Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. Je trouve qu'il y a quelque chose d'assez étrange dans notre rapport au bien-être. On vit dans une époque où on n'a jamais eu autant d'outils censés nous aider à aller mieux. Des applications, on utilise des routines, des méthodes, on écoute des podcasts, on suit des conseils, des protocoles. Et pourtant, pourtant, beaucoup de personnes se sentent épuisées. Et pas uniquement par leur quotidien, parfois aussi par tout ce qu'ils pensent devoir mettre en place pour mieux gérer. Mieux dormir, faire du sport, méditer. Réduire les écrans, tenir peut-être un journal, mieux manger, optimiser son énergie. Et je trouve ce sujet intéressant parce qu'il raconte vraiment quelque chose de plus profond à mon sens. Même notre repos commence à être contaminé par une logique de performance, comme s'il existait une bonne façon de récupérer, une bonne façon de gérer son stress, une bonne façon de prendre soin de soi. Et si vous n'y arrivez pas, eh bien le problème semble venir de vous. de votre manque de discipline, de votre manque de constance, de votre incapacité à tenir. Et c'est précisément de ce piège dont j'ai envie de parler aujourd'hui. Je crois qu'on a progressivement déplacé quelque chose. Parce que prendre soin de soi était censé être un espace de respiration, un endroit où on récupère, où on ralentit. Et pourtant, pour beaucoup aujourd'hui, cet espace ressemble de plus en plus à un nouveau terrain de performance. Comme s'il fallait... aussi bien réussir son repos, bien réussir son équilibre, bien réussir sa récupération. Et ça crée une situation complètement absurde, parce que quelqu'un qui se sent déjà débordé ne cherche pas forcément une nouvelle méthode, il cherche souvent juste de l'air. Mais ce qu'on lui propose très souvent, c'est une nouvelle structure, une nouvelle habitude, un nouveau système. Alors parfois bien sûr ça aide, mais parfois... Ça ajoute tout simplement une nouvelle couche de complexité à une vie qui en contenait déjà énormément. Parce que soyons nets, quand votre cerveau tourne déjà à plein régime, ajouter une nouvelle routine, ce n'est pas toujours un soulagement. Ça peut juste devenir une tâche en plus. Je dois penser à méditer. Je dois penser à faire du sport. Je dois penser à mieux dormir. Je dois penser à préparer mes repas. À partir de quel moment prendre soin de soi ? est devenu un dossier à piloter. C'est cette question en fait qui me travaille. Parce que derrière l'intention positive, il y a parfois une logique beaucoup moins douce, celle de l'optimisation permanente. Et le mécanisme est assez pervers. D'abord, on a la première couche, celle de la fatigue, la vraie. Notre quotidien, nos responsabilités, les urgences, tous ces messages, les décisions qu'on doit prendre, tout ce bruit mental. Jusque là, vous allez me dire, rien de bien mystérieux. Et puis arrive la deuxième couche. Et celle-ci, elle est souvent beaucoup plus insidieuse. C'est celle de la culpabilité. Cette sensation de mal faire. Ce sentiment d'être nul pour gérer son stress. Parce que quand on est fatigué aujourd'hui, en fait, on n'est pas juste fatigué. On est aussi exposé à une infinité de contenus qui nous expliquent comment aller mieux. Et donc, mécaniquement, cette idée s'installe. Si les solutions existent, alors... pourquoi moi, j'y arrive pas ? Pourquoi est-ce que j'arrive pas à tenir ma routine ? Pourquoi est-ce que j'arrive pas à me discipliner ? Pourquoi je sais ce qu'il faudrait faire en théorie, mais j'y arrive pas ? Et là, le stress initial se transforme. C'est plus seulement une expérience, ça devient un jugement. Un jugement qu'on porte sur soi, sur sa discipline, sur sa capacité à gérer sa vie. Et c'est ça, la double peine mentale. Je suis déjà fatigué, vraiment. Et en plus, je me reproche ma fatigue. Le problème, évidemment, c'est pas l'outil. Le problème, c'est pas la méditation, ni le sport, ni les routines, ni même le développement personnel. Le problème, en fait, c'est ce qui se passe quand un outil devient une injonction. Prenons un exemple très simple, le sport. Objectivement, bouger, ça fait du bien, tout le monde le sait. Mais selon le contexte, ça peut représenter deux choses totalement différentes. On peut se dire que j'ai envie de marcher parce que ça me fait du bien, et là c'est ok. Et on peut se dire aussi, je dois faire du sport, sinon je suis incapable de prendre soin de moi correctement. C'est la même action, mais l'énergie est totalement différente. Donc ce qui compte, ce n'est pas l'outil en soi, c'est la relation qu'on va entretenir avec lui. Est-ce que cet outil me soutient ? Ou alors, est-ce qu'il crée une nouvelle norme à atteindre ? Et c'est là que beaucoup de choses basculent. Et je pense qu'en fait, on pose souvent le mauvais diagnostic. Parce que quand quelque chose ne fonctionne pas, la conclusion la plus immédiate, c'est de se dire « je manque de discipline » . C'est devenu presque un automatisme aujourd'hui. J'arrive pas à tenir ma routine, donc je manque de discipline. Je fais pas assez de sport, je manque de discipline. Je replonge dans mes mauvaises habitudes, c'est parce que je manque de discipline. Mais parfois, ce diagnostic est complètement faux. Le sujet en réalité c'est pas votre discipline, le sujet c'est peut-être le niveau de votre charge, votre niveau de fatigue, votre réalité logistique tout simplement, votre environnement, le moment de votre vie où vous vous imposez tout ça. Parce qu'on applique parfois des outils pensés dans un contexte stable, alors qu'on est dans une période qui ne l'est pas du tout. Une routine matinale, ça peut être vraiment génial, évidemment, si vous avez un peu d'espace mental, des horaires tout à fait prévisibles et une certaine stabilité. Mais si votre vie ressemble à une succession d'imprévus, de nuits courtes, de tensions ou de surcharges, eh bien cette fameuse routine du matin, parfaite, se devient vite une fiction. Et ce n'est pas vous le problème. C'est l'écart entre l'outil que vous utilisez et votre réalité. Donc toutes ces méthodes, elles ne sont pas forcément adaptées à tous les contextes. Ce n'est pas un échec de le reconnaître, c'est juste du discernement. Et je crois qu'au fond, le sujet doit être là. C'est qu'on a importé la logique de performance dans des espaces où elle n'a pas grand-chose à faire. On cherche à optimiser notre sommeil, on optimise notre concentration, on optimise notre énergie, notre alimentation, notre respiration. On optimise notre récupération. Même le repos devient un KPI. Et c'est fascinant. Parce qu'en apparence, tout ça, ça parle de bien-être. Mais sous la surface, on retrouve parfois exactement les mêmes réflexes que dans le travail. On mesure, on veut améliorer, on veut corriger, optimiser, performer. Comme si se sentir bien devait être une compétence. Et je pense que c'est là que beaucoup de personnes s'épuisent en fait. Parce qu'elle ne cherche pas à se sentir mieux, elle cherche à bien faire le mieux-être. Et ce n'est pas du tout la même chose. Donc le problème, ce n'est pas d'avoir envie de progresser, c'est quand chaque espace de vie devient un projet d'amélioration continue. Et à ce rythme-là, il n'y a plus vraiment d'endroit où se proposer en fait. Ce que je pense, c'est que toutes les fatigues ne se ressemblent pas. Et donc, toutes les fatigues ne demandent pas la même réponse. Elles ne se traitent pas avec les mêmes outils. Certaines fatigues vont demander du sommeil, d'autres de couper, une vraie coupure, d'autres encore d'avoir une conversation difficile qu'on n'a pas envie de mener, ou de poser une limite. Et certaines, elles demandent tout simplement d'arrêter de s'ajouter encore une exigence de plus. Parce que si ce qui vous épuise c'est un environnement toxique peut-être, une application de méditation ne suffira pas. Si ce qui vous épuise c'est votre incapacité à dire non, et bien Une meilleure organisation, ça ne réglera rien du tout non plus. Si ce qui vous épuise, c'est une surcharge chronique, ajouter une nouvelle routine à tout ça risque encore juste d'augmenter votre niveau de saturation. Alors il faut arrêter de répondre automatiquement à chaque fatigue avec une nouvelle méthode. Parce que parfois, la réponse, ce n'est pas d'ajouter quelque chose, c'est juste de retirer quelque chose. Si vous m'écoutez régulièrement, vous savez que j'aime bien les questions simples. Je vais vous en proposer quelques-unes pour vous permettre de voir beaucoup plus clair dans tous ces outils que vous avez envie d'utiliser. Le filtre, c'est très simple. Quand vous allez mettre en place un nouvel outil qui est censé vous aider à aller mieux, vous allez vous poser une question. Est-ce que cet outil me soutient ? Ou alors, est-ce qu'il me surveille ? Est-ce qu'il est là pour vraiment m'alléger ? Ou alors, est-ce qu'il ajoute une nouvelle exigence ? L'idée, en fait, c'est de regarder ce que cet outil produit réellement dans votre vie. Et si ça produit un nouveau standard impossible à tenir, eh bien, vous savez exactement ce que vous devez faire. Et mon challenge pour vous cette semaine va être tout aussi simple. Vous allez prendre une habitude que vous avez mise en place ces derniers temps pour aller mieux et vous allez vous poser une question honnête. Si j'arrêtais cette habitude pendant 7 jours, qu'est-ce que je ressentirais ? Est-ce que je ressentirais du soulagement ou de la culpabilité ? La réponse est souvent, vous verrez, très révélatrice. Parce que si l'idée d'arrêter vous soulage, c'est peut-être que cette habitude n'est pas la bonne, mais juste une obligation déguisée. Vouloir aller mieux ne devrait pas devenir une nouvelle source d'épuisement. On peut progresser sans tout transformer en projet. On peut prendre soin de soi sans s'auto-manager en permanence. Et on peut chercher plus d'équilibre sans se créer une nouvelle pression. Et parfois, le mouvement le plus sain, c'est pas d'ajouter une nouvelle routine, c'est peut-être de retirer notre niveau d'exigence. Et on arrive déjà à la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé tout ça avec moi aujourd'hui. Si vous avez trouvé cet épisode utile, bien sûr, partagez-le autour de vous. Et si vous avez envie de faire un petit geste sympa pour moi, laissez-moi un avis 5 étoiles et surtout, pour ceux qui m'écoutent sur Apple Podcast, un commentaire sympa, ça m'aide vraiment énormément à me faire connaître. Et quant à moi, il ne me reste plus maintenant qu'à vous donner rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !