Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. Ça vous est déjà arrivé de douter de vous alors que vous veniez de réussir quelque chose de vraiment chouette ? Peut-être même qu'on vous a fait des compliments ? Mais vous avez quand même ce sentiment d'être en décalage entre ce que vous montrez aux autres et ce que vous ressentez ? Vous savez, vous avez cette petite voix intérieure qui vous dit « t'es pas légitime, tu vas te faire griller » . Eh bien si c'est le cas, je vous rassure, vous n'êtes pas seul, évidemment. Et surtout, c'est quelque chose de très fréquent, beaucoup plus que ce qu'on pense dans le monde professionnel. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet central, fondamental même, qui est l'estime de soi. Ce petit truc invisible qui peut littéralement booster votre carrière ou alors saboter votre quotidien sans que personne autour de vous ne s'en rende compte. Parce que l'estime de soi, ce n'est pas juste de la confiance en soi ou de la fierté, c'est la racine de tout ça, le cœur du moteur. Et ce que je vous propose dans cet épisode aujourd'hui, c'est de voir ensemble évidemment ce que c'est l'estime de soi, pourquoi c'est aussi important au travail, comment ça se manifeste, et vous allez le voir, c'est souvent en douce, et surtout bien sûr, comment on peut la cultiver chaque jour avec des outils simples, concrets et accessibles. Alors c'est parti ! Alors déjà, c'est quoi au juste l'estime de soi ? Parce que ce qu'il faut clarifier, c'est que ce n'est pas du tout la même chose que la confiance en soi, et souvent on les confond. Déjà, ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas un espèce de bonus de développement personnel pour les week-ends pluvieux sous la couette. C'est vraiment un pilier de la personnalité. Et c'est aussi souvent très mal compris. Donc, clarifions déjà ce que c'est. Déjà, la confiance en soi, c'est le fait de se sentir capable de faire quelque chose. C'est, par exemple... je me sens à l'aise pour animer une réunion. Je sais que je peux gérer un projet. Je suis bon, par exemple, je ne sais pas moi, en Excel. Ce n'est pas mon cas, mais admettons. C'est lié à des compétences. Donc la confiance en soi, c'est savoir que je peux faire quelque chose, j'en suis capable. Ce sont des compétences et ça varie vraiment en fonction des situations. L'estime de soi, c'est beaucoup plus global. C'est... Je pense que je vaux quelque chose, que je suis digne d'intérêt par exemple, de respect, que ma valeur ne dépend pas uniquement de mes performances. Si on prend un exemple, imaginons une personne qui fait de super présentations en réunion. Il est vraiment clair, structuré, charismatique et objectivement, quand on regarde comme ça, il assure. Donc il a confiance en lui dans ce contexte. Mais s'il sort de réunion et il passe la soirée à ruminer parce qu'il a, je ne sais pas moi, bafouillé une phrase ou alors il a oublié un détail, s'il se dit « j'ai juste eu de la chance, ils vont se rendre compte que je suis une fraude » , alors là, c'est son estime de soi qui est fragilisée. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant. On peut avoir l'air très sûr de soi et se sentir pas confiant et se sentir un peu vide à l'intérieur. Parce que l'estime de soi, ce n'est pas ce qu'on montre, c'est ce qu'on ressent quand personne ne nous regarde. Alors, pourquoi c'est important tout ça au travail ? Eh bien, tout simplement parce que l'environnement professionnel, c'est un vrai test permanent. On a des évaluations, des deadlines, on est sous pression permanente, on reçoit des feedbacks normalement, on se compare aux autres. Et si votre estime de vous-même est bancale, eh bien, tout ça devient des assauts. Si elle est solide, par contre, ça devient juste normal, c'est la vie. Et cette estime, elle ne se répare pas avec des to-do list ou avec des slogans. Elle se construit au fur et à mesure. Travailler l'estime de soi, c'est un vrai apprentissage personnel. Un peu chaque jour. Et la bonne nouvelle, c'est que c'est entre vos mains. Et on va voir comment aujourd'hui. Parce qu'une mauvaise estime de soi, ça peut vraiment saboter une carrière sans faire de bruit. Ça ne se manifeste pas par exemple par des crises de panique ou des démissions fracassantes, ce genre de choses. C'est beaucoup plus sournois que ça. C'est par exemple cette hésitation à prendre la parole quand vous êtes en réunion. Ce « non mais ce que je veux dire c'est… » « évidemment, non mais ça ne sert à rien, c'est bon » . C'est le fait de bosser comme un fou sur un projet et de laisser peut-être quelqu'un d'autre le présenter. Ou de ne pas postuler à une promotion parce que je ne coche pas 100% des cases. Vous voyez le genre ? C'est aussi cette manière de toujours demander validation aux autres, de douter de ses décisions, de se suradapter aux attentes. Et tout ça, sur du long terme, et bien ça roule. Et au travail, on voit des personnes vraiment brillantes qui s'éteignent tout doucement, qui se censurent, qui passent à côté d'opportunités. Tout ça parce qu'ils pensent qu'ils ne sont pas assez. Et le plus ironique dans tout ça, c'est que personne autour ne le voit forcément. Parce que tu donnes le change, parce que tu es compétent, parce que tu fais le job. Mais en réalité, à l'intérieur, tu t'épuises. Notre ennemi, c'est le syndrome de l'imposteur. Alors lui, c'est clair, on le connaît bien. Il débarque souvent quand on évolue dans nos situations professionnelles, quand on change de boîte, quand on nous confie plus de responsabilités, ou même parfois sans aucune raison apparente. On peut être en CDI depuis 10 ans, avoir une expertise béton des résultats reconnus, et pourtant, on continue de penser qu'on est là par hasard, qu'on a juste bien réussi à se vendre, même qu'on a eu de la chance. Il y a plein de gens qui pensent ça. Et ce sentiment, il ne part pas avec les compliments, au contraire. Parfois, plus on nous félicite, plus on panique. Parce qu'on se dit, et s'ils s'attendent à encore mieux la prochaine fois ? Et s'ils se rendent compte que j'ai juste bluffé jusqu'à maintenant ? Et tout ça, c'est usant. Parce qu'on est toujours sur le fil. On a l'impression de devoir prouver notre valeur tous les jours, de justifier notre présence. Et ça, c'est exactement ce que l'estime de soi en bonne santé contrebalance. Donc, on n'a pas besoin de mériter notre place chaque matin, on l'a, point. Et on passe notre temps à se comparer aux autres, de manière permanente, insidieuse. Parfois, c'est totalement inconscient, c'est un réflexe humain, ok ? Sauf qu'aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, les dashboards de performance au travail, les classements internes, et bien c'est devenu comme un espèce de sport. à plein temps et tout ça et bien c'est une machine à bousiller l'estime de soi on voit chez les autres leurs promotions leurs photos linkedin fière d'avoir je sais pas quoi leur aura leur prestance en réunion mais en réalité ce qu'on voit chez eux c'est que du montage c'est l'espèce de best of à lire que nous on se compare à la version brute alors la prochaine fois que vous vous sentez peut-être moins bien Posez-vous la question, est-ce que là, je suis vraiment en train de me comparer à des réalités, ou alors c'est que des illusions ? Et surtout, est-ce que cette comparaison, elle m'aide, elle me booste peut-être ? Bon, ça peut. Ou alors, est-ce qu'elle me plombe ? En réalité, je vous assure, 9 fois sur 10, eh bien, ça vous plombe. Alors, vu qu'on passe notre temps à se comparer aux autres, qu'est-ce qui fait en fait l'estime de soi ? Eh bien, c'est la reconnaissance. C'est le carburant vraiment de l'estime de soi. Elle se construit aussi dans le regard de l'autre. Et en entreprise, on a parfois un vrai souci, parce que, on va être honnête, on dit rarement quand c'est bien. On souligne les erreurs, ça on sait faire évidemment, mais on oublie très souvent de valoriser ce qui fonctionne et ce qui marche. Du coup, si on n'a pas un minimum d'estime interne, on risque de l'éteindre. ou d'être en attente permanente d'un merci, d'un retour, d'un signal qu'on fait les choses bien. La clé donc pour développer l'estime de soi, c'est d'aller chercher de la reconnaissance, aller chercher des retours. Pas un « ouais super, t'as fait le taf » , lâché entre deux portes, mais un vrai feedback. Demandez « qu'est-ce que j'ai bien géré dans ce dossier ? » « Qu'est-ce qui t'a semblé utile dans ma présentation ? » Oser aller chercher des feedbacks précis sur ce que vous faites. Et... Peut-être que vous êtes manager, dans ce cas-là, c'est encore plus important pour vous de comprendre ça. Il faut apprendre à nommer les réussites, à célébrer les avancées, même petites, chez vos collaborateurs. Donc vraiment, un conseil très important, c'est d'aller faire du feedback positif, une habitude et pas une exception. Ça ne doit pas être du luxe, vraiment ça doit devenir quelque chose de tout à fait normal dans le quotidien pour développer l'estime de soi. Parce que quand on manque de reconnaissance, c'est notre petite voix intérieure qui va prendre le dessus, et celle-là, elle peut être ultra cassante. Tu n'as pas été clair. Tu n'as absolument rien apporté à cette réunion. Tu parles toujours trop lentement, ou trop vite, ou pas assez fort. Tu n'aurais pas dû dire ça. Mais pourquoi tu es comme ça ? Stop, vraiment, à toutes ces petites phrases intérieures. Parce qu'à force, ce discours interne, il devient dans notre cerveau une réalité. Il s'ancre et il sabote doucement, insidieusement, notre estime de nous. Alors, voilà une piste simple. Commencez à écouter cette petite voix. Évidemment, pas pour la croire, mais pour la repérer. Notez qu'elle est là. Et dès que vous entendez cette petite voix intérieure qui vous dit une phrase cassante, posez-vous la question, est-ce que vraiment je parlerais comme ça à quelqu'un que je respecte ? Si je devais faire un feedback à quelqu'un qui aurait fait exactement la même chose que moi, est-ce que je lui dirais ça ? Et si la réponse est non, alors changez de ton. Essayez peut-être de reformuler tout ça. Ok, c'était peut-être imparfait, mais j'ai osé. C'était peut-être pas suffisamment fluide, mais j'ai fait passer mon allié. J'ai encore des progrès à faire, ok, mais je suis sur le chemin. Parlez-vous comme à un allié, parce que franchement, c'est ce que vous êtes censé être pour vous-même. Pour nourrir l'estime de soi, ce qui compte, c'est déjà de repérer les micro-victoires et de les fêter. Parce que souvent, on a tendance à attendre les grands moments pour se sentir fier de nous. Une promotion peut-être, un mail de félicitation, un nouveau titre LinkedIn qu'on pourrait mettre fièrement. Mais en vrai, déjà ce genre de moment, ce n'est pas tous les jours. Et en fait, l'estime de soi, elle se construit ailleurs, complètement ailleurs, dans les petits gestes, dans les petites victoires. dans celles qu'on oublie, qu'on balaye, qu'on juge normales. Et pourtant, si vous avez pris la parole, même quand votre cœur battait, c'est une victoire. Si vous avez osé poser une question, c'est une victoire. Si vous avez recadré une demande floue sans vous excuser, c'est aussi une victoire. Si peut-être aussi vous avez fermé votre ordinateur à 18h30 parce qu'il fallait aller chercher les enfants au lieu de finir un dossier, et bien c'est aussi une victoire. Ce sont ces petits gestes-là qui vous construisent. Parce qu'ils disent « je compte, je mérite, je prends ma place » . Et plus vous allez les remarquer, plus vous allez les multiplier. Alors, je vous propose un petit rituel pour commencer. Chaque soir, notez une chose dont vous pouvez être fier dans votre journée. Rien qu'une seule chose, pas besoin que ce soit impressionnant, mais une petite victoire. Et en une semaine, vous verrez, faites le point, votre posture va déjà commencer à bouger, probablement. Un autre élément qui va nourrir l'estime de soi, c'est aussi de savoir s'entourer des bonnes personnes et surtout de filtrer les autres. Ça peut paraître bizarre dit comme ça, mais notre environnement professionnel, ce n'est pas neutre du tout. Il nous influence, il nous modèle, il renforce ou alors il nous écrase. Alors posez-vous cette question, qui autour de moi me fait me sentir plus fort, plus solide ? et qui au contraire, peut-être me grignote de l'intérieur. Je ne parle pas forcément de ces personnes toxiques au sens cliché fort du terme, mais parfois, il y a des gens qui nous rabaissent doucement, qui minimisent ce qu'on fait, qui ne prennent jamais le temps de donner. Ou alors des collègues ultra performants, mais qui vous renvoient sans arrêt l'image de ce que vous n'êtes pas. Là, évidemment, il ne s'agit pas forcément de couper les ponts brutalement comme ça, mais peut-être de rééquilibrer les choses, de chercher des relations plus nourrissantes, celles où vous allez être écouté, soutenu et reconnu. Et si je vous demandais là tout de suite, quelles sont vos trois grandes forces professionnelles ? Vous répondez quoi ? À cette question, beaucoup de personnes hésitent, bafouillent, cherchent, trouvent que ce qu'elles font, c'est normal. C'est normal de faire ça parce que nos forces, souvent, elles sont tellement naturelles qu'en réalité, on ne les voit même plus. Alors, un exercice très important à faire, je crois que je vous l'ai déjà suggéré dans plusieurs épisodes ici, mais vraiment faites-le, encore une fois peut-être, ça va être de demander à trois personnes autour de vous, peut-être des collègues ou des anciens managers ou des amis, qu'est-ce que chez moi tu trouves fort, utile ou inspirant dans ma manière de travailler ? Vous verrez, les réponses, ça va vous faire un bien fou. Et souvent même, ça va vous surprendre, parce que les autres voient en vous des forces qui vous paraissent peut-être tout à fait banales, alors que ça ne l'est pas. L'estime de soi, c'est un vrai travail de fond, mais un travail qui change tout. Il en vaut vraiment la peine, je vous assure. Parce que quand l'estime de vous tient debout, tout le reste suit. Vous osez plus, vous vous tenez différemment, vous sortez de la pensée du toujours plus pour rentrer dans la pensée de ce qui compte. Pour mon challenge cette semaine, je vous propose un exercice très simple, dont on a déjà parlé tout à l'heure. C'est celui de noter chaque soir une chose dont vous êtes fier. Une action que vous avez faite, un mot, un geste. Et faites le point à la fin de la semaine, vous verrez certainement déjà la différence. Si cet épisode vous a aidé, bien sûr partagez-le autour de vous à un collègue, un ami, quelqu'un qui a peut-être besoin comme vous d'un petit rappel que sa valeur ne dépend pas de ses performances. Et n'oubliez pas aussi de vous abonner au podcast si ce n'est pas déjà fait et de me laisser un avis 5 étoiles et un commentaire sympa si vous m'écoutez sur Apple Podcast, ça m'aide énormément à me faire connaître. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous donner rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !