- Speaker #0
Fabriquer à la B-James propose une incursion dans le monde culturel unique de la région par la parole de nos invités.
- Speaker #1
Le but est de démystifier et de faire connaître certains aspects qui se manifestent et qui se vivent différemment dans notre région et qui sont propres à sa vitalité culturelle.
- Speaker #0
Moi, c'est Stéphanie Thompson.
- Speaker #1
Et moi, c'était Sian Oliver.
- Speaker #0
Vous écoutez
- Speaker #1
Fabriquer à la B-James,
- Speaker #0
le balado. Salut tout le monde, je suis vraiment ravie d'être de retour derrière le micro, aux côtés de ma co-animatrice Stacy Anne, pour un nouvel épisode de la saison 2 du balado fabriqué à la Bay James. Bonjour Stacy Bonjour Stéphanie Aujourd'hui, on vous parle en direct de Shibugamo, dans les locaux de la Société d'histoire de la Bay James, avec nos invités, Marie-Claude Duchesne, directrice archiviste, et Margot Gentil, chargée de projet.
- Speaker #1
Dans cet épisode, on va discuter de la mission d'une société d'histoire, de son impact sur la communauté et aussi de la particularité qu'a la Société d'histoire de la Baie-James à être super actuelle et engagée. Et j'ajouterais,
- Speaker #0
très drôle. Mais justement, en parlant d'invité, j'aimerais vous présenter deux personnes formidables qui se joignent à nous aujourd'hui. Marie-Claude Duchenne.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Et Margot Gentil.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour les filles, merci d'être là. Il faut savoir aussi que le balado, c'est vraiment un format qui se veut ouvert, authentique. On veut découvrir votre réalité, jaser avec vous dans votre univers, mais surtout avoir du plaisir en apprenant comment les choses se vivent à la Société d'histoire de la Béjames. Commencez Est-ce que vous pourriez nous situer un peu, pour les gens qui nous écoutent, exemple de Montréal, on est où ici ? Dans quelle ville ? Spécifiquement, dans la ville, on est où ?
- Speaker #2
Là, on est à la Société d'histoire de la Baie-James, dans notre salle d'exposition.
- Speaker #1
Puis la Société d'histoire est au sous-sol de l'hôtel de ville de Chibougamau, sur la rue principale. Mais nous, on veut savoir c'est où Chibougamau. Parce qu'on assume vraiment que les gens de Montréal savent pas c'est où, parce que c'est toujours notre exemple.
- Speaker #0
C'est au bout de la route.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Fait qu'on est à peu près à 8h.
- Speaker #2
8h de Montréal, ouais.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #2
exactement. 5h30 de Québec, à peu près.
- Speaker #0
Une très belle ville. Si vous êtes jamais venus. Faut venir,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #0
Marie-Claude, peux-tu nous parler un peu de toi ? Tu viens d'où ? Quel parcours t'as eu, tes études, ta job ? En fait, qu'est-ce qui t'a amenée ici à la Société du Saut ?
- Speaker #3
Bon, moi, je suis originaire de Ausha, donc j'ai grandi dans la région. Mon parcours, bien, classique, j'ai étudié en sciences humaines ici au Cégep à Chimgamau. D'ailleurs, j'ai décroché du Cégep en sciences humaines ici, je ne l'ai jamais fini. J'ai fait des études en histoire et en sciences politiques à l'Université du Québec à Chicoutimi. Je ne me destinais pas du tout à l'histoire régionale. En fait, moi, mon plan, c'était de soit enseigner au cégep ou de travailler peut-être, j'espérais travailler dans les ambassades ou des trucs du genre. Je voulais faire des études russes au départ. Puis mon emploi ici, en fait, c'est un peu un... Comment dire ? Pas un accident, mais on m'a offert un contrat Jeunesse Canada au travail de six mois il y a quelques années. Dans le fond, c'est d'ailleurs la faute de votre productrice Stéphanie Moussa. Elle est engagée ici, donc je n'ai pas un contrat de six mois. Puis là, ça fait quatre ans et je suis directrice.
- Speaker #0
Bravo Mais ta passion, ça vient d'où ?
- Speaker #3
Ah, mon Dieu Bien, en fait, moi, c'est un intérêt général pour les sciences humaines. Donc, la compréhension du monde, principalement. Donc, d'où le parcours aussi Sciences Po. Et ça part de là. Puis, ça atteint peut-être un peu nos, comment dire, nos travaux à la société d'histoire, dans le sens où on a aussi des projets de recherche qu'on fait. Fait qu'il y a ça aussi qui embarque.
- Speaker #0
Et Margot, quelle est ton histoire,
- Speaker #2
à toi ? Moi, je viens de l'autre côté de l'océan. Je suis française. Je viens de Clermont-Ferrand plus précisément, c'est au centre de la France. Puis moi, j'ai toujours aimé ça, l'histoire. Mon papa a aimé ça, moi j'ai aimé ça. Je me souviens faire des expositions quand j'étais dans ma chambre, quand j'étais petite. Puis quand j'ai fini le lycée, je ne savais pas trop où aller. Je savais que je voulais aller à l'étranger. Fait que là, j'ai cherché, Puis j'ai trouvé un bac à l'Université Laval. Je me suis dit, c'est parfait, c'est francophone, ça a l'air super, donc j'y vais. Puis au final, après, j'ai fini mon bac en sciences historiques et études patrimoniales, donc en histoire et patrimoine en gros. Après ça, j'ai embarqué sur le DESS en muséologie, puis là, tranquillement, je me suis faite au Québec. Puis c'est ça, aujourd'hui, j'ai ma résidence permanente, puis voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Mais pensais-tu un jour enlever un emploi à un temps de merde, un chou-gamo ?
- Speaker #2
Non, mais mon copain est originaire du chou-gamo. Puis on faisait des blagues, on était comme ça va être compliqué pour toi. Mario, de trouver une job, tu sais, si on va à Shibugamo. Puis au final, je suis la première à avoir trouvé une job des deux. Fait que c'est ça. Non, mes parents trouvent ça très dépaysant aussi.
- Speaker #0
Est-ce qu'ils sont déjà venus ?
- Speaker #2
Oui, ils sont déjà venus à Shibugamo. En 2023, à Noël 2023, le Noël, il y a eu zéro neige. Absolument. Ils sont venus.
- Speaker #0
Oh wow Puis ta transition, ton adaptation, comment ça s'est fait ? Comment tu te sentais dans tout ça ?
- Speaker #2
Ça n'a pas été facile parce que je suis arrivée pendant le COVID. En fait, officiellement, je suis arrivée en 2021, mais je considère que le 1er septembre 2022, c'est vraiment ma date d'arrivée au Québec parce que c'était ma troisième année de bac. Avant ça, c'était à distance. Puis non, je m'y suis faite. J'ai toujours été entourée de gens de région. Mon copain me parlait de Chibougamau. Je suis arrivée la première fois pour le rallye, pour faire le rallye de motoneige ici. Puis tranquillement, ça m'a séduite. Puis quand j'ai vu l'offre d'emploi à la Société du Soir, j'étais comme « Oh my God, c'est un signe ! » Comme tout le monde me l'a envoyé. C'était comme « Faut que tu postes ça, c'est OK, c'est bon » .
- Speaker #0
puis avoir une bosse comme Marie-Claude, c'est génial.
- Speaker #3
C'est fantastique. Elle travaille comme un âne.
- Speaker #1
Dis-nous, qu'est-ce que tu fais ici à la Société du ton ?
- Speaker #2
J'ai chargé de projet. Je m'occupe de pas mal de choses, autant des projets de recherche que des expositions, de la médiation, des activités, etc.
- Speaker #0
C'est génial. Fait que sûrement que là, même, tu as appris à connaître un peu toutes les villes de la région. Est-ce que tu t'es promenée un peu ?
- Speaker #2
Non, pas encore. Pas encore, malheureusement. Je suis juste allée une fois à Ausha, je pense, mais c'est tout. Donc, j'ai hâte d'aller voir les autres villes de la région. Oui, absolument.
- Speaker #0
Puis, ce qu'on peut dire un peu sur la société d'histoire, c'est que ça protège la mémoire, ça raconte l'identité, ça fait vivre l'histoire de la région. Comment vous diriez qu'un organisme prend la couleur de ses dirigeants, de ses employés ? Tu sais, parce que vous avez vraiment des belles personnalités. vous amener quelque chose de bien spécial à la Société d'histoire. Vous, là, je vous dis ça, ça vous fait quoi, là ?
- Speaker #3
Bien là, c'est plateur, mais c'est... Bien, dans le fond, c'est sûr que la Société d'histoire, c'est une toute petite équipe. Puis à partir du moment où tu travailles dans une petite équipe, bien évidemment, tu touches à plus de choses, puis bien ça va teinter tes capacités, tes intérêts, tes... C'est ça, tes valeurs vont teinter, veux, veux pas, l'ensemble du travail, puis ils vont teinter aussi la direction de l'organisme, là, c'est immanquable, c'est valable pour nous, mais en fait, n'importe quelle petite organisation. Donc, c'est principalement ça, là.
- Speaker #0
Puis vous êtes super actuel, vous êtes présent sur les réseaux sociaux, vous avez des visuels colorés, avant-gardistes, vous êtes sur Wikipédia. Vous rendez l'histoire vivante, adaptée à notre époque. Moi, c'est ce que je trouve que vous amenez vraiment ça dans l'univers culturel de la Baie-James. On a envie de s'intéresser parce que vous rendez tout le contenu accessible à tous. Je veux vous dire bravo. Si vous ne le saviez pas, on vous adore. Vous avez des belles personnalités.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
On aimerait en connaître un peu plus sur l'histoire de la création de la Société d'histoire de la Baie-James. Au revoir. Pourquoi est-ce qu'elle a été créée ? À quel moment ? Marc, si tu peux nous en parler un peu.
- Speaker #3
L'organisme est né en 1977, donc en 2027, notre 50e anniversaire. Les années 70, au Québec en général, c'est vraiment une période où il y a la naissance d'un paquet de sociétés d'histoire. C'est l'élan nationaliste, justement, puis la création d'organismes comme ça, descend de ce mouvement-là. C'est le cas de la société d'histoire ici. Au départ, on s'appelait Société d'histoire régionale de Chibougamau parce qu'elle est née à Chibougamau. Puis au départ, c'est ça, c'était vraiment un groupe, bon, en fait, on l'a appris cette année, c'est une femme qui a initié le projet, qui a rassemblé un groupe d'hommes assez influents de la communauté pour créer l'organisme, jusque dans les années 90, c'était bénévole principalement. Oui. Donc, puis parmi ces bénévoles-là, je veux le mentionner, mais Jean-Claude Simard, qui est le premier artiste peintre, je crois à la Bay James, mais de Choupigamo, professionnel qui a consacré une bonne décennie à amasser des collections, à faire des entrevues avec des personnes âgées aussi, à parcourir vraiment le Québec pour ramasser les premières collections patrimoniales de l'organisme. Dans les années 90, il y a le service d'archives qui ouvre ses portes. Donc, il y a vraiment une vocation de conserver les archives. Le centre est aussi agréé, donc affilié avec les Archives nationales du Québec. C'est vraiment un saut de qualité, disons.
- Speaker #0
Ça, c'est la BANQ.
- Speaker #3
Exactement. Donc, affilié, agréé par BANQ pour conserver, acquérir, conserver, diffuser les archives. À partir de ce moment-là, il y a des employés salariés qui commencent à travailler pour l'organisme. Donc là, il y a une permanence vraiment, mais il y a toujours eu une toute petite équipe. C'était un ou deux employés jusqu'à tout. tout récemment. Donc, puis en 2022... Là, on s'est régionalisé, donc on a pris le nom Société d'histoire de la Baie-James. On a encore une toute petite équipe, mais maintenant, on est trois temps pleins avec une employée temps partielle, puis on a nouvellement aussi un bénévole qui est avec nous. Donc, tranquillement, pas vite, on prend l'expansion.
- Speaker #1
Puis on vous voit de plus en plus aussi, tu sais, avant... Moi, je suis dans la région depuis quoi, 2020, puis avant les trois dernières années, je dirais que moi, j'en avais jamais vraiment entendu parler de la Société d'histoire.
- Speaker #0
Mais moi non plus, puis c'était comme un lieu, je savais que ça existait. Mais je n'avais pas l'impression que je pouvais en faire partie. Puis d'où la question aussi, pourquoi vous avez changé de nom ? Est-ce que c'est par rapport à tout ça pour être plus inclusif ?
- Speaker #3
Oui, oui, oui. Tu sais, c'est vraiment un souci de représenter l'ensemble de la région parce que, bien, tu sais, la région est grande, mais ce n'est pas parce que les communautés sont petites qu'elles n'ont pas besoin de services. Puis ce n'est pas super connu, les gens ne pensent pas à ça. Mais le domaine d'histoire, c'est un domaine professionnel. Voilà, ça fait... Ça prend quand même une organisation structurée, professionnelle pour offrir des services. On ne trouve pas forcément d'historien forcément à Villebois. Il y en a peut-être, mais je veux dire, c'est peut-être plus laborieux. C'est ça, c'est ça. Ils ont aussi une valeur, leur travail est aussi important, mais il y a quand même, donc il y a ça aussi. Il y a une offre de services qui nécessite une structure, puis c'est plus facile justement quand tu es… Nous, on a pensé, on a bientôt 50 ans, donc on part quand même, on a déjà une structure, donc c'est plus facile de décoller de là aussi.
- Speaker #0
Exactement, oui. Puis Margot, en quoi tu dirais que l'organisme est unique à la Bay James ?
- Speaker #2
Déjà, on est la seule société d'histoire. Ça, c'est quand même important de le mentionner parce qu'on n'y pense pas forcément non plus. C'est vrai que quand on est loin, puis même plus entre guillemets dans le sud, on ne pense pas forcément qu'il y ait une société d'histoire là-haut. Ça, je pense que pour ça, on est... unique déjà. On est peut-être les seuls aussi qui se centrent vraiment sur l'histoire, en tout cas. Pas forcément les seuls dans le patrimoine, mais l'histoire, oui. Les seuls à récolter des archives et à être capables. On est le seul centre d'archives agréés aussi dans le nord du Québec. Donc, on est les seuls, on va dire, vraiment capables, professionnellement parlant, de recevoir des archives. Donc, c'est un peu ça qui fait qu'on est vraiment unique. On ressemble à comme personne vraiment l'autre dans la région.
- Speaker #0
Oui. Puis concrètement, nous, on veut savoir, ça fait quoi une société d'histoire ? Vos journées, ça ressemble à quoi, Marc-Claude ?
- Speaker #3
Ah, mon Dieu Bon, une société d'histoire, à la base, le but, c'est de mettre en valeur l'histoire d'un territoire. À partir de là, ça peut être très, très large. Donc, on touche aux réseaux sociaux, Facebook, Instagram, YouTube, etc. On pourrait faire des TikToks, on n'est pas là encore, mais on sait. On fait des expositions, ça peut être des expositions virtuelles, temporaires. Ça peut être des contrats d'exposition aussi. Chez nous, on fait des articles Wikipédia. On est très, très actifs. Encore un projet initié par votre productrice. Mais c'est ça. Donc, beaucoup de recherches, justement, par rapport à ça. Après ça, nous, on est aussi, je l'ai mentionné, mais on a un centre d'archives qui est agréé par BNQ. Toutes les sociétés d'histoire ne le sont pas forcément, mais nous, on en est un. Donc, on acquiert des archives, on les préserve. Donc, c'est un paquet de manipulations, finalement. pour qu'ils traversent les époques. Donc, il y a ce volet-là. Bien, il est diffusé encore là, bon, ce que j'ai mentionné, là. Puis sinon, bien, nous, on fonctionne aussi beaucoup par projet, là, évidemment. Donc, on a, bon, parmi nos projets, tu sais, ça peut être de rendre accessibles nos collections dans des catalogues en ligne pour que les citoyens soient autonomes dans leurs recherches. On reçoit aussi des chercheurs sur place ou des demandes de recherche à distance. Donc, les gens peuvent nous contacter quand ils ont des questions. Donc, justement, il y a une partie de nos journées qui peut être de répondre aux demandes de clients ou d'accueillir des chercheurs. Finalement, on a aussi des services professionnels. Donc, on peut nous engager pour faire des mandats de recherche, des mandats d'exposition, des mandats wikipédien, toutes sortes de choses, en gros.
- Speaker #1
As-tu un exemple, mettons, d'un mandat que vous seriez fait confier pour une exposition ou pour une recherche ?
- Speaker #3
Oui, bien, une exposition, on a la ville de Lebesque-Cueillon, Mme Berribard, qui nous a passé une commande récemment. Ça peut être aussi, bon, l'année dernière, la ville de Chibigamo voulait une banque de toponymes, donc les noms de rues. Un toponyme étant le nom d'un lieu, donc ils voulaient une banque de noms de rues potentielles. pour les prochains quartiers qui allaient se développer. Donc, nous, on a le mandat de faire un petit peu de recherche là-dessus, de leur fournir une liste de noms potentiels. Puis après ça, ils prennent la décision. Mais ça peut être aussi banal que ça.
- Speaker #1
Oui, mais c'est cool. Puis vous avez effleuré, vite fait, plusieurs fois, professionnels, amateurs. On est, tu sais, c'est des métiers. C'est quoi la grande différence, mettons, entre vous ? La société d'histoire qu'on est ici, on est agréé par la BANQ. Et par exemple, la société d'histoire de Matagami ou le feu centre d'archives de la Radissonie.
- Speaker #3
Ok, bon. La société d'histoire de Matagami est fermée. Il n'y a plus de personnes. Les archives existent encore, mais l'organisme n'existe plus. Dans le fond, c'est qu'au départ, le centre d'archives de la Radissonie, c'était du personnel formé aussi. C'est juste que ça n'a pas levé. mais en fait, bon La recherche en histoire, c'est une pratique, c'est une démarche scientifique. Donc, tu apprends ça à l'université en plusieurs années quand même. Donc, tu as de l'analyse d'archives, tu critiques tes sources, tu trie ce qui peut être une information erronée ou tu étudies les intentions de la personne qui a produit l'archive. Donc, c'est vraiment une démarche historique, scientifique. donc... De base, il y a ce volet-là au niveau de la recherche. Ça ne veut pas dire que les historiens amateurs qui font de la recherche ne sont pas bons ou que leur travail n'a pas de valeur, mais il y a quand même une démarche qui n'est pas la même. Au niveau des archives, c'est la même chose. Archiviste, c'est un métier. Tu peux faire une technique en documentation cégep, tu peux faire un certificat à l'université. Puis encore là, le certificat, tu pourrais en réalité faire un bac avec ça puis une maîtrise parce que c'est très, très large. En fait, c'est ça. Les archives, tu ne fais pas juste les recevoir, les tabletter, les mettre dans des pochettes, les coller. C'est qu'il y a un paquet de manipulations. Chaque document a des besoins particuliers. Donc, c'est ça. C'est vraiment des pratiques professionnelles qui... Tu ne peux pas l'improviser, l'inventer.
- Speaker #2
Il y a une méthodologie, vraiment, que des personnes super bien intentionnées peuvent faire, mais c'est que des fois, la méthodologie n'est pas forcément présente. Puis dans la manipulation aussi, moi, j'ai une formation en muséologie. Fait que plus la manipulation d'objets, faire une expo aussi, mine de rien, on touche à des concepts que c'est pas forcément clair pour tout le monde. S'adapter à son public aussi, c'est quelque chose d'important qu'on retrouve pas forcément dans les démarches. Faire des expos avec beaucoup de textes, beaucoup d'images. C'est vraiment des démarches professionnelles que certains sont vraiment tout à fait capables de le faire. Mais c'est qu'il y a des métiers en arrière de ça qui existent. C'est ça qui est important. on se forme là dedans pour faire ça.
- Speaker #3
Juste une petite mention, je vous donne juste un exemple des archives. Les principaux dommages aux documents d'archives qu'on retrouve, c'est des erreurs de manipulation humaine. Donc monsieur, madame, tout le monde qui peut accumuler des documents peut aussi, même si c'est pas son intention, créer beaucoup de dommages qui vont affecter la capacité de conserver ces documents-là dans le temps. Donc c'est vraiment, ça s'invente pas là.
- Speaker #0
C'est super intéressant, je savais pas toute cette... portion-là. Puis au niveau des membres, je pense qu'il y a des membres et des non-membres qui peuvent consulter les archives, si j'ai bien compris. Comment ça fonctionne ?
- Speaker #2
On reçoit généralement des demandes, c'est plus des chercheurs, je ne sais pas s'il y a beaucoup de nos membres vraiment qui viennent consulter. Oui, on peut quand même. Mais ils nous demandent, alors généralement, il faut essayer de... D'aiguiller un petit peu la recherche, parce qu'ils vont nous demander, mettons, Tellemine. Je veux voir les archives de Tellemine, mais des fois, c'est comme des boîtes et des boîtes et des boîtes. Il va falloir être un peu plus précis. Mais dans l'ensemble, c'est des demandes de recherche qu'on reçoit. Les non-membres aussi peuvent venir consulter. Mais dans l'ensemble, toutes nos archives sont accessibles. Il y a certaines choses qu'on peut retrouver sur Internet, notamment les photos ou dans une base de données aussi. Mais il y a aussi toutes nos boîtes qu'on a aussi à consulter. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on peut en voir. plusieurs, de plus en plus sur votre site web.
- Speaker #3
Oui, oui, c'est le but de la diffusion. Puis encore là, il y a deux types de chercheurs. Il y a le professionnel ou l'amateur. Le professionnel vient parce qu'il fait un travail scolaire. Ça peut être quelqu'un qui travaille pour un ministère qui a besoin de renseignements sur telle ancienne station d'aviation au lac Caché, ou ça peut être quelqu'un qui veut juste des renseignements sur son grand-père, ou il a travaillé il y a quelques temps, il y a quelques années dans une mine. de la région, puis ils aimeraient voir des photos. Donc, ça peut être très, très large. Puis on a un centre de documentation qui est vraiment accessible pour le public en général. Ils peuvent venir faire de la recherche, consulter des journaux anciens aussi, parce qu'on en garde. On a des bibliothèques de livres historiques aussi, un petit peu en généalogie. Donc, c'est vraiment... On essaie de couvrir un peu tout type de recherche qui touche l'histoire, le patrimoine.
- Speaker #0
Puis je pense qu'on peut même acheter, si on veut. Mettons, moi, là, je viens, je fais des recherches, je peux acheter des reproductions. Vous avez aussi une salle d'exposition, très belle salle. Parlez-moi un peu de tout ça.
- Speaker #3
OK. Bon, oui, dans le fond, le but de nos archives, nous, on conserve des archives. Le but, c'est qu'elles aient une vie, que ces documents-là aient une vie. Donc, justement, les gens peuvent vendre des reproductions pour que ces documents-là vivent à l'extérieur de nos murs dans divers... Ça peut être des projets artistiques. On a Stacy qui nous en a déjà acheté, par exemple. Ça peut être aussi, bien, juste quelqu'un qui veut afficher une belle photo dans son salon. Puis dans le cas de la salle d'exposition, bien, elle est ouverte au public toujours sur nos heures d'ouverture. On essaie de faire des expositions vraiment chaque année, puis de les faire tourner parce que, justement, on essaie de faire découvrir le maximum de documents finalement qu'on reçoit, mais aussi de leur rendre hommage, leur rendre justice. Donc, oui.
- Speaker #1
Puis dans votre salle d'expo, si je ne me trompe pas, vous avez aussi... Oui, vous avez des expositions d'archives, mais vous accueillez des expositions d'artistes aussi maintenant.
- Speaker #3
Oui, dans le fond, aussitôt... On essaie de soutenir la production artistique régionale autant que possible. Donc, on essaie de la prêter finalement à disposition d'artistes pour... Nous autres, on appelle ça des expositions éclaires, parce que ça dure deux jours, une semaine, un mois. Mais pour leur donner une visibilité aussi, puis ça accueille... Mais en fait, un nouveau public chez nous qui serait peut-être pas venu autrement, parce que les artistes, vous avez aussi des amis, des familles, des admirateurs qui viennent à vos expositions, qui connaissent peut-être pas l'organisme. Donc, c'est vraiment une occasion aussi de rencontrer des nouveaux publics.
- Speaker #0
Exact. Puis un peu de tout. Je pense qu'il y en a une qui s'en vient. On est en 2025, il y a Julien qui s'en vient faire une exposition dans un médium qui est peu commun quand même. Je sais pas exactement.
- Speaker #2
C'est lui le mieux placé pour en parler, mais il fait des masques, en fait, avec tout ce qu'il peut récolter dans le bois, notamment. Donc oui, c'est agréable de recevoir d'autres types d'expositions que des archives et tout, parce qu'on adore ça, mais aussi ça change un petit peu. Puis comme dit Marie-Claude, ça nous amène des publics différents. voir les choses d'une façon différente aussi, nous dire qu'on peut intégrer une pratique artistique aussi dans nos expositions futures aussi. Donc, essayer de rendre aussi l'histoire un peu plus accessible comme ça, de dire que, tu sais, une société d'histoire, ce n'est pas juste un organisme poussiéreux, il se passe des choses, puis ça, c'est un petit peu toujours l'enjeu. Mais c'est intéressant, puis c'est un enjeu qui est très actuel encore. Certaines sociétés d'histoire sont plus modernisées, on va dire, que d'autres aussi. Donc, oui.
- Speaker #0
Puis... J'aimerais qu'on parle un peu du volet bénévole. Avez-vous beaucoup de bénévoles ? Est-ce qu'il y a beaucoup de gens qui viennent vous aider, Marc-Claude ?
- Speaker #3
On a un bénévole qui est ici temps plein. Il voulait donner un petit coup de main une fois de temps en temps. Finalement, il est là chaque jour et il fait parfois du télé-bénévolat de chez lui la fin de semaine. C'est loin qu'il nous montre des dossiers de recherche en ce moment. C'est notre principal bénévole. Sinon, on a nos membres du CA aussi qui donnent du temps parfois pour animer des marchés de Noël. donner un petit coup de main pendant la semaine du patrimoine pour animer certaines activités. Mais c'est principalement nos bénévoles actuels parce que, encore là, comme on le disait, ça reste un métier aussi. Donc, les tâches ne peuvent pas entièrement être faites par des bénévoles chez nous, mais on est vraiment chanceux de les avoir pour leur travail est vraiment essentiel. Sylvain nous trouve des pépites, puis il y a beaucoup d'anecdotes qu'on diffuse sur nos réseaux sociaux qui sont des trouvailles de Sylvain aussi.
- Speaker #0
Oui, j'en parle parce que l'épisode précédent, si vous ne l'avez pas écouté, on était à Lebel-sur-Kévillon, puis on mentionne à quel point c'est important pour le service des loisirs d'avoir des bénévoles. Je pense que c'est un peu quelque chose qui revient souvent aussi, le bénévolat, c'est des gens passionnés, des gens qui aiment ça être là, puis c'est ce que j'entends aussi, fait que c'est vraiment génial. Puis, si on va vers un autre sujet, comment se finance la Société d'histoire ? Comment vous arrivez à avoir les sous, à faire fonctionner ça ?
- Speaker #3
Ah Sujet laborieux. Bon, en ce moment, nous, la Société d'histoire, je l'ai mentionné, on est un service d'archives qui est agréé par BNQ. Ça, ça vient avec un montant récurrent annuel pour le traitement, l'acquisition, la diffusion des... archives. Donc, je ne suis pas financée pour autre chose qui touche mes archives qu'on conserve ici. Ça, ce n'est pas un très gros financement. Ça ne couvre pas un salaire temps plein d'une personne. Puis en contrepartie, on doit avoir un archiviste diplômé en tout temps au sein de l'organisme. Donc, on a beaucoup d'engagement qui vient avec ça. Autrement, souvent, c'est des soutiens municipaux récurrents qui font vivre les centres d'archives, les sociétés d'histoire. Nous, on en a un de la ville de Chibugamo. Puis, nouvellement, on en a eu un de... en 2025 de la ville de Chapitre. Autrement, c'est vraiment juste du financement par projet. Donc, des demandes de subventions qui sont faites au provincial, au fédéral, qui peuvent être faites aussi à l'administration régionale Bay James, qui est en fait notre principal partenaire financier en ce moment dans la région. Ici, dans le nord du Québec, on a aussi la Société du plan Nord qui peut financer parfois certains... Donc, c'est vraiment les principaux, la principale manière de se financer, c'est par projet. Sinon, on a aussi un petit service de consultant, expertise, on vend des archives. Donc, c'est des services professionnels aussi. Mais en ce moment, c'est un service qui se développe chez nous, mais ça ne paye pas un employé salarié complet.
- Speaker #0
Mais c'est important de le dire, dans le fond, que les gens peuvent vous engager. Oui. Et puis, ça aide à vous faire vivre aussi. Oui, oui. Engagez-nous.
- Speaker #1
Elles sont fort sympathiques.
- Speaker #0
Excellent. Et puis, si on veut faire un don d'archives, comment ça fonctionne ? Je sais que toi, tu as fait un don bien spécial. Tu pourrais en parler, Marie-Claude. Moi, j'ai fait un don ? Toi, ils te font Marie-Claude du chien. Ah, mon Dieu. C'est gênant.
- Speaker #3
OK.
- Speaker #0
Un exemple.
- Speaker #3
Ah non, ça c'est horrible. OK. Bon, à la base, faire un don d'archives, nous, on a une politique d'acquisition d'archives, donc on n'accepte pas tout et n'importe quoi. Il faut que ça ait un intérêt régional. Mais ça, ce n'est pas vous de le déterminer. Vous faites juste en parler avec l'archiviste et on va voir ce qu'on peut faire. En fait, la première étape, c'est déjà être confortable avec l'idée parce qu'un don d'archives, c'est irréversible. Donc, tu peux changer d'idée jusqu'à la dernière minute, mais une fois que c'est donné, bien c'est donné. On ne force personne, Puis on veut vraiment... Les gens soient confortables avec l'idée, mais il n'y a pas de retour en arrière.
- Speaker #0
Mais quand tu dis « c'est donné » , ça veut dire que, mettons que je dis « je donne des journaux » , je ne pourrais pas dire « ça m'appartient » . C'est-tu ça la différence ? C'est ça.
- Speaker #3
C'est que tu transfères la propriété. Tu peux transférer, sauf pour certains cas, notamment les photographes ou les artistes, comme Marianne Dumas, que vous avez déjà reçu à ses micros. Vous pouvez... ou pas transférer aussi les droits d'auteur. Souvent, on va récupérer les droits d'auteur ou du moins des droits d'utilisation sur ces œuvres-là pour les faire vivre parce qu'il y a tout un aspect légal à ça. Il ne suffit pas de venir juste domper des photographies chez nous. Mais donc, contactez l'archiviste. On va voir ce que vous avez. L'archiviste va valider aussi si vous êtes confortable avec l'idée et si votre consentement, finalement, est toujours valide à chaque fois que vous allez vous parler. Ensuite, c'est notre job à nous. Donc, on va récolter les archives, puis à partir de là, on va les classer, on va en créer des répertoires, on appelle ça les traités, mais donc les placer dans des matériaux sans acide, dans des conditions contrôlées pour vraiment que ces documents-là traversent les époques. Donc, c'est principalement ça. Mais c'est vraiment de nous contacter. On va signer un protocole de don officiel qui est légal parce qu'on ne veut pas s'enfuir avec vos documents comme des ingrats. Par contre, on va quand même conserver votre nom qui est associé à ces documents-là, mais vous n'en auriez plus la propriété.
- Speaker #1
Fait que mettons que je te donne justement des photos, moi je fais de la photographie, je te donne des photos, est-ce qu'en tant qu'artiste, j'ai encore le droit d'y utiliser ?
- Speaker #3
Ça, ça se détermine vraiment dans le protocole de dons qu'on fait. Donc ça peut...
- Speaker #1
Je pourrais décider de garder les droits d'auteur, mettons.
- Speaker #3
C'est ça que tu pourrais dire. Je les conserve chez toi, je garde mes droits d'auteur. Toi, je te donne une autorisation pour les utiliser de manière non commerciale pour les valoriser. Ça peut être ça. On peut vraiment prendre une entente qui est confortable pour toi et qui, nous, nous permet aussi de les mettre en valeur. C'est notre but. On pourrait même prendre une entente qui dit, à ton décès dans 80 ans minimum, les droits d'auteur nous sont transférés. comme organisation. Ça pourrait être ça aussi.
- Speaker #1
Puis mettons aujourd'hui, en 2025, des fichiers numériques. Parce que là, des photos papier, il y en a une, peut-être deux copies. Il y a un négatif. Je te donne ça, t'es là. Mais la copie numérique, je veux dire, il peut y en avoir plein de copies. Oui.
- Speaker #3
Ça reste une archive. Donc, on récupère les documents numériques. On les conserve aussi.
- Speaker #1
Mais je ne suis pas obligée, mettons, je te les donne. des supprimés de mon ordinateur.
- Speaker #3
Non, non, non. On n'a pas les moyens financiers de parler à la police, je te dis tout le monde. Non, non, non. Dans le fond,
- Speaker #1
ça revient un peu à la question que Steph posait, juste pour mettre la lumière autour de tout ça. Je t'ai donné mes fichiers, mais je pourrais demeurer l'auteur et pouvoir continuer de les exposer, de les vendre même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
oui, oui, c'est possible. On prend les ententes pour ça, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
La question que tu as posée aussi, ça me poppe une autre question. L'avènement du numérique, est-ce que ça a un impact sur la quantité d'archives que les gens donnent ? Parce que là, moi, je me dis, on dirait que oui, j'ai une petite pochette et à chaque fois que je viens vous voir, je vous amène des affaires. J'en ai pour vous donner. Mais tout ce qui est numérique, je ne pense pas à vous envoyer ça parce que je ne le tiens pas dans mes mains. C'est pas... Donc, c'est quoi que ça a comme impact ?
- Speaker #3
Bien, on reçoit vraiment plus parce que les documents numériques, ça se décuple, les doublons, les triplons. On a reçu de Lebel sur Kévion l'année passée, en 2024, on a reçu 32 000 fichiers photographiques de Lebel sur Kévion. Finalement, là-dessus, il y avait vraiment beaucoup de doublons, de triplons. Donc, finalement, après les avoir accumulés, il y en a à peu près 6 000. Ça reste beaucoup, mais ça décuple notre charge de travail, le numérique.
- Speaker #0
Moi, je pensais que c'était le contraire. Que les gens vous en donnaient moins.
- Speaker #3
Vraiment plus d'ouvrage.
- Speaker #0
Y'a-tu un fonds d'archives ou quelqu'un qui vous a fait un don qui est vraiment comme vous avez fait « Oh wow » C'est vraiment le fun, c'est spécial, c'est unique.
- Speaker #2
Moi, je n'ai pas été là pour cette acquisition-là, mais mon fonds préféré, c'est le P171. C'est celui de Françoise Gaudreau.
- Speaker #3
Et Thomas Fecteau.
- Speaker #2
Thomas Fecteau, il me manquait le Thomas. C'est vraiment un très beau fond. Un des rares qu'on a qui illustre toute la baie de James, en fait, c'est un arpenteur et sa femme qui ont eu des enfants. Et Françoise Gaudreau, c'est leur fille qui s'est mariée à un pilote de brousse. Donc, on a énormément de photos. Elles sont tellement belles. De femmes dans la brousse aussi, ce qui est assez rare aussi d'avoir des photos de ça. Donc, ça, c'est vraiment un très, très beau fond. J'avoue que dès que... C'est moi qui m'occupe des réseaux sociaux, puis dès que j'ai une panne d'inspiration, je vais aller chercher dans ce fond-là pour mettre quelque chose, parce qu'elles sont vraiment magnifiques.
- Speaker #0
C'est eux qui avaient un film.
- Speaker #1
Oui. Vous avez présenté un film.
- Speaker #0
C'est ça, oui. Oui. C'était vraiment super beau, le film. Puis toi, Marc-Claude, y a-t-il un don qui a été marquant pour toi ?
- Speaker #3
Ben, déjà, recevoir un don, c'est un peu comme Noël, là. On est assez emballés. Oui, oui, le Stéciean nous en a amené tantôt. On vient tout fou, là. Mais, ah mon Dieu Mais en fait, chaque don d'archives, c'est un peu une chasse au trésor aussi, parce que souvent, on va retracer quelqu'un qui habite des fois en Colombie-Britannique pour le convaincre de donner à jamais ses documents de famille. C'est des longues démarches. Donc, quand ça arrive, c'est l'aboutissement vraiment d'un parcours. Ils ont déjà tous quelque chose de particulier. Parmi mes préférés, on a la collection Ronald Brisson, qui était un photographe qui était à Val-d'Or. M. Brisson travaillait à l'Éco-Habitibien, puis il a couvert la construction des chantiers LG2, LG3, LG4, donc dans les années 70, et notamment l'inauguration de LG2 avec René Lévesque, Robert Bourassa, donc des négatifs que Stéciean n'a pu explorer un petit peu, mais c'est vraiment des photos de grande qualité parce que M. Brisson, il a aussi un œil de photographe, donc vraiment, ils sont magnifiques. pis il y a son ami, son réel ami qui est un homme qui est M. Gérald Bolduc, qui était photographe aussi à Kévillon. Puis encore là, c'est un 6000 photographies de grande qualité, de toute la vie, l'effervescence qu'il y avait à Kévillon dans les années 70-80. Il a capté ça,
- Speaker #2
puis avec son œil de photographe,
- Speaker #0
c'est magnifique. C'est génial. Puis justement, vous parliez un peu de la conservation, tout ça. Vos locaux sont vraiment spécifiques. Vous avez une voûte. Alors, c'est quoi une voûte ? C'est quoi que ça fait ? Comment ça fonctionne ?
- Speaker #2
C'est une pièce où l'humidité et la température sont très contrôlées pour assurer une conservation le plus longtemps possible. C'est coupe-feu aussi. On a tout un plan d'évacuation. Si jamais on devait les évacuer, on doit flaguer un petit peu les archives à sortir en urgence, etc. C'est essentiel parce que sinon les documents se détérioreraient. vraiment trop vite. Les manipulations sont très limitées aussi. Donc, c'est pour ça qu'on ne peut pas être mis partout comme organisme. On n'est pas déménagé. C'est lourd. C'est très, très lourd aussi. On n'a pas le choix d'être dans un sous-sol minimum parce qu'on ne peut pas vraiment mettre ça à l'étage.
- Speaker #0
Wow C'est super intéressant. Je sais que vous avez beaucoup de projets en cours, des projets à venir. Si on regarde un peu 20-26, Margot, c'est quoi les projets qui s'en viennent ?
- Speaker #2
On a la deuxième édition de la Semaine du patrimoine, qui a été quand même un gros morceau de 2025 aussi. On a plusieurs projets pour les archives, pour développer un peu la sensibilité, les points d'accès. Mais ça, Marie-Claude est peut-être plus capable d'en parler que moi. Moi, c'est plus... Merci. La médiation, la diffusion, tout ça, là, aussi, on a une exposition pour le Balsure-Kévillon qui va s'en venir aussi. Mais vraiment, beaucoup les archives aussi. Tu peux en parler un peu, Marie-Claude ?
- Speaker #3
Sinon, on est en train de mettre en place dans toutes les villes de la région, localités, un petit point de service. Dans les bibliothèques municipales, qui est en fait un petit espace où il va y avoir de la documentation sur la région, de la documentation spécialisée en histoire. Un accès aussi web à nos archives numérisées de journaux, je précise des journaux. Donc vraiment pour essayer de rapprocher le centre de toute la région parce que le territoire est grand.
- Speaker #1
Oui, vraiment. Wow Est-ce qu'on a une... Une timeline pour ce projet-là ? Quand est-ce qu'on peut avoir ces points-là arrivés ?
- Speaker #3
En 2027, ils vont être complètement opérationnels et en place. Donc, c'est en cours.
- Speaker #0
C'est commencé la numérisation, la création des infrastructures. Bravo. Sachant votre petite équipe, bravo. J'ai vraiment hâte d'aller à ma bibliothèque, pouvoir aller consulter, aller regarder tout ça. C'est génial. Puis, Marc, on en a parlé vite, mais il faut qu'on dise un mot. sur, justement, votre première semaine du patrimoine annuel. Vous nous dotez ça parce que c'est un premier projet. Ça a tellement bien marché.
- Speaker #2
C'est un projet. En fait, je pense que c'est l'exemple parfait de ce qu'on peut être capable de faire en tant que petite équipe parce qu'on a eu l'idée avec Marie-Claude. On avait un appel de projet. On s'était comme, ah, bien, tu sais, ça serait cool. Fait qu'au début, on avait fait ça pour Chibugamo. Puis finalement, on était comme, ah, mais tu sais, on est capable de le faire au niveau Bay James en allant chercher les bonnes personnes. Donc, on a progressivement mis ça en place. Ça a eu lieu dans toute la région. Le pub quiz, c'est l'activité qu'il y a eu dans toute la région, vraiment dans toutes les villes et localités. Ça, c'était vraiment génial. Non, ça a vraiment bien marché. Je pense que, en tout cas, j'aime croire que ça a permis à certaines personnes de dépoussiérer un peu l'histoire, le rapport à l'histoire, le rapport au patrimoine, de se dire que ce n'est pas juste des vieilles affaires poussiéreuses. Puis de... C'est ça, de... démocratisé mais j'aime pas trop le mot l'hôte et les histoires l'histoire et le patrimoine ça a toujours été accessible et les gens aiment ça les gens aiment ça se faire raconter des histoires faire raconter des anecdotes c'est généralement ça qui marche le mieux d'ailleurs et le bel à semaine du patrimoine c'était ça c'était pour montrer aux gens que leur patrimoine ses proches peu qu'en fait eux ils le ils y sont avec ils sont en contact le patrimoine vraiment tous les jours puis on a fait plein d'activités pour justement souligner un peu ça ça a vraiment vraiment vraiment bien fonctionné on a un concours de deux les villes oui les villes ont embarqué tout Tout le monde zague.
- Speaker #0
Tout le monde va concourre de nous. M-A-R-L-I-N-G, il faut le dire, vous étiez très présents sur les réseaux sociaux, mais ça, par nous-mêmes.
- Speaker #2
C'est impressionnant. Ça a pris les deux derniers jours de la semaine.
- Speaker #0
En tout.
- Speaker #2
Vraiment, c'était toute la journée que je regardais les memes, je les téléchargeais pour qu'on garde une trace aussi. Puis on a même fait une extension de deux jours pour que les gens continuent, parce que ça a commencé le mardi puis ça a terminé le juin.
- Speaker #0
Ça a pris du temps avant que ça allait. Mais quand ça a levé, là...
- Speaker #2
C'était impressionnant.
- Speaker #0
Mais explique-nous, c'est quoi un mème ? Pour les gens qui ne savent pas.
- Speaker #1
Là, si vous vivez tout en 2025, vous le savez. Mais en fait, c'est ça. C'est de reprendre... La Société d'histoire avait mis sur leur site web une banque d'images sur laquelle on pouvait, comme on voit sur les réseaux sociaux, mettre des petites phrases un peu drôles. Moi, quand, je, peu importe quoi. Ou des petits dialogues. Donc, on mettait ça en contexte avec des... Des running gags de la région. Sur les photos historiques de l'abbé James. C'était très amusant.
- Speaker #3
Pour le fun fact, savez-vous combien on a eu de visiteurs juste sur la page Facebook à cause du concours de mimes ?
- Speaker #1
160 000.
- Speaker #3
Wow On est quand même 14 000 à l'abbé James. On a 160 000 visiteurs pour la page du concours de mimes.
- Speaker #0
Wow
- Speaker #2
Il y en a peut-être un petit 5000, c'est moi qui vais avoir le mieux. Mais quand même,
- Speaker #1
Eh bien, bravo. En tout cas, vraiment,
- Speaker #0
on a hâte à la deuxième édition. Oui.
- Speaker #1
Puis moi, je tiens à souligner aussi l'exposition qu'on a faite dans l'œil de Gérald Bolduc, quelque chose du genre. Ça l'a fait sortir nos aînés, puis il était tellement content, il était tellement fier aussi de pouvoir s'impliquer puis de se sentir utile, parce que c'est eux qui savaient c'était qui les photos, les personnes sur les photos. Ça a eu un bel impact dans notre communauté. Ça,
- Speaker #3
c'était ton idée. C'est vraiment cool. On a parlé à matin. On veut le refaire. Oui, absolument.
- Speaker #2
Essayez de le faire dans d'autres villes aussi. On a fait quoi avec le centre de jour à Chibougamau ? Les aînés ont vraiment aimé ça aussi. Ils nous racontaient des histoires, la nightlife de Chibougamau dans les années 50. C'était vraiment drôle.
- Speaker #0
Vraiment, vous touchez tout le monde. Toutes les strates de la population. C'est vraiment cool. Oui. Puis, je crois que j'ai cru comprendre que vous aviez une Wikipédienne en résidence.
- Speaker #1
Oui, bonjour.
- Speaker #0
Tu es passionnée sur Wikipédia, tu en fais beaucoup, tu es présente. Explique-nous un peu, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est quoi Wikipédia et pourquoi ça te tient tant à cœur ?
- Speaker #3
Bon, je vais mentionner que Margot aussi en fait. Moi-même, je ne suis pas toute seule. Mais en fait, Wikipédia, c'est une encyclopédie qu'on trouve en ligne. C'est l'encyclopédie la plus consultée au monde. Puis en fait, c'est votre productrice, Stéphanie Brousseau, qui a décollé au départ. C'est la main noire de la Belgique. C'est vraiment invisible. Non, mais en fait, c'est ça. Wikipédia, le but, c'était d'augmenter la visibilité de la région via cette encyclopédie-là qui est la plus consultée au monde. Puis évidemment que si ce n'est pas nous-mêmes qui le faisons, ça sera jamais personne qui va le faire parce que bon, on l'a dit tantôt on est au bout de la route, la région en général donc c'est parti de là, donc puis la société éditoire en fait, on est bien placé pour ça parce que Wikipédia, on fait de la recherche documentaire, donc c'est un peu notre c'est notre champ, donc vraiment on crée des articles Wikipédia pour représenter tout le monde, on verse aussi des photos de nos archives sur Wikipédia donc qui fassent partie vraiment de la communauté et Pis d'ailleurs, tantôt on parlait de chercheurs qu'on reçoit, mais on en a souvent qui viennent chez nous en disant « Oui, j'aimerais avoir des renseignements sur tel sujet que j'ai vu sur Wikipédia » Pis c'est souvent des articles qu'on a mis en ligne.
- Speaker #2
Ben, ça nous a permis d'attirer quelqu'un du New York Times, il me semble.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
Le Wikipédia. Oui. Cet été.
- Speaker #3
Oui, parce que, ben, en fait, je vous mets un contexte, mais à Chibigamo, il y a déjà eu une base militaire dans les années 60 et 80, jusqu'aux années 80. Puis, en fait, cet homme-là faisait une recherche sur le réseau de base militaire canadien. Puis, il est parti du fait que l'article Wikipédia où il trouvait le plus de renseignements, c'était sur celui de la base militaire de Chibougamau. Puis, c'est nous qui l'avons mis en ligne. Donc, c'était parti de là.
- Speaker #0
C'est où ça peut aller. C'est phénoménal.
- Speaker #1
Très intéressant.
- Speaker #0
Oui. Puis, on en a parlé un peu, mais en quoi vos initiatives permettent ? tel aux gens de mieux s'approprier leur patrimoine ? Comment que ça vient les rejoindre ? Avez-vous peut-être des anecdotes, des gens qui vous ont dit « J'ai vu telle photo, ça m'a fait ça, ou j'ai vécu ça, ou il y a-tu des choses des fois qui arrivent pour vraiment que les gens viennent vous voir ? »
- Speaker #2
Moi, j'étais en exemple, c'est pendant la semaine du patrimoine, j'ai fait une visite de la 3e rue de Chibougamau, puis je montrais des photos. aussi des années 60-70. Puis il y a beaucoup, même 80, mais il y a des gens qui regardaient les photos et qui étaient comme « Eh oui, moi j'ai connu tel bâtiment qui aujourd'hui ne s'appelle plus comme ça. Oui, je me souviens de ça. Ah oui, est-ce que c'est vrai que... » Tu sais, des gens qui entendent des rumeurs des fois « Ah ok, est-ce que c'est vrai ça ? » Fait que les gens étaient vraiment, je pense, un peu impressionnés de dire « Eh mais j'ai connu, j'ai connu cette époque-là. » Puis aujourd'hui, t'en parles comme vraiment une histoire, quelque chose qui s'est passé mais tu sais, on l'a vécu. Je pense que c'était un peu ça aussi le... qu'on a remis dans la semaine du patrimoine, c'est de montrer que finalement, votre patrimoine, vous le voyez tous les jours. Puis de faire des projets pour montrer aux gens que c'est pas si lointain que ça, le patrimoine. C'est pas besoin d'avoir une formation en histoire ou peu importe, pour s'y intéresser. Fait que je pense, moi en tout cas, je pense toujours à ça quand je fais des projets, de me dire que... On parle aussi à des personnes qui n'ont pas forcément de bagages, de gros bagages en histoire, donc il faut aussi les raccrocher comme ça. Puis quoi de mieux que d'utiliser des exemples qu'ils connaissent bien pour... faire une porte d'entrée vers l'histoire et le patrimoine, justement, pour créer un sentiment d'appartenance aussi.
- Speaker #0
Puis de continuer à ce que les gens s'approprient puis se disent que vous êtes extrêmement importants et qu'il faut que ça continue.
- Speaker #2
Oui, parce que dans 50 ans, si nous on ne fait pas le travail aujourd'hui, dans 50 ans, il y aura envie. Déjà, on le voit un petit peu dans certains sujets dans les archives, les femmes notamment. On a fait notre projet d'histoire des femmes parce qu'il y avait envie d'un peu de ce côté-là. Donc, le but, c'est de combler le vide pour que dans 50 ans, on ne se rende pas compte qu'en fait, on a 100 ans d'histoire qui n'a pas été couverte.
- Speaker #1
Parlez-nous un peu plus des portraits des femmes de la Béjane qui étaient faites l'automne 2025 ?
- Speaker #2
On a publié notre rapport de recherche et notre expo virtuelle en mars.
- Speaker #1
Là,
- Speaker #2
on est bien rodés pour vous en parler parce qu'on est allés en fin de semaine au colloque de la Fédération Histoire Québec à Québec. C'est déroulé à Montréal et à Québec et on a fait une présentation de notre projet. Au milieu d'autres femmes du Québec, puis plus de Québec et de Montréal, ce genre de choses-là. Donc oui, on est allé présenter ça pour montrer un peu les Jamésiennes, de dire qui c'était les Jamésiennes, qu'est-ce qu'elles ont fait, quelles sont leurs réalisations. Parce que dans une région essentiellement industrielle, il n'y avait pas forcément l'histoire pour les femmes, pour le récit des femmes aussi. Ça ne cadre pas très bien avec... L'imaginaire du Grand Nord, puis les prospectaires, les explorateurs.
- Speaker #0
C'est ce qu'on ne sait pas.
- Speaker #2
Pourtant, ils étaient là, pareil. Donc, notre projet de recherche, ça a été un petit peu de débroussailler. Puis encore une fois, on a fait juste gratter la surface pour savoir un peu. Qu'est-ce qu'elles sont venues faire, ces femmes à la Bay James ? Puis finalement, on s'est rendu compte que généralement, c'était la raison d'être des villes aujourd'hui. Pour passer d'un camp de travailleurs à une ville, généralement, les compagnies emmenaient, faisaient venir des femmes, faisaient venir les familles, tout simplement. Donc progressivement, des services se sont installés grâce à ces femmes-là.
- Speaker #0
Vous avez déjà accompli beaucoup, modernisé l'organisme. Maintenant, vous aspirez à quoi ? Marie-Claude, si tu rêves, tu rêves à quoi ?
- Speaker #3
Oh mon Dieu, je ne sais pas.
- Speaker #0
En financement infini.
- Speaker #3
Bien oui, Assurément, comme tous les OBNL, que l'argent pleuve sur nous, s'il vous plaît. Non, mais en fait, on veut continuer de se développer. On veut continuer de développer, bien en fait, de mieux représenter. En fait, on veut continuer de mieux représenter et travailler à ça, de mieux représenter les villes, les autres villes hors Chugamau, de la région, les villes et localités, parce qu'on est encore une toute petite équipe. Une toute petite équipe à pied d'ailleurs. Nous, on est plus éco-responsables que Fonan Nord. Prenez le bon. Mais on sent qu'il y a une petite… Non, non, mais dans le sens où la région est grande, c'est compliqué de se déplacer. Fait qu'on aspire quand même à augmenter notre présence puis la représentation de tout le monde, autant dans nos activités que dans les archives qu'on acquiert. Parce que si on ne reçoit jamais d'archives de Villebois, disons, Salut ! l'histoire de Villebois va finir par s'effacer. C'est vraiment notre volonté principale.
- Speaker #1
Comment les villes ou les personnes des différentes villes et localités peuvent vous aider dans cette mission-là ?
- Speaker #3
Déjà, en nous engageant, quand on a des mandats professionnels, évidemment. Principalement, c'est vraiment ça. C'est tout niaiseux, mais la qualité des services passe par le financement.
- Speaker #1
Les filles,
- Speaker #0
avez-vous un petit mot de la fin ?
- Speaker #2
de nous donner les archives, de donner vos archives. Je sais que ça peut être un geste qui est assez impressionnant de prime abord, mais c'est vraiment essentiel. Puis en fait, si on pense un peu, mettons, au début de la colonisation du Québec, on a beaucoup d'archives qu'aujourd'hui, peut-être qu'à ce moment-là, ils étaient comme « Ah, ben tu sais, mon journal intime, à quoi, quel est l'intérêt de donner mon journal intime ? » Mais c'est des sources très, très, très précieuses pour connaître la réalité. des gens qui ont vécu cette époque-là. Donc, donner ces archives, c'est vraiment un geste vraiment très, très important. Puis c'est le début. C'est le début pour préserver la mémoire de la région. Je dirais ça.
- Speaker #0
C'est excellent. Marc-Claude Margot, merci infiniment d'avoir accepté de venir partager avec moi et Stécie-Anne votre univers, les dessous de la Société d'histoire de la Baie-James, avec nous aujourd'hui. C'était vraiment un vrai plaisir de vous avoir au micro. On espère vraiment que cette discussion va inspirer les gens à donner. Alors, bonne continuation. Merci beaucoup de nous avoir accueillis dans votre local. Merci à vous. Merci à vous. À l'animation et à la réalisation, c'était Stéphanie Thompson. À la production, Stéphanie Brousseau pour fabriquer à la Béjames le premier balado culturel régional.
- Speaker #1
Ce balado est produit par l'administration régionale B. James, réalisé grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications en partenariat avec la Ville de Belle-Sophie-Millon.