?
- Speaker #1
L'objectif de distribution, il est de 10%.
- Speaker #0
Alors ça, c'est pour 2026. J'ai vu que la distribution cible à terme, c'était 7%. Grosso modo, on rentrera dans la norme quand ? On sait qu'au début, les SCPI sont favorisés par leur jeunesse, par leur dynamique, etc. Le 7% d'objectif, ça sera pour quand ? 2029, 2030 ?
- Speaker #1
Effectivement, vous avez bien préparé l'émission. Effectivement, il faut 3-4 ans pour atteindre notre taux de distribution normatif. Et plus la SCPI va aussi grandir, grossir en termes de capitalisation, et plus elle va être sur un rythme de croisière plus classique, plus normatif. Donc oui, d'ici 2029, fin 2030, d'ici tout se passe bien.
- Speaker #0
La performance d'une SCPI, c'est à la fois de la distribution, à la fois une revalorisation de parts. J'ai regardé les valeurs de reconstitution. Est-ce que vous craignez d'être contraint de revoir la valeur de part en 2026 ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, nous, on a une chose à respecter, c'est de faire en sorte que le prix de la part reste dans le tunnel des plus 10, moins 10 % par rapport à la valeur de reconstitution. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le prix de la part est en bas du tunnel. Aujourd'hui, on ne sait pas si on va revaloriser ou pas, mais en tout cas, si à un moment donné, on voit qu'on sort du tunnel, on le fera. Et peut-être avant, peut-être pas, on en sait pas.
- Speaker #0
On suivra avec attention vos expertises de mi-année. Merci beaucoup, Yvan Vagic, d'avoir été avec nous. On parle tout de suite retraite avec Nicolas Floriot. Il y a de cela quatre jours, c'était le 8 mars, c'était la journée des droits de la femme. On va donc parler des femmes et d'un sujet majeur en termes d'épargne. C'est la retraite avec nous, Nicolas Floriot, directeur. du développement de l'UMR. Nicolas, alors, les femmes sont-elles, pour les distributeurs, une bonne cible en matière de retraite ?
- Speaker #2
Oui, absolument, parce qu'elles sont préoccupées de la retraite. 68% d'entre elles le déclarent, et pour trois raisons. La première, c'est qu'elles ont une espérance de vie plus longue. À 60 ans, elles vivent en moyenne jusqu'à 88 ans, versus 84 ans pour les hommes, d'après les données INSEE. Donc, elles ont un besoin de revenus plus important. Deuxième motif d'inquiétude pour elle, les disparités de la vie professionnelle. Inégalité salariale, temps partiel accru, carrière hachée à cause des congés maternités. Et tout ça se répercute sur le montant des retraites, de 38% inférieur à celle des hommes, en réversion, 26% avec. Et troisième motif d'inquiétude, c'est que tout ça est accentué par une moindre information, une moindre préparation, d'où l'enjeu de se saisir à bras-le-corps de ce sujet. c'est ce que l'UMR Société à Mission et spécialiste du... Retraite individuelle, on s'est dit qu'il fallait faire.
- Speaker #0
Vous le faites effectivement depuis déjà un certain temps. En dernier, vous aviez fait une étude quantitative sur les femmes et sur la retraite. Cette année, vous avez fait une étude qualitative en affinant vos travaux. Quelles sont les principales conclusions de ce que vous avez constaté cette année ?
- Speaker #2
On a pu effectivement isoler quelques portraits robots, mais quelques chiffres. 42% des femmes ne préparent pas financièrement leur retraite. Donc, ça veut dire que pour un conseiller distributeur, il y a la matière à s'en saisir. Seuls 16% la préparent beaucoup et ce qui est intéressant, c'est que ce taux monte à 22% chez les 25-34 ans, donc il y a une sensibilité chez les plus jeunes, et 24% chez les femmes plus à l'aise financièrement. 60% ne se sentent pas suffisamment informées. 61% vivent la retraite comme une charge mentale et ce, c'est constant, quel que soit l'âge. On a aussi observé cinq différences entre hommes et femmes.
- Speaker #3
Alors lesquelles ?
- Speaker #2
Les femmes sont plus stressées sur ce sujet, elles sont moins optimistes par rapport à l'avenir. Merci. Elles ont une moindre confiance dans leurs compétences, elles sont plus lucides que les hommes, elles se mettent une note de 5 sur 10. Elles épargnent davantage pour leurs enfants, 26% contre 17% pour les hommes. Et puis l'AMF a publié une étude sur le sujet au début de l'année, du mois sur l'aversion, qui évoque notamment l'aversion au risque. Seuls 34% des femmes acceptent de prendre des risques, là où ce chiffre est de 57% chez les hommes. En revanche, chez les CSP+, de moins de 35 ans, où là on a un groupe homogène, on observe que les femmes dans ce groupe-là ont une aversion au risque beaucoup moindre et investissent beaucoup plus. Et on note... néanmoins des points communs entre hommes et femmes. C'est une préoccupation pour tout le monde, mais par contre, il y a une difficulté à passer à l'action.
- Speaker #3
J'adore votre propos. Peut-être sont-elles plus lucides que les hommes.
- Speaker #0
On va essayer de voir comment on peut parler aux femmes de ces sujets de retraite pour les informer et les sensibiliser. Déjà, est-ce qu'il n'y a pas un point tout bête ? C'est de leur parler de l'actualité ? Il y a un certain nombre de choses qui ont bougé dans les textes d'un point de vue législatif ?
- Speaker #2
Il y a eu quelques évolutions sur le PER, mais pour le sujet femmes, la loi de financement de la sécurité sociale a apporté quelques évolutions, notamment sur le calcul de la retraite de base en prenant en compte les enfants. Au lieu de 25 ans, on passe à 24 ans ou moins, et puis faciliter le départ anticipé, ainsi que pour la fonction publique, un trimestre de bonification par enfant.
- Speaker #0
Ok. Alors, vous nous expliquez tout à l'heure que les femmes préparaient insuffisamment. Je reprends l'étude de l'an dernier. Le trio de tête des placements préférés pour préparer sa retraite, c'était les livrets bancaires, 53%, l'assurance-vie, 32%, le plan d'épargne-retraite, 23%. Est-ce que Choupinette se plante ?
- Speaker #2
On voit que les chiffres n'ont pas changé. On voit qu'on n'est pas forcément sur les bons supports pour le bon objectif.
- Speaker #0
On est d'accord. Livret 1, on oublie.
- Speaker #2
Il faut l'épargne de précaution. On est d'accord. Ensuite, il faut effectivement de l'assurance vie pour les projets, pour la liquidité, pour la transmission. Mais c'est là aussi le PER qui est fait pour l'objectif retraite, qui est fait pour réduire ses impôts, qui est fait pour protéger son conjoint également et contribuer à la transmission à tout son sens. Donc effectivement, il y a un enjeu à leur en parler. C'est un produit récent, finalement, en 2019, ce n'est pas loin. Il est moins repéré. et donc on voit que c'est un outil de dialogue patrimonial, de structuration du patrimoine, pour tous les motifs que je viens d'évoquer, et c'est là encore où le conseiller a un rôle majeur à jouer.
- Speaker #0
Alors le conseiller, il est confronté quand même à une difficulté, c'est la difficulté de les femmes ne veulent pas prendre de risques. Est-ce que du coup, face à ce type de clientèle, il faut proposer en priorité des gestions à horizon et des gestions pilotées ?
- Speaker #2
C'est très pertinent et on voit que sur nos PER grand public, c'est ce mode-là qui est majoritairement à plus de 90% choisi. Donc oui, parce qu'on peut leur expliquer que c'est pris en charge par des professionnels, qu'il n'y a rien à faire. Donc la désensibilisation pour la gestion pilotée à horizon à l'approche de la retraite, c'est rassurant par rapport à la version risque évoquée. Donc oui, c'est un des bons points à mettre en avant.
- Speaker #0
Allez, on va faire maintenant un petit jeu pour recommander, pour voir un peu les cas que l'on peut traiter. On ne va pas traiter le cas des femmes seules, on va traiter le cas des femmes qui sont en couple. Bonne ou mauvaise stratégie ? Un ou deux PER ?
- Speaker #2
Eh bien, bonne question. Les deux sont possibles, mais deux PER, à la fois dans une logique financière et à la fois dans une logique de protection du conjoint parce que le décès du conjoint est un des cas de sortie anticipée, ça peut être une bonne idée.
- Speaker #0
Ok, maintenant, on les alimente comment ? Parce qu'il y a des effets de fiscalité. On fait quoi ? On sème 50-50 ? ou on fait autre chose ?
- Speaker #2
C'est une des solutions. Ce n'est pas la seule, sinon ça se saurait. Mais effectivement, si on est dans une approche individualisée 50-50, chacun abonde soit le même montant, soit proportionnellement à ses revenus, soit en lien avec son plafond, puisqu'ils peuvent aussi être... Ou deuxième approche, l'approche mutualisée, puisque je parlais des plafonds qui peuvent être mutualisés. Et donc là, dans l'approche mutualisée, il y a deux angles. Soit on dit, on veut le même montant. en capital à la retraite. Et donc, chacun va abonder, et là, dans une approche mutualisée, peut-être proportionnelle au revenu. En revanche, si on veut une sortie en rente, comme les femmes vivent plus longtemps, comme on l'évoquait, ça veut dire qu'il faut que le foyer abonde plus pour la femme.
- Speaker #0
Est-ce qu'on est d'accord pour dire que, finalement, Bruno Le Maire nous avait dit que c'était super simple ? C'est quand même bien d'avoir un conseiller pour pouvoir expliquer tout ça ? faire les simulations et les calculs pour pouvoir bien retomber sur ses pieds ?
- Speaker #2
C'est indispensable. Et surtout que c'est une très bonne manière des simulations, parler simple avec des exemples chiffrés, d'aider au passage à l'action.
- Speaker #0
Allez, dernière petite question. Je ne vais pas vous demander une étude, je vais vous demander vos chiffres. Les femmes, elles ont plutôt tendance à sortir en rente ou sortir en capital ?
- Speaker #2
On observe dans nos chiffres une légère surproportion des femmes pour la sortie en rente, précisément parce qu'elles vivent plus longtemps. et que ce complément de revenu certain dans une fin de vie incertaine retient leur attention.
- Speaker #0
Merci beaucoup Nicolas Floriot d'avoir été avec nous. Et puisque l'on parle de femmes, tout de suite, le regard d'Hélène.
- Speaker #4
Sur les réseaux sociaux, plusieurs CGP partagent leur modèle économique et expliquent pourquoi ils ne peuvent pas accompagner des clients en dessous d'un montant de ticket d'entrée. De votre côté, vous posez la question, quel est le modèle idéal pour un CGP ? Ma première réponse, est-ce que le modèle idéal se résume à un ticket d'entrée ? Le mois dernier, nous avons parlé de frais d'entrée, de rétrocession, d'honoraires, et nous avons vu qu'il n'existait pas de modèle parfait. Il existe en fait des modèles qui sont cohérents et qui sont adaptés à chaque CGP. Allons aujourd'hui un petit peu plus loin. Est-ce que le modèle d'un CGP doit se construire uniquement en fonction de la rentabilité, du temps disponible, du niveau d'expertise, du positionnement du marché ou aussi de la typologie de clientèle ciblée ? Ou doit-il aussi intégrer une réalité très concrète, les coûts structurels de notre métier ? Parce qu'aujourd'hui, être CGP ce n'est pas seulement conseiller. C'est assumer des coûts réglementaires croissants, des exigences de conformité toujours plus fortes, des assurances, des cotisations, des outils performants tels que les CRM, des logiciels de conformité, des outils d'intelligence artificielle, de la cybersécurité, des signatures électroniques. Et si l'on recrute, c'est aussi des charges salariales et patronales importantes. Autrement dit, le modèle idéal ne peut pas être déconnecté de l'équation économique réelle, sachant que l'objectif de tous, à minima bien sûr, est de vivre de son activité. Mais au-delà des chiffres, il y a encore une autre dimension, l'éval. C'est, derrière chaque modèle économique, il y a une vision du métier, il y a une façon d'accompagner et une conception de la relation client. Certains défendent l'exigence et la technicité, d'autres la transmission et l'accessibilité, d'autres encore placent la proximité et l'accompagnement sur le long terme. C'est là que tout se joue. Si vous dites que votre priorité c'est la qualité du temps que vous passez avec vos clients, alors vous ne pouvez pas avoir trop de clients, sinon vous vous trahissez. Si vous choisissez de développer une équipe, vous devez accepter que votre modèle finance durablement des salaires, des charges et du management. Sinon, la structure devient fragile. Et si vous voulez rendre le conseil patrimonial accessible au plus grand nombre, vous devez bâtir une organisation efficace, digitalisée et capable d'absorber du volume sans sacrifier la qualité. Chaque valeur impose une discipline économique. Chaque ambition impose une cohérence financière. Le modèle idéal ne se copie pas. Il ne se travaille pas uniquement à partir d'un fichier Excel. Mais il ne peut pas non plus ignorer la réalité des coûts. Il se construit à la croisée de trois éléments. Votre vision, vos valeurs et votre structure économique. Un CGP désaligné ? économiquement s'épuisent. Un CGP désaligné avec ses valeurs se vide de sens. Un CGP aligné construit dans la durée. Plutôt que de chercher le modèle idéal, visez plutôt le modèle à la fois viable et fidèle à vos valeurs et à qui vous êtes. C'est mon regard, n'hésitez pas à me donner le vôtre sur la page LinkedIn de l'émission. En attendant, On retrouve Jean-François Fillatre et ses experts pour avoir leur regard sur les marchés boursiers.
- Speaker #0
Allez, le club des experts boursiers avec nous en plateau, deux nouveaux invités. Il est porte-parole de la gestion chez la financière de l'échec qui est Pierre Pubassé. Et avec nous également Vincent Chélé, directeur des investissements de H2O Asset Management. Il ne vous aura pas échappé qu'il se passe quelques petites choses aux alentours du Détroit d'Ormuz. Donc, on a prévu aujourd'hui de parler de l'intelligence artificielle. Rassurez-vous, on va parler de l'actualité, de ce qui se passe, de la réaction qu'il faut avoir sur les marchés. Mais on va quand même commencer par notre sujet. Et avant même d'ailleurs de commencer, si vous le voulez bien, avec notre sujet, c'est vos premiers passages, un an comme l'autre, dans cette émission. LFDE était déjà venu avec Olivier Béranger quand il était directeur de la gestion, avant d'être nommé directeur général. Merci. On va faire un petit point rapide sur vos maisons, d'autant que chez vous, il y a quand même désormais l'intégration au sein du groupe LBPAM. Aujourd'hui, LFDE, c'est quoi ?
- Speaker #3
Alors déjà, c'est plus que du double d'actifs sous gestion, puisqu'on est autour de 27 milliards d'actifs sous gestion. C'est le résultat de la fusion des actifs qui étaient sous la marque Tocqueville au sein de l'entité LBPAM et de ceux qui étaient déjà chez LFDE. C'est donc le renforcement d'une toute une série d'expertises. C'est le renforcement de l'équipe de gestion avec aujourd'hui plus de 50 personnes, donc à peu près 25 qui sont arrivées de chez Tocqueville. Et c'est le renforcement des expertises. Plus de gérants, plus d'analystes, plus d'expertises. Le renforcement de notre expertise sur le value, le renforcement de notre expertise sur le blend, le renforcement de nos expertises internationales, entre autres avec l'arrivée d'un fonds Global Tech, le renforcement de notre expertise pays aussi, avec un fonds Japon, un fonds Chine, un fonds Emerging China, un fonds Inde qu'on vient d'ouvrir, et toujours bien sûr nos fonds thématiques. et puis le renforcement de nos expertises crédits. Entre autres avec, je dirais, l'onboarding, pour parler anglais, d'un fonds qui nous a paru très intéressant, qui est toujours géré par une équipe au sein de LBPAM, qui est un fonds d'absolute return credit. Donc plein de nouvelles choses, et puis plein de choses que l'on avait déjà.
- Speaker #0
Donc une liam qui a été étoffée avec de multiples expertises qui permet aujourd'hui de couvrir tous les créneaux. H2O, comment ça va ? On a beaucoup parlé des performances. L'an dernier, vous aviez le vent avec vous. Comment va-t-il aux autres ?
- Speaker #5
Très bien, oui. La dynamique est bonne. Alors, nous, on est une boutique un peu plus modeste, mais on a avec 6 milliards et demi d'euros sous gestion. La dynamique est bonne. On a rassemblé les équipes de gestion en France. Nous qui étions originellement situés au Royaume-Uni. Tout le monde est regroupé maintenant et toujours consacré à ce qu'on fait depuis 30 ans, c'est-à-dire la gestion globale de performance absolue.
- Speaker #0
OK. Alors maintenant, on attaque tout de suite avec notre sujet. Notre sujet, c'est l'intelligence artificielle. Je vous propose qu'on regarde ce sujet de l'intelligence artificielle avec trois prises. Et on va essayer de regarder l'impact sur l'économie. Donc on va avoir une approche un peu globale. Après, on va voir comment on peut l'utiliser dans la gestion. Si vous utilisez et si les équipes de gestion chez vous utilisent l'intelligence artificielle et comment. Et puis, parce qu'on a des clients qui cherchent à investir et qui cherchent de bonnes solutions, on va essayer de regarder aussi comment on peut investir. sur l'intelligence artificielle. Pierre, je commence avec vous. Vous nous avez expliqué l'évolution de la gamme avec des produits thématiques, des sujets autour des tendances, etc. On part d'un principe, l'intelligence artificielle, c'est une méga tendance ?
- Speaker #3
Je pense incontestablement. Je pense qu'à titre privé, tout le monde se rend compte de ce que ça apporte. Alors, c'est des utilisations, bien sûr, qui sont assez basiques. La tendance, elle vient de, je dirais, l'usage croissant de ces outils-là dans le monde économique, dans les entreprises. Et on est juste au début de ce déploiement sur l'intelligence artificielle et sur l'écosystème de l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
On se dit que ça aura autant de changements par exemple que l'Internet ?
- Speaker #3
Il faut rester prudent. En tout cas, en termes de croissance prévisible, c'est un univers, c'est un secteur qui devrait continuer à croître à peu près à 30% par an sur un horizon visible. Et sur les usages, oui, probablement, ce sera de plus en plus utilisé. Déjà, des entreprises l'utilisent. C'est très intéressant de discuter avec elles sur les gains de productivité que ça leur permet d'avoir.
- Speaker #0
Alors, on va revenir là-dessus. Moi, ce qui m'intéresse, vous utilisez le déploiement, la vitesse du déploiement. Est-ce que ça va ? J'ai le souvenir, janvier, DeepSeek, l'IA, les valos américaines qui s'éffondrent. J'ai l'impression que tout va très, très vite. Bon
- Speaker #5
Oui, on a un marché évidemment qui est un peu euphorique sur ce nouveau thème, comme à l'époque avec l'Internet d'ailleurs. Mais c'est vrai qu'on peut imaginer que le potentiel de déploiement soit même plus grand.
- Speaker #0
qu'à l'époque, parce qu'il y a tout un tas d'utilisations qu'on ne connaît pas encore, dans tout un tas de secteurs qu'on n'imagine pas encore, mais à des vitesses qui peuvent être très différentes. Pour certains secteurs, c'est immédiat, d'où l'euphorie, pour d'autres, ça prendra 5, 10, 15 ans. C'est un déploiement finalement assez long de productivité, mais on aura très vraisemblablement des gains de productivité pour l'économie très important. Avec l'IA, on va vivre avec les prochaines décennies et son déploiement dans les prochaines décennies.
- Speaker #1
Alors vous savez, moi je suis désolé Pierre, mais je n'ai pas changé, je n'ai pas étoffé mes expertises. Je suis et je reste un journaliste contrariant, donc je vais essayer de vous contrarier tous les deux quand même, puisque je vous semble fort positif sur l'IA. En termes d'emploi, on voit bien que l'emploi c'est un sujet important. Est-ce qu'il n'y a pas des inquiétudes à avoir en se disant qu'il y a des jobs qui vont être détruits et que finalement... L'IA, ça va peut-être apporter des marges aux entreprises, mais s'il y a des emplois qui sont détruits dans nos économies occidentales, où la consommation est super importante, c'est peut-être pas si bien que ça.
- Speaker #2
C'est une thèse, en tout cas c'est une thèse qui a pas mal agité les marchés très récemment, puisqu'elle a été développée et approfondie par un bureau de recherche qui s'appelle Citrini, qui a parlé d'une destruction de l'emploi des cadres aux Etats-Unis, des conséquences en chaîne que ça pourrait entraîner. Cette étude a été remise en question par d'autres bureaux de recherche. Ça va avoir un impact, comme toutes les évolutions technologiques. Toutes les évolutions technologiques ont des impacts. Maintenant, derrière, il y a peut-être des nouveaux métiers. Ce qui est sûr, c'est que ça va détruire les emplois, ou du moins, ça va poser des problèmes aux gens qui ne vont pas être capables de s'adapter à l'usage de cet outil. Je pense que c'est une question sur l'employabilité. Après, c'est vrai que quand on commence à discuter avec les premières entreprises qui quantifient, je trouve que les chiffres sont très intéressants, ils parlent de gains de productivité d'environ une vingtaine de pourcents, déjà dès aujourd'hui. Est-ce que 20% de gains de productivité, c'est 20% d'emplois en moins, ou est-ce que finalement c'est une prestation dont le coût baisse et qui va connaître un plus fort développement et qui devrait peut-être même créer des emplois ? En fait, on sait que c'est un enjeu. C'est un enjeu très fort pour l'intelligence artificielle parce que si vraiment le scénario est un scénario de destruction massive de l'emploi,
- Speaker #1
ça crée des problèmes sociaux très graves et ça remet en question la capacité de développement de l'intelligence artificielle. Vincent, question sur les problèmes sociaux que ça pourrait poser sur le prix de l'énergie. On voit aux États-Unis que les prix de l'électricité ont fortement monté, que Donald Trump est même intervenu. pour essayer un peu de protéger le prix de l'électricité pour les ménages. Est-ce que ça, c'est une interrogation, c'est un problème, le fait de se dire que c'est fort sympathique, chaque GPT, mais ça bouffe quand même un peu plus de kilowattheures que Google ?
- Speaker #0
Oui, en effet, c'est vrai que c'est une révolution, même longue, c'est une révolution. Ça secoue le marché de l'emploi, il faudra s'adapter, il y aura sans doute des jobs qui seront détruits, beaucoup d'autres seront créés. à la fin, c'est quand même un gain pour l'économie mondiale. Donc, on créera probablement beaucoup plus d'activités économiques qu'on en détruira. Mais c'est la même chose pour les matières premières. Ça demande des investissements, ça demande de l'infrastructure, ça demande... Et donc, forcément, au moment où on fait ces phases d'investissement, vous avez vu qu'ils sont gigantesques, c'est des centaines de milliards de dollars déployés, notamment aux États-Unis, pour tous ces centres de données. Évidemment, ça crée des phénomènes d'éviction, les prix de l'électricité, des composants...
- Speaker #1
Est-ce que ce n'est pas ça qui va ralentir le mouvement ? Parce qu'aujourd'hui, de la capacité de construction électrique, on ne fait pas une centrale comme ça en 2 minutes 30 pour être capable de produire de l'électricité. Est-ce que ce n'est pas ça qui va finalement brider les modèles ?
- Speaker #0
Oui, ça peut, mais pour eux, effectivement, c'est un challenge parce que ça change le coût du déploiement de la technologie pour ces entreprises. Quand le prix de l'électricité prend 50%, quand le prix de la mémoire... et multiplié par 4 ou 5, évidemment, ça change complètement le business plan qui est derrière. Donc ça peut le ralentir, ça peut même en supprimer certains qui abandonneront la course à la construction de ces moteurs, bien entendu. Ça va contribuer à la construction de ce système, bien sûr.
- Speaker #1
Je commence avec vous. Je vais vous interroger tous les deux sur ce qu'a fait le buzz, j'aurais tendance à dire, le mois dernier, c'est les sujets de financement. Tout ça, ça nécessite beaucoup de capitaux. ça avale les capitaux qui étaient auparavant en fonds propres, maintenant c'est des capitaux qui sont sous forme de dettes, et puis les gens se disent, c'est sympa, mais on veut bien prêter de l'argent, mais est-ce qu'on sera remboursé ? Quid de la rentabilité de tout ça ? Est-ce que pour vous c'est un sujet important pour les marchés, ça va s'enchaîner ?
- Speaker #0
C'est essentiel, c'est essentiel, ça change complètement la vie de ces sociétés qui participent à cette course. La création des moteurs d'intelligence artificielle, ce sont des boîtes qui dépensaient peu, qui investissaient peu et qui faisaient d'énormes marges. Elles étaient en quasi-monopole dans leur domaine, que ce soit la pub sur Internet, le cloud ou les réseaux sociaux. Là, on inverse complètement la logique. Elles sont obligées d'investir beaucoup plus, des sommes considérables, et elles se retrouvent en concurrence. On peut substituer, on peut passer d'un moteur d'intelligence artificielle à l'autre. Le chat GPT à Gemina, Gemina Yaclod, ça se passe, on n'est plus du tout dans la situation de monopole. Ce qui veut dire que ces boîtes qui faisaient des marges gigantesques arrivent maintenant dans un business plan à marges beaucoup plus faibles. Donc ça, évidemment, pour les marchés, il va falloir l'intégrer au fil du temps, et ça change complètement. le business model de toutes ces sociétés qui participent à ce développement.
- Speaker #1
Tiens, puis c'est la vision chez l'FDE justement de l'impact de cette absorption de capitaux par cette industrie aujourd'hui pour ses raisons de développement. C'est de nature à peser sur le niveau des taux d'intérêt, c'est de nature à peser sur les flux qui s'orientent sur les marchés financiers. Comment on voit les choses chez l'FDE ?
- Speaker #2
De façon plutôt optimiste, je pense que c'est une question, enfin du moins c'est une problématique que le marché connaît. Donc, comme toute problématique qui est déjà connue, elle a moins d'impact. C'est vrai qu'on a de nouveaux acteurs qui sont en train de rentrer sur le marché du crédit, côté investment grade, avec des signatures qui sont bonnes. Alors, est-ce qu'ils prennent la place d'autres ? Est-ce qu'ils font des tensions sur la ressource qui crée des tensions sur les taux ? On va voir ce qui se passe dans l'année. C'est une des problématiques. On sait qu'effectivement, ça fait partie... L'argent est une ressource en même titre que l'électricité. qui n'est pas forcément extensible, donc il va falloir voir ce qui se passe. Mais c'est des emprunteurs de très grande qualité qui arrivent. C'est-à-dire que, et sur la rentabilité future, je pense qu'on commence à avoir des réponses. Entre autres, ça tombe bien qu'on se rencontre aujourd'hui, parce que Oracle, hier, finalement, a plutôt rassuré les marchés.
- Speaker #1
Avec une progression du titre de près d'un peu moins de 10% hier soir. Oui,
- Speaker #2
mais derrière la progression du titre, il y a surtout des réponses sur la rentabilité de cette... de ce secteur-là. Et ils disent que finalement, la marge brute qu'ils vont générer sur ces gros systèmes, donc ces gros data centers consacrés à l'intelligence artificielle, est assez cohérente avec la rentabilité qu'ils ont sur leur business cloud actuel. Et je pense que ça,
- Speaker #1
c'est une réponse finalement qui rassure beaucoup le marché sur l'environnement sectoriel sur les mois à venir. On dézoome maintenant et on regarde comment utiliser l'intelligence artificielle à la fois dans les sociétés de gestion, mais également dans les portefeuilles. Vincent, je me tourne vers vous. Nous sommes en janvier dernier. Je reçois un communiqué de presse qui m'annonce que vous lancez un nouveau produit qui s'appelle Générative Global Macro, qui utilise l'intelligence artificielle. Déjà, première question, c'est la première fois que vous l'utilisez chez H2O ou vous l'utilisez avant ?
- Speaker #0
Non, on l'utilise depuis un moment. Depuis trois ans, exactement. Progressivement, on l'intègre dans notre processus de gestion, dans tous nos portefeuilles. Elle nous aide. C'est un peu le douzième homme sur le terrain.
- Speaker #1
Ok. Alors là, dans ce produit, l'intelligence artificielle, elle fait quoi ?
- Speaker #0
Dans tous nos fonds, pour commencer, on l'utilise de deux façons. Elle ne nous remplace pas. Elle n'a pas vocation à décider pour nous. On reste des gérants discrétionnaires qui prenons les décisions d'investissement. mais elle nous aide. Elle nous aide d'abord parce qu'elle complète. notre façon de regarder les marchés. L'IA a une capacité d'analyse qui est plus large que la nôtre. Elle est capable d'aller trouver les angles morts. Ça, ça nous aide beaucoup parce que quand on gère comme nous une gestion très globale sur tous les actifs, sur tous les marchés...
- Speaker #1
On ne peut pas avoir l'œil partout.
- Speaker #0
On ne peut pas avoir l'œil partout. Et la plus grosse erreur qu'on puisse faire, ce n'est pas de se tromper. On se trompe tous régulièrement, malheureusement, mais c'est de rater quelque chose. Voilà, ça, c'est la mauvaise erreur. Et l'IA, elle nous aide à rater moins de choses. Elle attrape des angles morts qu'on pourrait avoir loupés. Et deuxième élément très utile qu'on utilise encore davantage, c'est qu'elle nous permet de nous autocritiquer. Ce qu'on a appelé, nous, le miroir. On a l'IA radar qui regarde large, et l'IA miroir qui regarde un peu plus loin. On déforme les choses. L'IA n'est pas biaisée, elle est objective. Donc, on a deux angles d'utilisation. qui complète notre gestion et qui nous aide à prendre de meilleures décisions.
- Speaker #1
Avant de donner la parole à Pierre, d'interroger Pierre pour savoir ce qui se passe chez la vidéo, vous venez de dire que l'IA est objective. Sure.
- Speaker #0
Évidemment, elle est objective avec la façon dont on la construit. Finalement, l'IA, c'est surtout l'utilisateur qui en fait la qualité. On a tous accès à ses moteurs, les différentes propositions qui nous sont faites, mais la clé, c'est la façon dont on la nourrit. Si on la nourrit mal, elle donne du n'importe quoi. Quand on maîtrise la façon dont on a nourri, on sait, on connaît ses biens. Évidemment, elle n'est pas totalement gérée, mais on sait exactement comment elle fonctionne.
- Speaker #1
Pierre, chez vous, est-ce qu'il y a des fonds qui sont gérés avec l'IA ? Non. Est-ce que vous utilisez l'IA dans la gestion ?
- Speaker #2
Pourquoi ? Oui, pour les mêmes raisons. C'est-à-dire que finalement, on fait pas mal de data mining grâce à des outils d'IA. Entre autres parce que sur nos fonds thématiques, par exemple que ce soit l'intelligence artificielle, l'espace, on est toujours en train d'essayer de comprendre quelles sont les entreprises qui rentrent dans le secteur. qui rentrent dans nos univers d'investissement. Et je dirais, l'IA est d'une grande aide de ce point de vue-là. Après, c'est vrai qu'on travaille beaucoup, effectivement, sur un programme d'augmentation de nos compétences, augmenter le gérant sur les années à venir. Je pense qu'on ne peut pas ne pas être attentif à ce qui se passe. Ce serait une grave erreur de ne pas essayer de comprendre ce que ça peut apporter, ce que ça peut nous apporter en qualité de gestion, ce que ça peut donc apporter à nos partenaires.
- Speaker #1
Compléter ou substituer ? Parce que la maison, on évoquait, la maison a des produits typés, la maison a une lame de gérant.
- Speaker #2
Stop picking, collection de valeur.
- Speaker #1
Donc, vous dites qu'on peut aller jusqu'où ? Vraiment, complément, aide à la gestion, aide à la décision ?
- Speaker #2
Je pense que c'est difficile de dire ce qui va se passer dans les 5-10 prochaines années. Mais à horizon visible, C'est complété et je dirais que de ce point de vue-là, on a de la chance aussi d'être dans un groupe qui investit beaucoup sur ce sujet-là.
- Speaker #1
Ok, je reviens donc sur la générative globale Macron. L'objectif du produit, c'est de faire quoi ?
- Speaker #0
C'est un produit assez défensif. D'ailleurs, l'IA nous aide beaucoup sur cet aspect sécurisation des rendements du produit. On vise à battre le marché monétaire de 2% par an en moyenne avec des actions, avec des obligations, avec du change. Et ça nous permet, l'IA nous aide beaucoup dans cet aspect, travail sur la... La volatilité, le comportement de la performance du produit. C'est important quand on a un horizon d'investissement au-delà de deux ans qui est relativement court.
- Speaker #1
Justement, ce produit-là, par rapport aux autres de votre gamme, où il y a d'autres solutions qui permettent de faire de la performance absolue, il apporte quoi ? Il apporte moins de biais ? entre guillemets, vous dit, là, on sait tous son gérant qui... prend souvent des biais parce qu'en général, il y a le biais de confiance. Quand on commence à bien sentir un coup, les années suivantes peuvent être parfois un peu compliquées. Souvent, ça vous dit, là, dans la construction du portefeuille, non ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça, elle nous challenge. L'IA, elle ne nous donne pas de réponse, elle ne décide pas pour nous. Mais elle nous pose les bonnes questions. Elle nous challenge intelligemment sur nos convictions. Vous disiez sur confiance, oui, ça arrive parfois. On a un peu trop confiance en une position, on est un peu stressé, on est fatigué. L'IA, elle n'a rien de tout ça. Et elle nous regarde objectivement et elle nous dit, attention, vous êtes sûr que vous n'avez pas loupé ça ? Est-ce que vous êtes sûr que là, vous n'êtes pas un tout petit peu trop dans votre histoire, à vous raconter la même histoire tout le temps ? D'autres ne pensent pas comme vous, etc. C'est cette façon de travailler. Elle nous challenge, c'est un peu un partenaire de débat, un peu dur, qui nous force à nous poser les bonnes questions.
- Speaker #1
Ok, on était donc en mois de janvier avec cette annonce de lancement de ce produit. On remonte encore plus dans le temps, plus précisément en 2018, où la financière de l'échec qui fait le choix de lancer un produit spécialisé sur l'intelligence artificielle. Pierre, vous étiez là à l'époque. Qu'est-ce qui avait prévalu à l'idée de ce lancement ?
- Speaker #2
Je pense à la méga tendance, c'est-à-dire que finalement... On a lancé nos premiers fonds internationaux en 2010 avec le fonds de World Equity Growth. C'est un fonds de valeur de croissance. Dans cet exercice de gestion, il nous est apparu qu'il y avait un territoire de très forte croissance potentielle qui était le développement de l'intelligence artificielle. L'idée a été assez simple, c'est finalement d'offrir une opportunité à nos partenaires de pouvoir investir sur cette thématique-là pour profiter d'un scénario de long terme qui est excellent mais probablement avec, comme tous ces univers, qui sont des univers disruptifs, de la volatilité.
- Speaker #1
OK. Aujourd'hui, il pèse combien le fonds ? 900 millions. OK. Alors, je voudrais savoir, parce que pardon de dire la chose suivante, mais intelligence artificielle, moi je le vois à peu près à toutes les sauces. C'est sûr. Il y a des gens qui produisent, il y a des gens qui utilisent, etc. Votre définition, votre univers d'investissement dans ce fonds échec qui est intelligence artificielle, c'est quoi ?
- Speaker #2
C'est un univers qu'on a voulu assez holistique, c'est-à-dire que finalement on va avoir effectivement des sociétés qui produisent des logiciels d'intelligence artificielle, mais on va avoir aussi des sociétés utilisatrices qui grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle modifient de façon très substantielle leur productivité et donc leur scénario de rentabilité. Donc l'idée c'est d'avoir un choix de valeur ou un univers d'investissement suffisamment large de façon à avoir de la diversification, de façon à solidifier finalement le scénario de performance du fond et de réduire la volatilité aussi.
- Speaker #1
Vincent, question, même si votre job ce n'est pas de faire du stock picking, mais dans l'analyse macroéconomique, vous, vous êtes plutôt en train de vous dire qu'il vaut mieux s'intéresser à ceux qui font les pelles, à ceux qui utilisent les pelles ?
- Speaker #0
Oui, je crois qu'on ne partage pas tout à fait l'analyse. Tout le monde n'est pas gagnant ou perdant face à l'IA. On estime qu'il y aura de grandes difficultés pour les producteurs de ces moteurs. Ils sont dans une grande concurrence, ils sont obligés d'investir des sommes absolument considérables, des centaines de milliards de dollars chaque année. Chaque année, avec les difficultés de financement qu'on commence à rencontrer, ça va être très compliqué pour eux. Quoi qu'en dise Oracle hier soir, évidemment, chacun prétend pouvoir gagner la course. Oui, enfin, ils sont cinq. Ils sont cinq à nous proposer à peu près la même chose. Il y aura des gagnants, il y aura des perdants, et la rentabilité ne sera pas la même pour tout le monde. En revanche, il y a deux gros gagnants. Il y a un gagnant tout de suite, ce sont ceux qui produisent les composants. Vous avez besoin de ces composants pour construire ces centres de données. Il faut bien les racheter. Tout le monde met des centaines de milliards. C'est à eux que vous les payez. Et ça, les grands gagnants, ils sont surtout en Asie. Donc là, on a vraiment la source d'ailleurs de la très très forte performance de la région l'an dernier. Et ça, ce sont des gagnants immédiats.
- Speaker #1
Et les gagnants, c'est l'utilisateur.
- Speaker #0
Et puis alors, le gagnant de long terme, c'est l'utilisateur. L'utilisateur, c'est vous, c'est nous. On vient d'en parler pour finalement pas très cher. On a accès à une technologie révolutionnaire qu'on va pouvoir développer sur les 5 ou 10 prochaines années. Des gains de productivité, des applications qu'on ne voit même pas encore. C'est le monde entier, les productivités n'ont pas de frontières. Voilà les gros gagnants. Et ça, nous, en tant que thème d'investissement, c'est surtout là que ça nous intéresse.
- Speaker #1
Pierre, je reviens sur l'histoire. 2018, le fonds a donc 8 ans. Pour vous, ça reste un bébé ou il est quelque part arrivé à l'âge de raison ?
- Speaker #2
Je pense que déjà, on a 8 ans d'expérience sur le secteur. Je ne sais pas si le fonds est arrivé à l'âge de raison, mais je pense qu'on peut considérer que l'équipe de gestion est arrivée à l'âge de la compétence. Depuis longtemps d'ailleurs. Mais oui, ça reste une thématique qui nous paraît très pertinente. Je répète le chiffre que j'ai donné au début de l'entretien. 30% de croissance annualisée sur les années à venir. Je dirais que l'avantage des méga tendances, c'est ça. Après, je suis d'accord avec ce que dit Vincent. Il faut être très précis sur les différents choix que vous faites sur le fond. On vit depuis huit ans des phases très différentes. C'est vrai qu'aujourd'hui, dans le fond, on est très exposé sur les producteurs de pelles. Comme vous le dites, les producteurs, les TSMC, les SKINX, etc. qui nous paraissent être très bien positionnés. Mais pas que. Aujourd'hui, par exemple, on est en train d'investir un nouveau compartiment qui sont tous les fournisseurs de systèmes qui permettent finalement de rendre intelligents les robots, de rendre la voiture autonome, tout ça. Donc il y a plein de compartiments qui se développent au fur et à mesure sur lesquels il faut être présent.
- Speaker #1
Alors dans le parcours, dans les 8 ans, il y a l'année 2022 qui est l'année la plus compliquée en termes de performance. Je me dis, voilà, ce thème me paraît effectivement être une méga tendance, un sujet porteur. la préconisation en tant que CGP que je dois donner à mon client. C'est de lui dire, c'est le genre de produit sur lequel il faut faire des versements réguliers plutôt que de faire du trading en se disant, c'est le moment d'y aller.
- Speaker #2
Si on est toujours bon sur le timing d'entrée et le timing de sortie, il faut faire du trading. Mais je dirais que l'expérience prouve que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Donc, je pense que c'est un très bon fonds en versements programmés. Bien sûr, c'est un satellite. un peu booster en fait sa performance. Et puis 2022, pour revenir, effectivement, c'est une année qui est un mauvais souvenir pour nous tous. C'est une année sur laquelle on a vraiment analysé ce qui s'est passé. Et je pense que là où 2022 peut-être se reproduira pas, même s'il faut être prudent sur ce genre de prévision, c'est que le secteur a beaucoup maturé. Et en 2022, finalement, pour avoir une présence sur l'intelligence artificielle, il fallait avoir une exposition importante sur des sociétés non profitables, qui sont des sociétés. qui ont une beaucoup plus forte volatilité. Aujourd'hui, au sein du portefeuille,
- Speaker #1
il n'y a plus de société non profitable. Une question technique. Est-ce que vous pensez, Vincent, que l'IA va augmenter la volatilité sur les marchés ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. C'est vrai qu'on peut s'interroger là-dessus. C'est difficile de répondre, évidemment, de manière catégorique dès aujourd'hui. Mais on peut imaginer qu'une utilisation un peu paresseuse de l'IA, on ne va plus vite, on la laisse faire pour des tas de choses, augmente un peu le caractère momentum. le caractère suiveur des marchés. Et ça, c'est générateur de volatilité. Donc ça dépend un peu de la façon dont elle est utilisée. Aujourd'hui, on voit un peu de ça. Il y a un peu de trading avec l'IA. Et donc, en ce sens, effectivement, ça a plutôt tendance à alimenter la volatilité. Mais si on sait s'adapter et améliorer notre capacité à l'utiliser intelligemment, on devrait l'éviter.
- Speaker #1
Pierre, en préparant cette émission, je me suis dit, voilà, Merci. je conseille les gens, etc. Donc, ils sont intéressés par l'IA et c'est pour ça qu'on a fait cette mission. Puis, on mène l'enquête et puis on regarde un certain nombre de choses. Je suis tombé sur un produit de votre gamme sur lequel je voudrais avoir deux, trois petites précisions. Et justement, vous me les positionnez pour me dire ce qu'ils font exactement et comment ils sont par rapport au Fonds d'intelligence artificielle. Material for the future. Donc là, je me suis dit, effectivement, le métaux rare et tout ça, c'est un truc qui tourne largement en évoquer les puces et tout ça. Il fait quoi ce produit ?
- Speaker #2
C'est le nouveau nom d'un fonds qui était très connu, qui s'appelait Tocqueville Gold. En fait, on a repris la gestion de cette stratégie-là chez nous. Et en fait, il a une exposition sur toute une série de matières premières. Il a bien sûr des matières premières traditionnelles et il continue à avoir une exposition à y faire, à travers les mines. Mais il y a aussi, et c'est l'intérêt de ce produit-là, une diversification très importante sur d'autres types de métaux, d'autres types de matières premières, qui donc certaines, effectivement, sont très importantes parce qu'elles sont nécessaires pour construire toutes ces nouvelles technologies.
- Speaker #1
On parlait tout à l'heure de productivité et d'emploi. Il y a un produit dans la gamme qui s'appelle Robo Humanoid.
- Speaker #2
Oui. Alors, c'est quelque chose dont on va parler beaucoup plus puisqu'on vient de... effectivement de le débaptiser, il s'appelait Robotics, on l'appelle Robo-Humanoïde. On croit beaucoup à la thématique du développement des robots humanoïdes. C'est quelque chose sur lequel on est en train de travailler. Et c'est une stratégie effectivement qui nous semble pertinente. C'est une nouvelle méga tendance en fait, et qui est en train d'accélérer avec effectivement le développement de nouveaux robots qui vont être des robots, je dirais, grand public,
- Speaker #1
qui vont intégrer la vie de tous les ménages à terme. Allez, on continue sur l'intelligence artificielle, mais on vient sur l'actualité, puisque, paraît-il, l'intelligence artificielle a une importance colossale dans ce qui est en train de se passer en Iran et au Moyen-Orient. Question très simple, je vous demande une réponse très rapide. Dans vos scénarios centraux, vous vous dites guerre courte ou guerre longue chez H2O ?
- Speaker #0
Les États-Unis vont probablement se retirer relativement vite, mais l'impact de ce qui se passe risque d'être assez long.
- Speaker #1
Pierre ?
- Speaker #2
Même chose. En fait, pour l'instant, on est plutôt sur guerre courte, mais avec des conséquences qui vont dépendre, effectivement, de l'attitude de l'Iran et de la situation du détroit d'Hormuz.
- Speaker #1
OK. Alors maintenant, on va un peu rentrer dans le détail d'un point de vue macroéconomique. François Villeroy de Gallo a dit pour l'Europe, cette guerre aura moins de croissance et plus d'inflation. Vous partagez le sentiment ?
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
évidemment, c'est de l'inflation immédiate, mais temporairement. Le vrai impact, le plus sérieux, c'est que, évidemment, c'est un frein à la croissance. Le prix d'énergie qui est durablement plus élevé, c'est une ponction de pouvoir d'achat, et c'est de la croissance en moins.
- Speaker #1
Pour vous, le mouvement sera fort ou pas ? Ou pour l'instant, les économies ? Ça va dépendre de la durée de cet événement.
- Speaker #2
Il y a plein de choses qu'on ne maîtrise pas, en fait. C'est-à-dire qu'on ne maîtrise pas ce que va faire l'Iran. Est-ce que l'Iran... bloquent et continuent à poser des problèmes sur le prix de l'énergie. Et ce sera la conséquence. Mais effectivement, je suis d'accord, on partage la même... Enfin, il est difficile de dire autre chose. Si les choses continuent, ce n'est pas terrible pour la croissance, sauf la croissance des entreprises de défense. Et ça crée quand même des pressions à la hausse sur l'inflation. Avec, c'est vrai, on entend parler de plus en plus... le risque de stagflation qui revient avec quelque chose dont on ne parlait plus du tout.
- Speaker #1
On attaque le sujet. Est-ce qu'il y a un sujet dont on entend parler, c'est le problème du crédit privé ? Par exemple. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est pour vous une inquiétude majeure sur les marchés financiers ?
- Speaker #0
C'est une fragilité de l'économie américaine qui pourrait être révélée et difficile à gérer à cause de cet événement. Finalement, ça n'a rien à voir avec ce qui se passe. Mais ce genre de choc, évidemment, secoue un peu les investisseurs et pourrait créer un mouvement sur la classe d'actifs qui soit un petit peu difficile à gérer. Vous avez vu qu'il y a quand même eu des rachats importants depuis le mois de décembre. Donc depuis avant, ce qui se passe, qui progressivement augmente sur tout ce qui est actifs privés aux États-Unis, ça a fortement augmenté en février. On attend le chiffre de mars, on verra bien. Mais enfin, évidemment, beaucoup, beaucoup d'investisseurs s'interrogent. Et on pourrait avoir là une forme de sortie, on sait à quel point ils ne sont pas liquides, de sorties qui sont supérieures à la liquidité que peuvent offrir ces produits, bien entendu.
- Speaker #1
Pierre, est-ce que l'Europe est quelque part finalement un peu le nom de la farce ? Parce que c'est elle qui va potentiellement plus se prendre l'inflation dans la tête, alors que finalement elle n'a rien demandé, elle a juste le défaut de se trouver pas trop loin.
- Speaker #2
On va voir. Je crois que l'Europe est peut-être moins fragile sur la situation du crédit privé. Entre autres, le gros problème des États-Unis, c'est qu'il y a une très grosse exposition au monde du software, qui est un monde sur lequel, effectivement, l'intelligence artificielle, pour l'instant, est vue comme une disruption majeure. Si on regarde, mettons, l'univers du crédit privé européen, il est beaucoup moins exposé sur cette problématique-là. L'Europe, on le sait, a une distribution, entre autres sur les marchés financiers, en fait, sur des industries beaucoup plus solides, Un côté industriel, le fameux heavy asset, l'eau obsolescence, qui est plutôt avantageux. Ça a servi de diversification aux investisseurs internationaux. Ça a été très clair en 2025. Nous, on considère que ce mouvement... de retour d'intérêt pour des marchés hors US de la part des investisseurs internationaux devrait continuer en 2026.
- Speaker #0
On partage globalement l'idée. Je crois qu'en deux mots, le choc est plus fort pour l'Europe, mais l'économie fragile, c'est plutôt l'économie américaine. Même si le choc est plus petit, elle pourrait en souffrir davantage à cause de ses fragilités.
- Speaker #1
La remontée des taux, ça crée une opportunité. On a le sentiment que le fly to quality, tout le monde a oublié et qu'on s'est précipité en disant, oh là là ! On va revenir avec la guerre en Ukraine, l'inflation qu'on n'avait pas venue, on s'est planté la fois précédente, donc on ne va pas se planter cette fois-ci.
- Speaker #0
Oui, mais c'est pour ça aussi que c'est une opportunité.
- Speaker #1
Donc l'étau, c'est une opportunité pour vous ? En Europe,
- Speaker #0
oui. Oui, en particulier sur les taux courts. Quand on commence à avoir des marchés qui anticipent des hausses de taux de la Banque Centrale Européenne, c'est un peu exagéré, c'est avant tout récessif ce qui est en train de se passer. Il y a un peu d'inflation maintenant, de la pression sur la croissance après. Donc une fois passé l'orage, ce sera plutôt des baisses de taux qu'on aura.
- Speaker #1
Pierre, il y a des opportunités que vous avez vues chez l'FDE, il y a des risques qui s'accroissent sur notre classe d'actifs que vous voyez, il y a le sentiment que nous on reste...
- Speaker #2
constructif en fait. Après, il y a toujours des risques, mais c'est vrai que les marchés ont un début de correction. Je pense qu'il n'y a pas eu beaucoup d'exagération. Il y a quand même des choses intéressantes. Je crois que le compartiment des softwares a été l'objet d'une disruption majeure. Je ne dis pas qu'il faut revenir de façon aveugle, il faut vraiment trier les services informatiques qui ne sont plus nécessaires parce que les outils d'intelligence artificielle arrivent. Moi, je serais tenté de dire qu'ils vont être plus que jamais nécessaires, puisque je pense que les entreprises ne vont pas bricoler à travers des systèmes qu'ils vont trouver comme ça gratuitement. Elles vont avoir besoin d'être accompagnées, etc. Donc, il y a plein de secteurs qui nous paraissent pertinents. Mais je dirais plus que jamais, les belles entreprises avec des parts de marché solides,
- Speaker #0
avec peu d'endettement, aujourd'hui, restent plutôt des valeurs refuge.
- Speaker #1
Merci beaucoup à tous. tous les deux tout de suite le journal des réseaux sociaux de Georges Delataille.
- Speaker #0
Pour ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, bonne nouvelle, je suis de retour à Paris, toute ma famille aussi, en N-Form. Pour commencer ce journal des réseaux sociaux, on va débuter par un poste d'Yves Mazin, le président de la CNCGP. Il réagit sur une note de Bercy qui indique que 13 000 millionnaires en France ne payent pas d'impôts et fait un parallèle avec l'éducation financière. En France, il n'y a pas que l'impôt sur le revenu comme impôt. Il est donc plus que clé d'éduquer les Français à la finance. Sujet qui fait réagir de nombreux CGP, comme par exemple Sandra Frécier. Mais sujet qui aurait aussi pu faire réagir Jean-François Filiatre, car avec la finance pour tous, l'éducation financière, c'est son dada. Yves Mazin en profite pour faire un petit placement produit avec la mise en avant du concours des jeunes talents de la CNCGP. Yves est un vrai influenceur. Pour continuer, on peut se poser une question. L'IA se développe de plus en plus dans tous les domaines de la gestion de patrimoine. Guillaume Fontenot, qui milite depuis des années pour un conseil en gestion de patrimoine réellement indépendant, est donc rémunéré par Honoraires un alerte sur les risques de l'IA. Il a lui-même construit sa propre IA, l'a alimentée de toutes les informations qu'il avait, ses livres, ses articles, ses méthodes, etc. Et selon lui, le résultat est plus que bluffant. Logiquement, cet article se pose, fait réagir de très nombreux CGP et il en ressort un très certain consensus. L'IA est exceptionnelle, mais elle doit être accompagnée par un CGP. Donc, si les CGP savent travailler avec une IA, ils resteront plus utiles, totalement indispensables. De son côté, notre confrère l'AGFI a publié un de ses articles qui a beaucoup fait réagir la thématique « Une clarification de l'AMF sur le périmètre d'intervention des CIF sur l'assurance-vie de l'ensemble bourgeoise » . Nous avons deux types de retours. D'abord, ceux qui disent « J'arrive pas à accéder à l'article » . Pourquoi ? Parce que l'AGFI est un média payant. Et ceux-là, je me permets de les trouver un peu paresseux, parce qu'en quelques clics sur Google, vous trouvez l'article source de l'AMF, la publication dont vous pouvez tout à fait lire le document de l'AMF. Et il y a ceux qui ont accès. et qui pose la vraie question, c'est comment est-ce que je peux bien prouver mon devoir de conseil, et comment expliquer pourquoi l'AMF fait ça. L'AMF, elle fait cette démarche dans un souhait de protéger les épargnants français, tout en promouvant la transparence. Elle demande donc au CIF de bien prouver cette transparence. Enfin, le diable se cache dans les détails. Comme le constate Jean-Charles Rigolo, c'est un expert comptable et commissaire au compte. Dans une réponse ministérielle de février 2026, le traitement des libéraux en exerçant en société est uniformisé. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire une hausse des impôts sur le revenu pour eux, parce qu'il y a une perte de l'abattement et une imposition en BNC. Il y a des déclarations modifiées. Il y a une distinction à faire entre la rémunération technique et la fonction de direction. Et il y a des ajustements liés à la jurisprudence et à la doctrine. C'est un sujet qui fait énormément réagir, tant sur des questions techniques, Comment mettre ça en musique que sur le côté irrationnel de ces décisions, on peut citer par exemple la réaction de Jérôme Dedeian qui lui propose carrément de monter une manifestation. Vous avez des articles qui vous intéressent, qui vous interpellent, vous souhaitez nous en faire prendre connaissance, n'hésitez pas à taguer et plus encore à me taguer, à me les envoyer, je serai ravi d'en parler dans les prochains numéros.
- Speaker #1
Allez, avant de conclure, c'est l'heure de Momentum, notre nouvelle rubrique. Avec nous, Olivier Samin, le directeur du développement de Célantia. Alors Olivier, tout à l'heure, on a parlé à l'occasion du Club des experts boursiers de leur vision de ce qui se passait avec la guerre au Moyen-Orient. De votre poste d'observateur chez Célantia Patrimoine, est-ce que vous pouvez me dire un peu quelles ont été les réactions de CGP ? Il y en a eu ?
- Speaker #3
Alors oui, je peux le dire. il n'y a pas eu de réaction. On n'a pas du tout observé, ce n'est pas un phénomène nouveau d'ailleurs, on peut en reparler, de mouvements de panique et d'arbitrage ou de sorties massives liées à la situation externe. Et c'est là où on peut constater que finalement le conseil délivré par un CGP doit bien s'appliquer dans une démarche de long terme et finalement ne pas réagir ou surréagir à des événements qui à un moment donné peuvent être volatiles à la baisse, Mais parfois... à la hausse également. Avec peut-être, j'aimerais le citer, il y a un petit changement ou une évolution plutôt sur les flux entrants, pas sur les stocks, mais sur les flux entrants, où on a une appétence accrue sur les fonds en euros, pas comme étant un objectif final, mais pour utiliser les fonds en euros comme un outil d'investissement vers les unités de compte en organisant des arbitrages programmés à partir de la poche euro.
- Speaker #1
D'accord, donc on prend des réflexes à faire moins de market timing et à avoir plus de régularité. Ça résonne tout à l'heure avec ce que l'on a dit sur les séquences retraites. Il y a des jeunes CGP, alors vous dites qu'il y a moins de réactions. Peut-être aussi qu'on a appris, parce que des crises, on en a quand même vécu pas mal ces derniers temps, qu'il y a des jeunes CGP qui s'installent. Comme moi, vous n'avez plus 20 ans, des crises, vous en avez vécu. Qu'est-ce que vous donneriez comme... Quels conseils a un jeune CGP qui s'installe quand on est dans ce genre d'environnement ?
- Speaker #3
Alors, en fait, des conseils qu'on pourrait donner sont les conseils qu'on nous a même donnés il y a, on peut le dire, presque 30 ans maintenant. C'est des règles de base, la diversification, une vision très long terme sur les allocations d'actifs qu'on peut proposer à ses clients et de ne pas réagir ou sur-réagir par rapport à une stratégie qui s'engage sur le long terme.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un moment de rassurance des clients ? On a vu qu'en 2020, les CGP avaient gagné pas mal de parts de marché parce qu'ils avaient leur téléphone qui marchait et que les banquiers, leur téléphone ne marchait pas.
- Speaker #3
C'est vrai, c'est vrai. Mais c'est un phénomène qui continue. C'est-à-dire qu'une des caractéristiques du conseil en gestion de patrimoine, c'est d'être quasiment en permanence et de plus en plus à côté de ses clients. Et donc, à côté de son argent.
- Speaker #1
Ok. Tous les mois, vous avez un invité. Vous êtes venu avec qui aujourd'hui ?
- Speaker #3
Alors aujourd'hui, je suis venu avec Louis Desforges, qui est directeur du développement France chez Jupiter AM. Alors, il est français. Jupiter est anglais. Et moi, j'avais une première question déjà de te dire bienvenue, Louis. Et ma première question, c'est est-ce qu'il y a une touche spécifique d'un gestionnaire anglo-saxon comparé à un gestionnaire plutôt français ? Et je le rappelle, tu as eu une longue expérience chez des sociétés de gestion française. Je vais en citer deux, la financière de l'Arc, Mondarine. Donc, il y a des choses qui changent chez les anglo-saxons ?
- Speaker #4
Ça reste le même métier. Bonjour, messieurs. Ça reste le même métier. Après, j'avais commencé chez Franklin Templeton. J'ai commencé chez un anglo-saxon. Tu reviens à ton premier amour. Je suis passé des États-Unis à l'Angleterre. Mais il y a quelque chose qu'on retrouve quand même chez les anglo-saxons. Je trouve qu'il y a deux grandes qualités. D'abord, une vraie vision très mondiale des choses. Donc, on est peut-être moins européo-franco-centré. Vraiment une vision très globale du monde de la gestion d'actifs et des opportunités que ça peut représenter. Et je trouve, notamment dans des périodes comme celles qu'on a en ce moment, où forcément le marché est plus volatil, les performances bougent de manière plus erratique que quand le calme est là, beaucoup de sérénité. C'est-à-dire, une vision des choses, c'est la vie, la gestion d'actifs. c'est jamais tranquille et il faut savoir accepter que de temps en temps, tout ne se déroule pas forcément comme on l'avait envisagé. Et on garde ses convictions, on reste calme et les choses se rétablissent ensuite. Donc voilà,
- Speaker #3
c'est un peu comme ce que j'expliquais tout à l'heure avec le comportement des CGP.
- Speaker #4
C'est un grand CGP en fait.
- Speaker #1
Ok, Louis, en 2022, Mathieu Morgan était venu sur le plateau de nous parler d'un produit de chez Jupiter AM. On fait le point depuis, c'était donc il y a 4 ans, On fait le point. Jupiter AM aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #4
C'est toujours un gérant d'actifs obligataires, mais pas que. D'ailleurs, ça n'a jamais été qu'un gérant obligataire. Une expertise historique sur les actions internationales, les pays émergents, etc. Et puis en 2020, Jupiter a racheté une société de gestion qui s'appelle Merian, qui a apporté une brique sur la gestion alternative. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, sur le marché français, c'est une expertise qui prend beaucoup d'ampleur.
- Speaker #1
Ok. Aujourd'hui, justement, sur le marché français, quels sont les principaux produits qui sont référencés ?
- Speaker #4
Donc, historiquement, toujours le fonds obligataire que Mathieu était venu raconter à l'époque, le fonds Jupiter d'Anamic Bond, qui est une sorte de mandat de gestion obligataire avec une vision globale des choses, c'est un fonds obligataire diversifié. Et depuis deux ans, beaucoup le font Jupiter Merian Global Equity Absolute Return. Le nom est un peu compliqué. Mais c'est une stratégie de performance absolue qui se fait beaucoup connaître.
- Speaker #1
On va la creuser, si vous voulez.
- Speaker #4
Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Je vais vous passer à la question. Déjà, code tout bête, l'objectif de performance du produit, c'est quoi ?
- Speaker #4
C'est monétaire plus 5%. Les choses sont très claires. Aujourd'hui, si on prend un monétaire de l'ordre de 300 à peu près, ça veut dire qu'on a un objectif sur cette année de faire une performance de l'ordre de 8%. au 7 et 8 %. Si le monétaire était à zéro, ce serait 5.
- Speaker #1
Question, j'imagine que comme dans tous les anglo-saxons, il y a différents types de parts. Des parts en dollars, des parts en euros. C'est l'objectif dollar, c'est l'objectif euro ?
- Speaker #4
Non, alors en fait, nous, ce qu'on référence, c'est la part en euros, couverte systématiquement quant au risque de change. Donc la performance que nos investisseurs auront, c'est au coût de la couverture près, la performance qu'un investisseur aurait aux Etats-Unis, par exemple, le fonds est géré en dollars.
- Speaker #1
Ok, parfait. Maintenant, niveau de risque ?
- Speaker #4
Le SRI, il est de 2. L'objectif de volatilité du fonds, c'est de ne pas dépasser les 6. Alors, c'est un objectif, ce n'est pas une contrainte d'investissement. La réalité, c'est que historiquement, le fonds a une volatilité comprise entre 4,5 et 5.
- Speaker #1
On ouvre le capot, si vous le voulez bien. Donc, vous me dites que c'est de la performance absolue. Il y a du bêta, il n'y a pas de bêta. C'est neutre en termes d'exposition marché, c'est quoi ?
- Speaker #4
C'est le point principal à retenir du fonds. C'est contractuel, on va dire. 0 bêta, alors le bêta. On n'a aucune exposition au marché action. Ce que ça veut dire, c'est que la performance du fonds, nous ne voulons pas qu'elle soit associée à la direction que peut prendre le marché action.
- Speaker #1
Ok, donc ça veut dire que d'un côté, on achète des positions et de l'autre côté, on vend des positions.
- Speaker #4
Voilà, on en vend autant en fait. On achète autant qu'on vend. C'est quoi l'intérêt ? C'est qu'en fait, la performance du fonds ne va venir que de l'écart de performance entre notre poche acheteuse et notre poche vendeuse. Elles font le même poids.
- Speaker #1
Ok. Poche acheteuse, poche vendeuse. Dans le titre, il y a Equity. J'imagine que c'est des actions.
- Speaker #4
Exclusivement.
- Speaker #1
Univers d'investissement, lequel ?
- Speaker #4
C'est le MSCI World. C'est l'univers des actions internationales. C'est 7000 titres. Et là-dedans, on va en choisir 400 pour remplir la poche acheteuse et 400 pour remplir la poche vendeuse.
- Speaker #1
On choisit comment ?
- Speaker #4
On fait une sélection dans les deux poches. Comment est-ce qu'on le fait ? On a un modèle quantitatif et systématique. Le gros intérêt d'un modèle quantitatif, c'est qu'il peut scruter un nombre... extrême de données, 45 millions de données qui sont actualisées quotidiennement. Et ce modèle note tous les titres, il note tous les titres de l'univers, les 7000 titres quotidiennement. Et on va être acheteur des 400 titres les mieux notés. et vendeur des 400 titres les moins bien notés.
- Speaker #3
Alors moi j'avais une question, comment tu intègres justement ce genre de produit dans une allocation d'actifs quand tu es conseiller ? Est-ce que c'est une alternative, j'ai réussi à le dire, longue au fonds d'euros ou un fonds de repli en période de crise par exemple ?
- Speaker #4
Entre normands on va se comprendre. C'est les deux. En fait d'un point de vue tactique, c'est le genre de fonds qu'on utilise. Quand on veut sortir du marché action parce qu'on trouve qu'il y a trop d'incertitudes, il est trop cher, etc., on veut enlever du bêta. Et ça, c'est une solution de repli pour continuer d'aller chercher de la performance sans prendre ce risque directionnel sur le marché action. Ça, c'est une vision tactique des choses. De manière structurelle, SRI2, une volatilité qui reste extrêmement bien maîtrisée, des drawdowns très limités historiquement sur le fond, ça veut dire qu'en fait, on peut aussi l'utiliser de manière stratégique, structurelle, comme une alternative au fond en euros. Merci. D'ailleurs, je vais élargir les choses. Ma conviction profonde, c'est qu'en fait, c'est une classe d'actifs à part entière, ces fonds de performance absolue. C'est-à-dire qu'il faut avoir systématiquement dans une allocation, on a de l'action, on a de l'obligataire, on a du fonds en euros et d'autres choses. Il faut avoir une poche de fonds de performance absolue. Alors, pas que le mien, un peu quand même, mais il faut avoir une fonds de performance absolue.
- Speaker #1
Ok. Performance absolue, ça fait rêver parce que ça veut dire, on ne subit pas les impôts des marchés, pour autant, ça fait peur. ça ne fait pas monter, j'ai regardé la courbe du fond sur une longue période j'ai une période compliquée on va dire, entre 2018 et 2020, qu'est-ce qui est passé ?
- Speaker #4
Donc effectivement 2018 en fait c'est mi-2018 à mi-2020 donc c'est pendant deux ans le marché s'est beaucoup moins intéressé aux fondamentaux 85% de la performance boursière sur cette période-là s'expliquait par l'expansion des multiples. Ça veut dire que quand ce que j'achetais à 12 de PE à l'époque, j'étais prêt à l'acheter 18. Donc ça, ça veut dire que le modèle, un modèle quantitatif qui ne regarde que les données, il voit des choses qui deviennent de plus en plus chères. Et donc, il n'est pas acheteur de ça. Donc, la méthodologie du fond s'est retrouvée inadaptée.
- Speaker #1
Vous l'avez fait évoluer ?
- Speaker #4
Qu'est-ce qu'on a fait exactement ? On a intégré dans notre processus des critères de momentum. Ça veut dire que... A fin 2019, on a rajouté dans le fond des critères d'analyse qui permettent d'essayer de comprendre ce que font les investisseurs à tout moment pour se dire quels sont les critères en ce moment qu'il faut intégrer dans notre système de notation pour mieux intégrer ce que fait le marché en plus des fondamentaux des boîtes.
- Speaker #1
Comment ils se comportent depuis le début de l'année ?
- Speaker #4
Le début de l'année, c'est un peu plat. Sur la période très récente, on est en pleine crise. Le fonds a traversé ça de manière assez tranquille. Depuis le début de l'année, on est à une performance légèrement négative, ce qui est normal après une année. L'année dernière, c'était 13. Donc, c'est aussi normal que de temps en temps, ça respire un peu. On sent qu'on est en train de vivre un peu un moment d'inflexion sur le marché, je ne sais pas, mais sur les critères prédominants. C'est-à-dire, la value fonctionnait très bien. En ce moment, ça marche un peu moins bien. La qualité prend un peu le relais, le momentum fonctionne moins bien. Donc, on sent qu'en fait, le marché est en train de chercher sa méthode.
- Speaker #3
Alors moi, j'ai une question très pratico-pratique, purement commerciale.
- Speaker #1
La question d'Olivier.
- Speaker #3
Voilà, la question d'Olivier. Moi, je suis un CGP, comme on le sait. Je veux des informations. Je veux avoir plus d'éléments pour appréhender ce support. Je fais comment, Louis ?
- Speaker #4
Alors déjà, il m'appelle. Tu m'appelles en tant que CGP. tu appelles tes équipes tu appelles les équipes d'Olivier nos partenaires assureurs parce qu'on s'appuie évidemment beaucoup sur eux, on connait très bien les inspecteurs, ils ont mes coordonnées et puis moi je suis avec grand plaisir pour échanger avec tous nos partenaires et rentrer dans le détail de ce qu'on vient d'effleurer
- Speaker #1
Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été avec nous merci à vous d'avoir suivi cette émission que vous pouvez revoir en replay sur YouTube, mais également sur le site de Plus Encore sur H24 Finance et que vous pouvez également réécouter en podcast. Salut, on se retrouve le mois prochain.