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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




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Transcription
Le mois dernier, nous nous sommes retrouvés le 4. Cinq jours plus tard, les Français se rendaient aux urnes et dans la foulée, le président de la République a dissous l'Assemblée nationale. Pas une seule fois dans notre émission précédente, nous n'avons évoqué ce scénario. Erreur majeure. Ne cherchons pas à nous en dédouaner. Certes, se focaliser sur le scénario central a du sens, mais il faut toujours étudier les pistes alternatives. Cela vaut. aussi bien pour les journalistes que pour les conseillers en gestion de patrimoine. La bourse ne peut-elle que monter à long terme ? Les CPI sont-elles toujours des produits performants et liquides ? Autorisons-nous donc ce droit à l'erreur à une condition, toujours savoir en tirer les leçons. Bienvenue sur le plateau des Plus Encore, le magazine de la finance et de la gestion de patrimoine, une émission diffusée sur H24 Finance, LinkedIn, YouTube et... Et plus encore, ravi de vous retrouver, on attaque tout de suite,
générique.
Ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Et Plus encore, en étant aujourd'hui ensemble pendant on va dire une, peut-être un tout petit peu plus. Je vous donne tout de suite le programme de cette émission. On commencera comme à l'accoutumée avec Nadine Crémolière, directeur de Primonial Portfolio Solutions pour le Point Marché. Nadine ne sera pas en plateau, elle sera dans quelques instants avec nous en duplex depuis. La femme dans l'actu ce mois-ci, c'est Marielle Cohen-Branche, médiateur de l'autorité des marchés financiers. On parlera avec elle, je pense, à un assez long moment de la médiation et notamment du sujet de la médiation et des CIF. Environ, on va dire, vers 25, il sera avec nous, fidèle au poste pour son journal décalé, c'est Georges Delataille. Et puis, peu ou prou, on va dire à l'admis, on aura le G3 Bourse. avec nos invités, changement de plateau pour des sombres histoires d'agenda. Donc, fidèle au poste, Frédéric Leroux de Carmignac Gestion. Et avec lui, on aura également Geoffroy Lenoir de chez OVIFI Invest AM et François Rimeux de Crédit Mutuel Asset Management. Voilà le programme. Tout de suite, je rejoins mon fauteuil et on regarde si la liaison marche avec Nadine. Ça marche Nadine, vous êtes avec nous ?
Oui,
bonjour Jean-François. Bien, allez, on attaque tout de suite Nadine. Donc vous êtes au Martinez. Vous êtes quoi ? Vous êtes en séminaire ?
Exactement, avec des partenaires CGPI.
Bien, alors on regarde tout de suite, si vous le voulez bien, le tableau des actions. Et lorsqu'on regarde ce tableau, lorsqu'on regarde la dernière colonne et l'avant-dernière colonne, c'est-à-dire le mois de juin et le début de l'année, on voit très clairement qu'il y a deux mondes. D'un côté MSCI World, S&P et Nasdaq en forte progression. L'Europe, la Chine en cata. en tout cas le mois dernier, pourquoi le monde paraît aussi disloqué ?
Le mot à la mode actuellement, c'est polarisation. Polarisation des opinions publiques, polarisation des pays, polarisation géopolitique. On s'aperçoit qu'effectivement, les États-Unis ont un énorme avantage et qu'ils bénéficient de sociétés technologiques. Encore une fois, on parle toujours un petit peu des mêmes sujets depuis à peu près 18 mois. Que ferions-nous sans Nvidia, Apple et Microsoft ? Et actuellement, le mois de juin était complètement conforme à ce que l'on voit depuis un certain nombre de mois. C'est-à-dire que ce sont ces sociétés-là qui ont fait la performance des marchés américains. Ils sont de plus en plus prépondérants dans les indices et c'est eux qui expliquent globalement 80% de la performance de l'année, mais aussi du mois de juin. Donc on a un mois de juin qui est complètement conforme. Et puis de l'autre côté, l'Europe qui a une difficulté. qui a été par les élections, et on peut y revenir, mais effectivement, c'est un peu la déception des élections qui fait que l'Europe recule.
Je voudrais qu'on revienne, Nadine, si vous le voulez bien, sur les small caps, on en avait parlé le mois dernier, on disait que ça allait un peu mieux, là ça ne va pas mieux. C'est quoi ? C'est un effet liquidité ? C'est un effet politique ? C'est un effet économique ?
Je pense qu'il y a une double conjonction, premièrement effectivement politique, ça ne nous a pas échappé que l'Assemblée nationale était dissoute et qu'on se présente en France, qu'on se prépare à des élections un petit peu compliquées, on est entre les deux tours, et nul ne sait si on aura un gouvernement qui sera capable de prendre des décisions à partir de la semaine prochaine. Ça, ça affecte effectivement le tissu, on va dire, le tissu économique européen et particulièrement français, et donc les small caps, dans les indices small caps européens, il y a quand même un certain nombre de... d'entreprises françaises. Il y a un second effet aussi non négligeable, c'est qu'effectivement la BCE a baissé les taux, on en parlera peut-être quand on parlera des taux au mois de juin, mais on n'a pas l'impression qu'on rentre dans une espèce de cycle d'assouplissement plus important. Et cela, malgré tout, c'est un peu en train de faire un peu mal à tout ce biais small cap, où on s'attendait, rappelez-vous, à ce que le coût de l'argent baisse significativement. Et on n'est plus vraiment dans ce scénario-là. Et c'est ça qui fait peut-être que les small caps ont perdu un peu de leur attractivité sur le mois de juin.
On regarde justement tout de suite le tableau des taux d'intérêt. On constate effectivement que la Fed n'a pas bougé, mais que l'ABC a baissé de 25 points de baisse. Moi, je voudrais regarder avec vous, m'intéresser aux 2,50. Du Bund allemand, on voit que les taux allemands ont plus baissé les taux longs que les taux américains. C'est quoi ? C'est grâce à la France ? C'est du fly to quality ou c'est un mouvement autre ?
Oui, vous avez raison. Je veux dire, quelque part, l'écartement du spread, de l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a été à la fois bénéficier à l'Allemagne, c'est-à-dire que ce phénomène, comme on le disait très justement, de fly to quality, on va chercher la qualité au détriment peut-être de la dette française. Et c'est ça qui a fait que les taux ont légèrement baissé en Europe. Mais regardez, le 10 ans allemand, on a perdu quoi ? 15 BP. C'est quand même un phénomène qui est relativement faible.
Est-ce qu'il faut s'attendre ? Vous vous évoquiez, il y a de cela quelques instants, sur les small caps, les éventuelles déceptions sur des baisses de taux à venir de la part des banques centrales. Est-ce qu'il faut s'attendre à une baisse des taux longs ?
Non, c'est vraiment le sujet que je porte depuis quelques semaines. Je veux dire, tout le monde assimile un petit peu les taux. un ensemble homogène. Je pense qu'il est très hétérogène avec des taux longs qui sont inversés par rapport à la partie courte de la courbe. Donc, on a globalement, schématiquement, un taux court à 3,75 et des taux longs qui sont à 2,50 quand on regarde l'Allemagne. Je pense que la courbe va, au fur et à mesure que la BCE va baisser ses taux, va se rétablir peut-être dans une position plus normale, c'est-à-dire ascendante. Et ça, ça va un petit peu gêner les taux longs. Je ne vois pas forcément de potentiel de baisse sur les taux longs. On a quand même toujours... toujours de l'inflation toujours importante, toujours autour de 2,50, 2,60. Une croissance qui est, on va dire, autour de 0,50, donc des taux longs à 2,50. Je trouve qu'il n'y a rien d'anormal là-dessus.
Ok, je voudrais maintenant qu'on passe à l'allocation d'actifs. L'allocation d'actifs qui progresse sur le mois de 1,1%, c'est exactement comme le mois dernier. D'ailleurs, la hausse, la performance s'est faite ces deux derniers mois. Quels sont les contributeurs à la performance en ce mois de juin ?
Si je vous parle de la technologie, je pense que vous ne serez pas surpris. On avait switché depuis deux mois sur un fonds pur techno qui a fait 10% sur le mois de juin, donc qui a contribué à plus de la moitié ou à peu près à la moitié de la performance de notre profil. On avait aussi de l'émergent qui n'a pas trop mal marché. Et puis le détracteur, c'est comme je vous le disais, légèrement les small caps. Donc on est en train de se poser des questions pour le prochain semestre, de savoir quels sont les mouvements à faire.
Alors justement, les mouvements à faire, vous allez faire plaisir à quelques investisseurs et à quelques conseillers qui aiment bien que ça bouge et qui ne veulent pas se limiter à faire du suivi. Ça va bouger pas mal. Qu'est-ce qui sort de l'allocation d'actifs ? Quels sont les fonds ou les classes d'actifs qui vont disparaître désormais ?
Alors vous l'avez compris dans mon discours précédent, effectivement les small caps, je pense que c'est un peu trop prématuré d'attendre un rebond important. Donc on s'y était mis tactiquement, on a eu un petit rebond, donc on l'a pris et on est content de l'avoir pris. Mais maintenant, je pense que les prochains mois, et notamment avec toutes les incertitudes sur la France, ce n'est pas forcément une période favorable pour les small caps, donc on sort les small caps. Quoi d'autre ? Le second segment... qu'on sort et qui est quand même relativement majeur, parce que c'est une position qu'on a depuis relativement pas mal de mois et on se posait la question de savoir s'il fallait la garder ou pas, c'est l'immobilier. Et je pense que l'immobilier, on est un peu pris par la même problématique que les small caps, c'est-à-dire qu'on sait qu'à un moment, ça va rebondir, mais je ne suis pas forcément sûre que le timing soit le plus, on va dire, intéressant maintenant et que peut-être que c'est un dossier qu'on réouvrira en 2025. Or, toujours pareil, dans l'allocation, quand vous voulez faire rentrer des classes d'actifs, Il faut bien faire des arbitrages sortants. Et donc, comme on avait peut-être quelque chose de plus attractif à notre sens que l'immobilier, c'est pour la raison pour laquelle on supprime tout l'immobilier. Donc, on bouge pratiquement 15% du portefeuille à partir de ce début du mois de juillet.
Ok, 5% sur les small caps en moins, 10% en moins sur l'immobilier. On rentre quoi ? Que met-on à la place des small caps ?
Alors, les small caps, on... On cherche toujours pareil, l'internationalisation de nos positions, on sort de l'Europe. Donc on est allé chercher un fonds qui est plutôt un fonds mix, diversifié, c'est-à-dire qu'on réduit potentiellement un tout petit peu la position action, puisque ce n'est pas un fonds pure action, donc on ne switche pas 100% action contre 100% d'action d'une autre zone géographique. Le fonds c'est Arcovalor, qui effectivement est un mix entre des actions et des obligations. Il a une vision internationale qui nous intéresse. un peu moins d'exposition sur les marchés actions pour, on va dire, accompagner cet été qui peut être un peu plus difficile.
Ok, que mettons à la place des 10% que l'on avait sur l'immobilier, qui avait quand même une caractéristique, c'était d'être plutôt stable officiellement. Alors certes, on a vu la crise, mais à la base, tout le monde pensait que l'immobilier était stable et d'offrir du rendement.
Alors on cherche justement, c'est exactement la même thématique que l'on va rechercher, c'est-à-dire qu'on cherche du rendement, on abandonne un petit peu de liquidité pour un excès de rendement, et pour moi le mieux placé actuellement c'est la dette privée. Donc ce sont des solutions qui sont un peu similaires à ce qu'on appelle le private equity, c'est-à-dire ce sont des obligations qui sont émises par des sociétés non cotées, dans des fonds qui jusqu'à maintenant n'étaient pas du tout accessibles dans l'assurance vie. On apporte une solution actuellement qui nous paraît très attractive, qui est géré par une société très spécialiste de cela qui s'appelle Abza, et effectivement qui va nous proposer un produit qui a un rendement de, on va dire entre 3 et 4 en brut de frais au-dessus de le rebord. Le rebord, c'est 3,75. Donc vous voyez, on a un rendement, un potentiel de rendement qui est supérieur à 7 Dans cet environnement-là, c'est ce qu'on recherche, du rendement avec une valorisation qui soit relativement… stable, donc cette résilience de la performance, on va la retrouver là et avec un rendement qui est quand même supérieur à celui qu'on peut exporter sur l'immobilier tout au monde à l'accrochement.
Question Nadine, est-ce qu'en faisant ce choix on se bloque pour les années à venir, puisque c'est du non-coté ou est-ce que si demain on trouve de meilleures opportunités, on pourra arbitrer ?
Non, la beauté de ce produit-là, c'est que comme un petit peu la solution de Travail & Equity qu'on avait apporté, c'est qu'on a une liquidité qui est bimensuelle. Donc, on peut très bien imaginer que, comme vous le disiez très justement, si on trouve une autre opportunité avec un peu plus de rendement ou un peu plus d'intérêt, on n'hésitera pas à le switcher. On n'est pas là pour… Alors, bien sûr, ce sont des rendements qui sont à regarder sur des périodes de 4-5 ans. Je ne veux pas vous dire qu'on n'est là que pour 6 mois. Mais fondamentalement, on a la possibilité d'en sortir si on pense qu'on trouve des… opportunités plus importantes dans les prochains mois.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Nadine, on vous retrouve au mois de septembre en plateau. Tout de suite, une femme dans l'actu. La femme dans l'actu a été juriste de banque, conseiller à la Cour de cassation, membre de la commission des sanctions de l'autorité des marchés financiers, membre du tribunal international administratif de la Banque mondiale. Elle est depuis 2011 médiateur de l'autorité des marchés financiers. Marielle Cohen-Branche est avec nous à l'occasion de la présentation de son rapport annuel 2023. A priori, Marielle, votre dernier rapport, puisque vous devez normalement prochainement quitter vos fonctions. Marielle, comme cette émission est très largement suivie par des conseillers en investissement financier, je voudrais, si vous le voulez bien, revenir sur votre rapport, non pas de 2023, mais de 2022, où un encadré m'avait interpellé. Il était intitulé... Le refus d'entrer en médiation par les CIF, une occasion manquée. Où était le problème ?
On s'est posé la question, puisque en général, les refus d'entrer en médiation, qui est un droit au cas par cas, dans la médiation de la consommation, mais ne dépasse pas 3 ou 4 et peut se comprendre. Un professionnel vous disant, celui-là, jamais, il est de mauvaise foi. Mais quand ça devient plus systématique, alors on se demande, pourquoi rater une telle occasion ? puisque je vous rappelle que la médiation de la consommation offre, en tant que moi, médiateur public, une occasion confidentielle pour le professionnel, gratuite, d'essayer de résoudre à l'amiable, effectivement, son litige. C'est-à-dire sans avoir besoin d'aller devant les tribunaux, puisque là c'est payant, il y a un aléa, et en plus il a des frais d'avocat. Donc on s'est posé la question.
Alors vous avez mené l'enquête et ça a donné quoi ?
Alors, des hypothèses. La première hypothèse, c'était au fond, est-ce que c'est lié à l'association à laquelle ils sont affiliés ? La réponse est non. Deuxième hypothèse, est-ce que c'est lié au produit un peu moche ? La réponse a été sans doute oui. On va retrouver des produits de part de sociétés qui sont en liquidation judiciaire. Donc ça, ça a été déjà le point commun. Et puis aussi le fait que je me suis posé, je suis très libre dans mes propos. Est-ce que ce n'est pas un peu de cynisme ? Parce que finalement, une fois que la société est en liquidation judiciaire, le préjudice, lui, ne sera définitivement connu, en tous les cas, c'est ce que l'on croyait à l'époque, qu'au bout de 15 ans. Et donc, pourquoi dès maintenant ? ouvrir un dossier, puisque même si on n'a pas été parfait dans l'examen des problèmes, le préjudice sera plus tard.
Question Marielle, les affaires dont vous parlez, j'imagine que vous avez dû voir des dossiers type Maranatha, etc. Quand vous écrivez ça dans votre rapport 2022, comment réagissent ces associations professionnelles ?
Il y en a une qui a pris contact avec nous et qui a souhaité, parce que c'est aussi sa responsabilité précisément, d'aller voir et de contrôler ces... une partie des 7000 CIF qui existent en France, et qui nous a dit on veut comprendre avec vous Alors, on a commencé à observer que c'était peut-être, alors je ne vais parler qu'avec des conditionnels, les assureurs qui étaient au fond peu enclins, et puis derrière les assureurs, il y avait peut-être les avocats des assureurs. En tous les cas, cette prise de conscience a permis de diminuer en 2023 ce pourcentage. Il reste tout de même encore à améliorer la prise de conscience de l'intérêt concessif d'aller. Nous, nous sommes des experts. Les magistrats sont souvent des généralistes. Et donc on peut effectivement, on va dire, mieux équilibrer ce qui peut, au fond, être dû à un aléa des marchés ou être dû à des dysfonctionnements. Et donc, de ce point de vue-là... Nous avons, et j'en suis heureuse, vu diminuer le nombre des refus. Mais il reste encore un progrès, puisqu'au fond, il y a encore 25% des cas où on a un refus. Et puis, je voudrais aussi attirer leur attention. Quand vous refusez d'entrer en médiation, la confidentialité n'a pas commencé à jouer. Donc, le refus est un droit, mais je vais transmettre ce dossier au service d'enquête. Ok,
je voudrais qu'on rentre, puisqu'on voit les affaires, je citais tout à l'heure Maranatha, mais il y en a d'autres, et d'ailleurs, elles sont mentionnées dans votre rapport 2022, sur le sujet du préjudice. Parce que, dans la pareille situation, comment vous faites pour rentrer en médiation ? C'est vrai que, quand on a une société qui est en dépôt de bilan, on ne connaît pas le préjudice immédiatement.
Alors, c'est ce que l'on pensait depuis très longtemps. C'est-à-dire que le préjudice n'était ni actuel ni certain, parce qu'il fallait attendre la fin de la liquidation judiciaire qui intervient souvent au bout de 15 ans. Mais ça commence à changer. Beaucoup de liquidateurs judiciaires vont entrer en contact effectivement avec les créanciers pour leur donner des informations, pour dire ça y est, j'ai examiné le dossier, et quelques fois au bout de 2 ou 3 ans seulement, vont pouvoir dire... vous, créanciers, vous ne toucherez que 5 à 10 Et on voit apparaître, et ça, il faut que les cifres le sachent, des cas où, effectivement, des tribunaux de première instance, et on sera attentifs à ce que disent les cours d'appel maintenant, vous disent, donc, je condamne dès maintenant à payer une somme donnée qui correspond à 80 ou 50 du préjudice, parce que nous sommes sûrs qu'au moins ce pourcentage-là ne sera pas, effectivement, remboursé. par la vente des actifs.
En pratique, si on doit résumer, d'un point de vue pédagogique, comment ça marche la médiation ? J'ai l'obligation d'informer mes clients de l'existence des différents médiateurs. Vous, vous êtes compétente pour quel type de litige ? Et comment se passe une médiation ?
Alors, si je veux faire très court, je suis compétente quand l'AMF est compétente. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut aller un petit peu plus loin. D'une part, nous ne sommes compétents, c'est-à-dire le service de médiation, mais tu as entendu que moi, je ne suis pas... du tout une salariée de l'AMF, je suis indépendante, je suis nommée par le président pour des mandats, et vous l'avez rappelé maintenant, près de plus de 12 ans, mais si effectivement un consommateur, quel qu'il soit, on va dire, le domaine marchand, mais pour tous les domaines marchands, c'est un droit qui a été conféré par une directive européenne qui a organisé la mission des médiateurs. Et donc, il faut déjà rester en amiable. Il faut avoir ensuite... Effectivement, tenter, et c'est normal, une réclamation écrite préalable. auprès de son professionnel. Et si ça relève de la compétence de l'AMF, c'est-à-dire les placements financiers. Et la grande difficulté qu'il y a, c'est que les gens, et je les comprends, confondent, n'ont pas une claire conscience, et je les comprends beaucoup, entre ce qui relève du bancaire et ce qui relève de l'assurance et ce qui relève des placements financiers, parce que souvent, c'est fait par les mêmes conseillers. dans les mêmes établissements. Donc, ce travail-là de la recevabilité. Et puis ensuite, si c'est bien dans mon secteur, j'ai une équipe de six juristes talentueux qui vont examiner effectivement, au regard de la responsabilité des civils, s'il y a une faute, oui ou non, et s'il y a un préjudice, oui ou non, qui est causé par cet éventuel dysfonctionnement. Et dans un cas sur deux, je fais une proposition. Et je suis suivie en moyenne à 95%. Et donc, ça reste gratuit. Disons-le, l'AMF ne connaît pas le nom des professionnels qui entrent en médiation avec moi.
Je voudrais qu'on regarde deux petites secondes votre rapport 2023. Lorsque je regarde dans le détail, je vois que dans les litiges les plus importants, il y a le PEA. Mais ça, c'est quelque chose que vous aviez fait noter de longue date. Dans les tendances nouvelles, je vois l'immobilier et les cryptos. Vous pouvez m'en dire plus ?
Voilà. Alors, vous avez raison, s'il y avait une conclusion à retenir, c'est qu'on a un tassement des thématiques classiques, et vous avez cité, mais ça reste tout de même mon premier secteur de litige, le PEA, puis l'épargne salariale et les ordres de bourse, bien naturellement, mais la conjoncture, et peut-être aussi les questions technologiques, ont conduit à une double conséquence, c'est-à-dire deux secteurs nouveaux pour lesquels j'ai enregistré un doublement. Un doublement des demandes, c'est d'une part la pierre-papier, à cause de la conjoncture immobilière, c'est-à-dire les SCPI et le crowdfunding immobilier, et puis d'autre part, les litiges liés aux crypto-actifs, qui ont également doublé globalement, même si les dossiers recevables, eux, ont stagné. Alors si on revient effectivement à la pierre-papier, j'ai envie de dire, les gens ont cru investir directement dans l'immobilier, mais ils ont investi. Merci. dans un placement financier.
Est-ce que vous avez noté des problématiques de commercialisation sur la pierre-papier dans les litiges que vous avez vus ? Ou est-ce que c'est des choses de nature différente ?
On va dire que la plupart du temps, aujourd'hui, pour les SCPI, je ne dirais pas la même chose pour les crypto-actifs, pour les SCPI, l'essentiel, ce n'est pas la commercialisation. Parce que ce sont des produits long terme, ils ont investi il y a très longtemps, et donc ils ne se souviennent plus. effectivement, ou c'est trop tard, la façon dont ça a été commercialisé, d'autant plus qu'ils l'ont peut-être reçu par héritage. Donc pour l'essentiel, les litiges que je reçois tournent autour de pourquoi je n'arrive pas à vendre mes parts de SCPI, de peur que la baisse s'aggrave, et au fond, pourquoi ça prend si longtemps ? Et pourquoi, si je dois résumer, problème de décote ? de la vente, du prix de la part et problème de délai. Et là, on va surtout faire de la pédagogie. Et c'est vrai que peut-être que ça a été mal commercialisé, mais il faut aussi savoir que moi, je raisonne, comme le ferait un juge, ce que j'ai été, au regard de la charge de la preuve. Si on ne me donne pas les documents commerciaux...
à partir desquels on leur a dit pas de problème, allez-y, moi je ne peux pas. Si j'avais effectivement, si en revanche on me donne un document commercial et que je vois que le document est déséquilibré, alors là je peux venir faire un reproche aux professionnels.
Je voudrais me mettre du côté maintenant du côté de l'épargnant. On a commencé notre échange du côté professionnel. Certains dépargnants reprochent la médiation, le fait que finalement, on ne traite que des cas ponctuels par la confidentialité que vous avez évoquée tout à l'heure et que vous ne travaillez que pour des cas spécifiques et pas pour l'intérêt général. Est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent ça ?
Alors, d'abord, la mission, c'est d'abord de résoudre un cas individuel. Je suis d'abord là pour ça. Mais quand je vois que c'est répétitif ou au contraire, et... que c'est peut-être pas si répétitif, mais on peut en tirer des leçons générales. J'ai pris l'initiative, à titre tout à fait personnel, depuis exactement dix ans, de dire avec mon équipe, tiens, ben voilà, ça, ça pourrait aider soit les professionnels, piqueur de rappel, soit les consommateurs, pour éviter de venir, au fond, me demander ma proposition. Et j'ai publié depuis, sur le site de l'AMF, ce qu'on appelle le dossier du mois, et je peux vous dire que les grands établissements, m'ont dit qu'ils le prenaient dans leur doctrine, que les associations de consommateurs m'ont dit on n'a pas besoin de vous déranger et ça a contribué à la connaissance, peut-être aussi un peu à l'aura de cette médiation publique, puisque je rappelle que je suis un médiateur public, c'est-à-dire gratuit, non seulement pour le consommateur, mais aussi pour le professionnel. Mais ça ne suffit pas, je suis aussi un peu un lanceur d'alerte. Et je crois que vous y avez, vous-même, à titre personnel, utilement contribué, Jean-François. Parce que quand vraiment ça devient répétitif, comme pour le PA, comme pour le problème des fonds de cuve, où le délai était au fond trop long et anormalement long, j'alerte le collège de l'AMF qui est l'instance dirigeante. Et à ce moment-là, dans ces deux cas, par exemple, ces dernières années, il a été décidé par le collège de l'AMF. de bâtir ce qu'on appelle un groupe de travail qui est assez solennel, on retrouve les directeurs généraux des banques, pour essayer d'améliorer. Ça dure des mois, mais j'invite ceux qui s'intéressent à ces questions et de voir comment on peut améliorer des processus qui sont complexes, pointus, problème par problème. Donc vous voyez au-delà de ces cas particuliers. Mais je ne suis pas effectivement, quelques fois on me dit, mais est-ce que vous pratiquez l'action de groupe ? Non ! Parce que l'action de groupe, elle vise aussi à punir. Et moi, je ne punis pas.
Un mot pour conclure, l'épargne salariale.
Ah, alors ça, c'est mon sujet chouchou. D'abord parce que je m'aperçois que j'ai l'impression qu'à part moi, personne ne s'y intéresse. Alors que c'est 12 millions de salariés, alors que c'est 180 milliards. C'est extrêmement touffu. L'essentiel des problèmes, c'est les gens qui ont effectivement choisi de différer les sommes auxquelles ils avaient le droit de par la loi. en ayant un avantage fiscal, mais ils ont aussi le droit de le débloquer par anticipation. Et là, je peux vous dire que c'est très compliqué. Et donc, si on a pu même aller favoriser des changements dans la loi, j'en suis très heureuse.
Marie-Alcone Branche, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, le journal décalé de Georges Delataille. Pour la française,
concepteur de solutions d'investissement, alliant performance et durabilité, présente le journal Décalé. Commençons ce journal décalé par une question. Quels sont les placements préférés des Français ? La hausse des taux d'intérêt, les crises géopolitiques, les élections, les réformes n'ont eu aucun impact. Le livret A reste comme toujours indétrônable, suivi loin derrière par l'assurance-vie et par le PEA. On constate quand même une nouvelle tendance depuis le Covid. Les Français font de plus en plus d'épargne de précaution, c'est-à-dire une épargne qui soit facilement utilisable, donc principalement du livret A et du LDDS.... Ça se voit dans les chiffres de collecte de ces produits, même s'ils sont aussi tirés par leur taux très attractif grâce à l'inflation qui a rendu les rémunérations beaucoup plus attractives. Il ne faut pas oublier aussi depuis 1er juillet l'arrivée d'un petit nouveau, Jean-François, le PEAC ou le plan d'épargne avenir climat qui a été lancé par Bruno Le Maire. Il fonctionne tellement bien que nous sommes le 2 ou 3 juillet, 2 juillet ça commence bien, et aucune banque ne le propose. Cette tendance elle pourrait au moins relancer. un débat. Est-ce que les sociétés qui proposent des produits au CGP vont leur proposer de distribuer un livret ?
Alors, vous dites relancer un débat. Dans votre texte, vous aviez écrit un vieux débat. J'ai été censé réagir sur le mot vieux pour me poser la question si finalement, vous n'êtes pas un peu vieux, mon cher Georges. Alors non, mais pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'en fait, j'entends tout votre discours, mais dans les placements qui ont quand même absolument la forme, il y a un truc dont on ne parle quasiment jamais, c'est quand même les cryptos, qu'aujourd'hui, il y a plus de détenteurs de cryptos dans notre pays que de détenteurs d'actions. Et il faudra peut-être un beau jour qu'on en parle, parce que c'est un placement qui a aujourd'hui une réelle dynamique.
Je vous donne rendez-vous dans un an et on verra, on sera tous les deux encore plus vieux. Et en parlant de vieux, je vais vous parler d'un produit, d'un pacte qui a 20 ans, le pacte d'Utreil. On pourrait donc penser au bout de 20 ans qu'il est totalement stabilisé, que tout est très clair. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Si on prend la loi de finances, le BOFID, la Cour de cassation, le Conseil d'État, ils ont tous des lectures différentes, ils ne regardent pas dans la même direction. Il est donc obligatoire de regarder en détail tous les faisceaux d'indices de la jurisprudence. Qu'est-ce qu'on a comme cas pas clair ? Je vais vous en citer quelques-uns. 1. Le type de sociétés qui sont concernées par ce pacte. Les sociétés civiles sont normalement exclues, on le sait bien, et pourtant certains ont réussi à trouver un petit trou de souris pour les faire accepter. La notion de holding animatrice est aussi pas bien claire. Qu'est-ce que c'est qu'une holding animatrice ? Quelle durée ? Quel type d'animation ? La possibilité de faire un pacte au moment de la donation, toujours pas claire à quel moment le pacte doit être fait. Et de même le respect de l'engagement de détention. Je ne peux donc vous donner qu'un conseil, bien faire appel à un expert pour vous faire accompagner pour la mise en place d'un pacte du travail.
Ok, cela dit, 20 ans en termes de stabilité, de règles, etc. On est quand même très largement soumis à ce qui va se passer d'un point de vue politique et on va suivre ça avec, attention, on en parlera d'ailleurs tout à l'heure, avec nos invités sur l'impact sur les marchés.
Je vais vous parler d'un autre sujet politique, mais c'est un sujet politique européen et de la RIS. On en a tellement parlé que je serais même incapable de vous dire combien de fois. Et on a aussi parlé le mois dernier d'un sujet qui est très clair, une demande entre autres de la planète CSA, c'est de faire... Une pause sur la réglementation. Mais quand on regarde les dernières déclarations, et entre autres celles de Patrick Montagnier, qui était secrétaire général adjoint de la CPR, et qui vient d'être nommé représentant de la Banque Centrale Européenne au Conseil de Surveillance Prudentielle, il dit que la RIS qui a été votée ne sera qu'une étape, que ce n'est pas terminé et que le texte va encore évoluer. La question est... Évolution, ok, mais dans quel sens ? Bien malin qui saura, surtout quand on vient de voir les dernières élections européennes, avec les différentes forces ou différents équilibres qui sont en train de changer en Europe.
D'autres informations justement concernant l'Europe ?
Oui, on va rester en Europe, pas du tout sur la réglementation, mais sur les attentes des CGP en termes de sociétés de gestion. Une étude du Fundamental Group nous donne de nombreuses informations et il faut vraiment être super agile pour plaire à tous. Pourquoi ? Parce que les Allemands, qu'est-ce qu'ils cherchent ? Eux, ils veulent des gestionnaires qui sont en train de se faire enlever les choses. qualitatif, la fameuse qualité allemande des gestionnaires analytiques qui offrent une large éventail de produits alors que les anglais, eux, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils ne veulent qu'un track record. Ils ne croient que sur le passé. En Espagne, on cherche en contraire des partenaires avenants. Avant tout, c'est le contact humain qui compte. Alors qu'en France, on cherche le côté créatif et en France, on est chauvin. Donc, le côté local. En Italie, encore autre point de vue, on cherche des partenaires mondiaux avec la gamme la plus large possible. Bref, l'Europe devient unifiée sur la réglementation, mais pas spécialement sur les attentes.
Vous avez tout à fait compris pourquoi la construction européenne se fait très difficilement.
Mais Jean-François, vous m'étonnez un peu parce qu'en général, vous me faites des retours très longs à toutes mes remarques. Et là, franchement, vous êtes super court. Donc, je vois deux options. Soit ce que je dis vous embête. soit vous êtes super pressé de partir en vacances.
Je ne suis pas au repos de vacances, mais un, tous les mots sur lesquels je voulais rebondir, vous ne me les avez pas dit, même si c'était dans votre texte. Et puis deux, on va être très honnête, je garde quelques forces pour une émission spéciale qu'on fera demain et où on refera le match, on donnera la parole aux journalistes et on parlera de l'actualité de l'épargne avec Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire. Je ne sais pas combien de temps on y passera demain. Mais en tout cas, une fois cette émission terminée, on va aller se reposer un tout petit peu. Et pour être en forme demain, tout de suite, on attaque notre débat. C'est le G3 Bourse. G3 Bourse, donc où l'on va s'interroger aux perspectives des marchés pour le second semestre 2024. Alors petit changement de plateau pour de sombres histoires d'agenda. Il est en tout cas toujours fidèle avec nous, c'est Frédéric Leroux, responsable de l'équipe Cross Asset Management de Carmignac Gestion. Avec nous également pour le Crédit Mutuel Asset Management, il est stratégiste. du Crédit Mutuel Asset Management, c'est François Rimeux qui est avec nous aujourd'hui en lieu et place de Jean-Louis Dehé. Et du côté Ofi Invest AM, c'est le co-directeur de la gestion collective Geoffroy Lenoir qui est avec nous. On va, si vous le voulez bien, messieurs, commencer par un petit exercice de présentation, puisque pour vous c'est une première dans ce G3 Bourse. François, vous me dites quelques mots de votre parcours ?
J'ai géré des portefeuilles pendant une vingtaine d'années, obligataire, multi-asset, total return. Et puis de plus en plus, je suis allé vers la stratégie, donc je me retrouve à ce poste de stratégiste-là qui me va très bien.
Un peu le même parcours, en commençant par le monétaire, l'obligataire, du multi-actif, et puis maintenant vers un poste de management des équipes de gestion d'Offi Invest.
Frédéric, je ne vous pose pas la question de vous présenter, parce qu'on vous retrouve dans toutes nos émissions. Une petite question quand même, ça fait combien de temps que vous êtes chez Carmignac Gestion ?
28 ans. 28.
Et avec un rôle non négligeable dans une année qui avait été importante chez Carmignac, c'était 2008 ?
Ah, à l'époque de la gestion active triomphante, on a triomphé. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve un petit peu les ferments de ce genre de marché. Et donc, on espère bien en profiter dans les années qui viennent.
On va commencer, si vous le voulez bien, par un petit chapitre politique, parce qu'il se passe plein de choses. France, États-Unis, Royaume-Uni. On va commencer avec vous, Frédéric. On se posait des questions sur les élections européennes. A priori, le résultat, c'est qu'il n'y a pas de grand changement ?
Non, on a vu sur un certain nombre de pays une droitisation du vote, mais pas d'effet, en tout cas pour l'instant, sur la structuration de l'Europe. Toujours les mêmes personnes aux mêmes places. Est-ce que ce sera de nature à changer à la faveur de l'élection française, notamment peut-être allemande dans quelques mois ? On verra. Mais en tout cas, pour l'instant, effectivement, pas de changement au niveau de l'Europe elle-même, oui.
On regarde tout de suite ce qui s'est passé sur l'élection française. On va être honnête, on a tous les résultats du premier tour. Vu l'heure actuelle, on n'a pas encore épluché tous les dépôts de candidature en préfecture, puisque c'est terminé il y a de cela quelques minutes, c'était à 18h. Donc on n'a pas exactement tous les détails de triangulaire, etc. François Rimeux, quelle est votre lecture de ces élections ? Et... Quel est pour vous le risque majeur d'un point de vue électoral pour les marchés ?
Le risque, c'est qu'on ait un Parlement dans lequel on ne puisse pas déceler une majorité claire, qu'on ait un scénario finalement qu'on n'a pas connu sur la Ve République, une difficulté à former un gouvernement. Et ça, c'est de l'incertitude. Donc, c'est une période un peu inconnue quand même pour la politique française. Et donc, ça maintient une prime de risque un peu longue, un peu lente. Le risque à moyen terme, le vrai risque, c'est une confrontation avec l'Europe. Je suis heureux. X sujets de la part du Rassemblement National parce que la partie à gauche, aujourd'hui, a priori, ne peut plus avoir la majorité absolue. Donc, on a un risque de confrontation là-dessus. C'est un risque à moyen terme. Mais bon, ce risque-là, aujourd'hui, il est encore très théorique pour les marchés. Donc, on ne va pas aller le presser demain.
Geoffroy, quel est votre sentiment sur le sujet ? François évoque le risque d'une absence de majorité. Moi, ça me fait penser à nos amis belges qui ont quand même vécu... des mois et des mois avec un gouvernement technique. Est-ce que finalement, c'est peut-être pas dans notre culture, mais est-ce que finalement, c'est pas si mal que ça ? Vous, vous en pensez quoi des risques sur cette élection présidentielle ?
On l'a vu avec l'ouverture des marchés hier, lundi, avec notamment des marchés qui se sont un petit peu repris. On voit le CAC 40 qui avait rebondi en séance et des marges sur les taux allemands contre taux français à 10 ans qui se sont un peu resserrées. Donc en fait, les résultats du premier tour, encore une fois, on ne va pas trop s'avancer sur le deuxième, mais les résultats du premier tour ont un peu diminué, on va dire, les risques d'avoir une majorité absolue, que ce soit par le nouveau Front populaire ou par le Rassemblement national. Et c'est vrai que ces deux risques étaient un petit peu, on va dire, pricés par le marché, ce qui fait que les spreads reviennent un petit peu, que le CAC revient un petit peu. Et qu'on revienne sur ce scénario un peu plus mou, on va dire, où on a plutôt un scénario où il n'y a pas vraiment de majorité absolue, ou alors avec des alliances ou des coalitions, et qu'on a plutôt ce scénario où on peut peut-être avoir une formation d'une coalition, mais qui risque de prendre du temps. C'est vrai que là, on risque de se retrouver dans une situation assez compliquée. En France, pendant quelques temps, on va voir les résultats du deuxième tour. Mais c'est vrai que ce qui va être important pour les marchés, c'est de scruter. Et qu'est-ce que... sera en mesure d'effectuer ce gouvernement. Quel va être le budget 2025 ? Parce que c'est ça aussi, il faut regarder concrètement qu'est-ce que ça va donner en termes de loi des finances. Et c'est ça qui va anticiper le marché. Et notamment, derrière, on a vu les risques sur la notation de la France. Est-ce qu'il ne va pas y avoir une dégradation de la note française d'ici la fin de l'année ? C'est des choses à suivre pour les marchés financiers.
Je me suis autogrondé tout à l'heure dans le lancement de cette émission puisque le mois dernier, je ne l'avais pas évoqué. l'hypothèse de la dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes. Donc, je vais poser les scénarios extrêmes. Est-ce que Frédéric Leroux, le vrai risque pour le marché français, ce n'est pas l'élection législative, ce serait que, dans un éclair de génie politique, le président de la République démissionne ?
Si, ce serait un petit peu la continuité de ce qui était exprimé par François, à savoir... Une cohabitation avec un Premier ministre qui n'est pas le représentant d'une majorité claire. On ne connaît pas. Si ça conduit à une situation complètement ingérable, il est probable que le Président décide de cela, donc d'une démission. Compte tenu de la façon dont il a suivi les résultats de l'élection européenne, on peut considérer que c'est une possibilité. Et on a cru comprendre, lorsque les marchés ont cru que cette démission arriverait dans la foulée de l'élection législative, On a cru comprendre que c'était la crainte des marchés, puisque c'est là qu'ils ont le plus stressé apparemment. Je ne pense pas que ce soit un base case, comme on dit, un cas de base, mais c'est une possibilité à regarder forcément.
On a tous entendu, quand on a écouté les experts ces derniers jours, de voir les différents scénarios qui existaient. Le scénario à la Lys Truss, le scénario à la Georgia Meloni. Le fait de parler de Lys Truss m'amène à venir vers vous, François Rimeux, pour vous poser une question. Il y a prochainement des élections au Royaume-Uni. Est-ce qu'il faut s'inquiéter des résultats ?
Normalement non. Normalement, tous les sondages sont dans le même sens. La victoire des travailleurs, de manière assez facile, assez nette. Et normalement, un budget qui sera à peu près normal, donc pas trop dépensier. Et on voit bien que le syndrome de distresse est encore très présent dans le monde politique anglais. Donc normalement, pas vraiment d'impact. Et donc pas d'impact non plus sur la BOE et sur le marché des taux courants anglais.
Geoffroy Lenoir, je viens maintenant vers vous et on va traverser, si vous le voulez bien, l'Atlantique pour parler de l'élection américaine. L'autre jour, quand on a échangé pour préparer cette émission, vous m'avez dit, je vais regarder avec intérêt le débat, le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden. Vous n'avez pas été déçu ?
Non, ce n'est pas ce qu'on disait l'autre fois. C'est vrai que c'était un débat assez attendu puisque c'est vrai que... le premier à la course à la présidence avec l'élection qui aura lieu au mois de novembre. Et c'est vrai qu'on pouvait avoir quelques inquiétudes sur la qualité du débat et sur le fait que Joe Biden soit vraiment en position de vraiment être crédible vis-à-vis d'un Donald Trump qui est toujours très aguerri sur ce type d'exercice. On l'a constaté, et c'est vrai que Joe Biden n'a pas forcément réussi le test. On a vu que depuis ce débat, les intentions de vote dans les sondages ont beaucoup évolué en faveur de Donald Trump, à tel point que certaines personnes imaginent que Joe Biden pourrait laisser sa place à quelqu'un d'autre, à un autre candidat.
Ça vous paraît crédible ? Ça vous paraît de nature à inquiéter ou à rassurer les marchés ?
Ce qui est plutôt intéressant, c'est que Donald Trump et Joe Biden sont bien connus des marchés, ils ont tous les deux exercé la présidence. Donc en fait, il n'y a pas tellement d'inconnus total. On sait ce que donnerait un Donald Trump à la présidence, même s'il changera, il ne fera pas la même chose que ce qu'il a fait. Et Joe Biden, c'est vrai que l'inquiétude aujourd'hui, c'est vrai qu'est-ce qu'il est en capacité d'avoir un nouveau mandat de 4 ans. Donc voilà, mais il serait dans une continuité. Non, ça n'inquiète pas plus que ça les marchés. Ce qui est sûr, c'est que Donald Trump qui revient en force, on va dire dans les sondages, ça remet plus de poids sur un scénario un peu plus protectionniste côté américain. Et ça rebat un petit peu les cartes au niveau des trois grosses zones géographiques mondiales.
François Rimeux, votre sentiment sur l'élection américaine ? Qu'est-ce qui vaut mieux pour les marchés ?
Je pense qu'en fait, ça ne change pas grand-chose, dans le sens où les marchés se mettent à presser Trump, de manière de plus en plus probable, et que Biden se maintienne pour perdre ou soit remplacé par quelqu'un, soit d'inconnu, soit comme Kamala Harris, dont finalement personne ne veut dans le Parti démocrate. Ça fait la même chose, Trump gagnera à la fin. Donc, in fine, la question qui compte, c'est quelle probabilité on met sur l'élection de Trump. Et aujourd'hui, elle semble quand même assez élevée. Il est en tête partout, les swing states, etc. Et l'impact que ça a derrière sur les parties longues de courbe, les primes de terme, où est-ce qu'on met les primes d'inflation à long terme, etc. C'est ça qui va compter.
Alors, on va y revenir. Frédéric, je voudrais vous entendre sur le sujet un peu des politiques et des populations. Là, on entend dire la réponse sur les marchés, c'est peu ou prou. C'est-à-dire, à la marge, Geoffroy nous dit, il y aura plus de protectionnisme d'un côté. François nous dit qu'il y aura quelques mouvements, mais ce n'est pas flagrant. Est-ce que finalement, il n'y a pas quelque part une sorte de similitude dans la relation entre les politiques et les populations ? Je vais prendre une approche historique. Le dernier cycle d'inflation qu'on a connu, c'était à la fin des années 70. Et de ce cycle-là, on en est sorti par Reagan et Thatcher. Est-ce que Reagan et Thatcher peuvent exister aujourd'hui ?
Non. Alors, non, parce qu'en fait, Reagan et Thatcher sont arrivés après 10-15 ans d'inflation. Et les peuples cherchaient de l'efficacité économique pour sortir de ça. Aujourd'hui, admettons qu'on ait une période d'inflation qui ressemble à cette période-là, des années 70. On n'en est qu'au tout début et je ne vois pas beaucoup de peuples qui demandent que les autorités les maltraitent. Je pense qu'au contraire, on est plus dans la demande d'empathie, d'inclusion, d'éthique que de recherche d'efficacité pure. Et donc tant qu'on n'aura pas atteint un niveau de ras-le-bol insupportable lié à l'inflation ou à l'inefficacité économique, on ne demandera pas. On n'élira pas des gens qui seront là pour nous faire souffrir.
Geoffroy Lemoyne, est-ce que ça, pour vous, vous dites qu'il y a un changement important dans ce qu'on appelle le policy mix entre les budgets de l'État, les politiques monétaires, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les États qui ont désormais la main, notamment de par leur politique budgétaire ?
Oui, alors ça, c'est une vaste question parce qu'il faut regarder zone par zone. Et si on regarde les trajectoires budgétaires, c'est vrai qu'elles ne sont pas forcément très bonnes si on regarde la France, si on regarde les États-Unis même. Ça peut être un point d'attention des marchés, justement en fin d'année, avec le nouveau président qui sera élu. Et si on regarde les trajectoires, c'est vrai qu'on a le déficit et la dette des États-Unis, qui sont dans des trajectoires quand même assez inquiétantes. Il faut vraiment faire attention à ça. L'État américain va devoir se refinancer très largement, et si on regarde plus en détail, notamment à travers des émissions très courtes, ce qui n'est pas forcément un signe de solidité. En France, c'est pareil. C'est vrai qu'on a une trajectoire de dette et de déficit. qui n'est pas forcément la meilleure, et en fonction du gouvernement qui sera nommé dans les prochains mois, est-ce qu'il faudra bien regarder, est-ce que ces trajectoires vont diverger encore un peu plus ? Donc c'est vrai que le poids des politiques budgétaires est assez limité aux États-Unis et en Europe, et c'est vrai qu'il faut compter encore une fois sur les politiques monétaires, sur les banques centrales, et la bonne nouvelle, c'est qu'on est plutôt engagé dans un cycle de baisse de taux, on va revenir là-dessus plus tard. On n'est peut-être pas tous d'accord autour de la table, mais c'est vrai qu'on a déjà eu une baisse des taux de la Banque centrale européenne. La logique serait qu'on en ait encore d'autres à suivre. C'est plutôt ce côté politique monétaire qui est encore le plus présent par rapport aux politiques budgétaires.
Alors, vous me répondez ça. François, moi, je veux vous interroger sur les politiques budgétaires et notamment sur l'ampleur des déficits, les montants à financer et le rôle des agences de notation. On a vu que la France a été dégradée par Standard & Poor's, pour ou sans effet sur les spreads, à la différence de ce qui s'est passé au moment de l'élection. Est-ce que, pour vous, l'ampleur de ces déficits est problématique ?
En France, oui, elle est problématique. Et en fonction de ce qui se passera lors des élections et du gouvernement qu'on aura, on aura ou pas une confrontation avec l'Union européenne, potentiellement le FMI à un moment, etc. Ça peut arriver. Donc oui, elle est problématique dans le cas de la France. Le cas américain est évidemment très spécial. Quoi que fassent les arranges de notation sur les États-Unis, ce n'est pas un sujet. Les États-Unis sont par nature l'actif sans risque par défaut. Et ils jouissent une position qui fait qu'ils peuvent s'endetter, s'endetter, s'endetter jusqu'à peut-être une limite à un moment donné, mais ce qu'on ne la connaît pas aujourd'hui. Donc je pense que les situations sont très incomparables. Mais en France, oui, ça peut devenir un sujet, l'endettement, bien sûr.
Ok. On attaque maintenant, Geoffroy, vous me tendez une perche, il y a de cela quelques instants. On attaque aujourd'hui vos anticipations. sur les décisions des banques centrales. On rappelle à date, depuis le début de l'année, la Fed n'a pas bougé et la BCE a baissé une fois au mois de juin. 25 points de base. Je commence avec vous, Frédéric, avec une provoque. Comme vous aimez bien provoquer et que j'aime bien, la dernière fois sur le plateau, quand on avait posé la question des anticipations, des banques centrales et on en voyait beaucoup de baisses des taux durant l'année 2024. Vous aviez répondu à ma question Combien y aura-t-il de baisses de taux ? Vous m'avérez point du tout On en conclut quoi ? Que les banquiers centraux vous ont écoutés et qu'ils se sont calmés ?
Pour l'instant, ils n'ont pas fait trop. C'est le moins qu'on puisse dire. Ce qui est intéressant dans tout ce questionnement qu'on a toujours à l'égard de... que vont faire les banquiers centraux. Je pense que les banquiers centraux sont de moins en moins dans la croyance que ce sont eux qui décident du niveau des taux. Qu'ils comprennent progressivement que c'est l'inflation qui décide. Et ça, ils avaient oublié pendant 15 ans. C'est pour ça que ça prend du temps. Et là, maintenant, à chaque fois qu'on a une déception, on attend des 7 baisses de taux, pour l'instant on en a 0, on en aura peut-être une ou deux, on verra. Pourquoi on en a 0 ? C'est parce que l'inflation a surpris par sa résilience. Et la croissance aussi. L'une amenant l'autre et l'autre l'une. Donc les banquiers centraux, de se dire qu'est-ce qu'ils vont faire, il faut qu'on se pose la question, que va faire l'inflation ? Et là, on répondra mieux à nos questions qu'en posant la question aux banquiers centraux. Donc je pense que dès l'instant où on est quand même toujours engagé dans cette décroissance de l'inflation post-premier pic d'inflation, octobre 2022, on aura un peu de baisse de taux. J'aime bien l'idée des deux baisses de taux supplémentaires en Europe, ce qui ferait trois. Et j'aime bien l'idée d'une ou deux au moins d'ici la fin de l'année pour les États-Unis. Ok. Parce qu'on a des inflations. et que donc, avec un ralentissement qui devient un petit peu plus palpable. Donc ça va rassurer les banquiers centraux.
François Rémy, votre sentiment, est-ce que la BCE peut être faite dépendante beaucoup ?
Elle l'est un peu par nature quand même, même si elle dit l'inverse. Elle veut bien désynchroniser un peu sa politique monétaire, elle l'a fait en juin. Mais est-ce qu'elle sera encore capable de le faire en septembre si la Fed ne bouge pas ? Ce n'est pas certain. Je pense qu'à un moment donné, ça va la gêner. Surtout sachant qu'on est... plutôt en phase où on était, en tout cas avant les élections françaises, dans une phase un peu de reprise économique au sein de la zone euro. Donc, ça lui laissait du temps. Donc, si la Fed ne bouge pas en septembre, je pense que la BCE sera un peu gênée et aura peut-être le luxe d'être un peu patiente.
Ok. Combien vous anticipez de baisse de taux d'ici la fin de l'année sur la Fed et sur la BCE ?
Je pense que ça va dépendre de la Fed, surtout, et ça va dépendre des deux prochains prix de l'inflation. Si on écoute un peu en filigrane ce qu'ils racontent, s'ils ont besoin d'être rassurés sur le chemin de l'inflation, ça veut dire quoi ? c'est à priori trois chiffres d'inflation qui soient compatibles avec leur cible. On en a eu un, le dernier chiffre est très bon, on a deux rapports qui arrivent. Si on a deux bons rapports en ligne, oui, on peut avoir une baisse en septembre de la Fed. Si on a une mauvaise surprise sur l'inflation et un marché de l'emploi qui tient, la Fed va encore gentiment repousser comme elle l'a fait X fois. Pour l'économicien, c'est la raison.
Geoffroy Lemore, vos anticipations et questions subsidiaires. On a vécu une certaine époque où les banquiers centraux étaient... super vigilant à ce qu'on ait une forward guidance, c'est-à-dire qu'on sache ce qui allait se passer dans les mois qui viennent pour qu'il n'y ait pas de surprises sur les marchés. Est-ce que ça, on peut considérer que c'est, en tout cas, ponctuellement totalement oublié ?
Déjà, par rapport aux anticipations de baisse de taux, je rejoins ce qui a été dit, et notamment par rapport à François, sur le rythme de la Fed. Si on regarde ce qui est anticipé dans le marché, c'est à peu près ça. On a une ou deux baisses anticipées en 2024 pour la Banque centrale européenne et à peu près deux baisses pour la réserve fédérale américaine. Aujourd'hui, c'est vrai que l'affairé de guidance, on oublie un petit peu. C'est vrai qu'aujourd'hui, les banquiers centraux, l'ont dit, ils sont data dependent. C'est-à-dire qu'ils vont regarder l'inflation au mois le mois et essayer de tirer le trait à un horizon assez court. On n'a pas une vue très précise sur les niveaux d'inflation à 12, 24 mois. Il faut être très vigilant par rapport à ça. C'est vrai que les banquiers centraux vont ajuster le tir. Maintenant, notre vue chez Offi Invest, c'est une à deux baisses de taux d'ici la fin de l'année pour les deux banques centrales.
Question technique, parce qu'on n'a pas de forward guidance, donc on essaie d'en prouver, on essaie de se rattacher à des choses. L'un des réflexes que l'on a, c'est de regarder les dots, c'est-à-dire après les réunions de la fête, pour voir comment ça évolue, ces points qui nous donnent les indications de manière anonyme des différents membres, votants ou non votants d'ailleurs. C'est un bon outil à regarder ou c'est un truc pour amuser les journalistes ?
C'est un peu pour amuser. La Fed a communiqué avec ce foie en disant... Il y a un moment où le marché se collait quasiment aux dots. La Fed a expliqué qu'arrêter de se coller aux dots, ça ne sert à rien. C'est une collection de votes indépendants. Ça ne veut pas dire ce que c'est ce qui va vers la Fed, etc. Ils ont mis un peu quand même en demeure de ne pas trop leur donner de poids. Ce n'est pas inintéressant dans la dynamique. La dynamique la plus intéressante, à mon sens, aujourd'hui, c'est la dynamique et la hausse sur les doses de long terme. On voit bien que c'est un gros débat. C'est quoi la croissance potentielle de long terme ? Est-ce qu'on est en phase de revoir en hausse le R-Star, etc. ? Et donc, tous ces débats-là, ça tourne aussi autour, justement, de ce risque qu'on met sur les parties longues de courbe, sur la prime inflationniste de long terme, qui aujourd'hui est très faible dans le marché. Donc, ce n'est pas inintéressant quand même à regarder dans ce que ça implique derrière comme problématique pour la Fed à un moment.
Geoffroy Lenoir, je me tourne vers vous. Est-ce que la crise inflationniste est derrière nous ?
Le pic d'inflation qu'on a connu à 10% pour nous, oui. On est sur une trajectoire de désinflation qui est quand même assez solide. On voit qu'on a fait un beau parcours, notamment avec la remontée des taux directeurs côté Etats-Unis et côté Europe. Et on revient sur des niveaux d'inflation qui sont plus soutenables. Donc si on regarde, il reste un bout de chemin à faire, surtout aux Etats-Unis. On voit que les derniers kilomètres sont les plus durs, mais qu'on est toujours sur cette tendance désinflationniste. On garde cette vue de désinflation qui devrait perdurer pour plusieurs raisons. C'est vrai que déjà, on voit qu'il reste encore quelques facteurs spécifiques, un peu idiosyncratiques comme on dit, sur les données d'inflation qu'on vient d'avoir au cours des derniers mois, notamment des effets de base sur les prix de l'assurance, sur les réparations auto. Et ça, ça devrait gentiment, on va dire, faire baisser l'inflation dans les prochains mois. Puis on voit que les tensions sur le marché du travail ont baissé et que notamment aussi... toute la structure de coûts sur les entreprises, finalement, n'est pas forcément si importante que ça. Donc, on a des facteurs qui nous laissent penser que l'inflation aux États-Unis doit gentiment revenir vers la cible des deux. Alors, elle restera peut-être au-dessus, vers les deux et demi, deux et demi trois. Mais on n'est pas dans un scénario où, finalement, il y aura un dérapage côté États-Unis. Et côté Europe, pour nous, on est déjà revenu quasiment à la cible des 2
Frédéric Leroux, je me tourne vers vous, parce que je vous ai régulièrement en plateau. Donc je connais vos théories et je voudrais essayer de démêler deux phrases que vous m'avez dit tout à l'heure. Vous m'avez dit, un, je pense qu'il va y avoir des baisses de taux. Vous m'avez dit, les banques centrales sont désormais dépendantes que de l'inflation. Je pense que l'on est dans un environnement de désinflation, donc les banques centrales vont baisser leur taux, plus ou moins d'ici la fin de l'année. Mais vous m'aviez dit également, le premier pic d'inflation. Où est-ce que vous en êtes sur votre théorie d'une inflation durable ?
Alors, qu'on termine ce premier pic par une partie descendante qui cherche son bas, et que dans les trimestres qui viennent, on verra une deuxième jambe se voir le jour. Alors, sur la compréhension d'une inflation durable, donc au-delà de la conjoncture qu'on a pu connaître jusqu'en 2022, je pense que c'est la prise en compte de grandes tendances structurelles qui permet de comprendre pourquoi on peut avoir une inflation durable, cyclique, pendant encore, on va dire, une bonne décennie. Au-delà de la pure analyse macroéconomique, conjoncturelle, business cycle, ce qui est important, c'est la démographie, qui est de moins en moins épargnante, donc qui permet de moins en moins d'investissement, toutes choses égales par ailleurs, donc moins de productivité. C'est la géopolitique qui se tend, et on a toujours historiquement un lien entre une géopolitique tendue et des tendances inflationnistes. C'est le pool de main-d'oeuvre vraiment peu cher des pays émergents qui est un peu moins disponible qu'il a pu l'être à une certaine époque. C'est la transition énergétique qui... occasionne un coût considérable pour l'énergie et donc rapproche la période actuelle de celle des années 70, où le pétrole était l'un des facteurs majeurs de cette inflation. C'est tout ça qui est à prendre en compte. Et puis la sociologie, on ne veut pas souffrir, je l'ai dit tout à l'heure, donc on va avoir des politiques ou des polisimix monétaires, budgétaires, qui sont plutôt en soutien de l'activité, donc inflationnistes. L'élection américaine qui arrive avec vraisemblablement Trump gagnant, c'est beaucoup d'inflation. par moins d'immigration, donc des salaires plus élevés, des tarifs douaniers massifs qui vont augmenter les prix d'un certain nombre de productions. Et c'est la volonté forte et de plus en plus claire de refaire une supply-side économie, un peu à la façon de Reagan, il y a un certain nombre d'années, qui sera extrêmement inflationniste. On ne va pas s'échapper de cette inflation. Il y a à la fois les tendances structurelles qui sont maintenant vers l'inflation et les aspirations populaires qui y vont.
Comment vous réagissez ? François,
vous ?
Moi, j'aime bien cette théorie. Quand on a des choses de manière empirique et quand on regarde les cycles du passé sur l'inflation, c'est difficile d'avoir des données très longues. On a des papiers de recherche qui existent sur l'économie britannique où des études ont été faites sur les cinq derniers siècles. On arrive à retrouver des indices de prix à différentes périodes. Et on se rend compte que le phénomène de vague inflationniste est un phénomène hyper classique et qui s'explique pour des raisons comportementales, pour des raisons d'effet de base, pour des raisons géopolitiques, etc. Il y a plein de choses derrière qu'on peut mettre. Mais ce phénomène de vague... se répètent dans le temps. Donc, moi, je suis sensible à ça. Effectivement, je pense qu'aujourd'hui, c'est un risque qui est assez largement sous-évalué par le marché, ce risque d'inflation. On voit bien que les soins d'inflation de long terme, aujourd'hui, sont quasiment sur le même niveau de là où ils étaient en 2013-2014 aux États-Unis, quasiment la même chose en zone euro. Donc, on ne voit pas grand-chose là-dessus et on ne voit rien sur les primes de terme, sur les parties longues de courbe. Pour moi, c'est la partie du marché qui soutient tout le reste, en fait.
Est-ce que le problème des anticipations des marchés, ce n'est pas que les marchés ont vraiment une mémoire de que dalle ? Il s'appelle la veille et encore, ce n'est pas sûr.
Sur l'inflation, c'est un peu construit structurellement comme ça. La cible de long terme des banques centrales est à 2 donc le marché va aller coller de l'inflation autour de 2 parce que les banques centrales sont encore vues aujourd'hui comme crédibles pour atteindre leur cible à long terme. C'est comme ça qu'on réfléchit. Maintenant, je suis sensible à tout ce qui a été dit tout à l'heure par Frédéric. Le risque d'inflation existe réellement. D'ailleurs, le deuxième monde, il existe. Et aujourd'hui, il semble être très peu probabilisé par le marché là-dessus. Les banques centrales sont toujours vues comme très crédibles, mais... Est-ce que ça ne mérite pas quand même une petite prime ?
Jean-François,
l'honneur. Après, la question, c'est est-ce qu'on est dans un nouveau régime où l'inflation reste structurellement au-dessus de la cible des 2% ou est-ce qu'on va avoir un deuxième pic ? Et c'est vrai que ce deuxième pic, aujourd'hui, il paraît difficile à voir si on n'a pas un choc vraiment conjoncturel, comme on a pu connaître au cours des dernières années, avec le Covid, avec la guerre en Ukraine. On peut avoir d'autres chocs, on ne peut pas les deviner. Mais aujourd'hui, si on regarde avec les données qu'on a aujourd'hui, c'est vrai qu'on peut avoir une inflation qui reste structurellement un petit peu au-dessus des 2%.
Question justement, Frédéric, je voudrais qu'on parle des bénéfices des entreprises. Parce que quand on regarde ce qui fait le prix, notamment sur les marchés actions, c'est le niveau des taux d'intérêt, mais c'est aussi la performance économique des entreprises. Comment la juger ? Parce que finalement, on s'était dit, l'inflation, ce n'est pas bon pour les entreprises. Et on n'a pas l'impression d'avoir une très forte dégradation des marches. Bien au contraire.
Oui, c'est vrai. Je ne suis pas là pour l'expliquer, je ne sais pas. Ce n'est pas franchement ma partie. Mais c'est clair que tout le monde a été surpris en bien. par les marges des entreprises. On a tous cru que l'inflation allait un petit peu inverser le miracle des 15 années passées où la désinflation, notamment menée par des augmentations salariales très faibles, avait expliqué, au moins a posteriori, la hausse des démarches des entreprises. On pensait que l'inflation allait casser cette dynamique. Ça n'a pas été le cas, en tout cas pas pour l'instant. Ce qui justifie d'ailleurs toujours l'optimisme des marchés, et on en reparlera peut-être après ou peut-être dès maintenant, le fait que ces marchés sont quand même de plus en plus étroits. dans leur hausse, mener, tirer, pousser par quelques valeurs dont le marché continue de penser que la croissance des résultats peut se poursuivre, voire s'amplifier dans les mois qui viennent.
Est-ce qu'il faut s'inquiéter, François, de la situation des techs, notamment des 7 magnifiques qui en ont perdu une en route, qui a arrêté de rouler, qui a roulé à sens inverse ?
Non, on a un phénomène qu'on a déjà connu par le passé, un phénomène de concentration des performances très fort, phénomène de domination de la tech américaine totale sur le marché. C'est en... À ce point-là, je pense qu'on l'a rarement vu, mais on a eu des phénomènes de concentration comme ça dans les années 30. On en a vu évidemment au moment de la bulle tech, etc. Donc, c'est un truc qu'on a déjà connu. Est-ce que c'est, entre guillemets, un signe de bonne santé du marché ? La réponse est historiquement plutôt non. Il y a bien un moment en général où ça explose. Est-ce que ça suffit pour dire que le marché va se retourner demain ? Non plus. Ce phénomène de est-ce qu'on peut la passer à une bulle ? Je n'appellerais pas ça une bulle parce qu'il y a des vrais profits. À Nvidia, il y a des profits gigantesques derrière, etc. Ça change de 2000. On n'est pas dans la même situation, mais il faut quand même se poser la question sur le fait que ces profits exceptionnels qui sont aujourd'hui réels, est-ce qu'ils sont projetables comme ça, de vitamme éternable, avec des marges aussi élevées et une croissance aussi forte ? On peut être songeur, mais c'est très difficile de lutter contre ça et de se remettre en face.
Là, on voit un risque. Je voudrais qu'on essaie, justement, avant qu'on passe aux positions d'allocation d'actifs, de regarder les risques qu'on n'a pas évoqués. Geoffroy, je me tourne vers vous. S'il y a un risque aujourd'hui qui vous semble être un risque à regarder de près, vous me diriez quoi ?
C'est vrai qu'il y en a plusieurs. Les risques géopolitiques, c'est vrai qu'on n'en parle plus forcément beaucoup ces derniers temps. On se concentre sur la politique pure, on va dire, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Royaume-Uni. Mais c'est vrai que la politique et la géopolitique, les deux ensemble, ça peut être... source de risque d'ici la fin de l'année. Donc, il faut vraiment avoir un œil dessus. Et notamment, on en parlait tout à l'heure, c'est vrai qu'une démission de Macron, ce n'est pas notre scénario, pourrait rebattre les cartes, même à l'échelle européenne. OK.
Risques géopolitiques à regarder. Frédéric Leroux, quel est le risque que vous auriez envie de regarder de près ?
Il y a le risque structurel de redémarrage inflationniste avec son impact sur les taux d'intérêt et donc notamment sur toutes ces valorisations hyper tendues des Magnificent Seven et d'un petit peu plus. Ce sont ces valeurs de croissance avec des valorisations très élevées qui souffriront le plus de la hausse des taux, de la même façon que ça s'est passé en 2022 ou dans les années 70. Les entreprises continuent à gagner beaucoup d'argent, mais leur valorisation était tellement élevée que l'effet de la hausse des taux sur la valorisation des profits futurs était plus important que la capacité des entreprises à gagner de l'argent. Et un risque plus conjoncturel qui est celui, je pense, donc d'un retournement de la politique monétaire japonaise. On sait très bien que les taux bas japonais ont nourri la spéculation sur beaucoup d'autres marchés, un gros yen carry trade. Je pense que ce serait un événement de liquidité, en plus de certains autres plus techniques, qui empêcheront probablement les actifs risqués de continuer à bien performer.
Et vous trouvez la Bosch pas bonne en forward guidance ? Parce que j'ai un peu le sentiment qu'ils sont quand même assez vigilants dans leur communication.
Ils sont coincés par l'évolution de l'inflation et aussi ils découvrent que c'est l'inflation qui décide dans les deux sens. Ils sont aussi très coincés avec une politique qui consiste à affaiblir le Yen en espérant que ça aidera un petit peu l'économie, notamment par les exportations. Et en fait, ce n'est pas le cas. Ça augmente une... une inflation qui ne permet pas à la hausse des salaires qu'on a enfin observé au Japon, de donner du pouvoir d'achat aux ménages. Donc c'est une impasse économique, il faut qu'ils reviennent complètement sur leur modèle, qu'ils suivent depuis des années, accepter un Yen fort, des taux plus élevés, et se rendre compte à ce moment-là, je pense, qu'ils ont acquis au fil des années une compétitivité extraordinaire que n'empêchera pas de se matérialiser la hausse du Yen et la hausse des taux.
Ok. François Rimeux, le risque que vous avez envie de monitorer ?
Moi, ce qui m'effraie, ce sont les parties longues de courbe américaines, parce que je pense que c'est elles qui tiennent un peu tout l'équilibre du marché aujourd'hui. Si on voit un spike sur les parties longues de courbe de taux, je pense que tout le monde souffrira. Et donc, qu'est-ce qui peut amener ça et que le marché n'anticipe pas ? Potentiellement, ce sont les matières premières, en général. Les mouvements sur le pétrole sont assez bien corrélés avec les niveaux de taux. Et aujourd'hui, il y a un consensus, ça se moue, disons, que sur le pétrole, il ne va pas se passer grand-chose. Donc, ça rejoint un peu le côté géopolitique. En général, il y a un lien. mais est-ce qu'on pourrait être aussi tranquille que ça sur le marché du pétrole ? Aujourd'hui, on ne voit pas de signe, mais on ne sait jamais, avec un dérapage des parties longues de courbe derrière, qui pourrait être très compliqué à gérer.
Ok, ça fait un peu plus d'une demi-heure qu'on est ensemble, donc on va traiter maintenant la partie allocation d'actifs de manière très rapide, mais très précise aussi. Je vais vous poser des questions, je vais vous demander de répondre en deux mots, juste pour donner le sentiment. Première question, on voit bien les difficultés actuellement européennes, difficultés économiques avec une croissance qui est molle, même si elle redémarre un tout petit peu, difficultés politiques en Europe, notamment avec la situation française. Est-ce que sur le second semestre 2024, il faut prendre ses distances par rapport à l'Europe ? Oui, plutôt oui, non, plutôt non. François, comme vous me regardez, c'est vous qui avez la parole la première.
À court terme, plutôt oui. J'imagine mal les flux à destination de l'Europe accélérés alors qu'on est en pleine incertitude politique européenne et française. Donc, le léger mieux qu'il y avait, je pense qu'il va être en mode pause. À court terme, plutôt oui. À moyen terme, pas forcément.
Prédirectement ? Je vais te dire la même chose.
Ok, parfait. Geoffroy Lenoir.
Même constat, c'est vrai que le risque politique à court terme qui favorise plutôt les États-Unis que l'Europe, mais sur la fin d'année, on voit plutôt une reprise côté Europe vis-à-vis des États-Unis.
Ok, parfait. Maintenant, deuxième question. Je vais vous demander là encore des réponses simples. Sur le second semestre 2024, dans un portefeuille diversifié, faut-il être plutôt action ou plutôt taux ? Geoffroy.
On n'a pas changé de vue depuis le début de l'année. On est neutre action et on est plutôt long sur la partie obligataire. Et sur la partie obligataire, on préfère le haut rendement.
Alors, on y reviendra après. Donc, plutôt taux que action.
Je dirais plutôt gestion active dynamique fondée sur les marchés d'action. J'expose, je désexpose. C'est là qu'est la valeur.
François Rime.
Des taux courts, pas longs, parce qu'on ne sait jamais. Et sur les actions, ça va énormément dépendre des parties longues de courbe. Donc je suis très stressé des parties longues de courbe.
Je reviens vers vous Geoffroy, sur la partie obligataire. Souverain, corporate ou à yield ? On rappelait tout à l'heure votre passé de gérant monétaire. Pendant des années, on sait tous que le monétaire, ça a très bien marché pendant une période, et puis après, on ne considérait même plus que c'était une classe d'actifs. Aujourd'hui, le monétaire est redevenu une classe d'actifs ?
Oui, bien sûr. Le monétaire est en couple. On a des taux monétaires qui sont indexés sur les taux de la Banque Centrale Européenne, sur le taux de dépôt. On était à 4% depuis plusieurs mois. On est passé à 3,75%. C'est vrai qu'on doit avoir finalement des taux monétaires, des fonds monétaires qui ont une performance pas très loin des 4% sur l'ensemble de l'année 2024. Donc, ça reste intéressant. C'est un produit d'attente, bien évidemment. Et on est quand même rémunéré sur des taux intéressants. Après, sur la partie obligataire, on est déjà à 2% depuis le début de l'année sur le monétaire. Si on regarde, parce que c'est la fin du semestre, on peut faire la photo de milieu d'année, sur les taux obligataires, on a une performance qui est négative de l'ordre de 1,5% depuis le début de l'année, 1,5-2% sur les indices européens en particulier. Sur la partie crédit de bonne qualité, on est légèrement positif, 0,5-0,6%. Par contre, sur le crédit haut rendement, on a des performances qui avoisinent les 3% déjà depuis le début de l'année. C'est vrai qu'on pense que cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Donc, toujours profiter du fameux portage des niveaux de taux élevés sur la partie haut rendement en évitant les dossiers qui sont un peu stressés, bien évidemment.
Même idée. Si on veut aller sur le corporate, il faut prendre un petit peu de risque et donc aller chercher du rendement. On peut y aller parce que compte tenu de tout ce qu'on a pu dire, on va éviter à tout prix une récession qui serait le pire ennemi de cette classe d'actifs. Et donc, partant de là, au contraire, profitons du portage.
Oui, le portage, c'est super.
On est dans un... Moi, je vous ai quand même entendu, je suis plutôt court.
Quand on regarde la durée moyenne du high yield, il est en général plus court qu'un investment grade. Donc on va aller prendre une sensibilité de 4, 5 autour sur du high yield, 3, 4, 5. Et c'est assez court. Plutôt que d'aller prendre de la durée longue, je préfère ça. Les sociétés ont une forme financière qui est bonne.
Elles ont pu se refinancer depuis le début de l'année assez largement. Donc les risques ont baissé sur cette case d'actifs. Ok,
on en passe donc du coup du côté des actions, plutôt actions, plutôt grosses ou plutôt value ? Frédéric Leroux.
Alors, barbel, c'est-à-dire qu'on a fait les performances depuis la fin 2022 sur les valeurs de croissance, notamment ces belles valeurs de techno américaines. Si on croit comme moi qu'à un moment ou à un autre, la hausse des taux redémarre à la faveur d'une deuxième vague d'inflation, il faut au contraire réduire un petit peu ce poids-là et donc déjà se prépositionner. vers des choses qui profiteront d'un environnement plus favorable à la value. Donc ça veut dire aller peut-être un peu moins aux États-Unis, un peu plus en Europe, un peu plus au Japon, un peu plus en Asie globalement, chercher de la cyclicité économique et de la sous-valorisation. En Europe, on a tout ce qu'il faut en sous-valorisation. Il en reste encore au Japon, malgré son très beau parcours. Voilà, donc plutôt value, plutôt moins d'US et plus de reste du monde, notamment pour mieux naviguer dans un univers de taux qui remonterait.
Moi je suis assez en accord avec ça, mais sans doute pas à court terme, parce que je pense qu'à court terme ce sont les flux politiques qui vont compter, plus qu'autre chose. Mais je ne suis pas du tout en désaccord avec ce qui a été dit sur toute la fin d'année. Effectivement, la partie la plus chère c'est la partie tech, donc c'est la partie grosse. Tout ça c'est le même trade en fait, c'est la même chose. Et effectivement, dans un cas de tension obligataire, c'est la partie qui va le plus souffrir. Donc elle est compliquée à imaginer à long terme. Mais malheureusement ou heureusement, dans les quelques mois qui viennent, c'est sans doute là où encore les flux vont se diriger, parce que l'Europe n'est pas vraiment une alternative aujourd'hui.
Geoffroy Lenoir, votre sentiment ? Growth ou value ? Et quel pays plutôt ?
Encore une fois, on ne va pas forcément mettre tous les deux dans le même panier. On ne va pas être très value, mais à la marge, on va dire qu'on va être un peu value. C'est toujours le biais du gérant en action aussi, c'est d'aller chercher les valeurs.
Je sens Eric Thurman qui sort de ce corps.
Un petit peu de value, c'est vrai que quand on voit les niveaux des banques en Europe, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a quand même un petit peu de potentiel. Une fois qu'on aura un petit peu passé le risque politique, il pourra y avoir quelques affaires à faire côté Europe. Pas forcément tout de suite, mais donc il faut suivre ça côté Europe.
Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous. Je vous rappelle, on se retrouve exceptionnellement demain matin à 10h pour une émission spéciale. Et autour de la table, il n'y aura pas des professionnels de l'asset management, des conseillers en gestion de patrimoine, des économistes, mais il y aura des journalistes. Et on essaiera de refaire le monde lors d'une édition spéciale avec mes camarades Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire France. Salut ! Bonne soirée, à demain.
Description
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Transcription
Le mois dernier, nous nous sommes retrouvés le 4. Cinq jours plus tard, les Français se rendaient aux urnes et dans la foulée, le président de la République a dissous l'Assemblée nationale. Pas une seule fois dans notre émission précédente, nous n'avons évoqué ce scénario. Erreur majeure. Ne cherchons pas à nous en dédouaner. Certes, se focaliser sur le scénario central a du sens, mais il faut toujours étudier les pistes alternatives. Cela vaut. aussi bien pour les journalistes que pour les conseillers en gestion de patrimoine. La bourse ne peut-elle que monter à long terme ? Les CPI sont-elles toujours des produits performants et liquides ? Autorisons-nous donc ce droit à l'erreur à une condition, toujours savoir en tirer les leçons. Bienvenue sur le plateau des Plus Encore, le magazine de la finance et de la gestion de patrimoine, une émission diffusée sur H24 Finance, LinkedIn, YouTube et... Et plus encore, ravi de vous retrouver, on attaque tout de suite,
générique.
Ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Et Plus encore, en étant aujourd'hui ensemble pendant on va dire une, peut-être un tout petit peu plus. Je vous donne tout de suite le programme de cette émission. On commencera comme à l'accoutumée avec Nadine Crémolière, directeur de Primonial Portfolio Solutions pour le Point Marché. Nadine ne sera pas en plateau, elle sera dans quelques instants avec nous en duplex depuis. La femme dans l'actu ce mois-ci, c'est Marielle Cohen-Branche, médiateur de l'autorité des marchés financiers. On parlera avec elle, je pense, à un assez long moment de la médiation et notamment du sujet de la médiation et des CIF. Environ, on va dire, vers 25, il sera avec nous, fidèle au poste pour son journal décalé, c'est Georges Delataille. Et puis, peu ou prou, on va dire à l'admis, on aura le G3 Bourse. avec nos invités, changement de plateau pour des sombres histoires d'agenda. Donc, fidèle au poste, Frédéric Leroux de Carmignac Gestion. Et avec lui, on aura également Geoffroy Lenoir de chez OVIFI Invest AM et François Rimeux de Crédit Mutuel Asset Management. Voilà le programme. Tout de suite, je rejoins mon fauteuil et on regarde si la liaison marche avec Nadine. Ça marche Nadine, vous êtes avec nous ?
Oui,
bonjour Jean-François. Bien, allez, on attaque tout de suite Nadine. Donc vous êtes au Martinez. Vous êtes quoi ? Vous êtes en séminaire ?
Exactement, avec des partenaires CGPI.
Bien, alors on regarde tout de suite, si vous le voulez bien, le tableau des actions. Et lorsqu'on regarde ce tableau, lorsqu'on regarde la dernière colonne et l'avant-dernière colonne, c'est-à-dire le mois de juin et le début de l'année, on voit très clairement qu'il y a deux mondes. D'un côté MSCI World, S&P et Nasdaq en forte progression. L'Europe, la Chine en cata. en tout cas le mois dernier, pourquoi le monde paraît aussi disloqué ?
Le mot à la mode actuellement, c'est polarisation. Polarisation des opinions publiques, polarisation des pays, polarisation géopolitique. On s'aperçoit qu'effectivement, les États-Unis ont un énorme avantage et qu'ils bénéficient de sociétés technologiques. Encore une fois, on parle toujours un petit peu des mêmes sujets depuis à peu près 18 mois. Que ferions-nous sans Nvidia, Apple et Microsoft ? Et actuellement, le mois de juin était complètement conforme à ce que l'on voit depuis un certain nombre de mois. C'est-à-dire que ce sont ces sociétés-là qui ont fait la performance des marchés américains. Ils sont de plus en plus prépondérants dans les indices et c'est eux qui expliquent globalement 80% de la performance de l'année, mais aussi du mois de juin. Donc on a un mois de juin qui est complètement conforme. Et puis de l'autre côté, l'Europe qui a une difficulté. qui a été par les élections, et on peut y revenir, mais effectivement, c'est un peu la déception des élections qui fait que l'Europe recule.
Je voudrais qu'on revienne, Nadine, si vous le voulez bien, sur les small caps, on en avait parlé le mois dernier, on disait que ça allait un peu mieux, là ça ne va pas mieux. C'est quoi ? C'est un effet liquidité ? C'est un effet politique ? C'est un effet économique ?
Je pense qu'il y a une double conjonction, premièrement effectivement politique, ça ne nous a pas échappé que l'Assemblée nationale était dissoute et qu'on se présente en France, qu'on se prépare à des élections un petit peu compliquées, on est entre les deux tours, et nul ne sait si on aura un gouvernement qui sera capable de prendre des décisions à partir de la semaine prochaine. Ça, ça affecte effectivement le tissu, on va dire, le tissu économique européen et particulièrement français, et donc les small caps, dans les indices small caps européens, il y a quand même un certain nombre de... d'entreprises françaises. Il y a un second effet aussi non négligeable, c'est qu'effectivement la BCE a baissé les taux, on en parlera peut-être quand on parlera des taux au mois de juin, mais on n'a pas l'impression qu'on rentre dans une espèce de cycle d'assouplissement plus important. Et cela, malgré tout, c'est un peu en train de faire un peu mal à tout ce biais small cap, où on s'attendait, rappelez-vous, à ce que le coût de l'argent baisse significativement. Et on n'est plus vraiment dans ce scénario-là. Et c'est ça qui fait peut-être que les small caps ont perdu un peu de leur attractivité sur le mois de juin.
On regarde justement tout de suite le tableau des taux d'intérêt. On constate effectivement que la Fed n'a pas bougé, mais que l'ABC a baissé de 25 points de baisse. Moi, je voudrais regarder avec vous, m'intéresser aux 2,50. Du Bund allemand, on voit que les taux allemands ont plus baissé les taux longs que les taux américains. C'est quoi ? C'est grâce à la France ? C'est du fly to quality ou c'est un mouvement autre ?
Oui, vous avez raison. Je veux dire, quelque part, l'écartement du spread, de l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a été à la fois bénéficier à l'Allemagne, c'est-à-dire que ce phénomène, comme on le disait très justement, de fly to quality, on va chercher la qualité au détriment peut-être de la dette française. Et c'est ça qui a fait que les taux ont légèrement baissé en Europe. Mais regardez, le 10 ans allemand, on a perdu quoi ? 15 BP. C'est quand même un phénomène qui est relativement faible.
Est-ce qu'il faut s'attendre ? Vous vous évoquiez, il y a de cela quelques instants, sur les small caps, les éventuelles déceptions sur des baisses de taux à venir de la part des banques centrales. Est-ce qu'il faut s'attendre à une baisse des taux longs ?
Non, c'est vraiment le sujet que je porte depuis quelques semaines. Je veux dire, tout le monde assimile un petit peu les taux. un ensemble homogène. Je pense qu'il est très hétérogène avec des taux longs qui sont inversés par rapport à la partie courte de la courbe. Donc, on a globalement, schématiquement, un taux court à 3,75 et des taux longs qui sont à 2,50 quand on regarde l'Allemagne. Je pense que la courbe va, au fur et à mesure que la BCE va baisser ses taux, va se rétablir peut-être dans une position plus normale, c'est-à-dire ascendante. Et ça, ça va un petit peu gêner les taux longs. Je ne vois pas forcément de potentiel de baisse sur les taux longs. On a quand même toujours... toujours de l'inflation toujours importante, toujours autour de 2,50, 2,60. Une croissance qui est, on va dire, autour de 0,50, donc des taux longs à 2,50. Je trouve qu'il n'y a rien d'anormal là-dessus.
Ok, je voudrais maintenant qu'on passe à l'allocation d'actifs. L'allocation d'actifs qui progresse sur le mois de 1,1%, c'est exactement comme le mois dernier. D'ailleurs, la hausse, la performance s'est faite ces deux derniers mois. Quels sont les contributeurs à la performance en ce mois de juin ?
Si je vous parle de la technologie, je pense que vous ne serez pas surpris. On avait switché depuis deux mois sur un fonds pur techno qui a fait 10% sur le mois de juin, donc qui a contribué à plus de la moitié ou à peu près à la moitié de la performance de notre profil. On avait aussi de l'émergent qui n'a pas trop mal marché. Et puis le détracteur, c'est comme je vous le disais, légèrement les small caps. Donc on est en train de se poser des questions pour le prochain semestre, de savoir quels sont les mouvements à faire.
Alors justement, les mouvements à faire, vous allez faire plaisir à quelques investisseurs et à quelques conseillers qui aiment bien que ça bouge et qui ne veulent pas se limiter à faire du suivi. Ça va bouger pas mal. Qu'est-ce qui sort de l'allocation d'actifs ? Quels sont les fonds ou les classes d'actifs qui vont disparaître désormais ?
Alors vous l'avez compris dans mon discours précédent, effectivement les small caps, je pense que c'est un peu trop prématuré d'attendre un rebond important. Donc on s'y était mis tactiquement, on a eu un petit rebond, donc on l'a pris et on est content de l'avoir pris. Mais maintenant, je pense que les prochains mois, et notamment avec toutes les incertitudes sur la France, ce n'est pas forcément une période favorable pour les small caps, donc on sort les small caps. Quoi d'autre ? Le second segment... qu'on sort et qui est quand même relativement majeur, parce que c'est une position qu'on a depuis relativement pas mal de mois et on se posait la question de savoir s'il fallait la garder ou pas, c'est l'immobilier. Et je pense que l'immobilier, on est un peu pris par la même problématique que les small caps, c'est-à-dire qu'on sait qu'à un moment, ça va rebondir, mais je ne suis pas forcément sûre que le timing soit le plus, on va dire, intéressant maintenant et que peut-être que c'est un dossier qu'on réouvrira en 2025. Or, toujours pareil, dans l'allocation, quand vous voulez faire rentrer des classes d'actifs, Il faut bien faire des arbitrages sortants. Et donc, comme on avait peut-être quelque chose de plus attractif à notre sens que l'immobilier, c'est pour la raison pour laquelle on supprime tout l'immobilier. Donc, on bouge pratiquement 15% du portefeuille à partir de ce début du mois de juillet.
Ok, 5% sur les small caps en moins, 10% en moins sur l'immobilier. On rentre quoi ? Que met-on à la place des small caps ?
Alors, les small caps, on... On cherche toujours pareil, l'internationalisation de nos positions, on sort de l'Europe. Donc on est allé chercher un fonds qui est plutôt un fonds mix, diversifié, c'est-à-dire qu'on réduit potentiellement un tout petit peu la position action, puisque ce n'est pas un fonds pure action, donc on ne switche pas 100% action contre 100% d'action d'une autre zone géographique. Le fonds c'est Arcovalor, qui effectivement est un mix entre des actions et des obligations. Il a une vision internationale qui nous intéresse. un peu moins d'exposition sur les marchés actions pour, on va dire, accompagner cet été qui peut être un peu plus difficile.
Ok, que mettons à la place des 10% que l'on avait sur l'immobilier, qui avait quand même une caractéristique, c'était d'être plutôt stable officiellement. Alors certes, on a vu la crise, mais à la base, tout le monde pensait que l'immobilier était stable et d'offrir du rendement.
Alors on cherche justement, c'est exactement la même thématique que l'on va rechercher, c'est-à-dire qu'on cherche du rendement, on abandonne un petit peu de liquidité pour un excès de rendement, et pour moi le mieux placé actuellement c'est la dette privée. Donc ce sont des solutions qui sont un peu similaires à ce qu'on appelle le private equity, c'est-à-dire ce sont des obligations qui sont émises par des sociétés non cotées, dans des fonds qui jusqu'à maintenant n'étaient pas du tout accessibles dans l'assurance vie. On apporte une solution actuellement qui nous paraît très attractive, qui est géré par une société très spécialiste de cela qui s'appelle Abza, et effectivement qui va nous proposer un produit qui a un rendement de, on va dire entre 3 et 4 en brut de frais au-dessus de le rebord. Le rebord, c'est 3,75. Donc vous voyez, on a un rendement, un potentiel de rendement qui est supérieur à 7 Dans cet environnement-là, c'est ce qu'on recherche, du rendement avec une valorisation qui soit relativement… stable, donc cette résilience de la performance, on va la retrouver là et avec un rendement qui est quand même supérieur à celui qu'on peut exporter sur l'immobilier tout au monde à l'accrochement.
Question Nadine, est-ce qu'en faisant ce choix on se bloque pour les années à venir, puisque c'est du non-coté ou est-ce que si demain on trouve de meilleures opportunités, on pourra arbitrer ?
Non, la beauté de ce produit-là, c'est que comme un petit peu la solution de Travail & Equity qu'on avait apporté, c'est qu'on a une liquidité qui est bimensuelle. Donc, on peut très bien imaginer que, comme vous le disiez très justement, si on trouve une autre opportunité avec un peu plus de rendement ou un peu plus d'intérêt, on n'hésitera pas à le switcher. On n'est pas là pour… Alors, bien sûr, ce sont des rendements qui sont à regarder sur des périodes de 4-5 ans. Je ne veux pas vous dire qu'on n'est là que pour 6 mois. Mais fondamentalement, on a la possibilité d'en sortir si on pense qu'on trouve des… opportunités plus importantes dans les prochains mois.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Nadine, on vous retrouve au mois de septembre en plateau. Tout de suite, une femme dans l'actu. La femme dans l'actu a été juriste de banque, conseiller à la Cour de cassation, membre de la commission des sanctions de l'autorité des marchés financiers, membre du tribunal international administratif de la Banque mondiale. Elle est depuis 2011 médiateur de l'autorité des marchés financiers. Marielle Cohen-Branche est avec nous à l'occasion de la présentation de son rapport annuel 2023. A priori, Marielle, votre dernier rapport, puisque vous devez normalement prochainement quitter vos fonctions. Marielle, comme cette émission est très largement suivie par des conseillers en investissement financier, je voudrais, si vous le voulez bien, revenir sur votre rapport, non pas de 2023, mais de 2022, où un encadré m'avait interpellé. Il était intitulé... Le refus d'entrer en médiation par les CIF, une occasion manquée. Où était le problème ?
On s'est posé la question, puisque en général, les refus d'entrer en médiation, qui est un droit au cas par cas, dans la médiation de la consommation, mais ne dépasse pas 3 ou 4 et peut se comprendre. Un professionnel vous disant, celui-là, jamais, il est de mauvaise foi. Mais quand ça devient plus systématique, alors on se demande, pourquoi rater une telle occasion ? puisque je vous rappelle que la médiation de la consommation offre, en tant que moi, médiateur public, une occasion confidentielle pour le professionnel, gratuite, d'essayer de résoudre à l'amiable, effectivement, son litige. C'est-à-dire sans avoir besoin d'aller devant les tribunaux, puisque là c'est payant, il y a un aléa, et en plus il a des frais d'avocat. Donc on s'est posé la question.
Alors vous avez mené l'enquête et ça a donné quoi ?
Alors, des hypothèses. La première hypothèse, c'était au fond, est-ce que c'est lié à l'association à laquelle ils sont affiliés ? La réponse est non. Deuxième hypothèse, est-ce que c'est lié au produit un peu moche ? La réponse a été sans doute oui. On va retrouver des produits de part de sociétés qui sont en liquidation judiciaire. Donc ça, ça a été déjà le point commun. Et puis aussi le fait que je me suis posé, je suis très libre dans mes propos. Est-ce que ce n'est pas un peu de cynisme ? Parce que finalement, une fois que la société est en liquidation judiciaire, le préjudice, lui, ne sera définitivement connu, en tous les cas, c'est ce que l'on croyait à l'époque, qu'au bout de 15 ans. Et donc, pourquoi dès maintenant ? ouvrir un dossier, puisque même si on n'a pas été parfait dans l'examen des problèmes, le préjudice sera plus tard.
Question Marielle, les affaires dont vous parlez, j'imagine que vous avez dû voir des dossiers type Maranatha, etc. Quand vous écrivez ça dans votre rapport 2022, comment réagissent ces associations professionnelles ?
Il y en a une qui a pris contact avec nous et qui a souhaité, parce que c'est aussi sa responsabilité précisément, d'aller voir et de contrôler ces... une partie des 7000 CIF qui existent en France, et qui nous a dit on veut comprendre avec vous Alors, on a commencé à observer que c'était peut-être, alors je ne vais parler qu'avec des conditionnels, les assureurs qui étaient au fond peu enclins, et puis derrière les assureurs, il y avait peut-être les avocats des assureurs. En tous les cas, cette prise de conscience a permis de diminuer en 2023 ce pourcentage. Il reste tout de même encore à améliorer la prise de conscience de l'intérêt concessif d'aller. Nous, nous sommes des experts. Les magistrats sont souvent des généralistes. Et donc on peut effectivement, on va dire, mieux équilibrer ce qui peut, au fond, être dû à un aléa des marchés ou être dû à des dysfonctionnements. Et donc, de ce point de vue-là... Nous avons, et j'en suis heureuse, vu diminuer le nombre des refus. Mais il reste encore un progrès, puisqu'au fond, il y a encore 25% des cas où on a un refus. Et puis, je voudrais aussi attirer leur attention. Quand vous refusez d'entrer en médiation, la confidentialité n'a pas commencé à jouer. Donc, le refus est un droit, mais je vais transmettre ce dossier au service d'enquête. Ok,
je voudrais qu'on rentre, puisqu'on voit les affaires, je citais tout à l'heure Maranatha, mais il y en a d'autres, et d'ailleurs, elles sont mentionnées dans votre rapport 2022, sur le sujet du préjudice. Parce que, dans la pareille situation, comment vous faites pour rentrer en médiation ? C'est vrai que, quand on a une société qui est en dépôt de bilan, on ne connaît pas le préjudice immédiatement.
Alors, c'est ce que l'on pensait depuis très longtemps. C'est-à-dire que le préjudice n'était ni actuel ni certain, parce qu'il fallait attendre la fin de la liquidation judiciaire qui intervient souvent au bout de 15 ans. Mais ça commence à changer. Beaucoup de liquidateurs judiciaires vont entrer en contact effectivement avec les créanciers pour leur donner des informations, pour dire ça y est, j'ai examiné le dossier, et quelques fois au bout de 2 ou 3 ans seulement, vont pouvoir dire... vous, créanciers, vous ne toucherez que 5 à 10 Et on voit apparaître, et ça, il faut que les cifres le sachent, des cas où, effectivement, des tribunaux de première instance, et on sera attentifs à ce que disent les cours d'appel maintenant, vous disent, donc, je condamne dès maintenant à payer une somme donnée qui correspond à 80 ou 50 du préjudice, parce que nous sommes sûrs qu'au moins ce pourcentage-là ne sera pas, effectivement, remboursé. par la vente des actifs.
En pratique, si on doit résumer, d'un point de vue pédagogique, comment ça marche la médiation ? J'ai l'obligation d'informer mes clients de l'existence des différents médiateurs. Vous, vous êtes compétente pour quel type de litige ? Et comment se passe une médiation ?
Alors, si je veux faire très court, je suis compétente quand l'AMF est compétente. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut aller un petit peu plus loin. D'une part, nous ne sommes compétents, c'est-à-dire le service de médiation, mais tu as entendu que moi, je ne suis pas... du tout une salariée de l'AMF, je suis indépendante, je suis nommée par le président pour des mandats, et vous l'avez rappelé maintenant, près de plus de 12 ans, mais si effectivement un consommateur, quel qu'il soit, on va dire, le domaine marchand, mais pour tous les domaines marchands, c'est un droit qui a été conféré par une directive européenne qui a organisé la mission des médiateurs. Et donc, il faut déjà rester en amiable. Il faut avoir ensuite... Effectivement, tenter, et c'est normal, une réclamation écrite préalable. auprès de son professionnel. Et si ça relève de la compétence de l'AMF, c'est-à-dire les placements financiers. Et la grande difficulté qu'il y a, c'est que les gens, et je les comprends, confondent, n'ont pas une claire conscience, et je les comprends beaucoup, entre ce qui relève du bancaire et ce qui relève de l'assurance et ce qui relève des placements financiers, parce que souvent, c'est fait par les mêmes conseillers. dans les mêmes établissements. Donc, ce travail-là de la recevabilité. Et puis ensuite, si c'est bien dans mon secteur, j'ai une équipe de six juristes talentueux qui vont examiner effectivement, au regard de la responsabilité des civils, s'il y a une faute, oui ou non, et s'il y a un préjudice, oui ou non, qui est causé par cet éventuel dysfonctionnement. Et dans un cas sur deux, je fais une proposition. Et je suis suivie en moyenne à 95%. Et donc, ça reste gratuit. Disons-le, l'AMF ne connaît pas le nom des professionnels qui entrent en médiation avec moi.
Je voudrais qu'on regarde deux petites secondes votre rapport 2023. Lorsque je regarde dans le détail, je vois que dans les litiges les plus importants, il y a le PEA. Mais ça, c'est quelque chose que vous aviez fait noter de longue date. Dans les tendances nouvelles, je vois l'immobilier et les cryptos. Vous pouvez m'en dire plus ?
Voilà. Alors, vous avez raison, s'il y avait une conclusion à retenir, c'est qu'on a un tassement des thématiques classiques, et vous avez cité, mais ça reste tout de même mon premier secteur de litige, le PEA, puis l'épargne salariale et les ordres de bourse, bien naturellement, mais la conjoncture, et peut-être aussi les questions technologiques, ont conduit à une double conséquence, c'est-à-dire deux secteurs nouveaux pour lesquels j'ai enregistré un doublement. Un doublement des demandes, c'est d'une part la pierre-papier, à cause de la conjoncture immobilière, c'est-à-dire les SCPI et le crowdfunding immobilier, et puis d'autre part, les litiges liés aux crypto-actifs, qui ont également doublé globalement, même si les dossiers recevables, eux, ont stagné. Alors si on revient effectivement à la pierre-papier, j'ai envie de dire, les gens ont cru investir directement dans l'immobilier, mais ils ont investi. Merci. dans un placement financier.
Est-ce que vous avez noté des problématiques de commercialisation sur la pierre-papier dans les litiges que vous avez vus ? Ou est-ce que c'est des choses de nature différente ?
On va dire que la plupart du temps, aujourd'hui, pour les SCPI, je ne dirais pas la même chose pour les crypto-actifs, pour les SCPI, l'essentiel, ce n'est pas la commercialisation. Parce que ce sont des produits long terme, ils ont investi il y a très longtemps, et donc ils ne se souviennent plus. effectivement, ou c'est trop tard, la façon dont ça a été commercialisé, d'autant plus qu'ils l'ont peut-être reçu par héritage. Donc pour l'essentiel, les litiges que je reçois tournent autour de pourquoi je n'arrive pas à vendre mes parts de SCPI, de peur que la baisse s'aggrave, et au fond, pourquoi ça prend si longtemps ? Et pourquoi, si je dois résumer, problème de décote ? de la vente, du prix de la part et problème de délai. Et là, on va surtout faire de la pédagogie. Et c'est vrai que peut-être que ça a été mal commercialisé, mais il faut aussi savoir que moi, je raisonne, comme le ferait un juge, ce que j'ai été, au regard de la charge de la preuve. Si on ne me donne pas les documents commerciaux...
à partir desquels on leur a dit pas de problème, allez-y, moi je ne peux pas. Si j'avais effectivement, si en revanche on me donne un document commercial et que je vois que le document est déséquilibré, alors là je peux venir faire un reproche aux professionnels.
Je voudrais me mettre du côté maintenant du côté de l'épargnant. On a commencé notre échange du côté professionnel. Certains dépargnants reprochent la médiation, le fait que finalement, on ne traite que des cas ponctuels par la confidentialité que vous avez évoquée tout à l'heure et que vous ne travaillez que pour des cas spécifiques et pas pour l'intérêt général. Est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent ça ?
Alors, d'abord, la mission, c'est d'abord de résoudre un cas individuel. Je suis d'abord là pour ça. Mais quand je vois que c'est répétitif ou au contraire, et... que c'est peut-être pas si répétitif, mais on peut en tirer des leçons générales. J'ai pris l'initiative, à titre tout à fait personnel, depuis exactement dix ans, de dire avec mon équipe, tiens, ben voilà, ça, ça pourrait aider soit les professionnels, piqueur de rappel, soit les consommateurs, pour éviter de venir, au fond, me demander ma proposition. Et j'ai publié depuis, sur le site de l'AMF, ce qu'on appelle le dossier du mois, et je peux vous dire que les grands établissements, m'ont dit qu'ils le prenaient dans leur doctrine, que les associations de consommateurs m'ont dit on n'a pas besoin de vous déranger et ça a contribué à la connaissance, peut-être aussi un peu à l'aura de cette médiation publique, puisque je rappelle que je suis un médiateur public, c'est-à-dire gratuit, non seulement pour le consommateur, mais aussi pour le professionnel. Mais ça ne suffit pas, je suis aussi un peu un lanceur d'alerte. Et je crois que vous y avez, vous-même, à titre personnel, utilement contribué, Jean-François. Parce que quand vraiment ça devient répétitif, comme pour le PA, comme pour le problème des fonds de cuve, où le délai était au fond trop long et anormalement long, j'alerte le collège de l'AMF qui est l'instance dirigeante. Et à ce moment-là, dans ces deux cas, par exemple, ces dernières années, il a été décidé par le collège de l'AMF. de bâtir ce qu'on appelle un groupe de travail qui est assez solennel, on retrouve les directeurs généraux des banques, pour essayer d'améliorer. Ça dure des mois, mais j'invite ceux qui s'intéressent à ces questions et de voir comment on peut améliorer des processus qui sont complexes, pointus, problème par problème. Donc vous voyez au-delà de ces cas particuliers. Mais je ne suis pas effectivement, quelques fois on me dit, mais est-ce que vous pratiquez l'action de groupe ? Non ! Parce que l'action de groupe, elle vise aussi à punir. Et moi, je ne punis pas.
Un mot pour conclure, l'épargne salariale.
Ah, alors ça, c'est mon sujet chouchou. D'abord parce que je m'aperçois que j'ai l'impression qu'à part moi, personne ne s'y intéresse. Alors que c'est 12 millions de salariés, alors que c'est 180 milliards. C'est extrêmement touffu. L'essentiel des problèmes, c'est les gens qui ont effectivement choisi de différer les sommes auxquelles ils avaient le droit de par la loi. en ayant un avantage fiscal, mais ils ont aussi le droit de le débloquer par anticipation. Et là, je peux vous dire que c'est très compliqué. Et donc, si on a pu même aller favoriser des changements dans la loi, j'en suis très heureuse.
Marie-Alcone Branche, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, le journal décalé de Georges Delataille. Pour la française,
concepteur de solutions d'investissement, alliant performance et durabilité, présente le journal Décalé. Commençons ce journal décalé par une question. Quels sont les placements préférés des Français ? La hausse des taux d'intérêt, les crises géopolitiques, les élections, les réformes n'ont eu aucun impact. Le livret A reste comme toujours indétrônable, suivi loin derrière par l'assurance-vie et par le PEA. On constate quand même une nouvelle tendance depuis le Covid. Les Français font de plus en plus d'épargne de précaution, c'est-à-dire une épargne qui soit facilement utilisable, donc principalement du livret A et du LDDS.... Ça se voit dans les chiffres de collecte de ces produits, même s'ils sont aussi tirés par leur taux très attractif grâce à l'inflation qui a rendu les rémunérations beaucoup plus attractives. Il ne faut pas oublier aussi depuis 1er juillet l'arrivée d'un petit nouveau, Jean-François, le PEAC ou le plan d'épargne avenir climat qui a été lancé par Bruno Le Maire. Il fonctionne tellement bien que nous sommes le 2 ou 3 juillet, 2 juillet ça commence bien, et aucune banque ne le propose. Cette tendance elle pourrait au moins relancer. un débat. Est-ce que les sociétés qui proposent des produits au CGP vont leur proposer de distribuer un livret ?
Alors, vous dites relancer un débat. Dans votre texte, vous aviez écrit un vieux débat. J'ai été censé réagir sur le mot vieux pour me poser la question si finalement, vous n'êtes pas un peu vieux, mon cher Georges. Alors non, mais pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'en fait, j'entends tout votre discours, mais dans les placements qui ont quand même absolument la forme, il y a un truc dont on ne parle quasiment jamais, c'est quand même les cryptos, qu'aujourd'hui, il y a plus de détenteurs de cryptos dans notre pays que de détenteurs d'actions. Et il faudra peut-être un beau jour qu'on en parle, parce que c'est un placement qui a aujourd'hui une réelle dynamique.
Je vous donne rendez-vous dans un an et on verra, on sera tous les deux encore plus vieux. Et en parlant de vieux, je vais vous parler d'un produit, d'un pacte qui a 20 ans, le pacte d'Utreil. On pourrait donc penser au bout de 20 ans qu'il est totalement stabilisé, que tout est très clair. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Si on prend la loi de finances, le BOFID, la Cour de cassation, le Conseil d'État, ils ont tous des lectures différentes, ils ne regardent pas dans la même direction. Il est donc obligatoire de regarder en détail tous les faisceaux d'indices de la jurisprudence. Qu'est-ce qu'on a comme cas pas clair ? Je vais vous en citer quelques-uns. 1. Le type de sociétés qui sont concernées par ce pacte. Les sociétés civiles sont normalement exclues, on le sait bien, et pourtant certains ont réussi à trouver un petit trou de souris pour les faire accepter. La notion de holding animatrice est aussi pas bien claire. Qu'est-ce que c'est qu'une holding animatrice ? Quelle durée ? Quel type d'animation ? La possibilité de faire un pacte au moment de la donation, toujours pas claire à quel moment le pacte doit être fait. Et de même le respect de l'engagement de détention. Je ne peux donc vous donner qu'un conseil, bien faire appel à un expert pour vous faire accompagner pour la mise en place d'un pacte du travail.
Ok, cela dit, 20 ans en termes de stabilité, de règles, etc. On est quand même très largement soumis à ce qui va se passer d'un point de vue politique et on va suivre ça avec, attention, on en parlera d'ailleurs tout à l'heure, avec nos invités sur l'impact sur les marchés.
Je vais vous parler d'un autre sujet politique, mais c'est un sujet politique européen et de la RIS. On en a tellement parlé que je serais même incapable de vous dire combien de fois. Et on a aussi parlé le mois dernier d'un sujet qui est très clair, une demande entre autres de la planète CSA, c'est de faire... Une pause sur la réglementation. Mais quand on regarde les dernières déclarations, et entre autres celles de Patrick Montagnier, qui était secrétaire général adjoint de la CPR, et qui vient d'être nommé représentant de la Banque Centrale Européenne au Conseil de Surveillance Prudentielle, il dit que la RIS qui a été votée ne sera qu'une étape, que ce n'est pas terminé et que le texte va encore évoluer. La question est... Évolution, ok, mais dans quel sens ? Bien malin qui saura, surtout quand on vient de voir les dernières élections européennes, avec les différentes forces ou différents équilibres qui sont en train de changer en Europe.
D'autres informations justement concernant l'Europe ?
Oui, on va rester en Europe, pas du tout sur la réglementation, mais sur les attentes des CGP en termes de sociétés de gestion. Une étude du Fundamental Group nous donne de nombreuses informations et il faut vraiment être super agile pour plaire à tous. Pourquoi ? Parce que les Allemands, qu'est-ce qu'ils cherchent ? Eux, ils veulent des gestionnaires qui sont en train de se faire enlever les choses. qualitatif, la fameuse qualité allemande des gestionnaires analytiques qui offrent une large éventail de produits alors que les anglais, eux, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils ne veulent qu'un track record. Ils ne croient que sur le passé. En Espagne, on cherche en contraire des partenaires avenants. Avant tout, c'est le contact humain qui compte. Alors qu'en France, on cherche le côté créatif et en France, on est chauvin. Donc, le côté local. En Italie, encore autre point de vue, on cherche des partenaires mondiaux avec la gamme la plus large possible. Bref, l'Europe devient unifiée sur la réglementation, mais pas spécialement sur les attentes.
Vous avez tout à fait compris pourquoi la construction européenne se fait très difficilement.
Mais Jean-François, vous m'étonnez un peu parce qu'en général, vous me faites des retours très longs à toutes mes remarques. Et là, franchement, vous êtes super court. Donc, je vois deux options. Soit ce que je dis vous embête. soit vous êtes super pressé de partir en vacances.
Je ne suis pas au repos de vacances, mais un, tous les mots sur lesquels je voulais rebondir, vous ne me les avez pas dit, même si c'était dans votre texte. Et puis deux, on va être très honnête, je garde quelques forces pour une émission spéciale qu'on fera demain et où on refera le match, on donnera la parole aux journalistes et on parlera de l'actualité de l'épargne avec Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire. Je ne sais pas combien de temps on y passera demain. Mais en tout cas, une fois cette émission terminée, on va aller se reposer un tout petit peu. Et pour être en forme demain, tout de suite, on attaque notre débat. C'est le G3 Bourse. G3 Bourse, donc où l'on va s'interroger aux perspectives des marchés pour le second semestre 2024. Alors petit changement de plateau pour de sombres histoires d'agenda. Il est en tout cas toujours fidèle avec nous, c'est Frédéric Leroux, responsable de l'équipe Cross Asset Management de Carmignac Gestion. Avec nous également pour le Crédit Mutuel Asset Management, il est stratégiste. du Crédit Mutuel Asset Management, c'est François Rimeux qui est avec nous aujourd'hui en lieu et place de Jean-Louis Dehé. Et du côté Ofi Invest AM, c'est le co-directeur de la gestion collective Geoffroy Lenoir qui est avec nous. On va, si vous le voulez bien, messieurs, commencer par un petit exercice de présentation, puisque pour vous c'est une première dans ce G3 Bourse. François, vous me dites quelques mots de votre parcours ?
J'ai géré des portefeuilles pendant une vingtaine d'années, obligataire, multi-asset, total return. Et puis de plus en plus, je suis allé vers la stratégie, donc je me retrouve à ce poste de stratégiste-là qui me va très bien.
Un peu le même parcours, en commençant par le monétaire, l'obligataire, du multi-actif, et puis maintenant vers un poste de management des équipes de gestion d'Offi Invest.
Frédéric, je ne vous pose pas la question de vous présenter, parce qu'on vous retrouve dans toutes nos émissions. Une petite question quand même, ça fait combien de temps que vous êtes chez Carmignac Gestion ?
28 ans. 28.
Et avec un rôle non négligeable dans une année qui avait été importante chez Carmignac, c'était 2008 ?
Ah, à l'époque de la gestion active triomphante, on a triomphé. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve un petit peu les ferments de ce genre de marché. Et donc, on espère bien en profiter dans les années qui viennent.
On va commencer, si vous le voulez bien, par un petit chapitre politique, parce qu'il se passe plein de choses. France, États-Unis, Royaume-Uni. On va commencer avec vous, Frédéric. On se posait des questions sur les élections européennes. A priori, le résultat, c'est qu'il n'y a pas de grand changement ?
Non, on a vu sur un certain nombre de pays une droitisation du vote, mais pas d'effet, en tout cas pour l'instant, sur la structuration de l'Europe. Toujours les mêmes personnes aux mêmes places. Est-ce que ce sera de nature à changer à la faveur de l'élection française, notamment peut-être allemande dans quelques mois ? On verra. Mais en tout cas, pour l'instant, effectivement, pas de changement au niveau de l'Europe elle-même, oui.
On regarde tout de suite ce qui s'est passé sur l'élection française. On va être honnête, on a tous les résultats du premier tour. Vu l'heure actuelle, on n'a pas encore épluché tous les dépôts de candidature en préfecture, puisque c'est terminé il y a de cela quelques minutes, c'était à 18h. Donc on n'a pas exactement tous les détails de triangulaire, etc. François Rimeux, quelle est votre lecture de ces élections ? Et... Quel est pour vous le risque majeur d'un point de vue électoral pour les marchés ?
Le risque, c'est qu'on ait un Parlement dans lequel on ne puisse pas déceler une majorité claire, qu'on ait un scénario finalement qu'on n'a pas connu sur la Ve République, une difficulté à former un gouvernement. Et ça, c'est de l'incertitude. Donc, c'est une période un peu inconnue quand même pour la politique française. Et donc, ça maintient une prime de risque un peu longue, un peu lente. Le risque à moyen terme, le vrai risque, c'est une confrontation avec l'Europe. Je suis heureux. X sujets de la part du Rassemblement National parce que la partie à gauche, aujourd'hui, a priori, ne peut plus avoir la majorité absolue. Donc, on a un risque de confrontation là-dessus. C'est un risque à moyen terme. Mais bon, ce risque-là, aujourd'hui, il est encore très théorique pour les marchés. Donc, on ne va pas aller le presser demain.
Geoffroy, quel est votre sentiment sur le sujet ? François évoque le risque d'une absence de majorité. Moi, ça me fait penser à nos amis belges qui ont quand même vécu... des mois et des mois avec un gouvernement technique. Est-ce que finalement, c'est peut-être pas dans notre culture, mais est-ce que finalement, c'est pas si mal que ça ? Vous, vous en pensez quoi des risques sur cette élection présidentielle ?
On l'a vu avec l'ouverture des marchés hier, lundi, avec notamment des marchés qui se sont un petit peu repris. On voit le CAC 40 qui avait rebondi en séance et des marges sur les taux allemands contre taux français à 10 ans qui se sont un peu resserrées. Donc en fait, les résultats du premier tour, encore une fois, on ne va pas trop s'avancer sur le deuxième, mais les résultats du premier tour ont un peu diminué, on va dire, les risques d'avoir une majorité absolue, que ce soit par le nouveau Front populaire ou par le Rassemblement national. Et c'est vrai que ces deux risques étaient un petit peu, on va dire, pricés par le marché, ce qui fait que les spreads reviennent un petit peu, que le CAC revient un petit peu. Et qu'on revienne sur ce scénario un peu plus mou, on va dire, où on a plutôt un scénario où il n'y a pas vraiment de majorité absolue, ou alors avec des alliances ou des coalitions, et qu'on a plutôt ce scénario où on peut peut-être avoir une formation d'une coalition, mais qui risque de prendre du temps. C'est vrai que là, on risque de se retrouver dans une situation assez compliquée. En France, pendant quelques temps, on va voir les résultats du deuxième tour. Mais c'est vrai que ce qui va être important pour les marchés, c'est de scruter. Et qu'est-ce que... sera en mesure d'effectuer ce gouvernement. Quel va être le budget 2025 ? Parce que c'est ça aussi, il faut regarder concrètement qu'est-ce que ça va donner en termes de loi des finances. Et c'est ça qui va anticiper le marché. Et notamment, derrière, on a vu les risques sur la notation de la France. Est-ce qu'il ne va pas y avoir une dégradation de la note française d'ici la fin de l'année ? C'est des choses à suivre pour les marchés financiers.
Je me suis autogrondé tout à l'heure dans le lancement de cette émission puisque le mois dernier, je ne l'avais pas évoqué. l'hypothèse de la dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes. Donc, je vais poser les scénarios extrêmes. Est-ce que Frédéric Leroux, le vrai risque pour le marché français, ce n'est pas l'élection législative, ce serait que, dans un éclair de génie politique, le président de la République démissionne ?
Si, ce serait un petit peu la continuité de ce qui était exprimé par François, à savoir... Une cohabitation avec un Premier ministre qui n'est pas le représentant d'une majorité claire. On ne connaît pas. Si ça conduit à une situation complètement ingérable, il est probable que le Président décide de cela, donc d'une démission. Compte tenu de la façon dont il a suivi les résultats de l'élection européenne, on peut considérer que c'est une possibilité. Et on a cru comprendre, lorsque les marchés ont cru que cette démission arriverait dans la foulée de l'élection législative, On a cru comprendre que c'était la crainte des marchés, puisque c'est là qu'ils ont le plus stressé apparemment. Je ne pense pas que ce soit un base case, comme on dit, un cas de base, mais c'est une possibilité à regarder forcément.
On a tous entendu, quand on a écouté les experts ces derniers jours, de voir les différents scénarios qui existaient. Le scénario à la Lys Truss, le scénario à la Georgia Meloni. Le fait de parler de Lys Truss m'amène à venir vers vous, François Rimeux, pour vous poser une question. Il y a prochainement des élections au Royaume-Uni. Est-ce qu'il faut s'inquiéter des résultats ?
Normalement non. Normalement, tous les sondages sont dans le même sens. La victoire des travailleurs, de manière assez facile, assez nette. Et normalement, un budget qui sera à peu près normal, donc pas trop dépensier. Et on voit bien que le syndrome de distresse est encore très présent dans le monde politique anglais. Donc normalement, pas vraiment d'impact. Et donc pas d'impact non plus sur la BOE et sur le marché des taux courants anglais.
Geoffroy Lenoir, je viens maintenant vers vous et on va traverser, si vous le voulez bien, l'Atlantique pour parler de l'élection américaine. L'autre jour, quand on a échangé pour préparer cette émission, vous m'avez dit, je vais regarder avec intérêt le débat, le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden. Vous n'avez pas été déçu ?
Non, ce n'est pas ce qu'on disait l'autre fois. C'est vrai que c'était un débat assez attendu puisque c'est vrai que... le premier à la course à la présidence avec l'élection qui aura lieu au mois de novembre. Et c'est vrai qu'on pouvait avoir quelques inquiétudes sur la qualité du débat et sur le fait que Joe Biden soit vraiment en position de vraiment être crédible vis-à-vis d'un Donald Trump qui est toujours très aguerri sur ce type d'exercice. On l'a constaté, et c'est vrai que Joe Biden n'a pas forcément réussi le test. On a vu que depuis ce débat, les intentions de vote dans les sondages ont beaucoup évolué en faveur de Donald Trump, à tel point que certaines personnes imaginent que Joe Biden pourrait laisser sa place à quelqu'un d'autre, à un autre candidat.
Ça vous paraît crédible ? Ça vous paraît de nature à inquiéter ou à rassurer les marchés ?
Ce qui est plutôt intéressant, c'est que Donald Trump et Joe Biden sont bien connus des marchés, ils ont tous les deux exercé la présidence. Donc en fait, il n'y a pas tellement d'inconnus total. On sait ce que donnerait un Donald Trump à la présidence, même s'il changera, il ne fera pas la même chose que ce qu'il a fait. Et Joe Biden, c'est vrai que l'inquiétude aujourd'hui, c'est vrai qu'est-ce qu'il est en capacité d'avoir un nouveau mandat de 4 ans. Donc voilà, mais il serait dans une continuité. Non, ça n'inquiète pas plus que ça les marchés. Ce qui est sûr, c'est que Donald Trump qui revient en force, on va dire dans les sondages, ça remet plus de poids sur un scénario un peu plus protectionniste côté américain. Et ça rebat un petit peu les cartes au niveau des trois grosses zones géographiques mondiales.
François Rimeux, votre sentiment sur l'élection américaine ? Qu'est-ce qui vaut mieux pour les marchés ?
Je pense qu'en fait, ça ne change pas grand-chose, dans le sens où les marchés se mettent à presser Trump, de manière de plus en plus probable, et que Biden se maintienne pour perdre ou soit remplacé par quelqu'un, soit d'inconnu, soit comme Kamala Harris, dont finalement personne ne veut dans le Parti démocrate. Ça fait la même chose, Trump gagnera à la fin. Donc, in fine, la question qui compte, c'est quelle probabilité on met sur l'élection de Trump. Et aujourd'hui, elle semble quand même assez élevée. Il est en tête partout, les swing states, etc. Et l'impact que ça a derrière sur les parties longues de courbe, les primes de terme, où est-ce qu'on met les primes d'inflation à long terme, etc. C'est ça qui va compter.
Alors, on va y revenir. Frédéric, je voudrais vous entendre sur le sujet un peu des politiques et des populations. Là, on entend dire la réponse sur les marchés, c'est peu ou prou. C'est-à-dire, à la marge, Geoffroy nous dit, il y aura plus de protectionnisme d'un côté. François nous dit qu'il y aura quelques mouvements, mais ce n'est pas flagrant. Est-ce que finalement, il n'y a pas quelque part une sorte de similitude dans la relation entre les politiques et les populations ? Je vais prendre une approche historique. Le dernier cycle d'inflation qu'on a connu, c'était à la fin des années 70. Et de ce cycle-là, on en est sorti par Reagan et Thatcher. Est-ce que Reagan et Thatcher peuvent exister aujourd'hui ?
Non. Alors, non, parce qu'en fait, Reagan et Thatcher sont arrivés après 10-15 ans d'inflation. Et les peuples cherchaient de l'efficacité économique pour sortir de ça. Aujourd'hui, admettons qu'on ait une période d'inflation qui ressemble à cette période-là, des années 70. On n'en est qu'au tout début et je ne vois pas beaucoup de peuples qui demandent que les autorités les maltraitent. Je pense qu'au contraire, on est plus dans la demande d'empathie, d'inclusion, d'éthique que de recherche d'efficacité pure. Et donc tant qu'on n'aura pas atteint un niveau de ras-le-bol insupportable lié à l'inflation ou à l'inefficacité économique, on ne demandera pas. On n'élira pas des gens qui seront là pour nous faire souffrir.
Geoffroy Lemoyne, est-ce que ça, pour vous, vous dites qu'il y a un changement important dans ce qu'on appelle le policy mix entre les budgets de l'État, les politiques monétaires, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les États qui ont désormais la main, notamment de par leur politique budgétaire ?
Oui, alors ça, c'est une vaste question parce qu'il faut regarder zone par zone. Et si on regarde les trajectoires budgétaires, c'est vrai qu'elles ne sont pas forcément très bonnes si on regarde la France, si on regarde les États-Unis même. Ça peut être un point d'attention des marchés, justement en fin d'année, avec le nouveau président qui sera élu. Et si on regarde les trajectoires, c'est vrai qu'on a le déficit et la dette des États-Unis, qui sont dans des trajectoires quand même assez inquiétantes. Il faut vraiment faire attention à ça. L'État américain va devoir se refinancer très largement, et si on regarde plus en détail, notamment à travers des émissions très courtes, ce qui n'est pas forcément un signe de solidité. En France, c'est pareil. C'est vrai qu'on a une trajectoire de dette et de déficit. qui n'est pas forcément la meilleure, et en fonction du gouvernement qui sera nommé dans les prochains mois, est-ce qu'il faudra bien regarder, est-ce que ces trajectoires vont diverger encore un peu plus ? Donc c'est vrai que le poids des politiques budgétaires est assez limité aux États-Unis et en Europe, et c'est vrai qu'il faut compter encore une fois sur les politiques monétaires, sur les banques centrales, et la bonne nouvelle, c'est qu'on est plutôt engagé dans un cycle de baisse de taux, on va revenir là-dessus plus tard. On n'est peut-être pas tous d'accord autour de la table, mais c'est vrai qu'on a déjà eu une baisse des taux de la Banque centrale européenne. La logique serait qu'on en ait encore d'autres à suivre. C'est plutôt ce côté politique monétaire qui est encore le plus présent par rapport aux politiques budgétaires.
Alors, vous me répondez ça. François, moi, je veux vous interroger sur les politiques budgétaires et notamment sur l'ampleur des déficits, les montants à financer et le rôle des agences de notation. On a vu que la France a été dégradée par Standard & Poor's, pour ou sans effet sur les spreads, à la différence de ce qui s'est passé au moment de l'élection. Est-ce que, pour vous, l'ampleur de ces déficits est problématique ?
En France, oui, elle est problématique. Et en fonction de ce qui se passera lors des élections et du gouvernement qu'on aura, on aura ou pas une confrontation avec l'Union européenne, potentiellement le FMI à un moment, etc. Ça peut arriver. Donc oui, elle est problématique dans le cas de la France. Le cas américain est évidemment très spécial. Quoi que fassent les arranges de notation sur les États-Unis, ce n'est pas un sujet. Les États-Unis sont par nature l'actif sans risque par défaut. Et ils jouissent une position qui fait qu'ils peuvent s'endetter, s'endetter, s'endetter jusqu'à peut-être une limite à un moment donné, mais ce qu'on ne la connaît pas aujourd'hui. Donc je pense que les situations sont très incomparables. Mais en France, oui, ça peut devenir un sujet, l'endettement, bien sûr.
Ok. On attaque maintenant, Geoffroy, vous me tendez une perche, il y a de cela quelques instants. On attaque aujourd'hui vos anticipations. sur les décisions des banques centrales. On rappelle à date, depuis le début de l'année, la Fed n'a pas bougé et la BCE a baissé une fois au mois de juin. 25 points de base. Je commence avec vous, Frédéric, avec une provoque. Comme vous aimez bien provoquer et que j'aime bien, la dernière fois sur le plateau, quand on avait posé la question des anticipations, des banques centrales et on en voyait beaucoup de baisses des taux durant l'année 2024. Vous aviez répondu à ma question Combien y aura-t-il de baisses de taux ? Vous m'avérez point du tout On en conclut quoi ? Que les banquiers centraux vous ont écoutés et qu'ils se sont calmés ?
Pour l'instant, ils n'ont pas fait trop. C'est le moins qu'on puisse dire. Ce qui est intéressant dans tout ce questionnement qu'on a toujours à l'égard de... que vont faire les banquiers centraux. Je pense que les banquiers centraux sont de moins en moins dans la croyance que ce sont eux qui décident du niveau des taux. Qu'ils comprennent progressivement que c'est l'inflation qui décide. Et ça, ils avaient oublié pendant 15 ans. C'est pour ça que ça prend du temps. Et là, maintenant, à chaque fois qu'on a une déception, on attend des 7 baisses de taux, pour l'instant on en a 0, on en aura peut-être une ou deux, on verra. Pourquoi on en a 0 ? C'est parce que l'inflation a surpris par sa résilience. Et la croissance aussi. L'une amenant l'autre et l'autre l'une. Donc les banquiers centraux, de se dire qu'est-ce qu'ils vont faire, il faut qu'on se pose la question, que va faire l'inflation ? Et là, on répondra mieux à nos questions qu'en posant la question aux banquiers centraux. Donc je pense que dès l'instant où on est quand même toujours engagé dans cette décroissance de l'inflation post-premier pic d'inflation, octobre 2022, on aura un peu de baisse de taux. J'aime bien l'idée des deux baisses de taux supplémentaires en Europe, ce qui ferait trois. Et j'aime bien l'idée d'une ou deux au moins d'ici la fin de l'année pour les États-Unis. Ok. Parce qu'on a des inflations. et que donc, avec un ralentissement qui devient un petit peu plus palpable. Donc ça va rassurer les banquiers centraux.
François Rémy, votre sentiment, est-ce que la BCE peut être faite dépendante beaucoup ?
Elle l'est un peu par nature quand même, même si elle dit l'inverse. Elle veut bien désynchroniser un peu sa politique monétaire, elle l'a fait en juin. Mais est-ce qu'elle sera encore capable de le faire en septembre si la Fed ne bouge pas ? Ce n'est pas certain. Je pense qu'à un moment donné, ça va la gêner. Surtout sachant qu'on est... plutôt en phase où on était, en tout cas avant les élections françaises, dans une phase un peu de reprise économique au sein de la zone euro. Donc, ça lui laissait du temps. Donc, si la Fed ne bouge pas en septembre, je pense que la BCE sera un peu gênée et aura peut-être le luxe d'être un peu patiente.
Ok. Combien vous anticipez de baisse de taux d'ici la fin de l'année sur la Fed et sur la BCE ?
Je pense que ça va dépendre de la Fed, surtout, et ça va dépendre des deux prochains prix de l'inflation. Si on écoute un peu en filigrane ce qu'ils racontent, s'ils ont besoin d'être rassurés sur le chemin de l'inflation, ça veut dire quoi ? c'est à priori trois chiffres d'inflation qui soient compatibles avec leur cible. On en a eu un, le dernier chiffre est très bon, on a deux rapports qui arrivent. Si on a deux bons rapports en ligne, oui, on peut avoir une baisse en septembre de la Fed. Si on a une mauvaise surprise sur l'inflation et un marché de l'emploi qui tient, la Fed va encore gentiment repousser comme elle l'a fait X fois. Pour l'économicien, c'est la raison.
Geoffroy Lemore, vos anticipations et questions subsidiaires. On a vécu une certaine époque où les banquiers centraux étaient... super vigilant à ce qu'on ait une forward guidance, c'est-à-dire qu'on sache ce qui allait se passer dans les mois qui viennent pour qu'il n'y ait pas de surprises sur les marchés. Est-ce que ça, on peut considérer que c'est, en tout cas, ponctuellement totalement oublié ?
Déjà, par rapport aux anticipations de baisse de taux, je rejoins ce qui a été dit, et notamment par rapport à François, sur le rythme de la Fed. Si on regarde ce qui est anticipé dans le marché, c'est à peu près ça. On a une ou deux baisses anticipées en 2024 pour la Banque centrale européenne et à peu près deux baisses pour la réserve fédérale américaine. Aujourd'hui, c'est vrai que l'affairé de guidance, on oublie un petit peu. C'est vrai qu'aujourd'hui, les banquiers centraux, l'ont dit, ils sont data dependent. C'est-à-dire qu'ils vont regarder l'inflation au mois le mois et essayer de tirer le trait à un horizon assez court. On n'a pas une vue très précise sur les niveaux d'inflation à 12, 24 mois. Il faut être très vigilant par rapport à ça. C'est vrai que les banquiers centraux vont ajuster le tir. Maintenant, notre vue chez Offi Invest, c'est une à deux baisses de taux d'ici la fin de l'année pour les deux banques centrales.
Question technique, parce qu'on n'a pas de forward guidance, donc on essaie d'en prouver, on essaie de se rattacher à des choses. L'un des réflexes que l'on a, c'est de regarder les dots, c'est-à-dire après les réunions de la fête, pour voir comment ça évolue, ces points qui nous donnent les indications de manière anonyme des différents membres, votants ou non votants d'ailleurs. C'est un bon outil à regarder ou c'est un truc pour amuser les journalistes ?
C'est un peu pour amuser. La Fed a communiqué avec ce foie en disant... Il y a un moment où le marché se collait quasiment aux dots. La Fed a expliqué qu'arrêter de se coller aux dots, ça ne sert à rien. C'est une collection de votes indépendants. Ça ne veut pas dire ce que c'est ce qui va vers la Fed, etc. Ils ont mis un peu quand même en demeure de ne pas trop leur donner de poids. Ce n'est pas inintéressant dans la dynamique. La dynamique la plus intéressante, à mon sens, aujourd'hui, c'est la dynamique et la hausse sur les doses de long terme. On voit bien que c'est un gros débat. C'est quoi la croissance potentielle de long terme ? Est-ce qu'on est en phase de revoir en hausse le R-Star, etc. ? Et donc, tous ces débats-là, ça tourne aussi autour, justement, de ce risque qu'on met sur les parties longues de courbe, sur la prime inflationniste de long terme, qui aujourd'hui est très faible dans le marché. Donc, ce n'est pas inintéressant quand même à regarder dans ce que ça implique derrière comme problématique pour la Fed à un moment.
Geoffroy Lenoir, je me tourne vers vous. Est-ce que la crise inflationniste est derrière nous ?
Le pic d'inflation qu'on a connu à 10% pour nous, oui. On est sur une trajectoire de désinflation qui est quand même assez solide. On voit qu'on a fait un beau parcours, notamment avec la remontée des taux directeurs côté Etats-Unis et côté Europe. Et on revient sur des niveaux d'inflation qui sont plus soutenables. Donc si on regarde, il reste un bout de chemin à faire, surtout aux Etats-Unis. On voit que les derniers kilomètres sont les plus durs, mais qu'on est toujours sur cette tendance désinflationniste. On garde cette vue de désinflation qui devrait perdurer pour plusieurs raisons. C'est vrai que déjà, on voit qu'il reste encore quelques facteurs spécifiques, un peu idiosyncratiques comme on dit, sur les données d'inflation qu'on vient d'avoir au cours des derniers mois, notamment des effets de base sur les prix de l'assurance, sur les réparations auto. Et ça, ça devrait gentiment, on va dire, faire baisser l'inflation dans les prochains mois. Puis on voit que les tensions sur le marché du travail ont baissé et que notamment aussi... toute la structure de coûts sur les entreprises, finalement, n'est pas forcément si importante que ça. Donc, on a des facteurs qui nous laissent penser que l'inflation aux États-Unis doit gentiment revenir vers la cible des deux. Alors, elle restera peut-être au-dessus, vers les deux et demi, deux et demi trois. Mais on n'est pas dans un scénario où, finalement, il y aura un dérapage côté États-Unis. Et côté Europe, pour nous, on est déjà revenu quasiment à la cible des 2
Frédéric Leroux, je me tourne vers vous, parce que je vous ai régulièrement en plateau. Donc je connais vos théories et je voudrais essayer de démêler deux phrases que vous m'avez dit tout à l'heure. Vous m'avez dit, un, je pense qu'il va y avoir des baisses de taux. Vous m'avez dit, les banques centrales sont désormais dépendantes que de l'inflation. Je pense que l'on est dans un environnement de désinflation, donc les banques centrales vont baisser leur taux, plus ou moins d'ici la fin de l'année. Mais vous m'aviez dit également, le premier pic d'inflation. Où est-ce que vous en êtes sur votre théorie d'une inflation durable ?
Alors, qu'on termine ce premier pic par une partie descendante qui cherche son bas, et que dans les trimestres qui viennent, on verra une deuxième jambe se voir le jour. Alors, sur la compréhension d'une inflation durable, donc au-delà de la conjoncture qu'on a pu connaître jusqu'en 2022, je pense que c'est la prise en compte de grandes tendances structurelles qui permet de comprendre pourquoi on peut avoir une inflation durable, cyclique, pendant encore, on va dire, une bonne décennie. Au-delà de la pure analyse macroéconomique, conjoncturelle, business cycle, ce qui est important, c'est la démographie, qui est de moins en moins épargnante, donc qui permet de moins en moins d'investissement, toutes choses égales par ailleurs, donc moins de productivité. C'est la géopolitique qui se tend, et on a toujours historiquement un lien entre une géopolitique tendue et des tendances inflationnistes. C'est le pool de main-d'oeuvre vraiment peu cher des pays émergents qui est un peu moins disponible qu'il a pu l'être à une certaine époque. C'est la transition énergétique qui... occasionne un coût considérable pour l'énergie et donc rapproche la période actuelle de celle des années 70, où le pétrole était l'un des facteurs majeurs de cette inflation. C'est tout ça qui est à prendre en compte. Et puis la sociologie, on ne veut pas souffrir, je l'ai dit tout à l'heure, donc on va avoir des politiques ou des polisimix monétaires, budgétaires, qui sont plutôt en soutien de l'activité, donc inflationnistes. L'élection américaine qui arrive avec vraisemblablement Trump gagnant, c'est beaucoup d'inflation. par moins d'immigration, donc des salaires plus élevés, des tarifs douaniers massifs qui vont augmenter les prix d'un certain nombre de productions. Et c'est la volonté forte et de plus en plus claire de refaire une supply-side économie, un peu à la façon de Reagan, il y a un certain nombre d'années, qui sera extrêmement inflationniste. On ne va pas s'échapper de cette inflation. Il y a à la fois les tendances structurelles qui sont maintenant vers l'inflation et les aspirations populaires qui y vont.
Comment vous réagissez ? François,
vous ?
Moi, j'aime bien cette théorie. Quand on a des choses de manière empirique et quand on regarde les cycles du passé sur l'inflation, c'est difficile d'avoir des données très longues. On a des papiers de recherche qui existent sur l'économie britannique où des études ont été faites sur les cinq derniers siècles. On arrive à retrouver des indices de prix à différentes périodes. Et on se rend compte que le phénomène de vague inflationniste est un phénomène hyper classique et qui s'explique pour des raisons comportementales, pour des raisons d'effet de base, pour des raisons géopolitiques, etc. Il y a plein de choses derrière qu'on peut mettre. Mais ce phénomène de vague... se répètent dans le temps. Donc, moi, je suis sensible à ça. Effectivement, je pense qu'aujourd'hui, c'est un risque qui est assez largement sous-évalué par le marché, ce risque d'inflation. On voit bien que les soins d'inflation de long terme, aujourd'hui, sont quasiment sur le même niveau de là où ils étaient en 2013-2014 aux États-Unis, quasiment la même chose en zone euro. Donc, on ne voit pas grand-chose là-dessus et on ne voit rien sur les primes de terme, sur les parties longues de courbe. Pour moi, c'est la partie du marché qui soutient tout le reste, en fait.
Est-ce que le problème des anticipations des marchés, ce n'est pas que les marchés ont vraiment une mémoire de que dalle ? Il s'appelle la veille et encore, ce n'est pas sûr.
Sur l'inflation, c'est un peu construit structurellement comme ça. La cible de long terme des banques centrales est à 2 donc le marché va aller coller de l'inflation autour de 2 parce que les banques centrales sont encore vues aujourd'hui comme crédibles pour atteindre leur cible à long terme. C'est comme ça qu'on réfléchit. Maintenant, je suis sensible à tout ce qui a été dit tout à l'heure par Frédéric. Le risque d'inflation existe réellement. D'ailleurs, le deuxième monde, il existe. Et aujourd'hui, il semble être très peu probabilisé par le marché là-dessus. Les banques centrales sont toujours vues comme très crédibles, mais... Est-ce que ça ne mérite pas quand même une petite prime ?
Jean-François,
l'honneur. Après, la question, c'est est-ce qu'on est dans un nouveau régime où l'inflation reste structurellement au-dessus de la cible des 2% ou est-ce qu'on va avoir un deuxième pic ? Et c'est vrai que ce deuxième pic, aujourd'hui, il paraît difficile à voir si on n'a pas un choc vraiment conjoncturel, comme on a pu connaître au cours des dernières années, avec le Covid, avec la guerre en Ukraine. On peut avoir d'autres chocs, on ne peut pas les deviner. Mais aujourd'hui, si on regarde avec les données qu'on a aujourd'hui, c'est vrai qu'on peut avoir une inflation qui reste structurellement un petit peu au-dessus des 2%.
Question justement, Frédéric, je voudrais qu'on parle des bénéfices des entreprises. Parce que quand on regarde ce qui fait le prix, notamment sur les marchés actions, c'est le niveau des taux d'intérêt, mais c'est aussi la performance économique des entreprises. Comment la juger ? Parce que finalement, on s'était dit, l'inflation, ce n'est pas bon pour les entreprises. Et on n'a pas l'impression d'avoir une très forte dégradation des marches. Bien au contraire.
Oui, c'est vrai. Je ne suis pas là pour l'expliquer, je ne sais pas. Ce n'est pas franchement ma partie. Mais c'est clair que tout le monde a été surpris en bien. par les marges des entreprises. On a tous cru que l'inflation allait un petit peu inverser le miracle des 15 années passées où la désinflation, notamment menée par des augmentations salariales très faibles, avait expliqué, au moins a posteriori, la hausse des démarches des entreprises. On pensait que l'inflation allait casser cette dynamique. Ça n'a pas été le cas, en tout cas pas pour l'instant. Ce qui justifie d'ailleurs toujours l'optimisme des marchés, et on en reparlera peut-être après ou peut-être dès maintenant, le fait que ces marchés sont quand même de plus en plus étroits. dans leur hausse, mener, tirer, pousser par quelques valeurs dont le marché continue de penser que la croissance des résultats peut se poursuivre, voire s'amplifier dans les mois qui viennent.
Est-ce qu'il faut s'inquiéter, François, de la situation des techs, notamment des 7 magnifiques qui en ont perdu une en route, qui a arrêté de rouler, qui a roulé à sens inverse ?
Non, on a un phénomène qu'on a déjà connu par le passé, un phénomène de concentration des performances très fort, phénomène de domination de la tech américaine totale sur le marché. C'est en... À ce point-là, je pense qu'on l'a rarement vu, mais on a eu des phénomènes de concentration comme ça dans les années 30. On en a vu évidemment au moment de la bulle tech, etc. Donc, c'est un truc qu'on a déjà connu. Est-ce que c'est, entre guillemets, un signe de bonne santé du marché ? La réponse est historiquement plutôt non. Il y a bien un moment en général où ça explose. Est-ce que ça suffit pour dire que le marché va se retourner demain ? Non plus. Ce phénomène de est-ce qu'on peut la passer à une bulle ? Je n'appellerais pas ça une bulle parce qu'il y a des vrais profits. À Nvidia, il y a des profits gigantesques derrière, etc. Ça change de 2000. On n'est pas dans la même situation, mais il faut quand même se poser la question sur le fait que ces profits exceptionnels qui sont aujourd'hui réels, est-ce qu'ils sont projetables comme ça, de vitamme éternable, avec des marges aussi élevées et une croissance aussi forte ? On peut être songeur, mais c'est très difficile de lutter contre ça et de se remettre en face.
Là, on voit un risque. Je voudrais qu'on essaie, justement, avant qu'on passe aux positions d'allocation d'actifs, de regarder les risques qu'on n'a pas évoqués. Geoffroy, je me tourne vers vous. S'il y a un risque aujourd'hui qui vous semble être un risque à regarder de près, vous me diriez quoi ?
C'est vrai qu'il y en a plusieurs. Les risques géopolitiques, c'est vrai qu'on n'en parle plus forcément beaucoup ces derniers temps. On se concentre sur la politique pure, on va dire, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Royaume-Uni. Mais c'est vrai que la politique et la géopolitique, les deux ensemble, ça peut être... source de risque d'ici la fin de l'année. Donc, il faut vraiment avoir un œil dessus. Et notamment, on en parlait tout à l'heure, c'est vrai qu'une démission de Macron, ce n'est pas notre scénario, pourrait rebattre les cartes, même à l'échelle européenne. OK.
Risques géopolitiques à regarder. Frédéric Leroux, quel est le risque que vous auriez envie de regarder de près ?
Il y a le risque structurel de redémarrage inflationniste avec son impact sur les taux d'intérêt et donc notamment sur toutes ces valorisations hyper tendues des Magnificent Seven et d'un petit peu plus. Ce sont ces valeurs de croissance avec des valorisations très élevées qui souffriront le plus de la hausse des taux, de la même façon que ça s'est passé en 2022 ou dans les années 70. Les entreprises continuent à gagner beaucoup d'argent, mais leur valorisation était tellement élevée que l'effet de la hausse des taux sur la valorisation des profits futurs était plus important que la capacité des entreprises à gagner de l'argent. Et un risque plus conjoncturel qui est celui, je pense, donc d'un retournement de la politique monétaire japonaise. On sait très bien que les taux bas japonais ont nourri la spéculation sur beaucoup d'autres marchés, un gros yen carry trade. Je pense que ce serait un événement de liquidité, en plus de certains autres plus techniques, qui empêcheront probablement les actifs risqués de continuer à bien performer.
Et vous trouvez la Bosch pas bonne en forward guidance ? Parce que j'ai un peu le sentiment qu'ils sont quand même assez vigilants dans leur communication.
Ils sont coincés par l'évolution de l'inflation et aussi ils découvrent que c'est l'inflation qui décide dans les deux sens. Ils sont aussi très coincés avec une politique qui consiste à affaiblir le Yen en espérant que ça aidera un petit peu l'économie, notamment par les exportations. Et en fait, ce n'est pas le cas. Ça augmente une... une inflation qui ne permet pas à la hausse des salaires qu'on a enfin observé au Japon, de donner du pouvoir d'achat aux ménages. Donc c'est une impasse économique, il faut qu'ils reviennent complètement sur leur modèle, qu'ils suivent depuis des années, accepter un Yen fort, des taux plus élevés, et se rendre compte à ce moment-là, je pense, qu'ils ont acquis au fil des années une compétitivité extraordinaire que n'empêchera pas de se matérialiser la hausse du Yen et la hausse des taux.
Ok. François Rimeux, le risque que vous avez envie de monitorer ?
Moi, ce qui m'effraie, ce sont les parties longues de courbe américaines, parce que je pense que c'est elles qui tiennent un peu tout l'équilibre du marché aujourd'hui. Si on voit un spike sur les parties longues de courbe de taux, je pense que tout le monde souffrira. Et donc, qu'est-ce qui peut amener ça et que le marché n'anticipe pas ? Potentiellement, ce sont les matières premières, en général. Les mouvements sur le pétrole sont assez bien corrélés avec les niveaux de taux. Et aujourd'hui, il y a un consensus, ça se moue, disons, que sur le pétrole, il ne va pas se passer grand-chose. Donc, ça rejoint un peu le côté géopolitique. En général, il y a un lien. mais est-ce qu'on pourrait être aussi tranquille que ça sur le marché du pétrole ? Aujourd'hui, on ne voit pas de signe, mais on ne sait jamais, avec un dérapage des parties longues de courbe derrière, qui pourrait être très compliqué à gérer.
Ok, ça fait un peu plus d'une demi-heure qu'on est ensemble, donc on va traiter maintenant la partie allocation d'actifs de manière très rapide, mais très précise aussi. Je vais vous poser des questions, je vais vous demander de répondre en deux mots, juste pour donner le sentiment. Première question, on voit bien les difficultés actuellement européennes, difficultés économiques avec une croissance qui est molle, même si elle redémarre un tout petit peu, difficultés politiques en Europe, notamment avec la situation française. Est-ce que sur le second semestre 2024, il faut prendre ses distances par rapport à l'Europe ? Oui, plutôt oui, non, plutôt non. François, comme vous me regardez, c'est vous qui avez la parole la première.
À court terme, plutôt oui. J'imagine mal les flux à destination de l'Europe accélérés alors qu'on est en pleine incertitude politique européenne et française. Donc, le léger mieux qu'il y avait, je pense qu'il va être en mode pause. À court terme, plutôt oui. À moyen terme, pas forcément.
Prédirectement ? Je vais te dire la même chose.
Ok, parfait. Geoffroy Lenoir.
Même constat, c'est vrai que le risque politique à court terme qui favorise plutôt les États-Unis que l'Europe, mais sur la fin d'année, on voit plutôt une reprise côté Europe vis-à-vis des États-Unis.
Ok, parfait. Maintenant, deuxième question. Je vais vous demander là encore des réponses simples. Sur le second semestre 2024, dans un portefeuille diversifié, faut-il être plutôt action ou plutôt taux ? Geoffroy.
On n'a pas changé de vue depuis le début de l'année. On est neutre action et on est plutôt long sur la partie obligataire. Et sur la partie obligataire, on préfère le haut rendement.
Alors, on y reviendra après. Donc, plutôt taux que action.
Je dirais plutôt gestion active dynamique fondée sur les marchés d'action. J'expose, je désexpose. C'est là qu'est la valeur.
François Rime.
Des taux courts, pas longs, parce qu'on ne sait jamais. Et sur les actions, ça va énormément dépendre des parties longues de courbe. Donc je suis très stressé des parties longues de courbe.
Je reviens vers vous Geoffroy, sur la partie obligataire. Souverain, corporate ou à yield ? On rappelait tout à l'heure votre passé de gérant monétaire. Pendant des années, on sait tous que le monétaire, ça a très bien marché pendant une période, et puis après, on ne considérait même plus que c'était une classe d'actifs. Aujourd'hui, le monétaire est redevenu une classe d'actifs ?
Oui, bien sûr. Le monétaire est en couple. On a des taux monétaires qui sont indexés sur les taux de la Banque Centrale Européenne, sur le taux de dépôt. On était à 4% depuis plusieurs mois. On est passé à 3,75%. C'est vrai qu'on doit avoir finalement des taux monétaires, des fonds monétaires qui ont une performance pas très loin des 4% sur l'ensemble de l'année 2024. Donc, ça reste intéressant. C'est un produit d'attente, bien évidemment. Et on est quand même rémunéré sur des taux intéressants. Après, sur la partie obligataire, on est déjà à 2% depuis le début de l'année sur le monétaire. Si on regarde, parce que c'est la fin du semestre, on peut faire la photo de milieu d'année, sur les taux obligataires, on a une performance qui est négative de l'ordre de 1,5% depuis le début de l'année, 1,5-2% sur les indices européens en particulier. Sur la partie crédit de bonne qualité, on est légèrement positif, 0,5-0,6%. Par contre, sur le crédit haut rendement, on a des performances qui avoisinent les 3% déjà depuis le début de l'année. C'est vrai qu'on pense que cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Donc, toujours profiter du fameux portage des niveaux de taux élevés sur la partie haut rendement en évitant les dossiers qui sont un peu stressés, bien évidemment.
Même idée. Si on veut aller sur le corporate, il faut prendre un petit peu de risque et donc aller chercher du rendement. On peut y aller parce que compte tenu de tout ce qu'on a pu dire, on va éviter à tout prix une récession qui serait le pire ennemi de cette classe d'actifs. Et donc, partant de là, au contraire, profitons du portage.
Oui, le portage, c'est super.
On est dans un... Moi, je vous ai quand même entendu, je suis plutôt court.
Quand on regarde la durée moyenne du high yield, il est en général plus court qu'un investment grade. Donc on va aller prendre une sensibilité de 4, 5 autour sur du high yield, 3, 4, 5. Et c'est assez court. Plutôt que d'aller prendre de la durée longue, je préfère ça. Les sociétés ont une forme financière qui est bonne.
Elles ont pu se refinancer depuis le début de l'année assez largement. Donc les risques ont baissé sur cette case d'actifs. Ok,
on en passe donc du coup du côté des actions, plutôt actions, plutôt grosses ou plutôt value ? Frédéric Leroux.
Alors, barbel, c'est-à-dire qu'on a fait les performances depuis la fin 2022 sur les valeurs de croissance, notamment ces belles valeurs de techno américaines. Si on croit comme moi qu'à un moment ou à un autre, la hausse des taux redémarre à la faveur d'une deuxième vague d'inflation, il faut au contraire réduire un petit peu ce poids-là et donc déjà se prépositionner. vers des choses qui profiteront d'un environnement plus favorable à la value. Donc ça veut dire aller peut-être un peu moins aux États-Unis, un peu plus en Europe, un peu plus au Japon, un peu plus en Asie globalement, chercher de la cyclicité économique et de la sous-valorisation. En Europe, on a tout ce qu'il faut en sous-valorisation. Il en reste encore au Japon, malgré son très beau parcours. Voilà, donc plutôt value, plutôt moins d'US et plus de reste du monde, notamment pour mieux naviguer dans un univers de taux qui remonterait.
Moi je suis assez en accord avec ça, mais sans doute pas à court terme, parce que je pense qu'à court terme ce sont les flux politiques qui vont compter, plus qu'autre chose. Mais je ne suis pas du tout en désaccord avec ce qui a été dit sur toute la fin d'année. Effectivement, la partie la plus chère c'est la partie tech, donc c'est la partie grosse. Tout ça c'est le même trade en fait, c'est la même chose. Et effectivement, dans un cas de tension obligataire, c'est la partie qui va le plus souffrir. Donc elle est compliquée à imaginer à long terme. Mais malheureusement ou heureusement, dans les quelques mois qui viennent, c'est sans doute là où encore les flux vont se diriger, parce que l'Europe n'est pas vraiment une alternative aujourd'hui.
Geoffroy Lenoir, votre sentiment ? Growth ou value ? Et quel pays plutôt ?
Encore une fois, on ne va pas forcément mettre tous les deux dans le même panier. On ne va pas être très value, mais à la marge, on va dire qu'on va être un peu value. C'est toujours le biais du gérant en action aussi, c'est d'aller chercher les valeurs.
Je sens Eric Thurman qui sort de ce corps.
Un petit peu de value, c'est vrai que quand on voit les niveaux des banques en Europe, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a quand même un petit peu de potentiel. Une fois qu'on aura un petit peu passé le risque politique, il pourra y avoir quelques affaires à faire côté Europe. Pas forcément tout de suite, mais donc il faut suivre ça côté Europe.
Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous. Je vous rappelle, on se retrouve exceptionnellement demain matin à 10h pour une émission spéciale. Et autour de la table, il n'y aura pas des professionnels de l'asset management, des conseillers en gestion de patrimoine, des économistes, mais il y aura des journalistes. Et on essaiera de refaire le monde lors d'une édition spéciale avec mes camarades Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire France. Salut ! Bonne soirée, à demain.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Le mois dernier, nous nous sommes retrouvés le 4. Cinq jours plus tard, les Français se rendaient aux urnes et dans la foulée, le président de la République a dissous l'Assemblée nationale. Pas une seule fois dans notre émission précédente, nous n'avons évoqué ce scénario. Erreur majeure. Ne cherchons pas à nous en dédouaner. Certes, se focaliser sur le scénario central a du sens, mais il faut toujours étudier les pistes alternatives. Cela vaut. aussi bien pour les journalistes que pour les conseillers en gestion de patrimoine. La bourse ne peut-elle que monter à long terme ? Les CPI sont-elles toujours des produits performants et liquides ? Autorisons-nous donc ce droit à l'erreur à une condition, toujours savoir en tirer les leçons. Bienvenue sur le plateau des Plus Encore, le magazine de la finance et de la gestion de patrimoine, une émission diffusée sur H24 Finance, LinkedIn, YouTube et... Et plus encore, ravi de vous retrouver, on attaque tout de suite,
générique.
Ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Et Plus encore, en étant aujourd'hui ensemble pendant on va dire une, peut-être un tout petit peu plus. Je vous donne tout de suite le programme de cette émission. On commencera comme à l'accoutumée avec Nadine Crémolière, directeur de Primonial Portfolio Solutions pour le Point Marché. Nadine ne sera pas en plateau, elle sera dans quelques instants avec nous en duplex depuis. La femme dans l'actu ce mois-ci, c'est Marielle Cohen-Branche, médiateur de l'autorité des marchés financiers. On parlera avec elle, je pense, à un assez long moment de la médiation et notamment du sujet de la médiation et des CIF. Environ, on va dire, vers 25, il sera avec nous, fidèle au poste pour son journal décalé, c'est Georges Delataille. Et puis, peu ou prou, on va dire à l'admis, on aura le G3 Bourse. avec nos invités, changement de plateau pour des sombres histoires d'agenda. Donc, fidèle au poste, Frédéric Leroux de Carmignac Gestion. Et avec lui, on aura également Geoffroy Lenoir de chez OVIFI Invest AM et François Rimeux de Crédit Mutuel Asset Management. Voilà le programme. Tout de suite, je rejoins mon fauteuil et on regarde si la liaison marche avec Nadine. Ça marche Nadine, vous êtes avec nous ?
Oui,
bonjour Jean-François. Bien, allez, on attaque tout de suite Nadine. Donc vous êtes au Martinez. Vous êtes quoi ? Vous êtes en séminaire ?
Exactement, avec des partenaires CGPI.
Bien, alors on regarde tout de suite, si vous le voulez bien, le tableau des actions. Et lorsqu'on regarde ce tableau, lorsqu'on regarde la dernière colonne et l'avant-dernière colonne, c'est-à-dire le mois de juin et le début de l'année, on voit très clairement qu'il y a deux mondes. D'un côté MSCI World, S&P et Nasdaq en forte progression. L'Europe, la Chine en cata. en tout cas le mois dernier, pourquoi le monde paraît aussi disloqué ?
Le mot à la mode actuellement, c'est polarisation. Polarisation des opinions publiques, polarisation des pays, polarisation géopolitique. On s'aperçoit qu'effectivement, les États-Unis ont un énorme avantage et qu'ils bénéficient de sociétés technologiques. Encore une fois, on parle toujours un petit peu des mêmes sujets depuis à peu près 18 mois. Que ferions-nous sans Nvidia, Apple et Microsoft ? Et actuellement, le mois de juin était complètement conforme à ce que l'on voit depuis un certain nombre de mois. C'est-à-dire que ce sont ces sociétés-là qui ont fait la performance des marchés américains. Ils sont de plus en plus prépondérants dans les indices et c'est eux qui expliquent globalement 80% de la performance de l'année, mais aussi du mois de juin. Donc on a un mois de juin qui est complètement conforme. Et puis de l'autre côté, l'Europe qui a une difficulté. qui a été par les élections, et on peut y revenir, mais effectivement, c'est un peu la déception des élections qui fait que l'Europe recule.
Je voudrais qu'on revienne, Nadine, si vous le voulez bien, sur les small caps, on en avait parlé le mois dernier, on disait que ça allait un peu mieux, là ça ne va pas mieux. C'est quoi ? C'est un effet liquidité ? C'est un effet politique ? C'est un effet économique ?
Je pense qu'il y a une double conjonction, premièrement effectivement politique, ça ne nous a pas échappé que l'Assemblée nationale était dissoute et qu'on se présente en France, qu'on se prépare à des élections un petit peu compliquées, on est entre les deux tours, et nul ne sait si on aura un gouvernement qui sera capable de prendre des décisions à partir de la semaine prochaine. Ça, ça affecte effectivement le tissu, on va dire, le tissu économique européen et particulièrement français, et donc les small caps, dans les indices small caps européens, il y a quand même un certain nombre de... d'entreprises françaises. Il y a un second effet aussi non négligeable, c'est qu'effectivement la BCE a baissé les taux, on en parlera peut-être quand on parlera des taux au mois de juin, mais on n'a pas l'impression qu'on rentre dans une espèce de cycle d'assouplissement plus important. Et cela, malgré tout, c'est un peu en train de faire un peu mal à tout ce biais small cap, où on s'attendait, rappelez-vous, à ce que le coût de l'argent baisse significativement. Et on n'est plus vraiment dans ce scénario-là. Et c'est ça qui fait peut-être que les small caps ont perdu un peu de leur attractivité sur le mois de juin.
On regarde justement tout de suite le tableau des taux d'intérêt. On constate effectivement que la Fed n'a pas bougé, mais que l'ABC a baissé de 25 points de baisse. Moi, je voudrais regarder avec vous, m'intéresser aux 2,50. Du Bund allemand, on voit que les taux allemands ont plus baissé les taux longs que les taux américains. C'est quoi ? C'est grâce à la France ? C'est du fly to quality ou c'est un mouvement autre ?
Oui, vous avez raison. Je veux dire, quelque part, l'écartement du spread, de l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a été à la fois bénéficier à l'Allemagne, c'est-à-dire que ce phénomène, comme on le disait très justement, de fly to quality, on va chercher la qualité au détriment peut-être de la dette française. Et c'est ça qui a fait que les taux ont légèrement baissé en Europe. Mais regardez, le 10 ans allemand, on a perdu quoi ? 15 BP. C'est quand même un phénomène qui est relativement faible.
Est-ce qu'il faut s'attendre ? Vous vous évoquiez, il y a de cela quelques instants, sur les small caps, les éventuelles déceptions sur des baisses de taux à venir de la part des banques centrales. Est-ce qu'il faut s'attendre à une baisse des taux longs ?
Non, c'est vraiment le sujet que je porte depuis quelques semaines. Je veux dire, tout le monde assimile un petit peu les taux. un ensemble homogène. Je pense qu'il est très hétérogène avec des taux longs qui sont inversés par rapport à la partie courte de la courbe. Donc, on a globalement, schématiquement, un taux court à 3,75 et des taux longs qui sont à 2,50 quand on regarde l'Allemagne. Je pense que la courbe va, au fur et à mesure que la BCE va baisser ses taux, va se rétablir peut-être dans une position plus normale, c'est-à-dire ascendante. Et ça, ça va un petit peu gêner les taux longs. Je ne vois pas forcément de potentiel de baisse sur les taux longs. On a quand même toujours... toujours de l'inflation toujours importante, toujours autour de 2,50, 2,60. Une croissance qui est, on va dire, autour de 0,50, donc des taux longs à 2,50. Je trouve qu'il n'y a rien d'anormal là-dessus.
Ok, je voudrais maintenant qu'on passe à l'allocation d'actifs. L'allocation d'actifs qui progresse sur le mois de 1,1%, c'est exactement comme le mois dernier. D'ailleurs, la hausse, la performance s'est faite ces deux derniers mois. Quels sont les contributeurs à la performance en ce mois de juin ?
Si je vous parle de la technologie, je pense que vous ne serez pas surpris. On avait switché depuis deux mois sur un fonds pur techno qui a fait 10% sur le mois de juin, donc qui a contribué à plus de la moitié ou à peu près à la moitié de la performance de notre profil. On avait aussi de l'émergent qui n'a pas trop mal marché. Et puis le détracteur, c'est comme je vous le disais, légèrement les small caps. Donc on est en train de se poser des questions pour le prochain semestre, de savoir quels sont les mouvements à faire.
Alors justement, les mouvements à faire, vous allez faire plaisir à quelques investisseurs et à quelques conseillers qui aiment bien que ça bouge et qui ne veulent pas se limiter à faire du suivi. Ça va bouger pas mal. Qu'est-ce qui sort de l'allocation d'actifs ? Quels sont les fonds ou les classes d'actifs qui vont disparaître désormais ?
Alors vous l'avez compris dans mon discours précédent, effectivement les small caps, je pense que c'est un peu trop prématuré d'attendre un rebond important. Donc on s'y était mis tactiquement, on a eu un petit rebond, donc on l'a pris et on est content de l'avoir pris. Mais maintenant, je pense que les prochains mois, et notamment avec toutes les incertitudes sur la France, ce n'est pas forcément une période favorable pour les small caps, donc on sort les small caps. Quoi d'autre ? Le second segment... qu'on sort et qui est quand même relativement majeur, parce que c'est une position qu'on a depuis relativement pas mal de mois et on se posait la question de savoir s'il fallait la garder ou pas, c'est l'immobilier. Et je pense que l'immobilier, on est un peu pris par la même problématique que les small caps, c'est-à-dire qu'on sait qu'à un moment, ça va rebondir, mais je ne suis pas forcément sûre que le timing soit le plus, on va dire, intéressant maintenant et que peut-être que c'est un dossier qu'on réouvrira en 2025. Or, toujours pareil, dans l'allocation, quand vous voulez faire rentrer des classes d'actifs, Il faut bien faire des arbitrages sortants. Et donc, comme on avait peut-être quelque chose de plus attractif à notre sens que l'immobilier, c'est pour la raison pour laquelle on supprime tout l'immobilier. Donc, on bouge pratiquement 15% du portefeuille à partir de ce début du mois de juillet.
Ok, 5% sur les small caps en moins, 10% en moins sur l'immobilier. On rentre quoi ? Que met-on à la place des small caps ?
Alors, les small caps, on... On cherche toujours pareil, l'internationalisation de nos positions, on sort de l'Europe. Donc on est allé chercher un fonds qui est plutôt un fonds mix, diversifié, c'est-à-dire qu'on réduit potentiellement un tout petit peu la position action, puisque ce n'est pas un fonds pure action, donc on ne switche pas 100% action contre 100% d'action d'une autre zone géographique. Le fonds c'est Arcovalor, qui effectivement est un mix entre des actions et des obligations. Il a une vision internationale qui nous intéresse. un peu moins d'exposition sur les marchés actions pour, on va dire, accompagner cet été qui peut être un peu plus difficile.
Ok, que mettons à la place des 10% que l'on avait sur l'immobilier, qui avait quand même une caractéristique, c'était d'être plutôt stable officiellement. Alors certes, on a vu la crise, mais à la base, tout le monde pensait que l'immobilier était stable et d'offrir du rendement.
Alors on cherche justement, c'est exactement la même thématique que l'on va rechercher, c'est-à-dire qu'on cherche du rendement, on abandonne un petit peu de liquidité pour un excès de rendement, et pour moi le mieux placé actuellement c'est la dette privée. Donc ce sont des solutions qui sont un peu similaires à ce qu'on appelle le private equity, c'est-à-dire ce sont des obligations qui sont émises par des sociétés non cotées, dans des fonds qui jusqu'à maintenant n'étaient pas du tout accessibles dans l'assurance vie. On apporte une solution actuellement qui nous paraît très attractive, qui est géré par une société très spécialiste de cela qui s'appelle Abza, et effectivement qui va nous proposer un produit qui a un rendement de, on va dire entre 3 et 4 en brut de frais au-dessus de le rebord. Le rebord, c'est 3,75. Donc vous voyez, on a un rendement, un potentiel de rendement qui est supérieur à 7 Dans cet environnement-là, c'est ce qu'on recherche, du rendement avec une valorisation qui soit relativement… stable, donc cette résilience de la performance, on va la retrouver là et avec un rendement qui est quand même supérieur à celui qu'on peut exporter sur l'immobilier tout au monde à l'accrochement.
Question Nadine, est-ce qu'en faisant ce choix on se bloque pour les années à venir, puisque c'est du non-coté ou est-ce que si demain on trouve de meilleures opportunités, on pourra arbitrer ?
Non, la beauté de ce produit-là, c'est que comme un petit peu la solution de Travail & Equity qu'on avait apporté, c'est qu'on a une liquidité qui est bimensuelle. Donc, on peut très bien imaginer que, comme vous le disiez très justement, si on trouve une autre opportunité avec un peu plus de rendement ou un peu plus d'intérêt, on n'hésitera pas à le switcher. On n'est pas là pour… Alors, bien sûr, ce sont des rendements qui sont à regarder sur des périodes de 4-5 ans. Je ne veux pas vous dire qu'on n'est là que pour 6 mois. Mais fondamentalement, on a la possibilité d'en sortir si on pense qu'on trouve des… opportunités plus importantes dans les prochains mois.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Nadine, on vous retrouve au mois de septembre en plateau. Tout de suite, une femme dans l'actu. La femme dans l'actu a été juriste de banque, conseiller à la Cour de cassation, membre de la commission des sanctions de l'autorité des marchés financiers, membre du tribunal international administratif de la Banque mondiale. Elle est depuis 2011 médiateur de l'autorité des marchés financiers. Marielle Cohen-Branche est avec nous à l'occasion de la présentation de son rapport annuel 2023. A priori, Marielle, votre dernier rapport, puisque vous devez normalement prochainement quitter vos fonctions. Marielle, comme cette émission est très largement suivie par des conseillers en investissement financier, je voudrais, si vous le voulez bien, revenir sur votre rapport, non pas de 2023, mais de 2022, où un encadré m'avait interpellé. Il était intitulé... Le refus d'entrer en médiation par les CIF, une occasion manquée. Où était le problème ?
On s'est posé la question, puisque en général, les refus d'entrer en médiation, qui est un droit au cas par cas, dans la médiation de la consommation, mais ne dépasse pas 3 ou 4 et peut se comprendre. Un professionnel vous disant, celui-là, jamais, il est de mauvaise foi. Mais quand ça devient plus systématique, alors on se demande, pourquoi rater une telle occasion ? puisque je vous rappelle que la médiation de la consommation offre, en tant que moi, médiateur public, une occasion confidentielle pour le professionnel, gratuite, d'essayer de résoudre à l'amiable, effectivement, son litige. C'est-à-dire sans avoir besoin d'aller devant les tribunaux, puisque là c'est payant, il y a un aléa, et en plus il a des frais d'avocat. Donc on s'est posé la question.
Alors vous avez mené l'enquête et ça a donné quoi ?
Alors, des hypothèses. La première hypothèse, c'était au fond, est-ce que c'est lié à l'association à laquelle ils sont affiliés ? La réponse est non. Deuxième hypothèse, est-ce que c'est lié au produit un peu moche ? La réponse a été sans doute oui. On va retrouver des produits de part de sociétés qui sont en liquidation judiciaire. Donc ça, ça a été déjà le point commun. Et puis aussi le fait que je me suis posé, je suis très libre dans mes propos. Est-ce que ce n'est pas un peu de cynisme ? Parce que finalement, une fois que la société est en liquidation judiciaire, le préjudice, lui, ne sera définitivement connu, en tous les cas, c'est ce que l'on croyait à l'époque, qu'au bout de 15 ans. Et donc, pourquoi dès maintenant ? ouvrir un dossier, puisque même si on n'a pas été parfait dans l'examen des problèmes, le préjudice sera plus tard.
Question Marielle, les affaires dont vous parlez, j'imagine que vous avez dû voir des dossiers type Maranatha, etc. Quand vous écrivez ça dans votre rapport 2022, comment réagissent ces associations professionnelles ?
Il y en a une qui a pris contact avec nous et qui a souhaité, parce que c'est aussi sa responsabilité précisément, d'aller voir et de contrôler ces... une partie des 7000 CIF qui existent en France, et qui nous a dit on veut comprendre avec vous Alors, on a commencé à observer que c'était peut-être, alors je ne vais parler qu'avec des conditionnels, les assureurs qui étaient au fond peu enclins, et puis derrière les assureurs, il y avait peut-être les avocats des assureurs. En tous les cas, cette prise de conscience a permis de diminuer en 2023 ce pourcentage. Il reste tout de même encore à améliorer la prise de conscience de l'intérêt concessif d'aller. Nous, nous sommes des experts. Les magistrats sont souvent des généralistes. Et donc on peut effectivement, on va dire, mieux équilibrer ce qui peut, au fond, être dû à un aléa des marchés ou être dû à des dysfonctionnements. Et donc, de ce point de vue-là... Nous avons, et j'en suis heureuse, vu diminuer le nombre des refus. Mais il reste encore un progrès, puisqu'au fond, il y a encore 25% des cas où on a un refus. Et puis, je voudrais aussi attirer leur attention. Quand vous refusez d'entrer en médiation, la confidentialité n'a pas commencé à jouer. Donc, le refus est un droit, mais je vais transmettre ce dossier au service d'enquête. Ok,
je voudrais qu'on rentre, puisqu'on voit les affaires, je citais tout à l'heure Maranatha, mais il y en a d'autres, et d'ailleurs, elles sont mentionnées dans votre rapport 2022, sur le sujet du préjudice. Parce que, dans la pareille situation, comment vous faites pour rentrer en médiation ? C'est vrai que, quand on a une société qui est en dépôt de bilan, on ne connaît pas le préjudice immédiatement.
Alors, c'est ce que l'on pensait depuis très longtemps. C'est-à-dire que le préjudice n'était ni actuel ni certain, parce qu'il fallait attendre la fin de la liquidation judiciaire qui intervient souvent au bout de 15 ans. Mais ça commence à changer. Beaucoup de liquidateurs judiciaires vont entrer en contact effectivement avec les créanciers pour leur donner des informations, pour dire ça y est, j'ai examiné le dossier, et quelques fois au bout de 2 ou 3 ans seulement, vont pouvoir dire... vous, créanciers, vous ne toucherez que 5 à 10 Et on voit apparaître, et ça, il faut que les cifres le sachent, des cas où, effectivement, des tribunaux de première instance, et on sera attentifs à ce que disent les cours d'appel maintenant, vous disent, donc, je condamne dès maintenant à payer une somme donnée qui correspond à 80 ou 50 du préjudice, parce que nous sommes sûrs qu'au moins ce pourcentage-là ne sera pas, effectivement, remboursé. par la vente des actifs.
En pratique, si on doit résumer, d'un point de vue pédagogique, comment ça marche la médiation ? J'ai l'obligation d'informer mes clients de l'existence des différents médiateurs. Vous, vous êtes compétente pour quel type de litige ? Et comment se passe une médiation ?
Alors, si je veux faire très court, je suis compétente quand l'AMF est compétente. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut aller un petit peu plus loin. D'une part, nous ne sommes compétents, c'est-à-dire le service de médiation, mais tu as entendu que moi, je ne suis pas... du tout une salariée de l'AMF, je suis indépendante, je suis nommée par le président pour des mandats, et vous l'avez rappelé maintenant, près de plus de 12 ans, mais si effectivement un consommateur, quel qu'il soit, on va dire, le domaine marchand, mais pour tous les domaines marchands, c'est un droit qui a été conféré par une directive européenne qui a organisé la mission des médiateurs. Et donc, il faut déjà rester en amiable. Il faut avoir ensuite... Effectivement, tenter, et c'est normal, une réclamation écrite préalable. auprès de son professionnel. Et si ça relève de la compétence de l'AMF, c'est-à-dire les placements financiers. Et la grande difficulté qu'il y a, c'est que les gens, et je les comprends, confondent, n'ont pas une claire conscience, et je les comprends beaucoup, entre ce qui relève du bancaire et ce qui relève de l'assurance et ce qui relève des placements financiers, parce que souvent, c'est fait par les mêmes conseillers. dans les mêmes établissements. Donc, ce travail-là de la recevabilité. Et puis ensuite, si c'est bien dans mon secteur, j'ai une équipe de six juristes talentueux qui vont examiner effectivement, au regard de la responsabilité des civils, s'il y a une faute, oui ou non, et s'il y a un préjudice, oui ou non, qui est causé par cet éventuel dysfonctionnement. Et dans un cas sur deux, je fais une proposition. Et je suis suivie en moyenne à 95%. Et donc, ça reste gratuit. Disons-le, l'AMF ne connaît pas le nom des professionnels qui entrent en médiation avec moi.
Je voudrais qu'on regarde deux petites secondes votre rapport 2023. Lorsque je regarde dans le détail, je vois que dans les litiges les plus importants, il y a le PEA. Mais ça, c'est quelque chose que vous aviez fait noter de longue date. Dans les tendances nouvelles, je vois l'immobilier et les cryptos. Vous pouvez m'en dire plus ?
Voilà. Alors, vous avez raison, s'il y avait une conclusion à retenir, c'est qu'on a un tassement des thématiques classiques, et vous avez cité, mais ça reste tout de même mon premier secteur de litige, le PEA, puis l'épargne salariale et les ordres de bourse, bien naturellement, mais la conjoncture, et peut-être aussi les questions technologiques, ont conduit à une double conséquence, c'est-à-dire deux secteurs nouveaux pour lesquels j'ai enregistré un doublement. Un doublement des demandes, c'est d'une part la pierre-papier, à cause de la conjoncture immobilière, c'est-à-dire les SCPI et le crowdfunding immobilier, et puis d'autre part, les litiges liés aux crypto-actifs, qui ont également doublé globalement, même si les dossiers recevables, eux, ont stagné. Alors si on revient effectivement à la pierre-papier, j'ai envie de dire, les gens ont cru investir directement dans l'immobilier, mais ils ont investi. Merci. dans un placement financier.
Est-ce que vous avez noté des problématiques de commercialisation sur la pierre-papier dans les litiges que vous avez vus ? Ou est-ce que c'est des choses de nature différente ?
On va dire que la plupart du temps, aujourd'hui, pour les SCPI, je ne dirais pas la même chose pour les crypto-actifs, pour les SCPI, l'essentiel, ce n'est pas la commercialisation. Parce que ce sont des produits long terme, ils ont investi il y a très longtemps, et donc ils ne se souviennent plus. effectivement, ou c'est trop tard, la façon dont ça a été commercialisé, d'autant plus qu'ils l'ont peut-être reçu par héritage. Donc pour l'essentiel, les litiges que je reçois tournent autour de pourquoi je n'arrive pas à vendre mes parts de SCPI, de peur que la baisse s'aggrave, et au fond, pourquoi ça prend si longtemps ? Et pourquoi, si je dois résumer, problème de décote ? de la vente, du prix de la part et problème de délai. Et là, on va surtout faire de la pédagogie. Et c'est vrai que peut-être que ça a été mal commercialisé, mais il faut aussi savoir que moi, je raisonne, comme le ferait un juge, ce que j'ai été, au regard de la charge de la preuve. Si on ne me donne pas les documents commerciaux...
à partir desquels on leur a dit pas de problème, allez-y, moi je ne peux pas. Si j'avais effectivement, si en revanche on me donne un document commercial et que je vois que le document est déséquilibré, alors là je peux venir faire un reproche aux professionnels.
Je voudrais me mettre du côté maintenant du côté de l'épargnant. On a commencé notre échange du côté professionnel. Certains dépargnants reprochent la médiation, le fait que finalement, on ne traite que des cas ponctuels par la confidentialité que vous avez évoquée tout à l'heure et que vous ne travaillez que pour des cas spécifiques et pas pour l'intérêt général. Est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent ça ?
Alors, d'abord, la mission, c'est d'abord de résoudre un cas individuel. Je suis d'abord là pour ça. Mais quand je vois que c'est répétitif ou au contraire, et... que c'est peut-être pas si répétitif, mais on peut en tirer des leçons générales. J'ai pris l'initiative, à titre tout à fait personnel, depuis exactement dix ans, de dire avec mon équipe, tiens, ben voilà, ça, ça pourrait aider soit les professionnels, piqueur de rappel, soit les consommateurs, pour éviter de venir, au fond, me demander ma proposition. Et j'ai publié depuis, sur le site de l'AMF, ce qu'on appelle le dossier du mois, et je peux vous dire que les grands établissements, m'ont dit qu'ils le prenaient dans leur doctrine, que les associations de consommateurs m'ont dit on n'a pas besoin de vous déranger et ça a contribué à la connaissance, peut-être aussi un peu à l'aura de cette médiation publique, puisque je rappelle que je suis un médiateur public, c'est-à-dire gratuit, non seulement pour le consommateur, mais aussi pour le professionnel. Mais ça ne suffit pas, je suis aussi un peu un lanceur d'alerte. Et je crois que vous y avez, vous-même, à titre personnel, utilement contribué, Jean-François. Parce que quand vraiment ça devient répétitif, comme pour le PA, comme pour le problème des fonds de cuve, où le délai était au fond trop long et anormalement long, j'alerte le collège de l'AMF qui est l'instance dirigeante. Et à ce moment-là, dans ces deux cas, par exemple, ces dernières années, il a été décidé par le collège de l'AMF. de bâtir ce qu'on appelle un groupe de travail qui est assez solennel, on retrouve les directeurs généraux des banques, pour essayer d'améliorer. Ça dure des mois, mais j'invite ceux qui s'intéressent à ces questions et de voir comment on peut améliorer des processus qui sont complexes, pointus, problème par problème. Donc vous voyez au-delà de ces cas particuliers. Mais je ne suis pas effectivement, quelques fois on me dit, mais est-ce que vous pratiquez l'action de groupe ? Non ! Parce que l'action de groupe, elle vise aussi à punir. Et moi, je ne punis pas.
Un mot pour conclure, l'épargne salariale.
Ah, alors ça, c'est mon sujet chouchou. D'abord parce que je m'aperçois que j'ai l'impression qu'à part moi, personne ne s'y intéresse. Alors que c'est 12 millions de salariés, alors que c'est 180 milliards. C'est extrêmement touffu. L'essentiel des problèmes, c'est les gens qui ont effectivement choisi de différer les sommes auxquelles ils avaient le droit de par la loi. en ayant un avantage fiscal, mais ils ont aussi le droit de le débloquer par anticipation. Et là, je peux vous dire que c'est très compliqué. Et donc, si on a pu même aller favoriser des changements dans la loi, j'en suis très heureuse.
Marie-Alcone Branche, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, le journal décalé de Georges Delataille. Pour la française,
concepteur de solutions d'investissement, alliant performance et durabilité, présente le journal Décalé. Commençons ce journal décalé par une question. Quels sont les placements préférés des Français ? La hausse des taux d'intérêt, les crises géopolitiques, les élections, les réformes n'ont eu aucun impact. Le livret A reste comme toujours indétrônable, suivi loin derrière par l'assurance-vie et par le PEA. On constate quand même une nouvelle tendance depuis le Covid. Les Français font de plus en plus d'épargne de précaution, c'est-à-dire une épargne qui soit facilement utilisable, donc principalement du livret A et du LDDS.... Ça se voit dans les chiffres de collecte de ces produits, même s'ils sont aussi tirés par leur taux très attractif grâce à l'inflation qui a rendu les rémunérations beaucoup plus attractives. Il ne faut pas oublier aussi depuis 1er juillet l'arrivée d'un petit nouveau, Jean-François, le PEAC ou le plan d'épargne avenir climat qui a été lancé par Bruno Le Maire. Il fonctionne tellement bien que nous sommes le 2 ou 3 juillet, 2 juillet ça commence bien, et aucune banque ne le propose. Cette tendance elle pourrait au moins relancer. un débat. Est-ce que les sociétés qui proposent des produits au CGP vont leur proposer de distribuer un livret ?
Alors, vous dites relancer un débat. Dans votre texte, vous aviez écrit un vieux débat. J'ai été censé réagir sur le mot vieux pour me poser la question si finalement, vous n'êtes pas un peu vieux, mon cher Georges. Alors non, mais pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'en fait, j'entends tout votre discours, mais dans les placements qui ont quand même absolument la forme, il y a un truc dont on ne parle quasiment jamais, c'est quand même les cryptos, qu'aujourd'hui, il y a plus de détenteurs de cryptos dans notre pays que de détenteurs d'actions. Et il faudra peut-être un beau jour qu'on en parle, parce que c'est un placement qui a aujourd'hui une réelle dynamique.
Je vous donne rendez-vous dans un an et on verra, on sera tous les deux encore plus vieux. Et en parlant de vieux, je vais vous parler d'un produit, d'un pacte qui a 20 ans, le pacte d'Utreil. On pourrait donc penser au bout de 20 ans qu'il est totalement stabilisé, que tout est très clair. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Si on prend la loi de finances, le BOFID, la Cour de cassation, le Conseil d'État, ils ont tous des lectures différentes, ils ne regardent pas dans la même direction. Il est donc obligatoire de regarder en détail tous les faisceaux d'indices de la jurisprudence. Qu'est-ce qu'on a comme cas pas clair ? Je vais vous en citer quelques-uns. 1. Le type de sociétés qui sont concernées par ce pacte. Les sociétés civiles sont normalement exclues, on le sait bien, et pourtant certains ont réussi à trouver un petit trou de souris pour les faire accepter. La notion de holding animatrice est aussi pas bien claire. Qu'est-ce que c'est qu'une holding animatrice ? Quelle durée ? Quel type d'animation ? La possibilité de faire un pacte au moment de la donation, toujours pas claire à quel moment le pacte doit être fait. Et de même le respect de l'engagement de détention. Je ne peux donc vous donner qu'un conseil, bien faire appel à un expert pour vous faire accompagner pour la mise en place d'un pacte du travail.
Ok, cela dit, 20 ans en termes de stabilité, de règles, etc. On est quand même très largement soumis à ce qui va se passer d'un point de vue politique et on va suivre ça avec, attention, on en parlera d'ailleurs tout à l'heure, avec nos invités sur l'impact sur les marchés.
Je vais vous parler d'un autre sujet politique, mais c'est un sujet politique européen et de la RIS. On en a tellement parlé que je serais même incapable de vous dire combien de fois. Et on a aussi parlé le mois dernier d'un sujet qui est très clair, une demande entre autres de la planète CSA, c'est de faire... Une pause sur la réglementation. Mais quand on regarde les dernières déclarations, et entre autres celles de Patrick Montagnier, qui était secrétaire général adjoint de la CPR, et qui vient d'être nommé représentant de la Banque Centrale Européenne au Conseil de Surveillance Prudentielle, il dit que la RIS qui a été votée ne sera qu'une étape, que ce n'est pas terminé et que le texte va encore évoluer. La question est... Évolution, ok, mais dans quel sens ? Bien malin qui saura, surtout quand on vient de voir les dernières élections européennes, avec les différentes forces ou différents équilibres qui sont en train de changer en Europe.
D'autres informations justement concernant l'Europe ?
Oui, on va rester en Europe, pas du tout sur la réglementation, mais sur les attentes des CGP en termes de sociétés de gestion. Une étude du Fundamental Group nous donne de nombreuses informations et il faut vraiment être super agile pour plaire à tous. Pourquoi ? Parce que les Allemands, qu'est-ce qu'ils cherchent ? Eux, ils veulent des gestionnaires qui sont en train de se faire enlever les choses. qualitatif, la fameuse qualité allemande des gestionnaires analytiques qui offrent une large éventail de produits alors que les anglais, eux, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils ne veulent qu'un track record. Ils ne croient que sur le passé. En Espagne, on cherche en contraire des partenaires avenants. Avant tout, c'est le contact humain qui compte. Alors qu'en France, on cherche le côté créatif et en France, on est chauvin. Donc, le côté local. En Italie, encore autre point de vue, on cherche des partenaires mondiaux avec la gamme la plus large possible. Bref, l'Europe devient unifiée sur la réglementation, mais pas spécialement sur les attentes.
Vous avez tout à fait compris pourquoi la construction européenne se fait très difficilement.
Mais Jean-François, vous m'étonnez un peu parce qu'en général, vous me faites des retours très longs à toutes mes remarques. Et là, franchement, vous êtes super court. Donc, je vois deux options. Soit ce que je dis vous embête. soit vous êtes super pressé de partir en vacances.
Je ne suis pas au repos de vacances, mais un, tous les mots sur lesquels je voulais rebondir, vous ne me les avez pas dit, même si c'était dans votre texte. Et puis deux, on va être très honnête, je garde quelques forces pour une émission spéciale qu'on fera demain et où on refera le match, on donnera la parole aux journalistes et on parlera de l'actualité de l'épargne avec Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire. Je ne sais pas combien de temps on y passera demain. Mais en tout cas, une fois cette émission terminée, on va aller se reposer un tout petit peu. Et pour être en forme demain, tout de suite, on attaque notre débat. C'est le G3 Bourse. G3 Bourse, donc où l'on va s'interroger aux perspectives des marchés pour le second semestre 2024. Alors petit changement de plateau pour de sombres histoires d'agenda. Il est en tout cas toujours fidèle avec nous, c'est Frédéric Leroux, responsable de l'équipe Cross Asset Management de Carmignac Gestion. Avec nous également pour le Crédit Mutuel Asset Management, il est stratégiste. du Crédit Mutuel Asset Management, c'est François Rimeux qui est avec nous aujourd'hui en lieu et place de Jean-Louis Dehé. Et du côté Ofi Invest AM, c'est le co-directeur de la gestion collective Geoffroy Lenoir qui est avec nous. On va, si vous le voulez bien, messieurs, commencer par un petit exercice de présentation, puisque pour vous c'est une première dans ce G3 Bourse. François, vous me dites quelques mots de votre parcours ?
J'ai géré des portefeuilles pendant une vingtaine d'années, obligataire, multi-asset, total return. Et puis de plus en plus, je suis allé vers la stratégie, donc je me retrouve à ce poste de stratégiste-là qui me va très bien.
Un peu le même parcours, en commençant par le monétaire, l'obligataire, du multi-actif, et puis maintenant vers un poste de management des équipes de gestion d'Offi Invest.
Frédéric, je ne vous pose pas la question de vous présenter, parce qu'on vous retrouve dans toutes nos émissions. Une petite question quand même, ça fait combien de temps que vous êtes chez Carmignac Gestion ?
28 ans. 28.
Et avec un rôle non négligeable dans une année qui avait été importante chez Carmignac, c'était 2008 ?
Ah, à l'époque de la gestion active triomphante, on a triomphé. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve un petit peu les ferments de ce genre de marché. Et donc, on espère bien en profiter dans les années qui viennent.
On va commencer, si vous le voulez bien, par un petit chapitre politique, parce qu'il se passe plein de choses. France, États-Unis, Royaume-Uni. On va commencer avec vous, Frédéric. On se posait des questions sur les élections européennes. A priori, le résultat, c'est qu'il n'y a pas de grand changement ?
Non, on a vu sur un certain nombre de pays une droitisation du vote, mais pas d'effet, en tout cas pour l'instant, sur la structuration de l'Europe. Toujours les mêmes personnes aux mêmes places. Est-ce que ce sera de nature à changer à la faveur de l'élection française, notamment peut-être allemande dans quelques mois ? On verra. Mais en tout cas, pour l'instant, effectivement, pas de changement au niveau de l'Europe elle-même, oui.
On regarde tout de suite ce qui s'est passé sur l'élection française. On va être honnête, on a tous les résultats du premier tour. Vu l'heure actuelle, on n'a pas encore épluché tous les dépôts de candidature en préfecture, puisque c'est terminé il y a de cela quelques minutes, c'était à 18h. Donc on n'a pas exactement tous les détails de triangulaire, etc. François Rimeux, quelle est votre lecture de ces élections ? Et... Quel est pour vous le risque majeur d'un point de vue électoral pour les marchés ?
Le risque, c'est qu'on ait un Parlement dans lequel on ne puisse pas déceler une majorité claire, qu'on ait un scénario finalement qu'on n'a pas connu sur la Ve République, une difficulté à former un gouvernement. Et ça, c'est de l'incertitude. Donc, c'est une période un peu inconnue quand même pour la politique française. Et donc, ça maintient une prime de risque un peu longue, un peu lente. Le risque à moyen terme, le vrai risque, c'est une confrontation avec l'Europe. Je suis heureux. X sujets de la part du Rassemblement National parce que la partie à gauche, aujourd'hui, a priori, ne peut plus avoir la majorité absolue. Donc, on a un risque de confrontation là-dessus. C'est un risque à moyen terme. Mais bon, ce risque-là, aujourd'hui, il est encore très théorique pour les marchés. Donc, on ne va pas aller le presser demain.
Geoffroy, quel est votre sentiment sur le sujet ? François évoque le risque d'une absence de majorité. Moi, ça me fait penser à nos amis belges qui ont quand même vécu... des mois et des mois avec un gouvernement technique. Est-ce que finalement, c'est peut-être pas dans notre culture, mais est-ce que finalement, c'est pas si mal que ça ? Vous, vous en pensez quoi des risques sur cette élection présidentielle ?
On l'a vu avec l'ouverture des marchés hier, lundi, avec notamment des marchés qui se sont un petit peu repris. On voit le CAC 40 qui avait rebondi en séance et des marges sur les taux allemands contre taux français à 10 ans qui se sont un peu resserrées. Donc en fait, les résultats du premier tour, encore une fois, on ne va pas trop s'avancer sur le deuxième, mais les résultats du premier tour ont un peu diminué, on va dire, les risques d'avoir une majorité absolue, que ce soit par le nouveau Front populaire ou par le Rassemblement national. Et c'est vrai que ces deux risques étaient un petit peu, on va dire, pricés par le marché, ce qui fait que les spreads reviennent un petit peu, que le CAC revient un petit peu. Et qu'on revienne sur ce scénario un peu plus mou, on va dire, où on a plutôt un scénario où il n'y a pas vraiment de majorité absolue, ou alors avec des alliances ou des coalitions, et qu'on a plutôt ce scénario où on peut peut-être avoir une formation d'une coalition, mais qui risque de prendre du temps. C'est vrai que là, on risque de se retrouver dans une situation assez compliquée. En France, pendant quelques temps, on va voir les résultats du deuxième tour. Mais c'est vrai que ce qui va être important pour les marchés, c'est de scruter. Et qu'est-ce que... sera en mesure d'effectuer ce gouvernement. Quel va être le budget 2025 ? Parce que c'est ça aussi, il faut regarder concrètement qu'est-ce que ça va donner en termes de loi des finances. Et c'est ça qui va anticiper le marché. Et notamment, derrière, on a vu les risques sur la notation de la France. Est-ce qu'il ne va pas y avoir une dégradation de la note française d'ici la fin de l'année ? C'est des choses à suivre pour les marchés financiers.
Je me suis autogrondé tout à l'heure dans le lancement de cette émission puisque le mois dernier, je ne l'avais pas évoqué. l'hypothèse de la dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes. Donc, je vais poser les scénarios extrêmes. Est-ce que Frédéric Leroux, le vrai risque pour le marché français, ce n'est pas l'élection législative, ce serait que, dans un éclair de génie politique, le président de la République démissionne ?
Si, ce serait un petit peu la continuité de ce qui était exprimé par François, à savoir... Une cohabitation avec un Premier ministre qui n'est pas le représentant d'une majorité claire. On ne connaît pas. Si ça conduit à une situation complètement ingérable, il est probable que le Président décide de cela, donc d'une démission. Compte tenu de la façon dont il a suivi les résultats de l'élection européenne, on peut considérer que c'est une possibilité. Et on a cru comprendre, lorsque les marchés ont cru que cette démission arriverait dans la foulée de l'élection législative, On a cru comprendre que c'était la crainte des marchés, puisque c'est là qu'ils ont le plus stressé apparemment. Je ne pense pas que ce soit un base case, comme on dit, un cas de base, mais c'est une possibilité à regarder forcément.
On a tous entendu, quand on a écouté les experts ces derniers jours, de voir les différents scénarios qui existaient. Le scénario à la Lys Truss, le scénario à la Georgia Meloni. Le fait de parler de Lys Truss m'amène à venir vers vous, François Rimeux, pour vous poser une question. Il y a prochainement des élections au Royaume-Uni. Est-ce qu'il faut s'inquiéter des résultats ?
Normalement non. Normalement, tous les sondages sont dans le même sens. La victoire des travailleurs, de manière assez facile, assez nette. Et normalement, un budget qui sera à peu près normal, donc pas trop dépensier. Et on voit bien que le syndrome de distresse est encore très présent dans le monde politique anglais. Donc normalement, pas vraiment d'impact. Et donc pas d'impact non plus sur la BOE et sur le marché des taux courants anglais.
Geoffroy Lenoir, je viens maintenant vers vous et on va traverser, si vous le voulez bien, l'Atlantique pour parler de l'élection américaine. L'autre jour, quand on a échangé pour préparer cette émission, vous m'avez dit, je vais regarder avec intérêt le débat, le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden. Vous n'avez pas été déçu ?
Non, ce n'est pas ce qu'on disait l'autre fois. C'est vrai que c'était un débat assez attendu puisque c'est vrai que... le premier à la course à la présidence avec l'élection qui aura lieu au mois de novembre. Et c'est vrai qu'on pouvait avoir quelques inquiétudes sur la qualité du débat et sur le fait que Joe Biden soit vraiment en position de vraiment être crédible vis-à-vis d'un Donald Trump qui est toujours très aguerri sur ce type d'exercice. On l'a constaté, et c'est vrai que Joe Biden n'a pas forcément réussi le test. On a vu que depuis ce débat, les intentions de vote dans les sondages ont beaucoup évolué en faveur de Donald Trump, à tel point que certaines personnes imaginent que Joe Biden pourrait laisser sa place à quelqu'un d'autre, à un autre candidat.
Ça vous paraît crédible ? Ça vous paraît de nature à inquiéter ou à rassurer les marchés ?
Ce qui est plutôt intéressant, c'est que Donald Trump et Joe Biden sont bien connus des marchés, ils ont tous les deux exercé la présidence. Donc en fait, il n'y a pas tellement d'inconnus total. On sait ce que donnerait un Donald Trump à la présidence, même s'il changera, il ne fera pas la même chose que ce qu'il a fait. Et Joe Biden, c'est vrai que l'inquiétude aujourd'hui, c'est vrai qu'est-ce qu'il est en capacité d'avoir un nouveau mandat de 4 ans. Donc voilà, mais il serait dans une continuité. Non, ça n'inquiète pas plus que ça les marchés. Ce qui est sûr, c'est que Donald Trump qui revient en force, on va dire dans les sondages, ça remet plus de poids sur un scénario un peu plus protectionniste côté américain. Et ça rebat un petit peu les cartes au niveau des trois grosses zones géographiques mondiales.
François Rimeux, votre sentiment sur l'élection américaine ? Qu'est-ce qui vaut mieux pour les marchés ?
Je pense qu'en fait, ça ne change pas grand-chose, dans le sens où les marchés se mettent à presser Trump, de manière de plus en plus probable, et que Biden se maintienne pour perdre ou soit remplacé par quelqu'un, soit d'inconnu, soit comme Kamala Harris, dont finalement personne ne veut dans le Parti démocrate. Ça fait la même chose, Trump gagnera à la fin. Donc, in fine, la question qui compte, c'est quelle probabilité on met sur l'élection de Trump. Et aujourd'hui, elle semble quand même assez élevée. Il est en tête partout, les swing states, etc. Et l'impact que ça a derrière sur les parties longues de courbe, les primes de terme, où est-ce qu'on met les primes d'inflation à long terme, etc. C'est ça qui va compter.
Alors, on va y revenir. Frédéric, je voudrais vous entendre sur le sujet un peu des politiques et des populations. Là, on entend dire la réponse sur les marchés, c'est peu ou prou. C'est-à-dire, à la marge, Geoffroy nous dit, il y aura plus de protectionnisme d'un côté. François nous dit qu'il y aura quelques mouvements, mais ce n'est pas flagrant. Est-ce que finalement, il n'y a pas quelque part une sorte de similitude dans la relation entre les politiques et les populations ? Je vais prendre une approche historique. Le dernier cycle d'inflation qu'on a connu, c'était à la fin des années 70. Et de ce cycle-là, on en est sorti par Reagan et Thatcher. Est-ce que Reagan et Thatcher peuvent exister aujourd'hui ?
Non. Alors, non, parce qu'en fait, Reagan et Thatcher sont arrivés après 10-15 ans d'inflation. Et les peuples cherchaient de l'efficacité économique pour sortir de ça. Aujourd'hui, admettons qu'on ait une période d'inflation qui ressemble à cette période-là, des années 70. On n'en est qu'au tout début et je ne vois pas beaucoup de peuples qui demandent que les autorités les maltraitent. Je pense qu'au contraire, on est plus dans la demande d'empathie, d'inclusion, d'éthique que de recherche d'efficacité pure. Et donc tant qu'on n'aura pas atteint un niveau de ras-le-bol insupportable lié à l'inflation ou à l'inefficacité économique, on ne demandera pas. On n'élira pas des gens qui seront là pour nous faire souffrir.
Geoffroy Lemoyne, est-ce que ça, pour vous, vous dites qu'il y a un changement important dans ce qu'on appelle le policy mix entre les budgets de l'État, les politiques monétaires, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les États qui ont désormais la main, notamment de par leur politique budgétaire ?
Oui, alors ça, c'est une vaste question parce qu'il faut regarder zone par zone. Et si on regarde les trajectoires budgétaires, c'est vrai qu'elles ne sont pas forcément très bonnes si on regarde la France, si on regarde les États-Unis même. Ça peut être un point d'attention des marchés, justement en fin d'année, avec le nouveau président qui sera élu. Et si on regarde les trajectoires, c'est vrai qu'on a le déficit et la dette des États-Unis, qui sont dans des trajectoires quand même assez inquiétantes. Il faut vraiment faire attention à ça. L'État américain va devoir se refinancer très largement, et si on regarde plus en détail, notamment à travers des émissions très courtes, ce qui n'est pas forcément un signe de solidité. En France, c'est pareil. C'est vrai qu'on a une trajectoire de dette et de déficit. qui n'est pas forcément la meilleure, et en fonction du gouvernement qui sera nommé dans les prochains mois, est-ce qu'il faudra bien regarder, est-ce que ces trajectoires vont diverger encore un peu plus ? Donc c'est vrai que le poids des politiques budgétaires est assez limité aux États-Unis et en Europe, et c'est vrai qu'il faut compter encore une fois sur les politiques monétaires, sur les banques centrales, et la bonne nouvelle, c'est qu'on est plutôt engagé dans un cycle de baisse de taux, on va revenir là-dessus plus tard. On n'est peut-être pas tous d'accord autour de la table, mais c'est vrai qu'on a déjà eu une baisse des taux de la Banque centrale européenne. La logique serait qu'on en ait encore d'autres à suivre. C'est plutôt ce côté politique monétaire qui est encore le plus présent par rapport aux politiques budgétaires.
Alors, vous me répondez ça. François, moi, je veux vous interroger sur les politiques budgétaires et notamment sur l'ampleur des déficits, les montants à financer et le rôle des agences de notation. On a vu que la France a été dégradée par Standard & Poor's, pour ou sans effet sur les spreads, à la différence de ce qui s'est passé au moment de l'élection. Est-ce que, pour vous, l'ampleur de ces déficits est problématique ?
En France, oui, elle est problématique. Et en fonction de ce qui se passera lors des élections et du gouvernement qu'on aura, on aura ou pas une confrontation avec l'Union européenne, potentiellement le FMI à un moment, etc. Ça peut arriver. Donc oui, elle est problématique dans le cas de la France. Le cas américain est évidemment très spécial. Quoi que fassent les arranges de notation sur les États-Unis, ce n'est pas un sujet. Les États-Unis sont par nature l'actif sans risque par défaut. Et ils jouissent une position qui fait qu'ils peuvent s'endetter, s'endetter, s'endetter jusqu'à peut-être une limite à un moment donné, mais ce qu'on ne la connaît pas aujourd'hui. Donc je pense que les situations sont très incomparables. Mais en France, oui, ça peut devenir un sujet, l'endettement, bien sûr.
Ok. On attaque maintenant, Geoffroy, vous me tendez une perche, il y a de cela quelques instants. On attaque aujourd'hui vos anticipations. sur les décisions des banques centrales. On rappelle à date, depuis le début de l'année, la Fed n'a pas bougé et la BCE a baissé une fois au mois de juin. 25 points de base. Je commence avec vous, Frédéric, avec une provoque. Comme vous aimez bien provoquer et que j'aime bien, la dernière fois sur le plateau, quand on avait posé la question des anticipations, des banques centrales et on en voyait beaucoup de baisses des taux durant l'année 2024. Vous aviez répondu à ma question Combien y aura-t-il de baisses de taux ? Vous m'avérez point du tout On en conclut quoi ? Que les banquiers centraux vous ont écoutés et qu'ils se sont calmés ?
Pour l'instant, ils n'ont pas fait trop. C'est le moins qu'on puisse dire. Ce qui est intéressant dans tout ce questionnement qu'on a toujours à l'égard de... que vont faire les banquiers centraux. Je pense que les banquiers centraux sont de moins en moins dans la croyance que ce sont eux qui décident du niveau des taux. Qu'ils comprennent progressivement que c'est l'inflation qui décide. Et ça, ils avaient oublié pendant 15 ans. C'est pour ça que ça prend du temps. Et là, maintenant, à chaque fois qu'on a une déception, on attend des 7 baisses de taux, pour l'instant on en a 0, on en aura peut-être une ou deux, on verra. Pourquoi on en a 0 ? C'est parce que l'inflation a surpris par sa résilience. Et la croissance aussi. L'une amenant l'autre et l'autre l'une. Donc les banquiers centraux, de se dire qu'est-ce qu'ils vont faire, il faut qu'on se pose la question, que va faire l'inflation ? Et là, on répondra mieux à nos questions qu'en posant la question aux banquiers centraux. Donc je pense que dès l'instant où on est quand même toujours engagé dans cette décroissance de l'inflation post-premier pic d'inflation, octobre 2022, on aura un peu de baisse de taux. J'aime bien l'idée des deux baisses de taux supplémentaires en Europe, ce qui ferait trois. Et j'aime bien l'idée d'une ou deux au moins d'ici la fin de l'année pour les États-Unis. Ok. Parce qu'on a des inflations. et que donc, avec un ralentissement qui devient un petit peu plus palpable. Donc ça va rassurer les banquiers centraux.
François Rémy, votre sentiment, est-ce que la BCE peut être faite dépendante beaucoup ?
Elle l'est un peu par nature quand même, même si elle dit l'inverse. Elle veut bien désynchroniser un peu sa politique monétaire, elle l'a fait en juin. Mais est-ce qu'elle sera encore capable de le faire en septembre si la Fed ne bouge pas ? Ce n'est pas certain. Je pense qu'à un moment donné, ça va la gêner. Surtout sachant qu'on est... plutôt en phase où on était, en tout cas avant les élections françaises, dans une phase un peu de reprise économique au sein de la zone euro. Donc, ça lui laissait du temps. Donc, si la Fed ne bouge pas en septembre, je pense que la BCE sera un peu gênée et aura peut-être le luxe d'être un peu patiente.
Ok. Combien vous anticipez de baisse de taux d'ici la fin de l'année sur la Fed et sur la BCE ?
Je pense que ça va dépendre de la Fed, surtout, et ça va dépendre des deux prochains prix de l'inflation. Si on écoute un peu en filigrane ce qu'ils racontent, s'ils ont besoin d'être rassurés sur le chemin de l'inflation, ça veut dire quoi ? c'est à priori trois chiffres d'inflation qui soient compatibles avec leur cible. On en a eu un, le dernier chiffre est très bon, on a deux rapports qui arrivent. Si on a deux bons rapports en ligne, oui, on peut avoir une baisse en septembre de la Fed. Si on a une mauvaise surprise sur l'inflation et un marché de l'emploi qui tient, la Fed va encore gentiment repousser comme elle l'a fait X fois. Pour l'économicien, c'est la raison.
Geoffroy Lemore, vos anticipations et questions subsidiaires. On a vécu une certaine époque où les banquiers centraux étaient... super vigilant à ce qu'on ait une forward guidance, c'est-à-dire qu'on sache ce qui allait se passer dans les mois qui viennent pour qu'il n'y ait pas de surprises sur les marchés. Est-ce que ça, on peut considérer que c'est, en tout cas, ponctuellement totalement oublié ?
Déjà, par rapport aux anticipations de baisse de taux, je rejoins ce qui a été dit, et notamment par rapport à François, sur le rythme de la Fed. Si on regarde ce qui est anticipé dans le marché, c'est à peu près ça. On a une ou deux baisses anticipées en 2024 pour la Banque centrale européenne et à peu près deux baisses pour la réserve fédérale américaine. Aujourd'hui, c'est vrai que l'affairé de guidance, on oublie un petit peu. C'est vrai qu'aujourd'hui, les banquiers centraux, l'ont dit, ils sont data dependent. C'est-à-dire qu'ils vont regarder l'inflation au mois le mois et essayer de tirer le trait à un horizon assez court. On n'a pas une vue très précise sur les niveaux d'inflation à 12, 24 mois. Il faut être très vigilant par rapport à ça. C'est vrai que les banquiers centraux vont ajuster le tir. Maintenant, notre vue chez Offi Invest, c'est une à deux baisses de taux d'ici la fin de l'année pour les deux banques centrales.
Question technique, parce qu'on n'a pas de forward guidance, donc on essaie d'en prouver, on essaie de se rattacher à des choses. L'un des réflexes que l'on a, c'est de regarder les dots, c'est-à-dire après les réunions de la fête, pour voir comment ça évolue, ces points qui nous donnent les indications de manière anonyme des différents membres, votants ou non votants d'ailleurs. C'est un bon outil à regarder ou c'est un truc pour amuser les journalistes ?
C'est un peu pour amuser. La Fed a communiqué avec ce foie en disant... Il y a un moment où le marché se collait quasiment aux dots. La Fed a expliqué qu'arrêter de se coller aux dots, ça ne sert à rien. C'est une collection de votes indépendants. Ça ne veut pas dire ce que c'est ce qui va vers la Fed, etc. Ils ont mis un peu quand même en demeure de ne pas trop leur donner de poids. Ce n'est pas inintéressant dans la dynamique. La dynamique la plus intéressante, à mon sens, aujourd'hui, c'est la dynamique et la hausse sur les doses de long terme. On voit bien que c'est un gros débat. C'est quoi la croissance potentielle de long terme ? Est-ce qu'on est en phase de revoir en hausse le R-Star, etc. ? Et donc, tous ces débats-là, ça tourne aussi autour, justement, de ce risque qu'on met sur les parties longues de courbe, sur la prime inflationniste de long terme, qui aujourd'hui est très faible dans le marché. Donc, ce n'est pas inintéressant quand même à regarder dans ce que ça implique derrière comme problématique pour la Fed à un moment.
Geoffroy Lenoir, je me tourne vers vous. Est-ce que la crise inflationniste est derrière nous ?
Le pic d'inflation qu'on a connu à 10% pour nous, oui. On est sur une trajectoire de désinflation qui est quand même assez solide. On voit qu'on a fait un beau parcours, notamment avec la remontée des taux directeurs côté Etats-Unis et côté Europe. Et on revient sur des niveaux d'inflation qui sont plus soutenables. Donc si on regarde, il reste un bout de chemin à faire, surtout aux Etats-Unis. On voit que les derniers kilomètres sont les plus durs, mais qu'on est toujours sur cette tendance désinflationniste. On garde cette vue de désinflation qui devrait perdurer pour plusieurs raisons. C'est vrai que déjà, on voit qu'il reste encore quelques facteurs spécifiques, un peu idiosyncratiques comme on dit, sur les données d'inflation qu'on vient d'avoir au cours des derniers mois, notamment des effets de base sur les prix de l'assurance, sur les réparations auto. Et ça, ça devrait gentiment, on va dire, faire baisser l'inflation dans les prochains mois. Puis on voit que les tensions sur le marché du travail ont baissé et que notamment aussi... toute la structure de coûts sur les entreprises, finalement, n'est pas forcément si importante que ça. Donc, on a des facteurs qui nous laissent penser que l'inflation aux États-Unis doit gentiment revenir vers la cible des deux. Alors, elle restera peut-être au-dessus, vers les deux et demi, deux et demi trois. Mais on n'est pas dans un scénario où, finalement, il y aura un dérapage côté États-Unis. Et côté Europe, pour nous, on est déjà revenu quasiment à la cible des 2
Frédéric Leroux, je me tourne vers vous, parce que je vous ai régulièrement en plateau. Donc je connais vos théories et je voudrais essayer de démêler deux phrases que vous m'avez dit tout à l'heure. Vous m'avez dit, un, je pense qu'il va y avoir des baisses de taux. Vous m'avez dit, les banques centrales sont désormais dépendantes que de l'inflation. Je pense que l'on est dans un environnement de désinflation, donc les banques centrales vont baisser leur taux, plus ou moins d'ici la fin de l'année. Mais vous m'aviez dit également, le premier pic d'inflation. Où est-ce que vous en êtes sur votre théorie d'une inflation durable ?
Alors, qu'on termine ce premier pic par une partie descendante qui cherche son bas, et que dans les trimestres qui viennent, on verra une deuxième jambe se voir le jour. Alors, sur la compréhension d'une inflation durable, donc au-delà de la conjoncture qu'on a pu connaître jusqu'en 2022, je pense que c'est la prise en compte de grandes tendances structurelles qui permet de comprendre pourquoi on peut avoir une inflation durable, cyclique, pendant encore, on va dire, une bonne décennie. Au-delà de la pure analyse macroéconomique, conjoncturelle, business cycle, ce qui est important, c'est la démographie, qui est de moins en moins épargnante, donc qui permet de moins en moins d'investissement, toutes choses égales par ailleurs, donc moins de productivité. C'est la géopolitique qui se tend, et on a toujours historiquement un lien entre une géopolitique tendue et des tendances inflationnistes. C'est le pool de main-d'oeuvre vraiment peu cher des pays émergents qui est un peu moins disponible qu'il a pu l'être à une certaine époque. C'est la transition énergétique qui... occasionne un coût considérable pour l'énergie et donc rapproche la période actuelle de celle des années 70, où le pétrole était l'un des facteurs majeurs de cette inflation. C'est tout ça qui est à prendre en compte. Et puis la sociologie, on ne veut pas souffrir, je l'ai dit tout à l'heure, donc on va avoir des politiques ou des polisimix monétaires, budgétaires, qui sont plutôt en soutien de l'activité, donc inflationnistes. L'élection américaine qui arrive avec vraisemblablement Trump gagnant, c'est beaucoup d'inflation. par moins d'immigration, donc des salaires plus élevés, des tarifs douaniers massifs qui vont augmenter les prix d'un certain nombre de productions. Et c'est la volonté forte et de plus en plus claire de refaire une supply-side économie, un peu à la façon de Reagan, il y a un certain nombre d'années, qui sera extrêmement inflationniste. On ne va pas s'échapper de cette inflation. Il y a à la fois les tendances structurelles qui sont maintenant vers l'inflation et les aspirations populaires qui y vont.
Comment vous réagissez ? François,
vous ?
Moi, j'aime bien cette théorie. Quand on a des choses de manière empirique et quand on regarde les cycles du passé sur l'inflation, c'est difficile d'avoir des données très longues. On a des papiers de recherche qui existent sur l'économie britannique où des études ont été faites sur les cinq derniers siècles. On arrive à retrouver des indices de prix à différentes périodes. Et on se rend compte que le phénomène de vague inflationniste est un phénomène hyper classique et qui s'explique pour des raisons comportementales, pour des raisons d'effet de base, pour des raisons géopolitiques, etc. Il y a plein de choses derrière qu'on peut mettre. Mais ce phénomène de vague... se répètent dans le temps. Donc, moi, je suis sensible à ça. Effectivement, je pense qu'aujourd'hui, c'est un risque qui est assez largement sous-évalué par le marché, ce risque d'inflation. On voit bien que les soins d'inflation de long terme, aujourd'hui, sont quasiment sur le même niveau de là où ils étaient en 2013-2014 aux États-Unis, quasiment la même chose en zone euro. Donc, on ne voit pas grand-chose là-dessus et on ne voit rien sur les primes de terme, sur les parties longues de courbe. Pour moi, c'est la partie du marché qui soutient tout le reste, en fait.
Est-ce que le problème des anticipations des marchés, ce n'est pas que les marchés ont vraiment une mémoire de que dalle ? Il s'appelle la veille et encore, ce n'est pas sûr.
Sur l'inflation, c'est un peu construit structurellement comme ça. La cible de long terme des banques centrales est à 2 donc le marché va aller coller de l'inflation autour de 2 parce que les banques centrales sont encore vues aujourd'hui comme crédibles pour atteindre leur cible à long terme. C'est comme ça qu'on réfléchit. Maintenant, je suis sensible à tout ce qui a été dit tout à l'heure par Frédéric. Le risque d'inflation existe réellement. D'ailleurs, le deuxième monde, il existe. Et aujourd'hui, il semble être très peu probabilisé par le marché là-dessus. Les banques centrales sont toujours vues comme très crédibles, mais... Est-ce que ça ne mérite pas quand même une petite prime ?
Jean-François,
l'honneur. Après, la question, c'est est-ce qu'on est dans un nouveau régime où l'inflation reste structurellement au-dessus de la cible des 2% ou est-ce qu'on va avoir un deuxième pic ? Et c'est vrai que ce deuxième pic, aujourd'hui, il paraît difficile à voir si on n'a pas un choc vraiment conjoncturel, comme on a pu connaître au cours des dernières années, avec le Covid, avec la guerre en Ukraine. On peut avoir d'autres chocs, on ne peut pas les deviner. Mais aujourd'hui, si on regarde avec les données qu'on a aujourd'hui, c'est vrai qu'on peut avoir une inflation qui reste structurellement un petit peu au-dessus des 2%.
Question justement, Frédéric, je voudrais qu'on parle des bénéfices des entreprises. Parce que quand on regarde ce qui fait le prix, notamment sur les marchés actions, c'est le niveau des taux d'intérêt, mais c'est aussi la performance économique des entreprises. Comment la juger ? Parce que finalement, on s'était dit, l'inflation, ce n'est pas bon pour les entreprises. Et on n'a pas l'impression d'avoir une très forte dégradation des marches. Bien au contraire.
Oui, c'est vrai. Je ne suis pas là pour l'expliquer, je ne sais pas. Ce n'est pas franchement ma partie. Mais c'est clair que tout le monde a été surpris en bien. par les marges des entreprises. On a tous cru que l'inflation allait un petit peu inverser le miracle des 15 années passées où la désinflation, notamment menée par des augmentations salariales très faibles, avait expliqué, au moins a posteriori, la hausse des démarches des entreprises. On pensait que l'inflation allait casser cette dynamique. Ça n'a pas été le cas, en tout cas pas pour l'instant. Ce qui justifie d'ailleurs toujours l'optimisme des marchés, et on en reparlera peut-être après ou peut-être dès maintenant, le fait que ces marchés sont quand même de plus en plus étroits. dans leur hausse, mener, tirer, pousser par quelques valeurs dont le marché continue de penser que la croissance des résultats peut se poursuivre, voire s'amplifier dans les mois qui viennent.
Est-ce qu'il faut s'inquiéter, François, de la situation des techs, notamment des 7 magnifiques qui en ont perdu une en route, qui a arrêté de rouler, qui a roulé à sens inverse ?
Non, on a un phénomène qu'on a déjà connu par le passé, un phénomène de concentration des performances très fort, phénomène de domination de la tech américaine totale sur le marché. C'est en... À ce point-là, je pense qu'on l'a rarement vu, mais on a eu des phénomènes de concentration comme ça dans les années 30. On en a vu évidemment au moment de la bulle tech, etc. Donc, c'est un truc qu'on a déjà connu. Est-ce que c'est, entre guillemets, un signe de bonne santé du marché ? La réponse est historiquement plutôt non. Il y a bien un moment en général où ça explose. Est-ce que ça suffit pour dire que le marché va se retourner demain ? Non plus. Ce phénomène de est-ce qu'on peut la passer à une bulle ? Je n'appellerais pas ça une bulle parce qu'il y a des vrais profits. À Nvidia, il y a des profits gigantesques derrière, etc. Ça change de 2000. On n'est pas dans la même situation, mais il faut quand même se poser la question sur le fait que ces profits exceptionnels qui sont aujourd'hui réels, est-ce qu'ils sont projetables comme ça, de vitamme éternable, avec des marges aussi élevées et une croissance aussi forte ? On peut être songeur, mais c'est très difficile de lutter contre ça et de se remettre en face.
Là, on voit un risque. Je voudrais qu'on essaie, justement, avant qu'on passe aux positions d'allocation d'actifs, de regarder les risques qu'on n'a pas évoqués. Geoffroy, je me tourne vers vous. S'il y a un risque aujourd'hui qui vous semble être un risque à regarder de près, vous me diriez quoi ?
C'est vrai qu'il y en a plusieurs. Les risques géopolitiques, c'est vrai qu'on n'en parle plus forcément beaucoup ces derniers temps. On se concentre sur la politique pure, on va dire, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Royaume-Uni. Mais c'est vrai que la politique et la géopolitique, les deux ensemble, ça peut être... source de risque d'ici la fin de l'année. Donc, il faut vraiment avoir un œil dessus. Et notamment, on en parlait tout à l'heure, c'est vrai qu'une démission de Macron, ce n'est pas notre scénario, pourrait rebattre les cartes, même à l'échelle européenne. OK.
Risques géopolitiques à regarder. Frédéric Leroux, quel est le risque que vous auriez envie de regarder de près ?
Il y a le risque structurel de redémarrage inflationniste avec son impact sur les taux d'intérêt et donc notamment sur toutes ces valorisations hyper tendues des Magnificent Seven et d'un petit peu plus. Ce sont ces valeurs de croissance avec des valorisations très élevées qui souffriront le plus de la hausse des taux, de la même façon que ça s'est passé en 2022 ou dans les années 70. Les entreprises continuent à gagner beaucoup d'argent, mais leur valorisation était tellement élevée que l'effet de la hausse des taux sur la valorisation des profits futurs était plus important que la capacité des entreprises à gagner de l'argent. Et un risque plus conjoncturel qui est celui, je pense, donc d'un retournement de la politique monétaire japonaise. On sait très bien que les taux bas japonais ont nourri la spéculation sur beaucoup d'autres marchés, un gros yen carry trade. Je pense que ce serait un événement de liquidité, en plus de certains autres plus techniques, qui empêcheront probablement les actifs risqués de continuer à bien performer.
Et vous trouvez la Bosch pas bonne en forward guidance ? Parce que j'ai un peu le sentiment qu'ils sont quand même assez vigilants dans leur communication.
Ils sont coincés par l'évolution de l'inflation et aussi ils découvrent que c'est l'inflation qui décide dans les deux sens. Ils sont aussi très coincés avec une politique qui consiste à affaiblir le Yen en espérant que ça aidera un petit peu l'économie, notamment par les exportations. Et en fait, ce n'est pas le cas. Ça augmente une... une inflation qui ne permet pas à la hausse des salaires qu'on a enfin observé au Japon, de donner du pouvoir d'achat aux ménages. Donc c'est une impasse économique, il faut qu'ils reviennent complètement sur leur modèle, qu'ils suivent depuis des années, accepter un Yen fort, des taux plus élevés, et se rendre compte à ce moment-là, je pense, qu'ils ont acquis au fil des années une compétitivité extraordinaire que n'empêchera pas de se matérialiser la hausse du Yen et la hausse des taux.
Ok. François Rimeux, le risque que vous avez envie de monitorer ?
Moi, ce qui m'effraie, ce sont les parties longues de courbe américaines, parce que je pense que c'est elles qui tiennent un peu tout l'équilibre du marché aujourd'hui. Si on voit un spike sur les parties longues de courbe de taux, je pense que tout le monde souffrira. Et donc, qu'est-ce qui peut amener ça et que le marché n'anticipe pas ? Potentiellement, ce sont les matières premières, en général. Les mouvements sur le pétrole sont assez bien corrélés avec les niveaux de taux. Et aujourd'hui, il y a un consensus, ça se moue, disons, que sur le pétrole, il ne va pas se passer grand-chose. Donc, ça rejoint un peu le côté géopolitique. En général, il y a un lien. mais est-ce qu'on pourrait être aussi tranquille que ça sur le marché du pétrole ? Aujourd'hui, on ne voit pas de signe, mais on ne sait jamais, avec un dérapage des parties longues de courbe derrière, qui pourrait être très compliqué à gérer.
Ok, ça fait un peu plus d'une demi-heure qu'on est ensemble, donc on va traiter maintenant la partie allocation d'actifs de manière très rapide, mais très précise aussi. Je vais vous poser des questions, je vais vous demander de répondre en deux mots, juste pour donner le sentiment. Première question, on voit bien les difficultés actuellement européennes, difficultés économiques avec une croissance qui est molle, même si elle redémarre un tout petit peu, difficultés politiques en Europe, notamment avec la situation française. Est-ce que sur le second semestre 2024, il faut prendre ses distances par rapport à l'Europe ? Oui, plutôt oui, non, plutôt non. François, comme vous me regardez, c'est vous qui avez la parole la première.
À court terme, plutôt oui. J'imagine mal les flux à destination de l'Europe accélérés alors qu'on est en pleine incertitude politique européenne et française. Donc, le léger mieux qu'il y avait, je pense qu'il va être en mode pause. À court terme, plutôt oui. À moyen terme, pas forcément.
Prédirectement ? Je vais te dire la même chose.
Ok, parfait. Geoffroy Lenoir.
Même constat, c'est vrai que le risque politique à court terme qui favorise plutôt les États-Unis que l'Europe, mais sur la fin d'année, on voit plutôt une reprise côté Europe vis-à-vis des États-Unis.
Ok, parfait. Maintenant, deuxième question. Je vais vous demander là encore des réponses simples. Sur le second semestre 2024, dans un portefeuille diversifié, faut-il être plutôt action ou plutôt taux ? Geoffroy.
On n'a pas changé de vue depuis le début de l'année. On est neutre action et on est plutôt long sur la partie obligataire. Et sur la partie obligataire, on préfère le haut rendement.
Alors, on y reviendra après. Donc, plutôt taux que action.
Je dirais plutôt gestion active dynamique fondée sur les marchés d'action. J'expose, je désexpose. C'est là qu'est la valeur.
François Rime.
Des taux courts, pas longs, parce qu'on ne sait jamais. Et sur les actions, ça va énormément dépendre des parties longues de courbe. Donc je suis très stressé des parties longues de courbe.
Je reviens vers vous Geoffroy, sur la partie obligataire. Souverain, corporate ou à yield ? On rappelait tout à l'heure votre passé de gérant monétaire. Pendant des années, on sait tous que le monétaire, ça a très bien marché pendant une période, et puis après, on ne considérait même plus que c'était une classe d'actifs. Aujourd'hui, le monétaire est redevenu une classe d'actifs ?
Oui, bien sûr. Le monétaire est en couple. On a des taux monétaires qui sont indexés sur les taux de la Banque Centrale Européenne, sur le taux de dépôt. On était à 4% depuis plusieurs mois. On est passé à 3,75%. C'est vrai qu'on doit avoir finalement des taux monétaires, des fonds monétaires qui ont une performance pas très loin des 4% sur l'ensemble de l'année 2024. Donc, ça reste intéressant. C'est un produit d'attente, bien évidemment. Et on est quand même rémunéré sur des taux intéressants. Après, sur la partie obligataire, on est déjà à 2% depuis le début de l'année sur le monétaire. Si on regarde, parce que c'est la fin du semestre, on peut faire la photo de milieu d'année, sur les taux obligataires, on a une performance qui est négative de l'ordre de 1,5% depuis le début de l'année, 1,5-2% sur les indices européens en particulier. Sur la partie crédit de bonne qualité, on est légèrement positif, 0,5-0,6%. Par contre, sur le crédit haut rendement, on a des performances qui avoisinent les 3% déjà depuis le début de l'année. C'est vrai qu'on pense que cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Donc, toujours profiter du fameux portage des niveaux de taux élevés sur la partie haut rendement en évitant les dossiers qui sont un peu stressés, bien évidemment.
Même idée. Si on veut aller sur le corporate, il faut prendre un petit peu de risque et donc aller chercher du rendement. On peut y aller parce que compte tenu de tout ce qu'on a pu dire, on va éviter à tout prix une récession qui serait le pire ennemi de cette classe d'actifs. Et donc, partant de là, au contraire, profitons du portage.
Oui, le portage, c'est super.
On est dans un... Moi, je vous ai quand même entendu, je suis plutôt court.
Quand on regarde la durée moyenne du high yield, il est en général plus court qu'un investment grade. Donc on va aller prendre une sensibilité de 4, 5 autour sur du high yield, 3, 4, 5. Et c'est assez court. Plutôt que d'aller prendre de la durée longue, je préfère ça. Les sociétés ont une forme financière qui est bonne.
Elles ont pu se refinancer depuis le début de l'année assez largement. Donc les risques ont baissé sur cette case d'actifs. Ok,
on en passe donc du coup du côté des actions, plutôt actions, plutôt grosses ou plutôt value ? Frédéric Leroux.
Alors, barbel, c'est-à-dire qu'on a fait les performances depuis la fin 2022 sur les valeurs de croissance, notamment ces belles valeurs de techno américaines. Si on croit comme moi qu'à un moment ou à un autre, la hausse des taux redémarre à la faveur d'une deuxième vague d'inflation, il faut au contraire réduire un petit peu ce poids-là et donc déjà se prépositionner. vers des choses qui profiteront d'un environnement plus favorable à la value. Donc ça veut dire aller peut-être un peu moins aux États-Unis, un peu plus en Europe, un peu plus au Japon, un peu plus en Asie globalement, chercher de la cyclicité économique et de la sous-valorisation. En Europe, on a tout ce qu'il faut en sous-valorisation. Il en reste encore au Japon, malgré son très beau parcours. Voilà, donc plutôt value, plutôt moins d'US et plus de reste du monde, notamment pour mieux naviguer dans un univers de taux qui remonterait.
Moi je suis assez en accord avec ça, mais sans doute pas à court terme, parce que je pense qu'à court terme ce sont les flux politiques qui vont compter, plus qu'autre chose. Mais je ne suis pas du tout en désaccord avec ce qui a été dit sur toute la fin d'année. Effectivement, la partie la plus chère c'est la partie tech, donc c'est la partie grosse. Tout ça c'est le même trade en fait, c'est la même chose. Et effectivement, dans un cas de tension obligataire, c'est la partie qui va le plus souffrir. Donc elle est compliquée à imaginer à long terme. Mais malheureusement ou heureusement, dans les quelques mois qui viennent, c'est sans doute là où encore les flux vont se diriger, parce que l'Europe n'est pas vraiment une alternative aujourd'hui.
Geoffroy Lenoir, votre sentiment ? Growth ou value ? Et quel pays plutôt ?
Encore une fois, on ne va pas forcément mettre tous les deux dans le même panier. On ne va pas être très value, mais à la marge, on va dire qu'on va être un peu value. C'est toujours le biais du gérant en action aussi, c'est d'aller chercher les valeurs.
Je sens Eric Thurman qui sort de ce corps.
Un petit peu de value, c'est vrai que quand on voit les niveaux des banques en Europe, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a quand même un petit peu de potentiel. Une fois qu'on aura un petit peu passé le risque politique, il pourra y avoir quelques affaires à faire côté Europe. Pas forcément tout de suite, mais donc il faut suivre ça côté Europe.
Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous. Je vous rappelle, on se retrouve exceptionnellement demain matin à 10h pour une émission spéciale. Et autour de la table, il n'y aura pas des professionnels de l'asset management, des conseillers en gestion de patrimoine, des économistes, mais il y aura des journalistes. Et on essaiera de refaire le monde lors d'une édition spéciale avec mes camarades Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire France. Salut ! Bonne soirée, à demain.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Le mois dernier, nous nous sommes retrouvés le 4. Cinq jours plus tard, les Français se rendaient aux urnes et dans la foulée, le président de la République a dissous l'Assemblée nationale. Pas une seule fois dans notre émission précédente, nous n'avons évoqué ce scénario. Erreur majeure. Ne cherchons pas à nous en dédouaner. Certes, se focaliser sur le scénario central a du sens, mais il faut toujours étudier les pistes alternatives. Cela vaut. aussi bien pour les journalistes que pour les conseillers en gestion de patrimoine. La bourse ne peut-elle que monter à long terme ? Les CPI sont-elles toujours des produits performants et liquides ? Autorisons-nous donc ce droit à l'erreur à une condition, toujours savoir en tirer les leçons. Bienvenue sur le plateau des Plus Encore, le magazine de la finance et de la gestion de patrimoine, une émission diffusée sur H24 Finance, LinkedIn, YouTube et... Et plus encore, ravi de vous retrouver, on attaque tout de suite,
générique.
Ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Et Plus encore, en étant aujourd'hui ensemble pendant on va dire une, peut-être un tout petit peu plus. Je vous donne tout de suite le programme de cette émission. On commencera comme à l'accoutumée avec Nadine Crémolière, directeur de Primonial Portfolio Solutions pour le Point Marché. Nadine ne sera pas en plateau, elle sera dans quelques instants avec nous en duplex depuis. La femme dans l'actu ce mois-ci, c'est Marielle Cohen-Branche, médiateur de l'autorité des marchés financiers. On parlera avec elle, je pense, à un assez long moment de la médiation et notamment du sujet de la médiation et des CIF. Environ, on va dire, vers 25, il sera avec nous, fidèle au poste pour son journal décalé, c'est Georges Delataille. Et puis, peu ou prou, on va dire à l'admis, on aura le G3 Bourse. avec nos invités, changement de plateau pour des sombres histoires d'agenda. Donc, fidèle au poste, Frédéric Leroux de Carmignac Gestion. Et avec lui, on aura également Geoffroy Lenoir de chez OVIFI Invest AM et François Rimeux de Crédit Mutuel Asset Management. Voilà le programme. Tout de suite, je rejoins mon fauteuil et on regarde si la liaison marche avec Nadine. Ça marche Nadine, vous êtes avec nous ?
Oui,
bonjour Jean-François. Bien, allez, on attaque tout de suite Nadine. Donc vous êtes au Martinez. Vous êtes quoi ? Vous êtes en séminaire ?
Exactement, avec des partenaires CGPI.
Bien, alors on regarde tout de suite, si vous le voulez bien, le tableau des actions. Et lorsqu'on regarde ce tableau, lorsqu'on regarde la dernière colonne et l'avant-dernière colonne, c'est-à-dire le mois de juin et le début de l'année, on voit très clairement qu'il y a deux mondes. D'un côté MSCI World, S&P et Nasdaq en forte progression. L'Europe, la Chine en cata. en tout cas le mois dernier, pourquoi le monde paraît aussi disloqué ?
Le mot à la mode actuellement, c'est polarisation. Polarisation des opinions publiques, polarisation des pays, polarisation géopolitique. On s'aperçoit qu'effectivement, les États-Unis ont un énorme avantage et qu'ils bénéficient de sociétés technologiques. Encore une fois, on parle toujours un petit peu des mêmes sujets depuis à peu près 18 mois. Que ferions-nous sans Nvidia, Apple et Microsoft ? Et actuellement, le mois de juin était complètement conforme à ce que l'on voit depuis un certain nombre de mois. C'est-à-dire que ce sont ces sociétés-là qui ont fait la performance des marchés américains. Ils sont de plus en plus prépondérants dans les indices et c'est eux qui expliquent globalement 80% de la performance de l'année, mais aussi du mois de juin. Donc on a un mois de juin qui est complètement conforme. Et puis de l'autre côté, l'Europe qui a une difficulté. qui a été par les élections, et on peut y revenir, mais effectivement, c'est un peu la déception des élections qui fait que l'Europe recule.
Je voudrais qu'on revienne, Nadine, si vous le voulez bien, sur les small caps, on en avait parlé le mois dernier, on disait que ça allait un peu mieux, là ça ne va pas mieux. C'est quoi ? C'est un effet liquidité ? C'est un effet politique ? C'est un effet économique ?
Je pense qu'il y a une double conjonction, premièrement effectivement politique, ça ne nous a pas échappé que l'Assemblée nationale était dissoute et qu'on se présente en France, qu'on se prépare à des élections un petit peu compliquées, on est entre les deux tours, et nul ne sait si on aura un gouvernement qui sera capable de prendre des décisions à partir de la semaine prochaine. Ça, ça affecte effectivement le tissu, on va dire, le tissu économique européen et particulièrement français, et donc les small caps, dans les indices small caps européens, il y a quand même un certain nombre de... d'entreprises françaises. Il y a un second effet aussi non négligeable, c'est qu'effectivement la BCE a baissé les taux, on en parlera peut-être quand on parlera des taux au mois de juin, mais on n'a pas l'impression qu'on rentre dans une espèce de cycle d'assouplissement plus important. Et cela, malgré tout, c'est un peu en train de faire un peu mal à tout ce biais small cap, où on s'attendait, rappelez-vous, à ce que le coût de l'argent baisse significativement. Et on n'est plus vraiment dans ce scénario-là. Et c'est ça qui fait peut-être que les small caps ont perdu un peu de leur attractivité sur le mois de juin.
On regarde justement tout de suite le tableau des taux d'intérêt. On constate effectivement que la Fed n'a pas bougé, mais que l'ABC a baissé de 25 points de baisse. Moi, je voudrais regarder avec vous, m'intéresser aux 2,50. Du Bund allemand, on voit que les taux allemands ont plus baissé les taux longs que les taux américains. C'est quoi ? C'est grâce à la France ? C'est du fly to quality ou c'est un mouvement autre ?
Oui, vous avez raison. Je veux dire, quelque part, l'écartement du spread, de l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a été à la fois bénéficier à l'Allemagne, c'est-à-dire que ce phénomène, comme on le disait très justement, de fly to quality, on va chercher la qualité au détriment peut-être de la dette française. Et c'est ça qui a fait que les taux ont légèrement baissé en Europe. Mais regardez, le 10 ans allemand, on a perdu quoi ? 15 BP. C'est quand même un phénomène qui est relativement faible.
Est-ce qu'il faut s'attendre ? Vous vous évoquiez, il y a de cela quelques instants, sur les small caps, les éventuelles déceptions sur des baisses de taux à venir de la part des banques centrales. Est-ce qu'il faut s'attendre à une baisse des taux longs ?
Non, c'est vraiment le sujet que je porte depuis quelques semaines. Je veux dire, tout le monde assimile un petit peu les taux. un ensemble homogène. Je pense qu'il est très hétérogène avec des taux longs qui sont inversés par rapport à la partie courte de la courbe. Donc, on a globalement, schématiquement, un taux court à 3,75 et des taux longs qui sont à 2,50 quand on regarde l'Allemagne. Je pense que la courbe va, au fur et à mesure que la BCE va baisser ses taux, va se rétablir peut-être dans une position plus normale, c'est-à-dire ascendante. Et ça, ça va un petit peu gêner les taux longs. Je ne vois pas forcément de potentiel de baisse sur les taux longs. On a quand même toujours... toujours de l'inflation toujours importante, toujours autour de 2,50, 2,60. Une croissance qui est, on va dire, autour de 0,50, donc des taux longs à 2,50. Je trouve qu'il n'y a rien d'anormal là-dessus.
Ok, je voudrais maintenant qu'on passe à l'allocation d'actifs. L'allocation d'actifs qui progresse sur le mois de 1,1%, c'est exactement comme le mois dernier. D'ailleurs, la hausse, la performance s'est faite ces deux derniers mois. Quels sont les contributeurs à la performance en ce mois de juin ?
Si je vous parle de la technologie, je pense que vous ne serez pas surpris. On avait switché depuis deux mois sur un fonds pur techno qui a fait 10% sur le mois de juin, donc qui a contribué à plus de la moitié ou à peu près à la moitié de la performance de notre profil. On avait aussi de l'émergent qui n'a pas trop mal marché. Et puis le détracteur, c'est comme je vous le disais, légèrement les small caps. Donc on est en train de se poser des questions pour le prochain semestre, de savoir quels sont les mouvements à faire.
Alors justement, les mouvements à faire, vous allez faire plaisir à quelques investisseurs et à quelques conseillers qui aiment bien que ça bouge et qui ne veulent pas se limiter à faire du suivi. Ça va bouger pas mal. Qu'est-ce qui sort de l'allocation d'actifs ? Quels sont les fonds ou les classes d'actifs qui vont disparaître désormais ?
Alors vous l'avez compris dans mon discours précédent, effectivement les small caps, je pense que c'est un peu trop prématuré d'attendre un rebond important. Donc on s'y était mis tactiquement, on a eu un petit rebond, donc on l'a pris et on est content de l'avoir pris. Mais maintenant, je pense que les prochains mois, et notamment avec toutes les incertitudes sur la France, ce n'est pas forcément une période favorable pour les small caps, donc on sort les small caps. Quoi d'autre ? Le second segment... qu'on sort et qui est quand même relativement majeur, parce que c'est une position qu'on a depuis relativement pas mal de mois et on se posait la question de savoir s'il fallait la garder ou pas, c'est l'immobilier. Et je pense que l'immobilier, on est un peu pris par la même problématique que les small caps, c'est-à-dire qu'on sait qu'à un moment, ça va rebondir, mais je ne suis pas forcément sûre que le timing soit le plus, on va dire, intéressant maintenant et que peut-être que c'est un dossier qu'on réouvrira en 2025. Or, toujours pareil, dans l'allocation, quand vous voulez faire rentrer des classes d'actifs, Il faut bien faire des arbitrages sortants. Et donc, comme on avait peut-être quelque chose de plus attractif à notre sens que l'immobilier, c'est pour la raison pour laquelle on supprime tout l'immobilier. Donc, on bouge pratiquement 15% du portefeuille à partir de ce début du mois de juillet.
Ok, 5% sur les small caps en moins, 10% en moins sur l'immobilier. On rentre quoi ? Que met-on à la place des small caps ?
Alors, les small caps, on... On cherche toujours pareil, l'internationalisation de nos positions, on sort de l'Europe. Donc on est allé chercher un fonds qui est plutôt un fonds mix, diversifié, c'est-à-dire qu'on réduit potentiellement un tout petit peu la position action, puisque ce n'est pas un fonds pure action, donc on ne switche pas 100% action contre 100% d'action d'une autre zone géographique. Le fonds c'est Arcovalor, qui effectivement est un mix entre des actions et des obligations. Il a une vision internationale qui nous intéresse. un peu moins d'exposition sur les marchés actions pour, on va dire, accompagner cet été qui peut être un peu plus difficile.
Ok, que mettons à la place des 10% que l'on avait sur l'immobilier, qui avait quand même une caractéristique, c'était d'être plutôt stable officiellement. Alors certes, on a vu la crise, mais à la base, tout le monde pensait que l'immobilier était stable et d'offrir du rendement.
Alors on cherche justement, c'est exactement la même thématique que l'on va rechercher, c'est-à-dire qu'on cherche du rendement, on abandonne un petit peu de liquidité pour un excès de rendement, et pour moi le mieux placé actuellement c'est la dette privée. Donc ce sont des solutions qui sont un peu similaires à ce qu'on appelle le private equity, c'est-à-dire ce sont des obligations qui sont émises par des sociétés non cotées, dans des fonds qui jusqu'à maintenant n'étaient pas du tout accessibles dans l'assurance vie. On apporte une solution actuellement qui nous paraît très attractive, qui est géré par une société très spécialiste de cela qui s'appelle Abza, et effectivement qui va nous proposer un produit qui a un rendement de, on va dire entre 3 et 4 en brut de frais au-dessus de le rebord. Le rebord, c'est 3,75. Donc vous voyez, on a un rendement, un potentiel de rendement qui est supérieur à 7 Dans cet environnement-là, c'est ce qu'on recherche, du rendement avec une valorisation qui soit relativement… stable, donc cette résilience de la performance, on va la retrouver là et avec un rendement qui est quand même supérieur à celui qu'on peut exporter sur l'immobilier tout au monde à l'accrochement.
Question Nadine, est-ce qu'en faisant ce choix on se bloque pour les années à venir, puisque c'est du non-coté ou est-ce que si demain on trouve de meilleures opportunités, on pourra arbitrer ?
Non, la beauté de ce produit-là, c'est que comme un petit peu la solution de Travail & Equity qu'on avait apporté, c'est qu'on a une liquidité qui est bimensuelle. Donc, on peut très bien imaginer que, comme vous le disiez très justement, si on trouve une autre opportunité avec un peu plus de rendement ou un peu plus d'intérêt, on n'hésitera pas à le switcher. On n'est pas là pour… Alors, bien sûr, ce sont des rendements qui sont à regarder sur des périodes de 4-5 ans. Je ne veux pas vous dire qu'on n'est là que pour 6 mois. Mais fondamentalement, on a la possibilité d'en sortir si on pense qu'on trouve des… opportunités plus importantes dans les prochains mois.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Nadine, on vous retrouve au mois de septembre en plateau. Tout de suite, une femme dans l'actu. La femme dans l'actu a été juriste de banque, conseiller à la Cour de cassation, membre de la commission des sanctions de l'autorité des marchés financiers, membre du tribunal international administratif de la Banque mondiale. Elle est depuis 2011 médiateur de l'autorité des marchés financiers. Marielle Cohen-Branche est avec nous à l'occasion de la présentation de son rapport annuel 2023. A priori, Marielle, votre dernier rapport, puisque vous devez normalement prochainement quitter vos fonctions. Marielle, comme cette émission est très largement suivie par des conseillers en investissement financier, je voudrais, si vous le voulez bien, revenir sur votre rapport, non pas de 2023, mais de 2022, où un encadré m'avait interpellé. Il était intitulé... Le refus d'entrer en médiation par les CIF, une occasion manquée. Où était le problème ?
On s'est posé la question, puisque en général, les refus d'entrer en médiation, qui est un droit au cas par cas, dans la médiation de la consommation, mais ne dépasse pas 3 ou 4 et peut se comprendre. Un professionnel vous disant, celui-là, jamais, il est de mauvaise foi. Mais quand ça devient plus systématique, alors on se demande, pourquoi rater une telle occasion ? puisque je vous rappelle que la médiation de la consommation offre, en tant que moi, médiateur public, une occasion confidentielle pour le professionnel, gratuite, d'essayer de résoudre à l'amiable, effectivement, son litige. C'est-à-dire sans avoir besoin d'aller devant les tribunaux, puisque là c'est payant, il y a un aléa, et en plus il a des frais d'avocat. Donc on s'est posé la question.
Alors vous avez mené l'enquête et ça a donné quoi ?
Alors, des hypothèses. La première hypothèse, c'était au fond, est-ce que c'est lié à l'association à laquelle ils sont affiliés ? La réponse est non. Deuxième hypothèse, est-ce que c'est lié au produit un peu moche ? La réponse a été sans doute oui. On va retrouver des produits de part de sociétés qui sont en liquidation judiciaire. Donc ça, ça a été déjà le point commun. Et puis aussi le fait que je me suis posé, je suis très libre dans mes propos. Est-ce que ce n'est pas un peu de cynisme ? Parce que finalement, une fois que la société est en liquidation judiciaire, le préjudice, lui, ne sera définitivement connu, en tous les cas, c'est ce que l'on croyait à l'époque, qu'au bout de 15 ans. Et donc, pourquoi dès maintenant ? ouvrir un dossier, puisque même si on n'a pas été parfait dans l'examen des problèmes, le préjudice sera plus tard.
Question Marielle, les affaires dont vous parlez, j'imagine que vous avez dû voir des dossiers type Maranatha, etc. Quand vous écrivez ça dans votre rapport 2022, comment réagissent ces associations professionnelles ?
Il y en a une qui a pris contact avec nous et qui a souhaité, parce que c'est aussi sa responsabilité précisément, d'aller voir et de contrôler ces... une partie des 7000 CIF qui existent en France, et qui nous a dit on veut comprendre avec vous Alors, on a commencé à observer que c'était peut-être, alors je ne vais parler qu'avec des conditionnels, les assureurs qui étaient au fond peu enclins, et puis derrière les assureurs, il y avait peut-être les avocats des assureurs. En tous les cas, cette prise de conscience a permis de diminuer en 2023 ce pourcentage. Il reste tout de même encore à améliorer la prise de conscience de l'intérêt concessif d'aller. Nous, nous sommes des experts. Les magistrats sont souvent des généralistes. Et donc on peut effectivement, on va dire, mieux équilibrer ce qui peut, au fond, être dû à un aléa des marchés ou être dû à des dysfonctionnements. Et donc, de ce point de vue-là... Nous avons, et j'en suis heureuse, vu diminuer le nombre des refus. Mais il reste encore un progrès, puisqu'au fond, il y a encore 25% des cas où on a un refus. Et puis, je voudrais aussi attirer leur attention. Quand vous refusez d'entrer en médiation, la confidentialité n'a pas commencé à jouer. Donc, le refus est un droit, mais je vais transmettre ce dossier au service d'enquête. Ok,
je voudrais qu'on rentre, puisqu'on voit les affaires, je citais tout à l'heure Maranatha, mais il y en a d'autres, et d'ailleurs, elles sont mentionnées dans votre rapport 2022, sur le sujet du préjudice. Parce que, dans la pareille situation, comment vous faites pour rentrer en médiation ? C'est vrai que, quand on a une société qui est en dépôt de bilan, on ne connaît pas le préjudice immédiatement.
Alors, c'est ce que l'on pensait depuis très longtemps. C'est-à-dire que le préjudice n'était ni actuel ni certain, parce qu'il fallait attendre la fin de la liquidation judiciaire qui intervient souvent au bout de 15 ans. Mais ça commence à changer. Beaucoup de liquidateurs judiciaires vont entrer en contact effectivement avec les créanciers pour leur donner des informations, pour dire ça y est, j'ai examiné le dossier, et quelques fois au bout de 2 ou 3 ans seulement, vont pouvoir dire... vous, créanciers, vous ne toucherez que 5 à 10 Et on voit apparaître, et ça, il faut que les cifres le sachent, des cas où, effectivement, des tribunaux de première instance, et on sera attentifs à ce que disent les cours d'appel maintenant, vous disent, donc, je condamne dès maintenant à payer une somme donnée qui correspond à 80 ou 50 du préjudice, parce que nous sommes sûrs qu'au moins ce pourcentage-là ne sera pas, effectivement, remboursé. par la vente des actifs.
En pratique, si on doit résumer, d'un point de vue pédagogique, comment ça marche la médiation ? J'ai l'obligation d'informer mes clients de l'existence des différents médiateurs. Vous, vous êtes compétente pour quel type de litige ? Et comment se passe une médiation ?
Alors, si je veux faire très court, je suis compétente quand l'AMF est compétente. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut aller un petit peu plus loin. D'une part, nous ne sommes compétents, c'est-à-dire le service de médiation, mais tu as entendu que moi, je ne suis pas... du tout une salariée de l'AMF, je suis indépendante, je suis nommée par le président pour des mandats, et vous l'avez rappelé maintenant, près de plus de 12 ans, mais si effectivement un consommateur, quel qu'il soit, on va dire, le domaine marchand, mais pour tous les domaines marchands, c'est un droit qui a été conféré par une directive européenne qui a organisé la mission des médiateurs. Et donc, il faut déjà rester en amiable. Il faut avoir ensuite... Effectivement, tenter, et c'est normal, une réclamation écrite préalable. auprès de son professionnel. Et si ça relève de la compétence de l'AMF, c'est-à-dire les placements financiers. Et la grande difficulté qu'il y a, c'est que les gens, et je les comprends, confondent, n'ont pas une claire conscience, et je les comprends beaucoup, entre ce qui relève du bancaire et ce qui relève de l'assurance et ce qui relève des placements financiers, parce que souvent, c'est fait par les mêmes conseillers. dans les mêmes établissements. Donc, ce travail-là de la recevabilité. Et puis ensuite, si c'est bien dans mon secteur, j'ai une équipe de six juristes talentueux qui vont examiner effectivement, au regard de la responsabilité des civils, s'il y a une faute, oui ou non, et s'il y a un préjudice, oui ou non, qui est causé par cet éventuel dysfonctionnement. Et dans un cas sur deux, je fais une proposition. Et je suis suivie en moyenne à 95%. Et donc, ça reste gratuit. Disons-le, l'AMF ne connaît pas le nom des professionnels qui entrent en médiation avec moi.
Je voudrais qu'on regarde deux petites secondes votre rapport 2023. Lorsque je regarde dans le détail, je vois que dans les litiges les plus importants, il y a le PEA. Mais ça, c'est quelque chose que vous aviez fait noter de longue date. Dans les tendances nouvelles, je vois l'immobilier et les cryptos. Vous pouvez m'en dire plus ?
Voilà. Alors, vous avez raison, s'il y avait une conclusion à retenir, c'est qu'on a un tassement des thématiques classiques, et vous avez cité, mais ça reste tout de même mon premier secteur de litige, le PEA, puis l'épargne salariale et les ordres de bourse, bien naturellement, mais la conjoncture, et peut-être aussi les questions technologiques, ont conduit à une double conséquence, c'est-à-dire deux secteurs nouveaux pour lesquels j'ai enregistré un doublement. Un doublement des demandes, c'est d'une part la pierre-papier, à cause de la conjoncture immobilière, c'est-à-dire les SCPI et le crowdfunding immobilier, et puis d'autre part, les litiges liés aux crypto-actifs, qui ont également doublé globalement, même si les dossiers recevables, eux, ont stagné. Alors si on revient effectivement à la pierre-papier, j'ai envie de dire, les gens ont cru investir directement dans l'immobilier, mais ils ont investi. Merci. dans un placement financier.
Est-ce que vous avez noté des problématiques de commercialisation sur la pierre-papier dans les litiges que vous avez vus ? Ou est-ce que c'est des choses de nature différente ?
On va dire que la plupart du temps, aujourd'hui, pour les SCPI, je ne dirais pas la même chose pour les crypto-actifs, pour les SCPI, l'essentiel, ce n'est pas la commercialisation. Parce que ce sont des produits long terme, ils ont investi il y a très longtemps, et donc ils ne se souviennent plus. effectivement, ou c'est trop tard, la façon dont ça a été commercialisé, d'autant plus qu'ils l'ont peut-être reçu par héritage. Donc pour l'essentiel, les litiges que je reçois tournent autour de pourquoi je n'arrive pas à vendre mes parts de SCPI, de peur que la baisse s'aggrave, et au fond, pourquoi ça prend si longtemps ? Et pourquoi, si je dois résumer, problème de décote ? de la vente, du prix de la part et problème de délai. Et là, on va surtout faire de la pédagogie. Et c'est vrai que peut-être que ça a été mal commercialisé, mais il faut aussi savoir que moi, je raisonne, comme le ferait un juge, ce que j'ai été, au regard de la charge de la preuve. Si on ne me donne pas les documents commerciaux...
à partir desquels on leur a dit pas de problème, allez-y, moi je ne peux pas. Si j'avais effectivement, si en revanche on me donne un document commercial et que je vois que le document est déséquilibré, alors là je peux venir faire un reproche aux professionnels.
Je voudrais me mettre du côté maintenant du côté de l'épargnant. On a commencé notre échange du côté professionnel. Certains dépargnants reprochent la médiation, le fait que finalement, on ne traite que des cas ponctuels par la confidentialité que vous avez évoquée tout à l'heure et que vous ne travaillez que pour des cas spécifiques et pas pour l'intérêt général. Est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent ça ?
Alors, d'abord, la mission, c'est d'abord de résoudre un cas individuel. Je suis d'abord là pour ça. Mais quand je vois que c'est répétitif ou au contraire, et... que c'est peut-être pas si répétitif, mais on peut en tirer des leçons générales. J'ai pris l'initiative, à titre tout à fait personnel, depuis exactement dix ans, de dire avec mon équipe, tiens, ben voilà, ça, ça pourrait aider soit les professionnels, piqueur de rappel, soit les consommateurs, pour éviter de venir, au fond, me demander ma proposition. Et j'ai publié depuis, sur le site de l'AMF, ce qu'on appelle le dossier du mois, et je peux vous dire que les grands établissements, m'ont dit qu'ils le prenaient dans leur doctrine, que les associations de consommateurs m'ont dit on n'a pas besoin de vous déranger et ça a contribué à la connaissance, peut-être aussi un peu à l'aura de cette médiation publique, puisque je rappelle que je suis un médiateur public, c'est-à-dire gratuit, non seulement pour le consommateur, mais aussi pour le professionnel. Mais ça ne suffit pas, je suis aussi un peu un lanceur d'alerte. Et je crois que vous y avez, vous-même, à titre personnel, utilement contribué, Jean-François. Parce que quand vraiment ça devient répétitif, comme pour le PA, comme pour le problème des fonds de cuve, où le délai était au fond trop long et anormalement long, j'alerte le collège de l'AMF qui est l'instance dirigeante. Et à ce moment-là, dans ces deux cas, par exemple, ces dernières années, il a été décidé par le collège de l'AMF. de bâtir ce qu'on appelle un groupe de travail qui est assez solennel, on retrouve les directeurs généraux des banques, pour essayer d'améliorer. Ça dure des mois, mais j'invite ceux qui s'intéressent à ces questions et de voir comment on peut améliorer des processus qui sont complexes, pointus, problème par problème. Donc vous voyez au-delà de ces cas particuliers. Mais je ne suis pas effectivement, quelques fois on me dit, mais est-ce que vous pratiquez l'action de groupe ? Non ! Parce que l'action de groupe, elle vise aussi à punir. Et moi, je ne punis pas.
Un mot pour conclure, l'épargne salariale.
Ah, alors ça, c'est mon sujet chouchou. D'abord parce que je m'aperçois que j'ai l'impression qu'à part moi, personne ne s'y intéresse. Alors que c'est 12 millions de salariés, alors que c'est 180 milliards. C'est extrêmement touffu. L'essentiel des problèmes, c'est les gens qui ont effectivement choisi de différer les sommes auxquelles ils avaient le droit de par la loi. en ayant un avantage fiscal, mais ils ont aussi le droit de le débloquer par anticipation. Et là, je peux vous dire que c'est très compliqué. Et donc, si on a pu même aller favoriser des changements dans la loi, j'en suis très heureuse.
Marie-Alcone Branche, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, le journal décalé de Georges Delataille. Pour la française,
concepteur de solutions d'investissement, alliant performance et durabilité, présente le journal Décalé. Commençons ce journal décalé par une question. Quels sont les placements préférés des Français ? La hausse des taux d'intérêt, les crises géopolitiques, les élections, les réformes n'ont eu aucun impact. Le livret A reste comme toujours indétrônable, suivi loin derrière par l'assurance-vie et par le PEA. On constate quand même une nouvelle tendance depuis le Covid. Les Français font de plus en plus d'épargne de précaution, c'est-à-dire une épargne qui soit facilement utilisable, donc principalement du livret A et du LDDS.... Ça se voit dans les chiffres de collecte de ces produits, même s'ils sont aussi tirés par leur taux très attractif grâce à l'inflation qui a rendu les rémunérations beaucoup plus attractives. Il ne faut pas oublier aussi depuis 1er juillet l'arrivée d'un petit nouveau, Jean-François, le PEAC ou le plan d'épargne avenir climat qui a été lancé par Bruno Le Maire. Il fonctionne tellement bien que nous sommes le 2 ou 3 juillet, 2 juillet ça commence bien, et aucune banque ne le propose. Cette tendance elle pourrait au moins relancer. un débat. Est-ce que les sociétés qui proposent des produits au CGP vont leur proposer de distribuer un livret ?
Alors, vous dites relancer un débat. Dans votre texte, vous aviez écrit un vieux débat. J'ai été censé réagir sur le mot vieux pour me poser la question si finalement, vous n'êtes pas un peu vieux, mon cher Georges. Alors non, mais pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'en fait, j'entends tout votre discours, mais dans les placements qui ont quand même absolument la forme, il y a un truc dont on ne parle quasiment jamais, c'est quand même les cryptos, qu'aujourd'hui, il y a plus de détenteurs de cryptos dans notre pays que de détenteurs d'actions. Et il faudra peut-être un beau jour qu'on en parle, parce que c'est un placement qui a aujourd'hui une réelle dynamique.
Je vous donne rendez-vous dans un an et on verra, on sera tous les deux encore plus vieux. Et en parlant de vieux, je vais vous parler d'un produit, d'un pacte qui a 20 ans, le pacte d'Utreil. On pourrait donc penser au bout de 20 ans qu'il est totalement stabilisé, que tout est très clair. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Si on prend la loi de finances, le BOFID, la Cour de cassation, le Conseil d'État, ils ont tous des lectures différentes, ils ne regardent pas dans la même direction. Il est donc obligatoire de regarder en détail tous les faisceaux d'indices de la jurisprudence. Qu'est-ce qu'on a comme cas pas clair ? Je vais vous en citer quelques-uns. 1. Le type de sociétés qui sont concernées par ce pacte. Les sociétés civiles sont normalement exclues, on le sait bien, et pourtant certains ont réussi à trouver un petit trou de souris pour les faire accepter. La notion de holding animatrice est aussi pas bien claire. Qu'est-ce que c'est qu'une holding animatrice ? Quelle durée ? Quel type d'animation ? La possibilité de faire un pacte au moment de la donation, toujours pas claire à quel moment le pacte doit être fait. Et de même le respect de l'engagement de détention. Je ne peux donc vous donner qu'un conseil, bien faire appel à un expert pour vous faire accompagner pour la mise en place d'un pacte du travail.
Ok, cela dit, 20 ans en termes de stabilité, de règles, etc. On est quand même très largement soumis à ce qui va se passer d'un point de vue politique et on va suivre ça avec, attention, on en parlera d'ailleurs tout à l'heure, avec nos invités sur l'impact sur les marchés.
Je vais vous parler d'un autre sujet politique, mais c'est un sujet politique européen et de la RIS. On en a tellement parlé que je serais même incapable de vous dire combien de fois. Et on a aussi parlé le mois dernier d'un sujet qui est très clair, une demande entre autres de la planète CSA, c'est de faire... Une pause sur la réglementation. Mais quand on regarde les dernières déclarations, et entre autres celles de Patrick Montagnier, qui était secrétaire général adjoint de la CPR, et qui vient d'être nommé représentant de la Banque Centrale Européenne au Conseil de Surveillance Prudentielle, il dit que la RIS qui a été votée ne sera qu'une étape, que ce n'est pas terminé et que le texte va encore évoluer. La question est... Évolution, ok, mais dans quel sens ? Bien malin qui saura, surtout quand on vient de voir les dernières élections européennes, avec les différentes forces ou différents équilibres qui sont en train de changer en Europe.
D'autres informations justement concernant l'Europe ?
Oui, on va rester en Europe, pas du tout sur la réglementation, mais sur les attentes des CGP en termes de sociétés de gestion. Une étude du Fundamental Group nous donne de nombreuses informations et il faut vraiment être super agile pour plaire à tous. Pourquoi ? Parce que les Allemands, qu'est-ce qu'ils cherchent ? Eux, ils veulent des gestionnaires qui sont en train de se faire enlever les choses. qualitatif, la fameuse qualité allemande des gestionnaires analytiques qui offrent une large éventail de produits alors que les anglais, eux, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils ne veulent qu'un track record. Ils ne croient que sur le passé. En Espagne, on cherche en contraire des partenaires avenants. Avant tout, c'est le contact humain qui compte. Alors qu'en France, on cherche le côté créatif et en France, on est chauvin. Donc, le côté local. En Italie, encore autre point de vue, on cherche des partenaires mondiaux avec la gamme la plus large possible. Bref, l'Europe devient unifiée sur la réglementation, mais pas spécialement sur les attentes.
Vous avez tout à fait compris pourquoi la construction européenne se fait très difficilement.
Mais Jean-François, vous m'étonnez un peu parce qu'en général, vous me faites des retours très longs à toutes mes remarques. Et là, franchement, vous êtes super court. Donc, je vois deux options. Soit ce que je dis vous embête. soit vous êtes super pressé de partir en vacances.
Je ne suis pas au repos de vacances, mais un, tous les mots sur lesquels je voulais rebondir, vous ne me les avez pas dit, même si c'était dans votre texte. Et puis deux, on va être très honnête, je garde quelques forces pour une émission spéciale qu'on fera demain et où on refera le match, on donnera la parole aux journalistes et on parlera de l'actualité de l'épargne avec Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire. Je ne sais pas combien de temps on y passera demain. Mais en tout cas, une fois cette émission terminée, on va aller se reposer un tout petit peu. Et pour être en forme demain, tout de suite, on attaque notre débat. C'est le G3 Bourse. G3 Bourse, donc où l'on va s'interroger aux perspectives des marchés pour le second semestre 2024. Alors petit changement de plateau pour de sombres histoires d'agenda. Il est en tout cas toujours fidèle avec nous, c'est Frédéric Leroux, responsable de l'équipe Cross Asset Management de Carmignac Gestion. Avec nous également pour le Crédit Mutuel Asset Management, il est stratégiste. du Crédit Mutuel Asset Management, c'est François Rimeux qui est avec nous aujourd'hui en lieu et place de Jean-Louis Dehé. Et du côté Ofi Invest AM, c'est le co-directeur de la gestion collective Geoffroy Lenoir qui est avec nous. On va, si vous le voulez bien, messieurs, commencer par un petit exercice de présentation, puisque pour vous c'est une première dans ce G3 Bourse. François, vous me dites quelques mots de votre parcours ?
J'ai géré des portefeuilles pendant une vingtaine d'années, obligataire, multi-asset, total return. Et puis de plus en plus, je suis allé vers la stratégie, donc je me retrouve à ce poste de stratégiste-là qui me va très bien.
Un peu le même parcours, en commençant par le monétaire, l'obligataire, du multi-actif, et puis maintenant vers un poste de management des équipes de gestion d'Offi Invest.
Frédéric, je ne vous pose pas la question de vous présenter, parce qu'on vous retrouve dans toutes nos émissions. Une petite question quand même, ça fait combien de temps que vous êtes chez Carmignac Gestion ?
28 ans. 28.
Et avec un rôle non négligeable dans une année qui avait été importante chez Carmignac, c'était 2008 ?
Ah, à l'époque de la gestion active triomphante, on a triomphé. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve un petit peu les ferments de ce genre de marché. Et donc, on espère bien en profiter dans les années qui viennent.
On va commencer, si vous le voulez bien, par un petit chapitre politique, parce qu'il se passe plein de choses. France, États-Unis, Royaume-Uni. On va commencer avec vous, Frédéric. On se posait des questions sur les élections européennes. A priori, le résultat, c'est qu'il n'y a pas de grand changement ?
Non, on a vu sur un certain nombre de pays une droitisation du vote, mais pas d'effet, en tout cas pour l'instant, sur la structuration de l'Europe. Toujours les mêmes personnes aux mêmes places. Est-ce que ce sera de nature à changer à la faveur de l'élection française, notamment peut-être allemande dans quelques mois ? On verra. Mais en tout cas, pour l'instant, effectivement, pas de changement au niveau de l'Europe elle-même, oui.
On regarde tout de suite ce qui s'est passé sur l'élection française. On va être honnête, on a tous les résultats du premier tour. Vu l'heure actuelle, on n'a pas encore épluché tous les dépôts de candidature en préfecture, puisque c'est terminé il y a de cela quelques minutes, c'était à 18h. Donc on n'a pas exactement tous les détails de triangulaire, etc. François Rimeux, quelle est votre lecture de ces élections ? Et... Quel est pour vous le risque majeur d'un point de vue électoral pour les marchés ?
Le risque, c'est qu'on ait un Parlement dans lequel on ne puisse pas déceler une majorité claire, qu'on ait un scénario finalement qu'on n'a pas connu sur la Ve République, une difficulté à former un gouvernement. Et ça, c'est de l'incertitude. Donc, c'est une période un peu inconnue quand même pour la politique française. Et donc, ça maintient une prime de risque un peu longue, un peu lente. Le risque à moyen terme, le vrai risque, c'est une confrontation avec l'Europe. Je suis heureux. X sujets de la part du Rassemblement National parce que la partie à gauche, aujourd'hui, a priori, ne peut plus avoir la majorité absolue. Donc, on a un risque de confrontation là-dessus. C'est un risque à moyen terme. Mais bon, ce risque-là, aujourd'hui, il est encore très théorique pour les marchés. Donc, on ne va pas aller le presser demain.
Geoffroy, quel est votre sentiment sur le sujet ? François évoque le risque d'une absence de majorité. Moi, ça me fait penser à nos amis belges qui ont quand même vécu... des mois et des mois avec un gouvernement technique. Est-ce que finalement, c'est peut-être pas dans notre culture, mais est-ce que finalement, c'est pas si mal que ça ? Vous, vous en pensez quoi des risques sur cette élection présidentielle ?
On l'a vu avec l'ouverture des marchés hier, lundi, avec notamment des marchés qui se sont un petit peu repris. On voit le CAC 40 qui avait rebondi en séance et des marges sur les taux allemands contre taux français à 10 ans qui se sont un peu resserrées. Donc en fait, les résultats du premier tour, encore une fois, on ne va pas trop s'avancer sur le deuxième, mais les résultats du premier tour ont un peu diminué, on va dire, les risques d'avoir une majorité absolue, que ce soit par le nouveau Front populaire ou par le Rassemblement national. Et c'est vrai que ces deux risques étaient un petit peu, on va dire, pricés par le marché, ce qui fait que les spreads reviennent un petit peu, que le CAC revient un petit peu. Et qu'on revienne sur ce scénario un peu plus mou, on va dire, où on a plutôt un scénario où il n'y a pas vraiment de majorité absolue, ou alors avec des alliances ou des coalitions, et qu'on a plutôt ce scénario où on peut peut-être avoir une formation d'une coalition, mais qui risque de prendre du temps. C'est vrai que là, on risque de se retrouver dans une situation assez compliquée. En France, pendant quelques temps, on va voir les résultats du deuxième tour. Mais c'est vrai que ce qui va être important pour les marchés, c'est de scruter. Et qu'est-ce que... sera en mesure d'effectuer ce gouvernement. Quel va être le budget 2025 ? Parce que c'est ça aussi, il faut regarder concrètement qu'est-ce que ça va donner en termes de loi des finances. Et c'est ça qui va anticiper le marché. Et notamment, derrière, on a vu les risques sur la notation de la France. Est-ce qu'il ne va pas y avoir une dégradation de la note française d'ici la fin de l'année ? C'est des choses à suivre pour les marchés financiers.
Je me suis autogrondé tout à l'heure dans le lancement de cette émission puisque le mois dernier, je ne l'avais pas évoqué. l'hypothèse de la dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes. Donc, je vais poser les scénarios extrêmes. Est-ce que Frédéric Leroux, le vrai risque pour le marché français, ce n'est pas l'élection législative, ce serait que, dans un éclair de génie politique, le président de la République démissionne ?
Si, ce serait un petit peu la continuité de ce qui était exprimé par François, à savoir... Une cohabitation avec un Premier ministre qui n'est pas le représentant d'une majorité claire. On ne connaît pas. Si ça conduit à une situation complètement ingérable, il est probable que le Président décide de cela, donc d'une démission. Compte tenu de la façon dont il a suivi les résultats de l'élection européenne, on peut considérer que c'est une possibilité. Et on a cru comprendre, lorsque les marchés ont cru que cette démission arriverait dans la foulée de l'élection législative, On a cru comprendre que c'était la crainte des marchés, puisque c'est là qu'ils ont le plus stressé apparemment. Je ne pense pas que ce soit un base case, comme on dit, un cas de base, mais c'est une possibilité à regarder forcément.
On a tous entendu, quand on a écouté les experts ces derniers jours, de voir les différents scénarios qui existaient. Le scénario à la Lys Truss, le scénario à la Georgia Meloni. Le fait de parler de Lys Truss m'amène à venir vers vous, François Rimeux, pour vous poser une question. Il y a prochainement des élections au Royaume-Uni. Est-ce qu'il faut s'inquiéter des résultats ?
Normalement non. Normalement, tous les sondages sont dans le même sens. La victoire des travailleurs, de manière assez facile, assez nette. Et normalement, un budget qui sera à peu près normal, donc pas trop dépensier. Et on voit bien que le syndrome de distresse est encore très présent dans le monde politique anglais. Donc normalement, pas vraiment d'impact. Et donc pas d'impact non plus sur la BOE et sur le marché des taux courants anglais.
Geoffroy Lenoir, je viens maintenant vers vous et on va traverser, si vous le voulez bien, l'Atlantique pour parler de l'élection américaine. L'autre jour, quand on a échangé pour préparer cette émission, vous m'avez dit, je vais regarder avec intérêt le débat, le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden. Vous n'avez pas été déçu ?
Non, ce n'est pas ce qu'on disait l'autre fois. C'est vrai que c'était un débat assez attendu puisque c'est vrai que... le premier à la course à la présidence avec l'élection qui aura lieu au mois de novembre. Et c'est vrai qu'on pouvait avoir quelques inquiétudes sur la qualité du débat et sur le fait que Joe Biden soit vraiment en position de vraiment être crédible vis-à-vis d'un Donald Trump qui est toujours très aguerri sur ce type d'exercice. On l'a constaté, et c'est vrai que Joe Biden n'a pas forcément réussi le test. On a vu que depuis ce débat, les intentions de vote dans les sondages ont beaucoup évolué en faveur de Donald Trump, à tel point que certaines personnes imaginent que Joe Biden pourrait laisser sa place à quelqu'un d'autre, à un autre candidat.
Ça vous paraît crédible ? Ça vous paraît de nature à inquiéter ou à rassurer les marchés ?
Ce qui est plutôt intéressant, c'est que Donald Trump et Joe Biden sont bien connus des marchés, ils ont tous les deux exercé la présidence. Donc en fait, il n'y a pas tellement d'inconnus total. On sait ce que donnerait un Donald Trump à la présidence, même s'il changera, il ne fera pas la même chose que ce qu'il a fait. Et Joe Biden, c'est vrai que l'inquiétude aujourd'hui, c'est vrai qu'est-ce qu'il est en capacité d'avoir un nouveau mandat de 4 ans. Donc voilà, mais il serait dans une continuité. Non, ça n'inquiète pas plus que ça les marchés. Ce qui est sûr, c'est que Donald Trump qui revient en force, on va dire dans les sondages, ça remet plus de poids sur un scénario un peu plus protectionniste côté américain. Et ça rebat un petit peu les cartes au niveau des trois grosses zones géographiques mondiales.
François Rimeux, votre sentiment sur l'élection américaine ? Qu'est-ce qui vaut mieux pour les marchés ?
Je pense qu'en fait, ça ne change pas grand-chose, dans le sens où les marchés se mettent à presser Trump, de manière de plus en plus probable, et que Biden se maintienne pour perdre ou soit remplacé par quelqu'un, soit d'inconnu, soit comme Kamala Harris, dont finalement personne ne veut dans le Parti démocrate. Ça fait la même chose, Trump gagnera à la fin. Donc, in fine, la question qui compte, c'est quelle probabilité on met sur l'élection de Trump. Et aujourd'hui, elle semble quand même assez élevée. Il est en tête partout, les swing states, etc. Et l'impact que ça a derrière sur les parties longues de courbe, les primes de terme, où est-ce qu'on met les primes d'inflation à long terme, etc. C'est ça qui va compter.
Alors, on va y revenir. Frédéric, je voudrais vous entendre sur le sujet un peu des politiques et des populations. Là, on entend dire la réponse sur les marchés, c'est peu ou prou. C'est-à-dire, à la marge, Geoffroy nous dit, il y aura plus de protectionnisme d'un côté. François nous dit qu'il y aura quelques mouvements, mais ce n'est pas flagrant. Est-ce que finalement, il n'y a pas quelque part une sorte de similitude dans la relation entre les politiques et les populations ? Je vais prendre une approche historique. Le dernier cycle d'inflation qu'on a connu, c'était à la fin des années 70. Et de ce cycle-là, on en est sorti par Reagan et Thatcher. Est-ce que Reagan et Thatcher peuvent exister aujourd'hui ?
Non. Alors, non, parce qu'en fait, Reagan et Thatcher sont arrivés après 10-15 ans d'inflation. Et les peuples cherchaient de l'efficacité économique pour sortir de ça. Aujourd'hui, admettons qu'on ait une période d'inflation qui ressemble à cette période-là, des années 70. On n'en est qu'au tout début et je ne vois pas beaucoup de peuples qui demandent que les autorités les maltraitent. Je pense qu'au contraire, on est plus dans la demande d'empathie, d'inclusion, d'éthique que de recherche d'efficacité pure. Et donc tant qu'on n'aura pas atteint un niveau de ras-le-bol insupportable lié à l'inflation ou à l'inefficacité économique, on ne demandera pas. On n'élira pas des gens qui seront là pour nous faire souffrir.
Geoffroy Lemoyne, est-ce que ça, pour vous, vous dites qu'il y a un changement important dans ce qu'on appelle le policy mix entre les budgets de l'État, les politiques monétaires, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les États qui ont désormais la main, notamment de par leur politique budgétaire ?
Oui, alors ça, c'est une vaste question parce qu'il faut regarder zone par zone. Et si on regarde les trajectoires budgétaires, c'est vrai qu'elles ne sont pas forcément très bonnes si on regarde la France, si on regarde les États-Unis même. Ça peut être un point d'attention des marchés, justement en fin d'année, avec le nouveau président qui sera élu. Et si on regarde les trajectoires, c'est vrai qu'on a le déficit et la dette des États-Unis, qui sont dans des trajectoires quand même assez inquiétantes. Il faut vraiment faire attention à ça. L'État américain va devoir se refinancer très largement, et si on regarde plus en détail, notamment à travers des émissions très courtes, ce qui n'est pas forcément un signe de solidité. En France, c'est pareil. C'est vrai qu'on a une trajectoire de dette et de déficit. qui n'est pas forcément la meilleure, et en fonction du gouvernement qui sera nommé dans les prochains mois, est-ce qu'il faudra bien regarder, est-ce que ces trajectoires vont diverger encore un peu plus ? Donc c'est vrai que le poids des politiques budgétaires est assez limité aux États-Unis et en Europe, et c'est vrai qu'il faut compter encore une fois sur les politiques monétaires, sur les banques centrales, et la bonne nouvelle, c'est qu'on est plutôt engagé dans un cycle de baisse de taux, on va revenir là-dessus plus tard. On n'est peut-être pas tous d'accord autour de la table, mais c'est vrai qu'on a déjà eu une baisse des taux de la Banque centrale européenne. La logique serait qu'on en ait encore d'autres à suivre. C'est plutôt ce côté politique monétaire qui est encore le plus présent par rapport aux politiques budgétaires.
Alors, vous me répondez ça. François, moi, je veux vous interroger sur les politiques budgétaires et notamment sur l'ampleur des déficits, les montants à financer et le rôle des agences de notation. On a vu que la France a été dégradée par Standard & Poor's, pour ou sans effet sur les spreads, à la différence de ce qui s'est passé au moment de l'élection. Est-ce que, pour vous, l'ampleur de ces déficits est problématique ?
En France, oui, elle est problématique. Et en fonction de ce qui se passera lors des élections et du gouvernement qu'on aura, on aura ou pas une confrontation avec l'Union européenne, potentiellement le FMI à un moment, etc. Ça peut arriver. Donc oui, elle est problématique dans le cas de la France. Le cas américain est évidemment très spécial. Quoi que fassent les arranges de notation sur les États-Unis, ce n'est pas un sujet. Les États-Unis sont par nature l'actif sans risque par défaut. Et ils jouissent une position qui fait qu'ils peuvent s'endetter, s'endetter, s'endetter jusqu'à peut-être une limite à un moment donné, mais ce qu'on ne la connaît pas aujourd'hui. Donc je pense que les situations sont très incomparables. Mais en France, oui, ça peut devenir un sujet, l'endettement, bien sûr.
Ok. On attaque maintenant, Geoffroy, vous me tendez une perche, il y a de cela quelques instants. On attaque aujourd'hui vos anticipations. sur les décisions des banques centrales. On rappelle à date, depuis le début de l'année, la Fed n'a pas bougé et la BCE a baissé une fois au mois de juin. 25 points de base. Je commence avec vous, Frédéric, avec une provoque. Comme vous aimez bien provoquer et que j'aime bien, la dernière fois sur le plateau, quand on avait posé la question des anticipations, des banques centrales et on en voyait beaucoup de baisses des taux durant l'année 2024. Vous aviez répondu à ma question Combien y aura-t-il de baisses de taux ? Vous m'avérez point du tout On en conclut quoi ? Que les banquiers centraux vous ont écoutés et qu'ils se sont calmés ?
Pour l'instant, ils n'ont pas fait trop. C'est le moins qu'on puisse dire. Ce qui est intéressant dans tout ce questionnement qu'on a toujours à l'égard de... que vont faire les banquiers centraux. Je pense que les banquiers centraux sont de moins en moins dans la croyance que ce sont eux qui décident du niveau des taux. Qu'ils comprennent progressivement que c'est l'inflation qui décide. Et ça, ils avaient oublié pendant 15 ans. C'est pour ça que ça prend du temps. Et là, maintenant, à chaque fois qu'on a une déception, on attend des 7 baisses de taux, pour l'instant on en a 0, on en aura peut-être une ou deux, on verra. Pourquoi on en a 0 ? C'est parce que l'inflation a surpris par sa résilience. Et la croissance aussi. L'une amenant l'autre et l'autre l'une. Donc les banquiers centraux, de se dire qu'est-ce qu'ils vont faire, il faut qu'on se pose la question, que va faire l'inflation ? Et là, on répondra mieux à nos questions qu'en posant la question aux banquiers centraux. Donc je pense que dès l'instant où on est quand même toujours engagé dans cette décroissance de l'inflation post-premier pic d'inflation, octobre 2022, on aura un peu de baisse de taux. J'aime bien l'idée des deux baisses de taux supplémentaires en Europe, ce qui ferait trois. Et j'aime bien l'idée d'une ou deux au moins d'ici la fin de l'année pour les États-Unis. Ok. Parce qu'on a des inflations. et que donc, avec un ralentissement qui devient un petit peu plus palpable. Donc ça va rassurer les banquiers centraux.
François Rémy, votre sentiment, est-ce que la BCE peut être faite dépendante beaucoup ?
Elle l'est un peu par nature quand même, même si elle dit l'inverse. Elle veut bien désynchroniser un peu sa politique monétaire, elle l'a fait en juin. Mais est-ce qu'elle sera encore capable de le faire en septembre si la Fed ne bouge pas ? Ce n'est pas certain. Je pense qu'à un moment donné, ça va la gêner. Surtout sachant qu'on est... plutôt en phase où on était, en tout cas avant les élections françaises, dans une phase un peu de reprise économique au sein de la zone euro. Donc, ça lui laissait du temps. Donc, si la Fed ne bouge pas en septembre, je pense que la BCE sera un peu gênée et aura peut-être le luxe d'être un peu patiente.
Ok. Combien vous anticipez de baisse de taux d'ici la fin de l'année sur la Fed et sur la BCE ?
Je pense que ça va dépendre de la Fed, surtout, et ça va dépendre des deux prochains prix de l'inflation. Si on écoute un peu en filigrane ce qu'ils racontent, s'ils ont besoin d'être rassurés sur le chemin de l'inflation, ça veut dire quoi ? c'est à priori trois chiffres d'inflation qui soient compatibles avec leur cible. On en a eu un, le dernier chiffre est très bon, on a deux rapports qui arrivent. Si on a deux bons rapports en ligne, oui, on peut avoir une baisse en septembre de la Fed. Si on a une mauvaise surprise sur l'inflation et un marché de l'emploi qui tient, la Fed va encore gentiment repousser comme elle l'a fait X fois. Pour l'économicien, c'est la raison.
Geoffroy Lemore, vos anticipations et questions subsidiaires. On a vécu une certaine époque où les banquiers centraux étaient... super vigilant à ce qu'on ait une forward guidance, c'est-à-dire qu'on sache ce qui allait se passer dans les mois qui viennent pour qu'il n'y ait pas de surprises sur les marchés. Est-ce que ça, on peut considérer que c'est, en tout cas, ponctuellement totalement oublié ?
Déjà, par rapport aux anticipations de baisse de taux, je rejoins ce qui a été dit, et notamment par rapport à François, sur le rythme de la Fed. Si on regarde ce qui est anticipé dans le marché, c'est à peu près ça. On a une ou deux baisses anticipées en 2024 pour la Banque centrale européenne et à peu près deux baisses pour la réserve fédérale américaine. Aujourd'hui, c'est vrai que l'affairé de guidance, on oublie un petit peu. C'est vrai qu'aujourd'hui, les banquiers centraux, l'ont dit, ils sont data dependent. C'est-à-dire qu'ils vont regarder l'inflation au mois le mois et essayer de tirer le trait à un horizon assez court. On n'a pas une vue très précise sur les niveaux d'inflation à 12, 24 mois. Il faut être très vigilant par rapport à ça. C'est vrai que les banquiers centraux vont ajuster le tir. Maintenant, notre vue chez Offi Invest, c'est une à deux baisses de taux d'ici la fin de l'année pour les deux banques centrales.
Question technique, parce qu'on n'a pas de forward guidance, donc on essaie d'en prouver, on essaie de se rattacher à des choses. L'un des réflexes que l'on a, c'est de regarder les dots, c'est-à-dire après les réunions de la fête, pour voir comment ça évolue, ces points qui nous donnent les indications de manière anonyme des différents membres, votants ou non votants d'ailleurs. C'est un bon outil à regarder ou c'est un truc pour amuser les journalistes ?
C'est un peu pour amuser. La Fed a communiqué avec ce foie en disant... Il y a un moment où le marché se collait quasiment aux dots. La Fed a expliqué qu'arrêter de se coller aux dots, ça ne sert à rien. C'est une collection de votes indépendants. Ça ne veut pas dire ce que c'est ce qui va vers la Fed, etc. Ils ont mis un peu quand même en demeure de ne pas trop leur donner de poids. Ce n'est pas inintéressant dans la dynamique. La dynamique la plus intéressante, à mon sens, aujourd'hui, c'est la dynamique et la hausse sur les doses de long terme. On voit bien que c'est un gros débat. C'est quoi la croissance potentielle de long terme ? Est-ce qu'on est en phase de revoir en hausse le R-Star, etc. ? Et donc, tous ces débats-là, ça tourne aussi autour, justement, de ce risque qu'on met sur les parties longues de courbe, sur la prime inflationniste de long terme, qui aujourd'hui est très faible dans le marché. Donc, ce n'est pas inintéressant quand même à regarder dans ce que ça implique derrière comme problématique pour la Fed à un moment.
Geoffroy Lenoir, je me tourne vers vous. Est-ce que la crise inflationniste est derrière nous ?
Le pic d'inflation qu'on a connu à 10% pour nous, oui. On est sur une trajectoire de désinflation qui est quand même assez solide. On voit qu'on a fait un beau parcours, notamment avec la remontée des taux directeurs côté Etats-Unis et côté Europe. Et on revient sur des niveaux d'inflation qui sont plus soutenables. Donc si on regarde, il reste un bout de chemin à faire, surtout aux Etats-Unis. On voit que les derniers kilomètres sont les plus durs, mais qu'on est toujours sur cette tendance désinflationniste. On garde cette vue de désinflation qui devrait perdurer pour plusieurs raisons. C'est vrai que déjà, on voit qu'il reste encore quelques facteurs spécifiques, un peu idiosyncratiques comme on dit, sur les données d'inflation qu'on vient d'avoir au cours des derniers mois, notamment des effets de base sur les prix de l'assurance, sur les réparations auto. Et ça, ça devrait gentiment, on va dire, faire baisser l'inflation dans les prochains mois. Puis on voit que les tensions sur le marché du travail ont baissé et que notamment aussi... toute la structure de coûts sur les entreprises, finalement, n'est pas forcément si importante que ça. Donc, on a des facteurs qui nous laissent penser que l'inflation aux États-Unis doit gentiment revenir vers la cible des deux. Alors, elle restera peut-être au-dessus, vers les deux et demi, deux et demi trois. Mais on n'est pas dans un scénario où, finalement, il y aura un dérapage côté États-Unis. Et côté Europe, pour nous, on est déjà revenu quasiment à la cible des 2
Frédéric Leroux, je me tourne vers vous, parce que je vous ai régulièrement en plateau. Donc je connais vos théories et je voudrais essayer de démêler deux phrases que vous m'avez dit tout à l'heure. Vous m'avez dit, un, je pense qu'il va y avoir des baisses de taux. Vous m'avez dit, les banques centrales sont désormais dépendantes que de l'inflation. Je pense que l'on est dans un environnement de désinflation, donc les banques centrales vont baisser leur taux, plus ou moins d'ici la fin de l'année. Mais vous m'aviez dit également, le premier pic d'inflation. Où est-ce que vous en êtes sur votre théorie d'une inflation durable ?
Alors, qu'on termine ce premier pic par une partie descendante qui cherche son bas, et que dans les trimestres qui viennent, on verra une deuxième jambe se voir le jour. Alors, sur la compréhension d'une inflation durable, donc au-delà de la conjoncture qu'on a pu connaître jusqu'en 2022, je pense que c'est la prise en compte de grandes tendances structurelles qui permet de comprendre pourquoi on peut avoir une inflation durable, cyclique, pendant encore, on va dire, une bonne décennie. Au-delà de la pure analyse macroéconomique, conjoncturelle, business cycle, ce qui est important, c'est la démographie, qui est de moins en moins épargnante, donc qui permet de moins en moins d'investissement, toutes choses égales par ailleurs, donc moins de productivité. C'est la géopolitique qui se tend, et on a toujours historiquement un lien entre une géopolitique tendue et des tendances inflationnistes. C'est le pool de main-d'oeuvre vraiment peu cher des pays émergents qui est un peu moins disponible qu'il a pu l'être à une certaine époque. C'est la transition énergétique qui... occasionne un coût considérable pour l'énergie et donc rapproche la période actuelle de celle des années 70, où le pétrole était l'un des facteurs majeurs de cette inflation. C'est tout ça qui est à prendre en compte. Et puis la sociologie, on ne veut pas souffrir, je l'ai dit tout à l'heure, donc on va avoir des politiques ou des polisimix monétaires, budgétaires, qui sont plutôt en soutien de l'activité, donc inflationnistes. L'élection américaine qui arrive avec vraisemblablement Trump gagnant, c'est beaucoup d'inflation. par moins d'immigration, donc des salaires plus élevés, des tarifs douaniers massifs qui vont augmenter les prix d'un certain nombre de productions. Et c'est la volonté forte et de plus en plus claire de refaire une supply-side économie, un peu à la façon de Reagan, il y a un certain nombre d'années, qui sera extrêmement inflationniste. On ne va pas s'échapper de cette inflation. Il y a à la fois les tendances structurelles qui sont maintenant vers l'inflation et les aspirations populaires qui y vont.
Comment vous réagissez ? François,
vous ?
Moi, j'aime bien cette théorie. Quand on a des choses de manière empirique et quand on regarde les cycles du passé sur l'inflation, c'est difficile d'avoir des données très longues. On a des papiers de recherche qui existent sur l'économie britannique où des études ont été faites sur les cinq derniers siècles. On arrive à retrouver des indices de prix à différentes périodes. Et on se rend compte que le phénomène de vague inflationniste est un phénomène hyper classique et qui s'explique pour des raisons comportementales, pour des raisons d'effet de base, pour des raisons géopolitiques, etc. Il y a plein de choses derrière qu'on peut mettre. Mais ce phénomène de vague... se répètent dans le temps. Donc, moi, je suis sensible à ça. Effectivement, je pense qu'aujourd'hui, c'est un risque qui est assez largement sous-évalué par le marché, ce risque d'inflation. On voit bien que les soins d'inflation de long terme, aujourd'hui, sont quasiment sur le même niveau de là où ils étaient en 2013-2014 aux États-Unis, quasiment la même chose en zone euro. Donc, on ne voit pas grand-chose là-dessus et on ne voit rien sur les primes de terme, sur les parties longues de courbe. Pour moi, c'est la partie du marché qui soutient tout le reste, en fait.
Est-ce que le problème des anticipations des marchés, ce n'est pas que les marchés ont vraiment une mémoire de que dalle ? Il s'appelle la veille et encore, ce n'est pas sûr.
Sur l'inflation, c'est un peu construit structurellement comme ça. La cible de long terme des banques centrales est à 2 donc le marché va aller coller de l'inflation autour de 2 parce que les banques centrales sont encore vues aujourd'hui comme crédibles pour atteindre leur cible à long terme. C'est comme ça qu'on réfléchit. Maintenant, je suis sensible à tout ce qui a été dit tout à l'heure par Frédéric. Le risque d'inflation existe réellement. D'ailleurs, le deuxième monde, il existe. Et aujourd'hui, il semble être très peu probabilisé par le marché là-dessus. Les banques centrales sont toujours vues comme très crédibles, mais... Est-ce que ça ne mérite pas quand même une petite prime ?
Jean-François,
l'honneur. Après, la question, c'est est-ce qu'on est dans un nouveau régime où l'inflation reste structurellement au-dessus de la cible des 2% ou est-ce qu'on va avoir un deuxième pic ? Et c'est vrai que ce deuxième pic, aujourd'hui, il paraît difficile à voir si on n'a pas un choc vraiment conjoncturel, comme on a pu connaître au cours des dernières années, avec le Covid, avec la guerre en Ukraine. On peut avoir d'autres chocs, on ne peut pas les deviner. Mais aujourd'hui, si on regarde avec les données qu'on a aujourd'hui, c'est vrai qu'on peut avoir une inflation qui reste structurellement un petit peu au-dessus des 2%.
Question justement, Frédéric, je voudrais qu'on parle des bénéfices des entreprises. Parce que quand on regarde ce qui fait le prix, notamment sur les marchés actions, c'est le niveau des taux d'intérêt, mais c'est aussi la performance économique des entreprises. Comment la juger ? Parce que finalement, on s'était dit, l'inflation, ce n'est pas bon pour les entreprises. Et on n'a pas l'impression d'avoir une très forte dégradation des marches. Bien au contraire.
Oui, c'est vrai. Je ne suis pas là pour l'expliquer, je ne sais pas. Ce n'est pas franchement ma partie. Mais c'est clair que tout le monde a été surpris en bien. par les marges des entreprises. On a tous cru que l'inflation allait un petit peu inverser le miracle des 15 années passées où la désinflation, notamment menée par des augmentations salariales très faibles, avait expliqué, au moins a posteriori, la hausse des démarches des entreprises. On pensait que l'inflation allait casser cette dynamique. Ça n'a pas été le cas, en tout cas pas pour l'instant. Ce qui justifie d'ailleurs toujours l'optimisme des marchés, et on en reparlera peut-être après ou peut-être dès maintenant, le fait que ces marchés sont quand même de plus en plus étroits. dans leur hausse, mener, tirer, pousser par quelques valeurs dont le marché continue de penser que la croissance des résultats peut se poursuivre, voire s'amplifier dans les mois qui viennent.
Est-ce qu'il faut s'inquiéter, François, de la situation des techs, notamment des 7 magnifiques qui en ont perdu une en route, qui a arrêté de rouler, qui a roulé à sens inverse ?
Non, on a un phénomène qu'on a déjà connu par le passé, un phénomène de concentration des performances très fort, phénomène de domination de la tech américaine totale sur le marché. C'est en... À ce point-là, je pense qu'on l'a rarement vu, mais on a eu des phénomènes de concentration comme ça dans les années 30. On en a vu évidemment au moment de la bulle tech, etc. Donc, c'est un truc qu'on a déjà connu. Est-ce que c'est, entre guillemets, un signe de bonne santé du marché ? La réponse est historiquement plutôt non. Il y a bien un moment en général où ça explose. Est-ce que ça suffit pour dire que le marché va se retourner demain ? Non plus. Ce phénomène de est-ce qu'on peut la passer à une bulle ? Je n'appellerais pas ça une bulle parce qu'il y a des vrais profits. À Nvidia, il y a des profits gigantesques derrière, etc. Ça change de 2000. On n'est pas dans la même situation, mais il faut quand même se poser la question sur le fait que ces profits exceptionnels qui sont aujourd'hui réels, est-ce qu'ils sont projetables comme ça, de vitamme éternable, avec des marges aussi élevées et une croissance aussi forte ? On peut être songeur, mais c'est très difficile de lutter contre ça et de se remettre en face.
Là, on voit un risque. Je voudrais qu'on essaie, justement, avant qu'on passe aux positions d'allocation d'actifs, de regarder les risques qu'on n'a pas évoqués. Geoffroy, je me tourne vers vous. S'il y a un risque aujourd'hui qui vous semble être un risque à regarder de près, vous me diriez quoi ?
C'est vrai qu'il y en a plusieurs. Les risques géopolitiques, c'est vrai qu'on n'en parle plus forcément beaucoup ces derniers temps. On se concentre sur la politique pure, on va dire, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Royaume-Uni. Mais c'est vrai que la politique et la géopolitique, les deux ensemble, ça peut être... source de risque d'ici la fin de l'année. Donc, il faut vraiment avoir un œil dessus. Et notamment, on en parlait tout à l'heure, c'est vrai qu'une démission de Macron, ce n'est pas notre scénario, pourrait rebattre les cartes, même à l'échelle européenne. OK.
Risques géopolitiques à regarder. Frédéric Leroux, quel est le risque que vous auriez envie de regarder de près ?
Il y a le risque structurel de redémarrage inflationniste avec son impact sur les taux d'intérêt et donc notamment sur toutes ces valorisations hyper tendues des Magnificent Seven et d'un petit peu plus. Ce sont ces valeurs de croissance avec des valorisations très élevées qui souffriront le plus de la hausse des taux, de la même façon que ça s'est passé en 2022 ou dans les années 70. Les entreprises continuent à gagner beaucoup d'argent, mais leur valorisation était tellement élevée que l'effet de la hausse des taux sur la valorisation des profits futurs était plus important que la capacité des entreprises à gagner de l'argent. Et un risque plus conjoncturel qui est celui, je pense, donc d'un retournement de la politique monétaire japonaise. On sait très bien que les taux bas japonais ont nourri la spéculation sur beaucoup d'autres marchés, un gros yen carry trade. Je pense que ce serait un événement de liquidité, en plus de certains autres plus techniques, qui empêcheront probablement les actifs risqués de continuer à bien performer.
Et vous trouvez la Bosch pas bonne en forward guidance ? Parce que j'ai un peu le sentiment qu'ils sont quand même assez vigilants dans leur communication.
Ils sont coincés par l'évolution de l'inflation et aussi ils découvrent que c'est l'inflation qui décide dans les deux sens. Ils sont aussi très coincés avec une politique qui consiste à affaiblir le Yen en espérant que ça aidera un petit peu l'économie, notamment par les exportations. Et en fait, ce n'est pas le cas. Ça augmente une... une inflation qui ne permet pas à la hausse des salaires qu'on a enfin observé au Japon, de donner du pouvoir d'achat aux ménages. Donc c'est une impasse économique, il faut qu'ils reviennent complètement sur leur modèle, qu'ils suivent depuis des années, accepter un Yen fort, des taux plus élevés, et se rendre compte à ce moment-là, je pense, qu'ils ont acquis au fil des années une compétitivité extraordinaire que n'empêchera pas de se matérialiser la hausse du Yen et la hausse des taux.
Ok. François Rimeux, le risque que vous avez envie de monitorer ?
Moi, ce qui m'effraie, ce sont les parties longues de courbe américaines, parce que je pense que c'est elles qui tiennent un peu tout l'équilibre du marché aujourd'hui. Si on voit un spike sur les parties longues de courbe de taux, je pense que tout le monde souffrira. Et donc, qu'est-ce qui peut amener ça et que le marché n'anticipe pas ? Potentiellement, ce sont les matières premières, en général. Les mouvements sur le pétrole sont assez bien corrélés avec les niveaux de taux. Et aujourd'hui, il y a un consensus, ça se moue, disons, que sur le pétrole, il ne va pas se passer grand-chose. Donc, ça rejoint un peu le côté géopolitique. En général, il y a un lien. mais est-ce qu'on pourrait être aussi tranquille que ça sur le marché du pétrole ? Aujourd'hui, on ne voit pas de signe, mais on ne sait jamais, avec un dérapage des parties longues de courbe derrière, qui pourrait être très compliqué à gérer.
Ok, ça fait un peu plus d'une demi-heure qu'on est ensemble, donc on va traiter maintenant la partie allocation d'actifs de manière très rapide, mais très précise aussi. Je vais vous poser des questions, je vais vous demander de répondre en deux mots, juste pour donner le sentiment. Première question, on voit bien les difficultés actuellement européennes, difficultés économiques avec une croissance qui est molle, même si elle redémarre un tout petit peu, difficultés politiques en Europe, notamment avec la situation française. Est-ce que sur le second semestre 2024, il faut prendre ses distances par rapport à l'Europe ? Oui, plutôt oui, non, plutôt non. François, comme vous me regardez, c'est vous qui avez la parole la première.
À court terme, plutôt oui. J'imagine mal les flux à destination de l'Europe accélérés alors qu'on est en pleine incertitude politique européenne et française. Donc, le léger mieux qu'il y avait, je pense qu'il va être en mode pause. À court terme, plutôt oui. À moyen terme, pas forcément.
Prédirectement ? Je vais te dire la même chose.
Ok, parfait. Geoffroy Lenoir.
Même constat, c'est vrai que le risque politique à court terme qui favorise plutôt les États-Unis que l'Europe, mais sur la fin d'année, on voit plutôt une reprise côté Europe vis-à-vis des États-Unis.
Ok, parfait. Maintenant, deuxième question. Je vais vous demander là encore des réponses simples. Sur le second semestre 2024, dans un portefeuille diversifié, faut-il être plutôt action ou plutôt taux ? Geoffroy.
On n'a pas changé de vue depuis le début de l'année. On est neutre action et on est plutôt long sur la partie obligataire. Et sur la partie obligataire, on préfère le haut rendement.
Alors, on y reviendra après. Donc, plutôt taux que action.
Je dirais plutôt gestion active dynamique fondée sur les marchés d'action. J'expose, je désexpose. C'est là qu'est la valeur.
François Rime.
Des taux courts, pas longs, parce qu'on ne sait jamais. Et sur les actions, ça va énormément dépendre des parties longues de courbe. Donc je suis très stressé des parties longues de courbe.
Je reviens vers vous Geoffroy, sur la partie obligataire. Souverain, corporate ou à yield ? On rappelait tout à l'heure votre passé de gérant monétaire. Pendant des années, on sait tous que le monétaire, ça a très bien marché pendant une période, et puis après, on ne considérait même plus que c'était une classe d'actifs. Aujourd'hui, le monétaire est redevenu une classe d'actifs ?
Oui, bien sûr. Le monétaire est en couple. On a des taux monétaires qui sont indexés sur les taux de la Banque Centrale Européenne, sur le taux de dépôt. On était à 4% depuis plusieurs mois. On est passé à 3,75%. C'est vrai qu'on doit avoir finalement des taux monétaires, des fonds monétaires qui ont une performance pas très loin des 4% sur l'ensemble de l'année 2024. Donc, ça reste intéressant. C'est un produit d'attente, bien évidemment. Et on est quand même rémunéré sur des taux intéressants. Après, sur la partie obligataire, on est déjà à 2% depuis le début de l'année sur le monétaire. Si on regarde, parce que c'est la fin du semestre, on peut faire la photo de milieu d'année, sur les taux obligataires, on a une performance qui est négative de l'ordre de 1,5% depuis le début de l'année, 1,5-2% sur les indices européens en particulier. Sur la partie crédit de bonne qualité, on est légèrement positif, 0,5-0,6%. Par contre, sur le crédit haut rendement, on a des performances qui avoisinent les 3% déjà depuis le début de l'année. C'est vrai qu'on pense que cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Donc, toujours profiter du fameux portage des niveaux de taux élevés sur la partie haut rendement en évitant les dossiers qui sont un peu stressés, bien évidemment.
Même idée. Si on veut aller sur le corporate, il faut prendre un petit peu de risque et donc aller chercher du rendement. On peut y aller parce que compte tenu de tout ce qu'on a pu dire, on va éviter à tout prix une récession qui serait le pire ennemi de cette classe d'actifs. Et donc, partant de là, au contraire, profitons du portage.
Oui, le portage, c'est super.
On est dans un... Moi, je vous ai quand même entendu, je suis plutôt court.
Quand on regarde la durée moyenne du high yield, il est en général plus court qu'un investment grade. Donc on va aller prendre une sensibilité de 4, 5 autour sur du high yield, 3, 4, 5. Et c'est assez court. Plutôt que d'aller prendre de la durée longue, je préfère ça. Les sociétés ont une forme financière qui est bonne.
Elles ont pu se refinancer depuis le début de l'année assez largement. Donc les risques ont baissé sur cette case d'actifs. Ok,
on en passe donc du coup du côté des actions, plutôt actions, plutôt grosses ou plutôt value ? Frédéric Leroux.
Alors, barbel, c'est-à-dire qu'on a fait les performances depuis la fin 2022 sur les valeurs de croissance, notamment ces belles valeurs de techno américaines. Si on croit comme moi qu'à un moment ou à un autre, la hausse des taux redémarre à la faveur d'une deuxième vague d'inflation, il faut au contraire réduire un petit peu ce poids-là et donc déjà se prépositionner. vers des choses qui profiteront d'un environnement plus favorable à la value. Donc ça veut dire aller peut-être un peu moins aux États-Unis, un peu plus en Europe, un peu plus au Japon, un peu plus en Asie globalement, chercher de la cyclicité économique et de la sous-valorisation. En Europe, on a tout ce qu'il faut en sous-valorisation. Il en reste encore au Japon, malgré son très beau parcours. Voilà, donc plutôt value, plutôt moins d'US et plus de reste du monde, notamment pour mieux naviguer dans un univers de taux qui remonterait.
Moi je suis assez en accord avec ça, mais sans doute pas à court terme, parce que je pense qu'à court terme ce sont les flux politiques qui vont compter, plus qu'autre chose. Mais je ne suis pas du tout en désaccord avec ce qui a été dit sur toute la fin d'année. Effectivement, la partie la plus chère c'est la partie tech, donc c'est la partie grosse. Tout ça c'est le même trade en fait, c'est la même chose. Et effectivement, dans un cas de tension obligataire, c'est la partie qui va le plus souffrir. Donc elle est compliquée à imaginer à long terme. Mais malheureusement ou heureusement, dans les quelques mois qui viennent, c'est sans doute là où encore les flux vont se diriger, parce que l'Europe n'est pas vraiment une alternative aujourd'hui.
Geoffroy Lenoir, votre sentiment ? Growth ou value ? Et quel pays plutôt ?
Encore une fois, on ne va pas forcément mettre tous les deux dans le même panier. On ne va pas être très value, mais à la marge, on va dire qu'on va être un peu value. C'est toujours le biais du gérant en action aussi, c'est d'aller chercher les valeurs.
Je sens Eric Thurman qui sort de ce corps.
Un petit peu de value, c'est vrai que quand on voit les niveaux des banques en Europe, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a quand même un petit peu de potentiel. Une fois qu'on aura un petit peu passé le risque politique, il pourra y avoir quelques affaires à faire côté Europe. Pas forcément tout de suite, mais donc il faut suivre ça côté Europe.
Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous. Je vous rappelle, on se retrouve exceptionnellement demain matin à 10h pour une émission spéciale. Et autour de la table, il n'y aura pas des professionnels de l'asset management, des conseillers en gestion de patrimoine, des économistes, mais il y aura des journalistes. Et on essaiera de refaire le monde lors d'une édition spéciale avec mes camarades Cédric Decoeur de Radio Patrimoine, Aurélie Fardot, journaliste indépendante, et Jérémy Gatignolle de Citywire France. Salut ! Bonne soirée, à demain.
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