Speaker #0Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui m'agace un petit peu, les travers de la spiritualité, de la thérapie et du développement personnel. Comme vous le savez, je fais partie de ce monde, et pourtant, je ne m'y reconnais plus beaucoup, parce que certaines dérives me dérangent profondément. J'ai besoin aujourd'hui d'exprimer ce qui, pour moi, ne sonne plus juste. Donc, naturellement, on se tourne vers la spiritualité, le développement personnel... ou un thérapeute, donc c'est quelque chose qui est quand même assez en vogue à l'heure actuelle. Et à la base, le but c'est d'aller comprendre et d'apprendre à se choisir différemment. Plus avec ce disque dur rempli par notre passé, mais en faisant au final une mise à jour. Et là où aujourd'hui il y a quand même des choses qui m'agacent profondément, c'est que dans beaucoup d'approches actuelles, au lieu de venir aider la personne Merci. comment se choisir selon sa propre vérité. Tu en as beaucoup qui viennent dire quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire. La personne, elle vient pour récupérer des clés. Avec la clé, elle en fait ce qu'elle veut. Elle vient là pour justement apprendre à se choisir. Donc, ça devient incohérent d'être face à quelqu'un qui te dit quoi faire alors qu'aujourd'hui, tu veux apprendre à faire selon toi. En fait, quand on commence à cheminer, selon moi, bien évidemment, ça devient difficile d'avancer seule quand on vient s'attaquer aux profondeurs de nos problématiques. Donc, se faire accompagner, demander de l'aide, ce n'est pas un problème en soi. Le problème, il va venir apparaître dans la manière dont cette aide est proposée, mais aussi reçue. Pour moi, la frontière entre un accompagnement juste et une relation de pouvoir, elle est extrêmement fine. Un aidant, pour moi, c'est quelqu'un qui vient soutenir un processus, qui est là ponctuellement. Ce n'est pas quelqu'un qui impose quelque chose. Il n'installe pas sa vérité comme une référence absolue. Il conseille. Il conseille et il ne vient pas essayer de ressentir à la place de l'autre. La dérive, elle commence quand quelqu'un devient central dans le chemin de l'autre. Quand la personne estime que la parole de celui qui l'accompagne a plus de poids que son ressenti. Donc, consciemment ou inconsciemment, Parfois, il met en place un process qui fait que ces décisions remplacent celles de la personne elle-même. Ça ne devient plus le chemin de la personne qui te consulte, mais ça devient au final ton chemin propre. Personne ne peut savoir, peu importe ses dons, ses capacités, à ta place, ce qui est le plus juste pour toi. Est-ce que c'est toi qui es incarné dans ton corps ? Donc, c'est toi qui ressens ton corps. Un accompagnement juste ne crée pas de dépendance. Il rend progressivement autonome et il vient apprendre à la personne, justement, à se faire confiance à nouveau et surtout pas à douter encore plus d'elle-même en lui disant « Ah non, mais t'as fait ça ? » « Oh non, ça, elle t'oublie. » Ça revient à dire que ce que tu fais, c'est de la merde. Je suis signée que ça. Donc, ça peut venir, mine de rien, réveiller encore d'autres choses. Une perte de confiance et tout ça. Au lieu de renforcer le libre-arbitre, il y a certaines pratiques qui viennent complètement affaiblir davantage. Ça commence souvent doucement, tu vois, par des phrases comme « Ouais, mais tu vois, ça, c'est pas du tout alignatoire. » Tu vois par… « Ah ouais, mais non, mais franchement, moi si j'étais toi, tu devrais faire ça. » « C'est pas moi, en vrai, devrait, toi. » « C'est pas moi ! » Donc c'est le genre de phrase qui ne devrait pas exister. Un vrai chemin d'évolution, c'est fait pour rendre libre. C'est pas fait pour rendre plus dépendant. Dans tout accompagnement, ce qui prime, c'est le consentement. À partir du moment où on agit sur quelqu'un sans son accord explicite, pour moi, on franchit une ligne, et cette ligne, elle touche directement au libre-arbitre. aux énergies de la personne, à ce qu'elle décide de mettre en place ou pas. À partir du moment où ce n'est pas consenti, il n'y a pas d'aide. Ça vient alimenter ce que toi, tu penses être juste. À partir de là, encore une fois, ça ne t'appartient pas, cette histoire que tu viens de recevoir. Je ne sais pas, moi, si tu es en soirée et que tu reçois la présence de l'oncle. de Maryse qui est en face de toi. Donc Robert est là. Ah ben Robert, écoute, je viens d'avoir une élimination. Robert te dit qu'il est à tes côtés. En effet, ça peut faire du bien à la personne. Mais qui te dit que Robert, c'est pas son bureau de son passé ? Peut-être que tu vas lui dire ça. La meuf, en fait, elle va être... Elle va se détendre. Ben ouais, en fait. Donc à partir de là... Si à tâtons, on n'impose pas les choses, parce que ce n'est pas juste et ce n'est pas sain. Il y a d'autres choses qui me dérangent profondément, c'est que dans certains milieux spirituels énergétiques, ce genre de pratique est assez banalisé, complètement normalisé, voire même valorisé. Tu vois, quand tu reçois... des petits papiers dans ta boîte aux lettres qui te dit faire revenir ton être cher, aimé d'il y a dix ans. Mais what ? La personne va te dire « Non, non, mais ne t'inquiète pas, moi, je ne fais pas de magie noire, je suis dans la magie rose, rouge, blanche, et tout ce que tu veux. » En fait, peu importe le nom qu'on lui donne, si la personne n'a pas donné son accord, son aval, en fait, on est face à une atteinte directe à son intégrité. Au bout d'un moment, moi, ça m'en ouf. Tu ne respectes pas ses limites, tu ne respectes pas son libre-arbitre, tu ne respectes pas son rythme. C'est violent, en fait. J'adhère pas du tout. Elle le fait pour venir satisfaire ce qu'elle pense être juste pour elle-même. Donc, c'est purement égoïste. Donc oui, c'est mon besoin qui revient à moi. Oui, d'accord, mais en fait là, tu cherches à contrôler l'autre. Ça veut dire que tu es tellement concentré par ton besoin à toi que tu ne respectes même pas le besoin de l'autre. Il est où l'équilibre là ? Il n'y en a pas. Ça, ça ne devrait même pas être un sujet. Je trouve ça aérissant. Et pour moi, c'est le terme de devoir exprimer que ce genre de pratique n'est pas juste. Tu vois, dans un accompagnement, ou dans le libre-arbitre, on va dire, ou dans le consentement, la personne, elle reste souveraine. Elle choisit, elle consent, elle peut dire oui, elle peut dire non. Et ce non doit être respecté, sans justification dans l'idée, mais à partir du moment où tu fais quelque chose dans le dos d'une personne, en vrai, il y a eu le respect là-dedans. Là, on est clairement dans une crise de pouvoir. Pour moi, c'est quelque chose qu'il est essentiel de nommer clairement parce que ça ne devrait même pas être un sujet. L'ego, il est souvent très mal compris et mal perçu. Surtout dans, justement, ce genre de milieu. On en parle un petit peu comme un ennemi à combattre. comme de quelque chose qu'il faudrait faire disparaître, qu'il y a une confusion claire, nette et précise. À la base, l'ego, c'est une structure humaine complètement normale. C'est ce qui nous permet de nous incarner, d'être incarné, d'avoir une identité, une histoire, une personnalité, des limites. Si tu n'as pas d'ego, tu ne peux pas aller à la recherche de tes limites, de ton besoin. Exactement. L'ego, c'est ce qui nous permet de dire « je » , en fait, d'exprimer « ok, ça, ça me va » ou « ça, non » . L'ego, il nous permet de pouvoir faire des choix, et comme j'exprimais juste avant, de nous positionner dans le monde. par rapport à notre vécu. Sans égo, en vrai de vrai, il n'y a pas d'expérience humaine incarnée. On ne peut pas vivre, on ne peut pas aimer, on ne peut pas créer, on ne peut pas s'engager ou se relier aux autres. sans une forme d'ego. Donc, vouloir supprimer l'ego ou prétendre ne plus en avoir, c'est clairement la plus grosse des illusions qu'on peut vivre. La vraie question n'est pas donc comment m'en débarrasser, mais plutôt, est-ce que je suis conscient de la manière ? dont mon égo s'exprime. Là où ça devient problématique, c'est quand l'égo n'est pas reconnu, il n'est pas vu et il n'est pas assumé. Ceux qui ne veulent pas accepter leur égo, donc leur vécu, donc leur émotion et tout ce qui s'ensuit, tout ce qu'on vient d'exprimer juste avant, la personne cherche d'autres chemins pour exister et très souvent, même si ce n'est pas uniquement ça, ces chemins, ils passent par la spiritualité. L'ego spirituel, c'est penser qu'on a la vérité vraie. Par rapport à quoi ? Par rapport à qui ? Dans quelle situation ? Si je parle de toi, oui, d'accord, il n'y a pas de souci. En effet, c'est ta vérité vraie. Pas quelqu'un qui est dans un ego spirituel ou un ego démesuré va peut-être avoir même tendance à clairement exprimer. Le « tu sais, moi, je n'ai plus d'ego, j'ai mis mon ego de côté, je suis au-delà de ça, moi, je ne fonctionne plus comme les autres, comme la société. » Mais en fait, de dire que tu n'as pas d'ego, est-ce que ce n'est pas déjà de l'ego en vrai ? Qu'est-ce qui fait que tu restes incarné alors ? Derrière ces phrases, il y a souvent en vrai un besoin très humain d'être reconnu. Après, ce n'est pas forcément de la malveillance, mais en vrai, souvent, c'est un manque de conscience et de confiance. Le problème, ce n'est pas d'avoir un égo. Le problème, c'est quand cet égo devient une autorité, quand il vient nous diriger pleinement, tu vois. C'est quand il prend le pouvoir dans la relation à l'autre, tu vois. l'ego selon moi devient démesuré à partir du moment où tu le fais subir aux autres et à partir du moment où cet ego vient te gérer dans tes émotions donc on a tous un ego on est incarné, heureusement qu'on a un ego maintenant le tout c'est de savoir l'étudier et faire en sorte qu'il ne nous gère pas et il ne gère pas les autres c'est quand même important qu'un thérapeute suive aussi une thérapie ou en tout cas il fait un Merci. un travail profond, parce qu'il sera forcément confronté à des situations qui vont lui rappeler son propre vécu. Donc il ne peut pas se laisser surpasser par son égo, parce que ça va le mettre forcément en alerte, en fait. Donc si ça ne s'est pas géré, il va très vite basculer de façon inconsciente par cet égo démesuré qui va prendre le dessus, donc qui va vouloir... Très régulièrement par bienveillance. Éviter que son expérience de vie soit subie par l'autre. En fait, ce n'est pas une évidence. Là-dedans, la maturité, ce n'est pas de nier l'ego, c'est de le reconnaître en vrai. C'est de voir quand il parle. C'est de voir quand il prend trop de place. Alors, j'ai vraiment beaucoup de mal avec cette idée qu'il faudrait aller bien tout le temps. Présenter, tu vois, comme ça, ça peut même presque sembler inspirant, mais dans la réalité des faits, ça peut devenir assez violent, en fait. Parce que d'écouter ce truc de « Ouais, mais de toute façon, eh ! » C'est la loi de l'attraction. Donc, tant que tu verras négatif, il ne t'arrivera que de la merde. Mais c'est hyper culpabilisateur. Ça ne laisse aucune place à ce qui fait partie intégrante de l'expérience humaine. Tu vois, ça ne laisse pas de place à la tristesse, à la colère, à la peur, à l'agacement, à la fatigue. Au fait d'être découragée, ça ne laisse pas de place aux doutes. Ces émotions dites négatives, elles nous murmurent des choses. Elles sont là pour nous dire qu'il y a des limites qui n'ont pas été respectées, qu'il y a un besoin qui a été complètement ignoré et qu'il y a quelque chose qui ne nous convient plus. Si je suis dans le déni de ces émotions, je ne peux pas me choisir parce qu'au final, je suis dans un costume constant. Ça m'agace un petit peu. Et dans certains chemins spirituels ou de développement personnel, on apprend à les faire taire au nom du positif. Et en fait, moi, ce que j'observe aussi, c'est que dans cette dynamique, ça peut conduire à une vraie perte d'identité. C'est comme si ce mouvement de positive attitude constante, au lieu de venir t'accompagner, dans ta rencontre profonde, il était là pour enfermer les personnes dans un rôle. La spiritualité, la thérapie, le développement personnel, ils ne sont pas censés nous anesthésier. Collaborer avec elle et pour le coup, t'améliorer. Ce n'est pas être dans le déni de ces parts-là qui va te faire t'améliorer. Ça va te faire être dans un déni constant et au final, tu ne le régleras jamais ça. Un chemin juste, c'est un chemin qui nous ramène à nous-mêmes où on s'autorise. enfin à être pleinement soi, avec sa lumière, avec son ombre, sans chercher du coup à corriger ce qui dérange aux yeux des autres. Quand on est en souffrance, quand on est perdu et qu'on a envie d'aller mieux, on a envie que ce soit rapide, parce que c'est difficile d'être confronté justement à… surtout quand tu as été… dans une illusion pendant un certain temps et que du coup, tout d'un coup, tu te fais envahir par ces émotions qui ne sont pas parties, selon toi, de ton identité, on a envie d'aller bien. On a envie de se retrouver. Donc, je peux comprendre qu'on ait aussi envie, tu vois, de se laisser aller à quelque chose de brutal, rapide, soudain. Promettre une transformation rapide, c'est selon moi, entretenir une illusion. Déjà l'illusion que quelqu'un d'autre détient un pouvoir sur notre vie et sur nos décisions. L'illusion qu'il existe une solution extérieure qui va tout régler. C'est une forme de « j'ai la vérité vraie » . Cette croyance de de dire que la transformation sera rapide, c'est mine de rien, ça peut aussi devenir très culpabilisateur et ça peut aussi en créer un putain de manque de confiance. Parce que si la personne derrière, elle ne sent pas que la transformation se fait de façon rapide, en fait, elle peut se sentir pas capable. Tu vois ? elle peut se sentir nulle, clairement, tu vois. Donc, par cette promesse, si cette promesse n'est pas tenue, si tu es face à quelqu'un, tu vois, qui se dit « Ouais, mais moi, grâce à ça, j'ai sauvé 2000 personnes. Ah ouais, moi, je n'y arrive pas, mais en vrai, je suis vraiment une merde, quoi. » C'est un vrai chemin de transformation. selon le rythme de chacun. Il y a des personnes qui passent très très vite à l'action parce que ça leur semble évident, mais il y en a d'autres où en fait il va falloir, mais chaque étape doit être conscientisée, analysée, intégrée, avant d'aller faire un pas de plus. Quand un thérapeute arrive pour te dire « Moi, en trois séances, c'est bon, c'est réglé, mais tu te rends compte qu'en trois séances, c'est pas réglé, plutôt que d'aller vers ton accompagnement, à aller vers cette... Cette positivité excessive, ça vient amplifier ce truc où je suis une merde et que je ne suis pas capable. Un chemin vers soi-même, il est inconfortable parce que tu n'as pas appris. Donc, ça n'est pas un raisonnement logique. Tu te crées au travers de tes expériences de vie en lien à l'autre parce que quand tu nais, tu es dépendant de l'autre. Donc tu te crées dans ta création de base, dans ton disque dur de base, tu te crées en fonction de ce que tu entends, de ce qu'on te dit, de ce que tu vois, de ce que tu expérimentes, en fonction de l'autre. Donc déjà, à la base, on ne t'apprend pas à te choisir et à fonctionner en fonction de toi-même. Donc c'est là où c'est un inconfort. Donc, en effet, s'il y a zéro inconfort, selon moi, c'est pas… Tu vois, ça me paraît… Ouais, j'ai envie de dire bizarre. Au tout début de ton travail intérieur, c'est très souvent inconfortable parce que c'est nouveau. Comme j'ai exprimé juste avant, tu n'as pas appris à être à l'écoute de ton ressenti propre. Cela dit… ce n'est pas complètement inconfortable toute ta vie. Au plus tu vas être dans cette analyse de tes émotions, de ton égo, de ce qui te met dans une vibration basse, au plus tu vas comprendre ton fonctionnement et plutôt que de te laisser gérer par ces émotions basses, tu vas justement les utiliser pour faire différemment. Donc au début, c'est compliqué parce que tu ne connais pas ton process propre. Mais au bout d'un moment, ça devient plus simple et beaucoup moins inconfortable, même si l'émotion, tu la vis. Mais derrière, tu sais que ça va te donner une crise supplémentaire. Ne pas vouloir aller trop vite, c'est aussi parfois vouloir éviter de ressentir. Voilà, donc c'est éviter de fuir, c'est éviter de traverser, c'est éviter d'intégrer. Je trouve que certains discours spirituels ou thérapeutiques viennent entretenir cette forme de déni. comme si évoluer devait forcément être rapide, fluide, lumineux, évident. L'accompagnement juste, en fait, il ne promet pas des miracles. Il accompagne dans un processus et surtout, il respecte le temps nécessaire à l'autre. Il ne se place jamais comme le maître de la transformation de l'autre parce qu'au final, ce pouvoir-là… Il n'appartient qu'à la personne en face. Alors là, on arrive sur un sujet qui est clairement problématique. Je pense que je vais aller loin dans mes propos, mais ce n'est pas grave, j'y vais quand même. Aujourd'hui, il n'y a tellement pas de règles légales dans ce genre de courant thérapeutique, développement personnel, spirituel. Il n'y a pas de cadre réel, légal. Donc, ça peut être une voie de garage. On est face à un courant qui… Je reste sur ma position propre, sur ma vérité à moi. Selon moi, l'accompagnement, c'est une voie du cœur. Oui, mais il faut que tu viennes me voir toutes les semaines pendant au moins une année entière, sinon tu n'iras pas mieux. En fait, ça peut en effet être le cas, mais comme ça peut ne pas être le cas. Après, il y a d'autres accompagnements qui sont très réglementés et où en effet, pour qu'il y ait un réel bénéfice, il faut que la personne vienne de façon régulière. À partir du moment où ça devient imposé, il n'y a plus de... La personne ne se choisit plus. Donc, quand la souffrance, la peur, la perte de repère sont utilisées de façon consciente pour créer de la dépendance de l'attachement ou du pouvoir, en fait, ça me fait vomir, clairement. Et tu vois, on peut en revenir d'ailleurs à ce truc de voyance, tu vois, où... La personne qui est en face, elle est là, elle est en attente de réponses claires. Tu crées une dépendance. Ça devient malveillant et problématique à partir du moment où tu viens utiliser les doutes, les peurs, la détresse des gens à ton avantage. L'abus, il commence aussi. En fait, pour moi, l'abus commence quand on entretient la peur, quand on vient dramatiser, quand on fait croire à des dangers permanents. L'abus, c'est aussi quand l'argent devient un moteur principal. À partir du moment où tu accompagnes, le but de cet accompagnement, justement, il vise l'autonomie. On peut vraiment mesurer l'éthique d'un accompagnant, C à 7 capacité à rendre l'autre libre plutôt qu'attaché et à sa capacité à soutenir un passage puis à se retirer je trouve ça quand même beau un accompagnant qui sait dire à une personne en face de lui ça y est j'ai fait mon taf, vous n'avez plus besoin de moi « ça y est, le travail est fait de mon côté, je n'ai rien à vous apporter de plus » , c'est aussi être conscient que la personne ne peut pas être dépendante de toi. À partir du moment où la spiritualité, la thérapie, le développement personnel deviennent des espaces où on profite de la détresse humaine, où on sort… complètement de quelque chose de juste et qui vise l'autonomie de votre personne en face, c'est précisément là où ça devient une dérive. Et c'est ça que j'avais besoin de nommer en ce qui concerne tout ça, mais il va falloir arrêter de jouer avec la vie humaine, parce que Quand on est dans l'accompagnement, le but, ce n'est pas de jouer avec la détresse des gens, tu vois, pour se remplir les poches. En fait, ça porte bien son nom. Tu accompagnes, tu ne sauves pas, tu ne rends pas dépendant.