Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. « Je suis stressée » . « Je suis stressée » , c'est sans doute l'une des phrases les plus prononcées au travail aujourd'hui. On est stressé par une présentation qu'on doit faire, stressé par un comité auquel on doit assister, par un échange difficile ou même par un objectif peut-être un peu trop ambitieux. Mais si je vous demande, d'accord, mais précisément, de quoi s'agit-il ? Là, il va y avoir un flottement, parce que « stress » , c'est devenu un mot-valise. un mot pratique, un mot rapide, socialement acceptable, sauf que c'est un mot flou. Et en entreprise, le flou est rarement neutre. Il influence les décisions, nos comportements, et bien sûr donc la qualité de nos relations. Aujourd'hui, je vais vous proposer de travailler une compétence pour moi vraiment essentielle, c'est la capacité à identifier précisément ce que vous ressentez. Parce qu'une émotion mal identifiée, elle va continuer d'agir, Mais en silence, et ça, ça ne va pas. Commençons par être honnête. Si identifier nos émotions était si simple, on le ferait évidemment naturellement. Mais ce n'est pas le cas. La première raison est culturelle. Dans la plupart des environnements professionnels, on nous apprend à aller vite, à résoudre des problèmes, à prendre des décisions, à optimiser notre temps. Mais rarement à ralentir pour se demander « qu'est-ce qui se passe en moi, là, maintenant ? » La deuxième raison, elle est cognitive, parce que notre cerveau adore les raccourcis. Alors plutôt que de reconnaître « je me sens mis en difficulté » , il préfère conclure « ce projet est mal structuré » . Ou plutôt qu'admettre « je me sens moins légitime que mon interlocuteur » , il préfère penser « ce qu'il est arrogant ce gars » . L'interprétation nous protège alors que l'émotion nous expose. et nous on va choisir souvent et bien un peu la protection, c'est beaucoup plus facile. Pour réussir à bien identifier nos émotions, il faut déjà comprendre les mécanismes qui nous induisent en erreur. Le premier, c'est le fait de confondre émotions et pensées. On va prendre un exemple très simple. Imaginons, vous recevez un mail un peu sec. Votre première réaction, ça va être « il manque de respect » . C'est une pensée, une conclusion et donc une interprétation. L'émotion, elle, elle va se situer juste avant ça, juste avant cette pensée que vous avez. Ce sera peut-être de l'irritation, une légère blessure, parce que vous aimeriez être considéré avec un petit peu plus de sentiments, ou un sentiment d'injustice peut-être, ou aussi une crainte d'être dévalorisé. Et tant que vous restez au niveau de la pensée, vous allez réagir vers l'extérieur. Quand vous apprenez à identifier votre émotion, là... vous revenez vers vous et ça va complètement changer votre réponse. On confond aussi très souvent émotions et jugements. Imaginons que vous sortez de réunion avec vos collègues et vous discutez entre vous. Cette réunion était encore une fois totalement inutile. Ça, c'est un jugement. Derrière ça, il y a peut-être de la frustration, de l'ennui, de la lassitude ou ou alors le sentiment que votre temps n'était pas respecté. Ce jugement que vous portez en pensant que la réunion était inutile, il masque en réalité votre émotion. Et tant qu'elle reste masquée, elle va continuer d'agir en silence. Enfin, on confond aussi émotion et comportement. Vous sortez d'un échange un petit peu tendu, un petit peu compliqué. Vous vous dites « j'ai mal réagi » . Oui, peut-être. Mais en réalité, qu'est-ce qui a déclenché cette réaction ? La peur d'être contredit ? La sensation de perdre la face ? Le besoin qu'on a d'avoir raison ? Si vous sautez directement au comportement, vous passez à côté de la source et donc ça va se répéter. Identifier nos émotions, c'est aussi être précis dans ce qu'on ressent pour changer de posture. Imaginons par exemple que vous devez intervenir en réunion, une réunion importante. Vous pouvez par exemple penser « je suis stressé par cette prise de parole » ou alors « j'ai peur d'être jugé comme incompétent » . Dans le premier cas, je suis stressée par cette prise de parole, c'est assez flou encore. Dans le second, si vous vous dites « j'ai peur d'être jugée comme incompétente » , l'enjeu devient clair, c'est l'incompétence ou la compétence. Et quand l'enjeu est clair, les options deviennent beaucoup plus visibles. Vous pouvez dans ce cas aller demander un feedback complet à quelqu'un, ajuster peut-être votre préparation, reformuler votre message pour qu'il soit plus clair, et travailler votre posture. Plus vous êtes précis, plus ça va vous ouvrir des portes vers les leviers. Je trouve toujours assez bizarre de constater qu'en entreprise, on n'aime pas parler des émotions alors qu'en réalité, elles sont particulièrement présentes en entreprise. Prenez la frustration. Elle apparaît quand un effort n'est pas reconnu, quand une décision est prise sans explication ou quand un besoin n'est pas entendu. Et si la frustration n'est pas identifiée, elle va devenir du cynisme. du retrait, du sarcasme et un désengagement progressif. La peur, elle va apparaître dans le fait d'avoir peur de ne pas être à la hauteur, de perdre en crédibilité, de faire une erreur, de décevoir. Et si on n'identifie pas ça chez un collaborateur, elle va se transformer en surcontrôle, en rigidité expressive, en micromanagement et en évitement des sujets sensibles. La colère est souvent liée à une injustice perçue ou à un manque de respect. Non identifiée, elle va se manifester par un ton sec, des décisions abruptes et une tension diffuse dans l'équipe. Et la lassitude, qui est un vrai signal de surcharge chronique, si on ne l'identifie pas, elle va devenir de l'inertie, du désengagement et de la perte d'initiative. Donc vous voyez, chaque émotion contient en réalité une vraie information. Mais uniquement si vous écoutez avec précision les signaux. Si on fait un raccourci, on pourrait penser qu'identifier nos émotions, ça relève du développement personnel. Alors que non, ce n'est pas du tout le cas. La précision émotionnelle va influencer directement la qualité des décisions, la stabilité des relations, notre capacité à écouter, la gestion des conflits, ou même notre posture. Parce qu'un manager qui est capable de dire « je suis frustré par la situation, mais je veux comprendre ce qu'il en est » , eh bien ça change immédiatement. le climat dans l'équipe. Un collaborateur qui sait reconnaître « je suis inquiet par rapport à cet objectif » , eh bien ça ouvre un dialogue constructif. Et quand vous nommez une émotion, vous verrez qu'elle perd tout de suite en intensité, elle devient tout d'un coup plus stable, elle cesse d'être diffuse. Évidemment, vous ne la supprimez pas, ce n'est pas l'idée, ce n'est pas l'objectif du tout, mais vous reprenez une part de contrôle. Et cette étape est incontournable avant toute régulation. Et maintenant, place à la pratique. Pour le challenge de la semaine, je vous propose une méthode très simple pour identifier vos émotions. Pendant les 7 prochains jours, choisissez une situation par jour où vous sentez une émotion émerger. Ce n'est pas nécessairement une crise ou un conflit, mais tout simplement un moment où vous sentez un léger décalage intérieur. Prenez une minute et posez-vous 3 questions. quelle est l'émotion la plus probable ici ? à quel moment précis est-ce qu'elle est apparue ? et qu'est-ce qu'elle me pousse à faire ? est-ce qu'elle me pousse à me taire, à me justifier, à reporter quelque chose, à couper court ? posez-vous simplement les questions, ne cherchez pas à corriger ou à améliorer quoi que ce soit l'idée ici c'est juste d'observer A la fin de la semaine, regardez s'il y a des schémas récurrents dans vos émotions. Est-ce que vous ressentez toujours le même type d'émotion ? Est-ce qu'il y a toujours le même type de déclencheur ou le même type de réaction ? C'est souvent par là que commence le véritable travail. Dans le prochain épisode, on verra comment réguler ces émotions. Parce qu'apprendre à les identifier, c'est une étape importante, et les réguler en est une autre. Cet épisode est déjà terminé. Merci beaucoup d'avoir été avec moi aujourd'hui. S'il vous a été utile, pensez à vous abonner à Factor X pour ne pas manquer la suite de la série. Quant à moi, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !