Speaker #1Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet encore trop souvent tabou à mon sens et qui pourtant nous concerne toutes, le refoulement des émotions. Alors, pourquoi avons-nous appris à les cacher ? Pourquoi avons-nous appris à les nier et à les minimiser ? Et surtout, quelles sont les conséquences souvent invisibles mais bien réelles de cette coupure avec notre monde émotionnel ? Nous allons donc voir ensemble pourquoi nous avons tendance à refouler nos émotions, comment cela affecte notre santé mentale et physique, quels sont les signes d'un refoulement émotionnel et surtout comment se reconnecter à ces émotions pour mieux vivre. Alors, pourquoi refoule-t-on nos émotions ? Refouler ses émotions, en fait, c'est un mécanisme de survie la plupart du temps. Cela commence dans l'enfance, en fait, on nous dit de ne pas pleurer, de ne pas... pas faire de colère, de ne pas faire de bruit avec notre tristesse ou notre peur. On apprend alors que certaines émotions donc sont malvenues, honteuses, voire faibles. Résultat, eh bien en fait, on met tout ça sous le tapis et on tente d'avancer comme si de rien n'était, comme si on ne ressentait rien. Mais refouler, ce n'est pas effacer les émotions, c'est juste enfouir dans notre inconscient ce que l'on ne veut pas ou ce que l'on ne peut pas ressentir sur le moment. Puisque c'est interdit. Et ce mécanisme peut finalement s'installer durablement, par exemple dans des familles où l'expression des émotions est absente ou jugée négative. Dans un milieu professionnel, par exemple, qui est très exigeant ou très rationnel. Mais aussi, par exemple, chez des personnes qui ont vécu des traumatismes ou des abus pendant l'enfance, elles ont forcément tendance à se couper et à refouler leurs émotions, en fait, dans un souci de protection. qui peut donc devenir même un mode de fonctionnement quasi automatique. Je ne ressens rien, je vais bien, ça ne m'atteint pas, alors que le corps, lui, finalement, garde tout en mémoire. Alors, quelles sont les conséquences sur la santé mentale et physique ? Refouler ses émotions, c'est comme congeler de l'énergie émotionnelle qui, en fait, au lieu de circuler, stagne et elle s'accumule et elle finit aussi par exploser ou imploser. En fait, on fonctionne comme une cocotte minute et... Quand on refoule nos émotions, en fait, on fait des couches. Une couche, deux couches, trois couches. Et à force de faire des couches, il y a trop de vapeur dans la cocotte. Et au bout d'un moment, trop de pression. Il faut que ça sorte. Et c'est de là, en fait, souvent, on a des accès de colère qui sont démesurés et complètement incohérents par rapport au contexte. C'est le signe, justement, d'émotions beaucoup trop souvent refoulées. Donc, quelles sont les conséquences principales ? Finalement, déjà sur la santé mentale, On peut souffrir d'anxiété chronique. On ne sait même plus identifier ses émotions. En fait, on vit dans un état d'agitation ou de tension permanente. On peut aussi tomber dans la dépression, bien entendu. Une tristesse contenue trop longtemps finit par anesthésier le cœur. Et on peut aussi, par exemple, faire un burn-out émotionnel. À force de tout vouloir contrôler, finalement, on s'épuise intérieurement. Et bien entendu, le refoulement des émotions a des conséquences sur la santé physique. Alors là, c'est le corps qui parle en fait. On ressent des douleurs chroniques, notamment au niveau du dos, du ventre, des cervicales. Ça peut être des troubles digestifs aussi. L'émotion non digérée devient finalement un malaise intestinal. Ça peut être un affaiblissement global du système immunitaire, puisque le stress émotionnel refoulé épuise l'organisme. Donc le lien entre émotion et corps n'est donc pas symbolique en fait. Il est vraiment biologique. Et comme le dit si bien le docteur Gabor Maté, ce que le corps exprime, c'est souvent ce que l'âme n'a pas pu dire. Donc, quels sont les signes du refoulement émotionnel ? Alors voici quelques signaux d'alerte qui vont de suite te parler, puisqu'on a un petit peu tendance toutes à le faire. Si tu dis souvent par exemple « ça va » , alors qu'au fond de toi, c'est pas vrai du tout. Si tu te sens vide ou dissocié, comme si quelque chose manquait en toi. Si tu as du mal à pleurer par exemple, même dans des situations émotionnellement fortes. Si tu as donc des accès de colère ou de tristesse que tu ne comprends pas, donc là, c'est quand la cocotte explose, si tu es souvent malade, fatigué ou tendu, finalement, sans avoir de vraies raisons médicales, ces signaux, en fait, ne sont pas des faiblesses, ce sont des messages d'alerte. Ton corps te parle, et en fait, parce que tes émotions cherchent la sortie. C'est pour ça que c'est très important, en fait, de se reconnecter à ces émotions. Alors, comment se reconnecter ? Justement, se reconnecter, ce n'est pas tout ouvrir d'un coup. On n'ouvre pas les vannes en grand. C'est au quotidien apprendre à écouter en douceur ce que l'on a longtemps mis en veille. Alors par exemple, chaque jour, tu peux faire une pause émotionnelle. Tu vas prendre chaque jour 5 minutes pour t'asseoir, respirer et demander à ton corps, qu'est-ce que je ressens en ce moment ? Sans juger surtout, juste observation. Ensuite, tu peux aussi, par exemple, tenir un journal. intime, émotionnel. Tu vas pouvoir dedans écrire sans filtre tout ce que tu ressens. Je me sens comme ça, j'ai peur de ça, j'ai envie de pleurer parce que... Voilà. Et tu mets, tu couches tout sur le papier. Et ça, c'est hyper intéressant et très thérapeutique. Ensuite, il faut aussi accueillir tes larmes. Alors moi, j'insiste toujours là-dessus. Pleurer n'est absolument pas un échec ni un signe de faiblesse. C'est vraiment un nettoyage émotionnel puissant. Il faut pleurer, ça fait du bien. Et pleurer, ça te libère de l'espace justement pour mieux appréhender la situation et mieux ressentir. Donc ça, c'est hyper important. Il faut pleurer. Ensuite, comme je le disais tout à l'heure, il faut bien sûr écouter ton corps qui finalement lui est un messager. Et quand tu ressens une tension ou une douleur qui revient souvent, demande-toi toujours si cette sensation finalement voulait me dire quelque chose. Ça, c'est très, très important. Et si jamais tout ça, c'est un petit peu compliqué pour toi à mettre en place, tu peux aussi te faire accompagner, puisqu'en fait, un thérapeute, un coach de vie ou même un cercle de parole te permettra d'apprivoiser tes émotions dans un cadre peut-être un petit peu plus sécurisé et rassurant pour toi, finalement. Donc, refouler finalement ces émotions, c'est te couper d'une part essentielle de sa vérité intérieure. En fait, c'est comme si on essayait de vivre une vie complète mais avec le son en sourdine. Donc, il est important de revenir à toi. Et revenir à toi, ça veut dire accepter de ressentir justement pour pouvoir guérir. C'est t'autoriser à être pleinement vivante, dans la joie comme dans la tristesse, dans la colère comme dans l'amour. Les émotions sont tes alliés. Ça, c'est hyper important. Et c'est aussi ce qui fait que tu es pleinement vivante, parce que tu ressens justement. Je t'invite donc à oser ressentir, même un petit peu, même si c'est inconfortable au début. À force de le faire, à force de pratiquer cela, de t'écouter et d'oser ressentir justement, tu vas voir, ça va devenir un mécanisme naturel, tu vas le faire de manière automatique et tu arriveras en fait à te libérer. Déjà de conscientiser ses émotions, c'est une part de l'acceptation qui est faite et ça c'est très très important. Donc... En accueillant justement tes émotions, tu peux te reconnecter à ton être profond et retrouver la paix en toi. Et justement, pouvoir t'aligner de manière optimale. Voilà, ça c'était quelques petites pistes de réflexion que je voulais partager avec toi suite à un échange que j'ai eu récemment. Et il me semblait important justement de revenir là-dessus car on n'en parle peut-être pas assez souvent.